Dracolina3 : Merci pour ta review. Ça, pour être étonnant, Draco l'est vraiment. La suite est disponible juste en dessous et j'espère que tu l'aimeras bien. Je te remercie pour ta review et bonne lecture.

Anonymous : Euh... j'étais déjà au courant mais je ne changerais rien aux histoires que j'ai et qui contiennent des scènes osées. De toute façon, je les ai toutes conservé sur mon ordi donc si le site veut les supprimer, je les re-publierais ailleurs. Je ne m'inquiète pas de ça. Mais merci quand même.


The Basket Case

By Stray

Chapitre 29

Maintenant que Draco avait surmonté le choc initial, sa vision commença à redevenir normale et il put voir ce qu'il avait sous les yeux. Il était dans une cuisine entièrement remplie de gens. Maintenant qu'il était capable de voir clairement, il était évident que tous n'était pas que des Weasley. En fait, la tête brune qu'il avait supposé être Potter appartenait à… une des jumelles Patil ? Elle était assise à la table avec le dos raide et les sourcils haussés.

A côté d'elle se trouvait la belette dont l'un de ses bras était passé autour de l'épaule de la jeune femme d'une manière familière, vêtu d'un hideux tee-shirt orange portant le logo des Canons de Chudley. Son visage reflétait une légère surprise, mais pas l'étonnement auquel Draco s'attendait. Lentement, il tourna le dos à Draco et regarda quelqu'un qui était assit de l'autre côté de lui. Ce fut à cet instant que Draco fut en mesure de repérer Potter. La Belette lui cachait presque la vue.

« - Mince alors ! » S'écria la Belette. « - Je ne pensais pas qu'il aurait le courage de venir ici et te demander une telle chose ! » Et ce n'était pas la réaction que Draco avait prévu, à dire vrai.

Potter resta silencieux, mais il y eut un ricanement en provenance de l'autre côté de la table, qui était remplie d'autres Weasley. Draco reconnut les jumeaux (leur ressemblance était un détail difficile à manquer), la Belette femelle qui avait été célèbre durant sa scolarité avec son redoutable sortilège de Chauve-Furie. Il y avait un autre homme roux, légèrement plus âgé que Draco. Il n'avait aucune idée de qui ça pouvait être, mais au vu de la couleur de cheveux, Draco ne pouvait pas le prendre pour quelqu'un d'autre qu'un Weasley, très probablement l'un des frères ainés de la Belette.

Draco ouvrit la bouche pour demander une explication à la Belette de ce qu'il entendait par là, mais une voix provenant de derrière lui l'interrompu.

« - Oh mon dieu ! Je ne pensais pas que tu serais ici si tôt ! Je n'ai même pas eu le temps de faire du thé ! »

Draco se retourna si brusquement qu'il faillit perdre l'équilibre et dû se retenir au chambranle de la porte pour rester stable. Il vit une femme boulotte s'approcher dangereusement de lui à grande vitesse, ses cheveux grisonnant en désordre et essayant d'attacher un tablier dans son dos alors qu'elle avançait.

Draco se figea sur place. Il ne réagit même pas quand elle s'arrêta à côté de lui, plaçant une main dans son dos et le guidant vers la table sans qu'il ne s'y oppose. Il aurait bien voulu s'écarter, mais comme elle ne laissait pas son mot à dire à Draco, il n'avait pas d'autre choix que d'obéir. Il fut catégoriquement poussé vers une chaise vide à la tête de la table, sentant tous les yeux se poser sur lui. Mais il n'y prêtait pas du tout attention, même pas au fait qu'avec cette disposition des chaises, il se retrouvait à côté de Potter. Ses yeux ne quittaient pas la femme rondelette, qui après un mouvement hâtif de baguette, fit bouger différents appareils de cuisine pour préparer du thé et des biscuits.

« - Vous ! » Laissa-t-il échapper quand ses cordes vocales semblèrent fonctionner à nouveau.

La femme se tourna vers lui avec un air réprobateur sur le visage.

« - Oui, moi. » Répondit-elle vivement. « - Je suis Molly Weasley, née Prewett. Ma grand-mère du côté de ma mère était une Malfoy. Et je suis heureuse que la parenté ne soit que lointaine. Il semblerait que les Malfoy d'aujourd'hui ne savent même pas enseigner à leurs enfants les bonnes manières. »

Draco ne fut même pas capable de réagir sous le choc. Venait-il seulement de se faire réprimander par un humble Weasley ?

« - Oh non, elle est repartie en mode 'mère-poule'. » Entendit-il un des jumeaux murmurer à son double, mais il ne leur prêta pas d'attention. Son honneur venait d'être insulté, et il avait droit de réagir ainsi.

« - Mon nom est Draco Malfoy. » Arriva-t-il à lui dire, les mâchoires quelque peu crispées. « - Je suis heureux de faire votre connaissance, madame. »

Ses paroles furent suivies par d'autres ricanements en provenance des jumeaux, et le froncement de sourcil de Madame Weasley s'accentua.

« - Tu ne te souviens vraiment pas de moi, hein ? » La voix de Madame Weasley était désagréablement pleine de sympathie. Maintenant, ce fut au tour de Draco de froncer les sourcils en la regardant.

« - Bien sûr que je me souviens. Vous étiez là tout à l'heure, vous avez dit à tout le monde que j'avais passé deux mois au QG de l'Ordre du Phoenix avec Potter… » Du coin de l'œil, Draco vit Potter se redresser et lever la tête en entendant ça. « - Mais… ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? Combien mon cousin vous a-t-il payé en échange de ce témoignage ? »

Tout le monde à la table sembla soudainement s'animer avec colère. Il y eut quelques gestes menaçants à son encontre, mais Draco ne se laissa pas intimider par ça. Madame Weasley posa ses mains sur ses larges hanches et prit une posture qu'elle devait certainement prendre quand elle réprimandait sa progéniture.

« - Es-tu en train de m'accuser de mensonge ? Parce que si c'est le cas, tu as tout faux ! Jamais de toute ma vie je n'ai dis un mensonge ! Enfin… seulement pour la bonne cause… mais ce n'est pas important maintenant. Je suis une sorcière décente. Si tu étais un de mes fils, tu aurais été de corvée de cuisine pendant un mois, et je me fiche de l'âge que tu as ! Tu as compris ? »

« - Elle pourrait le faire de toute façon. » Draco entendit le Belette chuchoter à Potter, pas tout à fait discrètement. « - Ce n'est pas comme si elle ne l'avait pas fait dans le passé. »

Draco déglutit. Il n'y avait qu'une seule réponse qu'il pouvait donner à cette question.

« - Oui, Madame Weasley. »

Après ça, l'air sembla s'alléger de toutes les tensions accumulées et le visage de Madame Weasley se radoucit comme si plus rien n'était.

« - Bien. » Lui dit-elle, puis elle versa du thé dans de grandes tasses et disposa les biscuits sur une assiette.

« - Voyons voir si je me souviens encore… » Elle regarda Draco en réfléchissant. « - Trois cuillères de sucre avec du lait et un peu de citron, n'est-ce pas ? »

Draco ne put qu'acquiescer d'un air hébété.

L'image de lui assit au milieu des Weasley autour d'une table de cuisine à boire du thé et grignoter des biscuits dans un tranquille silence, c'était presque familier et Draco était confus, parce qu'il ne savait pas d'où ça venait. S'il avait eu tout son bon sens, il aurait rejeté cette idée ridicule. Et à chaque minute qui passait, le sentiment que quelque chose n'allait pas grandissait en lui, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter et doive demander.

« - Avez-vous vraiment dit la vérité à Cyrus ? »

« - Bien sûr, mon chéri. » Madame Weasley lui sourit avec bienveillance. « - Ne t'inquiète pas dans cette situation. Mais maintenant, je pense que nous devrions discuter. »

Draco ne comprit pas ce dont elle parlait, mais il apparut vite que la 'situation' n'était autre que sa situation. Draco se sentait mal à l'aise de discuter de ça devant tous les Weasley présents. Ça ne les regardait pas. Ça ne concernait que Potter et lui. Mais apparemment, Madame Weasley estimait qu'elle avait un droit de participation dans l'affaire et la façon dont elle jouait les mères avec Potter et lui, lui donnait le droit d'avoir son mot à dire. C'était un sentiment confus, comme si Draco avait vraiment eu sa maman, sous la forme d'une forme d'une sorcière autoritaire, dodue, laide et pas très sophistiquée, qui avait l'habitude de faire bouillir l'eau du thé avec sa propre baguette magique et de décider des conversations à la table de la cuisine.

« - Alors, Harry. » Elle se tourna vers Potter. « - As-tu quelque chose à dire à ce sujet ? »

Draco suivit son regard et regarda le jeune homme qui était à ses côtés, il remarqua qu'il avait une expression assez sombre. En effet, Potter était resté étrangement silencieux au sujet de la proposition de mariage que Draco avait lancé, en fait, c'était plus une demande de proposition et Draco avait dû mal à envisager de se lier à Potter, mais ce n'était pas une raison pour dire non, n'est-ce pas ? Ce n'était pas comme si Draco lui laissait beaucoup de choix, de toute façon. S'il devait être technique, il pourrait rappeler à Potter qu'il avait déjà accepté avant même que la pensée ait pu se former dans l'esprit dérangé de Loufoca Lovegood.

« - Ce n'est pas comme si ça pouvait être fait. Il n'y a aucune raison d'en discuter, alors, n'est-ce pas ? » Fit Potter dans un grognement.

« - Mec ! Hermione pourrait arranger ça, elle l'a dit elle-même. » Dit Weasley, en posant sa main sur l'épaule de Potter. Potter le regarda avec un air accusateur.

« - Je ne veux pas qu'elle ait des ennuis à cause de ça. Tu sais ce que les gens disent… »

A la surprise de Draco, Weasley recula alors que l'expression sur son visage se transformait en un froncement de sourcil.

« - Tu as raison. Je n'ai pas pensé à ça. »

Draco les regarda tous les deux, sans comprendre, mais après quelques secondes de silence, quand aucune explication ne vint, il perdit patience et se leva.

« - Potter, je veux te parler en privé. » Dit-il et il bougea la tête en direction du salon. Potter le regarda avec surprise, mais quand Draco commença à quitter la cuisine, il le suivit. Il aurait voulu sortir complètement de la maison pour éviter que des oreilles indiscrètes ne les écoutent, mais Potter le prit par le coude et le dirigea vers son divan rouge. Il s'assit à côté de Draco et érigea une bulle privée à partir d'un mélange de sortilège autour d'eux.

« - Quel est ton problème, Potter ? » Attaqua Draco dès que les sorts furent en place. Potter recula minutieusement, mais il revint à sa place et l'expression sombre sur son visage revint également. Il resta silencieux, aussi.

« - Potter, je suis prêt à offrir un arrangement mutuel avantageux. J'ai besoin que mon héritier soit légitime, et, malheureusement, le conseil de famille a décidé que pour cela je devais épouser le père. Toi. Si ta S… Granger pourrait faire en sorte que le mariage entre nous soit approuvé par la loi. Serais-tu d'accord ? »

« - Je… » Le regarde de Potter vacilla brièvement sous celui de Draco, puis il se détourna. Draco pensa qu'il était donc nécessaire de le pousser plus, mais avant qu'il puisse penser à quelque chose pour que ce stupide Gryffondor dise oui, Potter choisit de parler enfin.

« - Je ne prends pas le mariage à la légère. Je ne sais pas si je pourrais… » Il s'interrompit et secoua la tête.

Draco soupira de lassitude.

« - Potter, je suis un Sang-Pur. Mon rang ne prend pas le mariage à la légère. »

« - Mais c'est différent. » Insista Potter.

« - Différent en quoi ? » Cassa Draco.

« - Tu ne m'aimes pas. » Lui dit Potter en se tournant pour faire face à Draco et le regarder dans les yeux. Draco ne pouvait pas être en désaccord avec ça, alors il se contenta d'hocher la tête. « - Et je ne t'aime pas non plus. » Lui dit patiemment Potter comme si c'était l'explication compliqué d'un sortilège.

Pour une raison quelconque que Draco ne comprit pas, l'entendre dire ça le blessa. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, gardant un regard vide et étouffant l'envie de demander à Potter si c'était vrai.

« - Dans ce cas, nous divorcerons le plus tôt possible, ou tu seras autorisé à avoir des amants. Mais tu as dit que tu voulais jouer un rôle dans la vie de cet enfant. Voici ta chance. C'est ce que tu voulais, n'est-ce pas ? »

Potter commença à secouer lentement la tête, mais Draco pouvait voir qu'il était sur le point de craquer.

« - Potter ! J'ai besoin de cette chance pour garder l'argent des Malfoy. L'héritage de notre enfant… » Ça lui coutait vraiment de lui dire ces mots ! Mais il le devait. Potter avait une tête bien trop épaisse pour comprendre les subtilités. Draco n'avait pas d'autres choix que d'employer l'artillerie lourde. « - Tu ne veux pas qu'il grandisse dans la pauvreté, n'est-ce pas ? »

La tête de Potter se redressa soudainement.

« - Je ne laisserais jamais ça arriver ! Écoute, j'ai suffisamment d'argent… » Potter se passa les doigts dans le nid de poule qu'il appelait cheveux. « - Je pourrais t'en donner pour lui… pour vous deux… »

Draco s'abstint de faire une remarque ironique à Potter qu'il n'avait aucune idée de ce dont il parlait en comparant sa pitoyable pile d'or aux trésors des Malfoy. Oh, s'il vous plait ! Draco avait eu dix fois plus rien qu'avec les coffres des Black qu'il avait hérité.

« - Peut-être, mais si tu meurs ? Aucun d'entre nous n'aurait le droit juridiquement d'avoir quelque chose de ta part. Sauf si tu acceptes la responsabilité légale, et ne me dis pas que tu pourrais nous inclure dans ton testament ! » Dit Draco quand il vit que Potter était sur le point de répliquer.

« - Si tu ruines cette chance pour moi, jamais je ne te pardonnerais. Je ne te permettrais pas d'approcher de près ou de loin de cet enfant si tu oses me faire ça. Mais si tu acceptes… » Draco ne put s'empêcher de plisser le nez d'inconfort. « - … Je peux être prêt à envisager de te donner des indemnités… » Et regardant Potter droit dans les yeux, il précisa qu'il ne parlait pas du tout d'argent. Bien sûr, envisager ne voulait pas dire qu'il le ferait, mais c'était un assez bon appât pour Potter, tout de même.

Potter soupira fortement et sembla se dégonfler comme un Souafle percé.

« - Je sais que je vais le regretter. » Murmura-t-il.

« - Est-ce un oui ? » Se ragaillardit Draco.

Potter ne répondit pas. Draco le laissa donc seul pour réfléchir misérablement en paix.

« - Où est Harry ? » L'intercepta Weasley quand il revint dans la cuisine. Draco le regarda et s'installa sur la chaise qu'il avait quittée précédemment avant de répondre.

« - Je lui ai donné un peu de temps pour se réconcilier avec la grande chance qui vient de s'abattre sur lui. » Plaisanta Draco. Il ne pouvait pas s'en empêcher, pour une raison inconnue, il se sentait terriblement mieux. Sa bonne humeur ne pouvait même pas être gâchée par la présence de la belette ou la perspective de se marier avec son ami d'enfance.

« - Tu n'avais pas prit ça en considération lorsque tu as utilisé Harry pour tomber enceinte et pas prévu de lui en parler, n'est-ce pas ? » Demanda la Belette d'un ton irrité. Madame Weasley, qui était en train de préparer le repas, lui lança un regard réprobateur mais ne se détourna pas de son travail.

« - Pour ton information, je ne savais pas que c'était Potter, alors comment aurais-je pu lui en parler ? » Répondit Draco en se mordant la langue pour s'empêcher d'ajouter qu'il ne l'aurait pas fait même s'il avait su. Apparemment, les hormones rendaient une fois de plus les choses difficiles pour lui de se retenir.

« - Je ne te crois pas. » Renifla la Belette. « - Tu as toujours été un sale menteur. Tu ne sembles pas avoir beaucoup changé depuis. »

Draco était sur le point de l'admonester, même s'il ne pouvait pas le nier, mais il fut interrompu par Madame Weasley qui vint le défendre.

« - Ron, il ne peut pas mentir. Je t'ai dis qu'il avait avalé du Veritaserum et que ça ne disparait pas de si tôt. »

Maintenant, c'était déconcertant.

« - Que voulez-vous dire, quand ai-je pris du Veritaserum ? » Demanda Draco avec un léger tremblement de voix. Il aurait sûrement remarqué s'il avait été…

« - Eh bien, j'ai entendu quelqu'un dire avoir entendu Lentus Malfoy parler à ton cousin pour qu'il ordonne à un elfe de maison de le faire. Mais même si je n'avais pas entendu ça, c'était assez évident mon chéri. Au vu de la façon dont ils ne doutaient pas du tout de tes déclarations, ils devaient avoir une raison de croire que tu n'étais pas capable de mentir. » Et Draco n'était pas en mesure de réfuter. Surtout quand son esprit dériva complètement sur les compétences culinaires de Madame Weasley, se basant sur la délicieuse odeur qui lui parvenait.

Draco se sentait troublé par la facilité avec laquelle il acceptait cette situation de bavarder avec un Weasley. Mais Madame Weasley le surpris en étant d'une agréable conversation. Elle lui demanda comment était son séjour chez Snape, puis écouta la longue liste de plainte à ce sujet avec une oreille attentive. Après un long moment, Draco se souvint qu'il devrait rentrer. En fait, il avait passé plus de temps chez les Weasley qu'il ne l'avait prévu vu qu'il faisait déjà nuit dehors.

« - Oh non ! Reste pour le dîner ! » Offrit Madame Weasley. « - Hermione sera là, et nous pourrons lui demander de changer la loi. » Encore sous Veritaserum, Draco n'avait pas vraiment envie d'être en compagnie de Snape à l'heure actuelle. Alors il accepta.

Au bout d'un moment, la jeune Patil se joignit à eux dans la cuisine. Elle proposa d'aider, mais Madame Weasley ne voulait pas et insista pour qu'elle reste assise à côté de Draco. Madame Weasley se lança alors dans une explication presque instantanément. Il s'avéra que Patil était maintenant une Weasley, et avait quelques semaines de plus par rapport à Draco avec sa grossesse. Elle commençait juste à se voir. Elle semblait un peu mal à l'aise avec Draco, et ça l'amusa grandement. Normalement, il n'aurait pas engagé la conversation avec des gens comme elle, mais il ne pouvait s'empêcher de profiter de la situation.

Il s'avéra qu'elle était en réalité la sous-secrétaire du Ministre, et Draco vit une bonne source d'information en elle.

« - Il semblerait que la S… Ministre a choisi son personnel parmi ses copains de Gryffondor. » Murmura Draco dans un souffle, probablement parce que le Veritaserum était toujours en vigueur et lui déliait la langue. Malheureusement, il ne fut pas assez discret et elle l'entendit. Au moins, il avait réussi à ne pas dire ce mot dans la société actuelle.

« - J'étais à Serdaigle, si tu veux le savoir. » Répondit-elle, et au grand amusement de Draco, elle avait l'air presque offensé par l'hypothèse selon laquelle elle aurait pu être ailleurs. « - Et c'est plutôt dans l'autre sens. Je suis avec Ron grâce à Hermione. » Lui dit-elle avec fierté, peut-être pour accentuer le fait qu'elle appelait le Ministre de la Magie par son prénom.

Draco hocha la tête, s'en fichant, mais garda l'information dans un coin de son esprit au cas où ça pourrait lui être utile à un moment donné.

« - Si tu es si proche de la Ministre. » Fit Draco d'une voix trainante, essayant de garder au minimum une voix flatteuse, parce que dans ses expériences passées, les Serdaigles étaient les plus rapides pour détecter lorsque leur fierté était utilisée contre eux. « - Tu peux certainement me dire s'il est vrai que Granger pourrait tout arranger pour que je puisse épouser Potter… »

La voix de Draco s'éteignit à la fin, et il se détourna un peu, pour ne pas montrer trop son impatience. Il pouvait voir du coin de l'œil que la jeune fille fronçait les sourcils.

« - Bien sûr, je comprendrais si tu dis que c'est un secret d'État et que tu ne peux pas le divulguer… » Ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

« - Non, non, ça ne l'est pas. » Se hâta-t-elle de nier. « - Je ne suis pas la bonne personne à qui en parler. Je pense que tu devrais attendre qu'Hermione arrive. »

Et il fut secoué. Bon sang ! Il n'avait vraiment pas hâte de lui en parler ! Penser que lui, Draco Malfoy, s'abaisse au niveau de demander une telle chose à une Sang-de-Bourbe, le faisait tressaillir. Peut-être qu'il pourrait être en mesure de convaincre Potter de le faire pour lui.

Il ne fut pas difficile de trouver Potter, Draco avait seulement besoin de suivre les cris qui provenaient de l'extérieur. Il s'avéra que certaines personnes participaient à un match de Quidditch improvisé. Potter, l'un des jumeaux et la Belette composaient une équipe, la fille Weasley, l'autre jumeaux et le frère ainé composaient l'autre. Il n'y avait pas de Batteur ou de Poursuiveurs, seulement un Souaffle et un gardien dans chaque équipe. C'est peut-être la raison pour laquelle la Belette jouait à la position qu'il occupait durant sa scolarité au lieu de Batteur. Draco supposait que ça devait être ça étant donné qu'il était le seul à avoir une carrière professionnelle derrière lui. Ça peinait presque Draco de l'admettre, mais le match était effectivement très intéressant et rythmé. Il n'y avait pas de joueur non-qualifié de chaque côté, même s'il faisait déjà nuit et que le Souafle rouge était difficile à distinguer.

Pendant une seconde, il sentit une forte nostalgie l'envahir, se demandant s'il serait le bienvenu pour rejoindre le jeu, mais il se rappela que même s'il n'avait pas été enceinte, il n'aurait pas tenu à faire le clown lui-même comme ça.

Cela l'emmena d'ailleurs à penser, qu'après avoir accepté une invitation à dîner chez les Weasley, autour d'une table rempli de Traites à leur Sang et de Né-Moldu, et après avoir presque supplié un Sang-mêlé de l'épouser, il ne pouvait pas faire pire. Il n'était pas sûr de ce que son père aurait dit là-dessus, même en sachant que c'était le seul moyen pour lui de garder son héritage. S'il était honnête avec lui-même (il était sous Veritaserum à cet instant, ça ne pouvait être que ça), il aurait été plus probable que Lucius l'aurait déshérité bien longtemps avant que la situation n'arrive à de telle proportion.

Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua même pas que le match se terminait et que les joueurs rentraient. Il revint à lui quand il sentit une main se poser sur son bras. C'était Potter.

« - Malfoy ? Que fais-tu ici sans manteau ? » Demanda-t-il. Dans la chaude lumière provenant de l'intérieur, Draco pouvait voir un froncement de sourcil sur son visage.

Potter avait raison, se rendit-il compte tout à coup. Il avait laissé sa cape dans la maison, mais il ne faisait pas froid.

« - Sortilège de réchauffement. » Dit-il au moment même où il le réalisa. C'était un peu déconcertant puisqu'il ne se l'était pas lancé. Cela s'était produit accidentellement, de la même façon que la nourriture qui était devant lui changeait parfois.

« - Viens. Hermione ne devrait plus tarder maintenant. » Lui dit Potter en commençant à marcher vers la porte.

Draco hocha distraitement la tête, mais alors il se souvint qu'il devait parler avec lui avant l'arrivée de la Sang-de-Bourbe.

« - Potter ! Attends ! » Cria-t-il, et à sa grande mortification, il courut après Potter, le rattrapant in extrémis avant qu'il n'ouvre la porte d'entrée.

« - Qu'y-a-t-il ? » Potter se tourna vers lui avec surprise.

Maintenant qu'il avait l'attention de Potter, Draco dût réfléchir rapidement à la façon d'emmener Potter à parler de Granger au lieu que se soit lui qui la mentionne, parce que c'était purement et simplement honteux.

« - Je… alors tu vivais au Terrier depuis ces deux derniers mois ? » Draco se maudit pour son manque d'éloquence. Mais Potter ne sembla pas s'en apercevoir, se contentant d'acquiescer en essayant de comprendre pourquoi Draco lui parlait soudainement de ça.

« - Et… » Draco se mit soudainement à rougir, mais il pensa tout à coup qu'il avait besoin de connaitre la vérité sur un point aussi. « - Est-ce vrai ce que Cyrus a insinué ? »

Potter haussa un sourcil interrogateur. Draco maudit son esprit sombre et se mordit la lèvre inférieure. Il semblerait qu'il soit forcé de le dire à haute voix.

« - Est-il vrai que toi et moi avons fais… des choses… avant ? »

Maintenant, Potter semblait franchement amusé. « - Qu'en penses-tu ? » Demanda-t-il. Bon sang !

Draco voulait dire non. Il voulait même être catégorique là-dessus. Mais quand il ouvrit la bouche pour répondre, aucun son n'en sortit.

Quelle dose de Veritaserum lui avaient-ils donné ? Il devait y avoir beaucoup plus que seulement trois gouttes dans ce verre si ça marchait encore après tout ce temps… et en plus, il n'en avait bu que quelques gorgées.

« - Eh bien ? »

« - Je ne veux pas y penser du tout. » Répondit finalement Draco, se demandant comment il avait pu atterrir dans cette position.

« - Alors, pourquoi demandes-tu ? »

« - Potter, je veux juste savoir. Est-ce si difficile à comprendre ? »

« - Pourquoi est-ce si important si tu ne t'en souviens pas de toute façon ? » Maintenant, Potter le regarda d'un air maussade. Il se détourna de Draco et ouvrit la porte.

Draco fulminait sur place alors que Potter s'éloignait sans lui fournir la réponse. Il aurait voulu lui crier que c'était important parce qu'il avait besoin de savoir, et que ce n'était pas de sa faute s'il ne se souvenait pas. Il avait juste besoin de savoir ! Et c'était la vérité absolue.

Et puis, ça arriva. Cette fois, ce n'était pas à cause de la magie fuyante de Potter parce qu'il n'était même plus là. Le corps de Draco se raidit, ses yeux s'embuèrent et sa tête tourna. Et après ça, il ne sut pas ce qui se passa.

Il se sentait comme s'il avait atterrit dans le souvenir d'une Pensine, mais en même temps, il savait que c'était des pensées provenant de son esprit à lui, différentes sensations l'envahissant. Draco se voyait lui-même beaucoup plus jeune qu'il ne l'était aujourd'hui, et Draco se rendit compte qu'il se revoyait dans un moment de son passé.

Draco était en train de courir, pensant qu'il avait besoin de fuir où ça serait fini de lui. Ses parents étaient morts (où le croyait-il, fit l'esprit du Draco adulte dans sa tête), tués par le Seigneur des Ténèbres. Mais s'il fuyait, alors il pourrait rester en vie. Alors dans un dernier acte désespéré, il courut vers les cachots et vers l'endroit où était retenu Potter. Surement, pensait-il, que s'il le libérait, les sorciers de son côté ne tueraient pas Draco. Au contraire, ils le protégeraient.

De sa poche, il tira la bague que sa mère lui avait donné : un Portoloin vers un lieu sûr, avait-elle dit. Potter était inconscient et respirait à peine. Draco ne savait pas pourquoi le Seigneur des Ténèbres le maintenait en vie, mais il était malheureusement évident en le regardant qu'il voulait des renseignements, ou bien, l'avait-il seulement torturé par le plaisir. Non, il ne pensait pas. Mais le fait que Potter était encore en vie signifiait que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas encore obtenu ce qu'il voulait.

Seulement, l'endroit sécurisé n'était pas là. Ou alors, réalisait Draco avec effroi, il était sécurisé par un sortilège Incartable ou un Fidelus, de sorte qu'il ne serait pas capable de le voir.

Il n'avait pas d'autre choix que de trainer Potter avec lui ailleurs (il n'était pas assez fort pour les faire transplaner tous les deux). Et à part ça, il ne savait pas où aller, et n'était pas assez calme pour réfléchir, même si pourtant ce n'était pas la détermination qui lui manquait…

L'instant suivant, la scène prit fin et Draco était englouti par un épais brouillard. Quand il put finalement retrouver une vue normale, il était debout au milieu d'un sous-bois et le sol était recouvert de feuilles mortes. D'autres souvenirs emplirent l'esprit de Draco à nouveau, remplissant quelques trous de sa mémoire manquante, du moins, il était sûr que c'était ça. Les images défilaient devant ses yeux, comme une photographie sorcière.

Draco ne connaissait pas beaucoup de sortilège de guérison. A part celui que Pansy utilisait pour soigner les quelques impuretés qu'elle avait sur son teint pâle. Il connaissait également les sortilèges mineurs pour guérir des petites coupures quand il avait besoin de son propre sang pour une potion ou autre, il y avait aussi un sortilège pour nettoyer une plaie qu'il utilisait quand il se coupait la main avec un ingrédient. Dans l'ensemble, c'était vraiment très peu, mais il fut surpris par l'efficacité de la combinaison de ses sorts qu'il lança sur Potter dont les blessures se résorbaient, même s'il ne pouvait pas espérer soigner les dommages internes ni réparer le bras cassé, ni même soigner les dégâts mentaux qu'avaient dû causer les nombreux Doloris que ses bourreaux n'avaient pas manqués d'utiliser.

Potter était probablement content que la seule personne auprès de lui n'essaye pas de lui faire du mal. Il n'aimait pas Draco (ce dernier n'était même pas sûr qu'il l'ait reconnu dans un premier temps). Bien sûr, les sorts ne suffisaient pas et Draco se sentait faible, alors ils eurent recours aux contacts corporels.

Ce n'était pas surprenant, vraiment. Ils devaient dormir près l'un de l'autre pour se tenir mutuellement chaud, Draco n'osait pas quitter Potter jusqu'à ce qu'il ait totalement récupéré pour le suivre, même si cela signifiait qu'ils devaient manger du pain transfiguré à partir de feuilles mortes ou de saletés, et boire de l'eau convoquée à partir de la rosée du matin. Lorsque Potter eut la fièvre, Draco resta près de lui pour essuyer la moiteur de son front et de ses joues avec un morceau de sa manche imbibée d'eau. Il espérait que Potter ne se souviendrait pas avoir pleurniché pour que Draco ne le laisse pas seul, ou sinon, il lui ferait croire que c'était un de ses rêves fiévreux. Lorsque Potter avait froid et que le sortilège de réchauffement ne suffisait pas, Draco se collait en cuillère derrière Potter. Plus tard, quand les cauchemars vinrent, il le berça comme sa mère ou Pansy avaient fait pour lui. Beaucoup plus tard, quand il fut suffisamment cohérent, Potter lui retourna les attentions.

Potter fut le premier à embrasser Draco sur le front après un cauchemar particulièrement mauvais, et la nuit suivante, ce baiser fut un peu plus bas. A partir de là, cela devint instinctif et nécessaire. Le lendemain matin, se réveiller avec son corps nu en sueur collé contre un autre était décidément le moment le plus gênant dans la vie de Draco. Mais toute maladresse fut oubliée quand Potter ( à moitié réveillé), lui sourit et enfouit sa tête dans le cou de Draco en soupirant de contentement. Plus tard, après avoir découvert que tous les deux, comme deux adolescents en bonne santé qu'ils étaient, eurent une érection matinale, les évènements de la nuit précédentes leur revinrent à la lumière du jour, et aucun d'entre eux aurait pu ou voulu faire croire qu'ils ne savaient pas exactement ce qu'ils faisaient. Potter n'hésita même pas à s'écarter de Draco pour lui demander de lancer un sortilège de nettoyage, puisque sa propre baguette magique était resté avec le Seigneur des Ténèbres, ou détruite. Draco n'en fut pas offensé, c'était leur seul moyen de se nettoyer après tout car ils ne trouveraient pas de salle de bain au milieu des bois…

La scène changea et la brume revint encore. Cette fois, elle se leva presque complètement et quand elle le fit, l'environ avait changé pour se retrouver dans une maison qui semblait familière et des têtes d'elfe de maison aux murs. L'autre Draco était seul avec Potter dans une chambre.

Près de six semaines s'étaient écoulées entre leur fuite précipitée et leur arrivée dans l'Ordre du Phoenix. Ils avaient offert à Draco une protection contre le Seigneur des Ténèbres. Comment n'auraient-ils pas pu après qu'il ait sauvé leur précieux Elu ? Mais cela avait acquis une importance secondaire alors que Potter n'essayait même pas de prétendre que la chose entre eux était autre chose que ce qu'elle semblait. Il avait prit pour acquis que Draco reste avec lui, et s'était rebiffé avec véhémence contre ses copains quand Weasley et Granger avaient protestés contre sa présence. Et Draco avait le sentiment que même s'il avait tout perdu avec la mort de ses parents, il avait gagné quelque chose de nouveau et de précieux que cet arrangement lui fournissait.

Draco vit son jeune lui se placer devant Potter et prendre une de ses mains dans les siennes, la soulevant jusqu'à son cœur en un geste vraiment ridicule et indigne de lui. Son visage reflétait des sentiments qu'il était pourtant certain n'avoir jamais connu.

« - Harry. » Dit-il. « - Je t'aime. »

L'instant d'après, le bras de Potter passa autour de la taille de son lui plus jeune. Le brouillard commença à tomber et Draco ne put pas voir ce qui se passa, mais il put entre les mots de Potter.

« - Je t'aime aussi, Draco… »

La scène suivante se déroula dans une cuisine qui semblait maintenant familière à Draco alors qu'il était aussi autour d'une table entouré de tête rousse et Potter à ses côtés, buvant du thé.

C'est alors qu'il apprit que ses parents, contre toute attente, étaient encore en vie. Feindre la mort était un plan du Seigneur des Ténèbres, dont ses parents avaient malheureusement omis de l'informer avant. Après ça, pendant une attaque ennemie au 12 Square Grimmauld, il se retrouva face à son père, et il fut tellement choqué qu'il oublia toute ce qui l'entourait pendant quelques minutes, ce qui laissa assez de temps à son père pour s'emparer de son bras et transplaner chez eux.

La transition se fit presque instantanément. Les yeux de Draco s'ouvrirent et il ressentit l'état groggy qu'on ressentait généralement au réveil. Il sut immédiatement qu'il était couché dans un lit, et regardant autour de lui, il reconnut sa chambre chez Snape. Il portait sa chemise de nuit et rien d'autre, mais les couvertures étaient tirées jusqu'au menton.

Il y avait un verre d'eau et une sorte de potion sur la table de chevet à côté de son lit, mais quand il tendit la main vers elle, il aperçut quelque chose de rouge du coin de l'œil. Il ne savait pas pourquoi il était si surpris. Il fallait s'y attendre, vraiment, mais il haleta quand même quand ses yeux enregistrèrent le canapé rouge de Potter et la tête brune hirsute dépassant du plaid rouge qui le recouvrait.

A suivre…