Disclamer : cette fois, c'est loathing qu'il faut remercier.

Apparemment, de l'avis général, je suis une sadique, et ben c'est même pas vrai, c'est la faute à l'inspiration qui s'est fait la malle !


Laissant la porte claquer derrière nous, la main d'Isaac se détend contre la mienne.

- Ne t'inquiète pas, il ne va pas te tuer pour ça !

- C'est qu'il a l'air vraiment jaloux…..

- Très possessif surtout, l'instinct du loup je crois. Il va falloir t'y habituer, Scott sera un peu pareil avec toi.

- Tu crois, me demande-t-il, intéressé.

- C'est clair, y a qu'à voir sa façon de te regarder ! M'écris-je.

Je regarde ce garçon étrange sourire, me dis que si les choses avaient été différentes, jamais je n'aurais connu les affres de la jalousie des loups, laisse l'idée dans un coin de ma tête.

- Bon, je veux un grand popcorn sucré, surtout pas les salés c'est dégueu, et un soda énorme. Il faut impérativement que j'aille aux toilettes, je te rejoins dans dix minutes maxi, lui assure-je, courant vers l'escalier.

Je pousse le battant, soupire de soulagement, personne, je n'aurais pas à attendre en me dandinant.

Ma vessie soulagée, je frotte consciencieusement ma seule main valide sous l'eau froide, frissonne, pense la glisser sous ton t shirt pour la réchauffer.

La porte émet une pleine douce, un frisson parcourt ma colonne vertébrale, mauvais présage.

- Stiles Stilinski, susurre une voix qui me glace le sang.

- On se connait, réussis je à répondre.

- Pas vraiment, mais je connais toutes les nuances de ta peau…..

Instinctivement je recule, heurte le mur, réprime l'envie de hurler.

A quelques centimètres de moi, il tremble, l'impatience, l'envie, la rage.

- Ta peau si pâle, et presque parfaite….

Son doigt frôle ma joue que je cogne du menton pour l'écarter de moi.

- Toutes ses petites marques sur ta peau, l'envie d'apposer la mienne…..

- Qui es-tu ?

Sa main bat l'air, écartant ma question. Il avance, glisse un doigt sur ses lèvres, promène son regard brûlant sur moi.

- Je ne suis pas seul, tente je.

- J'ai des amis, moi aussi, m'assure-t-il. Ils se feront un plaisir de s'occuper de lui. Voir un garçon si fort se plier à leur moindre désir, c'est grisant, peut être perdront ils le control. Et ce visage d'enfant….

- Pitié, murmuré je. Pas lui….

D'un mouvement leste, il m'emprisonne de son corps contre le mur, sa respiration bruyante trahi son excitation, les larmes douloureusement accrochées à mes paupières, je concentre toute mon attention sur ses mains, la peur rongeant mes entrailles.

- Il disait que tu étais docile et silencieux…..

L'envie de mourir brûle ma conscience.

- Que ton corps était parfait, que rien ne pouvait être plus merveilleux au monde que de le posséder…..

L'envie de le tuer grouille dans mes membres.

- Que te toucher valait toutes les fractures que tu lui as infligées…..

Sa main caresse mon visage, son corps s'appuie de plus en plus au mien, sa bouche à quelques centimètre de la mienne.

- Lâche-moi, supplié-je.

- Peut être te posséder serait comme de le retrouver.

La nausée me submerge, mon corps tremble, ma faiblesse, sa satisfaction, nos peurs.

- Si tu te montres bien obéissant, peut être te laisserai je la vie, et je ne toucherai pas ton ami, me promet-il, en une caresse écœurante.

Retrouvant mes réflexes, je plaque les mains bien à plat sur le mur, je ferme les yeux si fort que la tête m'en tourne, je serre les dents, peux presque les entendre grincer les unes contre les autres.

Sa main glisse le long de mon bras, la bile me monte dans la gorge.

- Comme je vais aimer te prendre, faire…..

Le cri perçant me vrille les tympans, le choc d'un os se brisant contre le carrelage me surprend, et j'ouvre les yeux.

A quelques centimètres de mon visage, le sang coule de nez de cet inconnu, sa nuque comprimé par ta main hérissée de griffes, prolongeant ton bras puissant, accroché à ton épaule dur, dévoilant ton cou aux veines battant la mesure de la colère bruissant sur ton visage bestial.

La bête brûlant dans tes yeux, les mâchoires contractées sur les crocs de l'animal, le grondement de ta fureur au fond de ta poitrine.

D'un mouvement brusque, tu l'envoie contre le mur, barbouillant le carrelage blanc de son sang.

Paralysé par la peur, je glisse doucement contre la paroi.

Tu trembles de rage, les yeux braqué sur cet homme diabolique.

- Stiles viens ici.

La douceur de ta voix me sort de ma torpeur, mes genoux heurte le sol, je rampe jusqu'à toi, agrippe violement la main que tu me tends.

Je me laisse relever à la force de ton bras, colle mon front entre tes omoplates, serrant ta main bien trop fort pour mes plaies encore fraiche.

Cette ombre surgit du passé se lève, ose un regard dans notre direction.

- Tu ne le regarde même pas, hurle tu.

Essuyant le sang sur son visage, il sourit.

- Je penserai à toi quand mes mains se poseront sur lui, quand je caresserai sa peau, quand il pleurera pour que je l'épargne….

- Oublie-le, si tu ne veux pas finir comme ton frère, grondes-tu. Je te couperai en deux en partant du ventre jusqu'au nez.

- Et ce charmant garçon aux cheveux bouclés servira d'esclave au rebut du genre humain…

Tu plaque à nouveau son visage contre le mur, comprime violement sa gorge lui coupant le souffle, écrase ses doigts de tes mains, lui tirant une plainte inhumaine.

- Tu as trois heures pour disparaitre de la ville, demain tu auras quitté le pays et plus jamais tu ne les approcheras, est-ce clair !

Il échoue au sol, crache un peu de sang, se relève péniblement, se traine jusqu'à la porte.

Avant même qu'il ne se retourne, ta rage perce dans ta voix.

- J'ai dit tu ne le regarde pas !

Et la porte claque, la tension quitte ton corps, tes bras s'enroule autour de mes épaules. Mes pieds suivent les tiens, la porte grince et le brouhaha du cinéma me percute de plein fouet.

Scott tient serré Isaac contre lui, il me regarde, je lui rends son regard.

- Merde, qu'est ce qui s'est passé, s'exclame Scott.

- Il y avait un type, il savait, te contente tu, de répondre.

- Et on fait quoi ?

- Ce qui était prévu, dis-tu, glissant ta veste sur mes épaules. On regarde le film et on rentre.

- Il faut…

- Tu as froid, tu trembles, m'explique tu, quand je t'interroge du regard, coupant Scott.

Mécaniquement, je secoue la tête, pense non, fini par marmonner un « oui » larmoyant. Gentiment, tu me pousse dans les bras de Scott, arrachant Isaac de son étreinte.

- Ramène le dans la salle, je vais lui chercher un truc à boire avec Isaac.

- Mais…

- Un loup et un humain, c'est plus sûr s'il faut se défendre, souffle tu.

La bête brille dans tes yeux, Scott acquiesce, laisse sa main sur mon épaule. Je veux rester, écouter ta voix, sentir ta peau.

- Tu as vu le type qui est sorti des toilettes ?

Isaac hoche la tête.

- Si tu le revois, tu pars en courant, il…..

Tes mots se perdent derrière la porte, je me raccroche à Scott, atteins ma place sans trop d'embuches, reste à l'affut, la peur paralysant mon corps.

Et tu apparais, poussant Isaac devant toi.

Tu t'assois, me mets ce soda géant dans les mains, hoche la tête comme pour me forcer à la boire, et je t'obéis.

L'obscurité progressive, le choc du gobelet sur le sol, et la rumeur du ma peau, tu écartes les jambes, je me glisse entre elles, mes jambes repliées sous moi, je pose la tête contre ta cuisse, ta main effleure mes cheveux et se cale dans ma nuque.

La première explosion me fait sursauter, apeuré, je lève la tête, regarde en tous sens, me concentre sur Scott et Isaac.

Les lèvres du jeune homme frémissent, appuyé au dossier du fauteuil, sa main est crispée sur l'accoudoir. L'air de rien, Scott regarde consciencieusement l'écran, semble absorbé par le film. Pourtant si j'avais tes sens de loup, je suis sûr que j'entendrai son cœur battre la chamade. Sa main enserre la cuisse d'Isaac, en un geste tout autant possessif que protecteur, un rien sensuel.

L'envie me prenant au cœur, j'ose caresser ton sexe à travers le tissu. Un grognement réprobateur fige ma main, ta bouche contre mon oreille murmure que tu ne m'abandonneras jamais, je t'obéis, me réfugiant dans ta chaleur, pense qu'il sera toujours temps de me punir plus tard.


Avec la lumière, ma conscience refait surface, tu me tire à toi, me relevant sans la moindre difficulté.

Rassemblé dans l'entrée du cinéma, Isaac collé à Scott, tes bras enserrant ma taille, vous ne vous offusquez même pas de ces regards outrés se posant sur nous.

Concentré dans les yeux les uns des autres, des nuances de colère que je ne saisis pas, une suite de mots sans aucuns sens et un échange que je ne veux pas comprendre.

Je me retrouve assis sur le siège passager, frigorifié, un comble en plein mois de juillet.

Les rues défilent à un rythme effréné, je ne les reconnais pas toutes, concentre mon attention sur la respiration chaotique.

Et ma maison apparait. En un automatisme que tu connais si bien, je descends de voiture, marche jusqu'au perron. La porte n'est pas verrouillée, la main incertaine hésite sur la poignée, finie par l'abaisser. Et nous entrons, la lumière vacillante de la télévision dans l'obscurité m'effraye.

Un bras autour de mes hanches m'insiste à avancer, j'obéis, docile et silencieux, comme on me l'a si bien appris. Approchant les marches, je sursaute.

- Vous rentrez tard, commence mon père. Scott vous a….. Isaac ?

- Bonsoir shérif.

- Qu'est-ce que tu fais là, s'inquiète mon père.

Isaac hésite, ne se souvient plus de mots qu'il doit dire. L'incompréhension dans les yeux de mon père, vite remplace par la peur panique, il me regarde prostré dans les bras d'Isaac, dois se dire que j'ai sombre, que peut être tu en as eu assez de ma folie et de ma violence, parce qu'il sait, j'en suis sûr, tout ce que je peux être brutal et monstrueux….

La voix douce d'Isaac bute sur les mots mais l'essentiel est là.

- Ben, ils ont eu envie de courir…..parce que le temps est dégagé et puis la lune, vous voyez….

- Un truc de loup, hasarde mon père.

- Oui, lâche, soulagé Isaac. Alors je ramène Stiles en attendant…

- Pourquoi, commence mon père.

- Il ne peut pas conduire avec son bras.

- Oui, c'est vrai.

- Si ça ne vous embête pas, je vais rester un peu avec lui en attendant que Scott vienne me chercher.

- Oui, bien sûr, soupire mon père. J'allais me coucher mais je vais les attendre….

- Mais ce n'est pas la peine, reposez-vous, je leur ouvrirai ou bien, Scott enverra un message pour dire qu'il est là, ou….

- Derek passe toujours par la fenêtre, le coupe je. Scott aussi.

Le regard hésitant, mon père acquiesce, éteint le poste, fait signe à Isaac de monter en premier. Je peux le sentir se tendre, alors qu'il voit la main d'Isaac s'accrocher à ma hanche, j'imagine parfaitement les images dérangeantes naitre dans son esprit.

Gentiment, Isaac me pousse sur le lit, ne sait pas ce qu'il doit faire.

Je me lève, évite son regard, traverse le couloir, ferme la porte de la salle de bain, et me laisse aller comme je rêve de le faire depuis que cette ombre a posé les mains sur ma peau.


Je vous entends déjà hurler au sadisme, et vous savez quoi ? Vous avez raison !

Tralala !