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Pendant ce temps, tandis que Drago et Hermione restaient dissimulés dans les buissons, les deux Mangemorts qui s'étaient lancés à la poursuite d'Harry et ses amis emmenant l'arche pour la détruire, revenaient bredouille à la caverne.

Les autres partisans de Voldemort, arrivaient eux aussi clopin-clopant, la plupart blessés. Mais aucun mort n'était à déplorer sauf le loup-garou.

Nott et Rowle descendirent du balai. Les autres se rassemblèrent en cercle autour d'eux.

- Nous avons échoué, fit Rowle d'un air grave.

Ils tressaillirent tous sous la menace sous jacente. Ils savaient ce que cela signifiait.

- Il nous faut avertir le maître, l'heure a sonné.

- Aydan est mort, fit Mindall.

- Tant mieux. Ce n'est pas une grosse perte. Vous êtes prêts ?

Ils hochèrent tous la tête, même s'ils savaient qu'ils ne seraient jamais prêts à affronter une des violentes colères du Lord.

Rowle toucha la marque, qui ornait son bras, de son index et les autres firent de même. A ce moment là, le monde leur sembla tourbillonner et ils atterrirent sur le dallage dur d'une salle plongée dans la pénombre. La salle était de forme circulaire. Au centre se dressait un immense trône sur lequel Voldemort les dominait de toute sa hauteur, son aura maléfique leur coupant la respiration.

- Rowle, qu'est ce que cela signifie ? fit le Lord d'un ton doucereux, se penchant légèrement en avant, vers son interlocuteur.

Le Mangemort s'inclina.

- Aydan vous a désobéi et nous a trahi, maitre, commença-t-il, bien décidé à faire porter la responsabilité de ce fiasco au loup-garou défunt. Il a enlevé une élève et a conduit les autres à notre refuge.

Le maitre se leva lentement et descendit de son trône, les dévisageant les uns après les autres.

- Ils étaient très nombreux, fit Rowle d'une voix suppliante. Ils ont réussi à subtiliser l'arche du destin et l'ont détruite.

- Je pense que nous pouvons considérer qu'ils nous ont ouvertement déclaré la guerre n'est ce pas ?

Personne ne broncha, sachant qu'il n'attendait de toute façon aucune réponse.

- Autre chose ?

- Oui, le jeune Malefoy s'est allié à l'ennemi, maitre.

- Je pense que son père ne sera pas ravi de la nouvelle, ricana-t-il. Très bien. De toute façon, notre armée est prête. Rowle, je te charge de faire évader sur l'heure tous nos partisans d'Azkaban ; Nott, vas faire immédiatement apparaitre notre marque au dessus de Poudlard ; Worminter et Jugson, et tous les autres, contactez tous nos généraux et dites leur de nous rejoindre le plus rapidement possible avec toutes nos armées. De mon côté, je vais contacter mes plus fidèles disciples tels que Bellatrix Lestrange, Karkaroff, Lucius, MacNair et bien d'autres afin de les informer de leur future libération d'Azkaban dans les plus brefs délais, afin qu'ils se tiennent prêts. Retrouvons-nous ici dans une heure pour mettre au point tout cela.

Les Mangemorts s'inclinèrent bien bas et s'apprêtèrent à aller accomplir leur nouvelle mission lorsque le Lord reprit :

- Une dernière chose : je ne tolèrerai aucun échec. Et si vous n'avez pas été puni aujourd'hui pour votre incompétence notable, c'est simplement par manque de temps et non pas par pitié de ma part. J'attends donc de vous une réussite totale. Vous pouvez disposer.

Ils s'éparpillèrent tous en vitesse, chacun allant vaqué à l'occupation qui lui avait été attribuée.


Hermione avait brièvement perdu connaissance en découvrant la marque des Mangemorts qui flottaient d'une manière sinistre au dessus de l'école.

Ils avaient fini par rejoindre le bâtiment en boitant, tous les deux ensanglantés et affaiblis.

Et lorsqu'ils avaient poussé les portes du château, ils avaient tout de suite vu l'agitation qui règnait à l'intérieur. Tous les élèves étaient levés et MacGonnagal s'était précipitée vers eux :

- Mes enfants ! Nous étions tous tellement inquiets ! Vite, rejoignez immédiatement vos camarades à l'infirmerie, ils vous attendent.

- Madame, fit Hermione, est-ce que tout le monde va bien ?

- Oui, Miss Granger, ils n'y a pas de mort à déplorer, et il ne manque personne, vous étiez les derniers. Monsieur Potter m'a tout expliqué et malgré le fait que je pense que vous avez tous été complètement inconscients, je suis heureuse que vous soyez sains et saufs.

- Et la marque professeur ?

Elle n'augure rien de bon Miss, cependant personne n'a été tué. Je pense qu'il s'agit d'un avertissement. Nous sommes tous sur le pied de guerre et nous préparons du mieux que nous pouvons. Allez rejoindre vos camarades à présent.

Le jeune couple se rendit à l'infirmerie et lorsqu'ils pénétrèrent dans la grande pièce blanche, quasiment tous les lits étaient occupés. Madame Pomfresh soignait une vilaine plaie à la tête à Luna, Neville lui tenant la main, la cheville enserrée dans un bandage. Ron discutait avec animation avec Seamus, Harry tenait Ginny contre lui, son visage toujours maculé de sang, mais sur les visages de tout le monde, l'inquiétude régnait.

Harry les aperçut le premier et se précipita vers eux, serrant Hermione dans ses bras.

- Vous allez bien ? demanda-t-il en les regardant successivement.

- Oui, répondit Drago. Un peu secoués mais rien de grave.

- Merci de l'avoir ramenée.

- Tu sais bien que je n'aurai laissé personne la toucher.

- Oui, je le sais.

Ron s'approcha doucement et la serra contre lui également.

Drago s'appretait à lui sortir une remarque acerbe mais l'infirmière arriva en courrant à ce moment là tout en bougonnant :

- Petits inconscients ! Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait, des risques… dangereux… rien dans la tête… cette jeunesse… auraient pu être tués…

Elle attrapa Hermione sans ménagement et la fit assoir sur l'un des derniers lit de libres et commença à l'examiner sous toutes les coutures.

- Vous êtes sous alimentée Miss. Et dans un état de faiblesse extrême. Tenez, prenez-ça, fit-elle en la forçant à avaler un affreux mélange qui ressemblait, de près, à de la boue et qui en avait l'odeur. Et allongez-vous.

Son ton était sans réplique.

Hermione avala le liquide d'une seule traite, grimaçant sous le goût immonde, mais l'instant d'après, elle avait la sensation d'être rassasiée tandis qu'une douce chaleur se répandait en elle.

Madame Pomfresh attrapa également Drago sans ménagement et le fit également assoir sur le lit adjacent.

- Votre cheville est foulée aussi ! Quelle idée d'aller courir dans les bois ! Vous êtes aussi bien faible jeune homme. Allez, prenez ça aussi.

Et elle lui fit subir le même traitement qu'à la jeune sorcière tandis qu'elle lui bandait la cheville après l'avoir enduite d'un onguent.

- Maintenant, vous allez dormir.

Madame, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous aimerions nous reposer dans notre salle commune, commença Drago en voyant le regard que lui lançait Hermione.

- Vous n'y pensez pas !

- L'infirmerie est bondée, nous sommes tout à fait capables de retourner dans nos appartements, ce qui vous laissera également plus d'espace pour traiter les cas les plus graves.

- Très bien, soupira Pompom, mais pas d'imprudence jeune homme.

- C'est promis.

Il aida Hermione à se relever. Ils étaient tous les deux épuisés et n'avaient qu'une hâte, se laver et se coucher, profiter du calme apparent avant la tempête pour reprendre des forces.