Bien le bonsoir! Voici le premier chapitre de la semaine, avec une évacuation un peu précipitée mais organisée. Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, le suivant sera plus intéressant.

L'identité des ennemis sera révélée cette semaine, mais j'ignore encore si ce sera mercredi ou vendredi. On verra!

Merci pour votre soutien et vos commentaires. Bonne lecture!


Harold traverse la foules des élèves avec difficulté, tentant de parvenir au milieu du Grand Hall tandis que ses camarades en sortent. Il arrive enfin à se dégager de la masse et fonce sur Rand qui est sur le côté, occupé à lire quelque chose sur son portable.

- Rand! crie Harold pour se faire entendre parmi le bruit qui a envahit le Grand Hall.

- Harold? demande le Guide, surpris. Que fais-tu encore là? Tous les élèves doivent f...

- Je sais, mais j'ai absolument besoin de savoir : votre réserve, elle fait partie de celles qui ont été attaquées?

- Non. Les assaillants semblent s'être arrêtés à une latitude inférieure, au niveau de la Maison du Conseil. Il en est de même pour les autres réserves. Celles se trouvant au-delà d'une certaine latitudes sont indemnes.

- Alors les assaillants n'apprécient pas les températures trop froides, conclut Harold.

- C'est ce que nous en avons déduit, nous aussi. Jenny m'a envoyé quelques informations supplémentaires avec cette conclusion.

- Comment vont les membres du Conseil? Et tous ceux qui étaient à la Maison?

- Ils ont pu s'en sortir sans trop de dégâts. Le bâtiment est en ruine et il y a des centaines de blessés, dont des graves, mais aucun mort. Idem pour les dragons. Jenny organise l'évacuation vers le continent, sur une annexe du Conseil. Je la rejoindrais dès que nous arriverons.

- Et qu...

- Harold, va préparer tes affaires, dit Gothi en s'invitant dans la conversation. Je sais que tu as des questions, mais c'est également le cas pour tes camarades.

- Oui. Juste une dernière question. Vous dites que les capitales ont été visées : vous avez des informations sur Nouvelle Berk?

- Tes parents sont sains et saufs, rassure Gothi. Ils ont pu rejoindre un abri avant que l'attaque ne prenne de l'ampleur. Même si ton père a bien failli y rester, il refusait de se mettre en sécurité tant que tous les citoyens n'étaient pas dans les abris. Les patrouilleurs ont réussi à évacuer tout le monde à temps. Va, maintenant.

Harold hoche la tête et court vers la maison de son groupe. Quand il entre, il se fait attraper par Arik et propulser dans les escaliers. Le référent porte un t-shirt bleu sombre sur lequel est représenté un personnage, en combinaison rouge et bleue avec une araignée au centre de la poitrine, qui est accroché à un câble blanc et se dirige vers un immeuble en train de s'écrouler tout en disant Pas de temps à perdre, des vies ne tiennent qu'à un fil!.

- Pourquoi tu es toujours à la traîne?! s'exclame Arik. On a pas le temps de s'amuser, prépare tes affaires tout de suite. Juste le strict minimum et les objets de valeur. Le reste peut attendre ici que la situation se calme pour que vous reveniez. Allez, au pas de course!

Sans un mot de plus, Arik se tourne et se dirige vers sa propre chambre. Lorsque arrive l'heure du repas du soir, les résidents de la maison ont fini de préparer leurs affaires et se réunissent devant la télé pour regarder le journal. Cependant, quand Arik allume la télévision, seule une image brouillée apparaît et un son de bourdonnement se fait entendre. Le référent a beau changer de chaîne, rien n'y fait. En désespoir de cause, il allume l'ordinateur et tente de se rendre sur internet mais la connexion est tellement lente que la page n'est pas toujours pas affichée après une demi-heure d'attente. En dernier recours, Arik téléphone à sa famille, sur le continent. Après quelques sonneries, il tombe sur la messagerie vocale de son correspondant. Suite à plusieurs essais infructueux, Arik abandonne et lance son téléphone sur le canapé, la frustration évidente dans sa posture.

- Impossible de contacter qui que ce soit! Comment ils ont fait pour avoir des nouvelles?!

- Rand utilisait son téléphone avant que je revienne ici, dit Harold.

- Pourquoi ça fonctionne pour lui et pas pour nous?

- Peut-être que les moyens de communication ont été coupés? propose Varek. Si les assaillants veulent nous isoler les uns des autres, ils commenceraient par nous priver de toute méthode de communication.

- Sauf quelles sont encore disponibles, réfute Harold. Je pense plutôt que les autorités ont restreints les lignes et autres, afin que les patrouilleurs et tous les services d'intervention aient la pleine puissance pour faire circuler des ordres ou des comptes-rendus.

- C'est probable, soupire Arik, mais quoi qu'il en soit, nous ne saurons rien avant d'avoir atteint le continent.

- On ira où quand nous arriverons? demande Rustik.

- Des abris, répond Arik, c'est ce que Barbois a dit.

- Mais il n'y a aucun abri dans la ville portuaire d'où nous sommes partis, dit Harold. Si nous revenons à cette même ville, nous devrons sûrement voyager encore un peu.

- Il y a une base de patrouilleurs à une vingtaine de kilomètres de la ville, révèle Astrid. Ils vont peut-être nous diriger vers la base de manière temporaire.

- Oui, ce serait logique, approuve Harold. Les bases sont toujours pourvues d'abris et il y aura des combattants pour assurer la sécurité. Il faut juste espérer que les ennemis n'auront pas visé les bases de patrouilleurs en plus des capitales. Sinon, la base ne sera plus qu'un tas de ruines quand nous arriverons.

- Nous verrons le moment venu, dit Arik. Allez dormir, ou essayez au moins. Si les navires militaires arrivent à l'aube, nous devrons être levés deux heures avant, minimum.

- Et nos dragons? interroge Varek avec inquiétude. On ne peut pas les laisser ici!

- Je sais, mais je n'ai aucune réponse, se désole Arik d'un ton las. Espérons que les professeurs auront pensé à tout.

Avec ces mots à peine rassurants, les résidents de la maison se séparent et regagnent leurs chambres. Ils sont réveillés le lendemain plus de trois heures avant l'aube. Chaque maisonnée est appelée une par une pour aller chercher les dragons des élèves et des référents puis se rendre au port pour attendre les navires militaires. Bien que les professeurs soient bien organisés, le temps estimé pour réunir tous les résidents de l'île s'avère très juste. Les navires entrent en vue alors qu'il manque encore quelques élèves qui reviennent de la Vallée avec leurs dragons et qui doivent récupérer leurs affaires avant de rejoindre le port. Lorsque les navires sont enfin à quai, les derniers résidents de l'île arrivent en courant. Un patrouilleur descend du premier navire et s'entretient avec Gothi quelques minutes puis commence à donner des ordres à ses hommes. L'embarquement est rapidement organisé et tous les élèves, professeurs, référents, personnels et dragons sont à bord des navires une heure et demie après le début des opérations. Une heure est encore nécessaire avant que les navires ne quittent le port. Contrairement à l'aller où les élèves étaient séparés en fonction de leurs dragons, ils sont cette fois réunis par groupe, sous la surveillance de leur référent. Les professeurs sont disséminés sur les navires pour aider les référents à garder les élèves calmes. Rand se trouve sur le même navire qu'Harold, le Guide ayant demandé à ce que le groupe de son apprenti embarque sur le navire de tête. Le patrouilleur dirigeant la petite flotte réunit Gothi, Rand et Gueulfor pour une réunion privée avec certains officiers. Ils ne reviennent à l'air libre que deux heures plus tard. Les patrouilleurs retournent à leurs postes tandis que Gothi et Gueulfor s'éloignent dans un coin relativement discret pour discuter. Rand jette un coup d'œil sur les alentours puis marche directement vers son apprenti.

- Harold! crie Rand pour se faire entendre par-dessus le bruit des machines et le brouhaha des élèves et des dragons. J'ai des nouvelles pour toi et tes camarades. Viens à l'intérieur avec ton groupe.

Le jeune garçon hoche la tête et fait signe à ses camarades de le suivre. Arik les accompagne et ils entrent dans un couloir assez étroit mais désert.

- Pour commencer, ce que je vais vous dire, je veux que vous alliez le répéter aux autres élèves. Arik, tu t'occupes des référents et des professeurs. Vous comprenez?

- Oui! répondent les jeunes et Arik en chœur.

- Parfait. Alors faisons dans l'ordre. Le trajet pour rejoindre le continent va durer quatre jours.

- Mais il nous a fallu une semaine pour venir sur Berk! objecte Rustik.

- Oui, parce que les navires civils sont limités à une vitesse fixe, dit Rand. Les navires militaires peuvent aller au-delà de cette limite. Dans la situation actuelle, les patrouilleurs poussent les navires à fond. C'est pourquoi nous ne mettrons que quatre jours à atteindre le continent. Nous débarquerons dans un port militaire, loin de la ville portuaire qui a servi de lieu de départ il y a six mois. Nous serons à environs une journée de vol de Nouvelle Berk. Une base de patrouilleurs se trouve à côté du port et c'est là que nous serons emmenés. Les patrouilleurs sur place sont déjà prévenus et sont en train d'aménager trois abris pour nous accueillir. Lorsque nous aurons débarqués, vous devrez rester bien groupés pour ne pas être laissés en arrière. Les patrouilleurs sont bienveillants en général mais ils ne peuvent se permettre de vous chouchouter en ce moment. Vous avez tout saisi?

- Oui.

- Bien, passons à la suite. Nous avons quelques informations sur les attaquants. Des images ont été envoyées aux autorités mais elles sont floues, donc on ne peut déterminer ce qu'ils sont avec précision. Tout ce que nous savons, c'est qu'ils sont de couleur grise ou noire, ils peuvent voler et courir très vite et sont extrêmement agressifs. Ils sont aussi doués d'une intelligence certaine si l'on prend en compte leurs attaques coordonnées sur toutes les capitales. D'après un rapport, aucune capitale, pas même la plus petite, n'a été épargnée. Des morts et des blessés sont à déplorer en grande quantité. On peut cependant affirmer que les pertes sont moindres dans notre pays, grâce aux systèmes d'alarmes et aux abris qui avaient été préparés dans le cadre d'un exercice d'attaque à l'échelle du pays. Les installations, bien qu'uniquement montées pour cet exercice, sont solides et efficaces. Les patrouilleurs assurent la sécurité des civils et rassemblent des vivres et du matériel de première nécessité pour les abris. Les attaquants se sont intéressés principalement aux bâtiments d'importance stratégique ainsi qu'aux hôpitaux et cliniques. Ils n'ont pas cherché à entrer en contact avec les humains et ne répondent pas aux appels de demande de communication.

- Alors nous ne savons pas pourquoi ils attaquent? demande Astrid.

- Exact. De ce fait, ils sont considérés comme hautement dangereux. En absence de toute forme de communication, les patrouilleurs ont décidé de passer aux balles réelles lors des altercations. Désormais, ils tirent pour tuer.

Un lourd silence s'abat dans le couloir, chaque jeune appréhendant le sérieux de la situation.

- Vous savez si nos parents vont bien? interroge Rustik d'une voix tremblante.

- Le Chef et sa famille sont tous sains et saufs. Pareil pour les Seconds et leurs familles. Les parents de Varek ont réussis à envoyer un message pour dire qu'ils sont avec le Chef. Arik, je n'ai pas de nouvelles de ta famille, je s...

- C'est bon, je demanderais quand on arrivera à la base, interrompt Arik avec un sourire forcé.

- Pourquoi nous n'avions aucun moyen de communication hier soir? questionne Harold dans une tentative claire de changer de sujet.

- Les dégâts matériels ont été lourds et les communications sont ralenties voire complètement interrompues, répond Rand avec un soupir. Les lignes sécurisées sont encore en service mais même elles montrent des signes de faiblesse. Les patrouilleurs ont pris le contrôle des quelques ondes encore indemnes afin de pouvoir coordonner les opérations de secours, de reconnaissance et d'attaques. Il est demandé aux civils de s'abstenir d'utiliser leurs téléphones ou internet afin de ne pas gêner les militaires ou les secours.

- Où sont les attaquants actuellement? demande Varek.

- Ils se cachent. Il est difficile de les localiser, ils restent à l'intérieur des bâtiments qu'ils ont attaqué ou se cachent dans des coins obscurs. Ils semblent refuser de sortir des capitales pour le moment. Je n'ai pas plus d'informations à ce sujet, le commandant du navire nous a dit que le reste est réservé à l'armée.

- Pourquoi ils s'en sont pris au Conseil des Guides? s'enquiert Harold en fronçant les sourcils. Ça n'a pas de sens, le Conseil est une organisation neutre qui ne favorise aucun état et dont l'influence n'est pas très étendue en-dehors des problèmes reliés aux dragons.

- Je pense que c'est justement pour ça, répond Rand. Les attaquants ont visé les réserves au début, ils doivent vouloir mettre les dragons hors jeu. Si les Guides sont incapables de s'organiser et de savoir où se trouve un dragon ayant des problèmes, les dragons vont rapidement devenir hors de contrôle et les humains seront obligés de se passer d'eux. Ça réduira le pouvoir militaire et les moyens de transport au plus basique, ce qui sera un handicap. Dans des cas de crise comme aujourd'hui, le Conseil est très important pour envoyer les Guides à l'aide des dragons qui peuvent rapidement devenir instables. Nous n'avons pas besoin de dragons fous en plus des attaquants.

- Donc les attaquants avaient préparé leur attaque bien à l'avance, dit Arik.

- Et ils savent ce qu'ils doivent viser pour nous mettre à genoux, ajoute Astrid.

- Dans ce cas, pourquoi ne pas viser les bases des patrouilleurs? interroge Harold. Ils auraient pu nous priver de tous nos moyens de riposte. Ça n'a pas de sens.

- C'est ce que se demandent aussi les patrouilleurs, approuve Rand. Je n'ai rien d'autre à vous dire, vous pouvez aller tout répéter à vos camarades.

Les jeunes et Arik hochent la tête et sortent du couloir avant de se disperser mais Harold reste derrière.

- Vous allez rejoindre les membres du Conseil dès que nous arriverons à la base?

- Oui. Heureusement, cette base est proche de l'annexe, donc il se peut que le Conseil emménage à la base pour coopérer avec les patrouilleurs.

- Vous avez une idée de ce que peuvent vouloir les attaquants?

- Aucune. J'espère que Jenny et Mégane auront plus de renseignements. Va rejoindre tes camarades, tu as des nouvelles à leur communiquer.

Harold hésite un instant puis se tourne et rejoint le pont. Il voit que les autres jeunes de son groupe sont déjà au travail et il s'y met également, commençant par le groupe de Merim, Alix et Edwin.