Blair ne tenait plus en place, ça faisait déjà au moins trois heures que les garçons étaient enfermés dans la suite.

Après le petit déjeuner, Nate et Serena avait tenté de l'emmener faire un tour sur la Promenade des Anglais, mais elle avait refusé, mettant en avant son handicap évident vu l'état de sa cheville.

C'est vrai, elle n'avait pas si mal en réalité, mais elle préférait rester dans le coin pour pouvoir intercepter Chuck dès qu'il en aurait terminé avec son frère, ce qui semblait s'éterniser.

Ses amis avaient abandonné l'idée de la faire sortir de l'hôtel et ils s'étaient retranchés dans le hall. De là, ils pouvaient surveiller toutes les allées et venues.

Nate en profita pour faire un point sur sa quête de découverte à propos de l'identité de Gossip Girl.

Il n'avait pas vraiment avancé, en fait. Il savait tout juste que la personne était aux alentours du château lors de cette soirée, organisée par Diana.

- Tu ne crois pas que tu devrais laisser tomber ? demanda Serena.

- Après tout ce qu'elle t'a fait, tu veux simplement oublier et faire comme si de rien n'était ? Tu ne veux pas te venger ? Tu n'es même pas un peu curieuse ? s'étonna le jeune homme. Il y a quelques semaines tu voulais tout savoir.

- Et tu ne m'as pas aidé de ce côté-là !

- Tu jouais à être GG, c'était totalement différent, rectifia-t-il. Je voulais limiter la casse et surtout, que tu sortes ta tête de ce pc et que tu reprennes ta vie en main. Tu vaux mieux que ça.

- Et je pense aujourd'hui que tu avais raison. J'ai bien mieux à faire que de poursuivre une chimère qui n'existerait pas si personne ne prenait la peine de lire ses histoires salaces.

- Malheureusement, il se trouve toujours des personnes proches de vous qui sont impactées, commenta Blair, encore sous le coup de la soirée de la veille.

- Vois le bon côté des choses, dit S en haussant les épaules. Ce matin tu as une bague de plusieurs carats à ton annulaire … Madame Bass.

La brune sourit et ne put s'empêcher de lorgner sur le diamant qui brillait de mille feux dans les rayons du soleil qui entraient par la fenêtre.

Elle releva la tête d'un seul coup lorsqu'une ombre se profila devant elle, faisant obstruction à la lumière sur le caillou.

- Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'est pas foutu de toi, commenta Matt en lui faisant un clin d'œil.

Elle bondit sur ses pieds, retenant une grimace de douleur.

- Les félicitations sont de rigueur, je crois.

Il posa une main sur son bras pour l'attirer à lui avant de l'enlacer comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Elle s'arracha à son étreinte dans un sursaut et fit un pas en arrière pour mieux l'observer, il était bien trop familier à son goût. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis hier.

Et malgré, ou à cause, de son apparence similaire à celle de Chuck, elle ne se sentait pas vraiment à l'aise avec lui. Même s'ils avaient passés une après-midi à échanger des confidences, c'est surtout celles de son fiancé qu'elle avait partagées. Elle avait fait ça pour Chuck et uniquement pour lui.

S et N échangèrent un regard, silencieux. Matt ne s'embarrassait pas des manières de la haute société. Il avait peut-être grandi dans ce monde-là grâce à Jack, mais il était plus qu'évident qu'il ne voulait pas en faire partie et encore moins en adopter les us et coutumes.

- Comment ça s'est passé ? demanda Blair.

- Il est plutôt cool ! Normal, après tout, c'est mon double ! rétorqua-t-il avec un sourire en coin.

- Ohh ! s'offusqua B.

- Bon ok, en fait, tu avais raison depuis le début. J'avais besoin de le rencontrer. Mais je veux quand même entendre les explications de la bouche de ma mère. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi elle aurait été d'accord sur le fait de nous séparer et de continuer à vivre avec nous comme s'il n'existait pas.

Aucun des trois amis n'avait de réponse à cette question. Un silence pesant s'installa tout à coup entre eux, seulement brisé lorsque Matt prit congé.

D'un comment accord, les New-Yorkais décidèrent de rejoindre leur ami dans la suite, mais il les devança en arrivant à son tour dans le hall. Chacun fut soulagé en voyant son visage détendu. Matt avait raison, ça avait l'air de s'être plutôt bien passé entre eux pour lui aussi.

Blair glissa sa main dans celle de son fiancé et l'embrassa tendrement.

- Je vais bien, dit-il à l'intention de tous.

Nate, rassuré, décida d'aborder un sujet plus joyeux et mit une grande tape dans le dos de son ami.

- Je crois qu'il y a des félicitations qui se perdent, ici, sourit-il en désignant la main de Blair du menton.

- J'avais déjà bien trop attendu, commenta Chuck.

- Je suis bien d'accord, indiqua Serena en riant.

Elle enlaça son frère chaleureusement avant de poursuivre :

- Maintenant, il ne reste plus qu'à préparer la cérémonie. Vous avez déjà arrêté une date ?

Les fiancés échangèrent un regard. Ils n'avaient pas vraiment eu le temps de mettre au point les détails.

Les quatre amis se déplacèrent jusqu'à la terrasse pour s'installer au soleil et profiter de l'été. Échangeant leurs idées et commentaires sur le futur mariage qui promettait d'être grandiose.

Partageant aussi, au fur et à mesure de la conversation qui dérivait, leurs impressions sur le dernier venu qui bouleversait la vie de Chuck et la leur par extension. Ils se risquèrent même à quelques hypothèses respectives sur les raisons qui auraient pu pousser Bart et Elisabeth, ainsi que Jack, à cacher l'existence de l'un à l'autre.

- Et si on y allait avant d'être en retard ? dit finalement Nate à la blonde avec un regard entendu.

- Oui, bonne idée. A tout' … On se voit au concert, ce soir, enchaîna S en se levant pour suivre son ami.

- Au concert ? questionna Blair suspicieuse.

- J'ai promis à Max qu'on irait les voir jouer. On aura des places en back stage pour le passage du groupe. Et je suis certaine qu'il pourra t'avoir une place spéciale pour personne handicapée, répondit son amie pour la taquiner.

- Max ? interrogea Nate.

- Le synthé, expliqua nonchalamment Serena.

Elle se dirigea vers la sortie, suivie par son ami, dont la mine était maintenant renfrognée.

- C'était comment ? demanda Blair, une fois qu'elle fut seule avec son fiancé.

- Réellement, c'était étrange, mais pas dans le sens bizarre. Je ne sais pas trop comment le décrire. Je … Au-delà du fait de me voir en miroir, il y a quelque chose … qui me donne l'impression que je peux avoir confiance en lui, sans que je puisse exactement expliquer pourquoi.

- Peut-être parce que vous avez partagé la même poche et le même liquide amniotique pendant neuf mois ? hasarda ironiquement la brune.

Chuck la regarda un peu hébété, en prenant conscient de cet état de fait.

- Sans doute, réfléchit-il mais pas seulement. En fait, jusqu'ici j'avais toujours pensé que j'étais le seul à devoir jongler avec les relations lacunaires de mes parents et je pensais que tout était de ma faute. Que je devais forcément être quelqu'un d'horrible et de monstrueux pour que, même les personnes qui sont à l'origine de ma vie et sont censées m'aimer et me protéger, se comportent d'une telle manière avec moi. Mais maintenant, après avoir discuté avec Matt, je sais que je n'en suis pas responsable et que j'ai au moins deux autres personnes avec moi dans la même galère.

Elle passa ses bras autour de son cou.

- On est plus que ça, souffla-t-elle tout bas.

- Je sais, oui. Merci d'être là, avec moi. Sans toi, je ne prendrais sûrement pas tout ça aussi bien. Parce que je sais aussi que, quoi qu'il arrive, ta main sera dans la mienne à présent.

Elle l'embrassa tendrement et il répondit à son geste.

- On va traverser tout ça, promit-elle.

Il emprisonna à nouveau ses lèvres et l'attira à lui, laissant glisser sa main dans le creux de ses reins.

- Et si on allait fêter nos fiançailles comme il se doit, susurra-t-il en mordant délicatement la peau de son cou.

Elle sourit et se leva quand il saisit sa main pour se diriger vers leur suite. Il l'attrapa par la taille et la souleva de terre dans ses bras.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je ne voudrais pas que ma fiancée boîte le jour du mariage à cause d'une foulure mal soignée, sourit-il, espiègle.

Elle s'accrocha à ses épaules et le laissa la porter jusqu'aux cages d'ascenseurs, au milieu des clients de l'hôtel qui les regardaient, attendris par un couple de jeunes amoureux.