Journal d'une névrosée.
Chapitre 30: Someday.
« Je
pense qu'on oublie jamais son premier amour, Lucas…
- Ton
premier amour, tu ne l'as jamais oublié ?
- Non. »
Mon
premier amour… Lucas.
Je me laisse tomber au sol, mon cœur
semble être trop fatigué pour battre. Mes poumons me
brûlent, ma respiration devient difficile, ma vision se trouble
par les larmes ou par le manque d'oxygène qui parvient à
mon cerveau, je ne sais pas. Je crois réussir à hurler
avant de m'effondrer.
Someday, it's the biggest storm in years they say.
Je
sens le carrelage frais sur mon corps. Quelque part, ça me
fait du bien. Je tente de m'accrocher au lit pour me relever, mais
c'est peine perdue, mes doigts relâchent vite leur emprise et
je m'écroule de nouveau. Je me tiens à mon t-shirt au
niveau du cœur, comme si ça allait changer quelque chose.
Je
ne fais pas une attaque, ce n'est pas possible. C'est la
spécialité de Luke! Et dans un groupe d'amis, chacun
son « truc » !
Mon dieu, je deviens ironique et sarcastique… c'est que je ne meurs pas! Quoique même sur mon lit de mort je serais capable de prodiguer à tout va mon humour débile !
Je
crois discerner un cri et le bruit de quelque chose qui tombe au sol.
Je tourne la tête et à travers mes larmes, je distingue
ma belle sœur qui se précipite vers moi. Elle me relève
la tête et appelle Derek en criant, avant de me caresser les
cheveux doucement « Ca va aller Peyton, calme toi… »
Mon
frère arrive, je peux imaginer son visage terrifier à
l'idée de me perdre. On s'est tellement rapprochés,
on s'entend tellement bien, et on a l'habitude de vivre l'un
avec l'autre depuis qu'il a quitté l'armée pour
s'investir dans un boulot où il pourrait voir sa femme,
grandir ses enfants, et faire les conneries habituelles entre frère
et sœur avec moi. Je suis la seule famille qu'il lui reste, avec
celle qu'il s'est créée bien sûr. Il est tout
ce que j'ai… Je repense à Brooke. Ma petite Brooke sur qui
j'ai hurlé à Noël dernier. Sans raison. Sans
voir qu'elle avait fait tout ça pour me faire du mal pour
m'éloigner, et paradoxalement me protéger. Est-ce que
j'aurais survécu toutes ces années en sachant que
Lucas était malade ? En sachant que son état se
dégradait ? Qu'il pouvait faire une crise cardiaque à
tout moment ? En le voyant en faire une ? Est-ce que je l'aurais
supporté ? Apparemment non, au vue de la réaction de
mon corps en apprenant sa mort… Je ne peux pas y croire. Je
l'aurais senti ! Je l'aurais senti s'il était mort !! Je
vois mon frère s'approcher de mon lit et saisir les lettres.
Il les parcourt brièvement avant de revenir vers moi. Sam m'a
allongée la tête sur elle, je lève les yeux vers
mon frère avant de m'évanouir à nouveau. Il
est mort.
« Aie !! Aie !! »
J'ouvre les yeux, la lumière m'aveuglant, je les referme immédiatement.
« Kékispasse? »
demandais-je en les rouvrant.
« Peyton, tu t'es
évanouies ! Trois fois! Le médecin est là. »
Je
tourne la tête et voit un homme que j'ai déjà
vue des centaines de fois.
« Ray
? » L'ex-petit ami de Brooke??? Qu'Est-ce qu'il fait
ici ?
Il
me sourit faiblement
« Peyton…. »
Il
enlève l'appareil qui vient de me prendre la
tension.
« Qu'Est-ce que? Qu'Est-ce que tu….
-
fais ici ? » finit-il pour moi.
« Ta tension
est encore basse, il faut que tu te reposes. Tu nous as fait une
belle crise d'angoisse. »
Il est assis sur mon lit, à
côté de moi. Il met sa main sur mon front, délicatement
« Tu n'as plus de fièvre. » conclut-il
en la retirant. Il se lève mais je lui attrape le bras. Il ne
va pas partir sans que j'ai des explications !!
« Ray,
attends !! »
Il hésite, je peux le sentir.
« Ray, explique moi…. »
Il
se retourne, ses yeux expriment de la tendresse et de la sympathie,
comme toujours quand il me regarde, mais il y a aussi de la pitié.
Je déteste ce sentiment que les humains se bornent à
avoir pour ce qu'ils considèrent comme des pauvres gens qui
n'ont pas de chance dans la vie. Je combats la malchance depuis le
lycée, je ne suis plus la fille fataliste que j'étais.
Je ne suis plus une petite fille effrayée par la vie, j'ai
pris en main ma destinée et j'aime à penser que je
contrôle un minimum ma vie et qu'elle m'appartient ne
serait ce qu'à 50.
« Ray, je t'en prie….
Que fais-tu à Tree Hill ?
- Je pense que tu n'as pas
besoin que je réponde à ça.
- Comment ça
?
-
Tu n'es pas stupide Peyton.
- Heu…. Merci. »
Il
me sourit. Puis se tourne vers mon frère et lui serre la main
« Elle doit se reposer Derek. Je sais que c'est une tête
de mule mais toi elle t'écoutera peut-être…. »
Il
me fait un clin d'œil puis se dirige vers la porte. Il va sortir
et je n'aurais aucun moyen d'avoir des réponses à
mes questions à moins d'appeler Nathan et Brooke, ce dont je
n'ai aucune envie. Lucas est mort, j'imagine l'état dans
lequel ils sont. Ils n'ont sûrement pas envie de me voir, en
prime. Et dire que j'ai chassé Nathan…. Dire que je lui ai
dit des choses horribles… Comment j'ai pu ?? Si seulement, si
seulement j'avais su alors… Pourquoi est-ce que tout le monde
cherche à me protéger? Je ne suis pas suicidaire! Je ne
suis pas une petite fleur [note de l'auteuZ: les fleurs violettes,
ce sont les meilleures !!! Kiss Kiss Baby !, je ne suis pas une
poupée de porcelaine, ni une enfant! Rahhhh ils m'énervent
tous autant qu'ils sont à vouloir me protéger à
tout prix. Voilà où leur protection m'a menée:
à ne pas être là pour Lucas dans ses dernières
heures, à bannir Brooke de ma vie, à perdre Nathan….
Ah, elle est belle leur protection !
Et pourtant, je ne peux
pas m'empêcher de ne pas leur en vouloir. J'en ai tellement
bavé qu'ils ont voulu m'épargner de nouvelles
blessures.
Mais laisser mourir Lucas sans lui dire au revoir…
Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment cela est-il possible? Lucas…
MON Lucas. Mon premier amour, mon meilleur ami, mon âme sœur…
Oui, j'ai choisit Nathan pour être l'homme de ma vie. Mais
Lucas ne l'est pas moins. Différemment. Notre amour était
impossible.
Parfois, les plus belles histoires d'amour ne peuvent pas être vécues, c'est ce que la vie m'a appris…
Couldn't take a place or hop' a train
Well, I'd like to stay in a story Winter's day…
Me voilà donc là. Seule. Face à un plafond blanc. Ma thérapie d'autrefois. En fait, je n'ai jamais vraiment arrêté mon fétichisme des plafonds. Je les regarde très souvent, ça m'inspire, me relaxe, ça m'aide à me souvenir d'où je viens, qui j'étais, qui je suis et qui je veux devenir. Peut-être un peu bête, mais je m'en moque. Je n'ai plus honte de mes pensées un peu folle. J'ai appris à m'aimer et à assumer tout en moi. Mais Lucas…. Lucas est cette part d'ombre. Cette part de secret enfoui dans mon cœur, dans ma tête. Il sait des choses que personne ne sait. Il comprenait parfois des pensées vraiment personnelles en un regard. En un mot il pouvait me faire rire, pleurer, me donner envie de chanter ou de voir un film. Il avait ce pouvoir là sur moi.
Et voilà…
L'espoir me quitte, je parle de lui au passé.
Rien qu'à
cette idée, les larmes me montent aux yeux. Je secoue la tête.
Je dois me lever et aller voir Nathan. Je dois lui demander, je dois
le voir, je veux qu'il me serre dans ses bras et il me dise que
tout ceci n'est qu'un horrible cauchemar. Ou je veux la preuve,
je veux la preuve qu'Il est mort! Je veux qu'on me le prouve,
sinon je serais incapable de l'accepter. Je ne peux pas vivre sans
lui. Je ne peux pas vivre sans eux…. J'ai besoin de leur
présence, de leur sourire, de leur voix, de leur chaleur. Les
souvenirs, c'est magnifique, mais ça ne sèche pas les
larmes, ça ne vous porte pas jusqu'à votre lit quand
vous avez trop bu, ça ne commente pas pendant deux heures une
chanson d'un groupe de musique, ça ne se dispute pas avec
vous pour savoir si on regarde un film comique ou romantique, ça
ne vous engueule pas parce que vous avez oublié d'acheter
les céréales, ça n'embrasse pas, un souvenir.
Ça ne chante pas, ça ne sourit pas, ça ne mange
pas avec vous, ça ne pleure pas, ça ne prête pas
sa main. Non, un souvenir ne respire pas. Un souvenir ne fait pas
respirer non plus. C'est le passé, et moi je veux faire mon
futur avec eux! Comment cela pourrait-il être autrement?
J'ai
toujours imaginé qu'ils feraient toujours partie de ma vie,
que rien ne pourrait changer ça. Malgré nos disputes,
et la dernière plus qu'énorme, j'ai toujours pensé
qu'on se retrouverait. J'en étais persuadée. Alors,
qui va m'ôter cet espoir ? Qui va oser m'ôter ce
qu'il me reste de plus beau?
Mon frère, Sam et mes deux
petits neveux sont magiques mais… ce n'est décidément
pas pareil. Est-ce que ça pourrait me suffire ? Est-ce que je
pourrais vivre avec mes erreurs ? En sachant que ça m'a
coûté le plus gros de mes regrets: ne pas avoir dit au
revoir à mon Lucas? Est-ce que ça va me bouffer jusqu'à
ma mort ? Est-ce que je vais surpasser tout ça ? Est-ce que je
vais traverser cette épreuve indemne? Est-ce que ça va
me laisser une cicatrice profonde, irréparable, et que je
pleurerai toutes les nuits jusqu'à ma mort ?
Je
secoue la tête pour chasser toutes ces questions de ma tête
et me met en position assise sur le lit.
Oulaaaaa ça
tourne! Je dois prendre mon temps, ne pas brusquer mon corps.
Faudrait pas que je retombe dans les pommes, sinon Derek va m'obliger
à rester coucher jusqu'au nouvel an, et j'ai des choses
beaucoup plus importantes à faire.
Allez, à trois je
me lève. Un…. Deux….
« Tata? »
Je
me retourne vers la porte, deux petites têtes brunes viennent
de passer par l'ouverture. Leur petite voix attendrissante me brise
le cœur. Ils s'inquiètent pour moi, qu'est-ce que j'ai
encore fait ?
« Tata,
qu'est-ce que tu as ? »
Ohhhhh ils sont trop
mignons.
« Rentrez, venez vous asseoir à côté
de tata ! »
Ils obéissent et courent jusqu'au
lit. Ils montent dessus et s'assoient calmement à mes côtés.
Être calme n'est PAS dans leur habitude! Ils ont vraiment
peur pour moi…
L'un à gauche, l'un à droite, ils m'observent de leurs grands yeux noirs et verts.
« Tu
es malade, tata? »
Je leur caresse les cheveux « Non,
tata n'est pas malade les enfants. »
Ils me fixent
toujours. Ils n'ont pas l'air de me croire. C'est qu'ils sont
malins les petiots.
Will mets sa main sur ma joue. « alors
pourquoi tu as le visage tout pâle ?
- Oh tu sais, je suis
blonde, c'est normal mon ptit ange !
- Mais…. D'habitude c'est pas pareil » argumente Wyatt.
Ah c'est deux là !! Pas la moitié de deux idiots ! Ils sont aussi malins que leur père, et aussi têtus que leur mère ! Je suis mal barrée…
« Puisque
tata vous dit qu'elle va bien.
- Mais tu nous dirais pas si tu
n'allais pas bien, alors Will et moi on a décidé de
pas te croire. »
En disant ça, ils ont tous les
deux croisés leur bras sur leur torse, ils froncent les
sourcils et me jettent un regard noir.
« Les enfants, je vais bien, et si j'allais vraiment mal, je vous promets de vous le dire, d'accord ?
-
Non, c'est pas vrai.
- Tata vous a-t-elle déjà
menti?
-
C'est pas pareil ! Tata elle veut protéger W & W, et on
a entendu Tata parler avec tonton Nathie ! On sait que Tata elle a
dit à Tonton que si elle était malade il ne fallait pas
le dire à Brooke et Lucas car ça leur ferait du mal. Ça
nous ferait du mal à nous aussi, c'est pour ça que tu
nous le dis pas ! »
C'est dingue comme ils sont déjà
super intelligents et perspicaces pour leur âge! En effet, je
me souviens avoir dit ça à Nathan l'an dernier, dans
cette même chambre, à la même époque… et
ils s'en souviennent les garnements ! Je ne pensais pas qu'ils
nous avaient entendus…
Flashback.
« Nate,
si le médecin me trouve quelque chose….
-
Peyton tu ne seras pas malade !
- Nate !! On sait jamais… Si
jamais….
- Avec des « si » on referait le monde ! Je ne veux plus en entendre parler !
-
Nathan, écoute moi! Je t'en prie, chéri…. »
Je
lui prends la tête dans mes mains et l'embrasse
délicatement.
« Si le médecin trouve
quelque chose, s'il dit que je suis… malade. Gravement, je veux
dire. Je veux que tu me promettes que tu ne diras rien à
Brooke et Lucas.
- C'est normal, ce serait à toi de leur…
- chuuuut » fis-je en mettant ma main sur sa bouche
« On ne leur dira pas. Point final. »
Il ne comprend pas, il m'interroge du regard.
« Ça
les tuerait. Et je ne veux pas de leur pitié. »
Il
hoche la tête en signe d'affirmation, je sais très
bien que ça le tuerait aussi de me savoir malade.
« De
toutes façons je ne vois pas pourquoi on parle de ça,
tu n'auras rien. Tu n'as rien. » conclut Nate avant de
m'embrasser, puis de sortir de la chambre pour aller faire sa
partie de poker de Noël avec les hommes en bas.
Il manque de
marcher sur les deux petits postés devant la porte, encore en
train de préparer un mauvais coup sûrement !
« Eh
bé alors les garnements, faut pas traîner dans mes
pattes! Et puis qu'Est-ce que vous faites? Vous n'écoutez
pas aux portes au moins ?
- Nannnn! W & W ont pas le droit de
faire ça! C'est papa qui l'a dit !
- C'est bien les petits! » fait en riant Nate. « Allez venez avec tonton Nathie, Tata Peyton a besoin de se reposer un peu seule.
- Nous on veut rester avec Tatie !
- Toute à l'heure! Tata va nous rejoindre, mais pour l'instant, il y a des bonbons qui vous attendent à la cuisine !
-
Ouééééééééééééé
!! Tonton Nathie c'est le meilleur des tontons! » firent
les mômes en descendant les escaliers. Nathan se retourne vers
moi et me sourit, je lui réponds timidement et le regarde
s'éloigner. Il ferait un formidable père… On
réessaiera dès que j'aurais les résultats de
mon examen… et je n'aurais rien, ça ne peut pas être
autrement. Je n'aurais rien, je vais parfaitement bien…. C'Est-ce
qu'il faut que je continue de me répéter ou Lucas et
Brooke vont voir que quelque chose cloche… //////////
FIN FlashBack ////////////
« Les
enfants, venez, venez plus près de moi… » fis-je
en leur souriant. Ils s'exécutent et se callent chacun d'un
côté de mon corps.
« J'ai dit ça
à Tonton l'an dernier, mais après ça, j'ai
fait des examens qui se sont révélés
concluants.
- Ca veut dire quoi ? Que t'as eu une bonne note
? »
Je souris, attendrie « Oui, ça
veut dire que Tata a eu une bonne note.
- Et les docteurs ils ont dit que tu serais pas malade ?
-
C'est ça. Tata a juste quelques comprimés à
prendre quand ça va pas et ensuite elle va mieux.
- Sûre
? »
Je tends le bras jusqu'à la commode et en
sort un flacon contenant des pilules.
« Vous voyez.
- Alors Tata elle nous ment pas ?
-
Non. Tata ne ferait jamais ça…. »
Ils me
serrent dans leurs petits bras avant de se blottir contre
moi.
« Tonton Nathie nous manque….
- Je sais….
-
Tonton Lucas et Tata Brooke aussi…
- Je sais les enfants, ils
manquent à Tata aussi… » fis-je en leur caressant
les cheveux. Ces gamins sont de vrais trésors. Je les aime
vraiment de tout mon cœur. Et sans le savoir, ils me donnent le
courage de faire ce que j'ai à faire… Après
quelques longues minutes avec mes petits neveux, je les laisse jouer
dans ma chambre, prends ma veste, mon sac, mon iPod, mes clés
de voiture et m'apprête à sortir de la maison lorsque
Derek m'interpelle.
« Soeurette ?
- Derek? »
répondis-je en me retournant.
« Qu'Est-ce que
tu crois faire ?
- Hum…. Je crois être majeure et
vaccinée. J'ai donc le droit de sortir faire un tour.
-
Ray a dit que tu devais te reposer.
- J'ai pris une pilule pour
ma tension.
- Peyton….
- Derek! »
Il
soupire « Je suppose que ça ne sert à rien à
part perdre mon temps que d'essayer de te retenir ici ? »
Je
m'avance vers lui et dépose un bisou sur sa joue « A
toute à l'heure frérot. »
Je tourne les
talons et franchit la porte. En m'avançant vers ma voiture,
j'ai soudain envie d'utiliser ma vieille voiture de lycéenne.
Je fais demi tour et ouvre le garage. Elle est là. Noire
habillée de rouge. Ma voiture, le symbole de mon adolescence,
de qui j'étais. De qui je suis encore, sûrement.
Comment un simple objet matériel peut supporter autant de
souvenirs ?
As
the states rolled by, it's all so ça
I've been
everywhere buf never right here…
It's always the same; constant change
But I'll come back to you someday...
Flashback
« C'est
ta voiture ? »
Je me retourne.
« Lucas
Scott. Que me vaut l'honneur ?
- Je travaille ici.
- Ah.
-
Oui, « ah . »
- Tu te moques de moi ?
-
J'oserais pas ! »
Je
lève les yeux au ciel.
« J'ai réparé
les freins et l'arrière de ta voiture.
- Ok. Je te dois
combien ?
- Tiens » fit-il en me tendant la facture.
- « Je te fais un chèque » fis-je en fouillant dans mon sac. Il me tend alors une petite planche à dessin.
« C'est
à toi ?
- Qu'Est-ce que tu fais avec MES dessins ??
-
Je les trouve magnifiques. »
Je lui arrache des mains.
« Tu les as regardé en plus ?
- Ils étaient
sur le siège arrière, ça m'a intrigué.
-
Ne sois plus intrigué par quelque chose qui m'appartient
alors.
- Tu as du talent.
- Qu'Est-ce que t'en sais ?
- Je m'y connais un peu en art….
-
Hum…. Ecoute, ne me parle plus de ça. Ce ne sont que des
gribouillages.
- Des gribouillages ? Qu… Quoi ? Attends, ce que
tu fais, ça a une âme ! Tu es vraiment douée, tu
devrais continuer.
- Oui bien sûr, dans une autre vie !
Tiens le chèque. Et merci pour avoir fouiner dans mes affaires
personnelles. »
Je monte dans ma voiture, lui lance un
regard noir tels que j'en ai le secret, et débraille pour
foncer chez moi cacher ces horribles dessins.
« AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHh Bon sang qu'Est-ce que tu fous au milieu de la route ???
-
Je suis sur un passage piéton, Peyton.
- Lucas, sors de ma
vue.
- Quelle aimable personne tu fais.
- Lucas, DEGAGE !
-
Je voulais te parler de tes dessins.
- C'est pas vrai…. »
Il
monte dans ma voiture, quel CULOT !!
« Descends
de là !
- J'ai parlé à des éditeurs,
ils veulent bien publier tes dessins.
- Quoi ? De quel droit tu t'immisce dans ma vie ?
- Peyton, je veux juste t'aider.
- La meilleure aide que tu m'apporteras, c'est de ma laisser tranquille.
-
Vraiment?
- Vraiment !!
-
C'est dommage.
- Quoi ?
- J'avais l'impression d'avoir
appris un peu de toi en regardant ton art.
- Dommage. Tu avais
tort.
- Vraiment ?
- Vraiment !
- Sûre ?
-
Rahhhh ! Sors de ma voiture! Va emmerder Haley plutôt !
-
Bien.- fit-il visiblement déçu que j'ai prononcé
le nom de la demoiselle- J'ai mis l'adresse sur ton site avec tes
podcast. » dit-il en sortant de la voiture « Tu
as du talent. Pourquoi t'obstines tu à vouloir le gâcher
? »
Pourquoi mon ex s'obstine-t-il a vouloir m'aider et me prouver qu'il m'aime ?
« Je
peux monter demoiselle ?
- Avec plaisir monsieur.
- Une tite
virée sans but précis ?
- J'adoooooore!
-
P & C. Peyton & Chris, comme au bon vieux temps.
- Merci
pour moi ! » fit Sarah. J'explose de rire en mettant le
moteur en marche.
« C'est
partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Rien de tel qu'un voyage
musique-chips sans contrainte entre amis pour redonner le sourire
! Ca va me manquer quand les vacances d'été
seront finies….
- N'y pense pas et roule P. !!!
-
En avannnnnnnnnnnt ! La vie est à nouuuuuus ! »
J'explose
de rire et appuie sur l'accélérateur. L'amitié
au moins, c'est pour toujours….
« Peyton
tu es sûre ?
- Oui. Tu vois notre futur enfant assis sur son
siège à l'arrière de cette voiture Nate ?
-
Non.
- Donc l'affaire est réglée.
- Mais elle
signifie tant pour toi….
-
Oui mais…. C'est mon passé. Mon futur il sera avec toi et
le bébé. Au prix d'un bout de ferraille
- Un
morceau de ferraille qui t'a accompagné depuis tes 16 ans.
Autant d'années avec elle….
- Oui, elle sera toujours
hantée par mes souvenirs… Je la déposerai au garage
de Papa, à Tree Hill. Elle sera chez elle comme ça.
-
Bonne idée. Je t'aime Pey. »
Je souris et
l'embrasse.
Une nouvelle page se tourne…..
//////////////////// Fin Flashbacks //////////////////
Je
me gare devant l'hôpital. Je prends une grande inspiration.
Je suis pas sûre d'être prête à savoir.
Mais le serai-je un jour ?
Non.
J'essaie de me calmer en
inspirant et expirant lentement. Ca va aller…. Faut pas que
j'arrête de me répéter ça dans ma tête
sinon je vais m'effondrer. J'ouvre la portière et sort de
mon véhicule. Je la referme et mes yeux se posent sur l'entrée
de l'hôpital.
Tout va bien se passer, tout va bien se
passer.
J'avance lentement et une fois entrée, je sens
que je vais avoir beaucoup de mal à faire ça… Je me
dirige vers l'accueil.
« Bonjour Madame.
-
Bonjour » me répondit-elle.
Elle est jeune, ce
doit être une étudiante qui fait ça pour se payer
ses études. Comment peut-on travailler si jeune dans un
endroit où des gens meurent tous les jours ?
«
Heu…. Vous désirez quelque chose? »
Mince.
Je suis plantée devant elle à la dévisager,
plongée dans mes pensées….
« Oui,
excusez-moi. Je voudrais savoir si vous avez eu un homme nommé
« Lucas Scott » dans votre service
dernièrement. Il a un problème cardiaque….
« Vous
êtes de la famille ? »
Merde.
« C'est
mon beau frère. J'étais en voyage en Europe pour mon
travail, je n'ai pu arriver qu'aujourd'hui… Mon portable est
à plat depuis quelques jours donc impossible de joindre qui
que ce soit. Je suis arrivée le plus vite que j'ai pu … »
Whaouuuuw je mens vite et bien. Je ne me connaissais pas ce talent. Vais-je oser la question….
« Dites-moi
que je n'arrive pas trop tard, je vous en prie …. »
J'ai
les larmes au bord des yeux. Pitié pitié pitié….
So far, so far, so long the world is, spinning away
Drive all night just to see your face
The way you touch, the way you taste
Even if, only for a day
'Cause I'll come back to you someday...
« Vous n'arrivez pas trop tard. »
I speak the truth it's all I know
As your tears fall to the snow...
Qu…. QUOI ??
"Pard... Pardon ?
- J'ai dit que vous n'arriviez pas trop tard. Allez en salle d'attente, je viens vous voir dans quelques minutes avec le médecin en charge de votre beau frère. Le reste de votre famille est sûrement là bas aussi..."
Il n'est pas trop tard? Lucas est encore en vie ? Il respire ? Il respire ?
"Il... il est vivant ? "
Elle me regarde bizarrement.
"Lucas Scott ? Oui, c'est lui, il est bien vivant."
Une larme coule sur ma joue. Je savais qu'il ne pouvait pas mourir sans que je le ressente...
But we both know, tonight that I can't stay,
But I'll come back to you someday..
Je prends une grande respiration et me dirige toute tremblante vers la salle d'attente pour les familles. Devant la porte, je m'arrête et prends encore une fois une grande bouffée d'oxygène. Ils sont sûrement tous derrière cette porte... Et Lucas. Lucas est quelque part tout près de moi... En vie.
So close, so far, so long the world is, spinning away...
So close, so far, so long the world is, spinning away...
So close, so far, so long the world is, spinning away...
En Vie.
A suivre.
