~ Chapitre 29 : Illusion ~
Nuit après nuit, le manège continua. Ils se couchaient chacun dans leurs lits respectifs, mais se retrouvaient toujours au bout d'un moment dans les bras de l'autre. Ce qui surprit Drago fut le manque de scandale qu'il aurait attendu de la part d'Ambre comme : « Ne me touche pas ! Comment oses-tu ! » Ou encore : « Ose poser à nouveau un doigt sur moi et je t'arrache la tête ! ». Mais rien ne vint, ils restèrent les mêmes et la même indifférence régnait entre eux le jour. Une nuit, il n'y tint plus, ce qu'il se passait entre eux lorsque la lumière était éteinte l'agaçait au plus haut point.
« Tu sais, tu n'es pas obligée de feindre de dormir lorsque tu te rapproches de moi pour dormir. Je sais que ça t'écœure d'être proche de moi. » dit Malefoy, amer.
Il se déplaça, glissant de son lit à celui de la jeune fille. Il entraîna sa couette et son oreiller avec lui, frissonnant au contact du drap froid il était proche d'elle mais pas assez pour la frôler. Ce qu'elle fit par la suite le pétrifia. Ambre se glissa sous la couette de Malefoy, le prenant lui-même pour oreiller, puis elle soupira. Drago se demanda si c'était un soupir d'aise ou de résignation. Après tout il ne prétendait pas la connaître entièrement dans cette vie. Son empathie pour elle lui indiqua que pour l'instant elle ne ressentait que du bien-être.
« Tu ne m'écœures pas. » répondit la jeune fille en se blottissant plus près de lui.
Drago ne comprenait plus, il était perdu. Il fit courir ses doigts dans les cheveux d'Ambre sans s'en rendre compte. Lorsqu'il prit conscience de ce fait, ce fut pour constater qu'elle n'était toujours pas mal à l'aise de leur proximité. Qu'est-ce qu'il pouvait bien se passer dans sa tête, lui avouer comme cela qu'il ne l'écœurait pas alors qu'il s'était donné du mal pour se rendre détestable ? Était-ce le bon moment ? Était-ce le moment d'essayer de la charmer ? Il n'avait plus rien à perdre de toute façon, vu que tout ce qu'il entrevoyait pour son futur à l'instant n'était que mort.
Le lendemain matin, rien ne se passa comme prévu. Toutes ses affaires avaient étés bougées de place. Il finit par trouver son pantalon, ses chaussettes et compagnie, mais impossible de trouver sa chemise blanche. C'était la seule de cette couleur qu'il lui restait. Les autres étaient entre les mains des elfes de maison. Il allait fouiller dans le salon commun torse nu, persuadé qu'Ambre était déjà partie prendre le petit déjeuner. Mais il la trouva là, assise sur le sofa en face de la cheminée, et il trouva sa chemise à la même occasion.
« Ah, c'est toi qui l'avais !
- De quoi ?
- Ma chemise.
- Ah oui, j'avais oublié. Je te la rends. » fit-elle en commençant à la déboutonner.
Drago mit subitement ses mains sur les épaules de la jeune fille pour l'empêcher d'enlever le vêtement. Il s'était rendu compte en voyant sa peau ci et là qu'elle ne portait rien en dessous. Il était d'ailleurs choqué qu'elle se soit laissée faire, était-il possible qu'elle ait oublié sa nudité ? Ou alors le faisait-elle pour se moquer de lui.
« C'est bon, garde-la, je vais lancer un charme sur une autre chemise pour la faire devenir blanche.
- Sûr ?
- Oui ! » dit-il précipitamment.
Il partit dans sa chambre, prit sa baguette et lança le charme. Il put enfin finir de s'habiller, concluant par sa robe de sorcier de haute couture. Il prit son sac qu'il glissa sur son épaule, et après un dernier regard dans la glace pour remettre ses cheveux en ordre, il fut fin prêt. Lorsqu'il se retourna, elle était sur le pas de la porte, diablement sexy aussi peu habillée. Il aurait pu la contempler des heures, mais savait qu'il n'en avait pas le droit. Pas dans cette vie en tout cas. Il vit Ambre se mordiller la lèvre, signe qu'elle était nerveuse. Elle semblait en proie à un dilemme, une sorte de guerre intérieure. Cela le rendit curieux, mais au lieu de poser des questions, il sortit de sa chambre en prenant soin de ne pas l'effleurer.
« Tu as prévu quoi pour aujourd'hui ? » demanda-t-elle subitement.
« J'ai quelques heures de potion à rattraper avec ton père, le vampire je parle.
- Comment ça ?
- Il dit qu'il veut me faire rattraper les heures que j'ai manqué par mon excès de zèle.
- Du zèle ? Non, franchement ?
- Je me passe de tes remarques.
- Je ne disais pas ça pour me moquer je...
- Peu importe, je dois filer. Je rentrerai tard. » coupa-t-il en s'en allant.
Ambre était sidérée, elle se mordilla les lèvres à nouveau. Avait-elle fait quelque chose de mal cette fois ? Elle avait eu la sensation d'avoir fait un pas en avant, d'avoir tendu une main qu'il avait repoussée sans autre forme de procès. Elle soupira et alla s'habiller. Elle plia soigneusement la chemise de Drago qu'elle posa sur son bureau. Elle était perdue depuis qu'elle avait fait ces rêves. Toutes ses vies lui étaient revenues en mémoire jour après jour, durant la journée parfois. Dans sa première vie, lorsqu'elle avait rencontré pour la première fois Drago, elle avait un statut social lui interdisant toutes relations avec un homme. À cette époque, elle était prophétesse mais ne vit pas sa venue. Devant cet interdit, ils jurèrent, firent des rituels afin de se retrouver dans leur prochaine vie pour vivre leur amour. Cependant, vie après vie, un élément extérieur mettait fin à tout espoir qu'in jours ils s'unissent. Mais pas cette fois, cette fois c'était sa faute à elle. Elle soupira une fois encore, triste de ce qu'elle était devenue, passant une main sur son visage désespérément pâle et ses yeux éternellement verts.
Elle mit sa robe de sorcier par-dessus ses vêtements moldus et sortit de l'appartement. Régulièrement elle allait à l'infirmerie voir ses petits frères qui n'avaient pas encore de nom. Harry et Severus avaient prévu d'appeler les enfants par le second prénom des deux ainés. Dan n'en avait pas, par le passé Harry s'était battu pour que Dan ait James et Sirius comme second et troisième prénoms. Severus avait juré devant Merlin qu'aucun de ses enfants n'aurait le nom des maraudeurs. Arrivée devant le berceau unique dans lequel dormaient les enfants, elle sourit. Il aurait été difficile de donner à un de ces bébés le prénom de Lily. Ils étaient trois, trois garçons qui se battaient pour vivre. Ambre ne pouvait pas les toucher à cause de la bulle protectrice qui les maintenaient à propréture. Ils étaient des triplés parfaits, ayant chacun les yeux encore bleus mais dont on tirait pour l'un une teinte de noire, l'autre du vert. Elle s'imagina un instant ce que cela aurait été si ces petits êtres avaient été les siens. Elle aurait été attendrie, pour sûr, mais cette si grande responsabilité de prendre soin d'un être humain l'aurait tétanisée.
« Ils sont beaux n'est-ce pas ? » demanda Harry dans son dos.
« Ils le seraient encore plus s'ils avaient un nom. » se moqua-t-elle gentiment.
« J'ai pleuré la première fois que je les ai vu. Je n'ai pas eu conscience de leur naissance, vu que Pomfresh les a fait sortir par césarienne.
- Je sais, j'étais là. » fit-elle remarquer.
« Moi j'ai surtout eu peur que Severus tue les enfants. C'est quand même étrange qu'ils ne soient pas comme vous. Je croyais que si vous ne naissiez pas ici, vous n'auriez jamais existé.
- Tant Hermi...Je veux dire, Hermione nous a expliqué que le temps est comme une ligne. Lorsqu'elle utilisait le retourneur de temps, cela faisait une boucle qui permettait d'être deux fois au même endroit. Dan et moi avons bouleversés toutes les règles des voyages dans le temps, nos âmes sont ancrées dans ce siècle maintenant. Il s'est passé trop de choses, et on a fait exprès de tout changer. On savait qu'en agissant comme ça, le seul futur qui existerait serait celui qu'on créerait.
- Alors pourquoi as-tu paniqué cette fois-là ? Quand tu as dit que vous disparaîtriez si vous ne naissiez pas ?
- Parce que j'avais encore l'espoir de rentrer chez moi... Et puis Dan n'a jamais rien compris aux voyages dans le temps. » répondit-elle simplement.
Mais pour cela, il aurait fallu que Voldemort ne rappelle pas ses âmes à lui. Il avait ôté toutes les chances qu'Harry transmette ses âmes à ses enfants, et ainsi la boucle était brisée. Ces enfants n'avaient plus aucune raison de faire un tel voyage, et durant les dix-sept prochaines années, elle y veillerait. Elle sentit la main d'Harry sur sa nuque, cette main si chaude et réconfortante : paternelle.
« Ton chez toi est là où ta famille se trouve. J'aimerais vraiment être ta famille. Je sais que j'ai ton âge, je ne n'ai pas beaucoup d'expérience mais...
- Ça ira. » le coupa-t-elle, « Ça ira parce que... J'ai vraiment besoin d'une famille en ce moment. » acheva-t-elle la gorge nouée.
Avant elle se raccrochait à l'idée qu'elle pourrait retrouver ses parents, ceux avec qui elle avait grandi pendant seize ans. Tout s'était écroulé ce jour, tout s'était enchaîné. Dragon et ses vies antérieures. Harry fit une simple pression sur sa nuque et elle laissa sa tête tomber sur l'épaule de son père. Elle lui demanda de ne pas lui en vouloir, bien qu'il ne comprenne pas pourquoi elle finit par préciser qu'elle ne pouvait pas l'appeler « Papa », notamment à cause de son âge. La seule réaction du Gryffondor fut de rire, aussi clairement que le jour. Harry finit par l'entraîner loin de la couveuse, et même vers le terrain de quidditch.
« Pourquoi m'as-tu amenée ici ? » demanda-t-elle surprise, elle avait entendu dire de son père qu'il était le meilleur attrapeur depuis l'époque de son grand-père, mais n'y avait jamais crus.
« Pour jouer au quidditch, quoi d'autre ? » répondit-il tout sourire.
« Je ne joue pas au quidditch. » s'empressa-t-elle de répondre.
« Eh bien, aujourd'hui, oui.
- Mais, je n'ai jamais joué au quidditch de ma vie !
- Il n'est pas trop tard pour commencer. Mais à quoi jouiez-vous quand vous étiez enfants ?
- À autre chose. » répondit-elle le regard fuyant, ce qui suffit pour qu'Harry change de sujet.
Ils étaient tous réunis : Ron, Harry, Neville, Pansy, Théo, Blaise, Ambre, Ginny et Dan. Ils commencèrent par se faire des passes tandis qu'Hermione les rejoint et décréta que sa place était sur le banc. Son vertige ne la quittait toujours pas. Ils se posèrent finalement au sol une fois leur jeu terminé, pour se rafraichir un peu, discuter, rire même lorsque l'occasion se présentait. Ambre finit par comprendre pourquoi on considérait le quidditch comme un vrai sport. Son dos était raide, à force d'être restée courbée, et ses bras étaient encore douloureux.
« Ah bien, Drago, ça fait plaisir de te voir ici. » fit Harry.
« Lovegood m'a dit que vous vous amusiez ici. Je croyais qu'il y avait entraînement ?
- Annulé. Ils ont préféré aller à la sortie de Pré-au-Lard.
- Pas vous ? »
Harry lui répondit d'un haussement d'épaule, à l'évidence non, eux non. C'était rare qu'ils se retrouvent entre amis, en famille, alors ils en profitèrent. Ambre marmonna quelque chose que personne ne comprit et Dan proposa à Drago de rester avec eux pour faire une partie. Drago accepta, et lança un accio sur son balai.
« Je crois que je n'ai jamais vu autant d'antiquités en une seule journée. » railla Ambre en regardant les balais tour à tour.
« Tu as raison, » répondit Drago, « Ça fait quand même quatre ans que je l'ai. » termina-t-il en désignant son Nimbus 2001.
« Faisons un défi ! » lança Harry de bonne humeur.
« Non merci. » répondit Ambre qui perdait toujours à ces jeux-là.
« Uniquement pour les hommes. » précisa Harry avec un sourire mesquin, « Le gagnant pourra demander quelque chose à n'importe laquelle des filles présentes.
- Harry ! » s'offusqua Hermione, « Ne nous implique pas dans des jeux stupides !
- Un bisou ! » proposa Ron en guise de récompense, ce qui lui attira un regard noir de bien des filles.
« Eh oh ! » fit Ambre horrifiée.
« Ce n'est qu'un bisou. » remarqua Ginny à la sœur de son petit ami.
« Quelle importance ? Si ce n'est pas ma Luna... » renonça Théo.
« T'es pas obligé de jouer. Mais les filles si. » répondit Harry.
« Qui te dit que j'aie envie de jouer ? » s'exclama Ambre.
« Réfléchis ! » lança Harry, « Si je te demande un bisou à toi, Severus n'aura aucune raison d'être jaloux. Ce qui éviterait des ennuis à tout le monde.
- Surtout pour toi ! » remarqua Ambre.
« Alors ? » demanda son père.
« Très bien. » céda-t-elle boudeuse.
« Ginny, tu lances le vif ? » demanda Harry déjà perché sur son balai.
Les garçons se mirent sur leurs balais et prirent de la hauteur. La rousse se mit au milieu, leur demanda d'attendre que le vif ait pris de la distance avant de se jeter après. Malefoy qui fixait le poing de la fille Weasley releva les yeux vers ses adversaires pour se rendre compte qu'Harry le fixait avec animosité. Lorsque le vif vola sous leur nez, ils se mirent à pourchasser la balle dorée, tous sauf Théo qui restait au sol à regarder les nuages. Harry et Malefoy étaient en tête, légitime venant de deux attrapeurs si souvent ennemis.
« Potter ! Laisse-le-moi! » lui cria le blond, si haut que personne d'autre ne l'aurait entendu.
« Jamais ! » cracha Harry, « T'auras beau avoir des parents adorables, j'ai toujours pas digéré ce que t'as fait à Ambre.
- Je me passe de ta bénédiction Potter !
- Ça non je ne crois pas ! » siffla-t-il en lui donnant un puissant coup d'épaule qui le fit bifurquer sec.
Blaise et Ron se regardèrent, et d'un commun accord décidèrent d'abandonner la partie. Ils descendirent voir leurs moitiés qui s'exclamèrent, outrées. Ils leur répondirent en haussant les épaules, Blaise précisa que ce n'était pas dans sa nature de s'impliquer dans des histoires de famille. D'autant que la querelle du Serpentard et de Potter avait plombé l'ambiance du jeu. Seul Dan talonnait toujours les deux ennemis. Ambre croisant les bras encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Que pouvait-il bien se passer là-haut ? Ils virent Dan voler vers eux jusqu'à toucher le sol. Il s'excusa auprès de Ginny qui lui répondit en l'embrassant, lui assurant qu'il s'était bien défendu.
« Qu'est-ce qu'il se passe... » commença Ambre.
« ... là-haut ? » termina Dan à sa place.
« Ils semblent se battre. Pourquoi ?
- Pour qui plutôt.
- Oh allez, faudrait grandir… Ce serait idiot que celui qui gagne le vif se voie refuser le bisou de la fille qu'il veut. Je te rappelle qu'on n'a prêté aucun serment. Personne n'est obligé de faire quoi que ce soit. »
Ambre était gênée mais tenta de faire passer cela pour de l'indifférence. Elle savait qu'Harry n'avait pas besoin de se battre pour demander un bisou à qui que ce fut, en revanche pour le fils Malefoy... Elle en aurait mis la main à couper qu'il ne jouait que parce qu'elle était en lisse. Elle finit par se décider à attendre avec les autres, tiraillée de ne pas savoir quelle attitude adopter. Elle fit comme tout le monde et regarda en l'air, histoire de voir qui serait le grand gagnant de ce jeu au départ si innocent.
« Ah les gamins. » marmonna-t-elle dans son coin.
Harry se sentait désavantagé, il n'avait qu'un balai ordinaire qui ne valait pas grand-chose à côté de son éclair de feu habituel. Malefoy semblait être plus léger et bien plus fort qu'auparavant. Sûrement que sa nouvelle détermination lui rendait service. Descendant en flèche, ils se regardèrent, tentant de voir qui serait le plus déterminé. Harry fut effrayé de ce qu'il devina chez le blond. Il savait, comme une intuition, que le blond n'allait pas arrêter, qu'il ne le ferait qu'en ayant gagné. Harry devina que l'enjeu ici n'était pas que par rapport à l'honneur ou à une quelconque autorisation de faire un bisou à quelqu'un. C'était plus que cela, c'était sa vie qu'il était prêt à risquer, pour sûrement quelques uniques secondes avec sa jeune fille. Pour Harry ce fut tellement absurde, un si gros sacrifice pour une si petite chose, qu'il abdiqua avant d'y réfléchir à deux fois. Il redressa son balai et laissa à Malefoy le loisir de prendre le vif.
Le blond faillit s'écraser au sol, perdant l'équilibre après avoir attrapé le vif d'or, mais les enseignements d'Ambre lui servirent, et il ne se blessa pas. Il était sonné, tout au plus, et aurait quelques courbatures le lendemain. Malefoy regarda le vif de ses yeux bleus électriques, celui-là même qu'il n'arrivait jamais à attraper lors des matchs de quidditch. Et cette fois, la victoire était sienne, il avait enfin battu Potter. Mais étrangement ce n'était pas la victoire qui lui mettait du baume au cœur, c'était tout ce qui allait avec. Il souffla de bien-être, égalé de tout son long dans l'herbe, puis vit la tête d'Ambre se pencher sur lui, à raisonnable distance.
« C'est bon ! Il est vivant ! » s'exclama-t-elle avant de sortir de son champ de vision.
« Alors Dray, à qui tu vas demander ? » lui demanda Pansy qui apparut à son tour sous ses yeux.
« Je crois qu'il serait judicieux de lui laisser le temps de choisir. » lança Blaise.
« Je suis sûre qu'il sait déjà ! » contra Pansy.
« Peu importe. » trancha Harry, « Il n'aura qu'à remettre le vif à celle qu'il aura choisi. Il n'est pas obligé de le dire devant tout le monde ou de le faire devant témoin. »
Théodore aida Drago à se relever puis tous les autres allèrent ranger les balais dans les placards prévus à cet effet. Théo et Drago échangèrent quelques mots dont personne n'en comprirent le sens puis tous rentrèrent au château. Drago, à l'arrière du groupe, regarda Ambre qui était en pleine discussion avec Pansy. Tous ces efforts en valaient-ils la peine ? Il sera le vif d'or dans sa poche, que ferait-il face à un autre rejet ? Il sentit une claque à l'arrière de sa tête et se retourna pour croiser les yeux verts de Potter. Si semblables à ceux de sa compagne qu'ils en étaient déroutants.
« Arrête de reluquer ma fille Malefoy. » grinça-t-il tout bas avant de le dépasser pour rejoindre Ron.
« J'ai gagné ! » lui rappela le blond au passage.
Mais qu'avait-il gagné ? Ce n'était qu'un jeu, qui le prenait au sérieux ? Qui était-il pour exiger sa récompense ? Tous se séparèrent une fois arrivés dans la grande salle, Gryffondor et Serpentard reprirent leur place à leur table respective. Le diner sembla sans saveur pour le veela, comme d'habitude, il avait peu d'appétit. Et pourtant plus que d'habitude à cause de ses exploits physiques. Une jeune fille qu'il n'avait pas vu se pencha pour lui murmurer à l'oreille il lui répondit à la négative, mais l'espoir qu'il lut dans ses yeux l'écœurait. Elle s'en alla avec un grand sourire aux lèvres. Il ne sut pas pourquoi le regard d'Ambre était si glacial. Lui reprochait-elle d'avoir gagné ?
« Un problème Snape ? » demanda-t-il presque condescendant.
« Aucun, à l'évidence. » répondit-elle sur le même ton.
Elle mentait, il le « sentait ». Elle était agacée, irritée et elle ressentait un soupçon de peine. Enfin, cela ne l'empêchait pas de terminer sa part de tarte à la mélasse tandis que Blaise se plaignait de la tonne de devoir que le père Snape leur avait collée juste avant le bal.
« Elles sont stupides ou quoi ? » s'exaspéra Ambre en regardant des filles glousser après avoir reçu un avion en papier, sûrement une demande pour le bal.
« Ce sont des Poufsouffle en même temps. » répondit Pansy entre deux gorgées de jus de citrouille.
« Ce n'est qu'un bal par Merlin ! C'est quoi leur problème ?! » s'énerva-t-elle en agitant sa fourchette vers les deux filles qui contemplaient le bout de parchemin.
« C'est pas n'importe quel bal. » rétorqua Pansy, « C'est celui de la St Valentin.
- Qui s'en préoccupe ? Il va être masqué ce mal, tu pourras bien danser avec un troll que tu ne t'en rendras pas compte ! » s'insurgea-t-elle en posant sa fourchette violemment sur la table.
Enervée, elle décida d'aller se calmer en faisant un tour dans le parc. Les amis de Malefoy la regardèrent sans rien oser dire. Malefoy ne dit rien non plus, il haussa les épaules. Ce n'était pas comme s'il avait prévu d'y aller avec elle. Il termina sa bouchée et partit avec ses amis à la bibliothèque pour finir ce devoir, après tout, ils ne voulaient pas se retrouver en colle pour le bal. Ambre, là-dehors, marchait près du lac, lançant des cailloux dans l'eau. Elle avait encore tout gâché, toutes ses chances de se rapprocher en douceur du blond. Comme si c'était possible ! Pourquoi fallait-il qu'elle soit autant jalouse ? Cette brune pulpeuse qui était venu voir le blond pendant le repas l'avait rendue folle. En même temps, elle ne pouvait pas en vouloir au veela de lui sourire, cette fille semblait agréable comparée à certaines... Certaines comme elle.
« Tout va bien ici ? » demanda une voix caverneuse.
« Oh, monsieur, je suis désolée, je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un. Je ne voulais pas vous déranger.
- Tout va bien. Tout va bien. Tu peux m'appeler Hagrid tu sais. Je sais que tu es la fille du professeur Snape.
- Ouais... On peut dire ça. » répondit-elle en lançant le caillou dans l'eau.
« Tu veux que je te montre ?
- Me montrer quoi, monsieur ?
- Comment on fait des ricochets. » précisa-t-il comme une évidence, mais il n'était pas sarcastique, plutôt d'une douceur surprenante qui lui rappelait Orlaï.
« Mon frère a toujours essayé de me l'apprendre, mais je n'ai jamais réussi. » le dissuada-t-elle en lançant un autre caillou qui fit un « plouf » sonore.
Hagrid marmonna quelque chose dans sa barbe, pencha son corps de géant pour ramasser un galet qui semblait démesurément petit pour lui. Il prit délicatement la main d'Ambre dans la sienne et y déposa le galet, assurant qu'avec cela, ce serait parfait. Il plaça bien le galet dans sa main, lui montra comment se positionner face à l'étendue d'eau, puis la guida pour faire le geste. Du premier coup elle réussit trois rebonds.
« Waouh ! Vous avez vu ça Hagrid ?
- Attends, je vais te trouver un autre galet. » dit-il en penchant sa tête barbue vers le sol, « Ah, essaye avec ça. »
Elle tint la pierre, hésitante puis se plaça. Un dernier regard vers Hagrid qui l'encouragea, elle regarda la pierre puis la lança. Deux rebonds. Moins bien que la première fois, mais elle l'avait fait toute seule. Elle se tourna vers Hagrid et lui sourit, il était fidèle à la description que ses pères lui en avaient fait. À quelques nuances près bien sûr. Hagrid regarda le ciel et s'exclama qu'il était en retard. Il lui fit un signe de la main tandis qu'Ambre restait là à faire des ricochets. Cet instant de joie avait dissout l'amertume du moment précédent. Elle n'avait pas acheté de robe, bien qu'elle était sûre de pouvoir en créer une par la magie. Elle avait une idée pour le masque. Mais quelle idée, ce n'était pas comme si Malefoy allait lui proposer d'y aller avec lui. Elle avait envie d'y aller d'un côté, enfin, elle était perdue entre le chaud et le froid. Quelque part elle avait envie de faire le mouton, de faire comme tout le monde pour raconter plus tard son expérience. D'un autre côté elle connaissait son malaise lorsqu'elle était entourée de nombreuses personnes inconnues et au physique charmant, voir envoûtant.
Cependant, une fois devant la porte de l'appartement, elle se figea et perdit toute sa détermination. Quelque chose lui revint en mémoire. Elle alla s'asseoir sur le sofa et enleva son gant droit et regarda son annulaire. Saürah lui avait mise une bague en argent, serte d'un arc en ciel de pierres précieuses durant son stage chez les pures. Saürah avait dit qu'elle l'avait toujours portée durant ses vies antérieures et qu'elle lui donnerait des réponses. Ambre avait oublié cette bague, et pour cause : elle n'était plus à son doigt. Il n'en restait plus qu'une fine ligne de points colorés et brillants tatoués sur sa peau. Elle était tellement peu attentive à son apparence qu'elle ne s'en était pas rendue compte.
C'était la faute de cet objet. Des flashs d'images s'imposèrent dans son esprit. Elle se revint dans chacune de ses vies la porter. Chaque fois elle la trouvait par hasard, elle se la faisait mystérieusement offrir ou la possédait déjà d'un étrange héritage. C'était la preuve physique qu'elle n'était pas devenue folle, elle qui avait du mal à donner du crédit à ses rêves. Et pourtant...
« J'ai maudit la famille Jedusort. » marmonna-t-elle.
Jusqu'où cette guerre allait-elle être de sa faute ? Son cœur battait fort, son estomac se tordait dans tous les sens et elle avait la bouche sèche tandis que son souffle se faisait rare. Ambre combatait ses larmes, tétanisée, se châtiant mentalement.
« Tout est de ma faute ! » gémit-elle prise de tremblements.
Une logique des plus funestes se développa dans son esprit. Elle avait été le point de départ des malheurs de la famille Jedusort. Elisabeth Jedusors, tombée dans un ravin à l'âge de dix-huit ans à la suite de l'assassinat de son galant. Ambre se mordit l'intérieur des joues, s'enfonçant les ongles dans la paume de ses mains, elle tentait de faire partir sa détresse par la douleur physique. Et puis la porte de l'appartement claqua, ce qui la fit sursauter.
« Je croyais que tu n'allais pas à ce stupide bal ? » fit Malefoy avec distance, constatant sa tenue vestimentaire.
À l'instant où les yeux d'Ambre se posèrent sur Drago « Dragon », toutes les scènes de ses morts se superposèrent à la réalité. Elle lâcha un sanglot et ses yeux pleurèrent. Luka monta sur le sofa et lui miaula après, il n'aimait pas quand sa maîtresse faisait de la pluie.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis horrible au point de te faire pleurer d'un simple regard maintenant ? » demanda Malefoy entre ironie et sarcasme.
Mais son commentaire ne fit que plonger son âme-sœur dans une tristesse plus profonde. Il luttait et se battait de toutes ses forces pour ne pas se précipiter vers elle et la réconforter comme seul un veela savait le faire. C'était douloureux, atroce, car il ressentait la détresse de la jeune femme comme si c'était la sienne.
« Cette guerre... C'est à cause de moi. » fit-elle dans une longue plainte de souffrance.
« Ne dis pas de conneries plus grosses que Merlin. À moins que tu sois Voldemort en personne, tu n'y es pour rien. » tenta-t-il avec douceur.
Malefoy n'était pas stupide. Ce qu'il voyait là n'était certainement pas quelque chose d'habituel. Lui qui avait demandé à rencontrer la vraie Ambre... Il ne se doutait pas qu'il tomberait sur autant de souffrance. Il ne pouvait le tolérer, d'autant qu'il lui était interdit de lever le petit doigt.
« Je vais chercher ton frère. » décida-t-il, car il était sûr que cela allait mettre fin à leurs souffrances.
« Ne t'en va pas ! » cria-t-elle soudainement, « Pitié ! », était-ce bien elle qui venait de dire ces mots ?
Pitié. C'était bien l'unique mot que prononçaient qui ceux qui pensaient en être indigne, et pourtant. Quelque chose en Drago, qu'il fût humain ou veela, se brisa à ce moment-là. Était-ce sa main tendue vers lui qui tentait de l'empêcher de partir ? Ou bien cet éclair de terreur dans ses yeux verts ? Il ne maîtrisait plus son corps. En quelques instants sa veste gisait dans un coin, sa chemise dans un autre et son nœud papillon égaré. Il avait vu Ambre dans sa globalité, tous ses visages de toutes ses vies se superposant sur le sien. C'était la première fois de son existence que son âme lisait de telles émotions dans ces yeux verts. Il s'assit sur le sofa et l'attira vers son torse si soudainement qu'elle n'avait pas eu d'autre choix que de s'y soumettre. Tout aussi soudainement, ses ailes blanches aux multitudes de plumes grises et noires l'entourèrent. Il plaça une main dans ses cheveux et l'autre dans son dos pour la presser contre lui.
« Pardonne-moi. » lui souffla-t-il à l'oreille.
Il puisa dans ses forces et utilisa ses pouvoirs de veela pour chasser la souffrance de l'esprit d'Ambre. Cette magie avait un arrière-goût sucré, se dit Ambre, alors que son angoisse disparaissait avec autant de facilité qu'elle était venue. Sa tête était collée contre le cou de Malefoy. Bam-boum... Bam-boum. C'était relaxant, et l'aidait à récupérer une respiration relativement normale. La main chaude de Malefoy derrière son dos, posée sur sa peau, diffusait une douche chaleur dans son corps. Si elle avait fermé les yeux et imaginé une forêt, elle se serait crue chez les êtres pures : tout n'était que sérénité.
« Merci. » murmura Ambre.
Malefoy ne répondit rien... Un simple malheureux mot aurait pu tourner en sa défaveur.
« Tu te rappelles cette fois-là, sur le pont suspendu ? » demanda-t-elle doucement.
« « Oui. », et comment, il avait été tiré comme un lapin ce jour-là.
« J'ai jeté une malédiction avant de lâcher la corde.
- Et ?
- Je crois que ça a fait de Voldemort ce qu'il est aujourd'hui.
- Je ne vois pas pourquoi.
- Dans une de mes vies, j'ai été son aïeule. Aujourd'hui encore, je suis la réincarnation de l'âme de son aïeule. C'est pour ça que...
- Que tu parles toujours fourchelangue ?
- C-comment tu le sais ?
- Je t'entends dans ton sommeil.
- Ah... » fit-elle gênée, « En tout cas il y a pire.
- Il y a toujours pire.
- Lorsqu'il est revenu durant le Tournoi des Trois Sorciers, il a pris le sang de Harry pour ressusciter. C'est ce sang qui coule dans ses veines, mais également dans les miennes.
- Non. Ton sang est un peu dilué par celui de Severus, tu n'es en rien comme Voldemort.
- Il y a pire.
- Il y a toujours pire...
- Dan.
- Quoi, c'est aussi la réincarnation de son aïeul ?
-Non, mais c'est mon jumeau, le même sang, l'âme née le même jour, à la même heure et avec moins de deux minutes d'écart. Cela lui confère presque les mêmes pouvoirs que moi.
- Ça fait donc de lui la seconde plus grande menace contre Voldemort après toi.
- Sans doute que Voldemort ne savait pas qu'il courait à sa perte en marquant Harry comme son égal.
Voilà pourquoi la solution était « passé ». Parce qu'il avait fallu rencontrer Drago « Dragon » Malefoy pour débloquer ce souvenir crucial. En réalité, malgré le fait qu'elle fût la dernière héritière de Serpentard, - ce qui expliquait ce qu'elle faisait dans cette maison -, la malédiction ne l'atteignait pas. Parce que le nom se transmettait par le sang et l'âme réunis. Hors, si son âme avait été jadis une Jedusort, son sang venait des Potter et des Prince. Et puis sans s'en rendre compte elle s'assoupit.
Malefoy ne fit pas un bruit, pas un mouvement tandis qu'il étirait les ailes et les rétractait dans son dos. Il n'avait rien dit, il l'avait laissé parler mais il n'était pas encore totalement sénile. Il était soulagé qu'Ambre admette se souvenir de leur passé commun, il était peut-être fou, mais cela le fit penser qu'elle désirerait un jour se rapprocher de lui. Le reste était beaucoup plus sinistre. Il sortit sa baguette et lança un accio sur un parchemin et une plume. Quelques mots brefs et concis pour expliquer l'état des choses puis il la cacheta et nota le destinataire. Les circonstances menaient à penser que seule la magie noire réglerait le problème. Et à sa connaissance, seul Severus en était un spécialiste.
Le lendemain arriva et Ambre était toujours enfermée dans ses pensées tristes. Elle prit la salle de bain après Malefoy et s'habilla de manière moldue. Lorsqu'elle arriva dans la salle commune, le blond avait déjà fini le petit-déjeuner et s'apprêtait à partir. Le week-end faisait partie des rares fois où ils avaient le droit au petit-déjeuner dans l'appartement.
« Quel est ton programme pour aujourd'hui ? » demanda Ambre.
« Rester avec mes amis sûrement. Pourquoi ? Tu veux mettre un entraînement de dernière minute ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Non, non. Fais ce que tu veux. » répondit-elle d'un air détaché, déçue quelque part car elle ne voulait pas que cela recommence comme avant.
« À ce soir alors. » conclut Malefoy, se disant que ce qu'il voulait était au-delà de l'imagination d'Ambre.
Ambre resta là à tourner en rond. Elle avait besoin de parler. Elle avait besoin de quelqu'un de confiance. Elle ne pouvait plus aller voir Lupin, pas depuis qu'il vivait avec ses compagnons. Elle ne pouvait pas aller voir ses pères qui étaient avec ses petits frères nommés récemment Dylan, Kyle et Tyler. Elle pensa à Pansy et à Dan et repoussa cette idée dans un coin de son esprit. Tous deux étaient en couple, qu'avaient-ils affaire de ses problèmes à elle… ? Elle pensa à Hagrid puis se moqua d'elle-même. Comme si elle pouvait confier ses problèmes de cœur à un enseignant, à un géant, non c'était vraiment une mauvaise idée. Ambre pensa à Alexander, mais avec le baiser qu'il lui avait donné, et la lettre qu'il lui avait envoyé pour l'inviter au bal... Lettre à laquelle elle n'avait jamais répondu d'ailleurs. Il rendait les choses encore plus compliquées. Elle serra machinalement la pierre bleutée dans sa main. Elle avait besoin d'Orlaï, tellement que son cœur se serra et qu'elle dut reprendre son souffle.
Elle passa sa journée à vagabonder dans les couloirs de Poudlard, puis elle se décida à aller à la tour d'astronomie y observer le parc enneigé. Lorsqu'elle arriva tout en haut de la tour, elle grommela, elle n'était pas seule et cela l'ennuyait quelque part. Le garçon aux couleurs de Serdaigle se retourna et lui fit un sourire craquant.
« Alexander ? Qu'est-ce que tu fais là ? » s'étonna-t-elle.
« C'est plutôt à moi de te poser la question. C'est rare de te voir par ici. » répondit-il doucement.
« J'avais... », elle fit une pause, comme pour bien choisir ses mots, « ...envie d'être un peu seule.
- Oui, ça t'arrive souvent ces temps-ci.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Je t'ai envoyé des hiboux tu sais. J'aurais aimé qu'on parle du baiser qu'on a échangé. Mais tu ne m'as jamais répondu.
- Oh... Ça.
-Sympa, cette manière de nous voir.
-Nous ? » répéta-t-elle, où avait-il vu un « nous » ? Elle était tellement abasourdie qu'elle ne fit pas attention à son sarcasme.
« Ne me dis pas qu'il n'y a rien entre nous. » fit-il plus doux, « Je sais bien que je suis spécial pour toi. »
Elle nageait en plein délire. Tout son être criait au scandale, car il fallait bien avouer que son cœur commençait à être pris, qu'il ne bondissait que pour une seule personne, elle savait son nom bien qu'elle ne pouvait l'avouer. Il lui suffirait de mettre les points sur les « i » pour qu'il redevienne aussi charmant qu'à leur rencontre, n'est-ce pas ?
« Qu'est-ce que tu racontes ? » s'exclama-t-elle.
« Tu sais très bien que nous ne sommes que des amis. »
Il s'approcha d'elle, l'attrapa par les épaules afin de l'empêcher de reculer et pressa ses lèvres sur les siennes. Elle posa automatiquement ses mains sur son torse pour le repousser. Son baiser se fit plus passionné alors, écœurant presque la Serpentard. Lorsqu'il recula, elle lui colla une gifle magistrale. Si elle n'avait pas pu le repousser en paroles, au moins ce geste serait convainquant, non ? Mais il se retourna vers elle avec un sourire joueur. Ce n'était pas censé être drôle ! Par manque d'entraînement physique et le fait que ses pouvoirs étaient bridés, elle avait du mal à faire mieux qu'une gifle. Disons qu'elle ne sortait pas sa baguette, ne voulant pas tenter une réaction violente de sa part.
« Je ne savais pas que tu aimais faire les choses dans la douleur. » fit-il avec un sourire en coin, lui rendant sa gifle par surprise avant de l'attraper fermement par les avant-bras, « Mais ça peut s'arranger.
-Lâche-moi ! » cria-t-elle en tentant de se libérer, ce qui le fit rire.
« Tu finiras pas aimer. » susurra-t-il au cœur de son oreille.
« Arrête ! »
Pris par une folie inconnue, il la poussa jusqu'à la rambarde et la saisit par le cou. Elle avait peur du vide. Surtout depuis qu'elle se souvenait d'être morte d'une chute fatale dans un ravin. Elle souffla une supplique pour l'arrêter, il ne fit que serrer plus fort. Elle leva les yeux au ciel, voyant que ses coups de genoux ne faisaient rien d'autre que de l'affaiblir elle-même. Le crépuscule était magnifique, le contexte aurait pu être pire, elle aurait pu se faire tuer dans un endroit moche.
Des points noirs commencèrent à danser devant ses yeux, et le manque d'oxygène lui fit mal au crâne. Elle se sentir partir, perdre conscience, comme si tout lâchait brusquement : l'arrêt d'urgence, ce bouton rouge qu'on martelait en situation de danger. Elle crut apercevoir, derrière Alexander, Malefoy haletant, les joues rouges et le regard fou. Elle percevait son urgence, son angoisse, cette teinte de désespoir. Et puis...
Tous ceux qui étaient là s'évanouirent peu à peu, comme le vent soufflant sur du sable. Elle vit les pans des murs et de l'horizon se détacher comme si ce n'était qu'un puzzle sur fond d'obscurité. Elle eut une impression de vide sous ses pieds tandis que le sol, sur lequel elle s'était écrasée méchamment lorsqu'Alexander avait disparu, se mit à disparaître aussi. C'était comme s'il était grignoté par une force noire inconnue. Tout son monde était chamboulé, comme une scène de théâtre qu'on démonterait. Elle avait toujours du mal à respirer.
« Il y a quelqu'un ? » croissa-t-elle.
Le sol s'effondra dans son intégralité, et Ambre s'enfonça dans la noirceur des ténèbres.
« Va chercher Pomfresh.
- Pourquoi ?
- Elle se réveille. »
Ambre n'aurait su dire qui parlait, elle reprenait doucement conscience, la bouche pâteuse, les yeux meurtris par tant de lumière. Si bien qu'elle n'avait tenté qu'une seule fois de les ouvrir.
« Hhhhu... » fut tout ce qu'elle parvint à dire.
« Quoi ? Taisez-vous, elle essaye de parler ! » dit une voix qu'elle identifia comme celle de son frère.
« Ne l'incitez pas à parler vous autres. Oust ! Sortez de mon infirmerie. » fit Pompom.
« Mais...
- Pas de mais ! Oust ! »
Ambre sentit la chaleur de la main posée sur la sienne disparaître et elle en sentit immédiatement le manque. Des bruits de pas et puis plus rien si ce n'était l'infirmière qui s'affairait autour d'elle. Elle tenta de parler encore mais n'arriva qu'à croasser des paroles inintelligibles.
« Détendez-vous. Buvez. » ordonna la vieille femme en lui administrant de l'eau dans un verre.
« Vous pouvez ouvrir les yeux maintenant. » demanda-t-elle et Ambre obéit péniblement.
« C'est bien, c'est très bien. Je vais vous faire boire quelques potions. Voilà. Savez-vous où vous êtes Miss ? »
Ambre hocha la tête afin de répondre par l'affirmative. Pourquoi elle lui posait toutes ces questions ? Ambre ne se souvenait pas de grand-chose, et surtout de comment elle était arrivée à l'infirmerie..
« Cela va faire deux jours maintenant que vous étiez dans le coma.
- Quoi ?
- Dormez, vous en saurez plus plus tard. »
Ambre s'évanouit presque et n'ouvrit les yeux que bien plus tard. Là, dans ce lit au linge blanc, elle étouffait, alors elle entreprit de se lever pour explorer l'endroit qui lui semblait vaguement familier. Mais lorsqu'elle se leva, ses jambes se dérobèrent, elle tenta de se rattraper à sa table de chevet et termina pitoyablement sa course par terre. L'infirmière fut immédiatement avertie par tout ce raffut et vint s'enquérir de ses patients.
« Que faites-vous par terre ? » s'exclama Pomfresh.
« Suis tombée...
- Évidemment que vous êtes tombée. Là, laissez-moi vous aider. Vous n'auriez même pas dû essayer de vous mettre debout dans votre état.
- Je ne comprends pas... Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ?
- Asseyez-vous. » ordonna l'infirmière et Ambre obéit, « Mon enfant. » commença l'infirmière avant de se laisser plonger dans ses pensées, laissant durer l'appréhension d'Ambre, « Vous avez eu un grave accident.
- Quel genre ? » demanda Ambre, se rappelant vaguement avoir été en haut d'une tour.
« Vous avez fait un AVC, un accident vasculaire cérébral.
- Quand ? Quoi ? Hein ? » demanda-t-elle hagarde.
« C'est très rare chez les sorciers. C'est arrivé parce que votre métabolisme a très mal réagi à votre saut dans le temps. Votre frère nous a tout dit. Il a eu très peur pour vous.
- Saut dans le temps... Attendez, on est quel jour ? » demanda-t-elle sans réellement tout comprendre de ce qu'il se passait.
« Nous sommes le 3 mai 1997, Miss. »
Soit trois jours après son anniversaire, et 25 ans plus tôt de son seizième anniversaire. Elle n'y comprenait rien. Alors, trois jours auparavant, elle avait bu la potion que son père Severus lui avait donnée afin d'aller changer le futur. Elle et son frère étaient arrivés lors de la fin de la sixième année d'Harry, son autre père. Tout ce qu'elle avait vécu et vu jusque-là... N'était qu'un rêve.
Fin de la première partie
Mes chers lecteurs, je suis ravie que vous me suiviez encore jusque là. :) Je compte publier la suite de cette fanfiction à part, toujours sur ce site, c'est un choix avant tout personnel. Pour ceux qui sont déçus de la fin de cette partie, sûrement que vous pourrez trouver satisfaction dans la seconde et dernière partie de cette histoire. J'espère vous retrouver tout aussi nombreux. ;) Je vous laisse néanmoins un petit cadeau : un bonus. Que se serait-il passé si Ambre était allée au bal ?
