Bon...
Je sais que l'attente a été très très longue mais avec mon BAC et les résultats, je n'avais ni le temps et ni l'envie de me mettre à l'écriture.
Pour faire court, j'ai loupé mon BAC de justesse et ayant le moral dans les chaussettes, je n'avais plus goût à rien depuis.
Enfin bref, s'est passé et je retente mon examen l'année prochaine en espérant que je l'ai cette fois-ci.
Je félicite tous ceux ou celle qui ont eu leur BAC ou un autre examen!
Maintenant, je m'y suis remise, j'espère pouvoir finir ma fiction car il reste officiellement 10 chapitres à cette dernière! Sans compter l'épilogue.
Maintenant, après quelques réponses aux personnes non inscrite, vous allez replongez dans le drame que j'ai crée, pour votre plus grand bonheur... ou pas.
Il y a beaucoup de point de vu dans ce chapitre pour essayer de montrer comment chacun prend la nouvelle de l'accident d'Edward et surtout dans quelle circonstance.
J'espère que vous serez aussi nombreux à me dire votre avis, et que ce chapitre vous plaira.
Réponses aux personnes sans compte:
-Felicitie: Je conçois que la fin est cruelle, mais il faut bien un peu de suspense, non? À bientôt!
-Izzie: Merci beaucoup! À bientôt!
-So-Kate: Comme je l'ai dit, j'avais le BAC donc j'ai « légèrement » tardé pour poster ce chapitre. À bientôt!
-Martine16: Sincèrement, je crois que personne ne s'attendait à cette fin, vu le nombre de menace de mort j'ai reçu depuis que j'ai posté ce chapitre. Mais j'aime bien cette fin de chapitre, va savoir pourquoi. Tu sauras au prochain chapitre si Edward va bien. Je ne me suis pas sentie blessée par la review, ça m'est passé au-dessus de la tête. Comme je l'ai dit, je n'ai pas obligé cette personne à lire ma fiction, elle passe à autre chose et c'est tout. À bientôt!
-Elo: Je vais finir par m'exiler au pays du père-noël avec toutes vos menaces de mort! Lol. Non, plus sérieusement, je sais que j'ai été très très cruelle sur cette fin de chapitre mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Ce chapitre est dans ma tête depuis pas mal de temps. Emmett va rattraper sa connerie envers Rosalie, ne t'inquiète pas. Par contre, je ne comprends pas ta question. Que veux-tu dire par supprimer mes autres fictions sur mon profil? J'en ai toujours posté qu'une sur ce site... À bientôt!
-Popo: Ta bêta n'est pas partie en vacances? Après, je ne sais pas combien de temps elle ne t'a pas donné signe de vie...
Mille merci à: Mamoure21, Felicitie, polipopo2, midsum, canada02, Ousna, cricri2388, Izzie, Martine16, Em812, Puky, Habswifes, Sloubi, Bibiche03, Anais882, coco-des-îles, bellaeva, Grazie, Butterfly971, So-Kate, Elo, caropat072, AnaïsB, ChloeJJ, tiphaine martin, Nathalie, Bella Swan Cullen02, manolys, missgege93, Popo et CarlieCullen86 pour vos reviews.
Merci à: midsum, canada02, Bibiche031, virgin's59, tiphaine martin, mimi94r, chris57, Ninoia, LinouLapinou, natacha77 et isabella swan cullen addict pour m'avoir mis en story alert ou favorite story/author.
Disclamer: Tous les personnages appartiennent à S.M.
Le chapitre a été exceptionnellement corrigé par So-Kate, n'ayant pas de nouvelle de Phika17 depuis plus de 3 mois.
Je vous souhaite une bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 29: L'état de choc
Dimanche 1 janvier 2011
POV Esmée
-Carlisle, ris-je, je ne crois pas que ça soit le moment tu sais.
-Vraiment? Rétorqua-t-il. Nous sommes seuls, nous en mourrons d'envie tous les deux et ça sera une façon de célébré cette première journée de cette année...
Sa main se faufila sous mon chemisier et je gloussai comme une adolescente. Ça me rendait plus jeune. Malgré notre âge, et surtout le sien, rien n'avait changé dans notre vie sexuelle. Bien au contraire. Lorsqu'Edward avait quitté la maison pour l'appartement qu'on lui avait acheté, après sa première année de médecine, Carlisle trouvait toujours un moyen pour arriver à ses fins. Je gémis alors qu'il taquinait un de mes mamelons de ses doigts habiles et qu'il pressa son bassin contre mes fesses, montrant toute la longueur de son désir. Je passai mon bras autour de sa nuque et tirai sur ses cheveux blonds, demandeuse de plus. Je le sentis sourire contre la peau de mon cou et l'instant d'après, j'étais assise sur le comptoir de la cuisine, nettoyant le reflet de notre réveillon avec mon beau-père. On avait laissés les enfants faire leur réveillon de leur côté, sachant qu'ils viendront nous voir aujourd'hui. Mon mari se glissa entre mes jambes et attaqua ma bouche avec fougue et envie. Je fourrageai dans sa tignasse blonde, cherchant encore plus de contact alors qu'il avait réussi par je ne sais quel moyen à jeter mon chemisier par-dessus son épaule. Alors qu'il jouait avec l'agrafe de mon soutien-gorge, la sonnerie du téléphone fixe nous fit sursauter. Alors que je m'apprêtai à répondre, Carlisle m'obligea à avoir son attention sur lui en léchant le haut de ma poitrine.
-C'est... C'est peut-être important, soufflai-je, grisée.
-Ils rappelleront, grommela-t-il.
Il m'acheva en retirant mon sous-vêtement et alla à la rencontre de mon mamelon douloureux par le désir. Je gémis lourdement. Mon corps avait changé, il n'était plus aussi ferme qu'à mes vingt ans mais apparemment, ça ne dérangeait pas le moins du monde mon mari. Il trouvait que ça montrait que j'avais donné la vie et que c'était incroyablement sexy. Ciel! Je haletai et décidai d'aller chercher la fermeture éclair de son pantalon lorsque le répondeur se mit en marche. Carlisle grogna contre mon sein droit.
-Je ne sais pas qui c'est, mais je le hais déjà.
Je ris doucement avant de me figeais. C'était Bella.
-Esmée... Carlisle... Il... Je... Je suis à l'hôpital, sanglota-t-elle fortement. Edward... Il... Une voiture l'a percuté en... en pleine rue... Je... Je suis au Seattle Center Hospital et... et Edward se trouve au bloc opératoire... Il ne respirait plus... lorsque je... j'ai appelé les secours et... et … S'il vous plait... Décrochez ou... ou venez... S'il vous plait...
Le temps resta en suspend avant que l'information aille jusqu'à mon cerveau et s'infiltre dans tout mon corps. Oh mon Dieu, non... Carlisle s'écarta de moi et m'aida à enfiler mes vêtements à la va vite, étant incapable du moindre geste, toujours sous le choc. Mon bébé, mon Edward... Mon cœur se comprima douloureusement et mes yeux me piquaient. J'allais pleurer, mais je ne sais même pas si j'en étais capable à ce moment précis. Mon fils est à l'hôpital. Je sentis deux mains prendre mon visage en coupe pour me faire reprendre les esprits.
-Esmée? Esmée? M'appela inlassablement Carlisle. Écoute-moi! Nous ne savons pas à quel point c'est grave, d'accord? Ce n'est pas le moment de perdre ses moyens. Notre fils a besoin de nous, ainsi que Bella.
-Il ne respirait plus...
-Allons à l'hôpital.
Comment faisait-il pour garder son calme? C'était d'Edward qui s'agissait, pas d'un de ses patients? Le cœur en miette, la respiration difficile et l'esprit tournait vers mon fils unique, je le suivis tant bien que mal vers la voiture, m'installant sur le siège passager. Carlisle démarra au quart de tour, montrant son impatience et sa réelle peur. Mon esprit était ailleurs et ici, trop embrumé pour penser à quelque chose de cohérent. Quand Edward était petit, je m'inquiétais souvent lorsqu'il était malade, même pour un simple rhume, à l'exaspération de Carlisle, mais c'était ma nature de mère qui faisait surface. J'avais toujours plaint les mères qui devaient faire face aux maux de leurs enfants, et maintenant que je vivais la même scène qu'eux, j'étais plus absente que jamais, comme s'il n'y avait plus que ça dans mon cerveau: Edward. Mon fils. Mon enfant. Mon bébé. On cœur redoubla d'intensité à l'idée de le perdre. Je me perdrais, je mourrais et rien ne pourra me sauver. Je donnerai ma vie, mon cœur et mon âme pour la chair et mon sang; mon Edward. Que deviendrais-je sans lui? Sans entendre le son de sa voix? Ses grognements lorsque je l'appelai « mon bébé»? Son regard illuminait lorsque ses yeux se posent sur Bella? Son regard tendre envers sa vieille mère? Un sanglot s'échappa de ma gorge. Je sentis les roues de la voiture tourner à plein régime, comme mes pensées à cet instant. Il ne devait pas mourir, il ne pouvait pas mourir! Il n'avait rien fait contre Dieu pour qu'il soit déjà appelé vers lui. Rien. C'était un Ange parmi les êtres humain, notre Ange, à Carlisle et moi. Celui de Bella aussi. Mes oreilles bourdonnaient encore au son de sa voix, ses pleurs et ses supplications au répondeur.
Mon Dieu...
-On y est, annonça Carlisle, tendu.
Il fit un dérapage sur la chaussée, feignant de ne pas entendre les protestations de quelques infirmiers qui se trouvait sur sa place de parking, et coupa le contact. Je sortis de l'habitacle tout aussi rapidement que lui.
-Non, mais ça ne... Protesta un jeune homme. Oh, Docteur Cullen, excuse-moi je n'avais pas...
-Plus tard, l'interrompit mon mari.
Ce dernier me prit la main et je pus sentir à quel point elle tremblait, à moins que ce ne soit la mienne qui avait cet effet-là. Carlisle me jeta un regard un coin et nous courrions aussi rapidement que nos vieux os nous le permettaient. Je remarquais qu'il m'emmenait directement aux Urgences, pour les blessés les plus graves... Une larme coula sur ma joue, et ce fut la première d'une longue lignée. Il faisait chaud à l'intérieur, trop chaud pour que ça soit naturel. Plusieurs brancards attendaient dans les couloirs et des patients étaient assis patiemment sur des chaises beiges qui avaient connu de meilleurs jours. Pourquoi est-ce que je m'attardais sur des détails aussi futiles? Essoufflés etle cœur battant, nous allâmes vers le premier Médecin qui passa.
-Henry! S'exclama mon mari. Où est Edward?
-Oh, salut Carlisle, répondit son collègue. Edward? Je ne crois pas qu'il travaille au secteur 1 aujourd'hui. Et puis, je viens d'arriver il y a cinq minutes, je n'ai pas encore eu le temps de...
-Esmée! Carlisle! S'écria une voix d'homme.
Nous tournâmes la tête vers Eleazar qui se précipita vers nous, et réciproquement.
-Où est Edward? Demandai-je, suppliante.
-Au bloc, répondit solennellement notre ami. Je ne vais pas vous mentir, d'après ce que j'ai pu savoir, son état était assez préoccupant.
-À quel point? S'enquit Carlisle, la gorge nouée.
-Malheureusement, je n'en sais pas plus. Tout le monde sait les liens que j'ai avec Edward et vous alors naturellement, j'ai été dispensé au bloc.
-Oh mon Dieu... Oh mon Dieu, sanglotai-je.
Les larmes coulèrent inlassablement sur mes joues qui devaient être d'une blancheur cadavérique alors que tous les pires scénarios possibles se déroulaient sous mes yeux.
-Une jeune femme est venue avec l'ambulance, reprit Eleazar. J'ai essayé de lui parler mais elle est restée muette sur la chaise depuis son arrivée. D'après la description de Carmen, je pense que ça doit être...
-Bella! Suffoqua Carlisle. Où est-elle?
Eleazar lui indiqua le chemin et nous nous précipitâmes, le cœur lourd, vers l'endroit indiqué. Le couloir était vide, sauf une fine silhouette qui avait les jambes emmenées sous son menton et se balançait d'avant en arrière sur la ridicule chaise beige. Mon cœur se serra encore plus. Carlisle et moi-même fûmes à ses côtés l'instant d'après, la respiration haletante.
-Bella? Bella, ma chérie? L'appelai-je doucement d'une voix enrouée. C'est nous. Carlisle et Esmée. Bella?
Elle leva les yeux vers nous d'un rouge vif. Ses propres larmes coulaient sur ses joues jusqu'à s'échouer sur son pull. Elle tremblait violemment aussi. Je me mis à genoux devant elle alors que mon mari s'assit sur la chaise à côté d'elle.
-Je... Je... suis tellement... désolée, pleura-t-elle.
-Désolée? S'étonna Carlisle. Et pourquoi donc?
-Je l'ai prévenu mais... mais... il...
Je passai une main qui se disait rassurant dans ses cheveux, tout aussi bouleversée qu'elle l'était. Ma peine était similaire à la sienne; dure et dévastatrice. C'était mon fils et c'était l'homme de sa vie. Je croisais le regard de mon mari qui se leva, le visage blême.
-Je vais aller voir si je peux soustraire quelques informations sur ce qui se passe au bloc, annonça-t-il. Est-ce que... tu veux quelque chose Bella? Esmée?
Bella ne répondit pas, tremblant de tout son corps. Un tilt illumina mes pensées. Sa tumeur. Je voulus en faire part à Carlisle mais il était déjà hors de vu. Il avait dû comprendre que je ne voulais rien sauf des nouvelles de mon enfant. Mon ventre se tordit douloureusement. Mais, je devais être forte. Ma belle-fille était dans un état catatonique, je ne pouvais pas la laisser seule dans son chagrin, même si le mien était incontestable. Comme une mère ferait avec son enfant, je lui caressai doucement ses cheveux emmêlés d'un geste tendre et peiné. Quelques infirmières passèrent devant nous sans nous jeter le moindre regard vers nous. Les secondes passèrent et les minutes s'écoulèrent à une vitesse vertigineuse. Mon cœur battait à tout rompre, ne me laissant pas de répits, comme s'il s'attendait à recevoir la pire nouvelle qui soit dans quelques instants. Seigneur, non. Bella tremblait toujours et la prendre dans mes bras ne calma pas son agitation. Je ne pouvais guère lui en vouloir. Pour ma part, mes larmes ne cessaient de couler sur mes joues. Au bout d'un interminable moment, Carlisle revint dans mon champ de vision, la tête baissé, profondément abattu. Tous mes sens s'alarmèrent. Il se mit à genoux devant Bella et moi, prenant chacune de nos mains. Je sentis Bella se crisper près de moi.
-Edward est sorti du bloc il y a quelques minutes, souffla-t-il, désemparé. Ils l'ont envoyé en réanimation pour le moment. Edward a un traumatisme crânien, plusieurs côtes cassés ainsi qu'une jambe. Ses blessures étaient trop lourdes pour que son corps ne se remette aussi facilement. Il... Il est dans le coma.
Mon monde s'écroula.
POV Emmett
'Cause I want it now I want it now
Give me your heart and your soul
And I'm breaking out I'm breaking out
Last chance to lose control... (*)
Putain! C'est quoi ce bordel? Étendu sur le ventre, en étoile de mer, aucun de mes muscles n'avaient le courage de bouger d'un millimètre. Je grognai alors que la sonnerie se fit plus insistante avant de se couper. Je gémis de bonheur et enfonçai ma tête dans l'oreiller, sans savoir qui avait cherché à m'appeler. Il rappellera. Au chaud sous ma couverture, je remerciai le ciel d'avoir une journée de congé aujourd'hui. J'aurai été incapable d'y aller de toute façon. Mes souvenirs d'hier étaient quelques peu confus, les visages de Bella, Edward et Rosalie s'échouaient dans mon cerveau. Rien de bien concluant. Ma main droite massa mon crâne, réveillant une douleur telle que je jurai envers moi-même. Crétin. J'avais bu beaucoup hier, ça je m'en souvenais, avec des femmes pour la plupart. On dirait que j'étais revenu le Emmett avant ma rencontre avec Rosalie. Je grognai et roulai sur le dos, douloureusement. Mon estomac fit un saut périlleux, m'obligeant à mettre une main sur ma bouche. J'avais bu beaucoup plus que je croyais me souvenir. À moins que ce soit les souvenirs de ma dernière conversation avec Rosalie qui faisait ça. Royce. Ce connard de première qui avait osé la violer, abusée d'elle sans aucun scrupule. Je ne savais pas ce qu'il était devenu aujourd'hui, mais il avait intérêt à prier pour pas que je le retrouve sinon j'allais lui refaire le portrait plutôt deux fois d'une.
Putain de merde, j'avais réagi comme le dernier des enfoirés. Et encore, j'étais gentil avec moi-même. Pourquoi est-ce que j'avais un comportement aussi excessif, je n'en savais foutrement rien mais j'étais vraiment un connard moi aussi. Elle avait mis trois mois à me dire la vérité sur son passé, trois mois qu'elle avait dû supporter mes supplications pour la mettre dans mon lit ou simplement l'embrasser et moi je l'insultai comme la première des salopes du coin. Genre comme les deux connes du bar. Je m'insultai encore pendant dix minutes avant que mon portable ne se remette à sonner. Cette personne veut vraiment que je la tue la prochaine fois qu'elle croise mon chemin! Avec regret et douleur, je décrochai le téléphone en prenant mon inspiration pour dire ma façon de penser d'appeler les gens à une heure aussi tôt. Je ne fis pas attention de savoir qui c'était.
-Non, mais ça ne va pas de...
-E... Emmett, sanglota une voix féminine.
Je me relevai d'un bond, ne faisant pas attention à mon corps qui protestait et mon crâne qui dansait la samba. Cette voix, je la connaissais, trop même. Rosalie.
-Rose? Rosalie? L'appelai-je. Qu'est-ce qui se passe? Il t'est arrivé quelque chose?
Elle renifla à l'autre bout du fil, et je pouvais entendre des gens parler au loin. Bon Dieu, où était-elle?
-Rosalie? Insistai-je. Est-ce que tu vas bien?
-N... Non...
Mon cœur eut un raté et je repoussais les couvertures, me remettant sur les pieds rapidement. Ce ne fut pas une bonne idée avec tout l'alcool que j'ai ingurgité hier soir car mon estomac chancela dangereusement dans mon organisme. Merde. Je me retins à ma commode, me dirigeant vers la salle de bain, prenant des affaires sous les bras alors que Rosalie pleurait toujours au téléphone.
-Non du Dieu, Rose! M'exclamai-je. Où es-tu, je te rejoins de suite.
-À... l'hôpital.
Ma mâchoire se décrocha alors qu'en vérité, tous les pires scénarios passèrent dans mon esprit.
-Dans quel hôpital?
-Seattle Center Hospital.
Elle se moucha bruyamment entre deux crises de larmes.
-Je suis là dans dix minutes maximum.
-Emmett... je... je... bredouilla-t-elle.
-Ne t'inquiète pas, tout va bien, la coupai-je. Je... Je t'aime, ne l'oublie pas.
Honteux, inquiet et l'esprit dans une brume épaisse, je raccrochai ne voulant pas perdre un seul instant. Nom de nom, elle était à l'hôpital alors que j'avais la gueule de bois! Bravo Emmett, magnifique comme comportement, très mature tout ça. Je me donnais une baffe pour me réveiller avant de passer de l'eau froide sur le visage, tout en me brossant les dents pour m'enlever cet affreux goût dans la bouche. J'enfilai des sous-vêtements propres, un jean, un pull et les premières chaussures qui me passèrent sous la main avant d'empoigner mes clefs et mon manteau avant de claquer la porte de l'appartement. Tout ça en six minutes. Mon crâne me faisait souffrir, mais la voix désespérée de Rosalie me revint aux oreilles et je savais que c'était plus important que n'importe quoi d'autre. Je fis rugir le moteur de ma Jeep et démarrai au quart de tour, sans prêter attention aux autres connards qui klaxonnaient de protestation. Qu'ils aillent se faire foutre ouais! Ma conduite n'était pas homologuée par le code de la route, ni même par les flics mais je restai prudent quoique quelque peu fou sur les bords à certains moments. Je fis un dérapage sur le dernier tournant menant à l'hôpital et arrivai en trombe sur le parking. Je payais 1$50 et courus comme un dératé jusqu'au l'accueil. J'avais oublié de demander où elle se trouvait. J'étais un cas désespéré. La pluie commença à s'abattre sur Seattle, me mouillant le temps de ma course vers l'accueil. Trempé jusqu'aux os, je contournais les personnes qui attendaient déjà et me plantai devant la secrétaire, faisant la sourde oreille des protestations derrière moi.
-Est-ce que Rosalie Hale se trouve ici? Demandai-je, sans un mot de politesse.
La barbie brune me regarda comme si j'étais un morceau de viande. Je frissonnai de dégoût. Je savais qui c'était, Jasper m'en avait vaguement parlé avant que Rosalie complète les détails. Elle voulait absolument – Maria – mettre Jasper dans son lit alors qu'il avait refusé un nombre incalculable de fois. J'espérai pour elle qu'elle ne rencontre pas Alice sur son chemin, sinon elle peut dire adieu à ses faux seins.
-Vous êtes de la famille? S'enquit-elle d'une voix faussement doucereuse.
-Son petit-ami.
Je n'étais pas sûr que cette appellation soit encore d'actualité. La femme devant moi fronça les sourcils et marmonna dans sa barbe avant de chercher, enfin, si Rosalie se trouvait ici. Mes doigts tapèrent le comptoir du secrétariat, plus nerveux que jamais. Derrière moi, j'attendais des gens me maudire mais j'en avais que faire pour l'instant.
-Je suis désolée, mais il n'y a aucune Rosalie Hale ici. Vous vous êtes trompé d'hôpital, Monsieur?
-Non, elle m'a donné le nom de celui-ci au téléphone. Merci quand même.
Je quittai la queue, sans plus de cérémonie et fis les cent pas dans le hall de l'hôpital. À ce moment-là, mon portable sonna de nouveau, sous les regards outrés des patients qui attendaient leur tour. Bande de coincés! Cette fois, je regardais l'identifiant et je paniquais quand je lus que c'était Carlisle.
-Allo?
-Emmett! Rosalie vient de nous dire qu'elle t'avait appelé il y a vingt minutes et que tu n'étais toujours pas là, dit-il d'une voix étrangement terne. Elle s'inquiétait pour toi. Où es-tu mon garçon?
-Dans le hall, mais elle n'est pas là! Paniquai-je. Merde, dite-moi ce qu'il se passe, je...
-Je viens te chercher, ne bouge pas.
Il raccrocha sans m'en dire plus. Merde, qu'est-ce qu'il se passait? Je ne pouvais être que soulagée que Rosalie ne se trouve pas dans une de ces chambres d'hôpital morbide. J'en gardai un mauvais souvenir avec Bella, allongée dans un lit, aussi blanche qu'un cadavre. Je secouai la tête, refusant de penser que c'était ma sœur qui se trouvait là. Edward m'aurait déjà appelé, c'était sûr. Les minutes s'allongèrent et je reconnus les cheveux blonds de mon « beau-père », le visage fermé. Ça ne sentait pas bon.
-Carlisle! M'exclamai-je, accourant vers lui. Dites-moi, qu'est-ce qui se passe? J'ai cru que c'était Rosalie qui se trouvait là.
-Non, ne t'inquiète pas, sourit-il tristement, ce n'est pas Rose. Suis-moi, ça sera plus simple si tu le vois de tes propres yeux.
La gorge nouée, je le suivis vers l'ascenseur, silencieusement. Des docteurs et quelques personnes rendant visite à des proches nous accompagnèrent dans l'espace étroit. Mon pied tapait maladroitement sur le sol, rendant mal à l'aise celui qui m'accompagnait. Mon cœur battait à vive allure contre mes côtes lorsqu'il nous fit arrêter au même étage que Bella, quelques mois plus tôt. Je fermai les yeux pour éviter que les images me reviennent à l'esprit. Carlisle prit la tête et je le suivi, manquait de me tenir à la barre fixée sur les murs du couloir. Plus on avançait, plus je sentais l'angoisse monter d'un cran.
-C'est là, murmura Carlisle.
Je suivis son regard terne et ma respiration se coupa un instant. Ce n'était ni Rosalie, ni Bella qui se trouvait dans cet affreux lit d'hôpital, mais Edward. Je clignais des yeux, pour être sûre que ce n'était pas un mirage ou les effets de l'alcool qui ne c'était pas dissipé. Mais c'était bien réel. Edward était allongé, relié à plusieurs moniteurs et avec un tuyau respiratoire dans la bouche. Il ne se trouvait pas seul dans la pièce, ma sœur se tenait là, assise sur la chaise la plus proche du lit, tenant la main de son compagnon qui n'était pas avec nous. Mes poumons protestèrent sous le manque d'oxygène, et je me remis à respirer avec difficulté.
-Comment... Comment...? Bafouillai-je pour Carlisle.
-Un chauffard l'a renversé alors qu'il traversait, souffla-t-il. Bella a tout vu.
Je déglutis alors que le bruit de pas familier me vint aux oreilles. Je tournai la tête pour rencontrer le regard rougis de Rosalie. Elle était accompagnée d'une Esmée dévastée. Cette dernière me fit un bref sourire pour me saluer avant d'aller rejoindre les bras que son mari lui tendait. Je n'attendais pas une seconde pour courir vers Rosalie et la faire décoller du sol. J'enfouis mon visage dans ses cheveux alors qu'elle restait figée par mon geste.
-Pardonne-moi, mon Dieu, pardonne-moi, la suppliai-je sans cesser de me cacher de honte. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai été un gros con. Je ne voulais pas réagir comme ça, mais... mais j'étais tellement en colère, tellement triste que j'ai pété un câble. Je sais que je ne te mérite pas, que tu es beaucoup trop bien pour moi mais pardonne-moi, je t'en supplie pardonne-moi.
Son corps resta tendu avant qu'elle n'éclate en sanglot contre moi. Je l'écrasai un peu plus contre moi, partageant sa peine et son désespoir. Je la portai jusqu'à rejoindre Esmée et Carlisle alors que je regardais Bella pleurer toutes les larmes de son corps en tenant la main d'Edward. Mon dieu, qui avait fait une chose pareille?
O*O*O*O
La police avait fait son apparition peu de temps après mon arrivé. Bella n'avait pas bougé d'un millimètre même quand ils étaient arrivés. Les policiers avaient été conciliant vu son état de santé et le fait qu'elle ne c'était pas remise du choc. Ils nous avaient posé toutes sortes de questions stupides comme « où est-ce qu'on était pendant l'agression ce matin ? », « est-ce qu'on avait une raison d'en vouloir à Edward » ou encore si on avait une idée de qui pouvait bien lui en vouloir. Ils avaient posés cette dernière question après que nous ayons protesté sous leurs accusations. Comme si c'était un de nous qui avait fait le coup! Ils étaient malades ou quoi? Le tout avait duré deux bonnes heures, avant qu'ils ne partent et promettent de venir demain. Charlie devrait arriver de Forks et Alice et Jasper de Paris demain, dans la journée. Carlisle s'était chargé d'appeler ce dernier. Ils prenaient le premier avion en faisant escale à Los Angeles pour arriver au plus vite.Je soupirais, resserrant mes bras autour de Rosalie qui était silencieuse depuis qu'on s'était « retrouvé ». Je supposais qu'elle m'avait pardonné, vu qu'elle ne me lâchait pas d'une semelle, mais elle n'avait pas ouvert la bouche depuis que je l'avais eu au téléphone. Je n'avais pas pu voir Bella, car elle restait campée au chevet d'Edward. Ce que je ne pouvais lui reprocher. Carlisle étant très apprécié à l'hôpital, avait eu le droit de passer outre la règle des visites minime et un nombre de personne fixe. Esmée et lui accompagnaient Bella alors que j'obligeai Rosalie à boire et manger régulièrement. Elle était très affectée par ce qui était arrivé à Edward, et je mentirais si je ne ressentais pas quelque chose non plus. Il était un très bon ami, il m'avait soutenu hier soir après ma cuite mémorable et puis, il rendait ma sœur plus heureuse qu'elle ne l'a jamais été avant lui. Je devais bien lui reconnaître ça. Je ne savais pas qui était le connard qui avait renversé d'Edward, mais il avait brisé la vie de ma sœur ce matin.
Lundi 2 janvier 2011
POV Alice
-Dépêche-toi, Jazz! Soupirai-je. Je veux aller voir la Tour Eiffel moi!
-Elle ne va pas s'envoler!
Je fis la moue, déçue. Qu'est-ce qu'il était lent! Mais ses jolies petites fesses rattrapaient ce défaut. De bonne grâce, il accepta de doubler quelques visiteurs chinois qui regardaient le plan de la ville, tout en parlant de leur maudite langue. Je ne comprends rien et ça m'énerve. Je vis Jasper regardait son portable et je me retins de lever les yeux au ciel. Rosalie était avec Edward et Bella, je suis persuadée qu'elle allait très bien. De plus, il l'avait appelé hier soir, dès qu'on avait atterrit. Rien que pour ça, j'étais contente d'être fille unique. La queue jusqu'au monument était interminable, et je priais pour qu'on passe avant que les magasins ne ferment pour la journée. Même en hiver, la Tour Eiffel avait la côte dans le coin. J'avais déjà fait une liste avec les boutiques que je voulais faire, et ce que j'allais offrir à chaque personne. Le plus dur avait été Charlie vu qu'il n'avait aucun goût, mais avec plus de douze heures de vol, j'étais arrivée à mes fins. Bien évidemment, il y avait le problème de l'argent... Jasper m'avait interdit de prendre sa carte de crédit la veille, mais avec un peu de persuasion hier soir, dans un ensemble de lingerie rouge qui ne l'avait pas laissé indifférent, malgré la fatigue, j'avais gagné sa carte et deux orgasmes au total. Que demander de plus?
Nous nous mîmes au bout de la file d'attente, plus impatient que jamais. Ou peut-être que j'étais la plus impatiente de nous deux. Jasper n'avait pas arrêté de s'en faire, sauf hier soir, à propos de Rosalie. J'étais sûre que Bella et Edward s'en occupaient comme de leur premier enfant. Mais rien à faire, Monsieur le psychologue n'en faisait qu'à sa tête. J'aurais voulu que pendant notre séjour, nous ne pensions qu'à nous, même quelques jours mais c'était perdu d'avance. Si lui avait l'esprit tourné vers sa sœur, le mien était tourné vers ma meilleure amie. Elle allait de plus en plus mal, elle ne pouvait pas nous le cacher. Elle maigrissait à vue d'œil, je le voyais bien lorsque je lui achetais des vêtements ou de la lingerie. Et puis, elle tremblait de plus en plus, son corps la faisait souffrir et lorsque je venais faire une petite visite surprise, Edward me disait avec le cœur lourd qu'elle dormait dans leur chambre. Je voyais ma meilleure amie dépérir sous mes yeux. Mais, Bella ne voulait rien savoir sur ce sujet. Soit elle ne voyait pas dans quel état elle se trouvait, ce qui m'étonnerait fortement, ou soit elle refusait d'en parler pour nous faire du mal. N'avait-elle pas compris qu'on était là pour la soutenir et l'aider ? Mais non, Madame était trop bornée! Si moi j'avais du mal à garder mon sang froid, ne parlons même pas d'Edward qui manquait de hurler à chaque instant. Je n'étais pas sûre qu'il tienne sa langue encore longtemps, sans jeu de mot. Je secouais la tête, essayant de chasser les images de Bella malade de mon esprit, mais je savais que c'était peine perdu.
Par je ne sais quel miracle, et avec une chance incroyable, nous fûmes en haut de la Tour Eiffel deux heures plus tard. La vue y était incroyable. On voyait tout Paris, ainsi que les environs. Les plus grands monuments de la capitale Française étaient sous nos yeux. J'avais hâte de pouvoir les explorer un à un, même si nous avions qu'une semaine. Ça serait amplement suffisant. Jasper était désespéré par le plan de la semaine que j'avais fait dans l'avion, mais dans la vie, il fallait toujours savoir où on allait. C'était la règle d'or. Je comptais bien le suivre scrupuleusement, sans oublier un seul monument de Paris. On va y qu'une seule fois dans sa vie. Après des dizaines de photos de la vue, de nous deux pris par des touristes et quelques achats de souvenirs, ne prîmes l'ascenseur pour redescendre sur la terre ferme. Jasper n'avait pas eu l'air très à l'aise dans les airs. Il était un peu pâle... Nous marchâmes vers les Champs Élysée pour un repérage pour demain, main dans la main, plus amoureux que jamais. Qui aurait cru que je trouverais l'homme de mes rêves dans un cabinet de psychologue ? Pas moi en tout cas! Il était parfait, quoique quelques peu... troublant des fois, surtout quand il parlait du travail. N'avait-il pas compris que je l'écoutais patiemment pour aller au plus vite au lit? Pas que sa voix était désagréable à entendre, loin de là, mais je ne comprenais presque rien de son charabia de psy. Au début, j'avais essayé de m'y intéresser, sincèrement, mais après deux semaines, j'avais fini par abandonner. Je le soupçonnais de faire pareil avec moi lorsque je parlais de mes études. Traître!
-Ce soir, on dîne au restaurant, m'annonça Jasper.
Je me tournais vivement vers lui, les yeux pétillant.
-Il faut que je m'achète une nouvelle robe alors! Souris-je, enthousiaste.
Je tendis la main, un sourire malicieux aux lèvres. Il fronça les sourcils.
-Tu me l'as promis hier soir, susurrai-je en me rapprochant de lui, as-tu déjà oublié ?
-Comment le pourrais-je, répondit-il d'une voix rauque.
À n'importe quelle heure de la journée, il était prêt. N'était-il pas un homme merveilleux ? Je collai mon corps contre le mien, ou plus précisément vers l'endroit stratégique de son anatomie. Je fis courir mes doigts sur son ventre, vers la zone recherchait. Heureusement, personne ne voyait ce qu'on faisait, trop occupé à se couvrir du froid.
-Peut-être que... je pourrais être gentille ce soir, l'amadouai-je. Il est fort plausible qu'après ma douche, je sois peu vêtue... ou habillée d'un ensemble très léger.
Il déglutit difficilement. La victoire était si proche.
-Le rouge, gémit-il. Le même qu'hier.
-Celui n'a pas survécu... Dommage, je l'aimais bien.
Je sortis ma langue pour taquiner sa lèvre inférieure avec délice. Il gémit et il enroula son bras autour de ma taille pour me rapprocher de lui. Je me retiens de rire, car j'y prenais un certain plaisir à ça, lorsque je sentis toute l'ampleur de son désir. Je me mis sur la pointe des pieds pour faire rouler sa virilité sur mon ventre. Il siffla entre ses dents alors que je lui fis un sourire amusée.
-Il faudra que tu achètes un autre ensemble, grogna-t-il.
Je ris de plus belle alors qu'il me plaqua devant lui, en marchant vers les magasins encore ouverts, pour ne pas qu'on voit son excitation. Ça, c'était bien un homme!
O*O*O*O
Il n'avait pas fallu faire beaucoup de boutiques pour faire mon bonheur... et celui de Jasper. J'avais eu envie d'acheter chaque articles de chaque magasins tellement les Français étaient doués pour la couture. Jasper avait réussi à me convaincre d'aller dans des magasins... plus abordable, car après avoir vu les prix de Dior ou encore Chanel, il manquait de faire un arrêt cardiaque. Il avait promis de mettre avec moi pour UNE seule robe de créature. J'avais boudé en pensant mettre de ma poche un prix exorbitant mais il m'avait rappelé qu'il avait fait un gros achat ce mois-ci et que sa banque l'aurait appelé dès qu'il serait revenu aux États-Unis pour avoir une explication. D'ailleurs, je ne savais toujours pas ce qu'était cet « monstrueux achat ». Il n'avait rien voulu me dire, avec ou sans ensemble. Il avait plus de force mental que je ne le croyais.
La nuit était tombée rapidement, en fin d'après-midi, sur Paris. Les rues n'avaient pas désemplies pour autant lorsqu'on avait marché vers notre hôtel pour notre dîner de ce soir. Jasper savait qu'il me fallait un minimum de temps avant d'être présentable, de plus il avait réservé à 20 heures ce soir. Pas question d'être en retard. Ne voulant pas qu'il me voit, j'avais obligé Jasper à m'attendre au bar de l'hôtel alors que je me douchais. Pour lui, un simple costume était suffisant, mais pas pour nous, les femmes. Ça faisait une heure que j'avais envoyé balader Jasper en bas, et j'étais prête. Je me regardai dans le miroir, un pli sur le front. Quelque chose m'intriguait dans son comportement, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Il était anxieux et très prudent dans chaque parole qui sort de sa bouche. Quelque chose clochait. Peut-être aurais-je la réponse ce soir? Allez savoir.
Dans l'ascenseur, il y avait un jeune couple qui s'y trouvait déjà, et j'eus une nette satisfaction en voyant l'homme loucher dans mon léger décolleté. Par contre, sa femme le fusilla du regard tout en lui donnant un coup de coude en plein de ses côtes. C'est avec un sourire amusé que je sortis dans l'ascenseur pour rejoindre mon amoureux au bar. Si avant, ça m'aurait plu le regard d'autres hommes sur moi, à présent ça me faisait simplement sourire. J'avais Jasper, et il faisait de l'ombre à n'importe quel homme sur Terre. Il était parfait, en tout point. Apparemment, on était les seuls à sortir ce soir car les personnes qui se trouvaient là étaient habillés avec décontraction. Ils me regardèrent avec étonnement avant de reprendre leur discussion, en français pour la plupart. Les cheveux blonds de Jasper furent dans mon champ de vision, et le cœur battant, je me dirigeais vers lui. Je ne voyais que son dos moulé dans son costume noir, et il était déjà très séduisant. Je lui tapotai l'épaule avec un plaisir non feint et il se retourna, écarquillant les yeux à ma vue. Il me détailla de haut en bas, la bouche entrouverte avant de secouer la tête.
-Je... Tu... Enfin... Wow, bafouilla-t-il.
Je ris doucement alors qu'il descendit du tabouret du comptoir du bar. Il sembla reprendre ses esprits.
-Tu es... sublime, reprit-il.
-Tu n'es pas mal non plus, répondis-je en remettant son col de chemise. Si on ne se met pas en route maintenant, on va être en retard.
-Avec plaisir. Si Mademoiselle veux bien me suivre...
Il me tendit le bras, en signe d'invitation, et je le suivis sans l'ombre d'une hésitation. De mon autre main, je tenais le bas de ma robe pour ne pas marcher dessus et le suivi à l'extérieur, après avoir enfilé mon manteau.
Le restaurant était somptueux. Peut-être trop, je ne savais pas. Tout était luxueux et hors de prix. Évidemment, j'avais droit au menu sans avoir le montant à côté mais j'avais peur de chaque nom de plat que j'allais annoncer au serveur. De plus, la nourriture était délicieuse mais... en toute petite quantité. Certes, les Français avaient une cuisine excellente mais quand même, payé autant pour une si petite assiette... Je me demandais si mon estomac n'allait pas se plaindre cette nuit. J'allais devoir résister à commander un repas en plein milieu de la nuit, sachant que les cuisines étaient ouvertes 24h/24. Plus le repas s'attardait, et plus Jasper était de plus en plus nerveux. Il avait légèrement desserré sa cravate avant que l'homme à l'accueil le lui oblige à se rhabillait correctement. Ce n'est pas comme s'il était en string non plus! Jasper avait cédé à contre cœur, le front en sueur. Pour le dessert, j'avais succombé à une tarte au citron alors que Jasper avait simplement commandé un café. Quand ce dernier eut payé la note, en prenant soin que je ne vois pas l'addition, traître, il m'avait proposé de faire quelques pas dehors pour digérer le dîner. J'avais souris, même si je me demandais ce que mon organisme pourrait bien digérer ce soir. Nous longeâmes les Champs Élysée doucement, contournant l'Arc de Triomphe pour nous rendre vers la Tour Eiffel. Même si on l'avait visité cet après-midi, ce monument m'attirait. Jasper et moi étions sur un banc, la contemplant.
-Il faudrait penser à savoir ce qu'on va acheter à Charlie, dit soudainement Jasper.
-Je sais, mais je ne trouve pas d'idée... Il est si compliqué, tout comme sa fille!
-Comme si tu n'avais pas trouvé un cadeau pour Bella!
-Hum... Peut-être, mais c'était une façon de parler.
Jasper rit en se tournant vers moi. Je l'imitai. Il se racla la gorge.
-Tu sais... commença-t-il, si je t'ai caché certaines choses ces derniers temps, c'était pour ton intérêt, et non contre toi.
-Je n'ai jamais pensé ça.
-Tant mieux, parce que... j'y ai bien réfléchis et je crois que ce voyage était comme un signe du destin, tu vois? Après tout, on est dans la ville des amoureux, n'est-ce pas?
-En effet, abdiquai-je. Alors vais-je savoir enfin pourquoi tu as cédé si facilement pour m'acheter une robe et qu'on a dîné dans un restaurant hors de prix qui sert une quantité monstrueuse de nourriture?
Il grimaça.
-J'avoue que je n'ai pas très bien choisit le restaurant, mais je croyais que ça te plairait à cause... de ce que je vais te dire, et je...
-Tourne pas autour du pot, tu sais bien que je déteste ça, boudai-je. Dis-moi ce qui te tracasse, Jasper.
Il fronça les sourcils avant de se lever et chercher dans sa poche de manteau. Il se mit à genoux, et lorsqu'il ouvrit la bouche, mon portable sonna. Jasper arrêta mon geste quand je voulus le prendre, les yeux suppliant.
-Ne décroche pas, chuchota-t-il.
-C'est peut-être important, contrai-je.
-Plus important que moi?
Je fus surprise par sa question.
-Rien n'est plus important que toi à mes yeux, mais on a promis à Bella ainsi qu'à ta famille de laisser nos portables ouverts pour qu'ils puissent nous joindre, tu t'en souviens?
Un éclat de tristesse traversa ses pupilles. Il se remit sur pied, las.
-Fais comme tu veux, soupira-t-il.
-Jasper, je...
Il était déjà à quelques mètres de moi, me laissant seule sur le banc. Je soupirai et décrochai mon téléphone avec force, sans chercher à savoir qui c'était.
-J'espère que vous avez une bonne raison de m'appeler à un moment pareil alors que...
-Alice?
Je me raidis quand mon cerveau reconnu l'homme au bout de la ligne. Il n'appellerait sûrement pas pour savoir le temps à Paris.
-Carlisle? M'inquiétai-je. Est-ce que tout va bien?
-Je suis désolé de t'importuner, mais Jasper a éteint son téléphone et j'ai quelque chose à lui annoncer. Est-ce que tu peux me le passer?
-Oui bien sûr!
Je me levais d'un bond du banc et courus presque rejoindre Jasper. Il me tournait toujours le dos quand j'arrivai à sa hauteur. Je lui tendis le téléphone, anxieuse.
-Je ne veux pas...
-C'est Carlisle, le coupai-je.
Il parut surprit et prit le portable. Pendant quelques instants, son visage était neutre avant de blanchir prématurément et de se tenir au réverbère le plus proche, plié en deux. Il mit fin à la conversation, les jambes tremblantes.
-Jasper! M'exclamai-je. Qu'est-ce qui se passe? Jasper!
Je crus voir une larme tomber sur le trottoir quand il me répondit d'une voix chevrotante:
-Edward...
Jeudi 12 janvier 2011
POV Bella
Edward se trouvait là, étendu sur le lit d'hôpital, la peau d'une blancheur alarmante, les yeux fermés, immobile, un tuyau respiratoire dans la bouche et les « bip » qui suivaient les battements de son cœur. Ce n'était que grâce à cette machine que je savais qu'il était encore en vie, car il ressemblait plus à un cadavre qu'à l'homme qui m'a fait l'amour plusieurs jours auparavant. 11 jours.
11 jours qu'il se trouvait dans le coma et que son état ne c'était ni dégradé, ni amélioré.
11 jours que je campai fermement sur cette inconfortable chaise d'hôpital, lui tenant sa main glacée.
11 jours que les autres me suppliaient de rentrer me reposer à la maison, sans y parvenir.
11 jours que la douleur ne s'atténue pas dans mon cœur.
11 jours que je maudissais le conducteur de cette voiture.
11 jours que je priais pour qu'Edward donne un digne de vie.
11 jours que mon état c'était dégradé au point d'alarmé Marcus Volturi, mon Radiophysicien.
Je n'étais qu'un faible fantôme aux côtés d'Edward, parlant rarement, mangeant très peu, dormant quand mon corps me l'ordonnait et se laissait aller dans cette douleur insurmontable. Je ne laissais personne m'approcher de trop près, ne voulant pas briser mon mutisme. Pourquoi Edward? Pourquoi lui? Qu'avait-il fait pour mériter un sort pareil? Ces questions tournaient sans cesse dans mon esprit, au point que mon crâne devenait de plus en plus douloureux au fil des jours. Je prenais mes médicaments, avec peine, mais j'obtempérai sur ça. Je savais qu'Edward ne voudrait pas que j'arrête mon traitement pour lui. Jamais. Mais je me forçais plus que je n'osai l'avouer. Les effets secondaires étaient plus dévastateurs que jamais, rendant mon corps aussi moue que de la pâte à modeler. Je n'étais plus qu'une poupée de chiffon à chaque séance de Chimiothérapie ou de Radiothérapieet après ma prise de médicament. Mon corps se révoltait fasse à mon abandon. Mais que pouvais-je faire d'autre? Rien. Sans Edward, je n'étais plus rien à part une loque. Une loque sans but, sans amour, remplit de peine. Je donnerai tout ce que j'avais, le peu que j'ai pour qu'il me revienne. Pour que je puisse plonger mon regard dans ses émeraudes, voir son sourire en coin sur ses lèvres, les sentir contre les miennes, trembler de désir en sentant son corps contre le mien... J'aimerai que ce dimanche fatidique n'ait jamais eu lieu. Mais je savais qu'on ne pouvait retourner en arrière.
Alors je restai là à le contempler, lui tenant sa main droite, tout en restant dans mon mutisme. Que pouvais-je faire d'autre? Je n'étais pas Médecin, ni même Dieu. Il était le seul à avoir les cartes de son destin en main, et ça m'angoissait. Que ferais-je s'il ne sans sortait pas? S'il restait dans les comas jusqu'à la fin de ses jours? Un hoquet de douleur sortit de ma bouche, et les larmes brouillaient ma vue. Je ne pouvais continuer à vivre dans un monde où il n'y était plus présent. C'était une certitude. Il m'avait redonné goût à la vie et y avait donné un sens. Personne n'avait réussi à faire ce que lui réussissait sans complication. Il m'était indispensable, et imaginait ma vie sans lui était un cauchemar.
Je jetai un coup d'œil à ma main gauche, où plus précisément à mon annulaire gauche où la bague de fiançailles y trônait fièrement. Je devais me marier avec lui, j'avais accepté après m'être rendue compte que mon refus était stupide. Pourquoi dire « non » alors que tous mes arguments internes me prouvaient le contraire? Je ne voulais que lui dans ma vie, je savais que c'était le seul homme avec qui je voulais partager ma vie, alors même si mon opinion sur le mariage était négatif, pourquoi ne pas vouloir porter son nom et le rendre heureux? Edward avait eu raison le soir où j'avais refusé sa demande; j'étais égoïste. J'avais simplement déclinée sa demande parce que je ne voulais pas, et rien de plus.
Et encore dimanche dernier, mon égoïsme avait été fatal. Mon père m'avait appelé pour avoir de mes nouvelles, et en entendant sa voix pâteuse, je compris de suite qu'il y avait un problème. Il m'avait avoué que la police avait retrouvé une autre victime du « tueur Olympique » et qu'il avait complétement défiguré et mutilé sauvagement sa victime au point que la famille de cette dernière eut du mal à faire l'identification, le lendemain. De plus, il s'inquiétait du fait que les jeunes femmes assassinées avaient une ressemblance troublante avec moi, et qu'il se faisait du souci pour moi. L'information avait filtré jusqu'à mon cerveau, et mes nerfs avaient lâchés. Alice m'avait dit exactement la même chose quelques semaine plus tôt sans que cela me fasse d'effet, mais le fait que mon père révélé ceci me faisait froid dans le dos. J'avais voulu Edward à mes côtés, mais il était partit à ma boulangerie préférée acheter notre petit-déjeuner. Je m'étais habillée rapidement et chaudement avant de descendre devant l'immeuble pour l'attendre. Je me souviens que mon cœur avait bondit lorsque j'avais reconnu sa voiture, que ma respiration avait accéléré en le voyant dans toute sa beauté avant que celui-ci ne tombe dans mon estomac lorsque du coin de l'œil, je vis une voiture noire foncer droit sur lui. Le temps c'était arrêté à ce moment-là.
J'avais l'impression que mon cerveau me remémorait la scène, encore et encore, sans me laisser aucun répit. La visite de la famille d'Edward, de la mienne ou d'un film quelconque à la télévision ne les faisait pas disparaître. D'après Jasper, après que Charlie eut demandé ce que j'avais à ce dernier, j'étais en état de choc et que je serais de nouveau moi même lorsque j'en aurais décidé. Il avait tort. Certes, j'étais choquée mais j'avais encore toutes mes capacités mentales. Mais le fait de voir l'homme que j'aime dans le coma m'était insupportable, et je ne voyais pas l'intérêt de parler dans ce moment-là. Et puis, je ne ressentais pas le besoin d'exprimer à tout le monde ce qu'on pouvait lire sur les traits de mon visage. J'avais peur, point à la ligne. Je sursautais lorsque l'on toqua doucement à la porte de la chambre. Je me redressais, pour me donner une légère contenance et Esmée entra. Elle n'était pas dans un meilleur état que moi, on pouvait facilement distinguer des cernes sous ses yeux malgré le fait qu'elle se soit, apparemment, maquillé, ses yeux étaient éteints et sa silhouette courbait.
-Bonjour, Bella, me salua-t-elle.
Je lui fis un bref sourire avant de regarder Edward, toujours inconscient.
-Bonjour mon bébé, murmura-t-elle à ce dernier, embrassant délicatement son front.
Esmée dégagea quelques mèches de cheveux qui obstruaient les yeux de son fils et prit la seconde chaise de la chambre, prenant la main libre d'Edward dans les siennes. Elle soupira longuement, un sanglot dans la voix.
-Son Médecin a dit qu'il n'y avait pas de changement, m'informa-t-elle, mais il a dit que c'était bon signe si son état était stable. C'est une bonne nouvelle, n'est-ce pas?
Je hochais la tête, raide. Je savais que son était ne c'était ni amélioré, ni dégradé mais ça ne changeait rien au fait qu'Edward était toujours dans le coma.
-Je suis sûre qu'il va rapidement ce réveiller, continua Esmée. Après tout, il doit être là pour la préparation de son mariage.
J'écarquillai les yeux dans sa direction, le cœur battant.
-Oh, Bella! Tout le monde a vu la bague que tu portais voyons, même Charlie.
Je baissais la tête, rougissante. Un soupir se fit entendre derrière les « bip » assourdissant du moniteur.
-Bella, reprit ma futur belle-mère, tu ne peux pas rester indéfiniment ainsi, à ne parler à personne, ni allait te reposer dans un lit digne de ce nom et prendre un repas décent. Ce n'est pas bon pour ta santé.
Je haussais les épaules, indifférente. Mais au fond, j'étais touchée qu'Esmée ose me parler de ça, alors que tout le monde prenait des pincettes avec moi.
-Tu es malade et tu ne peux pas jouer avec ta santé comme ça. C'est important que tu prennes soin de toi, malgré les circonstances. Tout le monde s'inquiète pour toi, et on est au courant que tu rechutes.
Je serais mon poing libre, en colère contre Marcus Volturi.
-Je t'en prie... Tu dois t'occuper plus de toi, pour ton propre bien. Je... Je suis sûre qu'Edward n'aurait pas voulu ça.
Mon cœur tressaillit et mes yeux s'embrumèrent de plus bel. Edward... Il me manquait tellement que s'en était une torture heure par heure. Il n'y avait qu'avec lui que je me sentais bien, même si ma tumeur au cerveau ne me laissait pas de répit. Je n'avais pas besoin de rassurer tout le monde, car Edward savait exactement comment j'étais, et comment s'occuper de moi et me rendre heureuse. Sans que je ne me rende compte, une larme chaude et traîtresse coula sur ma joue droite, tombant sur le drap. Par la suite, d'autres vinrent inonder mes joues et je me mis à pleurer.
-Oh, Bella...
Esmée se leva prestement, et vint m'enlacer tendrement tout en me caressant les cheveux. Assise sur le lit de son fils, elle pleura avec moi avant de prendre la parole :
-Edward t'aime tellement Bella qu'il s'en voudrait de te voir dans cet état-là. Les Docteurs persistent à dire qu'il va se réveiller, mais il faut juste lui donner du temps pour que son corps se remettre. Quand il sera sur pied, votre vie reprendra le cours des choses.
-Il me manque tellement, sanglotai-je d'une voix rauque à cause de mon mutisme prolongé.
-Ne t'inquiète pas, Edward est là, il est simplement dans un sommeil prolongé. Tout va bien se passer.
Je hochai la tête, et me surpris à m'accrocher à elle comme une bouée de sauvetage. Elle avait raison, Edward allait s'en sortit et on pourra reprendre notre vie d'avant et préparer notre mariage comme n'importe quel couple fiancé. Esmée me tint dans ces bras pendant un long moment avant de me faire reculer et prendre mon visage entre ses paumes, tout en essuyant mes larmes.
-Alice t'a rapporté des affaires de rechanges hier, me dit-elle. Va donc prendre une douche pendant que je vais te chercher quelque chose à manger, d'accord?
-D'accord, répondis-je.
Elle me sourit et m'embrassa sur la joue.
-Il y a tout ce qu'il faut dans la salle de bain. Carlisle travaille, je vais le prévenir que tu es seule dans la chambre. Est-ce que ça va aller?
-Oui... Merci beaucoup, Esmée.
-Tu es une jeune femme adorable Bella, et tu rends mon fils heureux. Ne l'oublie pas.
Elle me jeta un dernier regard et sortit de la chambre avec son sac à main. J'essuyais les dernières larmes brulantes, prenant une grande inspiration. Je m'étais laissée aller, mais je devais me ressaisir, pour Edward. Sa mère avait raison, il culpabiliserait de me voir dans cet état lorsqu'il ouvrira les yeux. Je contemplais ce dernier, avec un mélange de mélancolie et d'excitation. Les Médecins croient dur comme fer qu'il allait se réveiller, mais quand? J'embrassais délicatement la paume de sa main, humant son odeur au passage.
-Je t'aime Edward, reviens-moi vite, chuchotai-je.
À contre cœur, je l'abandonnais pour aller m'enfermer dans la salle de bain. Mon corps me faisait souffrir plus que de raison, mais j'allais y arriver. Il n'était pas trop tard pour que je me reprenne en main. Je l'espérais en tout cas. Je sortis un jean, un pull beige et des sous-vêtements propres du sac qu'Alice m'avait apporté, étonnée que celle-ci n'y ait pas glissé quelques robes et jupes courtes. L'accident d'Edward devait l'avoir beaucoup touché. Elle était rentrée en catastrophe, accompagnée d'un Jasper blême, de Paris en pleure et complétement affolée. La police avait voulu les interroger, avant de se rendre compte qu'ils n'avaient aucune raison d'en vouloir à Edward, et que leur alibi tenait la route. Grâce à Charlie, je savais que la police n'avait aucune piste, même avec le témoignage de quelques personnes qui se trouvaient non loin de notre immeuble. Il avait délicatement insinué que les inspecteurs chargés de l'enquête attendait ma version des faits avec gravité. J'avais tout vu, et ils le savaient pertinemment. Je ne pourrais jamais m'enlever ses images de la tête.
Une fois déshabillée, je me glissais douloureusement sous la douche en activant l'eau chaude. Un violent frisson parcourut mon corps avant que je ne pose ma tête contre le carrelage de la douche, en soupirant de bien-être. Je prenais grand soin de ne pas regarder mon corps décharné et maigre. Je n'avais pas besoin qu'on me rappelle que j'étais atteinte d'une maladie grave. Je devais aller de l'avant. Je souris en voyant mon gel douche et mon shampoing à la fraise sur le sol, et je remerciais mentalement Alice de cette attention. Je me savonnais le plus énergiquement que mon corps ne m'autorisait, en profitant pour enlever les poils disgracieux sur mes jambes et mes aisselles et me lavant mes cheveux doucement. Je ne voulais pas que la chute de ceux-ci ne s'accentue avec ma brusquerie. Quand je fus rincée, je sortis de la douche en m'enroulant dans une grande serviette blanche tout en prenant soin de rester près du lavabo au cas où je perdrais l'équilibre.
-Bella? M'appela-t-on de la chambre.
Je sursautais vivement en reconnaissant Carlisle, manquant de faire tomber la brosse à cheveux que j'avais dans les mains.
-Je suis dans la salle de bain, répondis-je.
-Je t'attends donc, Esmée m'a demandé de venir te voir.
-J'ai bientôt fini.
-Prends ton temps, j'ai pris ma pause de toute façon.
J'évitais de me regarder dans le miroir alors que je brossais méticuleusement mes cheveux. Je savais d'ores et déjà qu'il y avait trop de cheveux sur ma brosse, mais je m'étais fait douloureusement à l'idée après qu'Edward m'est longuement parlé, des semaines auparavant. Je n'avais pas le choix. Je me fis une queue de cheval et essuyait doucement le reste de mon frêle corps. Je déglutis en voyant mes os ressortir sous ma peau, et voir la teinte de cette dernière beaucoup plus pâle qu'avant. Qu'est-ce qu'Edward pouvait bien me trouver? J'avais presque perdu toutes les formes physique qu'il me restait, et bientôt je ne serais qu'un sac d'os. Je secouais la tête, éloignant ses sombres pensées de mon esprit. Je devais me reprendre, pour l'amour d'Edward. J'enfilais le plus rapidement que je puisse faire, mes sous-vêtements et habits, avant de mettre mes affaires sales dans un sac plastique, ainsi que la serviette que j'avais utilisé. Je savais qu'Esmée les prendrais pour les laver, avant même que je ne lui demande. Je pris mes chaussures en main, et ouvris la porte de la petite salle de bain d'hôpital. Carlisle regardait le dossier médical de son fils, assit sur le bord du lit. Il leva son regard vers moi.
-Bonjour, Carlisle.
-Je suis heureux d'entendre de nouveau le son de ta voix.
Je rougis et m'assis sur la brave chaise qui me soutenait depuis des jours maintenant, pour mettre mes chaussures. Je sentais le regard de Carlisle sur moi, m'embarrassant un peu plus.
-Tout le monde a bon espoir qu'il se réveille, dit-il.
-C'est ce que votre femme m'a dit tout à l'heure.
Il sourit en regardant son fils avec un amour véritable. J'entrelaçais mes doigts avec ceux d'Edward, réchauffant sa main tiède.
-Son corps doit juste se reposer quelque temps, après les blessures qu'il a subit.
Je tressaillis, me remémorant son corps tombant brutalement sur la route, alors que la voiture s'enfuyait à toute allure.
-Excuse-moi, Bella, je ne voulais pas...
-Non, ça va, le coupai-je. C'est juste que je voudrais tellement faire quelque chose contre la personne qui a fait ça.
-Je crois qu'au fond de toi, tu sais ce que tu dois faire, n'est-ce pas?
Je soupirais, m'accrochant comme une bouée aux doigts d'Edward. Carlisle posa une main compatissante sur mon épaule gauche. Je ne l'avais pas entendu venir jusqu'à moi.
-Je ne peux pas t'obliger à faire ce que tu ne souhaites pas, surtout que ça serait déloyal de ma part vu que c'est de mon fils qu'on parle. Mais ça pourrait d'aider, de le dire à quelqu'un, expliquer ce qui s'est passé là-bas. Et si tu souhaites vraiment que la personne qui est à l'origine de l'accident d'Edward soit punie, les meilleures personnes qui puissent t'aider sont les personnes chargées de l'enquête.
-Je le sais bien, mais je n'ai pas vu grand-chose vous savez, avouai-je.
-Tous leurs peuvent être utile. Mais sache que je ne t'oblige pas à faire quoique ce soit qui puisse te contrarier. Il faut penser à ta santé d'abord.
-Merci...
-Tout le plaisir était pour moi, sourit-il. Je dois te laisser, ma pause est terminée depuis cinq minutes et il faut que je montre l'exemple aux nouveaux internes ! Je repasserai ce soir.
-D'accord.
Il me fit un dernier sourire encourageant et ferma doucement la porte de la chambre d'hôpital. Je soupirais, dépassée. Il y a encore une heure, je refusais d'ouvrir la bouche pour dire le moindre mot, et je ne quittais pas la main d'Edward. À présent, j'avais reprit quelque peu mes esprits et j'étais décidée à faire enfermer celui qui avait mis Edward dans le coma. Je me souvins qu'un inspecteur était venu me voir, le lendemain de l'accident et qu'il avait renoncé à discuter avec moi en voyant que je ne réagissais pas. Il avait laissé sa carte de visite sur la table de chevet. Elle n'avait pas bougé depuis. Mon regard dériva vers celle-ci, et je me mordillais la lèvre inférieure, hésitante. Je n'avais pas mentit à Carlisle, je n'avais pas vu grand-chose, en tout cas c'était la même chose que les témoins qui se trouvaient là, je ne sais pas ce que je pourrais dire qui pourrait faire avancer l'enquête. Je contemplais mon Edward, allongé, inconscient en respirant grâce à un tube respiratoire dans la bouche. Je devais le faire. L'instant d'après, je composais le numéro de l'inspecteur, le cœur battant.
O*O*O*O
-Je vous remercie de bien vouloir m'accorder quelques minutes de votre temps, me remercia l'inspecteur Stephenson.
-Tout le plaisir est pour moi, Monsieur.
Je traçais le contour de mon gobelet de chocolat chaud, ailleurs. Esmée était arrivée quelques minutes après mon coup de fils à l'inspecteur, avec un grand sourire et un sac plastique remplit de nourriture. Mon estomac allait exploser. J'avais dû supplier Esmée d'arrêter de me nourrir sous risque que mon organisme rejette tout. Elle avait fait la moue, mais abdiquait par la suite. Quand j'eus réussis à digérer la quantité titanesque de nourriture, j'avais expliqué à Esmée que j'avais téléphoné à l'inspecteur chargé de l'enquête pour lui expliquer ce que j'avais vu, le jour de l'accident. Elle avait été surprise, avant de fondre en larmes et de me remercier plutôt deux fois qu'une. J'avais été gênée, et en colère contre moi-même d'être aussi égoïste. À présent, elle était dans la chambre d'Edward, lui tenant compagnie alors que l'inspecteur m'avait offert un chocolat chaud à la cafétéria dans le hall d'hôpital. Je supposais que c'était un endroit plus adéquat à un interrogatoire que la chambre d'hôpital de la victime.
-Appelez-moi Peter, sourit-il.
-Si vous m'appelez Bella, répondis-je avec politesse.
-Très bien, Bella. Hum... Vous avez tenu à me parler, est-ce en rapport avec l'enquête que j'effectue sur l'accident de Monsieur Cullen?
-Oui, je... je voudrais vous expliquer ma version des faits.
-Je suis surpris mais heureux de votre initiative. Dans ce cas, je vous écoute.
Je rougis quelque peu et bu une gorgée brulante de mon chocolat. Alice disait toujours que le chocolat donnait du courage. Espérons qu'elle est raison. L'inspecteur sortit un calepin et un stylo et attendit religieusement mon récit.
-Je me suis réveillée en découvrant un mot d'Edward m'expliquant qu'il était partit à ma boulangerie préféré pour acheter notre petit-déjeuner.
-Quelle heure était-il? Me demanda-t-il.
-Un peu plus de dix heures et demie, je n'ai pas l'heure exacte...
-Ce n'est pas grave. Continuez.
-L'instant d'après, mon père m'a appelé pour prendre de mes nouvelles. Il semblait perturbé, alors je lui ai demandé ce qui se passait. Il m'a expliqué qu'il avait retrouvé un autre corps de jeune femme, et qu'il semblerait que le tueur c'est littéralement acharné sur elle.
Il nota tout ce que je lui disais, sans exception.
-Votre père est un homme bien, il connait bien son travail, ce n'est pas comme les jeunes d'aujourd'hui... Mais je vous en prie, reprenez.
-Hum... Il était inquiet du fait que les victimes me ressemblaient et surtout que j'habitais aussi prêt de là où il sévit. Après qu'il ait raccroché, je crois que... que mes nerfs ont lâchés et je me suis mise à pleurer. Je me suis habillée et j'ai attendu Edward en bas de l'immeuble. Quand il est arrivé, il tenait un paquet de la boulangerie dans les mains, et... et j'ai vu une voiture foncer droit sur lui. Je... Je l'ai averti, mais il était trop tard, et... et la voiture l'a... percuté de plein fouet.
-C'est très bien, Bella, très bien. Est-ce que vous sauriez me dire de quelle marque était la voiture?
-Non... Je me souviens qu'elle était noire, et qu'elle semblait neuve.
-Pourriez-vous l'identifier si je vous montrais une photo?
-Probablement, oui.
-Parfait. Avez-vous vu la plaque d'immatriculation?
-Pas vraiment... J'ai juste vu que la voiture était immatriculée dans l'état de Washington.
-Ça nous donne déjà une bonne piste, Bella. Une très bonne piste...
Il nota rapidement dans son carnet, alors que la fatigue arriva. Je n'avais pas beaucoup dormit ces derniers temps, et le lit que l'hôpital m'avait fourni pour être auprès d'Edward ne venait pas d'un hôtel quatre étoiles. Je réprimais un bâillement involontaire.
-Je ne vais vous embêter encore quelques instants, sourit l'inspecteur. Je vois que vous êtes fatiguée.
-Excusez-moi, c'est involontaire...
-Il n'y a pas de mal, voyons! Je suis au courant pour... votre état de santé, et je suis sincèrement désolée pour vous.
-Merci, murmurai-je, détournant le regard.
-Auriez-vous vu la personne dans la voiture? Est-ce qu'elle était seule, ou il y avait plusieurs personnes dans l'habitacle?
Je fronçais les sourcils, me remémorant mes souvenirs.
-Je crois que c'était un homme, vu la carrure et... il était seul.
-Un homme, bien... Est-ce que vous l'avez vu, physiquement parlant?
-Non, je crois qu'il... qu'il partait une sorte de cagoule sur la tête, on ne voyait que ces yeux.
-C'était donc un acte prémédité si l'homme a pris soin de masquer son visage. Savez-vous si Monsieur Cullen a des ennemis?
-Pas à ma connaissance, avouai-je. Edward est très apprécié par ces collègues de travail, à l'hôpital, tout comme ses amis. Mais si c'était le cas, il serait capable de se taire pour ne pas m'inquiéter.
-Je reconnais bien là le comportement d'un homme amoureux, rit-il doucement. Je fais exactement la même chose avec ma femme.
-Alors elle doit sûrement souvent vous en vouloir de ne rien dire.
-Je sens que c'est quelque chose que vous avez déjà vécue, n'est-ce pas?
Je rougis, prit en flagrant délit.
-Donc Edward était aimé par tout le monde... N'aurait-il pas eu une ex qui lui en veut ? Une conquête d'un soir ?
Je me mordis la lèvre, nerveuse. Je ne connaissais qu'une seule personne.
-Il y a une femme, dans son service qui... qui nous a posé quelques problèmes, et s'en ait prit à ma famille, mais je ne suis pas sûre qu'elle...
-Comment s'appelle-t-elle? Me coupa-t-elle.
-Tanya, mais je ne sais pas son nom de famille.
-Travaille-t-elle toujours ici?
-Non, elle a démissionné il y a quelques semaines.
-Puis-je savoir ce qu'elle vous a fait, si ce n'est pas trop indiscret? Ça pourrait nous menez sur une piste...
Je tournais ma cuillère en plastique dans mon gobelet de chocolat froid, à présent, contrarié de devoir parler de ma garce de mère. Fait-le pour Edward.
-J'ai été hospitalisé, il y a quelques mois et cette Tanya a prévenu volontairement ma mère de mon hospitalisation alors que je ne parle plus à cette dernière depuis mes 13 ans.
-Cette femme vous en voulait-elle à cause du fait que vous soyez avec Monsieur Cullen?
-Nous n'étions pas ensemble à cette époque-là, expliquai-je. Mais elle a dû déduire qu'Edward avait... enfin...
-Des sentiments pour vous?
Je hochais la tête, embarrassée.
-D'accord. Eh bien, je n'ai plus de question à vous poser, Bella. À moins que vous voulez ajouter quelque chose?
-Non, je crois que j'ai tout dit.
-Si vous vous souvenez de quelque chose, n'hésitez pas à m'appeler sur le même numéro que tout à l'heure.
-Je le ferais. Est-ce que vous... vous croyez que l'homme qui a percuté Edward avec sa voiture a voulu le tuer?
L'inspecteur rangeant son carnet et son stylo dans la poche extérieur de son manteau, la mine perplexe.
-On ne peut pas encore établir si cette personne a voulu tuer Monsieur Cullen, ou juste lui faire passer un message en le renversant. Nous en serons plus au fil de notre enquête. En attendant, laissez-moi vous raccompagnez jusqu'à la chambre.
Je jetai mon gobelet à la poubelle et suivit tant bien que mal l'inspecteur qui tenait précautionneusement mon bras pour éviter que je tombe à la première occasion. Mon pas était lent et hésitant, mais il ne s'en formalisa pas, et prit mon rythme de marche. Esmée avait laissé la porte de la chambre entrouverte, et semblait soulagée de me voir arriver accompagnée. Elle remercia l'inspecteur, et prit le relais en prenant ma main.
-Je vous tiens au courant du cours de l'enquête, Madame Cullen. Bella, je vous souhaite de prendre soin de vous. Votre fiancé ne voudrait sûrement pas vous voir dépérir, vous savez.
-On n'arrête pas de me le dire, soupirai-je.
Il sourit et nous quitta. Esmée ferma la porte et m'aida à m'asseoir sur le lit voisin de son fils.
-Tout c'est bien passé? S'enquit-elle.
-Il... Il pense que l'accident était prémédité, soufflai-je.
Elle hoqueta, et posa une main sur son cœur, les larmes aux yeux.
-Qu'est-ce qui lui fait dire ça?
-L'homme qui était derrière le volant était masqué, et il pense que si c'était un simple accident il n'aurait pas prit soin de se cacher.
-Oui, oui... évidemment. Mais qui pourrait bien en vouloir à mon bébé? Tout le monde l'apprécie, aussi bien dans son travail que ces amis.
-C'est ce que je lui ai dit. Mais vous vous souvenez de Tanya?
-Son ancienne collègue de travail?
-Oui, et bien... On a eu quelques problèmes avec elle, après mon hospitalisation. Il va aller sur cette piste.
-Mon Dieu...
-Mais ce n'est peut-être pas elle, Esmée, la rassurai-je. Elle voulait Edward d'après ce que Jasper m'a dit, mais je ne pense pas qu'elle soit allée jusqu'à le renversé en voiture pour se venger de son ignorance.
-Oui, tu as raison. Mais mon pauvre bébé...
Elle caressa délicatement ces cheveux, le regardant avec tendresse. Une barbe avait poussé sur les joues et le menton d'Edward depuis quelques jours, et ça lui donnait un air de voyou. Mais ça le rendait aussi très sexy. Je rougis sous mes pensées. La fatigue se fit de plus en plus sentir. J'avais beaucoup bougé aujourd'hui, plus que ces derniers jours. Je réprimais l'envie de m'allonger auprès d'Edward.
-Tu devrais dormir un peu, ma chérie, me dit Esmée. Je te réveillerai pour le dîner.
-Vous êtes sûre? Je...
-Dors, Bella, me gronda-t-elle gentiment. Et prend tes médicaments avant.
Je lui obéis, alors qu'elle me regardait attentivement pour voir si je lui obéissais et j'enlevais mes chaussures avec un gémissement de plaisir. Elle m'aida à m'allonger et m'emmitoufla dans les deux couettes qu'elle avait apportée de sa maison, jugeant celle de l'hôpital de piètre qualité. Mes yeux se fermaient doucement, et Esmée m'ordonnait de me reposer. Ma dernière pensée fut pour Edward, espérant qu'il se réveille le plus vite possible pour que je puisse de nouveau profiter de lui.
Samedi 14 janvier 2011
POV Edward
Ma tête menaçait d'exploser à chaque battement de cœur. C'était comme si un marteau piqueur s'était logé dans mon cerveau. C'était affreux. Et puis, les autres parties de mon corps n'était pas en reste. Mes côtes me faisaient atrocement souffrir, comme si elles avaient été broyé et ma jambe semblait être confinée dans du ciment. J'étais incapable de la bouger. Autour de moi, il faisait noir comme dans un four, avant que je prenne conscience que j'avais les yeux fermés. Quelques choses de doux et tiède me tenait la main, sans la lâcher une seule seconde. Je ne saurais dire qui c'était, mon esprit était trop embrumé pour l'instant. Je bougeai doucement mes doigts prisonniers de cette main. Je fus soulagé de constater que mes muscles m'obéissaient. Un petit couinement tout à fait adorable se fit entendre avant que des voix n'apparaissent là où je me trouvais. La pièce s'agita. Je gémis lourdement alors que je bougeais mon second bras. Il semblait que ça faisait des semaines que j'étais resté dans cette obscurité étouffante. Avec difficulté, et avec une force mentale incroyable, je papillonnai des yeux avant que la lumière n'agresse mes yeux.
-Éteignez la lumière, ordonna une voix masculine. Edward? Vous m'entendez? Edward?
Je grognai au fait qu'on parle si fort alors que je revenais de loin. Je bougeai les doigts plus vivement que la première fois en espérant qu'il comprenne que je l'avais entendu. Je retentais une seconde fois de retrouver la vue et la pièce s'ouvrit à moi. Les murs étaient blanc, tout comme les meubles de la pièce et les draps où je me trouvais. Un hôpital. Je me trouvais dans un hôpital. Mais comment je me suis retrouvé là? Je clignai des yeux, espérant retrouver un peu les esprits mais mon cerveau protesta vivement, me rappelant à l'ordre. Plusieurs personnes se trouvaient là, j'en connaissais quelques-uns.
-Bonjour, Edward, se réjouit un homme penché au-dessus de moi. Bon retour parmi nous.
Je fronçais les sourcils, perdu.
-Vous étiez dans le coma depuis près de deux semaines mon garçon, m'expliqua-t-il. Je vais vérifier vos fonctions vitales avant de tout vous expliquer. N'ayez crainte, c'est parfaitement normal que votre cerveau soit un peu embrouillé.
Il prit mon pouls, ma tension, mit une lumière dans mes yeux, vérifia mes réflexes, regardant mes blessures et plus principalement mon crâne avant de faire une prise de sang. Personne dans la salle ne le dérangea.
-Emmenez ça au laboratoire, Lucie. Merci, dit-il. Bien, Edward, dite-moi... Est-ce que vous reconnaissez les personnes qui sont dans cette chambre?
Je détaillai chaque personne, encore embrumé. Il y avait un homme aux cheveux blonds et aux yeux verts, mon ami d'avance; Jasper. Puis, une petite brune aux cheveux en pique qui sautillait sur place; Alice. Un homme qui ne devait faire pas loin des deux mètres, une carrure d'ours; Emmett. Une magnifique blonde aux yeux bleus, la sœur de Jasper; Rosalie. Un homme d'une bonne quarantaine d'année avant une moustache et père d'Emmett; Charlie. Une femme d'un certain âge, les traits doux et familiers; ma mère. Un homme blond, les yeux d'un vert perçant que je reconnus être mon père. Et mes yeux se posèrent sur la dernière personne, une femme, une très jolie femme même qui avait les yeux rougis mais d'un marron éclatant, la peau d'une blancheur maladive et une frêle silhouette. Je fronçais pour la deuxième fois des sourcils, trifouillant dans mon cerveau sans être satisfait. Cette jeune femme me regarda avec une émotion et une avidité évidente, pas que ça me dérangeait mais quelque chose me bloquait.
-Qui êtes-vous? M'enquis-je, troublé.
La jeune femme hoqueta, la main sur sa bouche. Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues et, avec une difficulté évidente, elle se releva de la chaise et sortit de la pièce, aussi vite que possible. Tous les autres nous regardèrent à tour de rôle, inquiet.
-Bella, attends! S'affola Emmett.
Bella. Pourquoi ce prénom me disait quelque chose?
Je me suis renseignée sur le comas, prolongé ou non, pour ne pas paraître complètement idiote pendant mon chapitre et c'est fort probable qu'avec un traumatisme crânien, on perd une partie de ces souvenirs, définitivement ou non.
Donc, relaxez-vous en prenez une petite boisson bien fraîche, tout va bien mes amies.
-Chanson: « Hysteria » de Muse.
N'hésitez pas à me donnez votre avis,
Clairouille59.
