Jour 685 :

C'est mon anniversaire. Je n'ai même pas envie de songer à combien d'années j'ai passé dans cet univers. Avec toutes ces régénérations, le temps est long. Mais bon pas autant que mon cher et tendre Seigneur du Temps. D'ailleurs, je commence à entendre le son de la matérialisation de son TARDIS; Comme j'ai hâte de lui parler du Byzantium, je ne l'ai pas revu encore depuis, et surtout de savoir où donc il a choisi de m'emmener pour fêter cet anniversaire, le premier que je passe en tant que femme mariée.

...

Waouh! Stevie Wonder au XIXème siècle ne chantant rien que pour moi - et le Docteur - alors que nous patinions sur la Tamise gelée... La glaciation la plus spectaculaire de la ville de Londres... Et puis, il y a aussi eu mon père. Pas à Londres. Ici, à Stormcage. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, il était habillé - ou plutôt costumé - en centurion romain. Une idée stupide de mon mari, bien sûr...

Et puis il y avait aussi le fait que je revenais vers ma cellule en chantonnant encore la chanson d'amour de Stevie Wonder en dansant. C'était un anniversaire vraiment magique, et tellement romantique. Le Docteur avait dû faire des recherches (peut-être du côté d'Amy et de Rory pour savoir quels avaient été mes goûts musicaux d'adolescente) et il s'était vraiment surpassé. Je n'oublierais jamais ce merveilleux moment. On se serait cru dans un rêve. Et ce n'aurait pas été dur à croire. Oh, et la nuit d'amour... Non, j'avais dit que je ne parlerais pas de ça dans mon journal...

En tout cas, ça a vraiment été une superbe nuit. Inoubliable parmi toutes celles que j'ai déjà racontées dans ce carnet de bord; mais voilà, en rentrant en prison - et j'ai dû appeler pour prévenir que je rentrais et non m'échappais de Stormcage pour que les horribles alarmes cessent. Bref, en rentrant dans ma prison dorée en attendant la prochaine fois où je ressortirais de ma cellule - que je n'imaginais pas venir si tôt - j'ai vu mon père. J'en fus si surprise, et surtout par son accoutrement, qu'il a cru qu'on ne s'était pas encore rencontré. Je l'ai rassurée en lui assurant que si et en l'appelant "Rory". Comme ça m'a fait bizarre, la dernière fois que je l'avais vu, je l'avais appelé "papa". Mais cette fois, je ne pouvais pas.

Je ne reconnaissais que trop bien ce costume rouge de centurion romain... C'est celui qu'il portait la première fois que je l'ai vu : le jour de ma naissance. Evidemment, c'est mon anniversaire aujourd'hui après tout. Mais de toute façon, mes soupçons ont vite été confirmés. Mon père m'a dit que ma mère avait été enlevée, et que le Docteur rassemblait une armée. Son jour le plus sombre était donc arrivé... Le jour que je redoute tant. J'y suis. Et je sais que je ne peux pas intervenir. Je ne peux pas me sauver moi-même. Je sais déjà que je ne le serais pas. Je vais être remplacée par un bébé de chair. Et moi, je vais être enlevée par Kovarian et le Silence. Et je vais être bientôt placée dans cette horrible combinaison spatiale dont je fais encore parfois des cauchemars. Bien sûr, ni Rory ni le Docteur n'en savent encore rien. C'est moi qui sait la vérité sur tous ces spoilers.

Rory est reparti, triste et surtout confus. Je les avais déjà aidés par le passé, il me connaissait bien, il le pensait du moins. Et voilà que je refusais de l'accompagner, que je refusais de sauver sa femme et son bébé. S'il savait qu'il l'avait devant lui, son "bébé". Son bébé qu'il tiendrait bientôt dans ses bras. Melody Pond. La fille du TARDIS,... Il n'y a pas de mots pour dire comment j'étais triste de voir ce jour arriver.

Mais je m'y suis faite. Il le faut bien si je dois avouer mon identité à mes parents et au Docteur. Une fois que tout sera fini. Une fois que la situation sera désespérée. Une fois qu'ils lui en voudraient de ne pas les avoir aidés à récupérer leur bébé. C'est ce que j'ai dit à mon père, que je ne pourrais pas venir. "Pas avant la fin"...