Chapitre 28 : Tu m'as trahi !
Coucou tout le monde !
Je suis de retour avec un nouveau chapitre qui risque de ne pas plaire à toutes ! ^^
Je tiens à dire merci à toutes celles qui ont pris le temps de me laisser une review et surtout à Evermore01 pour la correction !
Bon je vous laisse et je vous retrouve en bas !
Chapitre 28 : Tu m'as trahi !
PDV ?
J'ouvris la porte d'entrée avec humeur. Je devais à tout prix partir, il ne me restait plus beaucoup de temps avant le départ.
Quand je posai mes yeux sur le palier, le choc me cloua sur place.
- Je vais te tuer !
Le canon d'une arme était braqué sur moi.
PDV Bella
Contrairement à ce que je pensais, le mois d'octobre avait été merveilleux.
Esmée avait tenu parole et elle nous aidait beaucoup, Edward et moi.
Finalement, nous n'avions pas encore mis Carlisle au courant. Edward préférait attendre un peu et Esmée n'avait rien dit, bien qu'elle n'approuve pas du tout de mentir à son mari.
Je savais qu'elle comprenait que ce n'était pas quelque chose de facile à dire et que son fils ne savait pas vraiment comment annoncer les choses.
Je comprenais parfaitement les craintes de mon cher et tendre. J'avais les mêmes. Mais je savais aussi qu'il y avait de grandes chances que Charlie soit beaucoup moins tolérant que Carlisle.
En tout cas, pour nous la situation était bien meilleure. Nous arrivions à nous voir plus souvent. Parfois ce n'était que pour un quart d'heure, mais nous vivions ses moments à fond pour ne laisser échapper aucun instant.
Le départ pour mon voyage était prévu pour demain matin et toutes mes affaires étaient prêtes.
J'étais à la fois impatiente, mais aussi terrifiée.
Je redoutais la séparation avec mon amour qui n'avait pas l'air de prendre la chose avec philosophie.
Surtout qu'Irina était l'une des accompagnatrices au grand dam de Zack qui était autant d'humeur qu'Edward.
Remarque, ils faisaient la paire tous les deux. Leurs yeux étaient plus noirs que le charbon et ils ne semblaient, ni l'un ni l'autre, de très bonne compagnie ces derniers temps.
Pour l'heure, nous étions à la villa Cullen. Esmée avait tenu à organiser un repas avant notre départ, c'est pour cela que nous étions tous réunis autour d'une table de la véranda et malgré l'humeur des deux hommes, ajoutés à celle de mon père, l'ambiance était plutôt bonne.
Esmée avait un regard bienveillant et souvent je la surprenais en train de contempler le regard noir de son fils avec douceur.
Visiblement, elle savait qu'il avait encore plus de mal que moi avec cette séparation.
- Dis Edward, tu n'en as jamais marre de broyer du noir ? Lui lança Emmett en gobant littéralement un énorme morceau de gâteau au chocolat qu'avait préparé la maîtresse de maison.
- C'est vrai Ed', on peut savoir ce qu'il t'arrive ?
Faites confiance à mon père et à ce cher Emmett pour mettre les pieds dans le plat.
- Rien… juste du boulot que m'a refilé le proviseur.
Piètre mensonge, mais que mon père goba puisqu'il lui tapa dans le dos.
- Ah mon vieux… heureusement, tu n'as pas encore de fille qui part en te laissant tout seul pour un mois entier.
Le regard d'Edward se fit encore plus noir et je le vis regarder la table avec des flammes dans les yeux. S'il avait pu lancer des éclairs, je crois qu'à ce moment précis l'objet serait en train de brûler littéralement.
- Tu n'es pas assez grand pour vivre seul ?
Mon père haussa les épaules et grignota son gâteau.
- Surement… mais la bouffe n'est jamais aussi bonne que quand ma petite fille est là.
Cette fois c'est moi qui adressai à mon père un regard de colère.
- Papa ! Il me semble que je ne suis plus une petite fille.
- Et bien tu resteras la mienne !
Rien à ajouter visiblement.
Je voulais le tuer !
- Dis Ed', les gars du boulot m'ont parlé d'un endroit où tu pourrais te détendre.
C'est d'une façon tout à fait naturelle que ce gros lourdaud avait parlé. Il se léchait les doigts couverts de chocolat, ce que je trouvais dégoutant.
- Pardon ?
Edward n'était pas vraiment d'humeur à écouter son meilleur ami, mais apparemment ce dernier ne paraissait pas vraiment s'en rendre compte puisqu'il continuait sur sa lancée.
Je dois bien avouer que je ne tenais pas plus que les autres à connaître les pensées d'Emmett.
- Ouais, c'est un club de Seattle. Vu que tu as perdu la main avec les femmes, je suis sûr qu'il pourrait t'aider.
J'en étais certaine !
J'entendis Esmée pouffer de rire, ce qui n'était pas vraiment son genre.
Mon père et Carlisle n'étaient pas en reste non plus, puisqu'ils avaient chacun une main sur la bouche pour s'empêcher de glousser comme des dindes.
Rosalie, elle, avait plus envie de tuer Emmett. Quant à Edward, lui, il n'avait pas l'air de beaucoup rire.
Enfin ce fut avant de comprendre ce qu'il avait en tête.
Je le vis très distinctement attraper l'une des bouteilles d'eau poser près de lui.
- Vraiment ? Tu te fais du souci pour ma vie sexuelle ?
- Bin, elle me semble légèrement déserte depuis des mois ! Tu vas redevenir puceau crois-moi…
Il riait à gorge déployer et ne se rendait même pas compte du tour qu'allait lui jouer Edward.
- Oh, mais ne t'inquiète pas… ma vie sexuelle est exaltante.
Emmett parut surpris.
- Tu te payes des prostitués ?
Il était plié sur sa chaise alors qu'Edward ouvrait la bouteille – pleine — au-dessus de sa tête. L'intégralité du liquide se déversa sur la tête d'Emmett qui poussa un cri, épouvanté.
Toutes les personnes présentent autour de la table se levèrent d'un bon pour éviter d'être arrosé.
- Edward Cullen ! Ma maison ! Hurla Esmée en s'indignant contre son aîné qui jeta la bouteille dans un coin de la véranda.
Emmett s'ébroua violemment, lançant des gouttes d'eau dans tous les coins, puis il braqua son regard sur Edward.
- Tu es conscient que tu viens de signer ton arrêt de mort ?
- Fais gaffe, tu vas signer la tienne.
- C'est ce qu'on va voir vieux.
Sur cette menace, Emmett se précipita après Edward qui détala comme un lapin aussi vite qu'il le put.
Esmée était dans tous ces états quand elle se rendit compte que les deux hommes étaient en train de ruiner son ménage.
Je les suivis alors qu'ils se dirigeaient vers la piscine. Je ne fus guère surprise quand j'entendis un grand « splash » et deux cris d'hommes.
Ils se battaient dans la piscine.
- Moi je vote pour Emmett, entendis-je mon père parier.
Je me tournais alors que Carlisle parlait.
- Ne sous-estime pas mon fils. Il en a dans les bras.
Je les vis échanger une poignée de main alors qu'ils s'approchaient du bassin. Edward attrapait Emmett par le cou pour le couler et tentait lui-même de se pousser afin de sortir du bassin.
Je me doutais que ses vêtements devaient peser une tonne.
Ses cheveux trempés et surtout ébouriffés dans tous les sens, ses joues rouges et ses yeux pétillants me firent sourire.
En cet instant il n'avait plus 30 ans, mais bel et bien 15 ! Et je dois dire qu'il était vraiment magnifique.
- Emmett ! Cria Rosalie qui n'était pas bien loin.
Aucun des deux combattants ne faisait attention à elle et elle s'égosillait dans le vide.
Emmett finit par reprendre l'avantage et Edward finit au fond du bassin alors qu'il s'apprêtait à sortir.
Ce jeu dura plusieurs minutes avant qu'Esmée n'arrive en hurlant et les fasse tous les deux sortir du bassin. Elle avait plus d'autorité que sa fille apparemment.
- Non, mais vous vous êtes vu tous les deux ? Deux gosses ! Vous allez me faire le plaisir de ranger ma maison et surtout de la nettoyer. Je la veux aussi impeccable qu'avant, je vous préviens. Et cessez donc de rire tous les deux, s'écria-t-elle en se tournant vers Charlie et Carlisle qui se régalaient toujours du spectacle.
- D'ailleurs, il y a une table à débarrasser et une cuisine à nettoyer, vous allez vous y mettre.
C'est comme ça que nous nous retrouvâmes à trois dans le salon alors que tous les hommes étaient occupés au ménage.
- Impatiente non, Bella ?
- Oh oui Rosalie.
La belle blonde me sourit chaleureusement avant de se tourner vers sa mère.
- Oh fait maman, je crois que je vais le faire. Je vais aller m'installer chez Emmett. Nous en avons parlé et nous le voulons tous les deux. Et puis, ce n'est pas comme si je passais la plupart de mes nuits là-bas.
- Si c'est ce que tu veux, alors nous t'aiderons à déménager.
- Je me doute que ce n'est pas facile avec Alice et tout…
Esmée haussa les épaules, mais je voyais bien qu'elle ne se sentait pas très bien.
Ils n'allaient plus avoir d'enfants à la maison et c'était dur pour une femme habituée à materner.
Rose parut le comprendre puisqu'elle s'agenouilla devant sa mère et lui prit ses mains dans les siennes.
- Je ne serais pas loin maman. Je te promets d'être là à chaque fois que tu auras besoin de moi.
Mais cela ne réussit pas à rendre le sourire à cette femme si aimante qui sembla morose durant le reste de la journée.
Au moment du départ, je cherchais toujours une idée pour rester chez les Cullen mais je n'arrivais pas à en trouver une que mon père goberait.
Quand je regardais Edward, je pouvais constater qu'il aurait tout donné pour que je reste ici cette nuit et que nous puissions ainsi profiter l'un de l'autre avant mon départ.
Il paraissait aussi mal que moi.
Pourtant, c'est mon père lui-même qui nous sauva. Ou plutôt son boulot puisqu'un appel interrompit les embrassades d'au revoir.
- Oui ? … ça ne peut pas attendre… d'accord, j'arrive.
Il raccrocha avec humeur et se tourna vers nous.
- Bell's ça te dérange de rester ici cette nuit ? Je viendrais te chercher demain matin et je t'amènerai tes valises. Je préfèrerais que tu ne restes pas toute seule.
Inutile de préciser que je m'empressai d'accepter.
Edward retrouva comme par miracle le sourire alors qu'il voyait la voiture de mon père s'éloigner le long de la route et que moi, je restai là. Rosalie était déjà partie avec Emmett et Carlisle s'apprêtait à se rendre à l'hôpital pour sa garde de nuit.
- Bon Bella, je te souhaite un bon voyage et surtout profite bien de ce mois.
J'acquiesçais et le serrai dans mes bras.
Bientôt, nous nous retrouvâmes à trois dans le salon.
- Vous avez eu ce que vous vouliez finalement, souffla Esmée en nous regardant tour à tour.
Il n'était pas tard à peine neuf heures, mais je me doutais que nous allions monter tous les deux sans plus tarder.
- Bon je vous laisse, je vais aller regarder la télé dans ma chambre. Bonne nuit les enfants.
Elle nous lança un regard bienveillant, nous embrassa et monta les escaliers nous laissant seuls Edward et moi.
- Je ne veux pas que tu partes.
- C'est toi qui m'as payé le voyage, lui rappelai-je en l'attrapant par le cou pour le forcer à baisser la tête.
- Bien sûr que c'est moi qui ai eu cette idée lumineuse, quelle question ! Imbécile que je suis !
Je lui attrapais la main et l'entrainais dans les escaliers jusqu'à sa chambre.
Arrivée à destination, je fermai la porte et le poussai sur le lit où il tomba comme une masse.
J'étais bien décidée à profiter de cette nuit. Il était bien rare que nous ayons une nuit entière lui et moi et puis je devais faire le plein de cet homme avant cette séparation qui n'allait être facile ni pour lui, ni pour moi.
Il était tellement plongé dans ses idées noires qu'il ne remarqua qu'avec un temps de retard que je venais d'enlever mes vêtements et que j'étais pratiquement nue devant lui.
- Bella ?
Je posai ma main sur son torse et le forçais à s'allonger.
Je l'enjambais pour me retrouver au-dessus de lui.
- Vas-tu enfin t'intéresser à moi au lieu de ressasser. Un mois, ce n'est pas horrible et puis tu prépareras Noël en attendant.
- Tu ne regarderas pas les beaux Français ?
Question absurde évidemment, mais s'il n'y avait que ça pour le rassurer.
- Bien sûr que non ! Tu sais bien que toi seul comptes pour moi.
Un sourire s'étendit sur ses lèvres alors qu'il posait enfin les mains sur moi.
Je le sentis remonter le long de mes jambes et empoigner mes fesses pour me faire monter.
- Tu sais que tu es devenue une vraie tigresse ?
Je ris doucement tout en embrassant son visage parfait.
- Comme si ça ne te plaisait pas ?! Grondai-je faussement vexée.
- Tu sais bien que oui, murmura-t-il en me regardant droit dans les yeux.
Ses mains passèrent sur mon ventre et dans mon dos, ce qui provoqua des frissons dans tout mon corps.
Je caressais doucement son torse et retirai sa chemise qui était définitivement de trop.
Son torse ainsi dénudé, je me régalais à le caresser et à l'embrasser tout mon soûl.
- J'ai créé un véritable monstre, souffla-t-il alors que je tirais son jean et son boxer dans un même mouvement vers le bas pour le dévêtir complètement.
L'objet de ma convoitise était dressé et n'attendait plus que mon attention. Je ne me fis pas prier pour m'exécuter et l'attraper d'une seule main.
J'aurais voulu aller jusqu'au bout, mais il me força à m'arrêter avant, et renversa la balance puisque bientôt je me retrouvais sur le dos et lui, au-dessus de moi.
- Tu es bercée dans la lingerie sexy maintenant ?
Je hochai vigoureusement la tête alors qu'il me retirait mon soutien-gorge et qu'il descendait vers ma féminité.
Edward savait à quel point j'aimais ça et il s'amusait avec moi en prenant son temps pour arriver à son but ce qui me fit gémir.
Je me retenais autant que je le pouvais, ne voulant pas qu'Esmée entende quoi que ce soit.
Elle était tolérante, mais je me doutais qu'elle avait comme tout le monde ses limites et que nous ne devions quand même pas les franchir.
Il finit par atteindre son but et sa langue sur mon point de plaisir manqua de me faire partir, mais comme lui, je tenais à ce qu'il soit en moi.
Il le comprit et remonta vers moi avant de me pénétrer avec la douceur qui le caractérisait toujours.
Nous ne formions plus qu'un et je voyais bien que lui comme moi, nous étions là où nous avions envie d'être.
Autant dire que la nuit fut mouvementée et que je ne dormis pas beaucoup.
Aux petites lueurs de l'aube, quand il fut temps de s'habiller et de se préparer pour le départ, je sentis qu'Edward refusait de me laisser aller.
Il s'accrochait à moi et je ne tenais pas vraiment à le lâcher non plus. Mais nous n'avions pas le choix.
- Bella, murmura mon amour dans mon cou.
Nous étions encore nus et je pouvais sentir qu'Edward avait un petit problème. Visiblement, la nuit ne l'avait pas calmé.
Mais je sentais également la douleur qui le faisait se crisper alors que je tentais de me lever.
Je jetais un coup d'œil à l'heure. Il n'était que 6 heures, j'avais encore au moins une heure devant moi.
Je roulais sur lui et sans préliminaire, je le fis entrer en moi. D'abord surpris, il m'accompagna rapidement et nous atteignîmes ensemble le septième ciel une ultime fois.
- Il faut vraiment que je me lève maintenant.
Il hocha la tête et roula sur le côté pour me laisser.
Je me dirigeais vers la salle de bain et après une douche sommaire, revins dans la chambre.
Edward était toujours couché dans le lit et me tournait le dos.
Je m'approchais de lui et m'assieds sur le bord du lit.
Je passais ma main dans ses cheveux comme on l'aurait fait avec un enfant.
- Mon chéri… il existe le téléphone.
- Je suis une lavette ! Grogna-t-il en se tournant vers moi.
Ses émeraudes brillaient, mais il ne pleurait pas.
- Non, tu n'en es pas une et crois-moi, je préfère que tu sois ainsi plutôt que tu joues les gros dur et surtout les insensibles.
Il me tendit les bras et je me serrai contre lui. Je respirai à plein poumon son odeur et il fit de même avant que je ne me détache de lui.
Je le sentis détacher mon écharpe et la serrais contre lui alors qu'il me tendait sa chemise.
- J'ai dormi avec ses derniers jours, me précise-t-il en respirant mon vêtement.
C'était tellement tendre et doux que les larmes me montèrent aux yeux et bien que je me sois promis de ne pas pleurer, des larmes m'échappèrent.
- Tu devrais y aller avant que ton père ne monte ici. Je ne viens pas… je crois que je ferais une bêtise sinon.
Je le regardais avec douceur et étudiait son visage que j'aimais tant. Cet homme que j'adorais littéralement.
- Je t'aime Edward pour toujours.
- Je t'aime encore plus mon amour. Pour l'éternité.
Je l'embrassais une dernière fois avant de me lever et de sortir de la chambre.
Je me doutais que mon père devait déjà être en bas.
Pourtant, quand j'arrivai ce n'était pas lui, mais un de ses collègues de travail qui, dans mon souvenir devait s'appeler Paul.
D'abord surprise, je m'approchais de lui.
- Où est mon père ?
- Il a eu une urgence. Il m'a demandé de t'accompagner à l'aéroport.
Cela ne m'étonnait qu'à moitié.
- Ce n'est pas la peine… Edward…
Après tout, il pourrait peut-être m'accompagner.
- Charlie a insisté pour que ce soit moi !
Voilà qui ne méritait pas d'éclaircissement.
Je n'avais donc pas le choix. De toute façon, je ne voulais pas dire au revoir à Edward dans un hall d'aéroport bondé d'élèves et de profs.
Je montais donc dans la voiture et nous démarrâmes.
Je tenais dans mes mains la chemise d'Edward qui portait son odeur.
Voilà un souvenir que j'allais pouvoir chérir durant ce mois.
PDV Edward.
Quand je descendis dans la cuisine de mes parents, Esmée était attablée devant un petit déjeuner copieux.
Elle ne me demanda pas comment j'allais et je lui en fus gré. Je ne tenais vraiment pas à parler de mon état actuel.
Elle poussa vers moi la cafetière et je m'en servis une tasse.
Je n'avais guère faim, mais je tenais tout de même à manger quelque chose pour faire plaisir à ma mère. Je croquais donc dans un croissant.
- Ce n'est qu'un mois mon chéri.
- Ça ne me rassure pas, tu sais !
Elle avait un sourire indulgent sur les lèvres que je lui rendis même si le cœur n'y était pas.
Cela voulait dire 4 semaines, 31 jours, 744 heures, 44 640 minutes, 2 678 400 secondes.
Une éternité pour moi.
J'allais faire comment pour tenir au juste ?
Esmée sembla comprendre que rien ne me sortirait de ma morosité et décida de laisser tomber puisqu'elle se leva.
Je m'en voulais quelque peu d'agir ainsi avec elle. Ma mère était un ange grâce auquel la situation s'était nettement améliorée depuis quelques semaines.
Elle était en train de faire la vaisselle quand mon téléphone sonna. Je l'attrapai et sans même vérifier le correspondant, je décrochai en grognant.
- Et bien Edward. Je vais peut-être réviser mon choix finalement, s'exclama le proviseur en riant de l'autre côté du fil.
Je regardais ma mère un air perdu.
- Pourquoi ?
- J'ai besoin de toi pour accompagner les élèves en France, il s'avère qu'un des profs n'a pas pu se libérer. Je me doute que je te préviens au dernier moment, mais…
- Ce n'est pas grave ! M'écriai-je en me levant de ma chaise qui se fracassa sur le sol.
- Et bien qu'elle enthousiasme, pour quelqu'un qui va se retrouver coincé avec une bande d'ados pendant un mois.
S'il savait qu'une seule d'entre eux m'intéressait !
Honnêtement, le reste, je n'en avais rien à faire.
- Tu crois que tu pourras y être d'ici deux heures ?
Je n'étais pas certain, mais je n'allais pas traîner maintenant.
- J'y serais !
- Bon je compte sur toi.
Je raccrochais avant de regarder ma mère puis le téléphone pas encore certain de ce qui venait de se passer.
Je n'allais pas être séparé de Bella. J'allais partir avec elle.
- Maman ! M'écriai-je comme un gosse de 10 ans.
Je me précipitai vers ma génitrice et la soulevai dans mes bras pour la faire tournoyer.
- Edward ! S'égosilla-t-elle en s'accrochant à moi.
- Je pars avec elle, je pars avec elle.
Je reposai ma mère sur le sol avant de l'embrasser sur les deux joues.
- Tu ferais mieux de te dépêcher, jeune homme. Que fais-tu encore ici ?
Elle avait raison.
- Rentre chez toi le plus vite possible et fais ta valise.
- D'accord.
Je me précipitais à l'étage, m'habillais en une demi-seconde et redescendis, clefs de voiture en main.
- Maman ?
- Oui, bon voyage mon chéri, amusez-vous bien !
J'embrassais ma mère et courus aussi vite que je le pus vers ma Volvo.
Je démarrai sur les chapeaux de roues et pris la direction de mon appartement.
Je montais chez moi en montant les marches quatre à quatre et ouvris la porte d'entrée.
Une fois dans ma chambre, je sortis une valise et jetais des affaires au hasard.
Je pris le strict nécessaire. J'achèterais le reste une fois arrivé là-bas, je n'avais guère le choix de toute façon.
J'étais presque à la fin de ma valise, il ne me restait qu'une heure avant le départ quand on sonna à la porte.
- Ce n'est pas le moment, marmonnai-je en fermant ma valise et en la tirant dans le salon.
Je rassemblais mes clefs de voiture, mes papiers et ce dont j'avais besoin.
La sonnerie retentit une deuxième fois. Je regardais la porte d'un œil mauvais avant de l'ouvrir avec humeur. Je devais à tout prix partir, il me restait plus beaucoup de temps avant le départ.
Quand je posai mes yeux sur le palier, le choc me cloua sur place.
- Je vais te tuer !
Le canon d'une arme était braqué sur moi.
PDV Bella.
Le collègue de mon père me déposa à l'aéroport et il m'aida à transporter ma valise vers l'endroit où notre groupe se trouvait.
Il me laissa une fois que je fus pris en charge par quelqu'un selon ses propres mots !
Je levai les yeux au ciel alors qu'Irina s'approchait de moi.
Elle en était à quatre mois de grossesse, cela commençait à peine à se voir.
- Alors tu es prête ?
Je hochai la tête tout en la serrant dans mes bras.
- Oh oui. Mais je dois dire que ça ne va pas être facile avec Edward…
- J'ai eu du mal à quitter Zack et Kate ce matin.
Je me doutais qu'elle comprendrait mieux que personne ce que je ressentais.
- Jeunes gens, pars ici, fit la prof de Français qui leva le bras pour nous faire approcher.
- Nous allons nous diriger vers les guichets pour nous enregistrer.
Il fallut plus d'une heure avant que tout le monde soit dans le hall d'embarquement.
Je voyais distinctement les profs former un petit groupe et parler avec animation.
Je me tournais vers Irina qui décida d'aller aux nouvelles.
Elle revint un quart d'heure plus tard.
- Visiblement, un des profs s'est désisté et le proviseur a appelé quelqu'un à la rescousse.
- Tu crois que c'est Edward ? Demandai-je pleine d'espoir tout à coup.
Elle haussa les épaules avant de regarder les élèves.
- Peut-être. Je sais qu'il s'est inscrit sur la liste, mais après, je n'en sais pas plus et les autres non plus.
Je passais la demi-heure qui suivit les yeux rivés sur le hall d'arrivée dans l'espoir de voir apparaître mon merveilleux amour.
Mais celui que je vis arrivé avait une autre tête et surtout de la poitrine et une mini-jupe.
- Tanya ? Fit Irina en se levant.
- Ouais, le proviseur m'a demandé de remplacer au pied levé.
Tout le monde se regarda. Les profs n'avaient pas l'air des plus assurés alors que pour ma part j'avais envie de me gifler d'avoir espéré si fort quelque chose qui n'arrivera pas.
Génial, le voyage commençait vraiment bien.
« Le vol à destination de Paris décollera dans 15 minutes. Merci d'embarquer dans les plus brefs délais ».
- Géniale, je ne suis jamais allée en Angleterre ! S'écria Tanya qui avait l'air totalement déplacée avec sa mini-jupe et ses talons vertigineux.
Je ne suis pas bien sûr que j'allais survivre à ce voyage !
PDV Charlie.
La nuit avait été particulièrement longue et je commençais à fatiguer quand les premières lueurs du soleil apparurent sur l'horizon.
L'affaire qui nous tenait aujourd'hui n'était pas sans me rappeler celle de Seattle quelques mois auparavant. Je n'avais pas vraiment envie de me retrouver une nouvelle fois pris dans l'engrenage qui avait été le mien durant le mois de juin.
Enfin, dans quelques petites heures ma Bella allait partir pour la France.
Il était d'ailleurs temps de rentrer chez moi pour aller chercher ses bagages. Je devais ensuite aller la chercher chez les Cullen pour l'emmener jusqu'à l'aéroport.
Je n'avais guère envie de la voir partir, mais je savais qu'elle était jeune et qu'elle avait donc envie de prendre un peu le large même si pour son vieux père ce n'était guère facile.
Je rentrais chez moi et me dirigeai vers la salle de bain dans l'intention de prendre une douche avant le départ.
Quand j'eus enfilé des vêtements de civils, je pris la direction de la cuisine où je me servis un café qu'il ne me fallut guère de temps pour finir.
Quand je jetais un coup d'œil à l'heure, je me rendis compte qu'il était plus tard que ce que je pensais. J'allais devoir passer la vitesse supérieure si je ne voulais pas mettre ma fille en retard.
Je montais rapidement dans sa chambre et trouvai ses valises sur son lit et sur le sol.
Bella était tellement organisée que tout était déjà bouclé depuis plusieurs jours.
Je sortis sa valise de la chambre et la descendis dans le couloir, puis je remontai pour prendre son sac.
Je me tournais dans l'intention de sortir quand je trébuchais sur un bouquin qui était posé sur le sol.
- Bella, grognai-je en regardant le sol.
J'attrapais le livre et j'allais pour le poser sur la table de chevet quand un morceau de papier tomba sur le sol.
Je refusais de fouiller dans ses affaires alors je ramassais le papier qui était en fait une photo et la posai sur le meuble.
J'étais en train de sortir quand quelque chose me stoppa.
Je me retournais d'un coup et vrillait mon regard à cette photo que je venais de reposer.
- Mais ?
Edward et Bella étaient sur cette photographie.
Le choc me cloua sur place quand je me rendis compte de ce que montrait ce bout de papier.
Je n'étais pas quelqu'un de très perspicace, mais il n'y avait pas besoin de beaucoup l'être pour voir ce qui crevait les yeux.
- Ce n'est pas vrai, soufflai-je au bord de l'anévrisme.
Je n'arrivais pas à y croire, mais pourtant les faits étaient là.
Je me laissais tomber sur le lit une place de ma fille.
- Oh non Bella…
Cette photo avait été prise durant leur voyage à New York, étant donné que la statue de la Liberté était derrière eux. Leurs regards ne trompaient personne, leur proximité non plus. Ils se regardaient droit dans les yeux comme on le faisait quand on était un couple.
- Ce n'est pas vrai !
Je savais que Bella était amoureuse, mais jamais je ne me serais douté qu'il s'agissait d'Edward.
Qu'ils pouvaient être… tellement de chose était en train de se mettre en place dans ma tête.
Le comportement d'Edward avant mon départ pour l'affaire de Seattle, puis mon retour qui n'avait pas eu l'air d'enchanter ma fille.
Edward qui, pas plus tard que la veille affirmait que se vie sexuelle était bien remplie.
Le malaise qui s'emparait parfois d'eux quand on évoquait une possible relation avec quelqu'un.
Autant de chose que j'avais à peine relevée sur le coup, mais qui revenait s'abattre sur moi maintenant que j'y pensais.
J'ouvris le tiroir de sa penderie et tombais sur des ensembles de lingerie que jamais je n'aurais pensé que Bella possédait.
Je me tournais vers la table de chevet et cette fois, je trouvais une lettre ainsi qu'une série de clichés qui les montraient tous les deux.
La pire était celle où ils s'embrassaient.
Ma Bella…
Une rage indescriptible s'empara de moi, mon sang bouillait dans mes veines.
- Je vais le massacrer !
La colère monta en moi et je serrais les poings, ce qui me fit froisser le papier.
J'allais lui faire payer.
Il m'avait trahi, il m'avait pris ce que j'avais de plus cher.
Le bénéfice du doute ne s'appliquait pas dans cette situation. Ils s'embrassaient sur un des clichés.
Je n'allais pas le laisser continuer son petit jeu.
PDV Edward
- Je vais te démolir ! Vociféra Charlie en me poussant dans le salon.
Il claqua la porte derrière lui et je reculais.
Le canon de son arme était toujours braqué sur moi. J'en avais des sueurs froides.
Ses traits étaient déformés par la rage. Il était méconnaissable et je n'avais pas l'impression de connaître celui qui était en face de moi.
Jamais je n'aurais pensé qu'il finirait par le découvrir si vite. Pas comme ça.
J'étais conscient qu'un jour ou l'autre nous allions devoir l'affronter, mais là, c'était la pire situation que je pouvais envisager.
Charlie était littéralement dominé par la colère qui bouillonnait en lui.
- Charlie, je peux t'expliquer !
Il eut un rire méprisant alors qu'il levait le canon de son arme et me frappa avec.
Ma tête se déporta et je sentis le goût du sang envahir ma bouche. Je vis 36 chandelles tournées autour de moi et je tombais comme une masse dans le fauteuil.
Il frappait fort, je ne pouvais le nier.
Je tentais de me relever, mais il revint à la charge une deuxième fois puis chargea son arme.
- Comment as-tu pu me faire ça ? Comment as-tu pu profiter de ma fille ? Je te faisais confiance, merde !
Il m'envoya un coup de pied dans les côtes qui me fit plier en deux.
- Charlie, m'écriai-je en essayant de l'arrêter.
Il était hors de question que je lève à mon tour la main sur lui. Mais je devais à tout prix me sortir de là. Pourtant, bloqué entre le fauteuil et la table de chevet, j'avais du mal à me mettre debout, surtout que les coups pleuvaient.
- Je vais t'arracher les yeux ! Elle n'a que 17 ans espèce de salopard, 17 ans !
Je sentis la pointe de son arme se poser sur ma tempe alors que je me mettais accroupi.
- Charlie, s'il te plaît, laisse-moi t'expliquer !
Il poussa son arme sur ma tête qui recula légèrement.
Je ne le voyais pas, mais je me doutais que ses yeux devaient être noirs.
Charlie était dominé par ses émotions. Il était le chasseur, j'étais la proie.
- Ecoute-moi, le suppliai-je en levant les mains en l'air dans une tentative de conciliation qui ne marcha pas puisqu'il me frappa encore.
- Jamais ! Je vais te le faire payer. Je vais te détruire pour ce que tu as fait ! Pour avoir osé t'approcher de ma fille… parce que tu couches avec elle n'est-ce pas ? J'ai trouvé la lingerie et les photos. Ces photos qui vous mettent si bien en scène tous les deux !
Je ne pouvais pas démentir. De toute façon, je ne suis pas certain qu'il allait m'écouter.
- Je l'aime Charlie, jamais je ne lui ferais de mal.
Le rire hystérique de cet homme que j'avais considéré comme un ami me fit froid dans le dos.
- Couche-toi ! M'ordonna Charlie en me poussant sur le sol !
- Charlie qu'est-ce que tu fais ? M'alarmais-je alors qu'il me poussait sur le sol de mon salon.
C'était une question idiote puisque je savais parfaitement ce qu'il était en train de faire. Je ne voulais seulement pas y croire.
Le pire cauchemar que Bella et moi avions imaginé était en train de se produire.
La seule consolation, c'est que mon amour était partie et qu'elle n'assisterait pas à ça.
Je sentis le métal froid se refermer sur mes poignets alors qu'il me passait les menottes.
D'un coup sec, il me força à me relever et me poussa vers la porte d'entrée.
Tu as de la chance que le crime soit puni et que je n'ai aucune envie de gâcher ma vie pour un minable, mais je vais te détruire, sale…
Il ne termina pas sa phrase, mais je savais qu'il n'en pensait pas moins.
- Charlie s'il te plaît, laisse-moi m'expliquer.
Je me doutais que je parlais dans le vide, mais je ne pouvais pas le laisser agir ainsi.
- Je ne veux rien entendre qui sorte de ta bouche. Rien du tout.
Il ouvrit la porte et me poussa dans le couloir.
Il était encore trop tôt pour qu'il y ait quelqu'un dans mon immeuble, mais je me doutais que ça n'allait pas être le cas bien longtemps.
Charlie me poussa jusqu'à sa voiture de shérif et me jeta littéralement sur les sièges arrière là où s'asseyaient les suspects.
À cause de la grille, aucun dialogue n'était possible. Je ne pouvais donc pas m'expliquer avec lui, mais je ne pouvais pas le laisser faire.
Je l'avais promis à Bella, je ne pouvais pas baisser les bras alors que j'étais en train d'affronter la plus dure épreuve de ma vie.
Arrivé au commissariat, Charlie me sortit sans ménagement de la voiture ce qui me fit trébucher et il me propulsa violemment vers la porte.
Il me traîna littéralement le long de la large pièce où seulement quelques personnes se trouvaient puis il atteignit une pièce sombre où il alluma la lumière.
- Charlie, hurlai-je alors qu'il ouvrait une cellule où il me projeta à l'intérieur.
- Je vais te détruire Edward, je vais t'enlever tout ce que tu as et te briser pour ce que tu as fait à ma fille.
Il me força à me débarrasser de tous mes biens, montres, lacets de chaussure, couteau Suisse, ne me laissant que mes vêtements.
Je fus contraint de retirer la gourmette que mon amour m'avait offerte et une douleur encore plus intense que celle que j'éprouvais physiquement se propagea en moi.
- Je vais t'anéantir !
Sur cette menace et mes affaires sous le bras, entassés dans un sac en plastique, il partit purement et simplement.
La dernière chose dont j'eus conscience, c'est de la porte qui se refermait dans un bruit sourd comme si elle annonçait un mauvais présage.
Je ne savais pas ce qui allait se passer maintenant, mais c'était mauvais, très mauvais.
Alors vos avis ?
Vous n'êtes pas trop déçu de cette fin ?
Prochain chapitre la fameuse confrontation Charlie/Edward qui risque de ne pas se terminer de la meilleur des façons mais je n'en dirai pas plus !
A bientôt …
