Titre : Himitsu

Auteur : Nandra-chan

Disclaimer : Tout est à Clamp ou presque.

Note : Coucou, me revoilou ! Désolée pour cette absence, mais quand la vie privée et le boulot s'en mêlent, j'ai du mal à tout gérer. Un chapitre un peu particulier aujourd'hui, une autre forme de combat. J'espère que ça vous plaira, c'était vraiment très très difficile à mettre en place et à écrire. J'espère que j'ai pas trop raté.


La review des reviews

Irissia : Rhoo, c'est pas beau de se réjouir de la mort de quelqu'un comme ça. En même temps, il l'avait bien mérité, héhé ! Oui, il est devenu plus fort dans sa tête notre petit blond. Heureusement, parce qu'il a encore du boulot à abattre, ce n'était pas le moment de se laisser aller.

Soren : En effet, ça c'est à peu près bien passé. Si on fait abstraction du fait que quelqu'un a fait un trou dans notre magicien préféré, bien sûr. Mission Arsyam complete. Mission Nandra, start. Au boulot, Fye, Kuro !

Vanina chan : Coucou et merci pour ta review enthousiaste ! Je suis contente que mes petites histoires t'aient plu, et j'espère que tu aimeras aussi la suite et la fin de cette fic.

Dracosplendens : Oui ! le nez qui craque c'était vraiment bon ! J'avais vraiment envie de lui faire mal à ce sale roi après ce qu'il a fait aux petits nours si mignons ! Et pour les fleurs, oui, elles sont mignonnes. Je me disais que Fye aurait pu en emporter quelques unes pour les mettre dans leur jardin, à Argaï, mais je ne suis pas sûre que Kuro sera d'accord.

Evangelysta : Mais oui, je les aime ! Je les adore même ! Je fangirlise à fond sur eux ! Et qui aime bien châtie bien ! Ouais… bon… ça ne s'applique pas à toi. Pose ce couteau, Eva… allez, sois gentille…. Doucement…. Douuuucement, là, calme-toi !

Evangelysta² : Ouf… te voilà revenue à de meilleurs sentiments. J'ai eu peur. Oui oui, ils progressent, nos deux copains, ils évoluent. Pour la demande de Yuuko, non, je te rassure, ça ne vient pas de ton cerveau. Tu n'as pas assez d'éléments pour deviner. Mais la réponse arrive bientôt, encore un peu de patience.

Vanina chan² : Oui ! je vais écrire tout plein et tu auras pleeeein de lecture à ton retour ! Passe de bonnes vacances (j'imagine que c'est pour ça que tu ne pourras plus te connecter).

Niacy : Héhé, ces fleurs, je les adore. La suite est là, c'est le moment d'affronter Nandra et de débarrasser Kurogane-bordel de cet horrible bracelet. Espérons que tout se passera bien… .

Pour gueuler parce que vous n'avez rien compris à ce chapitre, c'est en bas, au centre, en vert.


Chapitre 29 – Magicienne

A peine le mage et son compagnon avaient-ils posé les pieds sur le plateau qui s'étendait devant le palais, que la porte s'ouvrit pour laisser livrer le passage à Ranmaru, le domestique bossu.

- Soyez les bienvenus, dit-il avec une jovialité assez peu de circonstance. Dame Nandra vous attend.

Il s'effaça pour leur permettre de pénétrer dans le couloir où les appliques en forme de fleurs dispensaient une lumière tamisée.

- Je vais vous conduire au grand salon.

- Merci, répondit Fye en levant la main, mais nous connaissons le chemin.

Il lança ce sortilège de sommeil qu'il détestait tant, et le valet s'affaissa mollement. Charitable, Kurogane le rattrapa avant qu'il ne heurte le sol et l'adossa contre une cloison, puis les deux hommes reprirent leur chemin dans les galeries sombres mais luxueuses du château.

Le blond allait devant, d'un pas rapide, et ils ne tardèrent pas à arriver à l'entrée de la salle au piano. Elle était grande ouverte, baignée par la lumière qui filtrait à travers ses immenses fenêtres, et ils s'arrêtèrent sur le seuil pour laisser à leurs yeux le temps de s'habituer.

Debout au centre de la pièce, parée d'une robe immaculée dont le fond balayait le sol lustré, son opulente chevelure rose cascadant librement dans son dos et sur ses épaules, Nandra les attendait, et elle n'avait pas l'air très contente. Evanoui, son sourire mielleux de la fois précédente. Elle affichait une mine contrariée et elle les toisa d'un regard à la fois méfiant et courroucé qui n'eut pas l'effet escompté sur ses invités. Nullement impressionnés, ils entrèrent sans y avoir été conviés, le ninja referma les portes derrière lui, puis la détailla de pied en cap et leva un sourcil un peu moqueur devant son expression, tandis que le magicien s'inclinait légèrement pour la saluer avec un sourire dégagé.

- Je ne dispose pas de beaucoup de personnel, dit-elle en matière de préambule, à l'intention du blond. J'apprécierais que vous ne molestiez pas mes domestiques, à peine arrivé. Ranmaru n'est qu'un majordome, il ne vous aurait pas fait de mal.

Bon, elle avait senti qu'il utilisait sa magie à l'intérieur du château. Mais il ne s'en émut pas, il l'avait fait exprès, après tout. Cela clarifiait la situation. Il n'avait pas l'intention de la laisser mener le jeu et elle le savait, désormais.

- Je ne l'ai pas molesté, Nandra-san, répondit-il d'un ton amusé, il est simplement endormi.

- Je n'apprécie guère vos manières.

- Les vôtres me déplaisent également. Je ne suis pas quelqu'un de rancunier, mais j'avoue avoir un peu de mal à oublier votre comportement lors de notre première rencontre. Et comme je suis un peu méfiant par nature, je préfère prendre mes précautions.

La femme pinça les lèvres, le gela du regard, puis lâcha un petit soupir agacé.

- Bien, dit-elle sèchement, puisque c'est là la tournure que vous souhaitez donner à cet entretien, allons droit au but et finissons-en rapidement. Où est Ren ? L'avez-vous trouvé ?

- Vous savez bien que oui, sans quoi nous ne serions pas revenus deux jours plus tôt que le délai qui nous était accordé ne l'imposait.

- Dans ce cas, pourquoi n'est-il pas avec vous ?

- Il est ici, à Risu, en sécurité.

- Vous l'avez laissé tout seul !? Quelle stupidité ! Je pensais que vous aviez compris l'importance capitale de cet animal, et je croyais vous avoir également signalé que cet endroit était dangereux.

Ce fut au tour de Fye de pousser un léger soupir qu'il assortit d'un sourire patient, comme s'il avait affaire à un enfant turbulent et entêté. Mais sa mimique indulgente ne monta pas jusqu'à son regard, qui resta de glace. Quelle qu'ait été la façon dont il abordait les choses, il en venait toujours à la même conclusion : cette femme horripilante lui tapait sur les nerfs. Elle était parfaitement au courant de la présence d'Haiena et de Ryûoh, elle devait bien se douter que Ren était avec eux, et elle le prenait vraiment pour un idiot si elle s'imaginait lui faire croire le contraire.

En deçà de lui, Kurogane restait tranquille et attentif, prenant le temps de jauger l'adversaire, puisqu'il ne l'avait encore jamais rencontrée. Et il ne le faisait pas sans une certaine curiosité. Rares étaient les personnes capables de faire perdre son flegme à son équipier, alors, quand il en croisait une, cela éveillait toujours son intérêt. Et plus encore quand il s'agissait d'une femme, car le magicien se comportait toujours d'une façon très attentionnée et compréhensive avec les représentantes du sexe faible, qui semblaient toutes beaucoup l'apprécier.

Mais celle qui se tenait devant eux faisait doublement exception à cette règle, il la détestait, il ne se privait pas pour le lui montrer, et elle, elle paraissait le lui rendre avec beaucoup de conviction. A moins que cette colère et cette agressivité ne soient, pour elle, qu'un moyen de dissimuler ses véritables sentiments ? Que cherchait-elle à cacher ? Se pouvait-il qu'elle ait tout simplement peur de lui ?

Malgré son agacement, le blond s'efforça de conserver son calme et reprit la parole, d'un ton tranquille.

- Le petit chien ne court aucun danger. Détendez-vous, Nandra-san. Nous sommes ici pour remplir notre part du contrat, et tout ce que nous attendons de vous est que vous en fassiez de même. Il n'y a aucune raison de se fâcher.

- C'est vous qui le dites, mais permettez-moi d'émettre quelques doutes. Si vous êtes d'aussi bonne foi que vous le prétendez, pourquoi ne pas avoir utilisé la boule que je vous avais donnée pour revenir directement à Château-Lys, hier soir, et me remettre Ren, au lieu de vous terrer au fond des bois comme vous l'avez fait ?

Cette fois, le ninja en était sûr. Le plan du magicien fonctionnait à merveille, du moins pour l'instant. Leur arrivée en deux temps et loin du palais, leur façon d'agir, avaient pris leur hôtesse au dépourvu, elle était déstabilisée, et elle craignait vraiment que la situation ne lui échappe.

- Il était très tard quand nous sommes arrivés, vous le savez. Nous venions de participer à une rude bataille, nous avions besoin d'un endroit tranquille pour nous reposer un peu. Un endroit où nous pourrions nous délasser en toute sérénité, sans avoir le sentiment permanent que nous devions surveiller nos arrières. Et, pardonnez-moi de le dire aussi brutalement, mais ce château ne remplit pas ces critères.

Elle le détailla plus attentivement. Il ne paraissait pas mentir au sujet de la bataille. Il avait le visage fatigué, les yeux cernés, et le manteau qu'il avait déposé sur ses épaules était plein de sang. Son organisme devait être très affaibli s'il ressentait le besoin de se couvrir d'un tel vêtement alors que la journée était torride. Puis elle nota qu'il gardait sa main droite plaquée contre son ventre, comme si celui-ci le faisait souffrir. Avait-il été blessé ?

Elle s'était montrée négligente, pensa-t-elle. Elle n'avait cessé de les espionner, durant leur séjour à Kajara, mais son miroir ne lui renvoyait que des images, elle ne pouvait pas entendre leurs paroles. Aussi, la veille au soir, les avait-elle seulement surveillés jusqu'à la fin de leur expédition à l'école. Ensuite, elle avait vu le magicien soigner la petite fille, et elle était partie se reposer, pensant que, lorsqu'il aurait terminé, il serait épuisé et il en ferait de même, ainsi que ses compagnons. Pas une seconde elle n'avait imaginé qu'ils n'allaient pas en rester là. Elle avait été très surprise lorsque la sensation de l'ouverture d'un portail dimensionnel, puis d'un second, l'avait réveillée, quelques heures plus tard, et elle ignorait totalement ce qu'ils avaient fait pendant ce laps de temps.

Ainsi que le mage l'avait dit, six jours seulement s'étaient écoulés depuis qu'elle les avait « invités » à venir la rejoindre. Le blond était encore en convalescence à ce moment-là, et depuis, il n'avait pas ménagé ses efforts, pas plus que son partenaire, d'ailleurs. Elle voyait clair dans son jeu, à présent. Il avait fait exprès d'utiliser ce sortilège sur son serviteur, en arrivant au palais, pour lui faire croire qu'ils possédaient encore les ressources nécessaires pour l'affronter, mais il n'en était rien. Maintenant qu'ils se tenaient devant elle, elle voyait clairement qu'ils n'étaient pas en état de l'affronter sérieusement, et elle s'en réjouissait. Deux adversaires fatigués seraient plus faciles à manipuler. Si elle se montrait gentille et patiente, elle récupèrerait le chien dans peu de temps et pourrait passer à la suite de son projet.

D'un geste élégant de la main, elle désigna un canapé tendu d'une étoffe verte.

- Pardonnez-moi, Fye-san, Kurogane-san. L'impatience me fait oublier la plus élémentaire des courtoisies, alors que vous revenez d'un long et difficile voyage. Voulez-vous vous asseoir ? Désirez-vous déjeuner ? Je peux vous faire servir un repas.

- Non, merci, dit le blond en prenant place sur les coussins, tandis que le ninja restait debout un peu en arrière de lui.

- Acceptez au moins un thé ! Je me suis conduite comme une idiote, laissez-moi me faire pardonner. Cela vous fera du bien, vous avez l'air frigorifié.

- C'est d'accord pour un thé, très volontiers.

Elle convia la servante, Sonja, donna ses ordres, et attendit que la jeune fille disparaisse pour se poser avec grâce dans une bergère, de l'autre côté de la table basse.

- Nandra-san, je dois vous informer que votre cousin, le roi Arsyam, est mort cette nuit.

Elle fronça les sourcils, et le mage lut de l'étonnement dans ses yeux, puis du soulagement sur son visage. Il y avait au moins un point sur lequel elle n'avait pas menti lors de leur première rencontre, le souverain de Kajara lui faisait, apparemment, très peur, et elle était contente d'être débarrassée de lui. Et sa réaction donna également une autre indication à son interlocuteur, une agréable surprise, pour une fois. Elle n'avait apparemment pas assisté au combat de la veille, elle ne savait donc rien des nouvelles capacités de Kurogane, ni de ce que le monarque leur avait révélé sur Rozamova et sur la part qu'elle avait prise dans cette tragédie. Elle n'avait aucun moyen de se douter qu'il l'avait dénoncée.

- Vraiment ? demanda-t-elle. Je ne peux pas dire que ça m'attriste ou que je ne m'y attendais pas, mais cela me fait tout de même un choc. Que s'est-il passé ?

- Nous nous sommes battus et… je l'ai tué.

- J'imagine qu'il ne vous a pas laissé le choix. Ce pauvre homme avait l'esprit complètement dérangé, c'était un fou dangereux.

- J'ai cru comprendre qu'il avait beaucoup d'ennemis. Selon la Sorcière des Dimensions, quelqu'un cherchait à se débarrasser de lui.

- Il a fait beaucoup de mal aux habitants de Kajara, c'est vrai.

- Mais les habitants de Kajara n'étaient pas en mesure de se rebeller. Et même s'ils l'avaient fait, ils n'auraient pas fait appel à la Sorcière des Dimensions. Je pense que c'était quelqu'un d'un autre monde qui souhaitait l'éliminer.

- C'est possible… admit-elle. Qui sait jusqu'où il a pu aller, dans sa folie destructrice ?.

Elle s'efforçait de conserver son calme et son ton aimable, même si elle bouillait intérieurement. Où voulait-il en venir, à la fin, avec cette conversation ? Elle n'avait qu'une envie, c'était de récupérer le chien, mais elle savait qu'il ne le lui rendrait pas que lorsqu'il l'aurait décidé. Elle ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre son bon vouloir, ou le menacer de détruire le bracelet pour accélérer les négociations. Mais elle ne souhaitait pas en arrivera là, elle ne devait pas le braquer si elle voulait pouvoir continuer à l'utiliser par la suite. Mieux valait s'armer de patience. Elle resservit deux tasses de thé.

- Mais… comment s'y est-il pris pour s'attirer des ennemis dans d'autres mondes, s'il n'avait pas le pouvoir de voyager à travers les dimensions ? demanda le blond.

- Je l'ignore.

Fye se rembrunit soudainement, se pencha un peu avant par-dessus la table basse, et lui lança un regard accusateur.

- Vraiment ? demanda-t-il d'un ton froid. Il a dit que vous l'aviez aidé, Nandra-san.

- Moi !? Mais… non ! s'exclama-t-elle, outrée. Je vous l'ai dit lors de notre première rencontre : quand j'ai découvert ses véritables intentions je me suis enfuie avec ma fille ! Je n'ai pas voulu me rendre complice de… tout ça !

- J'avoue que je ne sais plus qui croire… Votre cousin n'avait aucun intérêt à nous mentir, sur son lit de mort. Alors que vous…

- Moi je ne la crois pas du tout, intervint le ninja. Elle essaie de te mener en bateau, Fye. Tout ce qu'elle veut, c'est sauver ses fesses, mais à mon avis, elle est aussi coupable que ce type, et on devrait lui faire la peau, à elle aussi.

Il avait l'air furieux, tout à coup. Il posa la main sur la poignée de son sabre et contourna le canapé en deux enjambées. Nandra se leva brusquement, prête à se défendre, mais le magicien fut plus rapide. Il bondit entre eux, posa ses doigts sur la poitrine du ninja, et s'adressa à lui en murmurant.

- Doucement, Kuro-chan.

- Laisse-moi passer. On a un travail de nettoyage à terminer. Et je n'ai pas l'intention de laisser le petit chien entre ses mains.

- Tu oublies le bracelet. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, et surtout pas ça. Alors, s'il te plaît, laisse-moi faire.

Le ninja regarda la femme, puis son équipier, hésita quelques secondes, et finit par rengainer son arme.

- D'accord… pour l'instant.

- Merci.

Nandra reprit place dans le fauteuil, tout en jetant des coups d'œil méfiants au guerrier, mais celui-ci ne fit plus mine de s'en prendre à elle. Le blond était resté entre eux, mais la femme n'eut pas l'impression que c'était par méfiance envers le brun. Il semblait plutôt trouver du réconfort dans leur proximité, il cherchait sa présence comme un soutien parce qu'il était affaibli. Elle comprit qu'elle avait eu de la chance. Le mage avait réussi à convaincre son compagnon de ne pas l'attaquer, mais s'il prenait à ce dernier l'envie de recommencer, il ne pourrait pas l'en empêcher, il n'en avait pas la force. Cet homme se moquait totalement de la menace du bracelet. S'il ne lui avait pas sauté dessus, c'était uniquement parce qu'il respectait la volonté de son équipier, mais elle avait intérêt à ne pas le fâcher, sans quoi il y aurait un combat, et elle ne voulait pas en arriver là tant qu'elle n'avait pas récupéré le chien. Elle allait devoir jouer serré si elle ne voulait pas tout faire rater.

- D'accord, fit-elle au bout d'un instant, je vais tout vous dire. La vérité, c'est que mon cousin avait le pouvoir de se déplacer à travers les dimensions. Tous les membres de notre famille le possèdent. Il n'a jamais eu besoin de moi pour voyager. Si je lui étais précieuse, c'était uniquement parce que j'étais la seule à savoir préparer les antidotes.

- Alors là, dit Fye avec un léger mouvement négatif de la tête, je ne comprends plus du tout. Je suis encore plus embrouillé qu'avant. Si le roi Arsyam possédait ce pouvoir, et si vous lui étiez si précieuse, pourquoi n'est-il pas venu vous chercher à Risu ? Il devait avoir envie de vous ramener auprès de lui, de gré ou de force.

- Il faut croire qu'il a changé d'avis à mon sujet. Il a dû penser que je n'en valais pas la peine.

- Mais votre attitude m'étonne également. Si vous m'avez espionné tout ce temps, vous connaissez le moyen de guérir le Mal qui semblait avoir sa préférence. Et connaissant ce secret, je ne comprends pas pourquoi vous avez fait appel à nous pour récupérer Ren. Vous auriez pu essayer de marchander : le remède contre le chien. Je ne comprends pas pourquoi vous avez attendu notre arrivée, en sachant que votre cousin pouvait décider à tout moment de venir vous chercher.

- Si j'avais fait cela, si je lui avais donné un moyen de se prémunir contre ce poison, Arsyam serait devenu tout-puissant et nous aurions été encore plus en danger. Il n'y aurait plus eu un seul obstacle à sa folie et il aurait cherché à détruire le monde, ou plutôt, tous les mondes. Et puis… il y a un autre point sur lequel je vous ai menti. Ren n'est pas du tout le réceptacle des antidotes ainsi que je vous l'avais dit. Toutes les recettes sont dans ma mémoire.

Kurogane jeta un coup d'œil en direction du mage, qui ne trahit aucune réaction fasse à cet aveu. Il avait raison depuis le début, pensa le ninja. Il avait tout de suite vu clair dans le jeu de cette femme et émis des doutes au sujet du chien, avant même leur départ pour Kajara.

- Ren… est mon fils, poursuivit Nandra. Arsyam a osé s'en prendre à son propre sang, à mon enfant, et il a… mis son âme dans cette créature ! C'est pourquoi j'ai voulu fuir. Je les ai pris tous les deux, Tan et lui, et j'ai ouvert un portail dimensionnel. Mais Ren… le nouveau Ren, est très craintif. Il a été effrayé par la magie et il m'a échappé. Je suis donc partie avec ma fille en me jurant de revenir le chercher plus tard. Seulement, une fois ici, j'ai réfléchi, et je me suis dit qu'il valait mieux faire appel à des personnes extérieures pour aller chercher mon fils à ma place. Mon retour à Kajara ne serait pas passé inaperçu, et mon cousin aurait très vite compris que j'étais venue récupérer quelque chose. Arsyam semblait avoir oublié Ren, il ne s'en préoccupait pas, alors je n'ai pas voulu ramener son attention sur lui et je me suis abstenue d'agir par moi-même. J'avais peur de mettre mon fils en plus grand danger qu'il ne l'ait déjà.

- Votre récit est très logique, Nandra-san, il n'y a rien à y redire, cependant… je ne vous crois pas.

- Pourquoi !?

- Appelez ça une intuition. D'abord, je pense qu'un enfant ne fuirait pas sa propre mère, il aurait confiance en elle, même si elle faisait des choses effrayantes devant lui. De plus, vous étiez assez forte, et assez imaginative pour vous débrouiller sans notre aide. Et si ce que vous venez de dire est vrai, c'était une raison de plus pour ne pas perdre de temps à nous faire venir et à nous « convaincre » d'agir à votre place. N'essayez pas de me faire croire que vous êtes naïve au point de penser que le roi Arsyam, connaissant la véritable identité de Ren, l'aurait laissé errer tranquillement dans son château en attendant que vous vous décidiez à passer à l'action. Cet homme a été capable de massacrer tous les enfants d'une école juste pour nous empêcher de les récupérer, alors il n'aurait pas hésité une seconde à en faire autant avec votre… fils, par esprit de vengeance, sans vous laisser le temps de vous retourner. Tout cela ne tient pas debout.

Elle le regarda longuement et ne vit aucune hostilité dans l'expression de son visage. Il était curieux, il cherchait à les comprendre, elle et son cousin, par souci de connaître la vérité. Elle comprenait où il voulait en venir. Il voulait savoir exactement qui elle était, comment elle réagissait, afin d'assurer la sécurité de son équipier quand ils feraient l'échange du bracelet et du chien. Il ne négligeait aucun détail, il ne voulait pas avoir une mauvaise surprise au dernier moment, et il refuserait d'aller plus loin tant qu'il ne l'aurait pas complètement cernée, ou du moins tant qu'il ne croirait pas l'avoir fait.

- Oh, et puis, après tout, dit-elle avec un geste agacé, si vous y tenez tant que ça, je vais vous le dire. C'est vrai, je vous ai volontairement impliqués dans cette affaire, alors que j'aurais pu m'en sortir par mes propres moyens. Mon cousin était fort, mais c'était un dément, j'étais la seule personne en qui il avait confiance, et il m'aurait été facile de revenir à ses côtés avec des paroles de regret et des excuses, puis de le trahir et de le tuer. Seulement… je voulais tester vos capacités.

- En mettant la vie de votre fils en jeu ? Il fallait que vous ayez de solides raisons pour en arriver là.

- J'en avais, en effet. Dans le cas où vous auriez réussi, je vous aurais proposé un nouveau marché, ou pour être plus précise, une association, contre un ennemi commun. Arsyam n'était pas la seule menace qui pesait sur moi.

- De qui s'agit-il ?

- Fei Wang Reed. J'imagine que cela vous dit quelque chose ?

Fye et Kurogane s'entreregardèrent et, cette fois, la surprise du magicien n'était pas feinte. Il ne s'attendait vraiment pas à voir ce nom apparaître dans la conversation. Il s'était douté qu'elle leur cachait ses véritables intentions, qu'elle attendait autre chose d'eux que le simple retour du petit chien, et il s'était attaché à lui faire avouer la vérité, mais il n'avait pas pensé que leur ennemi de toujours était la clef du mystère.

Et même lorsqu'il avait discuté avec la Sorcière des Dimensions, quand elle lui avait demandé de faire quelque chose pour elle, elle n'avait pas mentionné sa possible implication. Elle ne devait pas être au courant, sans quoi elle n'aurait pas manqué de le lui dire, ou au moins de le mettre sur une piste lui permettant de le deviner.

- Je dois me débarrasser de lui, poursuivit la magicienne, mais je ne suis pas assez puissante pour le faire seule. Et j'ai pensé que vous seriez les personnes idéales pour m'aider, étant donné que cet homme semble vous avoir gravement porté préjudice.

- Tu sais où le trouver ? demanda le ninja, s'adressant directement à elle pour la première fois.

- Non, mais il va me contacter. Je suis en possession d'une chose qu'il désire.

- Vous jouez à des jeux très dangereux, Nandra-san, dit le blond.

- Pas plus que vous. Acceptez-vous de m'aider ?

- Non, je suis désolé.

Ce fut au tour de la femme de paraître surprise, et très contrariée. Ses yeux d'or cherchèrent le regard du mage et s'y accrochèrent en lançant des reflets métalliques. Elle le maudit silencieusement. Pourquoi refusait-il ? Elle lui offrait la tête de leur ennemi sur un plateau. A eux trois, ils étaient de taille à l'affronter. Toutes les conditions étaient réunies alors pourquoi cet entêté rejetait-il son offre ? Mais quand elle parla, le ton de sa voix ne laissait rien percevoir de sa colère.

- Pourquoi ? demanda-t-elle. Je ne sais pas au juste ce qu'il y a entre vous et cet homme, mais je sais que vous cherchez à vous débarrasser de lui. Vous n'aurez pas de meilleure occasion de le faire ! Joignez-vous à moi et tous vos problèmes seront réglés.

- Nandra-san, je ne crois pas que vous nous ayez très bien jugés. Nous ne sommes pas prêts à nous associer avec n'importe qui pour arriver à nos fins. Nous n'aimons pas impliquer des étrangers à nos affaires, et lorsque nous le faisons, nous aimons savoir que nos… partenaires occasionnels ne nous planteront pas un couteau dans le dos lorsque nous ne leur seront plus utiles. Vous n'avez pas cessé d'essayer de détourner la vérité depuis que nous sommes entrés dans cette pièce, et je ne pense pas que vous soyez quelqu'un de fiable. En outre…

Il s'approcha du ninja dont la main reposait toujours sur la garde du sabre glissé dans sa ceinture, lui prit le poignet et le souleva légèrement. Le bracelet noir brilla dans la lumière du soleil.

- En outre, il reste une petite question à régler. Nous ne ferons rien, nous n'irons nulle part, tant que nous serons sous la menace de cette chose.

- Et si je l'enlève ? demanda-t-elle brusquement. Si je le retire tout de suite ?

Fye réprima un petit sourire. Il n'avait pas prévu de voir apparaître Fei Wang Reed dans la conversation, mais c'était sans importance, il en était arrivé exactement où il le désirait. Son interlocutrice était au pied du mur, il avait réussi à la coincer, à l'obliger à avouer ses intentions. Il l'avait acculée dans une impasse, et elle n'avait plus aucun moyen de faire pression sur eux, car si elle détruisait le bracelet elle se priverait de toute chance d'obtenir leur aide. Et elle n'était pas assez forte pour tenir tête à son adversaire toute seule.

A présent, le blond était vraiment le maître du jeu, il avait un contrôle total de la situation. La femme aux cheveux roses était à sa merci, prête à faire n'importe quoi pour obtenir ce qu'elle désirait. Mais il n'en avait pas terminé avec elle. Maintenant qu'il l'avait forcée à dévoiler ses projets et qu'il s'était assuré qu'elle ne ferait plus aucun mal à Kurogane, il restait un autre point à éclaircir.

- Vous feriez cela ? demanda-t-il avec un air stupéfait.

- Si c'est par là qu'il faut en passer pour vous convaincre, oui, je le ferai sans hésiter.

Le blond leva les yeux vers son partenaire, comme s'il cherchait une réponse dans son regard. Il paraissait déstabilisé. Le ninja retint un petit ricanement. Le mage jouait tellement bien la comédie que c'en était presque indécent. Il était en train de refermer son piège sur cette femme, et même si elle en avait conscience, elle n'avait pas encore réalisé qu'elle avait définitivement perdu la partie. Le comportement de Fye lui laissait un peu d'espoir, elle y croyait encore et, en d'autres circonstances, le brun aurait presque eu pitié d'elle car son équipier savait se montrer impitoyable. Elle allait passer un mauvais moment maintenant qu'il la tenait entre ses griffes.

- Mais si vous faites ça, poursuivit le magicien, que deviendra Ren ? Vous semblez l'oublier. C'est une attitude un peu négligente, pour une mère.

- Je le fais pour vous prouver ma confiance. Je suis sûre que vous êtes tous deux bien trop honorables pour vous en prendre à un enfant innocent à qui le destin a déjà joué un très mauvais tour.

Sur un signe de son partenaire, Kurogane se dirigea vers la double porte et l'ouvrit en grand. Lorsqu'elle découvrit ce qui se cachait derrière, Nandra se leva brusquement, les yeux écarquillés de surprise. Haiena se tenait là, le petit chien dans les bras, et Ryûoh était à côté d'elle. Il tenait par les épaules une fillette au regard vert et timide, qui se tenait sagement devant lui, et ne fit pas mine de se précipiter vers sa maman quand elle la vit. A terre, tout près d'eux, Mokona n'attendait que ce moment. Il ouvrit grand la bouche, et créa un portail dimensionnel devant lui.

- Vous savez ce que c'est, n'est-ce pas ? demanda Fye en s'approchant du sortilège.

Il prit le manteau ensanglanté qui reposait sur ses épaules et le jeta dans le puits lumineux.

- Vous avez raison sur un point, dit-il à la femme pétrifiée. Nous ne ferons aucun mal à vos enfants. Mais nous pouvons les expédier dans un autre monde, auprès de la Sorcière des Dimensions, par exemple. Placés sous sa protection, ils seront inaccessibles pour vous autant que pour toute personne qui souhaiterait leur nuire, y compris Fei Wang Reed.

- Vous… ne feriez pas ça… balbutia-t-elle, d'une voix blanche.

- Si, en fait. Nous ne vous aimons pas beaucoup, et nous pensons que ces deux enfants seraient plus à l'abri loin de vous. Vous allez retirer ce bracelet, Nandra-san, mais réfléchissez bien, vous ne pouvez pas tout avoir. Une fois que vous l'aurez enlevé, vous devrez faire un choix. Notre aide contre Fei Wang Reed… ou vos enfants. Si vous choisissez la première option, nous resterons avec vous mais les enfants seront envoyés au loin. Dans le deuxième cas, nous vous laisserons les petits, mais vous devrez vous débrouiller toute seule avec votre ennemi.

Nandra le fusilla du regard. Quel être sournois il faisait ! Il l'avait tellement occupée avec son petit jeu de questions et réponses qu'elle avait dû lui consacrer toute son attention, et elle ne s'était même pas aperçue que ses complices se tenaient juste derrière la porte, et que Tan était avec eux. Elle comprenait, à présent, pourquoi il s'était chargé de Ranmaru dès son arrivée. Il ne l'avait pas fait pour l'impressionner, comme elle l'avait d'abord pensé, mais pour permettre à ses compagnons de chercher tranquillement la petite fille, sans être dérangés, et de l'emmener avec eux pour lui faire cet ignoble chantage !

Elle avait été si négligente ! Elle s'était laissée duper par son visage innocent, par le fait qu'elle avait déjà réussi à le manipuler par le passé, et par son air fatigué. Mais maintenant qu'elle le voyait debout près du portail, elle comprenait à quel point elle s'était fourvoyée. Il se tenait parfaitement droit, et même si ses traits étaient tirés, il ne paraissait plus si faible. Il avait cessé de presser sa main contre son flanc pour faire croire qu'il était gravement blessé. Il n'avait pas arrêté de lui jouer la comédie depuis le moment où il avait posé les pieds dans le palais, et elle, elle avait marché. Elle l'avait grandement sous-estimé, et maintenant, elle était coincée. Il souriait. Bien sûr, il pouvait jubiler, il avait été très malin. Jamais elle n'aurait cru ça de lui, jamais elle n'aurait pensé qu'il lui emprunterait ses méthodes pour les retourner contre elle et la mettre ainsi au pied du mur.

- Nous attendons votre décision, Nandra-san, dit-il doucement. Fei Wang Reed… ou vos enfants ?

- Je choisis mes enfants, bien sûr ! s'exclama-t-elle, avec sècheresse.

Elle n'avait plus le choix. Elle devait en passer par la volonté du mage, sans quoi tous ses projets seraient réduits à néant. Elle perdrait tout. Elle s'approcha de Kurogane, posa la main sur le bracelet qui s'ouvrit et se détacha du poignet du ninja. Elle fit quelques pas en arrière et le déposa sur la table basse. Le portail dimensionnel se referma aussitôt. Le manteau du magicien disparut avec lui.

- Et maintenant, dit-elle, rendez-moi mes petits.

- Pas encore, dit le blond.

- Pourquoi !? J'ai fait ce que vous me demandiez ! Seriez-vous malhonnête et cruel au point de jouer avec les sentiments d'une mère !? Je m'attendais à autre chose de votre part, Fye-san. Je suis extrêmement déçue par votre comportement.

- J'en suis désolé, mais je crois que le supporterai, ironisa le mage. Je veux la vérité. J'en ai assez de vos mensonges. Et tant que je n'aurai pas entendu, par votre bouche, un récit que j'estime digne de foi, les petits resteront avec moi. Je répugnerais à faire souffrir une mère, mais je ne crois pas que vous en soyez une, je pense que ces enfants ne sont pas les vôtres, et ma principale priorité est d'assurer leur sécurité. Je veux savoir qui ils sont, et pourquoi ils sont tellement importants pour vous.

Cette fois, elle était vraiment en colère. Elle sentit une vague de chaleur lui monter au visage et elle perdit son sang-froid. Il avait poussé le jeu trop loin.

- Vous voulez la vérité !? lança-t-elle d'une voix que la rage et le dépit rendaient stridente. Eh bien la voilà, la vérité ! Fei Wang Reed a appris l'existence de ces enfants alors que j'étais encore à Kajara. Il m'a ordonné de les lui livrer, sans quoi il me tuerait ! Je ne voulais pas mourir, alors j'ai pris la gamine et je me suis enfuie à Rizu, mais ce maudit… chien s'est échappé et il s'est caché ! J'aurais pu retourner le chercher moi-même, mais j'ai préféré faire appel à vous pour vous tester et savoir si je pourrais ensuite vous utiliser contre cet homme ! Ces deux enfants avaient l'air très importants pour lui, alors je voulais les garder avec moi, je n'avais pas l'intention de les lui donner. Avec votre aide, j'aurais pu me débarrasser de lui, et ensuite les étudier tranquillement pour savoir ce qui les rendait si particuliers à ses yeux, et en tirer le meilleur parti pour moi. Voilà, vous savez tout, maintenant ! J'ai fait ce que vous vouliez, j'ai retiré le bracelet, alors remplissez votre part du marché et rendez-les moi ! Ils sont à moi !

- Je suis désolé, répondit le mage d'un ton doux. Puisque ces enfants ne sont pas les vôtres, je ne vois aucune raison de vous les laisser. De plus, je ne vous ai pas crue quand vous avez dit que le roi Arsyam avait le pouvoir de voyager entre les dimensions. Lorsque nous nous sommes affrontés, il a dit que vous étiez tout aussi responsable que lui du malheur qui a frappé Rozamova. Votre cousin était peut-être fou, mais à aucun moment il n'a cherché à se dégager de ses responsabilités. Au contraire, il était fier de ce qu'il avait accompli, il s'en vantait. Et pour moi, il a dit la vérité. Vous avez participé à la destruction de Rozamova, et c'est un acte que ni Kurogane ni moi ne sommes en mesure de vous pardonner. Nous avons respecté notre parole et ramené Ren à Risu, mais maintenant, c'est terminé. Nous n'apporterons aucune aide à une criminelle comme vous, et nous ne vous laisserons pas poser ne serait-ce qu'un regard de plus sur ces enfants.

Il se tourna vers Mokona et lui fit un signe du menton. Aussitôt, la petite créature ouvrit un nouveau portail dimensionnel, mais cette fois, il engloba l'adolescent et la femme à l'intérieur, ainsi que le petit chien et la fillette.

Nandra se précipita en avant et lança un sort. Elle devait les empêcher de filer ! Mais le magicien avait prévu l'attaque et dressa un bouclier devant ses compagnons. Des filaments de lumière s'enroulèrent autour d'eux, et soudain, ils disparurent tous, laissant le guerrier son équipier seuls à l'entrée du salon.

L'espace d'un instant, le monde sembla se figer. La magicienne suspendit son geste, et resta les bras ballants, les yeux écarquillés.

- Où sont-ils partis ? demanda-t-elle, anéantie. Où est-ce que vous les avez envoyés ?

- Je vous l'ai dit, ils sont partis chercher la protection de la Sorcière des Dimensions. Auprès d'elle, personne ne pourra plus les utiliser. Ni vous, ni Fei Wang Reed. Ils sont en sécurité.

- Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous venez de faire….

- Si, je m'en rends parfaitement compte. Je viens de mettre deux innocents enfants à l'abri de vos manigances.

- Et de me condamner à mort.

- Probablement, oui, répondit le magicien, que cela n'émeuvait pas outre mesure.

- Fei Wang Reed ne me pardonnera pas cet échec. A moins…

Elle releva la tête et les regarda tous les deux avec un sourire mauvais. L'air se mit à crépiter autour d'elle, tandis qu'elle préparait un nouveau sort.

- Je vais lui offrir vos têtes, comme compensation. Je pense qu'il appréciera ce cadeau, et avec un peu de chance, j'aurai la vie sauve !

Elle se jeta en avant, les mains tendues devant elle. Des bandes de runes dorées jaillirent de ses doigts et filèrent en direction des deux compagnons.

Soudain, il y eut un éclair de lumière, un point noir et rouge apparut, grossit, et un bouclier de magie bleue se forma devant Fye et Kurogane. L'attaque de la femme s'écrasa dessus. Elle recula de quelques pas et s'immobilisa, alors qu'un nouveau portail dimensionnel achevait de s'ouvrir dans la pièce et laissait apparaître la silhouette de deux hommes.

Le premier, le mage qui avait créé le sortilège, était vêtu de noir. Sa veste n'était pas boutonnée, ce qui permettait d'apercevoir son torse, entièrement enfermé dans des bandages serrés. Celui qui l'accompagnait était habillé de blanc. Il avait de longs cheveux sombres, un visage noble, et un léger sourire sur les lèvres. Dans l'une de ses mains aux doigts fins, il tenait un manteau blanc et bleu couvert de sang.

Sans accorder la moindre attention à la femme, il se tourna vers le mage blond et lui sourit.

- On dirait que je suis arrivé à temps, Fye, dit-il en lui tendant le vêtement. Ceci t'appartient, je crois.

- Merci, Ashura-oh, répondit l'intéressé en récupérant son bien.