HISTOIRES DE SANG
Chapitre 28 – Révélations incessantes
- « HARRYYYY ! » s'écria Drago.
Il s'était précipité complètement hystériquevers le corps de son petit ami, qui gisait inconscient à terre devant le bureau de Luka.
- « Harry ! Réveille-toi mon ange… Allez, réveille-toi ! » suppliait le blond tout en secouant le Gryffondor de toutes ses forces.
Luka resta stupéfait en voyant Hermione se précipiter devant la cheminée et y demander le professeur Dumbledore.
- « Albus, c'est moi, », chuchota la jeune fille sa tête flottant dans les flammes du bureau du directeur, « Viens dans la classe de Potions, Harry s'est évanoui. »
- « J'arrive immédiatement, envois quelqu'un chercher Pompom s'il te plait. », lui répondit-il alarmé.
Sur ce, elle se retourna vers Luka et l'informa de l'arrivée du vieil homme.
Le professeur, surpris par l'attitude familière de son élève à l'encontre du directeur, se releva et demanda au reste de la classe de rejoindre leur salle commune respective. Seamus fut envoyé à la recherche du professeur Rogue et Dean à celle de l'infirmière, alors que la plupart de ses camarades avaient du mal à quitter la salle, ne comprenant pas ce qu'il venait de se dérouler.
- « Ne t'inquiète pas, Drago, il ira bien. », lui confia le jeune français avec une voix rassurante.
- « Mais comment est-ce que tu peux en être certain ? Il est là gisant inconscient et tu veux que je me calme… HARRY ! Reviens à toi, bon sang ! », s'écria le blond, hors de lui.
- « C'est vrai ça, Luka, comment peux-tu savoir que ce n'est pas Tu-Sais-Qui qui se manifeste à nouveau en lui ? », demanda Ron.
- « Premièrement, Harry maîtrise parfaitement son occlumencie, et deuxièmement, j'ai reconnu la manifestation lumineuse qui lui a foncé dessus… »
- « Quoi ? », s'écrièrent ses trois élèves qui étaient restés à ses côtés dans la salle.
- « Cette sphère ressemblant à un petit soleil qui l'a frappé en plein coeur... », répondit le professeur avec assurance.
- « Mais je ne l'ai pas vu… », le contra Drago.
- « Ce n'est pas parce que tu ne peux pas voir quelque chose que cela ne s'est pas produit… », lui répondit patiemment Luka. « Cela doit être un message de Mathie… C'est quelque chose que les Véruka peuvent faire...»
- « Pardon ? », lui dit Drago, incrédule.
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- « Harry…
N'aie pas peur… Ce n'est que moi, Mathilda.
Je sais que cela doit te sembler bien étrange que je me manifeste de cette façon là, mais c'est le seul moyen que j'ai en ma possession que Tom ne maîtrise pas lui-même.
Il me fallait te prévenir qu'il attaquerait bientôt Poudlard. Je ne comprends pas pourquoi il a si soudainement revu ses plans. Mais je voulais t'avertir pour que vous puissiez le devancer.
Je l'aime comme un Père, il a été extrêmement bon avec moi ces derniers temps, cependant Drago, Luka et toi êtes bien plus importants à mes yeux et je ne voudrais pas qu'il vous arrive le moindre mal. Vous devez vivre. Et ensemble, pour pouvoir le vaincre.
Je me doute bien que tout ceci doit te paraître on ne peut plus confus, d'autant qu'à vos yeux, je passe sans doute pour une traîtresse pour m'être réfugiée auprès de Tom, et ce, malgré le récit qu'a dû vous faire Albus suite à mon départ précipité de Beauxbâtons.
Je pense que tu connais déjà la raison pour laquellej'ai quitté cet endroit, mais je conçois tout à fait que tu t'étonnes du choix que j'ai fait en cherchant la compagnie du mage noir.
Il était en fait le plus à même de m'aider, j'ai eu de nombreuses complications dûes à mon état et c'est lui, le seul à avoir les pouvoirs qui pouvaient nous sauver tous les trois, ...eux deux et moi, bien qu'il ne s'en doute pas. Il ne pense simplement qu'à lui-même, éventuellement un peu à moi-même, mais surtout à eux deux.
Il avait placé en eux tous ses espoirs de régner sur nous tous, va savoir pourquoi… Le fou… s'il savait que notre Amour à nous tous sera sa perte.
Il est l'heure à présent que ses espoirs se voient réduits à néant. J'approche doucement du terme et je les sens chaque jour se faire plus présents. Tu les as sentis toi aussi, n'est-ce pas ? C'est effrayant à quel point ces enfants sont puissants.
Tom a de la chance que ce soit à toi de le vaincre… Eux, ils seraient beaucoup moins cléments. Ils sentent toute la déception et la tristesse qu'il me fait éprouver et cela les enrage alors qu'ils ne sont même pas encore nés.
Cela aurait été bien plus simple si j'avais été à tes côtés… mais je n'y serai pas arrivée sans lui, il a soigné avec des potions,dont seul lui a laconnaissance, le mal qui me ronge et je ne serais sans doute même plus de ce monde sans sa présence à mes côtés.
Je m'en veux dans un sens de lui faire cela, mais il ne peut pas vous faire subir toutes les choses immondes qu'il a en tête, je ne le permettrai pas…
Aussi… Je vais te donner le moyen de me rejoindre. Je pense que tu sauras indiquer aux autres la localisation exacte de l'endroit où je me trouve dès que tu seras ici… Je ne peux produire qu'une seule bulle de transfert, … Cela me prendra toute mon énergie.
Je suis heureuse que ta rencontre avec mon frère se soit bien passée. Les informateurs de Tom l'ont prévenu de l'arrivée d'un nouvel ami précieux dans ta vie, c'est ainsi que je l'ai su, mais aussi … depuis quelques temps, par les petits êtres qui nous relient, je peux sentir tes sentiments et j'ai été ravie de voir qu'entre toi et Drago les choses se soient arrangées.
Quand tu te réveilleras, tu auras à ton cou une amulette. Toi et Drago devrez verser en son centre une goutte de votre sang, ainsi sa fonction de portoloin s'activera et vous pourrez me rejoindre. Cependant, seuls vous deux y arriverez par ce biais, …. Pour les autres, tu devras t'en charger, ... Demande à Albus de t'aider, il trouvera un moyen.
Je ne saurais te dire à quel point la situation est urgente. Je crois que Tom a appris que Dray et toi vous vous aimiez vraiment… J'ai peur pour Lucius et Narcissa, ils ont été si bons pour moi les derniers temps au Manoir de Tom. Je crois qu'il est très en colère contre eux de ne pas avoir réussi à lui apporter leur fils et toi par la même occasion sur un plateau… qu'il est naïf quelques fois…
Je… Je voulais te dire que je vous aime beaucoup tous les deux… Vous me manquez et j'espère que vous êtes heureux ainsi, que vous ne m'en voulez pas… Il le fallait. Je n'avais pas d'autre choix.
Je te laisse donc. J'espère te revoir bientôt. N'aie pas peur, je sais que tu y arriveras, nous serons là avec toi quand tu l'affronteras. »
Et elle s'en alla.
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- « MATHIE ! … Reviens! … Non ! »
Harry s'était éveillé soudainement alors que Drago le tenait toujours fermement dans ses bras.
- « Harry ! Tu… Ca va ? », demanda le professeur Dumbledore qui venait d'arriver, se tenant dans l'embrasure de la porte aux côtés de Rogue et Pomfresh.
- « Professeur !... Il faut la chercher… Il faut y aller ! Voldemort rassemble ses forces pour attaquer Poudlard ! » s'écria-t-il, affolé,tout en se redressant brusquement.
- « Harry… Calme toi… Raconte nous ce qu'il s'est passé. »
Par sa simple présence, Dumbledore avait réussi à calmer le jeune homme. Il le força à s'asseoir, demanda à l'infirmière de lui administrer une potion calmante, ce qu'elle fit sur le champ, et ordonna à tous les gens présents de s'asseoir et d'écouter le récit du Gryffondor.
Harry leur expliqua qu'au moment où il avait voulu aider Luka avec sa surcharge de livres, une sphère éblouissante était venue le frapper. Dès lors, il s'était retrouvé inconscient dans un rêve où Mathilda s'adressait à lui. Elle avait voulu le prévenir de l'attaque prochaine de Poudlard et lui demandait de devancer Voldemort en s'attaquant à son manoir.
- « Mais comment irions-nous à son manoir ? », demanda Drago qui s'était rapproché de son petit ami et lui serrait la main.
Harry empoigna alors l'amulette qui était apparue soudainement à son cou et la montra à Drago. Hermione se tourna précipitamment vers Albus une question silencieuse sur ses traits. Le vieil homme lui répondit à l'affirmative en hochant la tête, mais posant un doigt sur ses lèvres lui intimant de se taire pour l'instant et de laisser parler Harry.
- « Mathie m'a envoyé ce médaillon. Elle m'a dit qu'au moment venu, nous devrions, toi et moi, déposer chacun une goutte de sang en son centre et que le portoloin s'activerait en reconnaissant notre sang. »
- « Mais comment le reconnaîtrait-il ? Et pourquoi simplement nous deux ? » s'enquit Drago, de plus en plus perdu.
- « Et bien… c'est la chose dont je ne t'avais pas encore parlé… » tenta le brun en douceur.
Drago fronça les sourcils sentant approcher un évènement contrariant. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenaient les choses... Une fois de plus, Mathilda réapparaissait, apportant avec elle son lot d'embrouilles. Ne pouvait-elle pas continuer à les ignorer ? Il soupira de lassitude.
- « Nous partageons le sang de Mathie dans un sens… Elle le porte en elle et c'est pour cela que le bijou nous reconnaîtra. »
- « Sois plus clair… Que veux-tu dire par 'elle le porte en elle' ? », demanda Drago, toujours plus soupçonneux.
- « Elle porte nos enfants… ».
Tous les murmures se turent et l'ensemble des personnes présentes dans la pièce restèrent bouche bée. Drago, qui s'était levé quelques instants auparavant s'éloignant d'Harry sur la défensive, dut se soutenir à une table, ses jambes flageolant un court moment.
- « Par…Pardon ? », déglutit-il difficilement.
- « Mathilda est enceinte de nous deux. », affirma le brun essayant de paraître calme et sûr de lui.
- « Enfin… Ce ne peut être possible… », s'exclama l'infirmière, « ce n'est physiquement pas possible… », une lueur d'inquiétude apparut cependant sur ses traits fatigués. « A moins que…, à moins que les enfants n'aient été conçus en un seul et unique rapport… », nota-t-elle, laissant le reste de l'assemblée perplexe.
Harry et Drago piquèrent soudain un fard. Ils ne surent tous deux où poser leurs regards.
Harry prit cependant l'initiative de se diriger vers le blond et le prit dans ses bras.
- « Je sais que j'aurais dû t'en parler plus tôt, mon cœur,… Mais avec tous les évènements récents, j'attendais le bon moment. Je pensais encore qu'il me restait quelques semaines. »
Drago le regarda plus intensément, ne comprenait pas où il voulait en venir.
- « D'après nos calculs, à Luka et moi, il nous restait encore quelques semaines, Mathie devrait arriver à terme d'ici un peu moins de deux mois. »
- « Tu savais tout alors ? » demanda celui-ci sur le point de laisser son étrange sentiment de colère mêlé à de la stupéfaction s'échapper.
- « Je ne le savais pas avec certitude… Nous avions trouvé quelques infimes indices en France, mais nous avions préféré être prudents et ne surtout pas l'ébruiter. », lui répondit le brun se voulant rassurant.
- « Luka le savait ? », s'informa le blond.
- « Hey ! Ne me regarde pas de cette façon ! Je n'ai fait que respecter ma promesse envers mon ami et la vie privée de ma sœur… » se défendit le français sur un ton railleur.
- « Et donc… je disais que je n'en avais pas la certitude, et en aucun cas, je ne savais qu'il n'y en avait pas qu'un…. »
- « Des jumeaux ? », s'exclama Drago de plus en plus perplexe.
- « Oui, mon cœur, c'est bien ce que j'ai compris d'après ce qu'elle me disait. Et ils sont très actifs et pleins d'entrain, apparemment. » sourit Harry.
Tous se regardèrent incapables encore de réaliser les confessions dont ils venaient d'être les témoins.
- « Et bien, ce n'est pas tout ça… Mais tant de mièvreries et de sollicitudes me donnent la nausée… Si nous en venions au fait, Monsieur Potter. », s'exclama Rogue qui finit sa phrase par un couinement sous l'assaut du coup de coude donné par le jeune professeur de Potion qui se trouvait à ses côtés.
- « Mmmhh… Oui, en effet. Ce n'est pas tout. Mathilda m'a donc dit qu'elle ne savait pas quand se produirait l'attaque de Poudlard, mais que cela devait être plutôt rapproché dans le temps. Voldemort devait, selon elle, s'être rendu compte que Dray et moi sommes impliqués dans une relation sérieuse, qui n'inclut manifestement pas une vie de servitude à la Magie Noire… Cela l'a apparemment rendu furieux, je ressentais des ondes étranges qui se propageaient à travers le message de Mathilda, on aurait dit que sa colère transpirait à travers les murs du manoir… En tous les cas, Mathie a dit avoir très peur pour tes parents, Drago, elle en avait l'air assez proche. As-tu eu des nouvelles d'eux récemment ? »
- « Je n'en ai pas eu depuis bientôt une semaine… Ce qui est relativement curieux de leur part, en effet. Je reçois une lettre tous les trois-quatre jours en moyenne. »
- « Il faudrait vérifier qu'ils ne soient pas ses prisonniers, pourriez-vous vous occuper de cela Severus ? », s'enquit Dumbledore.
Le professeur de défense contre les forces du mal lui répondit à l'affirmative les quittant à l'instant en se dirigeant vers les portes extérieures du château, où il pourrait transplaner.
- « Professeur, nous devons établir une stratégie. Je crois qu'il n'est pas prudent de le laisser venir à nous, et qu'il est plus avisé de prendre les devants alors qu'il ne s'y attend pas et qu'il pense que nous ne sommes au courant de rien. », dit Harry en s'adressant au directeur.
- « En effet, Harry,… Tu es dans le vrai. Je crains que le moment de l'affrontement est à présent très proche… Veux-tu bien m'accompagner dans mon bureau afin que nous t'informions de quelques détails qui te seront bien utiles, je suppose. »
- « Euh, bien sûr… Si vous le voulez. Dois-je venir seul ? », demanda-t-il ne voulant visiblement pas laisser Drago seul alors que celui-civenait d'apprendre qu'il allait être père et que ses propres parents étaient sans doute torturés par le mage noir de par sa faute.
- « Non, tes amis peuvent t'accompagner. Je me disais simplement que nous serions plus à notre aise dans mes quartiers en compagnie d'un bonthé et de quelques biscuits… »
Harry haussa les épaules. Il se sentait si perdu… Tant de nouvelles informations… Il prit la main de Drago et le tira à la suite du vieil homme. Il ne pouvait s'empêcher de regarder son petit ami, qui semblait profondément désorienté, lui aussi, sous le coup de toutes ces nouvelles. Drago posa sa tête au creux des épaules d'Harry tout en marchant et ne put réprimer le besoin de lui chuchoter tout bas.
- « Du thé et des biscuits,… décidément, Papy-Gâteau devient gaga… ».
- « Dray, il a raison… Un peu de calme dans toute cette merde nous aidera à y voir plus clair… ».
Drago leva vers lui un œil suspicieux.
- « Je sais que tu t'inquiètes pour tes parents… Moi aussi, je m'en fais pour eux, enfin pour ta mère davantage, mais bon… », ironisa-t-il, essayant de détendre l'atmosphère.
Cela eut l'avantage de rendre son sourire au Serpentard.
Leur conversation fut coupée par l'arrivée de Ron et Hermione, qui les avaient rejoints.
- « Est-ce que c'est venu à l'idée de quelqu'un que tout ça, c'était peut-être un piège ? » demanda prudemment Ron.
- « Ron, je … Je peux t'assurer que Mathie ne nous tend pas un piège, je le sens… et puis, malgré tout elle porte nos enfants, je ne veux pas la laisser plus longtemps là-bas, d'autant plus qu'elle va bientôt accoucher… », lui répondit Harry.
- « Ah oui, ça… je l'avais presque oublié… », il prit son courage à deux mains, une question lui brûlant visiblement les lèvres, « Alors comme ça, vous avez couché ensemble tous les trois ?... »
Hermione lui jeta un regard assassin pendant que Drago et Harry se souriaient. Drago lui répondit :
- « On a pas couché ensemble… On a fait l'amour tous les trois… »
- « Mouais… Vous étiez déjà ensemble à ce moment là ? »
- « Ron ! », s'exclama sa petite amie, le toisant comme s'il avait perdu la raison.
- « Ben quoi ? Je tombe des nues en apprenant que mon meilleur ami fait des parties à trois et que grâce à tout l'amour qu'il a porté à ses deux partenaires, ils ont créé des enfants… C'est plutôt troublant… »
Harry lui lança un regard inquisiteur.
- « Comment sais-tu tout ça ? Moi-même, je ne savais que ce que Pomfresh nous a dit tout à l'heure… »
- « Je… et bien, j'ai entendu mes frères en parler quand j'étais plus jeune… Il disait que si trois personnes s'aimaient d'un amour inconditionnel, ils pouvaient procréer des enfants qui auraient leurs traits à tous les trois… et que d'ailleurs le peu de fois où ça avait été le cas, il s'agissait de grossesses multiples. »
Hermione fut estomaquée de voir que pour une fois son petit ami en savait plus long qu'elle. Elle se tut et resta songeuse.
- « Hermione, tu ne dis rien ? », demanda précautionneusement Harry qui appréhendait la réaction de la jeune fille qui lui était si chère.
- « Je… Non, je préfère ne rien dire. J'aurai déjà à parler bien assez rapidement… », répondit-elle évasivement.
Les garçons étaient visiblement contrariés par sa réponse. Elle restait évasive et cela les dérangeait. Son avis leur était à tous trois précieux et le fait qu'elle ne se prononce pas les embarrassait.
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Ils venaient d'arriver dans le bureau du directeur. Celui-ci leur demanda de s'asseoir et entreprit dans le silence le plus complet de les installer le plus confortablement possible, sa révélation n'étant pour le moins pas facile à faire… Il leur proposa du thé, ainsi que divers petits gâteaux que seul Ron accepta volontiers, les autres étant trop indisposés par les précédentes révélations pour pouvoir avaler la moindre bouchée.
- « Professeur,… Mathilda m'a parlé d'un moyen que vous m'apprendrez pour vous communiquer l'emplacement de leur repère… », commença Harry.
- « C'est exact, je connais bien un moyen… Seulement, tu ne pourras pas me le communiquer à moi, mais à Hermione… », lui répondit le vieil homme.
Tous se tournèrent vers la jeune fille, qui s'était assise entre Harry et Ron. Elle se cacha le visage dans les mains, chuchotant tout bas « Oh non, voilà le moment… ». Elle hésita un instant, puis prit son courage à deux mains et alors qu'elle prenait la main d'Harry dans la sienne celui-ci demanda :
- « Pardon ? »
- « Oui, Harry,… Hermione… Je pensais en effet que le moment de te parler de ton amie serait proche… J'ai toujours associé ce moment dans mon esprit à celui où tu devrais affronter Tom et c'est pourquoi j'ai toujours tant redouté de te l'apprendre… Ceci, et bien évidemment, la colère que tu éprouveras à mon égard sachant que je t'ai caché ce fait important toutes ces années… ».
Le brun était lassé. Qu'allait-il encore découvrir ?... Son quota était sérieusement dépassé pour la journée, et il n'osait même pas imaginer l'état de nerfs dans lequel était son compagnon.
Il regarda sa voisine, essayant de deviner ce qui lui était réservé. Le sourire qu'elle lui adressa le conforta. Après tout, tout ce qui touchait Hermione ne pouvait pas être mal… Pourquoi se ferait-il du souci. Il se détourna des deux prunelles brunes et observa le vieil homme qui lui faisait face et semblait être profondément rongé par le remord.
- « Harry… Comment te le dire ? C'est si compliqué… »
Harry le coupa :
- « Allez-y tout simplement… Je ne crois pas que ça puisse être davantage source de soucis que tous les secrets que vous m'avez toujours dévoilé au fur et à mesure… »
- « Je… Et bien, soit. Hermione est née le 19 septembre 1979… »
- « 8O, vous voulez dire… », répliqua Harry automatiquement.
- « Non, mon garçon, 1979. Elle a presque un an de plus que vous tous. En tous les cas, elle est née dans la nuit du 19 septembre à Godric's Hollow. »
- « Mais -… »
- « -…Harry, laisse moi finir, s'il te plaît, tout cela est loin d'être évident pour Hermione, tout comme pour moi-même... »
Le jeune homme lui fit signe de continuer serrant toujours fermement la main de son amie et se concentrant sur le discour de son directeur.
- « Elle était infiniment aimée par ses parents qui l'avaient ardemment désirée. », il donna un regard attendri à l'intéressée qui laissa tomber une larme trop longtemps contenue, « Cependant, cette famille était si profondément aux prises dans des démêlés avec Tom Jedusor, le mage noir que nous connaissons tous, qu'ils avaient dû garder le secret sur cette naissance, qui les comblait pourtant par-dessus tout de joie, et ils avaient dû se résoudre à confier leur unique enfant à une famille moldue proche de la famille de la mère d'Hermione. Ils ne voulaient pas s'en séparer, mais pour la sécurité du bébé, ils l'avaient fait. A ce moment là, Voldemort et ses mangemorts étaient extrêmement actifs. Ce n'est que quelques mois plus tard que ses parents furent à nouveau tranquilles. Ils étaient arrivés à tenir au loin la menace de Voldemort. Le hasard fit que cette femme tomba une nouvelle fois enceinte… Ils décidèrent alors, que malgré le danger, ils garderaient le bébé auprès d'eux et que dès son arrivée, ils récupèreraient leur aînée et vivraient cachés, ensemble, dans leur propriété. Cependant, ils n'eurent pas le temps de récupérer la fillette immédiatement. Le mage noire s'étant à nouveau manifesté plus violemment. Le bruit de la naissance de leur garçon, toi, Harry, se répandit aussi et cette fois-ci ils ne purent le cacher contraints de le protéger constamment. La suite, tu la connais déjà Harry, », Dumbledore s'arrêta brièvement regardant Harry et Hermione qui ne se quittaient plus des yeux, l'un et l'autre les yeux noyés de larmes, « Voldemort tua Lily et James avant qu'ils n'aient pu récupérer Hermione. Je t'ai déposé chez les Dursley. J'ai laissé Hermione chez les Granger, qui lui donnèrent tout l'amour dont ils étaient capables. »
- « Mais pourquoi ne pas nous avoir mis dans la même famille ? » demanda Harry, attristé. Son esprit était plus qu'embrouillé. Toutes ces années, il avait eu une soeur... Ils avaient tous deux été adoptés... Il aurait tant aimé grandir à ses côtés.
- « Personne ne savait en dehors de moi-même et Poppy pour Hermione. Lui dévoiler son identité trop tôt l'aurait mise en danger, elle et toi également. Ainsi que de te mettre dans la même famille d'accueil qu'elle… J'en suis navré. Mais à ce moment là, je cherchais à te garder sain et sauf, tout en faisant beaucoup d'efforts pour que personne ne remonte à elle… »
- « Je comprends… Mais pourquoi me le dites-vous maintenant ? »
- « Vaincre Voldemort ne te sera possible qu'avec l'aide de ta sœur. Nous travaillons sur le sujet depuis quelques années. Et nous pensons avoir trouvé le sortilège qui vous le permettra… Je vois que cela ne te paraît pas très clair… Je m'explique. Te souviens-tu de ce que je t'avais raconté au sujet de ta mère et de ta protection grâce à son amour. »
- « Oui, mais elle n'est plus efficace, puisque Voldemort l'a contourné à la finale du tournoi en retrouvant un corps grâce à mon sang… »
- « En effet,… Nous ne comptions plus là dessus. Cependant, Hermione et toi êtes reliés l'un à l'autre de par votre sang. C'est donc ainsi qu'elle prononcera le sortilège et que tu bénéficieras des pouvoirs qu'elle te fera partager. Et de la même façon, tu seras accompagné par Drago, Mathilda et vos bébés. Vous partagez tous le même sang. Drago du fait qu'il soit ton compagnon et que vous avez procréé des vies avec Mathilda. Je… Je n'étais pas au courant de son état. Mais le fait qu'elle soit enceinte joue en notre faveur. Elle n'aura pas besoin d'être à tes côtés, mais l'Amour de ses enfants, d'elle-même, de Drago et l'Amour fraternel de ta sœur te protégeront. »
- « Je… je suis un peu perdu, je dois bien le dire. Voilà une chose à laquelle je ne m'étais pas attendu. ».
A présent, il broyait presque la main de la jeune fille tant il se sentait submergé par un flôt d'émotions contradictoires. Il était infiniment heureux d'apprendre qu'il avait une soeur qui l'aimait et qui avait pris soin de lui toutes ces années. Il était déboussolé par le rôle de père qu'il devrait endosser sous peu, mais il était aussi si soulagé qu'une chance de vaincre Voldemort se présente à lui. Il n'y croyait plus etpensait franchement que ses seuls petits pouvoirs ne viendraient jamais à bout du mage noir... Evidemment, il n'avait pas compté jusque là sur la présence de sa soeur, de son petit ami, de Mathilda et de ses propres enfants à ses côtés dans la lutte final. Cela le rassurait et lui redonnait du courage... Il y arriverait ! Pour eux !
- « C'est tout à fait normal. Je pense que nous devrions tous à présent aller nous reposer. Nous nous reverrons tout à l'heure, d'ici vingt heures je suppose que le professeur Rogue sera revenu. Nous peaufinerons ainsi notre plan, et demain à l'aube nous attaquerons le Manoir de Tom… Harry, as-tu encore ton amulette ? »
Harry lui tendit l'amulette de Mathilda.
- « Non pas celle-ci, celle que je t'avais confié en France. » lui dit Hermione, devançant son directeur.
- « Euh, oui, je la porte toujours sur moi… C'est ce que tu m'avais demandé. »
Il la désigna à son cou.
- « Très bien, celle-ci te sera utile, nous t'en parlerons tout à l'heure également. », lui dit le vieil homme.
- « A ce soir alors. ».
Ils se levèrent et se dirigèrent tous ensemble vers la salle commune des Gryffondors.
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Après avoir répondu aux nombreuses inquiétudes des Gryffondors, ils arrivèrent dans la chambre des septième années et s'y cloîtrèrent.
Harry demanda à son amie,… sa sœur de lui parler de ce qu'elle savait. Elle le prit dans les bras et ils restèrent ainsi un long moment avant de s'installer confortablement l'un en face de l'autre sur le lit d'Harry, entourés chacun de leur compagnon respectif.
Elle lui raconta sa stupeur quand Dumbledore lui rendit visite l'été de ses onze ans. Il était venu lui parler de sa famille et d'Harry. Elle avait découvert avec joie l'existence de son frère, l'identité de ses vrais parents, mais avec beaucoup de tristesse leur malheureuse chute. Elle avait toujours su avoir été adoptée, mais cette année là lui réserva bien des surprises. Elle lui avait promis de garder le secret, et bien que ce secret fût bien lourd pour une petite fille de son âge, elle tint sa langue. Sa vie et celle de son frère étaient en danger. Cela valait la peine de se tenir au silence. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose par sa faute.
L'année, la séparant de sa rentrée à Poudlard (car elle devait avoir onze ans révolus pour pouvoir y entrer), était passée à la vitesse de la lumière, et sa première rencontre avec Harry se présenta rapidement dans le train. Elle s'était haïe pour avoir eu l'air si prétentieuse… Puis elle avait beaucoup souffert de leur rejet, à lui et Ron, au début de l'année.
Mais avec le temps, une relation amicale et très forte s'installa entre les trois enfants, et elle pensait de moins en moins au fait qu'elle lui cachait une vérité importante.
Les tentations de lui avouer ce qu'elle savait furent nombreuses, mais elle réussit à garder le secret grâce au soutien du directeur qu'elle considérait comme son propre grand père.
Les années passaient aux côtés d'Harry, le surveillant toujours du coin de l'œil, en grande sœur avisée.
Albus et elle continuaient leurs recherches, et cela faisait presque un an maintenant qu'ils avaient trouvé un sortilège qui pouvait venir à bout du mage noir. Ils en avaient fait le tour et, depuis le mois de juillet, ils avaient rodé le plan et étaient fin prêts.
Elle lui expliqua son fonctionnement, lui parlant de l'amulette de protection qu'elle lui avait fait elle-même à l'aide de son propre sang.
- « Demain, à l'aube, il te suffira simplement de penser très fort à moi, une fois le Manoir atteint, et je te rejoindrai grâce à ma propre amulette, qui est reliée à la tienne. Je pourrai emmener avec moi tous les autres, j'ai appris cet été en secret à transplaner et à emmener de nombreuses personnes avec moi… »
- « Tu arrives à faire ça ? », s'étonna Ron.
- « Oui, chéri. Je suis désolée d'avoir eu à vous cacher tout cela… Je n'avais pas le choix. »
- « C'est pas grave, Mione. », dit Harry tout en lui posant un baiser sur la joue.
- « Merci. », dit-elle une larme au coin de l'œil, « … Humm… Ensuite, je pense que je devrai me trouver un coin tranquille dans le manoir, où je rentrerai dans une sorte de transe. Quelques uns d'entre vous devront me protéger. Je ne dois pas être troublée pour y arriver, et pendant ce temps, Harry tu partiras à la recherche de Voldemort… »
Ils discutèrent ainsi encore longtemps. Ils avaient demandé à un elfe de leur apporter le dîner, et une fois qu'ils eurent terminé, ils montèrent au bureau de Dumbledore.
Là, ce qu'Hermione leur avait expliqué fut répété et approfondi pendant deux heures. Le professeur Rogue arriva juste avant la fin de la réunion et leur confia qu'en effet les parents de Drago étaient retenus dans les geôles de Manoir. Cependant, il ne leur avait été fait que très peu de mal pour l'instant. Seule leur capture semblait les avoir amochés quelque peu, et Rogue rassura Drago en lui disant qu'il en faudrait bien plus que ça pour venir à bout d'un Malfoy et d'une Black.
Ils retournèrent tous dans leurs quartiers, Harry avec Drago, Hermione avec Ron et Luka avec Severus, pour essayer de se reposer quelques petites heures avant l'affrontement de l'aube et profiter de la chaleur rassurante de leur foyer présent.
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Et bien… j'ai eu du mal à l'accoucher celui-là… Si vous saviez à quel point ma tête ressemblait à un étau de verre…
J'espère que cela vous aura plu…On sent la fin arriver. Je ne voulais pas mettre trop de 'nouvelles' en un seul chapitre, mais j'ai préféré au final me consacrer à la bataille pour le prochain chapitre.
Remercions tous ensemble Myschka pour ses corrections et Samaeltwigg pour ses encouragements…
C'est très dur pour moi de voir la fin approcher… Je les aime tellement mes chéris…
Voilà.
Je vous embrasse fort.
Votre Cyz'.
Ps : Je viens de poster une nouvelle histoire ('Les Enfants du Destin'), cela me comblerait de joie si vous pouviez y faire un tour et me laisser vos impressions…
De même, cette fois-ci, 'La Toile Enchantée', que je coécris avec Samaeltwigg sous le nom de Cyzael, est bien en ligne… Le 2ème chap ne saurait tarder par ailleurs… Nous serions absolument ravis de vous y croiser au détour d'une petite review… !
