Bonjour à toutes les filles,

Après trois semaines d'attente, le voilà, il est là, tout beau, tout chaud, tout juste sorti de correction.

S'il restait des erreurs, c'est entièrement de ma faute puisque mes bêtas aux yeux de lynx, Maddy et Morgane, ne laissent rien passer.

Merci à vous les filles pour vos messages qui me vont droit au cœur.

Bonne leture à toutes.

On se retrouve en bas pour les rar's.

Fictionnement vôtre, VivinChlotte.

Ah non c'est pas fini : Je dédie ce chapitre à Ecathe38, pour tout le soutient qu'elle a pu m'apporter depuis le début de la publication.

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Let me be your everlasting light,

Laisse-moi être ta lumière éternelle,

Your home when there is cold.

Ta maison quand il fait froid.

In me you can confide,

A moi tu peux te confier,

When no one's by your side. (...)

Quand personne n'est à tes côtés. (...)

Loneliness is over,

La solitude est terminée,

Dark days are through.

Les jours sombres sont passés.

They're through.

Ils sont passés.

The Black Keys, Everlasting Light (Trad. Approximative)

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Chapitre 28 : Rituel.

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11 Mars 1998, Poudlard.

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La nuit était claire et dégagée laissant apparaître au-dessus de sa tête, le plus beau des spectacles céleste. Les quelques milliards d'étoiles, accompagnées de la lune montante, brillaient de tout leur éclat et projetaient une lueur plus que bienvenue éclairant ses pas. La baguette fermement serrée dans sa main, l'Auror Harris se faufilait dans les ombres de la nuit, les sens aux aguets et le cœur battant à l'idée de ce que qui l'attendait ce soir. Un peu plus tôt dans la journée, un billet anonyme était parvenu jusqu'à lui, perdu dans la masse des notes volantes de service en service.

« Passez le barrage du cogneur au coeur de la nuit et renaissez avec l'aurore. »

-Gregg ? … Gregg ! Hé ! Chef, ça va ?! On dirait que t'as vu un fantôme, le taquina son adjoint, Powell, en lui secouant l'épaule.

-Ouais ça va, avait-il grommelé en serrant dans son poing le billet... Dis-moi, c'est bien Johnson qui a interrogé la petite Lovegood, non ?

Powell hocha la tête, sourcils froncés, sentant bien que son chef cherchait à changer de sujet.

-Pourquoi tu veux le voir Chef ? Le rapport est dans le dossier, la gamine n'a fait que défendre la femme Malfoy. Selon elle, elle lui aurait même sauvée la vie.

-Juste un truc à vérifier. Envoie-le moi dès qu'il est rentré, il faut que je lui parle. Si on me cherche je serai aux archives, avait-il ajouté en quittant le bureau circulaire à pas vifs.

Il avait pris la journée pour consulter en profondeur les archives que son service d'enquête possédait concernant l'Ordre du Phoenix. Ses collègues des années 80 avaient établi des listes des membres de cette organisation secrète dissidente mais aussi de ses actions qui, une fois toutes répertoriées, achevèrent de convaincre l'Auror de la puissance de l'Ordre. Ces listes jaunies par le temps, il les avait comparés avec les membres actuels présumés, tentant de comprendre, de deviner comment le Phoenix avait-il pu se pérenniser dans le temps pour occulter l'angoisse profonde qui le taraudait. La phrase du billet, apparemment sans queue ni tête, signifiait s'il en comprenait bien le sens, que ce soir s'il le voulait, il pourrait être intronisé.

Lors de leur dernière entrevue à Poudlard, Potter lui avait proposé d'y entrer et le Gryffondor n'avait voulu aucune réponse immédiate rajoutant, énigmatique :

-Quand le temps sera venu, le Phoenix saura vous trouver. C'est à ce moment que vous donnerez votre réponse Auror Harris, pas avant.

Le moment d'entrer véritablement en dissidence était arrivé et c'était un choix qui ne lui avait pas été difficile à faire. Gregg n'avait de toute façon pas grand chose à perdre à part sa vie et, avec l'absence de celle qui avait été sa lumière, elle lui importait bien peu. En revanche, ce qui l'animait aujourd'hui c'était la vengeance, et l'Ordre était sa meilleure chance de l'accomplir.

Cerné par les ombres mouvantes du parc et tout proche de l'arbre, dénudé et noueux, dont parlait le billet, Gregg le regardait s'ébrouer comme le ferait un animal. Bien sûr, le Saule avait senti sa présence et se préparait déjà à abattre ses énormes poings au sol pour empêcher quoi que ce soit d'approcher son tronc.

-Immobilis !

Gregg s'avança à pas prudents, gardant un œil sur les branches totalement figées, avec ce genre de végétal magique il fallait se méfier. Les sortilèges fonctionnaient toujours de manière aléatoire avec ce type de créature magique. Son immobilité ne serait pas éternelle et Gregg ignorait tout de ce qu'il devait chercher.

« Passez le barrage du cogneur » disait le billet. Que fallait-il donc bien comprendre à cela ?

Gregg scruta le sol et les racines apparentes à la recherche de quoi que ce soit d'anormal, en vain. Il leva la tête, laissant ses yeux courir sur les branches et les premiers feuillages bourgeonnant, puis tâtonna le tronc sur tout son contour et sur toute sa hauteur d'homme, alors qu'au-dessus de lui l'arbre craquait et cherchait à se libérer de son entrave. L'Auror s'accroupit passant rapidement sur le bas du tronc qui ne révéla rien de particulier quand une des plus grosses branches, libérée du sortilège, s'abattit violement au sol, le faisant trembler et déséquilibrant Gregg qui se raccrocha au tronc. Sa main, en s'appuyant de tout son poids contre un nœud à une cinquantaine de centimètres du sol, déclencha un mécanisme qui claqua dans sa paume avant que la paralysante sensation du sol se dérobant sous ses pieds ne le fasse hurler.

Il dévala en roulé-boulé un tunnel nauséabond et atterrit sèchement à plat dos sur le sol couvert d'ossements de rongeurs. La respiration coupée, désorienté, il se fit violence pour se relever rapidement et lancer ses premiers sorts, par réflexe de survie durement acquis.

-Protego... Assurdiatio... Hominium Revelio...Lumos !

Quand il se sut partiellement en sécurité, il prit quelques minutes pour se remettre de sa chute et retrouver sa respiration avant de s'engager, à pas prudents dans la seule voie qui s'offrait à lui. Il remonta sur environ un yard le tunnel bas de plafond, suffisant d'après ses estimations pour quitter l'enceinte de Poudlard. Quand le tunnel remonta et se finit subitement en cul-de-sac, Gregg avisa la trappe salutaire qui se trouvait au plafond. Il marmonna un bref « Que Merlin soit avec moi » et souleva le lourd panneau de bois à l'aide de son épaule. Immédiatement, il sentit qu'au-dessus de lui quelqu'un lui facilitait la tâche et l'Auror, prudent, pointa sa baguette dans l'embrassure de la trappe.

-Calmez-vous Harris. Ce n'est que moi, Kingsley. On n'attendait plus que vous. Venez.

Gregg saisit la main tendue et se hissa à l'intérieur d'une masure délabrée et puant l'humidité, comprenant que les informations tombées du ciel concernant le QG venait de l'Ordre, grâce à la complicité du Ministre. Voyant le Chef des Aurors regarder les lieux et sa personne, sourcils froncés, Kingsley explicita tout en le conduisant vers l'escalier branlant menant à l'étage et encombré de cartons :

-Bienvenue dans l'antre de l'Ordre du Phoenix. Nous sommes dans la cabane hurlante, c'est notre nouveau quartier général depuis que le Square Grimmaurd nous a été enlevé à Noël par Jungson, Nott Junior et leur équipe de cambrioleurs. Nous sommes en parfaite sécurité ici. La réputation de la cabane éloigne les curieux bien mieux que n'importe quel sort répulsif, ajouta le Ministre avec un sourire.

Gregg hocha silencieusement la tête alors que le Ministre ouvrait une porte et y pénétrait sans attendre, laissant l'Auror intimidé sur le seuil par l'Ordre du Phoenix qui se tenait là. En tête de table, Kingsley s'installa en lui disant :

-Entrez Auror Harris et fermez la porte derrière-vous.

Gregg s'exécuta et embrassa du regard l'assemblée. A la droite du Ministre, la Directrice de Poudlard arborait un léger sourire encourageant, venait ensuite le demi-géant, Hagrid, qui lui souriait dans sa barbe hirsute. Arthur Weasley et son fils Bill lui adressèrent un simple signe de tête. Abelforth Dumbledore, lui, se contenta de poser sur sa personne des yeux bleus inquisiteurs tandis qu'une vieille dame ridée qui lui était inconnue lui adressa un bref signe de main. Gregg reconnut également Sturgis Podmore, un ancien prisonnier d'Azkaban ayant pris six mois ferme pour avoir pénétré de nuit dans le Ministère en 1995 juste avant l'accident d'Arthur, mais aussi Luna Lovegood, le fils Londubat, Harry Potter et Drago Malfoy.

-Bien, puisque tous ceux que nous attendions ce soir sont arrivés, je propose que nous commencions par les intronisations puis que nous passions à l'ordre du jour.

Tout le monde approuva d'un signe de tête alors que Gregg prenait place entre Potter et Lovegood qui lui adressa un chaleureux sourire. D'un mouvement de baguette, le Ministre envoya trois parchemins en direction des nouvelles recrues de l'Ordre.Gregg saisit le sien, lut le contrat magique et le signa sans hésiter avec une plume magique que la Directrice lui tendait. Lovegood et Londubat firent de même et le Ministre reprit :

-Ces parchemins sont ensorcelés, maintenant que vos signatures sont en bas de ces documents vous êtes liés à l'Ordre jusqu'à l'heure de votre mort. Vos parrains respectifs, Minerva pour Neville, Hagrid pour Luna, et moi-même pour Gregg, sont vos référents. Ce sont auprès d'eux que vous prendrez les informations et les ordres. Ces parchemins vous tiennent au secret le plus absolu et vous empêcheront de révéler la moindre information si, par malheur, vous tombiez dans les griffes de l'ennemi.

Abelforth attira l'attention à lui en grommelant quelque chose d'inaudible mais Gregg comprit que le cadet des frères Dumbledore n'approuvait pas ces intronisations.

-Nous avons déjà parlé de tout ça, le tança ouvertement Kingsley.

-Et tu sais très bien ce que j'en pense ! Ces nouveaux venus ne sont pas...

-L'Ordre du Phoenix a voté en assemblée plénière concernant ce sujet, le coupa sèchement Minerva. Votre bulletin Abelforth, comme tous les autres, a été comptabilisé. Maintenant si vous le voulez bien, venons-en à l'ordre du jour qui concerne la disparition de deux Mangemorts hauts-placés, Blaise Zabini et Pansy Parkinson qui se sont littéralement volatilisés sans que nous ne sachions comment ! Et peut-être, Abelforth, que l'Auror Harris, ici présent pourra nous donner de plus amples informations concernant cette bien mystérieuse évaporation.

L'intervention de la Directrice amena un silence religieux sur l'assemblée et tous les regards convergèrent vers lui. Gregg, pourtant habitué à la pression, se sentit rougir sous le poids de tous ces regards qui attendaient une réponse de sa part. Il se racla la gorge et avoua :

-Malheureusement Directrice, j'ai bien peur que mes informations ne soient pas meilleures que les vôtres. Les patrouilles, le long des protections de l'école, ont permis de retrouver les deux Brossdurs que le Professeur Bibine avait déclarés manquants. Ils ont quitté l'enceinte de l'école et ont disparu... Peut-être ont-ils fui tout simplement ? Mais nous savons tous que ce serait bien trop beau pour être vrai... Alors, peut-être ont-ils su que leurs noms avaient été révélés par les passages secrets ? Ce qui voudrait dire alors que les Aurors sont bien infiltrés par des agents à la solde d'Ombrage qui rapporte, elle-même, ces informations à Voldemort. Les parents Parkinson et le père de Zabini ont été entendus dans le cadre de l'enquête pour disparition inquiétante, sans grand résultat. Le Magenmagot n'a même pas autorisé les perquisitions de leurs domiciles, ce qui prouve que les Sages mangent dans la main de la Justice, incarnée par Ombrage.

-C'est la responsabilité de Poudlard qui est engagée ! Intervint Minerva. Ma position de Directrice est déjà bien faible au conseil d'administration, si jamais le clan mené par Parkinson et Zabini vote ma censure alors je devrais abandonner mon poste et laisser Poudlard entre les mains d'Horace... Vous connaissez tout aussi bien que moi les conséquences que ce changement de direction aura sur Poudlard.

-Les balais abandonnés prouvent qu'ils sont partis de leur plein gré, non ? Rien ne peut être reproché à l'école. Nous les avons vus, Luna et moi, quitter les cachots et gagner le Stade. Ils ont croisé deux patrouilleurs sans se faire prendre et, le temps que nous quittions le troisième étage ils disparaissaient à l'orée de la forêt, la carte n'allant pas au-delà, souligna justement Neville.

-Le Chicaneur doit publier ça... Il doit faire savoir à la population que ces deux élèves ne sont pas partis sous la contrainte, l'appuya Arthur, sinon les parents d'élèves demanderont la démission de Minerva, le dernier rempart de l'école.

Luna, Bill et la vieille dame ridée approuvèrent ces propos d'un hochement de tête et Kingsley annonça :

-Sécuriser la position de Minerva, c'est mettre Poudlard et ses élèves à l'abri des affres du monde extérieur. Nous en sommes tous conscients alors si Harry pouvait faire parvenir quelque chose au Scarabée, avec comme idée générale « Le règlement n'interdit pas aux élèves majeurs de quitter l'école », ce serait une bonne manœuvre, mais si certains élèves veulent quitter l'école nous ne pourrons rien pour les en empêcher.

Luna approuva la démarche d'une vigoureux mouvement de tête et compléta.

-La carte d'Harry n'a rien révélé de suspect depuis leur départ. Les patrouilles dissuadent les élèves de quitter les dortoirs. A l'école c'est le calme plat...

-Parce que les poudlariens sont trop jeunes et pas assez formés pour qu'ils soient autre chose que des yeux et des oreilles pour Lui, argua Abelforth alors que la vieille dame ridée lui répliquait.

-Tu en as quatre, sous le nez, de ces élèves soit disant trop jeunes et mal formés... Je suis peut-être une Cracmol, Abelforth, m'enfin je sais reconnaître un bon sorcier quand j'en vois un. Je me trompe peut-être, mais les intronisés qui sont là, me semblent plutôt bons. Et Albus, paix à son âme, y était favorable... M'enfin, moi ce que j'en dis, finit-elle en se rencognant dans sa chaise.

Bill et Minerva approuvèrent les paroles de la vieille dame d'un hochement de tête, alors qu'Arthur rajoutait :

-Arabella a raison. Les poudlariens sont bien formés, parce que les professeurs s'assurent qu'ils le soient, ce qui nous désavantage dans une situation telle que celle-ci. Si même les gnomes commencent à quitter le jardin, alors cela pourrait signifier que des prédateurs vont s'y introduire sous peu. Rappelez-vous, ils l'ont déjà fait avec l'Armoire à disparaître...

La chaise du fils Malfoy craqua sinistrement amenant brièvement le regard du patriarche Weasley sur lui alors qu'une onde de malaise irradiait dans l'atmosphère. Sous la table, bien à l'abri des regards, la main d'Harry se posa sur le genou de son compagnon et la vague reflua doucement, permettant à Arthur de reprendre :

-Ce que je veux dire, c'est que s'ils veulent frapper l'école, ils le pourront. Deux hauts-placés nous ont facilement filé entre les doigts alors que nous savons tous intimement qu'ils sont liés, de près ou de loin, à l'attentat du Pré. Renforcer les patrouilles de nuit pour plus de sécurité me semble la priorité, suggéra-t-il.

Minerva appuya immédiatement son ancien élève d'un hochement tête et précisa :

-Nous allons manquer de personnel pour les rondes. Les préfets sont des élèves avant tout, ils ne peuvent pas veiller toutes les nuits. Demander l'aide des Aurors ? N'y comptons pas, le Magenmagot ne nous allouera jamais les services d'une équipe à temps plein... Il faudra donc que les elfes prêtent main forte aux patrouilleurs.

-L'Ordre se chargera des rondes extérieures au château pour vous soulager, Minerva. Molly, Charlie, Deadalus et Hestia s'en chargeront. Les autres resteront sur la mission principale, surveiller le QG de Voldemort. Gardez les préfets et les elfes à l'intérieur, c'est plus sûr, statua Kingsley alors que la plume à papotte à ses côtés retranscrivait frénétiquement les propos sur parchemin.

Dans le bref silence qui suivi cette sentence, la chaise du demi-géant craqua sinistrement sous son poids alors qu'il marmonnait dans sa barbe :

-Ce qui m'inquiète moi, ce ne sont pas les élèves mais les hordes de la forêt. Elles ont été approchées pour participer à un grand événement et n'ont pas voulu m'en dire plus. Elles ont peur que tout ne recommence et que Poudlard ne soit plus un abri pour elles. Beaubâtons est également concernée, Madame Maxime m'a confié que certaines hordes avaient déjà quitté les abords de Brocéliande. J'attends des nouvelles du Dumstrang et de sa forêt Hercynienne mais j'ai bien peur que les changeformes ne soient déjà plus de notre côté mais passés sous la coupe de Vol... Voldemort.

(NA : Forêt qui, tout comme Brocéliande, est rattachée à de nombreux mythes et légendes. Elle se situerait le long du Danube. Les actuelles forêts, Noire et de Paimpont, en seraient les vestiges.)

-Et qu'en-est-il des Géants ? Ne peuvent-ils pas nous venir en aide ? Avec eux, la loyauté des hordes ne nous posera plus aucun problème et Graup pourrait nous servir...

-Rallier les Géants à notre cause est utopique Arabella, intervint Harry à l'attention de la vieille dame. Dumbledore a déjà essayé et Hagrid a failli ne pas en revenir vivant.

Un lourd silence tomba sur l'assemblée avant que Kingsley ne demande à l'attention de Drago :

-Drago, vous qui avez un pied de l'autre côté, que pensez-vous de tout ça ?

-Il y a eu une réunion de travail au QG, organisée par les deux grands chefs, Octavius Parkinson et Ellroy Zabini. Une réunion où Il était absent, mais au court de laquelle Ses ordres ont été transmis... On m'a chargé de faire taire Lovegood et son Chicaneur pour de bon. Marcus Flint, l'argentier, lui doit lever des fonds pour nourrir la corruption Ministérielle qui coûte de plus en plus chère. Les exactions vont reprendre, ils vont piller les sorciers, nés-moldus et sang-mêlés pour remplir les coffres sans fond des élus... Tout le monde a reçu des ordres qui, mis bout à bout, me font croire qu'il prépare déjà sa grande bataille... Et ce d'autant que la Table était amputée de deux Généraux importants. Greyback et le fils Zabini sont en mission spéciale pour lui. Je mets ma main à couper que la Parkinson fait partie du voyage... Et si ce que dit Hagrid est vrai concernant les hordes, alors je parie que Greyback rongé par sa folie animale c'est fait une joie de jouer les ambassadeurs et de répandre la peur parmi les Créatures qui ont fui les abris des forêts. Nous devons nous tenir prêts. Il ne restera pas tranquille encore bien longtemps, je le sens.

L'Ordre en resta muet de longues secondes avant qu'Harry ne reprenne la parole :

-Drago a raison, l'approuva Harry. Londres et Pré-au-Lard ont été des avertissements. Il gagne en puissance. Préparer notre bataille passe par mettre nos alliés à l'abri. Il faut garantir leur anonymat. Poudlard, Monsieur Lovegood et le Scarabée doivent être protégés. Le Chicaneur est bien trop visible, nous devons le sacrifier, le faire disparaître pour qu'il puisse renaître dans l'ombre et être distribué sous le manteau.

-Mondingus Fletcher pourrait assurer la distribution pour nous, il connait bien la Traverse et les Embrumes, il pourrait nous être utile sur ce point précis, proposa Bill alors que Luna enchaînait.

-Pourquoi ne pas installer les presses ici et faire exploser les locaux de la Traverse de nuit pour éviter les blessés ? Tout le monde saurait ainsi que Drago a mené à bien sa mission et la population constaterait que les journalistes sont muselés par le pouvoir. Il suffit de créer une brèche magique reliant les bureaux du Chicaneur à la cabane hurlante.

-Miss Lovegood, le jour où le Choixpeau vous a envoyée chez Serdaigle, cet artefact a formidablement bien accompli son travail, la complimenta Minerva.

Harry et Drago échangèrent un regard et l'air se chargea de tension magique faisant désagréablement frissonner les membres de l'Ordre avant que le Gryffondor n'ajoute à voix haute pour tous :

-C'est une bonne solution et ça nous permettrait de travailler le problème de confiance dont souffre Drago à la Table...

-Oui mais un attentat sans blessés ni morts ce n'est pas un attentat Monsieur Potter, c'est un banal accident, souligna pertinemment Gregg.

-Quoi, vous proposez qu'on braque la morgue de Sainte-Mangouste et qu'on mette en scène des corps avant de tout faire sauter ? Railla Drago en allumant une cigarette alors qu'Harry faisait apparaître devant son compagnon un cendrier.

-Pas besoin d'aller jusque-là Monsieur Malfoy, tempéra la Directrice. Du sang humain, retrouvé dans les décombres, suffirait pour que les journaux publient qu'il y a des disparus.

-Vous oubliez que la discrétion est mère de toutes les vertues et que pour être réussie, ce genre d'opération doit passer inaperçue jusqu'au tout dernier moment. Or, même avec de puissants assurdiatios, transférerdes presses industrielles ne se fera pas dans un silence absolu, lança subitement Abelforth, l'air revêche et les bras croisés sur son torse.

-Monsieur Dumbledore a raison, pointa Gregg. Ce genre d'opération pour être discrète doit être rapide... Il faudrait, en l'espace de quelques heures, vider les lieux et les incendier pour faire disparaître nos traces. C'est quasiment impossible.

-Les joncheruines vous envahissent l'esprit Messieurs, les gronda gentiment Luna. Les Gardiens, avec leurs pouvoirs, nous garantiront un silence total. Vous vous souvenez sans doute de ce qu'ils ont fait à Pré-au-Lard, n'est-ce pas ? Vous y étiez tous les deux, comment pouvez-vous encore douter ?

Le vieil homme se rencogna dans sa chaise et afficha une mine bourrue mais s'abstint de répondre à la Serdaigle qui lui esquissait un sourire, tandis qu'Harris répliquait ironique :

-S'ils sont capable de suspendre le temps et d'insonoriser les lieux alors qu'ils le fassent.

Ce à quoi Harry répondit :

-Vous ne croyez pas si bien dire, Auror Harris... Mais Drago et moi seuls, nous n'aurons pas assez de puissance pour créer ce genre de protection.

Les deux garçons échangèrent un regard étrange et Drago compléta :

-Une fois l'équinoxe de Printemps passé, le manque de puissance ne devrait plus être un problème.

-Et pourquoi ça, Messieurs ? Argua Abelforth, parlant au nom de tous les autres qui regardaient les Gardiens, yeux écarquillés.

-Drago, Lucius et moi-même, allons procéder à un rituel, pour rappeler nos parrains respectifs.

L'assemblée retint son souffle alors qu'Abelforth serrait les poings et qu'Harry devançait ses propos :

-Nous sommes conscients des risques qu'i rappeller les morts. Et nous sommes prêts à les renvoyer d'où ils viennent s'ils étaient d'une quelconque menace pour qui que ce soit. Si cela peux vous rassurez, nous ne ferons ni appel à la magie noire, ni à la magie blanche. Les deux sont incapables de nous aider sur ce point précis, elles ne sont pas assez puissantes. Nous utiliserons un rituel de magie primaire pour tirer leurs âmes des Limbes et les réincarner ici-bas...

-M... Mais Monsieur Potter... Une réincarnation dîtes-vous ? S'étonna Minerva. A qui donc vous adresserez-vous pour obtenir la puissance qu'il faut pour créer un corps fait de chair et de sang ?!

-A Hécate, Directrice. La déesse du changement cosmique. Celle-là même qui transforme les hommes en loup à chaque pleine lune. C'est une déesse ancienne, oubliée mais toujours là. Elle n'accorde ses Grâces que lors de l'Equinoxe de Printemps. Elle nous viendra en aide.

-Comment pouvez-vous être sûr qu'elle répondra à votre appel ? Grogna Abelforth toujours pas convaincu.

-Lucius Malfoy est habité par le Jaguar, l'esprit chamanique par qui transitent les prières. Disons qu'il passera l'appel pour nous et puisque cette magie primaire requiert un payement, nous lui donnerons ce qu'elle demande.

Un long silence s'abattit sur l'assemblée mal à l'aise avant que Kingsley ne relance la réunion, en demandant au Serpentard :

-D'accord...De combien de temps disposons-nous au maximum pour organiser l'attentat ?

-Trois semaines, un mois maximum. Ni trop tôt, ni trop tard, pour ne pas éveiller Ses soupçons. L'équinoxe étant proche, le temps ne jouera pas contre nous.

-D'accord, autre chose concernant cette réunion chez l'ennemi ?

-Je n'ai pas quitté le QG, les mains vides, ajouta-t-il en tirant de sa veste plusieurs parchemins roulés qu'il tendit à l'Auror Harris.

-C'est partiel et fragmentaire mais je crois que ça pourrait vous intéresser.

Gregg, sourcils froncés, déroula les parchemins et sourit. Sous ses yeux s'étalaient trois feuillets, organisés en tableau avec noms, date, signature et montant donné à la Cause.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda Kingsley.

-Un tableau des dotations à leur Cause, avec nom, date et signature... De quoi prouver l'affiliation d'Ombrage avec l'organisation des Mangemorts. C'est un bon début Monsieur Malfoy. Un très bon début.

Drago esquissa un sourire en coin et reprit :

-Elle a signé ça, alors c'est qu'elle en est, Harris. Elle porte forcément Sa marque. On va la faire tomber.

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17 Mars 1998, Karkiv, Frontière Russo-Ukrainienne.

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Emmitouflée dans sa cape de fourrure, Pansy frissonna durement quand une rafale de vent s'enroula autour de ses chevilles. La plaine encore neigeuse, coincée entre le Don et la Volga offrait un merveilleux couloir d'engouffrement aux vents glacés venus de Sibérie et ce malgré les protections magiques. Cela faisait presque deux heures maintenant qu'elle attendait, en compagnie de Blaise, que le drap de toile pourpre se soulève et les laisse enfin pénétrer dans la tente où se tiendraient les négociations.

La jeune femme resserra le col de sa cape autour de son cou alors que son fiancé lui lançait un regard réconfortant avant de renouveler les sorts de chaleur en esquissant un bref sourire.

-Ca va aller ma belle. L'attente fait partie de leur jeu d'intimidation, souffla-t-il en lui caressant la joue de sa main gantée de cuir.

Elle lui sourit vaillamment et détourna son regard qui se posa sur les huttes de torchis entourant la tente rouge sang des chefs. Malgré le peu de confort qu'offrait la chambre d'hôtel moldue dans laquelle ils avaient posé leurs malles, la jeune femme se savait ravissante dans ce manteau d'hermine assorti à ses bottes de peaux fourrées. Ce matin, juste avant l'aube, Greyback était enfin revenu de sa chasse, les informant que ce soir ils seraient reçus. Le loup avait rajouté, carnassier, à son attention.

-Fais-toi belle, Parkinson. Les bêtes aiment bien les jolies choses.

-Il a raison Pansy, l'avait approuvé Blaise après que Greyback ait regagné sa propre chambre. Ta simple présence pourrait bien être un atout pour nous. Ces bêtes sans cervelle sont sauvages et imprévisibles, mais une belle femme fait toujours des miracles.

Elle s'était exécutée sans broncher, consciente que le moindre atout leur serait nécessaire pour mener à bien leur mission et elle n'osait même pas envisager les conséquences d'un éventuel échec. Elle avait donc fait appel à toutes ses compétences en matière d'esthétisme, passant une bonne partie de l'après-midi enfermée dans ce que le gérant moldu avait qualifié de « salle de bain ». D'une main distraite, elle soupesa ses parfaites boucles brunes, lissa un pli sur son impeccable tenue et afficha un sourire rayonnant sur son visage rosi par le froid lui donnant un air de poupée.

Il y avait maintenant deux semaines qu'ils avaient clandestinement quitté Poudlard. Blaise était venu la réveiller dans son dortoir, au beau milieu de la nuit, lui laissant simplement le temps d'enfiler une robe et une cape chaude avant qu'il ne la tire dans leur salle commune déserte en annonçant précipitamment :

-Mon père vient de me prévenir. Nous sommes découverts Pansy. Il nous faut quitter l'école avant l'aube. Camoufle-toi bien, lui ordonna-t-il en se lançant assurdiatio et dissimulatio.

-Quoi ?! Mais comment est-ce possible ? Elle est toujours inconsciente et..., bafouilla-t-elle à deux doigts de se laisser submerger par la panique.

Blaise la saisit fermement aux épaules, rivant son regard au sien :

-Les passages secrets nous ont vendus Pansy. Dumbledore les avait piégés, c'est un de nos espions qui l'a découvert. Si l'on veut échapper à une perpétuité à Azkaban ma belle, il faut partir d'ici au plus vite, il n'y a pas une minute à perdre.

Il la relâcha et ajouta :

-La peur ne nous sera d'aucune aide. Maîtrise-toi Pansy chérie, nous n'avons pas le droit à l'erreur ce soir.

La peur qu'elle avait de finir ses jours à Azkaban lui rongeait les entrailles mais elle comprenait parfaitement ce qui leur pendait à la baguette si jamais ils ne quittaient pas l'école au plus vite.

-Comment va-t-on fuir ? Avait-elle courageusement demandé. Vendus pour vendus, autant reprendre le passage qui nous a ramené du Pré et transplaner.

-Les passages sont surveillés, il faudrait se battre... Et nous ne serions pas à la hauteur face à leur nombre... Mais fais-moi confiance.

Il lui avait souri et il s'était emparé de sa main, la guidant dans les ténèbres silencieuses du château. Elle avait pensé qu'il la mènerait vers un passage non surveillé connu de lui seul, aussi fut-elle inquiète lorsqu'elle reconnut les couloirs menant aux serres.

-Blaise où est-ce qu...

Il la coupa net en la poussant subitement dans une alcôve ténébreuse alors que sa main ébène s'abattait sur ses lèvres, étouffant le cri strident qui menaçait de lui échapper. Au bout du couloir, des bottes claquaient sur le pavé et se rapprochaient. Le cœur battant et l'oreille aux aguets, Pansy musela sa bouffée de panique et leva lentement deux doigts hésitants devant le visage de Blaise qui hocha brièvement la tête pour lui confirmer son intuition, deux individus étaient tout proche. Elle était peut-être Lieutenant et il était à la Table, mais ils n'étaient à cet instant que des fugitifs. Quand le bruit des pas s'éloigna doucement dans un couloir opposé, Blaise retira lentement sa main, murmurant solennel :

-Nos actions sous couvert de l'habit auront des conséquences si nous perdons Pansy.

Son cœur loupa un battement et son souffle se coupa mais elle releva vaillamment le menton, répondant ce qu'il fallait pour s'en sortir. Mine de rien, Blaise la testait et elle l'avait bien compris.

-Nous devons donc tout faire pour ne pas perdre Blaise, lui souffla-t-elle.

Elle sut qu'elle avait remporté une petite victoire quand un sourire se dessina sur les lèvres ébènes et qu'il murmura :

-Quoi qu'il se passe dans l'avenir, toi et moi, on joue ensemble. Et on ne joue que pour le meilleur Pansy, pas pour le pire, jamais. Je te le promets.

Leurs regards se croisèrent et elle hocha la tête, Théo n'était plus que l'ombre de l'homme qu'elle avait aimé et Blaise était sa meilleure chance pour l'avenir. Elle était liée à lui quoi qu'il puisse leur arriver, elle lui serait fidèle et leur pacte était sincère.

-Des patrouilles d'Aurors, de préfets et de professeurs circulent dans Poudlard. On doit les éviter à tout prix. On ne brisera jamais l'entrave sur le portail et fuir à pieds par la Forêt serait bien trop dangereux. Notre meilleure chance, ce sont les balais qui sont au stade. On va survoler la Forêt jusqu'à son extrême limite et atterrir à sa bordure, franchir les barrières au sol, grâce à ceci, et disparaître.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle alors qu'il lui présentait un petit coupe-papier en argent.

-De quoi créer une porte de sortie dans les protections anciennes de l'école, les traverser et s'évaporer. Un petit cadeau du Maître pour services rendus.

Pansy lui avait souri, redevenant radieuse et confiante. Blaise saurait les tirer de là, elle avait foi en lui.

-D'accord, prenons les Brossdurs. Mais qu'est-ce qu'on fait après ? Où va-t-on aller ? On ne peut pas rentrer dans nos manoirs respectifs. Les Aurors nous chercheront chez-nous dès qu'ils auront découvert notre fuite.

-Le QG nous offrira un abri temporaire, l'avait-il rassurée en lui caressant la joue avant de reprendre leur route.

En l'espace de deux heures, ils avaient quitté l'école et Blaise les avait faits apparaître en sécurité au relais de chasse, où leurs deux pères les attendaient. Les deux généraux-en-chef expédièrent bien vite les retrouvailles avec leur progéniture respective, pour aborder les tous derniers évènements :

-Votre position est désormais compromise, il vous faut disparaître totalement. Le Magenmagot empêchera les Aurors de faire des perquisitions dans nos Manoirs mais, Ellroy, ma femme Scarlett et moi-même, nous serons entendus, c'est un minimum. La Gazette publiera ce que nous lui dirons en grande pompe et noiera les articles du Chicaneur qui plombent l'influence d'Ombrage sur le Ministère. Bientôt, le vieux Xénophilius ne sera plus en mesure d'affaiblir nos positions.

-Mais père, qu'en est-il de nous ? Demanda Pansy.

-Vous, vous allez quitter le pays. Le Lord vous confie une mission de la plus haute importance. Greyback vous accompagnera, il sera votre flair...

-Où ça ? Intervint Blaise en coupant impoliment son futur beau-père. Greyback n'est pas fiable, son esprit s'apparente à celui d'une bête, argumenta-t-il en regardant son père.

-Le Maître vous envoie à Karkiv, pour rencontrer les hordes de changeformes à leur rassemblement annuel, lui répondit Ellroy.

Le cœur de Pansy loupa un battement à l'annonce de la réponse alors que Blaise s'inquiétait clairement, demandant avec indécision :

-De quoi faut-il les convaincre au juste ?

-Fils, Pansy. Il faut les rallier à notre Cause et les convaincre de nous rejoindre pour la grande bataille, celle à venir, celle qui changera tout. Greyback sera votre moyen d'entrer en contact avec eux, mais c'est à vous que reviendra la charge des négociations avec les leaders.

-Avec quels arguments sommes-nous censés attirer la faveur de ces bêtes ? Intervint Pansy.

-La grande victoire sera pour le 21 Juin. Si les hordes participent à la bataille finale alors le Maître leur attribuera un territoire dans les Highlands, où les hordes seront souveraines et en auto-gouvernance. Pas comme à Krakiv où elles dépendent des lois édictées par les instances internationales, annonça Octavius.

-Réussissez cette mission et votre union marital sera votre récompense, alors les portes de la gloire s'ouvriront pour vous mes enfants, finit Ellroy.

-Comment pouvons-nous savoir avec précision que la bataille aura bien lieu le 21 Juin et que nous la gagnerons ? A-t-Il trouvé une devineresse ? Un oracle qui le Lui aurait prédit avec certitude ?

-Il me l'a simplement annoncé et ça m'a suffi. Le Maître possède des pouvoirs incroyables, fils, statua Ellroy sur un ton qui avait mis fin aux questions agaçantes de son fils.

Ainsi, moins de vingt-quatre heures après leur arrivée au QG, ils le quittaient grâce à des portoloins intraçables venus du Ministère et normalement réservés aux missions spéciales de ses agents. Le voyage éclair les transporta dans le Kiev sorcier d'où ils avaient payé un passeur qui les conduisit en toute clandestinité jusqu'à Krakiv. Sur place, au fond d'une ruelle nauséabonde, Greyback avait froidement égorgé leur guide d'un coup de griffe bien placé. Le loup s'était chargé de faire disparaître le corps et les avait quittés une fois les chambres d'hôtel payées sous un faux nom. Il n'était réapparu que ce matin, dans un état lamentable et charriant une odeur qui lui avait fait froncer le nez.

Frissonnant une nouvelle fois à cause des rafales glaciales, Pansy s'approcha un peu plus du brasero mourant, espérant en tirer un peu de chaleur, quand soudainement le pan de toile s'ouvrit, la faisant sursauter.

-Entrez, ambassadeurs, résonna depuis l'intérieur de la tente une voix grave et rocailleuse.

Pansy échangea un bref regard avec Blaise et d'un même ensemble ils franchirent le seuil. Dans leur dos, le battant retomba, garantissant aux participants de cette réunion, un anonymat des débats absolu.

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19 Mars 1998, Manoir Malfoy.

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Drago se tenait immobile, pieds et torse nus, sur la terrasse sud donnant sur le parc obscur. Derrière lui, les lumières de la bibliothèque découpaient un carré lumineux sur les dalles de marbre de Carrare, éclairant un minimum les alentours.

Incrédule, ses yeux étaient rivés sur les ruines de l'orangerie, d'où lui parvenait avec certitude l'aura d'Harry. Depuis peu, Drago n'aimait plus du tout dormir seul, la disparition d'Hermione avait rendu son sommeil agité et chaotique, cette nuit l'absence du Gryffondor à ses côtés dans le lit, avait fini par le réveiller. Après quelques secondes de réflexion, il en avait déduit qu'Harry devait se trouver dans la chambre d'en face, aux côtés de leur Gryffondor et avait donc pris le parti de les rejoindre. Cependant après avoir constaté qu'Hermione était totalement seule dans son lit, l'inquiétude s'était emparée de lui.

Il vérifia qu'Hermione était toujours stable, s'assurant que pour elle tout allait aussi bien que possible, puis il déposa un tendre baiser sur son front en murmurant « Tu me manques » avant de se focaliser sur leur compagnon absent. Drago le perçut à défaut de pouvoir le sentir réellement tant les barrières vaporeuses du Gryffondor étaient imperméables. Il laissa alors l'écho que le lien lui renvoyait le guider à la manière d'un sonar jusqu'à la terrasse sud, au milieu de laquelle il était figé depuis dix bonnes minutes maintenant, se demandant s'il devait vraiment chercher la compagnie du Gryffondor qui avait de toute évidence cherché à s'éloigner.

Curieux et déterminé de nature, Drago quitta finalement la terrasse et s'engagea pieds nus, dans l'herbe dure et craquante de gelée rejoignant, en quelques minutes, les décombres sinistres et glauques dans les rayons de lune partiellement occultés par les nuages. Il pénétra dans ce que leurs combats respectifs avaient laissé de l'orangerie que sa mère aimait tant, se promettant de la reconstruire à l'image de ce qu'elle avait été. Il découvrit que les citronniers n'avaient pas résisté aux gelées. Personne n'ayant donné l'ordre de les mettre à l'abri, les elfes ne s'en étaient pas occupés. Avec un pincement au cœur, il se détourna des arbres mourants et chercha Harry à la lueur blafarde de la lune transperçant la verrière qui n'était dorénavant plus qu'une ouverture béante.

-Fais attention, il y a du verre partout.

La voix d'Harry ricocha contre les murs et Drago ralentit, scrutant le sol pour éviter les casseaux en marmonnant :

-On peut savoir ce que tu fais ici, à trois heures du matin alors qu'il gèle dehors ?

-J'écoute la Terre.

-Evidemment, tu écoutes la Terre, mamonna le Serpentard en levant les yeux au ciel.

Il s'engagea avec prudence entre les éboulis d'une cloison, empruntant le chemin qu'avait sans doute dégagé Harry avant lui, le rejoignant au centre de la bâtisse ouvrant sur le panorama céleste. Le Gryffondor avait déplacé les énormes oliviers de son arrière-grand-mère pour installer à même le sol un tapis de couvertures, sur lequel il s'était allongé aussi peu vêtu que le Serpentard, lui-même.

-Tu n'as pas froid ? Demanda Drago en approchant.

-Non, les couvertures sont chauffées et c'est assez confortable. Toi tu n'as pas froid non plus ?

-Fils de Morgane, tu te rappelles ? Sourit Drago en claquant deux de ses doigts au bout desquels apparurent une flamme dansante.

Harry haussa les sourcils et s'accouda, dévisageant son compagnon avant de former, grâce à l'humidité ambiante une goutte d'eau qu'il envoya d'une pichenette doucher les flammèches.

-Les couvertures ne sont pas ignifugées, se justifia Harry en les tapotant du plat de la main, lançant ainsi l'invitation.

Drago se laissa tomber à ses côtés, appréciant la chaleur et la douceur de la couche alors que la main d'Harry cherchait la sienne. Le Serpentard roula sur le côté se rapprochant encore un peu plus pour murmurer :

-Pourquoi t'es parti ?

Les yeux rivés au ciel au-dessus d'eux, Harry répondit :

-J'arrivais pas à dormir.

Drago laissa innocemment ses doigts se promener sur l'épaule dénudée qui frissonna mais Harry ne détourna pas pour autant son regard des étoiles.

-Quand allais-tu me parler de ta petite cachette ? Demanda Drago en désignant du doigt ce qui les entourait.

-Ce n'est pas une cachette et tu m'as trouvé dès le premier soir.

Drago sourit et enjamba le corps de son compagnon, se plaçant à califourchon sur lui de manière à lui occulter la vue :

-Pourquoi es-tu parti ? Redemanda-t-il le regard rivé aux yeux émeraude qui se dérobaient.

-Je te l'ai déjà dit : insomnie.

Drago haussa un sourcil et pointa son nez avec son index en répliquant :

-Mensonge Harry. Je peux le sentir.

Le regard vert ne cilla pas mais son corps se tendit alors que Drago s'amusait un peu aux dépends du Gryffondor avec une idée derrière la tête :

-Hermione te manque, je le sais. Je le sens aussi, ajouta-t-il en posant une main sur le cœur d'Harry qui se tendit. A moi aussi, elle me manque. Vraiment, vraiment beaucoup crois-moi. Mais les dieux soient bénis, tu es là.

Drago se mit à jouer des hanches au-dessus d'Harry qui prit lentement une jolie teinte brique alors que le Serpentard ajoutait :

-Imagine qu'elle soit là, avec nous. Son petit corps. Ses petites fesses. Imagine la douceur de sa peau, son odeur, sa chaleur, son souffle et ses gémissements... Ses seins dans tes mains que tu presses et tout le plaisir que tu en ressens...

Sous lui le Gryffondor gémit et le Serpentard sourit.

A chaque mouvement de bassin, il faisait en sorte que le bas de son dos bute contre l'érection grandissante de son compagnon, amenant à chaque contact une brève mais voluptueuse décharge électrique à l'endroit de l'impact. Drago en avait assez de ménager ses envies, il avait envie d'Harry, d'Harry tout entier et pas seulement d'un Harry qui se cantonnait aux caresses :

-J'en ai assez qu'on se mette des barrières... J'ai envie de toi... J'ai envie que toi et moi, on franchisse le cap... T'en as pas envie toi ?

Il y eut une petite seconde de silence, tendue et électrique, avant qu'Harry ne souffle :

-Si.

Ce fut suffisant pour que Drago laisse libre court à sa passion et à son besoin dévorant de se lier de toutes les manières possibles à Harry. Le Serpentard s'empara des lèvres du Gryffondor qui gémit contre sa bouche et répliqua en attrapant les cheveux de Drago, le tirant plus près encore, jusqu'à ce que leurs torses se collent, que leurs peaux fusionnent et que leurs chaleurs se mêlent. Leurs sexes pressés l'un contre l'autre palpitèrent alors que leurs bassins continuaient leur danse érotique. Sans cesser ni de s'embrasser, ni de se caresser, leurs pantalons tombèrent et le peau contre peau total acheva de les connecter de la plus intime des façons. La vague, moite de leur luxure les fit frissonner à l'unisson.

-Tu es brûlant.

Drago répondit par un énigmatique sourire en coin.

-Tu n'as encore rien vu Harry.

Les lèvres brûlantes du Serpentard se posèrent sur le torse d'Harry, dessinèrent ses cicatrices avant que sa langue ne lèche sa peau, le faisant frissonner et s'attardant sur les tétons avec lesquels il joua longtemps avant de les quitter, préférant suivre la ligne de poils bruns descendant jusqu'au nombril. Harry se tendit brusquement quand la bouche incendiaire se referma sur son sexe érigé, encaissant la caresse presque douloureuse avec délice. Ses mains se refermèrent autour des tempes de son compagnon le guidant avec tendresse et fermeté tandis que celles du Serpentard se faufilaient doucement sous ses fesses caressant avec délicatesse la zone la plus intime de son corps, mais aussi la plus sensible.

Quand les doigts fins et agiles le pénétrèrent, un soubresaut agita le corps du Gryffondor. La caresse était excitante et provocatrice. Leur désir se nourrissait de leur échange devenant exponentiel et suffocant.

Drago se sentait brûler de l'intérieur, son sang et ses veines bouillaient, il était feu et vivait feu. Il transmettait toute sa chaleur à Harry, suçant, aspirant et cajolant son compagnon comme il savait si bien le faire, mais cette fois, ils iraient jusqu'au bout de leur échange, ils ne se contenteraient plus de caresses et de baisers. Il prendrait ce corps d'homme qu'il avait si longuement exploré parce que son compagnon, jambes écartées et sexe palpitant, ne demandait que ça et que lui, Drago, ne cherchait qu'à le satisfaire.

Mais dans un retournement de situation inattendue, le Gryffondor se releva subitement, bascula Drago sur les couvertures et s'allongea au-dessus de lui, bien décidé à lui rendre la pareille. Drago gémit et ferma les yeux quand son sexe se retrouva prisonnier de la bouche chaude et humide d'Harry. Quand la langue timide vint s'égarer sur ses testicules, le Serpentard écarquilla les yeux et ne retint pas son gémissement, alors qu'Harry soufflait contre son intimité :

-J'ai envie de toi Drago. De toi tout entier.

Drago repoussa lentement Harry et l'embrassa en les réinstallant sur les couvertures. Ils échangèrent un regard complice et confiant avant qu'Harry ne s'installe sur le ventre, offrant son intimité la plus totale à son compagnon d'âme dont le cœur loupa un battement, sous l'émotion qui se déclenchait en eux.

Le cœur battant à tout rompre, Drago caressa le dos musclé et abîmé avant de se placer contre ses fesses tendues, prêtes à le recevoir. Il plaça une main ferme sur la hanche d'Harry et se positionna, le pénétrant avec douceur et habileté. Quand son sexe entier disparut, la sueur coulait déjà le long du dos du Serpentard sous l'effort qu'il faisait pour contrôler les pulsions qui l'assaillaient et que les réactions d'Harry rendaient insupportables. La tête dans les couvertures, le Gryffondor avançait son bassin à la rencontre de celui du Serpentard qui marmonna les dents serrés :

-Si tu continues comme ça Harry, je ne vais pas tenir encore bien longtemps.

Seul un gémissement lui répondit mais mentalement :

Moi non plus.

Drago se pencha alors sur son dos, s'emparant du sexe érigé de son compagnon, le caressant sans jamais cesser ses vas-et-viens, les propulsant tous les deux dans l'abîme de plaisir qui s'offrait à eux alors que dans leurs veines leur magie crépitante s'affolait et laissait échapper des ondes soulevant de quelques centimètres les éboulis et les casseaux éparpillés autour d'eux.

Quand l'orgasme se propagea dans leur corps à la manière d'une vague destructrice, la Terre trembla sous eux sans qu'ils ne s'en aperçoivent, noyés dans leur plaisir et leur échange qui achevait de les lier pour l'éternité par-delà la mort.

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20 Mars 1998, Manoir Malfoy.

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Il était minuit moins cinq cette nuit-là quand Lucius Malfoy et les Gardiens s'avancèrent en direction du carré de Terre que le patriarche avait consacrée un peu plus tôt dans la soirée. Au beau milieu du parc du Manoir, les Gardiens avaient érigé l'autel rituel grâce à trois blocs de granit brut assemblés en une large table de pierre que Lucius avait gravé de pictogrammes et de symboles anciens censés guider les âmes jusqu'à leur point de chute.

A l'orée du périmètre consacré, un bol d'eau lévitant attendait qu'ils y trempent leurs mains pour symboliser leur purification physique et psychique avant de pénétrer dans ce qui serait pour une nuit, un sanctuaire à ciel ouvert. A l'intérieur du carré, se dessinait un rond, matérialisé au sol par six petites pierres du très rare grès de Sarsen, que des agents de l'Ordre accompagnés pour leur couverture par l'Auror Harris avaient ramenées en toute clandestinité de Salisbury. Ces pierres-là avaient été difficiles à trouver mais après avoir dépensé une petite fortune, l'essentiel était là et le moment venu, elles formeraient une barrière protectrice entre eux et le reste du monde.

Drago y entra le premier et se dirigea vers l'autel, y déposant avec respect le totem encore vivant mais profondément endormi grâce à une potion rituelle, traduite par Lucius mais concoctée par le Gardien, habile en potion. Il prit ensuite le temps nécessaire pour installer en douceur l'animal sur le dos et lui écater les ailes afin d'offrir aux astres rayonnants le poitrail pour le sacrifice. Quand il eut fini, il plaça sa main gauche, celle qui symbolisait l'action du cœur, au-dessus de celui battant de l'animal et tira de la poche de sa robe cérémonielle, un poignard.

Sans hésitation, la lame trancha la paume offerte et le sang coula, se répandant sur l'animal et le granit alors qu'il énonçait sa prière :

-Puisse Morgane, en guerrière absolue, te guider à travers les Ténèbres jusqu'à nous Parrain et te ramener à la vie, en cette nuit de changement. Je paye le prix de ce retour, ici et maintenant. Une âme pour une âme et le sang en sacrifice.

Une fois fait, le fils de Morgane s'empara, avec sa main blessée du poignard, s'inclina avec respect devant la créature endormie et transperça la poitrine de l'animal. Comme le prévoyait le rituel, Drago laissa le poignard à sa place, garantissant ainsi que l'âme dans le corps animal y resterait bien jusqu'au moment voulu. Il gagna ensuite sa position, à la tête d'une des branches du triangle, qu'ils formeraient à eux trois, à l'intérieur du cercle de pierre.

Harry s'avança alors, vêtu comme les deux autres, d'une robe de lin blanc, vaporeuse, symbole de pureté, il déposa avec une infinie précaution le corps du labrador chocolat qu'il tenait serré contre lui. Contrairement à Drago qui avait diligenté un elfe pour trouver sa chauve-souris, lui Harry, quand il avait su ce qui allait arriver à l'animal, s'était senti mal à l'aise. Il n'y avait pas d'autre choix, alors quitte à avoir du sang sur les mains, le Gryffondor était le genre d'être à faire son devoir proprement. Il fit plusieurs refuges moldus avant de trouver celui-là, un vieux labrador abandonné car vieillissant et malade, lui avait dit la responsable du site. Son euthanasie serait programmée sous peu. Le vieux labrador lui avait serré le cœur et le Gryffondor était rentré avec, lui offrant pour quelques jours une vie tranquille avec gamelle cuisinée maison et panier au coin du feu.

Tout comme Drago avant lui, Harry déposa l'animal inanimé et écarta avec douceur ses pattes, laissant un parfait accès au cœur de la bête. Offerte aux rayons de la pleine lune qui se frayaient un chemin à travers les nuages menaçants, il entailla profondément sa paume gauche et pria avec toute la ferveur qu'il avait :

-Puisse Merlin, en guérisseur absolu, protéger mon parrain dans les Ténèbres et le ramener à la vie, en cette nuit où tous les changements sont rendus possibles. Voici mon payement pour son retour. Une âme pour une âme et le sang en sacrifice.

Une fois les paroles rituels prononcées, Harry s'empara du poignard et répéta à l'identique les gestes de Drago, laissant l'arme enfoncée dans le thorax. Il rejoignit en silence la tête de la seconde branche de leur triangle et y adopta une attitude méditative, rejoignant ainsi l'esprit de Drago déjà au travail. C'était leur rôle principal, leur sang était le vecteur de magie et de puissance sur quoi reposait tout le rituel, sans eux, l'énergie manquait pour créer une porte entre les deux mondes. Une porte que leurs Parrains franchiraient en même temps que les âmes des totems qui prendraient leur place dans les Limbes, le temps que leurs Parrains accomplissent leur Destin et les libèrent.

A la tête de la dernière branche de leur triangle Lucius, jusque-là immobile, releva les larges manches de sa robe et entra en scène. Il leva ses bras en direction de la lune pleine, imposante et rayonnante au-dessus d'eux :

-Hécate, déesse de la lune et du changement, nous venons à toi en ce soir de renaissance astrale et cosmique, pour demander ta force et ta puissance afin de ramener les âmes égarées de Severus Rogue et de Sirius Black. Puisses-tu nous entendre et nous accorder tes faveurs.

De sa robe il tira son poignard rituel et en pointa la pointe acérée dans sa paume de cœur avant d'annoncer :

-Dans mon sang, vit le Jaguar, l'esprit chamanique et immortel par qui transite l'Appel. Entends ma voix. Vois mon sacrifice et accorde-moi ta puissance, oh déesse.

La lame entailla la chair tendre faisant couler son sang sur la Terre du parc qui l'absorba. Le patriarche serra son poing et le plaça au-dessus d'un récipient de terre cuite couvert de symboles, posé à même le sol qui recueillit le riche liquide.

Quand le sacrifice fut accompli, le patriarche s'empara du bol, y plongea son index gauche et s'avança vers l'autel tout en faisant glisser son doigt sanglant sur le pourtour du bol, prononçant des mots qui résonnaient de manière brute et hachée à l'oreille dans une langue oubliée depuis deux millénaires.

-Par-delà le temps et l'espace. A travers les Ténèbres et dans la lumière. Entends l'Appel que porte le Sang.

Lucius se figea face aux totems mutilés, trempa une nouvelle fois son index dans le bol et dessina sur la tête de chaque bête un symbole sanglant.

-Le sang sera le paiement pour ces âmes.

Le patriarche déposa soigneusement son récipient au centre de l'autel puis il plaça aux quatres coins de la table, orientés en fonction des points cardinaux, un bol contenant chacun un élément primaire, eau, terre, feu et air. Il s'inclina devant l'autel une dernière fois et regagna sa place. A l'image des Gardiens, ses mains se joignirent sur son estomac et disparurent, cachées par les manches de sa robe, tête baissée et yeux fermés, il se concentra. Tous trois, pieds nus dans l'herbe et nus sous leur robe comme le leur imposait le rituel, concentrés sur un seul et même objectif, ils se mirent soudainement à se balancer lentement d'avant en arrière et leurs voix s'élevèrent dans la nuit, rythmée par leur balancement régulier, symbolisant les tambours censés répandre l'Appel :

-La Terre est corps. L'eau est sang. Le feu est vie. L'air est âme...

Autour d'eux, le sol se mit à trembler, les six pierres de granit bleu décollèrent soudainement et tourbillonnèrent, d'abord lentement, puis de plus en plus vite. La friction, purement physique, de l'air contre la roche, forma un bouclier de chaleur qui fit rougeoyer les pierres jusqu'à ce qu'elles rayonnent d'une aveuglante lumière blanche qui se modela en une bulle de protection infranchissable couvrant le sanctuaire.

A l'intérieur du dôme rayonnant, leur psalmodie continuait, mystique et grandissante de puissance jusqu'à ce que le bol de sang attire un puissant rayon lumineux, tout droit descendu du ciel. Les poignards furent arrachés, par une force invisible et se plantèrent aux pieds de chaque Gardiens récitant leur litanie.

Deux petites boules de lumières s'extirpèrent des blessures sanguinolentes, tandis que deux autres furent expulsées du rayon lumineux et crépitant. Chaque sphère tourna autour d'une autre et échangèrent leur place. Les totems entrèrent dans le rayon à l'instant même où les âmes entraient dans les corps sacrifiés.

Le faisceau lumineux se scinda alors en quatre rayons qui frappèrent les bols rituels contenant les éléments. L'intensité lumineuse devint aveuglante et même derrière leurs paupières closes, les hommes ressentirent toute la clarté et la chaleur que dégageait le phénomène.

Sans jamais cesser ni leur balancement, ni leur psalmodie, la magie ancienne fit son œuvre et, quand elle eut terminé, tout s'arrêta. Le faisceau et le dôme disparurent, les pierres retombèrent lourdement au sol, inertes mais encore fumantes. Les Gardiens quittèrent leur état méditatif et s'approchèrent, accompagnés par Lucius, de l'autel noirci par la chaleur du faisceau où reposaient deux corps parfaitement humains.

Un sourire se dessina sur les lèvres du Serpentard qui s'approcha un peu plus avant qu'Harry ne le retienne par le bras.

Laisse-leur le temps de se réveiller en douceur. Crois-moi, revenir d'entre les morts c'est pas la plus géniale des sensations... Et on ne sait pas si leur esprit est intact.

Severus papillonna des yeux le premier et ils s'écarquillèrent en découvrant le ciel nocturne au-dessus de lui. Subitement, sa main se porta à son cou et ses yeux se refermèrent tandis que Sirius ouvrait les siens et se redressait, regardant incrédule ses mains, se palpant le torse et les jambes avant de prendre conscience que Severus se tenait à ses côtés ainsi qu'Harry et une paire de Malfoy.

-Parrains, commença Drago en leur tendant à chacun une couverture pour se couvrir avant d'être immédiatement coupé.

-Depuis combien de temps suis-je mort ?

-Neuf mois pour toi Severus et presque trois ans pour... Monsieur Black. Nous sommes le 21 Mars 1998.

Sirius ne retint pas sa grimace en entendant la date mais resta silencieux, attendant un moment plus propice pour parler à son filleul. Depuis son réveil, quelque chose manquait au paysage sans qu'il ne sache déterminer quoi... L'absence d'une personne s'imposa à lui, au moment même où la voix enrouée de Severus demandait :

-Où est Miss Granger ? Pourquoi n'est-elle pas à vos côtés ?

-Miss Granger est, depuis ton départ, devenue ma femme Severus et actuellement elle n'est pas ici.

L'attention de Sirius, focalisée sur Harry, poussa le Gryffondor à compléter :

-Elle est à Oubli.

Severus passa une main sur son visage incrédule avant de croiser les yeux dérangeants de Lucius qui lui confirma d'un hochement de tête les propos d'Harry. Dans le silence de la nuit, Sirius leva les yeux au ciel et marmonna, sans censure, prouvant à Harry que son parrain était toujours le même :

-Ces foutus Dieux nous ont toujours autant à la bonne à ce que j'vois... T'es prêt pour une nouvelle guerre Servilus ? Demanda-t-il provoquant pour dérider son compagnon d'infortune avant de s'adresser à Lucius Malfoy. Si mes yeux ne me font pas défaut, nous sommes chez toi Lucius, tu dois bien avoir un fond de Whisky qui traîne quelque part, non ? C'est pas tous les jours qu'on revient d'entre les morts, pas vrai ?

-Suivez-moi, les elfes ont préparé une collation, je suis certain qu'ils sauront satisfaire toutes tes envies, Black.

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A suivre...

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Pffiouu, bah c'est qu'il s'en passe des choses dans ce chapitre hein ?!

Honnêtement, le drarry c'est pas mon truc, je ne l'ai écrit que parce qu'il le fallait pour le bon déroulement de l'histoire. Certaines attendaient ce lemon-là avec impatience, j'espère avoir été à la hauteur de vos attentes ^^ !

Sinon, vous l'aurez sans doute remarqué, Severus et Sirius entrent dans la danse. Comme pour chaque personnage que j'emprunte à Mde Rowling, je vais essayer de garder les traits de caractères qu'elle leur a donné. Dans l'avenir, préparez-vous à passer quelques pages dans leurs têtes. Vous verrez, un regard neuf apporte toujours quelque chose.

Voilà, on se retrouve au plus tard le 5 Juillet ( je vise large par mesure de précaution) pour un chapitre exclusivement réservé à Hermione.

A bientôt mesdames !

VC.

Rar's :

Swangranger : Le totem d'Hermione ne sera pas un phoenix, mais tu n'es pas très loin du compte quand même... Patience, les révélations viendront ! Je suis contente que tu aimes les différents pov, j'essaie de montrer tous les entremellements de cette histoire, alors c'est un vrai compliment, merci ! J'espère que ce chapitre t'as plu. A bientôt.

Ecathe38 : Bien, alors pourquoi te dédier ce chapitre-là en particulier ? Et bien d'abord, il contient le lemon, et j'ai hâte d'en lire ta critique d'ailleurs, mais aussi le rituel. Comme un joli rappel, la déesse que tu utilises pour pseudo en est une des pièces maîtresse. Voilà un petit hommage pour une fidèle lectrice dont l'avis compte beaucoup. Merci.

Charlie3216 : Le monologue de Lulu a eu du succès, j'en suis contente parce que vous êtes nombreuses à ne pas l'aimer. Pourtant tu verras, il n'est pas mauvais. Il a vraiment changé. Merci de ton message, j'espère que tu as aimé le chapitre.

Sjrodgers23 : Thanks a lot for your review. I hope you like this chapter.

Math'L: Tu m'as fait rire avec ton « Quand voldemort est content ça pue ». C'est imagé mais c'est ça. « Les faux parents moldus », ton oeil a relevé un petit caillou, réponse dans le prochain chapitre ma petite dame. Merci de ton message.

Filipine : Merci beaucoup de ton message. J'espère que tu as aimé ce nouveau chapitre.

Kikaboum31 : Cool une nouvelle venue ! Viens y'a plein de place dans la tribu ! Lucius a mauvaise presse mais je te jure qu'il est pas méchant. J'espère que le drarry t'as plu. Merci de ton message et à bientôt.

Lily-Sisi : Mais que j'aime tes commentaires. Rigolos, pertinents et bourrés d'impatience. L'histoire d'Hermione c'est pour le prochain chapitre, un truc épique à souhait genre quête du Seigneur des Anneaux mais sans la Communauté.. Ca fait un peu tiré par les cheveux dit comme ça mais c'est l'idée générale. C'est vrai que le concept de magie est complexe et j'ai essayé d'être aussi compréhensible que possible, je m'excuse si ce n'est pas toujours le cas. J'y ferai attention à l'avenir, merci de l'avoir mentionné. A bientôt !

KJWAnna : Je suis contente que tu ai aimé le précédent chapitre. J'espère que celui-ci aura eu autant de succès. Merci de ton message. A bientôt.

Margauxdeschamps06 : Merci beaucoup de ton message. Je suis toujours heureuse d'avoir des retours des lectrices ! Je suis contente de pouvoir te divertir au moins un peu en t'embarquant dans mes histoires ! J'espère que ce chapitre t'as plu. A bientôt.