Minho prépara ses affaires en vitesse. Bientôt, ils étaient tous les quatre prêts à partir. Newt ne se montra pas, ce qui étonna les Gladers. Minho se décida à aller le chercher. Il ne supportait pas l'idée de quitter le Berg sans le revoir.
Il tapa doucement à la porte du dortoir. Il avait peur de le retrouver dans le même état que précédemment. Il ne voulait pas que leur dernière entrevue soit une dispute.
Il n'eut pas de réponse, et l'inquiétude grandit en lui. Il ouvrit la porte et balaya la pièce du regard. Il ne vit rien, et pire, il entendit une respiration saccadée, étouffée, secouée de hoquets. Comme quelqu'un qui s'étrangle.
Terrifié, l'imaginant déjà pendu au bout d'une corde, Minho se précipita vers la source du bruit. Il cria son prénom, dans l'espoir d'une réponse, et le trouva finalement roulé en boule dans le coin du lit.
Le soulagement l'envahit. Il respira profondément en répétant son prénom, plus doucement cette fois.
Newt sursauta et fit mine de se cacher sous la couverture, honteux. Le Runner, prudemment, s'approcha tout prêt du lit et s'agenouilla devant. Il ne voulait pas le brusquer.
Le soulagement laissa vite place à l'inquiétude. Newt ne pleurait jamais, et là il sanglotait violemment. Minho saisit le coin de la couverture et le souleva très lentement. Il appela son nom d'une voix douce, et Newt leva le visage vers lui. Il était baigné de larmes, les yeux rouges.
« Je suis désolé » bafouilla-t-il dans un sanglot en secouant la tête. « Je suis désolé pour la façon dont je te traite » répéta-t-il
« Tu n'as aucune raison de t'excuser blondinet » murmura Minho en se glissant dans le lit sans quitter Newt des yeux. Il reposa la couverture sur eux deux, mais n'osa pas toucher le Glader. Il ne savait pas s'il en avait envie.
« Si » insista Newt, « tu sais, quand ça sort de ma bouche, je le pense aussi. Ce n'est pas que la Braise, Minho. Je… Elle fait partie de moi » hoqueta-t-il en se cachant le visage, « Je deviens un Crank ». Les sanglots reprirent de plus belle. « Je perds la tête, j'ai peur Minho, je… je n'en peux plus ».
Minho déglutit, il avait terriblement envie de pleurer lui aussi. Il s'approcha tout près de Newt et le prit dans ses bras malgré ses réticences.
« Arrête » se débattit Newt, « comment peux-tu vouloir de moi ? » demanda-t-il d'une voix faible en cessant finalement tout mouvement.
Minho posa son visage contre le sommet de son crâne, le serrant fort dans ses bras, réchauffant son corps glacé avec la chaleur du sien.
« Parce que je t'aime » lui répondit-il alors calmement, luttant pour retenir ses larmes.
L'injustice de la situation lui serrait le coeur. Il ne supportait pas que Newt ait une telle idée de lui-même.
« Tu n'es pas un Crank Newt, tu es seulement malade, mais je vais trouver une solution, je te le jure » chuchota-t-il en raffermissant son accolade. Une larme coula silencieusement sur sa joue et vint se poser sur les cheveux blonds de Newt.
Celui-ci s'écarta doucement et le regarda droit dans les yeux, ses pupilles d'un bleu saisissant, lumineux. Minho déglutit, il était magnifique. Il effleura son visage délicatement, le coeur gonflé d'amour. Il effaça ses larmes et déposa un baiser à leur place.
Newt le dévorait des yeux, une expression d'admiration peinte sur le visage.
« Je t'aime, Minho » lui avoua-t-il d'une voix tendre
Le Runner écarquilla les yeux, surpris. Un sourire étira ses lèvres et il les posa affectueusement sur les siennes.
« Moi aussi, si tu savais » lui répondit-il en le serrant contre lui. « Jamais je n'aurais du te repousser, je regrette tellement. Tout ce temps gâché… » chuchota-t-il dans ses cheveux
« C'est vrai que tu as abusé » sourit Newt faiblement
Minho ria gentiment : « J'avoue » murmura-t-il. « Mais maintenant je suis là, et je t'aime plus que tout, blondinet » confia le Runner
Il déposa un baiser sur son front et le tint blotti contre lui.
« J'aurais préféré que tu ne m'aimes pas » l'entendit-il dire tout bas
Minho se figea, interdit. Il fronça les sourcils en s'écartant un peu. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? « Sérieusement ? » articula-t-il avec difficulté
« Je vais mourir » lâcha Newt. Minho ouvrit la bouche mais Newt poursuivit avant qu'il ne prenne la parole : « Ne dis pas le contraire, c'est évident. Et du coup ça va te faire souffrir, tu m'as assez rebattu les oreilles avec tes déclarations d'amour pour que je m'en rende compte ». Une pointe d'humour perçait dans sa voix à la fin de la phrase.
Minho baissa la tête et força un sourire : « Tu rigoles j'espère, je vais vite m'en remettre, serré dans les bras d'une jolie gonzesse ! ».
Newt sourit : « Tu ne sais même pas à quoi ça ressemble »
Minho rigola, « Maintenant si… Ou il reste toujours Thomas écoute ! »
Newt l'imita en lui envoyant un coup de poing dans le flanc : « T'es con ! N'y pense même pas »
Son rire s'éteignit d'un coup. Minho lui lança un regard inquiet.
« Tu sais » reprit Newt, « je ne veux pas que tu restes seul… » Il déglutit laborieusement. « Je veux que tu sois heureux, et que tu ne penses plus à moi » conclut-il à contre coeur.
« Tu veux que je t'oublie ? » s'insurgea Minho, perplexe et limite en colère. « Je t'en pris blondinet, tu vaux mieux que ça. Je peux t'assurer que je penserai à toi tous les matins de tous les putains de jours qui me restent à vivre, et le midi et le soir, et quand je me coucherai, et me lèverai, et quand je mangerai, et quand je ferai n'importe quoi d'autre ». Il leva les yeux au plafond au fur et à mesure qu'il pensait à ce qu'il pouvait dire dans son énumération. Puis il les fixa sur ceux de Newt : « Tu seras toujours là Newt, et tu ne peux rien y faire ».
« Je ne veux pas que tu sois fidèle à un mort » s'entêta Newt, des larmes dans la voix.
« Ça va être dur de vivre » admit Minho, « mais je veux penser à toi, d'accord ? Et puis t'es pas mort mon pote ! Je ne laisserais pas ça arriver » décréta le Runner.
Newt leva la tête vers lui, les yeux brillants. Minho se pencha et déposa un baiser sur son front. Le Glader ferma les yeux, et Minho lui embrassa les paupières, puis les tempes, les joues, la mâchoire, le menton, le coin des lèvres. Newt avait déjà la bouche ouverte, et Minho l'embrassa tout doucement. Il glissa une main dans son cou, qu'il remonta dans ses cheveux en approfondissant le baiser. Newt s'agrippa aux hanches de Minho en lui rendant son baiser.
Après un moment, le souffle court, il s'écarta. « Je t'aime Minho, tu es merveilleux » avoua-t-il, les joues rouges.
Minho sourit, et déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de le serrer contre lui.
Plusieurs minutes plus tard, il le sentit se relâcher doucement, sa respiration s'approfondit. Newt dormait.
Le plus délicatement du monde, Minho sortit du lit, et borda le Glader. Il l'embrassa à nouveau en lui soufflant un dernier « je t'aime ». Il avait un très mauvais pressentiment avec toute cette histoire.
Il ne put retenir ses larmes.
Minho se leva, et alla dans la salle de bain se rafraichir. Il se regarda une seconde dans le miroir. Son visage détendu par la présence de Newt laissa place à un visage désespéré. Il se lava la figure à l'eau froide. Plusieurs fois.
Il se redressa, une envie violente de taper quelque chose lui vrillant le crâne, mais il ne voulait pas réveiller Newt. Il grimaça un sourire au miroir, et tenta de le maintenir.
Il rejoignit finalement les autres. Ils étaient tous prêts, en train de l'attendre.
« Newt ne vient pas ? » l'interrogea Thomas dans un froncement de sourcil
« Non, je l'ai trouvé endormi, désolé » mentit Minho.
Thomas eut l'air déconcerté. Il regarda Minho un long moment, le front plissé. Le Runner resta impassible.
« Ok, eh bien allons-y ».
Jorge actionna l'ouverture de la porte du Berg, et ils sortirent. Jorge la referma derrière eux.
