Chapitre 28 : La lâcheté d'une Black et l'amour d'un Malefoy


Le mardi défila à toute vitesse, dans un calme assez apaisant, comparé à celui des deux jours précédents.

Drago avait attrapé Théodore dans un coin, prêt à lui dévisser la tête. Pourtant le brun avait tout nié en masse, affirmant qu'ils s'étaient juste embrassés. En réponse, le préfet-en-chef l'avait collé trois soirs et affirmé qu'une missive partirait chez ses parents – était-il censé savoir qu'il n'en serait rien ?

Pansy n'avait pas paru très choquée par la suite mais elle était restée muette toute la journée, insensible à toute tentative extérieure de bavardage.

Le soir, aux alentours de vingt heures, elle rejoignit, ainsi que Blaise, les deux préfets dans la salle commune.

Silencieux, tous deux listaient les élèves qui avaient enfreint le règlement la veille, lors du bal. Ils étaient très peu nombreux, quelques-uns seulement s'étaient aventurés à ne pas prendre le chemin de leurs dortoirs à chaque fois, Drago, qui avait été frustré de ne pouvoir finir ce qu'il avait si bien entamé avec Granger, s'était fait une joie de les interrompre et de les punir à chaque occasion.

- On ne nous accorde aucun intérêt, poupée, fit remarquer Blaise avec un sourire carnassier.

- Ne t'inquiète pas, je connais une petite blonde qui va te donner tout l'intérêt que tu réclames, lâcha Granger en griffonnant une note à côté d'un nom – ils devaient aussi expliquer ceux qui avaient perdu des points et les raisons pour lesquelles ils les avaient perdus.

- Ah ! Une petite blonde si pulpeuse, fit rêveusement le métis.

- Pour un cure-dent surplombé de bouchons de liège, je trouve que tu l'enjolives un peu ! persifla Drago, sans même relever la tête.

- Salaud ! Un cure-dent ? Elle est divine !

Drago ricana doucement avant de se redresser en s'étirant.

- Non seulement on nous a foutus à la porte, mais en plus, on exige de nous qu'on rédige ces foutues listes ! Les fantômes ne pouvaient pas s'en charger de cette surveillance ? rétorqua-t-il avec humeur.

- Miss Geignarde et toi pourriez former un duo sensationnel, Malefoy, jeta Granger avec amusement en finissant à son tour sa rédaction.

- Je pourrais dire la même chose de toi et de Peeves, lança aussitôt Drago, sensiblement refroidi.

- Il serait moins ronchon, lui, au moins ! se moqua-t-elle en rangeant leurs écrits dans une poche conçue à cet effet.

Il leva les yeux au ciel.

- Ma pauvre Pansy, tu vas t'ennuyer sans nous, railla Blaise.

- Bah, je m'occuperai.

- Si Nott t'approche dans un rayon de dix mètres, préviens-moi, ordonna Drago en la fixant.

- Il va raser les murs ! s'insurgea Blaise. Pourquoi ?

- Ce n'est rien, Zab, rien du tout, lâcha avec aigreur Pansy.

- Viens Pansy.

Drago lui fit signe de le suivre et ils se rendirent dans la chambre du jeune homme, sous le regard indigné de Blaise qui se sentait exclu.

Le blond fouilla, accroupi, sous son lit, avant d'en sortir un petit cube qu'il tendit à son amie. Surprise, elle le lorgna avec incompréhension avant qu'une lueur éclaire ses yeux.

- Ce sont les affaires de ta mère ?! s'enthousiasma-t-elle.

- Oui. On fait comme on a dit : tu prends le tout et …

- Je te donnerai ce qui te plaira. Merci Drago, tout cela représente beaucoup pour moi, ta mère était vraiment quelqu'un de très gentil avec moi, murmura-t-elle du bout des lèvres.

Drago se renfrogna légèrement. Pourquoi sa mère avait-elle été plus naturelle avec Pansy qu'avec lui ?

- Tu fais attention, Granger ne doit pas savoir que tu l'as, sinon elle va me demander comment je l'ai obtenu et elle croit que j'ai passé la soirée du dimanche avec Astoria.

- Très bien, répondit Pansy en enfouissant son bien très léger dans sa poche.

Ils gagnèrent la salle commune où Blaise, assis sur le canapé et dos à eux, recevait des sortilèges d'Hermione.

- J'essaye de le rendre présentable, expliqua-t-elle, les yeux remplis de larmes et les joues rouges.

Ils comprirent vite qu'elle pleurait littéralement de rire et non de souffrance ou de quoi que ce soit d'autre. En voyant la tête de Blaise, ils s'aperçurent qu'ils allaient vite finir comme la Gryffondor.

S'armant de sa baguette, elle avait rendu les dents si blanches du jeune homme en une couleur jaune fluorescente. Ayant subbi la même transformation, de longs cils de cette couleur, encadraient ces yeux. Ses cheveux, aux reflets blonds, avaient poussé jusqu'à encadrer tout son y avait alors un effet pétillant, franchement lumineux qui émanait de lui et qui éblouissait, entre ses cheveux, ses cils et ses dents.

- Woh. Blaise t'es assurément sexy et… viril, ajouta Pansy en pouffant.

- Ah c'est exactement ce qu'il me fallait ! Merci Hermione ! Bon, je vais filer moi, il faut que je trouve un sortilège pour la plongée sous-marine.

- Je crois que celui de Tete-en-bulle est bon. Viktor l'avait utilisé lors du tournoi, se rappela Granger alors qu'il s'en allait d'un bon pas.

- Je vais voir. Souhaitez-moi bonne chance !

Il referma le portrait derrière lui et Granger, ne pouvant plus conserver ses rires pour elle, tomba à la renverse sur le tapis.

- C'est un peu vache, non ? s'enquit Drago en cherchant sa baguette magique qu'il avait laissée sur la table.

- Mais non ! Grâce à moi, il aura une superbe visibilité dans l'eau, assura la Gryffondor. Il va passer une extraordinaire soirée avec Luna.

- Carrément, jura Pansy. Bon, je vais vous laisser les tourtereaux.

Il y eut un moment de stupeur dans la pièce où, Granger qui gloussait toujours à gorge déployée s'arrêta brutalement et où Drago, à quatre pattes, scrutant sous un meuble, se releva brutalement en se cognant à une étagère.

La Serpentarde s'en alla sans s'être rendue compte de l'effet de bombe de sa phrase taquine. Ou alors, en s'en étant rendue compte, mais appréciant les résultats, elle les laissait dans l'embarras.

Sans un bruit, Hermione reprit une position plus digne tout en tendant à son camarade, sa baguette qu'elle venait de trouver dans les plis de la carpette.

Ils se levèrent sans oser regarder l'autre.

Le portrait coulissa et ils sortirent, démarrant leur ronde dans un silence religieux. La tension entre eux était insupportable mais Drago ne pouvait se résigner à parler, les pensées bien trop tourmentées.

- Pansy a vraiment de drôles d'idées, lança brusquement Granger alors qu'ils marchaient depuis une demi-heure.

- C'est… ça doit être cette histoire avec Nott qui l'a toute retournée.

De toute évidence, la phrase les avait bien dérangés pour qu'ils en reparlent encore après tout ce temps passé. Plus significatif encore, chacun savait inconsciemment de quoi parlait l'autre sans besoin de précisions.

- Ca doit être ça, affirma-t-elle rapidement en échangeant un coup d'œil avec lui.

Ils approuvèrent hâtivement avant que Drago ne laisse son sourire en coin prendre place sur son visage. Il pinça gentiment la taille de fille qui sauta brutalement en le mitraillant d'un regard apeuré.

- Ce n'est pas qu'on s'aime ou pas, nous, c'est un plutôt physique, non, Granger ?

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.

Le fait qu'elle n'admette pas devant lui l'attraction qui s'était installée entre eux provoqua deux sentiments chez Drago.

Déjà, il y avait l'aptitude à mieux accepter cette alchimie, car de la voir ainsi nier, lui donnait envie de lui prouver qu'elle mentait délibérément, et d'ainsi, s'avouer à lui-même leur relation.

D'une autre part, il espérait presque qu'elle ressentait la même chose que lui. N'était-il pas seul, à subir cela ? Non, sûrement pas ! Un Malefoy ne pouvait pas être l'unique.

Il réitéra son geste en insistant un peu plus et il crut voir des frissons se former sur la peau de son cou.

- Tu n'es donc encline qu'à certains moments ?

Elle repoussa gentiment sa main – ils venaient d'arrêter leur déambulation – et la contempla. Puis, elle tira le jeune homme vers elle et, sans lâcher son poignet, le leva. Elle l'attira à elle, l'enroulant autour de ses épaules. Le bras du jeune s'y posa et elle lui sourit en retour.

Et ce coup-ci, il perçut nettement ses poils qui se hérissaient à son frôlement. Il s'apprêtait à joindre ses lèvres à celles de la jeune femme, après avoir avancé sa tête, lorsque des ricanements se firent entendre.

Ils se séparèrent doucement puis enjoignirent les étudiants qu'ils avaient trouvés quelques mètres plus loin, de rejoindre au plus vite leur dortoir. Avec une pointe d'exaspération franchement perceptible. Aucun des deux ne songea à leur retirer des points.

Replaçant habilement son bras, Drago soupira avant d'afficher une moue contrite : le destin était contre lui, il ne voulait pas le laisser embrasser ces lèvres qui l'obsédaient tant.

HHHH

Pansy faillit pousser un gémissement devant la prestance de la robe. Elle palpa la traine volante qui l'ornait. Oui, c'était de la soie ! Une doublure en soie… C'était si doux, presque fluide. Aucune autre matière à sa connaissance n'avait une telle texture.

Elle passa un cintre entre les bretelles, en souriant béatement encore devant l'habit qui lui était si plaisant. Elle aurait pu demander à n'importe quel elfe de maison d'accomplir cette besogne mais elle tenait à le faire car déjà, elle adorait découvrir, telle une petite fille, ses nouveaux présents – en l'occurrence des vêtements précieux par leur valeur comme par la personne qui les portait- mais aussi parce que c'était une manière de se faire à eux, d'évaluer avec quel sac ou quel manteau irait, ou telle paire d'escarpin conviendrait le mieux.

La brune se pencha et, tendant ses fines mains, s'empara du second uniforme. C'était une cape très longue, dont la capuche était recouverte d'une fine pellicule de poils soyeux. Il en dégageait le parfum encore présent de Narcissa, celui d'une rose très délicate.

Elle l'accrocha au porte-manteau interne de son armoire avant de retourner au carton. Chaque bien avait subi un sort de rétrécissement et au final, Pansy était certaine de dénombrer plus d'une soixantaine de tenues ainsi que des bijoux.

Alors qu'elle enfouissait à nouveau ses mains dans la caisse, une idée la frappa.

C'était les biens d'une défunte. N'avait-elle aucun scrupule à ainsi s'approprier ceux d'une femme trépassée ?

Pansy se déculpabilisa en songeant avec franchise que la femme lui aurait certainement donné ses affaires. D'ailleurs, n'était-ce point Drago qui les lui avait offerts ? Si.

Dès le début, la Serpentard avait conclu pour elle-même que le jour où le jeune blond serait père, tout reviendrait de droit à ses enfants. Qui était-elle pour en bénéficier si la descendance pouvait en profiter ?

Mais, pour l'instant, nulle descendance en vue et les robes étaient somptueuses : elle avait tout autant le droit d'en user.

De la boite, jaillit une toilette qu'elle n'aurait jamais crue un jour en sa possession. C'était un bustier bleu nuit qui serrait sa poitrine et du creux de cette dernière s'étalaient alors de belles arabesques argentées. Ces courbes brillantes se poursuivaient en longueur puis, elles s'écartaient peu à peu du décolleté, glissaient sur sa taille comme les coutures du tissus, avant de brusquement s'étirer et de se rejoindre dans le bas de la traine.

Pansy ne sut qu'en faire. Elle était si enchanteresse qu'il paraissait être le pire des sacrilèges que de l'intégrer aux autres. Finalement, résignée, elle la cintra et la fit coulisser aux côtés de ses amies. Elle y apposa toutefois un sort de protection. Et la cacha un peu derrière les autres. Le sacrilège si Milly venait à mettre ses grosses mains moites dessus!

Par la suite, elle dénicha un sac à main en peau de dragon dont le coût était inestimable – pourtant, Pansy avait une grande connaissance des vastes créateurs du monde sorcier . Elle l'ouvrit pour s'assurer de sa capacité. Même si celle-ci ne lui convenait pas, elle pourrait très bien l'ajuster à l'aide d'un sort, mais l'habitude était trop ancrée en elle pour qu'elle soit tentée d'agir autrement que d'en consulter l'intérieur.

De toute évidence, aucun sort n'avait été établi. La poche était cousue main et assez vaste.

En revanche, ce qui étonna fortement Pansy, fut qu'il y avait déjà un objet à l'intérieur. Elle s'en saisit, curieusement attisée.

C'était un petit livre à la couverture noire. Les sourcils froncés, elle s'écrasa sur son lit, en tournant la première page. Elle se morigéna un instant, l'écrit ne lui appartenant pas réellement, puis elle se rassura en se disant que peut-être il y avait quelque chose d'important là-dedans.

« Ce journal intime appartient à Narcissa Black Malefoy. Je recherche en ce manuscrit, l'apaisement intérieur qu'aucune activité n'arrive désormais plus à me faire atteindre. »

Puis, peu à peu, les yeux sombres de Pansy défilèrent. Elle s'abandonna à sa lecture, oubliant totalement le carton rempli d'habits qu'elle sortait en masse quelques instants auparavant.

Il semblait étrange de savoir que cette femme trépassée ait conservé des traces d'elle, ait écrit une sorte de mémoire qui lui était propre. Avait-elle le droit de le lire ? La question ne se posait pas. Narcissa était une grande sorcière et si elle avait voulu que la lecture ne soit possible que pour elle, cela n'aurait pas été difficile. Elle se rassura sur quelques mots; mais au fond d'elle, elle savait pertinemment que peut-être jamais Narcissa n'avait imaginé qu'elle serait séparée de ses biens.

Ce livret était une source foisonnante de renseignements divers sur la vie de Narcissa. Cette femme si forte… Dans chacun des mots transparaissaient des sentiments. Le document regorgeait d'émotions. Cette femme austère ne l'était donc peut-être pas tant.

Pansy, envoûtée par cette main souple et habile, qui avait su révéler des sensations apparaissant comme dérisoires aux yeux de celle qui les vivait, découvrait un nouveau visage. Peu à peu, une version différente de Narcissa s'offrit à elle. Celle d'une femme contenue. Il avait toujours paru qu'elle n'éprouvait rien, ses yeux froids scrutant les pièces, sa stature rigide qui ne bougeait pas d'un pouce…

Etait-il possible que cette femme d'apparence si forte, ait enduré tout cela ? Les malheurs s'étaient abattus sur elle, le destin acharné contre elle.

Alors, des faits d'une incongruité reluisante lui apparurent.

« 4.10.1979,

Bonjour à toi,

Aujourd'hui, j'ai commis un acte excluant tout respect, d'une relativité méprisable.

J'ai trompé Lucius.

J'étais chez les Black, et Regulus était présent. J'entretenais une conversation avec son elfe de maison. Cette dernière est charmante mais elle a en tête des vertus sur le sang auxquels je n'adhère plus depuis très longtemps. J'essayais d'éviter ce sujet phare mais c'était une véritable épreuve car toute sa vie avait été basée là-dessus et jamais, nous avions une seule phrase sans que cela ne revienne.

Regulus m'a prévenue que le maitre l'appelait pour une mission importante et que son elfe devait venir. Il m'a aussi dit que Lucius serait bientôt au repère car il aurait vite fini sa mission. Il m'a proposée de venir et j'ai accepté. Qu'aurais-je pu dire d'autre ?

Nous avons transplané et mon cousin et son elfe sont aussitôt partis. Je ne l'ai pas revu depuis, j'espère qu'il va bien.

Lorsque je suis arrivée, Lucius n'était pas là et j'ai patienté, seule, dans une pièce assez reculée. Et puis… il est arrivé. Cela faisait près de six ans que je ne l'avais pas vu. A mon mariage pour être exacte. Nous avions décidé d'un accord commun de s'arrêter là, déjà parce que Lucius était très jaloux et aussi car j'avais peur que nous soyons démasqués. D'autres parts, il intégrait les rangs du Lord et je ne voulais pas être une source de distraction qu'il ne saurait justifier.

Severus est entré dans la pièce. La maturité qui lui manquait à l'époque, émanait de lui désormais. Il s'était élargi et ses traits étaient tirés./i Il aurait, parait-il, ce jour-ci, révélé à notre maitre, une prophétie ou quelque chose de très important. ( Cette note avait été ajoutée avec une encre différente Narcissa serait donc revenue inscrire ce détail)i

Je ne sais plus trop ce qui était lui, ce qui était moi… Nos corps se sont rapprochés, on s'est frôlé, et puis, son odeur m'a envahie… On a succombé au même instant. Le manque de l'autre, certainement.

Nous avons fait l'amour sur le sol, incapables de nous retenir. Même après six ans, je me rappelais son corps par cœur, au grain de beauté près. Ses caresses, ses mains qui me parcouraient… Nous avons oublié le sort de protection.

Lorsque je suis partie, j'étais dans une bulle comme je n'en avais pas vécu depuis longtemps. Nous ne nous sommes rien dits pourtant je crois pouvoir affirmer que notre relation reprend. Je me suis sentie trop éteinte depuis six ans pour laisser passer ma chance de revenir à la vie.

J'ai retrouvé Lucius, quelques minutes après. Comme j'aurais dû avoir honte… mais le bonheur était si présent, que ce sentiment se noyait dans la masse de ce dernier.

Je crois franchement que Lucius m'aime. Il est tendre, rien n'est calculé. Il se laisse aller avec moi comme il ne le fait avec personne. Pourtant, à son égard, je ne peux m'empêcher de ressentir une once de dégoût. Quand je l'hume, j'ai l'impression que c'est une odeur de cadavre, de sang et d'urine qui traine sur lui. Quand il me palpe de ses longs doigts, je me demande combien de fois ils ont enserré sa baguette qui a tant enlevé la vie, quand il me sonde de ses yeux froids, je crois bien que c'est la promesse de mort que j'y lis… C'est hypocrite que je n'ai pas cela avec Severus qui est lui aussi un Mangemort.

Je ne me comprends plus vraiment.

Ce soir, le bonheur s'est éteint. La culpabilité est revenue.

Je me sens tellement mal que je me suis offerte à Lucius et j'ai gémi fort. Il est persuadé de me donner un plaisir insoutenable au lit. Cela m'a légèrement apaisée mais de manière momentanée.

Je crois que j'ai fait une erreur. Et que ce n'est pas prêt d'être la dernière fois. Ou du moins, que je n'ai pas envie que ce soit la dernière... »

« 16.11.1979

J'ai appris que j'étais enceinte.

Je ne sais pas de qui l'enfant est. Je suis totalement perdue.

Je n'avais pas couché depuis une semaine ou deux avec Lucius avant l'incident et de plus, j'avais eu mes menstruations entre temps.

Selon l'examen magique, je le serai d'un mois et une dizaine de jours.

Je suis certaine qu'il est de Severus. Je ne peux concevoir avoir en moi, quelque chose de Lucius. Et puis, l'enfant… C'est forcément Severus. Est-ce que Lucius pourrait donner la vie, alors que lui, il en prend tant ? Oui, Severus aussi… Mais il n'empêche que…

De plus Lucius est de plus en plus fatigué je vois ses traits qui se creusent et s'émacient jour après jour. Le Maitre cherche quelqu'un et tous ses fidèles sont nommés. Ce serait un simple bambin qui l'inquièterait.

Je pense que je vais devoir dire à Sev que… je suis enceinte de lui. Oui. »

« 24.12.1979

J'ai envoyé une lettre à Severus. Ce sera un magnifique cadeau de Noël. J'ai mis un sort afin qu'elle ne puisse pas être interceptée.

Quand nous nous écrivons, il signe « Biche ». J'ignore pourquoi. Pour ma part, je mets mon prénom. C'est vraiment la seule et unique chose que j'ose.

Depuis la dernière fois que nous nous sommes vus, nous avons beaucoup échangé ( au moins deux fois par semaine) et je n'ai jamais sous-entendu quoi que ce soit. Je ne l'ai pas revu, non plus. Il me manque. J'ai l'impression d'étouffer. Ses bras, si forts, qui m'enlaçaient, me laissent avec un sentiment austère de froideur et de solitude la nuit… Malgré ceux de Lucius qui me plaquent contre son torse imberbe.

Je l'aime. Envers et contre tous.

Je suis juste malheureuse d'avoir été une Serpentarde. Le courage m'a toujours fait défaut. Si je m'écoutais, je partirais avec lui, au fin fond du monde. Où ? Je ne sais pas. Peut-être l'Afrique. J'ai toujours voulu rencontrer si gens si simples. Si spontanés, qui ne se demandent pas comme moi, pendant sept ans, s'ils devraient aimer un homme comme Severus, ou pas. Ils l'aiment, ils le prennent et ne le lâchent plus…

Je me hais. Envers et contre tous. »

« 07.06.1980.

J'ai accouché il y a deux jours de cela. J'ai beaucoup souffert et j'avais enfin une raison de me défouler contre Lucius. Malgré le fait que je ne l'aime pas – ce qui n'est pas réciproque- je trouve qu'il me délaisse. Je passais seule, mes journées, dans ce grand manoir, à caresser mon ventre ou à feuilleter des magazines pour mon enfant… Ce sera un fils. Comme Severus. Il sera beau, avec de grands yeux sombres et un sourire comme Severus n'en donne qu'à moi.

Je l'ai nommé Drago.

J'espère qu'il sera plus courageux que moi.

Toutefois, quand je le vois, le doute m'étreint quant à l'identité de son père. Severus n'a rien dit suite à mon annonce. Il a juste écrit qu'il « en doutait ». Je ne comprends pas. Je me suis vexée, il a simplement ajouté qu'il aurait aimé, mais que ce n'était certainement pas aussi simple.

Nous avons partagé beaucoup de moment ensemble depuis janvier car Lucius s'absente de plus en plus et aussi parce que Winky m'aide. Cet elfe est formidable. Elle m'invente des alibis sans faille, me sert de contact avec mon bel amant. Elle peut transplaner n'importe où, n'importe quand, sans se faire remarquer.

Quand Malefoy revient, il a la haine dans les yeux mais suffit qu'il croise les miens, et tout s'estompe pour devenir un doux et chaud regard. Auquel je n'adhère et ne réponds pas. Mais mon indifférence ne le perturbe pas. Il m'a déjà dit qu'il savait que l'éducation chez les Black était très dure envers les femmes, afin qu'elles aient un minimum de tenue. Ca ne lui déplait pas.

Quand j'écris à Severus, j'exécute toujours des doubles de mes épîtres. J'aime à consulter notre correspondance dans mes moments de solitude. Les lettres de Severus – et les copies des miennes- , je ne savais qu'en faire alors, à l'aide d'un sort, je les ai enfouis dans un cadre. Ainsi on croirait que le personnage du tableau lit des lettres qui ne concernent que lui, alors que ce sont mes lettres. C'est un risque mais la chose qui tape le plus à l'œil est celle que l'on voit le moins.

Drago s'est endormi. Je pensais qu'il aurait des cheveux et des prunelles brunes, un corps plus développé au niveau des épaules, un nez plus crochu… Non. Il est blond et pour le moment, la couleur de ses yeux est bleue marine. Il parait que tous les nourrissons les ont ainsi. Selon le médicomage, ils vont s'éclaircir.

Cinq heures se sont écoulées.

Severus est passé. De manière très brève, il ne voulait pas que l'on sache sa présence.

Il m'a souri, m'a embrassée puis a contemplé l'enfant.

A mi-voix, il m'a avoué avant de partir, qu'il était stérile. »

« 31.06.1980.

Il se passe quelque chose.

Tout le monde est très agité en ce moment. Bellatrix est comme folle, elle hurle tout le temps quand je la vois. Le calme et la sagesse d'Andromeda me manquent. Quand je pense que je n'ai plus le droit de la voir simplement parce qu'elle a épousé quelqu'un qui n'était pas assez bien. Elle a fait ce que je n'oserai jamais.

Lucius est épuisé. Mais depuis hier, il est arrivé quelque chose d'effroyable. J'ai une vague idée de ce qu'il se passe.

Quand il est revenu, avant-hier, il est monté à son bureau. Je me suis couchée sans lui, après avoir bercé mon petit Drago – au final, il est de ma chaire et j'arrive à tolérer que Lucius lui ait donné une part de lui. La veille, quand je me suis levée, au matin, j'ai découvert Lucius. Il m'a contemplée avec une haine si intense que je me suis sentie pâlir.

Il a fixé Drago avec une lueur de dégoût. Je pense bien avoir aperçu une larme couler sur sa joue. Il est parti sans un mot.

Le même spectacle s'est reproduit ce matin. Il ne m'approche plus vraiment et n'accorde pas même un regard à notre fils.

Mes craintes se sont confirmées quand je suis montée au grenier. Dans le tableau, le personnage me lorgnait avec désolation : elle n'avait plus de lecture, les lettres avaient disparu. »

« 20.09.1980

Le Seigneur des Ténèbres n'est plus depuis près de deux mois. Il s'est passé beaucoup de choses.

Lucius a été interrogé au ministère. Je crois que notre fortune l'a bien aidé à être épargné.

Il ne m'aime plus. Ou alors, il m'aime mais il me hait pour les émotions que je lui fais ressentir et qui naissent en lui. Il se déteste de m'adorer.

La dernière fois que j'ai entendu sa voix s'adresser à moi, c'était le premier août, quand le Lord a disparu, pour me l'annoncer. Bella a été enfermée il n'y a pas longtemps ainsi que la plupart des autres Mangemorts.

Ce vide me manque tout de même je suis rongée de culpabilité. Mais ce qui m'irrite est que dès que je veux m'expliquer, réunir un peu de courage afin d'affronter tous ces non-dits, il me toise froidement puis part en un tour de main.

Il considère Drago comme s'il n'était pas son fils, alors qu'il l'est. J'ai trop honte pour aborder tout cela. Il est plus facile de me laisser aller dans la crainte, contre le petit corps chaud de mon Drago qui grandit si vite. Il a déjà quatre mois. Il a beaucoup de coliques… J'essaie de l'apaiser mais tous les sorts antidouleur ainsi que les potions sont interdits à son âge.

Dans mon désarroi, teinté toutefois de joie grâce à mon fils, je ne sais ce qu'il en advient de mon amour. »

« 31.06.1981

Un an a passé depuis la découverte de Lucius.

Notre relation est étrange. Il est redevenu avec moi, un peu comme avant. Il n'a pas l'air d'avoir envie de voir la vérité. On dirait qu'il veut oublier. Il ignore que je vois toujours Severus.

Des fois, Lucius, s'énerve et m'ignore pendant quelques temps. Il a du mal à avaler la pilule et à certains moments, tout ressort.

Il a des gestes tendres envers moi, puis il se reprend. Il m'invite au restaurant, il tente de me redécouvrir je suppose. Mais moi, c'est déjà fait.

Pourtant, je n'arrive pas à aborder tout ce qu'il s'est passé entre nous. Et entre nous, c'est pour lui et Drago, que je fais des efforts.

Lucius ne supporte pas Drago. Il ne peut le voir. Je n'arriverai certainement jamais à lui dire que c'est son fils. Je ressens un peu de satisfaction que celui qui soit mon époux croit que le fils que j'aurais voulu d'un autre ne soit pas le sien. »

« 05.06.1983.

Drago a trois ans.

Hier, Lucius m'a demandé de ne démontrer aucune affection envers lui. C'est légitime, il est certain que ce n'est pas son fils.

Je ne peux faire autrement. J'aime Drago, mais je n'ai pas le courage de faire plus de peine à Lucius alors que je me ronge intérieurement si misérablement.

Que faire d'autres ? Drago n'est pas le fils de Severus.

De plus, Lucius a lâché qu'il n'aurait pas la moindre hésitation quant à l'avenir de Drago si je lui témoignais trop d'intérêt.

J'ai compris ce que mon cher époux attend de moi. Etant donné qu'il n'a pas eu l'intérêt que j'accordais à Severus, il ne veut pas que celui qu'il croit être le fils de Severus, ait à son tour, autant d'attention que 'son père'.

C'est ridicule. Mais depuis longtemps j'ai perdu confiance en moi, en tout.

La plupart de ma famille est soit morte, soit emprisonnée, soit reniée.

D'ailleurs, Regulus est décédé. Ce serait pour une mission du Lord. La dernière fois que je l'ai vu, c'était le jour où j'ai trompé Lucius pour la première fois. Lucius n'a jamais su avec qui je pratiquais l'acte si avilissant qu'est celui de l'adultère. Il ne le saura jamais. »

Les pages s'étendaient ainsi, près de deux cents qui narraient la vie de Narcissa Malefoy, femme emblématique et indéchiffrable, si froide mais passionnelle. Qui eût cru qu'elle n'osait affronter ainsi sa vie ? Il semblait, lorsqu'on croyait la connaitre, que rien, strictement rien, ne l'effrayât ou ne la surpassât.

Lé vérité jaillissait d'elle-même face à la sincérité qu'elle donnait à ce journal. C'était l'intimité entière de sa vie qu'elle dévoilait. Ses amours, ses doutes, ses peurs, son sang…

Pansy n'en menait pas large. S'était-elle doutée, un jour que cette femme si impérieuse, d'allure si gracieuse, avait, sur ses épaules si fines et altières, porté un si lourd fardeau ?

Et si Drago apprenait cela ! Ainsi, Lucius croyait que Drago n'était pas son fils…

Tout se tenait. Comment Narcissa aurait pu paraître aimante quand elle était dévorée de toutes ces histoires ? Drago était un poids de plus pour elle, l'aveu complet de son évident manque de courage… Et puis, elle devait sans cesse être harcelée par sa morale : était-elle une bonne mère ?

Pansy sentait son cœur qui battait dans sa poitrine à une allure bondissante. L'histoire de la famille Malefoy… Sa respiration se fit plus rapide. Elle devait donner ce document à Drago. Il pourrait certainement revoir toute sa façon de penser.

Et Severus ! Cet homme si glacial, si austère… il avait perdu la femme de sa vie sans jamais pouvoir l'avoir.

Elle reprit sa lecture, et cette fois-ci, à la lecture de ces mots, son cœur s'arrêta brusquement dans sa poitrine, alors que ses yeux se remplissaient de larmes et qu'un froid intense la parcourait.

« 15.07.1997

Aujourd'hui, c'est la fin de tous mes espoirs. C'est aussi l'ultime fois que je te dédie, cher journal, ma pitoyable vie que mon inertie et ma passivité n'ont conclu qu'à empirer.

Aujourd'hui, et ce, depuis le quatre octobre 1979, je trompe mon époux avec Severus. Plus de dix-huit ans.

Aujourd'hui, mon époux qui croyait que j'avais cessé après qu'il l'ait découvert, l'a appris.

Je n'ai jamais vu Lucius ainsi. Je ne sais comment il l'a su. Mais il l'a su.

Il est rentré au manoir. Drago était chez un ami, heureusement pour lui. J'espère qu'il aura une vie bien plus courageuse que la mienne.

Lucius a hurlé. Hurlé comme jamais. Mais ce n'est pas cela le pire. C'est que depuis début juillet, l'intégralité notre manoir est le repère du Lord et que ce dernier était là. Ainsi que Bellatrix et toute la chère bande. Sauf Severus.

Lucius a hurlé puis il a dévasté tout le hall. Je ne sais quel sort a été usé. Les murs ont explosé, les objets ont été pulvérisés, il n'en reste que des cendres.

Puis, il a rejoint son maitre et j'ai été appelée.

Tout le monde est parti, il ne demeurait que moi, Lucius et le maitre dans notre salon.

Lucius avait appris que malgré les années, pas une fois, je n'avais arrêté de voir mon amant. Il se moquait du nom.

Le Maitre a vu sa haine et s'en est délecté. Il était véritablement heureux. Il a avoué, d'une voix nonchalante, que ce geste n'était pas pardonnable. Je crois qu'il voyait là la conversion la plus totale d'un mangemort qu'il savait dévoué envers lui. L'annihilation de l'amour chez lui, ne ferait qu'accroitre, je suppose, sa servitude.

Et tous les deux, se sont retournés vers moi : j'allais pouvoir expérimenter leur tout nouveau sortilège. C'est presque avec satisfaction qu'ils me l'annonçaient.

J'ai regardé Lucius. Je ne l'ai jamais apprécié. Mais pourtant, il m'avait aimée. Est-ce qu'il se pouvait qu'il me laisse, ainsi ? Qu'il accepte ? Qu'il participe même à ma mort ?

Un sort de ronge. La magie allait me ronger de l'intérieur, peu à peu, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. C'était assez ironique de mourir physiquement de la sensation qui m'étreignait mentalement lorsque je mentais à Lucius pour aller voir Severus.

Au final, je pense que Lucius m'a trop aimée. Voldemort s'en est servi – j'use son nom car je n'ai plus aucune peur de cet homme, j'affronte la mort, le menton haut- pour éradiquer chez l'un de ses adeptes favoris, ce vil sentiment. Oui, j'en suis persuadée.

Lucius a attendu de ce mariage ce que même dans mes pires cauchemars, je n'imaginais point.

Je n'avais jamais vu la chose de cette manière. Je m'en veux de l'avoir fait souffrir de la sorte mais aujourd'hui, ma culpabilité s'éteint en même temps que ma peur.

Le diagnostique est tombé. Je ne dépasserai pas le quinze novembre. Je n'ai que cinq mois à vivre.

Je suis soulagée car je vais mourir. J'avais peur de ce dont serait composé le lendemain. Maintenant, j'ai une certitude : je vais mourir dans la souffrance mais au moins, tout prendra fin.

Aujourd'hui, j'ai toutefois la force de conclure. Je ne suis pas certaine de pouvoir poursuivre, et à quoi bon serait-il utile que je continue ? Je relaterai seulement mes douleurs, des douleurs que je mérite. Alors, à l'instant même, je termine ce que j'ai commencé.

A Drago, mon fils chéri… J'ose garder l'espoir que tu ne porteras en toi aucune responsabilité de ma lâcheté et que tu sauras déchiffrer dans ce livre, l'amour que je n'ai jamais su te donner. Sache, toutefois, que dans mon ambition insatiable de te voir survivre, si un jour, tu devais partir en secret, loin de tout, t'enfuir, il te faudrait contacter ma chère sœur Andromeda… Elle a, depuis longtemps, un compte avec des gallions en masse, à ton nom, qu'elle garde pour toi. Je l'avais contactée dans ma peine et mes affres… Je ne sais quoi te dire. A nouveau, je t'offre en gage de mon amour, la seule chose qui m'ait été autorisée quand je n'avais le droit de t'afficher mon amour maternel : l'argent. L'argent, si empreint, de liberté fugace. Qu'elle soit aussi longue que tu en auras besoin.

A Severus, l'unique homme dont j'aurais voulu un enfant, et, que j'ai aimé du plus profond de mon être. Je sais que j'ai été la deuxième, après Lily… Mais je t'aime. »

Pansy plaqua une main contre sa poitrine, essayant d'en étirer la peau. Elle n'arrivait plus à respirer. La tension montait en elle et elle ressentait un besoin flagrant de courir comme jamais. Ses jambes tremblaient sur son lit, parcourues de spasmes incontrôlables. Comment cela était-il possible ? Comment Lucius avait-il pu ainsi agir ? Est-ce que l'amour peut porter à de tels actes ? Non, c'était la jalousie. La haine aussi, car Lucius avait une nette idée des statuts du sang. Tout s'était passé devant leurs yeux, à elle, à Blaise et à Drago.

Ils n'avaient rien vu. Rien.

Les larmes coulaient sur ses joues, tenant entre ses mains, l'authentique vie de Narcissa Malefoy. L'unique, la vraie et sincère
.

- Il faut que…

Elle ne put terminer sa phrase. C'était comme si sa bouche était soudainement anesthésiée.

Ses yeux s'ouvrirent de stupéfaction. Non ! Elle rouvrit à nouveau sa bouche et tenta de parler. Ce n'était pas possible !

Elle tourna brutalement la dernière page de l'écrit. D'une écriture très légère, étaient ainsi marqués les mots suivants :

« Celui qui veut obtenir le pouvoir de consulter ce document, ne doit pas avoir d'apriori sur les sangs. La seule manière de témoigner ainsi, est d'aimer et d'être aimé par quelqu'un dont l'importance pour les sangs est moindre.

D'autres parts, ceux qui pourraient lire ce bien, sont soumis à une forme particulière du sortilège Fidelitas. Ils ne peuvent en parler à personne qui n'ait pas lu ce manuscrit. »

Ce n'était pas possible… Drago ne pourrait donc jamais rien savoir de tout cela ?

Les pensées de Pansy s'agitaient et sa tête travaillait. Il fallait trouver une solution pour détourner ce sort. Oui, elle le devait, ce n'était assurément pas juste qu'il… Mais avant tout…ce qu'elle venait de lire transformait en aversion tout ce en quoi elle avait cru.

Elle déposa le livre sur son lit en le fermant au passage, n'ayant aucune crainte que ses camarades le parcourent étant donné leurs croyances.

Elle était retournée, entièrement bouleversée par sa lecture. Mais qui était cette femme ? La complexité qui composait sa vie était accablante. Rien n'avait pu être simple. D'un autre côté, n'était-ce pas un peu sommaire d'aborder ainsi la chose ? Elle n'avait pas eu le courage de faire face à sa vie, et de l'assumer pleinement.

Et elle prit une décision. Une décision qui changerait beaucoup de choses. Elle ne savait pas encore les conséquences et les écoulées de celle-ci. Elles seraient grave, certainement.

Précipitamment, la jeune femme sortit hors des cachots, sans un regard pour le carton sur lequel elle s'était tant affairée. Ses priorités étaient reclassées et elle comptait sur son bon rôle de Serpentard pour échapper à Drago et Granger qui devaient être en train de faire leur ronde. De plus, elle ignorait leur trajet mais ce qui était sûr, était que jamais, elle ne laisserait qui que ce soit mettre en péril ce qu'elle projetait d'accomplir.

Silencieusement, elle bondit vers le hall et commença sa lente ascension. Un détail la persécutait mentalement alors qu'elle sentait ses échos cardiaques se répandre dans tout son corps, la faisant dangereusement vibrer. Comment allait-elle apprendre la vérité à Drago ? Se moquait-il des sangs ou était-ce juste une apparence pour attirer Granger ?

Muette de stupeur devant l'ampleur de ce qu'elle avait appris, elle s'arrêta devant une immense fenêtre du troisième étage, recouverte de buée qu'elle essuya de sa manche. Elle posa son front contre la vitre, frissonnant de bien être devant le froid de février. Il l'apaise quelque peu.

Devant ses yeux, s'étendaient le magnifique lac de Poudlard et, à quelques pas, il était un petit tas d'elle-ne-savait-quoi qui répandait un long filet de fumée opaque qui troublait le ciel immaculé.

Elle plissa ses paupières, tentant de discerner un détail de plus. Elle aperçut, autour de ce qui était un petit feu de bois, deux silhouettes encastrées. Le corps de la première était très sombre mais de sa tête jaillissait beaucoup de lumière, des rayons lumineux particulièrement jaunes qui paraissaient fluorescents. La seconde était menue et aux cheveux blonds.

Elle soupira de soulagement en reconnaissant Blaise et Loufoca en train d'effectuer des actes...quelconques finalement. Oui, elle était sur lui et semblait partiellement nue... Et alors ? Au moins, elle était certaine de ne pas tomber sur eux pour le moment. Ils avaient l'air sérieusement occupé.

Toutefois, le caractère surréaliste de cette apparition lui sembla déplacé, après ce qu'elle avait vécu et ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle les fusilla du regard et se détourna.

Pansy se laissa glisser le long du vitrail, la tête entre les genoux. Elle avait l'impression d'être face à un exercice très difficile et auquel aucune solution ne conviendrait. Il faudrait qu'elle aille à la bibliothèque, chercher un moyen de corrompre cet abominable sort. Et dire que Granger aurait certainement la solution à son problème !

Mais elle ne pouvait décemment pas lui demander, déjà, parce qu'elle était promise au Lord et que Pansy ne souhaitait aucun contact direct avec la source de la mort de Narcissa et aussi car elle craignait ce que devinerait la née moldue.

Née moldue... Tout cela lui avait bien fait remarquer qu'elle avait changé des avis quant aux sangs. Avait-elle toujours agis ainsi ? Elle n'en était pas certaine.

A nouveau, la simplicité se confronta à sa manie de chercher une réponse complexe. La solution était devant elle.

Soudain, elle releva ses yeux et, le corps brusquement raide, se mit à courir comme jamais.

Telle une ombre fantomatique, elle escalada les étages, maniant discrétion et habilité pour échapper aux préfets qu'elle entendait au loin.

C'était ça la solution ! Il fallait que Drago Malefoy tombe amoureux d'Hermione Granger afin qu'il ait l'attestation qu'elle n'était pas si différente de lui !