Hey hey !
Une uploade matinale car j'ai trouvé un boulot et que maintenant, je me lève aux aurores ! ^^
Un grand merci pour toutes vos reviews et bonne lecture !
Chapitre 29 : Chat et souris
Une semaine s'était écoulée et en ce samedi après-midi gris et maussade, les élèves de Poudlard profitaient de leur première sortie à Pré Au Lard. Le château se vidait de ses occupants au fur et à mesure des minutes qui s'écoulaient et Pansy tapait du pied, agacée, dans le dortoir des filles de Serpentard.
- Mais il te faut combien de temps pour te préparer ? souffla-t-elle.
Hermione noua rapidement ses chaussures et passa sa veste en cuir sur ses épaules.
- C'est bon, j'suis prête. Au lieu de passer tes nerfs sur moi, va plutôt engueuler Merlin qui m'a obligée à courir une heure après le repas…
- Quelle idée de t'enfourner trois parts de gâteau en dessert… Pas très discret.
- C'est Minerva qui m'a dénoncée… Tu penses bien que Merlin n'avait rien vu, trop occupé à faire des avances à Pompom.
- Il a toujours pas réussi à l'avoir ? demanda Pansy, étonnée.
- Il pense pouvoir enfin l'embrasser cette après-midi aux Trois Balais.
- Et bien magne-toi le train, j'veux rater ça pour rien au monde ! s'exclama Parkinson en attrapant la main de son amie pour l'emmener en courant en direction des grilles du collège.
Les deux sorcières empruntèrent le chemin qui menait au village sorcier et Pansy glissa son bras sous celui de son amie.
- On n'est pas bien entre copines ? dit-elle avec un sourire.
- J'avoue que ta compagnie est des plus agréables quand tu ne complotes pas dans mon dos pour faire de ma vie un enfer… rétorqua Hermione, acide.
Parkinson dégagea son bras et colla sa main sur le postérieur de la Sage qui glapit.
- Granger… Je te fais toujours autant d'effet à ce que je vois ! plaisanta la Serpentard. McGonagall ne t'a toujours pas comblée ?
La préfète foudroya du regard son amie qui passa son bras dans son dos pour l'attirer contre elle.
- Alors, comment ça va entre vous ? demanda Pansy, plus sérieusement.
- Je ne sais pas trop. C'est… étrange. Elle fait un pas en avant, moi deux en arrière, et vice et versa.
- Faut-il que je vous enferme dans une pièce après vous avoir confisqué vos fringues pour que vous agissiez en adultes responsables ?
- Pansy ! s'exclama Hermione, outrée.
- Je sais que nous n'avons pas la même définition de… d'adultes responsables, mais franchement, à vos âges… Si tu te voyais rougir, on dirait une adolescente pré-pubère !
Les deux sorcières pénétrèrent dans le bar de Rosmerta et choisirent une table au fond de la salle. Elles commandèrent deux bières au beurre et trinquèrent une fois les choppes apportées. Cependant, quelque chose attira l'attention de l'enchanteresse qui fronça les sourcils. Pansy se tourna légèrement et avala sa gorgée de travers.
Ginny Weasley discutait, quelques tables plus loin, avec Orion Black et les deux Gryffondors semblaient très proches. Trop proches, dirait Ron.
- C'est moi ou elle essaie de se serrer un mec dont le père veut te foutre en taule ? murmura Parkinson.
Hermione était sans voix. Elle sortit de sa torpeur en sentant la main de la Serpentard lui effleurer le bras.
- Laisse faire la pro…
Avant que la Sage n'ait le temps de dire quoi que ce soit, Pansy avait quitté son siège pour s'approcher du couple de sa démarche chaloupée. Elle s'appuya sur la table, près de Ginny, et murmura quelque chose à l'oreille de la rousse qui rougit subitement. Black, quant à lui, perdit toutes ses couleurs, devenant aussi livide qu'un spectre.
Hermione observa la scène, inquiète, sirotant sa bière. Elle avala de travers alors que Parkinson attrapa délicatement Ginny par le menton pour l'embrasser. Orion se leva brusquement, lâcha deux pièces sur la table et partit en courant. Pansy rompit le baiser, pencha la tête sur le côté pour éviter une claque et retourna s'asseoir sans écouter les hurlements injurieux de la Gryffondor.
- Et voilà le travail ! lâcha Parkinson, satisfaite, en se posant à côté de son amie.
Ginny gagna la sortie de son pas vif tout en mettant son manteau et claqua la porte du bar en partant.
- Tu m'expliques ? demanda l'enchanteresse en haussant un sourcil.
- Et bien, je lui ai dit qu'elle avait été épatante hier soir, mais que le placard du quatrième étage était trop étroit pour laisser libre court à nos talents, et que je l'attendais dans la salle sur demande pour un deuxième round. Orion a moyennement apprécié. Avant qu'il ne demande des explications, j'ai embrassé ton ex et j'avoue qu'elle sait y faire, répondit Parkinson.
- Pas mal… conclut la préfète avec un sourire appréciateur. Tu es vraiment douée pour casser les couples.
Hermione finit sa choppe et elle jeta un regard étrange à son amie.
- Mais… Il a été plutôt long, ce baiser, fit remarquer la préfète. Ginny a répondu ?
- Attend, Herm'… Tu crois vraiment qu'une femme peut me résister ? répliqua Parkinson avec un sourire en coin.
- Je t'interdis de t'approcher de Minerva… prévint la préfète.
- Oh non ! C'était mon prochain challenge… se moqua Pansy avant de se prendre un coup de coude dans les côtes.
- Occupe-toi plutôt de Merlin !
- Regarde derrière-toi, il n'a pas vraiment besoin d'aide… se mit à glousser la Serpentard.
L'enchanteresse se retourna pour voir le premier sage légèrement penché sur Pomfresh et les deux s'embrassaient tendrement.
- Et bien, il a enfin réussi ! Et Pompom, c'est autre chose que Trelawney… ironisa Parkinson. Bon, on va s'occuper de ta McGo maintenant. Tu lui as offert un cadeau pour son anniversaire ?
Hermione se tapa le front du plat de la main.
- Et merde, c'était… commença-t-elle
- Le 4 octobre, donc mercredi… Bien, tu as trois jours de retard. On va tenter de rattraper ça par quelque chose de somptueux. Allez, lève tes fesses !
Les deux Serpentard payèrent leur consommation et sortirent du bar. Elles firent les quelques boutiques du village et Hermione ne trouvait rien à offrir de convenable à sa Guide.
- Je crois que j'ai une idée… finit par dire la Sage alors que Parkinson voulait la traîner dans une boutique de lingerie.
Elle se pencha sur son amie et murmura quelques mots à son oreille.
- Et bien tu vois quand tu veux ! s'exclama Pansy. Dépêche-toi et revient avant le repas. Et n'oublie pas de lui acheter une carte !
Hermione acquiesça et, après avoir vérifié que personne n'était dans le coin, elle transplana. Quelques secondes plus tard, le froid et le vent écossais avaient laissé place au climat agréable d'Avalon.
- CULANN ! appela l'enchanteresse en avançant vers la forge.
Le forgeron sortit de son antre et salua la Sage.
- Y'a un endroit où je pourrais me construire un petit chez moi ? demanda la préfète.
- Tu crois qu'Avalon a pour objet de récupérer tous les traine-savates dans ton genre ? Et pourquoi pas Merlin pendant qu'on y est… grommela le géant.
- Attends, t'es le proprio d'Avalon ? rétorqua Hermione en haussant un sourcil. Depuis quand ?
- C'est bon, c'est bon ! marmonna Culann. Installe-toi ou tu veux, mais évite la forêt. Y'a des espèces protégées et je connais les humains qui détruisent tout sur leur passage. Et fais en sorte que ta bicoque ne jure pas avec le littoral, sinon je te la fais raser par le syndic !
- Je vais surtout me mettre le plus loin possible de ta forge, car tu fais un sacré boucan avec ton marteau… conclut la préfète avant de s'éloigner.
Elle repéra un petit coin tranquille, juste à côté d'une plage et entreprit de construire une petite maison. Elle réussit à dégoter des pierres, les tailla et les superposa harmonieusement. Elle agença l'intérieur pour avoir une cuisine de taille convenable, un salon, une chambre spacieuse et une salle de bain respectable. Une fois les pièces faites, elle s'occupa de l'extérieur, en créant une terrasse avec des arbres que Culann avait sciés et entreposés dans sa remise et construisit même un barbecue.
- Maintenant, faut meubler le tout… marmonna la préfète en passant une main dans ses cheveux.
Elle jeta un coup d'œil à sa montre.
- Merde… Déjà 21 heures ? Tout sera fermé à Londres… Tant pis, direction New York, WizzardStreet… Et en plus, je crois que ce sont les soldes, en ce moment.
Elle jeta un coup d'œil à son portefeuille et soupira de soulagement. Elle avait assez d'argent sur elle pour faire ses achats.
- Merci Albus ! ricana-t-elle avant de transplaner.
Minerva jeta à l'enchanteresse un regard noir et la Sage haussa un sourcil, perplexe.
- Quoi encore ? demanda Hermione en croisant les bras sous sa poitrine.
- Tu sais très bien ce que je pense de ta conduite à la limite de la légalité.
- Je sais, tu me l'as fait savoir lorsque je suis allée faire un tour dans son coffre... mais franchement, je pense que ça ne lui manque toujours pas !
- On en rediscutera tout à l'heure, répondit froidement la Guide.
Il était minuit passé quand Hermione traversa silencieusement le parc de Poudlard. Elle poussa les lourdes portes du château et grimaça en les entendant grincer. Elle jeta un rapide coup d'œil au hall et, le voyant désert, elle s'engagea sans bruit pour prendre la direction des cachots. Cependant, au détour d'un couloir, elle tomba nez à nez avec Minerva qui l'attendait, les bras croisés sous sa poitrine.
- C'est à cette heure là que tu rentres ? demanda la Guide avec les sourcils froncés.
- J'ai été retardée… Il y avait de la circulation… commença la préfète avec un sourire contrit.
Minerva leva les yeux au ciel et soupira, un brin amusée.
- Pansy m'avait prévenue de ton retard. Je voulais juste m'assurer que tout allait bien, finit par dire la Directrice.
- Demain, après le petit-déjeuner, tu viens avec moi. J'ai une surprise pour toi…
Hermione s'approcha de son professeur et posa furtivement ses lèvres sur celle de sa Guide.
- Fais de beaux rêves. A demain…
La préfète embrassa l'animagus une dernière fois et se dépêcha de gagner son dortoir. Elle se déshabilla à la hâte, dans le noir. Cherchant à tâtons son pyjama, ses doigts touchèrent une feuille de papier pliée. Elle agita la main et une petite boule de lumière apparut.
En reconnaissant l'écriture sur le parchemin, le sang d'Hermione se glaça. Elle déplia la feuille d'une main tremblante et ses yeux s'agrandirent d'horreur à la lecture de la lettre.
Hermione,
J'avoue être déçu. Vous étiez à Pré Au Lard aujourd'hui et vous ne m'avez pas proposé de vous y retrouver. Heureusement que j'ai toujours un œil sur vous.
Je ne comprends pas que vous ayez préféré passé l'après-midi en compagnie de cette fille plutôt que découvrir l'étendue de vos possibilités magiques à mes côtés. Je ne suis pas homme à laisser les embuches se mettre en travers de notre route. Cette situation ne se reproduira pas, j'y veillerai.
Cordialement,
Gellert.
La Sage avait l'impression que son cœur s'était arrêté. Elle froissa le parchemin entre ses mains et le fourra sous son oreiller. Elle se tourna aussitôt vers le lit de Pansy et en tira sèchement le rideau. Elle soupira de soulagement en remarquant que la jeune femme était profondément endormie, la respiration calme et régulière.
Tout en passant son pyjama, elle réfléchit rapidement. Grindelwald avait réussi à rentrer dans Poudlard. Pire, dans sa salle commune, dans son dortoir. Il l'avait observée une partie de l'après-midi et il en avait après Pansy. Ses yeux s'agrandirent d'horreur en songeant qu'elle avait transplané, laissant Parkinson seule à Pré Au Lard. Il aurait pu lui arriver n'importe quoi.
- Et encore maintenant… murmura-t-elle, paniquée. Il peut très bien venir au collège et l'assassiner…
« Ca ne sert à rien de t'énerver ce soir. Calme-toi et va te coucher. Demain matin, on cherchera une solution… » dit doucement la Source.
« Oui, mais s'il se pointe cette nuit ? On fait quoi ? Je lui ronfle à la tronche ? »
« Dors avec elle. Je veille. Au moindre mouvement suspect, je te réveille… Ou je prendrais le contrôle de ton corps, je ne sais pas encore. Ca fait longtemps que je ne me suis pas amusée… »
Hermione soupira, agacée, et tira les draps pour s'allonger à côté de son amie. Parkinson bougea dans son sommeil et, en sentant un poids près d'elle, ouvrit un œil.
- Granger… Repasse demain, j'suis trop fatiguée pour te faire quoi que ce soit… marmonna la Serpentard. Ou va voir Minerva… J'suis pas une machine.
La Sage prit la Serpentard dans ses bras et posa ses lèvres sur son front.
- Rendors-toi… murmura la préfète.
Pansy cala sa tête sur l'épaule d'Hermione et ferma les yeux.
- T'es toujours aussi confortable… soupira-t-elle avant de se rendormir.
L'enchanteresse lui caressa doucement les cheveux, tout en réfléchissant à un moyen de sortir son amie des griffes de Grindelwald. Et quand le sommeil vint enfin, les premières lueurs de l'aube pointaient dans le ciel.
Minerva affichait un air pincé.
- Je dois cette moue à quoi ? souffla Hermione.
- Je te savais machiavélique à tes heures, mais te servir de Gellert pour retourner dormir avec Miss Parkinson ! grimaça l'animagus.
- Mince, tu as découvert mes sombres desseins… ironisa la Sage. Mais bon, il y a prescription, depuis le temps.
- Prescription ? Tu parles d'une ordonnance que notre médicomage t'aurait faite peut-être, comme un billet de maitresse ?
- Un billet doux ? Non pas depuis hier… se moqua gentiment l'enchanteresse. Essaie de comprendre, Pansy avait besoin de chaleur et de réconfort. Qui étais-je pour lui refuser ?
- Je te signale que, quand tu es allée t'étendre à côté d'elle, Miss Parkinson n'était au courant de rien, et n'en demandait pas plus.
- Pas faux, répliqua Hermione. Mais j'ai anticipé ses besoins. Je suis la Source après tout.
- N'essaie pas de me faire prendre des vessies pour des lanternes ! Dis que Pansy comptait pour toi et que tu jumelais l'utile et l'agréable, ça suffira !
- Accordé, comme l'a dit un jour un vieux machin, plaisanta la neuvième sage.
Le rideau fut tiré brusquement et une exclamation amusée réveilla la Sage. Elle ouvrit les yeux, battant des paupières, pour enfin voir le visage ironique de Millicent.
- Hey ! Les filles ! Premier potin de la journée ! Granger et Parkinson ont remis le couvert !
- La ferme Bulstrode, et laisse-moi dormir… grogna Pansy. Pour une fois qu'Herm' ne ronfle pas, j'en profite…
- Je ne ronfle pas, protesta Hermione en marmonnant.
- On vous laisse terminer… Mais pas de bruit, merci ! plaisanta Bulstrode en fermant le rideau.
La Sage se redressa en baillant à s'en décrocher la mâchoire et repoussa les draps.
- Tu te lèves déjà ? Mais c'est dimanche bon sang… marmonna la Serpentard en mettant un oreiller sur sa tête.
- J'ai des choses à faire… dit la préfète d'une voix ensommeillée.
Elle tituba jusqu'à la salle de bain et prit une douche froide pour se réveiller. Une fois habillée, elle retourna dans le dortoir et vérifia que Pansy était toujours en vie.
« Tu as trop regardé Hitchock… Détends-toi, elle va pas se faire refroidir dans un dortoir rempli d'élèves… Sous la douche, à la limite. Donc, si tu veux vraiment la protéger, tu sais ce qu'il te reste à faire… » se moqua la Source.
Hermione ignora le commentaire et s'assit sur son lit.
« Merlin ? T'es debout ? » appela-t-elle dans son esprit.
« Maintenant oui, merci ma grosse… » maugréa l'enchanteur.
« On a un problème avec Pansy. »
« Elle est enceinte et ne sait pas qui est le père ? » grogna le premier sage.
« Tu peux être sérieux deux minutes ? Grindelwald est venu me déposer, hier, un courrier sur mon plumard. Et notre future médicomage est sur sa liste de personnes à assassiner. »
« Il pouvait pas attendre lundi ? Il tenait absolument à gâcher notre week-end ? Putain de mage noir… »
« MERLIN ! T'as une idée pour nous tirer de ce merdier ? » s'impatienta l'enchanteresse.
La réponse mit quelques secondes à venir.
« Pour le moment, à part coller au magnifique postérieur de ta future belle-fille et en parler à Minerva, l'intellectuelle du groupe, je ne vois pas… »
« Je te propose : on surveille Pansy aujourd'hui, à tour de rôle, et je vois avec ma Guide. Et en attendant d'aller dans la grande salle, je réponds au courrier de Grindelwald. »
« Dis-lui : si tu me replombes un dimanche matin, je te coule dans du béton. Signé, Merlin l'enchanteur, pas enchanté. Tu as noté ? »
L'attrapeuse ne répliqua pas et se saisit d'un parchemin et d'une plume.
Gellert,
Je ne tolère pas que vous menaciez mes proches. Je vous préviens, s'il arrive quoi que ce soit à mes amis, vous en paierez les conséquences.
Hermione Granger
La préfète plia la feuille et la glissa dans sa poche. Elle espérait avoir l'occasion de passer à la volière plus tard dans la journée. Maintenant, un autre problème se posait. Aller dire à Minerva que leur journée en tête à tête était annulée et repoussée à une date non déterminée.
- Bon sang… Je vais encore en entendre parler ! soupira-t-elle.
Hermione finit par réussir à traîner Pansy pour aller petit-déjeuner. La Sage se contenta d'un café noir et, après avoir confié son amie à la surveillance de Merlin, elle se rendit dans le bureau de Minerva. Cette dernière l'attendait patiemment, un sourire aux lèvres.
- Bonjour Hermione. Alors… Où m'emmènes-tu ?
- Euh… Il y a un petit changement de programme de dernière minute… marmonna l'enchanteresse.
Minerva leva un sourcil interrogateur mais ne dit rien, attendant la suite.
- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle ! Je commence par laquelle ? commença la Sage, tentant la carte de l'humour.
Minerva comprit que le petit changement de programme allait s'avérer être un gros problème à gérer. Mettant de côté sa déception, Minerva se rassit derrière son bureau.
- Tu sais quoi Hermione, je fais finir par penser qu'il y a une force de la nature autre que la Source et qu'elle nous en veut personnellement... Bien, je suppose qu'il s'agit de Grindelwald ?
- Alors, la mauvaise nouvelle est que l'ex de Dumbledore a réussi à se faufiler jusqu'à mon lit pour me déposer une lettre dans laquelle il m'annonce qu'il va tuer Pansy. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'en a plus après toi ! Enfin, pour le moment…
- Voila qui me rassure, fit Minerva, caustique. Il a donc réussi à trouver un contact dans le château pour atteindre ta chambre... réfléchit-elle à voix haute.
Voyant l'air interrogateur de la Sage, elle reprit.
- Je ne pense pas qu'il soit entré dans l'école, il aurait été repéré... Dans le parc peut-être mais pas dans les cachots de Rogue. Ils sont bourrés de sortilèges qui font en sorte que ton directeur de maison est au courant de tous vos mouvements. Il nous faut donc trouver qui est son contact à l'intérieur, sachant que ça ne peut pas être Albus…
- Minerva… Dois-je te rappeler que Sirius Black s'est faufilé sans problème dans le château dans nos autres vies ? Sous sa forme animagus, certes, mais il n'a pas été repéré et a pu pénétrer dans le dortoir d'Harry. Et Grindelwald est bien plus doué que Sirius.
- Bien, tu as peut-être raison. Est-ce que tu as toujours la copie de la carte des maraudeurs ?
- Oui, tu la veux ?
- Autant toi et Merlin vous pouvez détecter une essence magique assez facilement, autant ce sera plus simple pour moi de me référer à la carte pour surveiller les gens présents.
Hermione sortit le parchemin de son sac et le tendit à sa Guide. Elle en profita pour s'allumer une cigarette en soupirant.
- On en parle à Pansy ?
- Si comme tu le penses, Grindelwald a pénétré dans le château, elle est en danger partout. La prévenir permettrait qu'elle soit sur ses gardes.
L'enchanteresse aspira une longue bouffée de nicotine et l'expira doucement.
- Putain… Elle va m'arracher les yeux…
- Tu préfèrerais ne pas lui dire ? répliqua Minerva un sourcil interrogatif en l'air.
- Disons que j'appréhende sa réaction. Soit elle va nous faciliter le travail, soit… elle va nous la jouer à la Harry Potter pendant sa troisième année.
- C'est un risque à prendre, mais elle n'est pas en troisième année. Elle est capable de réfléchir et d'agir. Néanmoins...
- Néanmoins, c'est une femme, donc elle est imprévisible… et chiante, ajouta-t-elle à voix basse.
Hermione écrasa sa cigarette sous son talon et balança le mégot dans la cheminée.
- Tu veux que je vois avec Merlin s'il peut se charger de notre médicomage cette après-midi que je t'emmène voir ton cadeau d'anniversaire ?
Minerva sourit à l'enchanteresse.
- J'ai attendu quatre jours, je peux encore patienter. Il faut commencer par trouver comment protéger efficacement Pansy, et je ne suis pas sure que demander à Merlin de faire la baby-sitter soit le meilleur compromis. Cependant j'ai une idée que je dois confirmer en allant à la bibliothèque. Tu viens avec moi ?
- Hmmm… Tu ne pourrais pas m'exposer ta théorie confortablement installée dans ton canapé, toi dans mes bras, moi te caressant les cheveux tout en t'embrassant ? demanda Hermione en s'installant sur un coin du bureau de son amante.
Minerva attrapa la cravate défaite de la Serpentard et tira dessus. La Sage suivit le mouvement et ses lèvres rejoignirent celles de son amante.
- Présenté comme ça, je suis sure que nos recherches seraient fructueuses, mais pas sur le sujet du jour. Débarrassons-nous du problème d'abord et qui sait, avec un peu de chance, nous aurons encore le temps d'aller voir mon cadeau, conclut-elle avec une lueur malicieuse dans le regard.
Puis, plantant un nouveau baiser rapide sur les lèvres convoitées, elle se leva et se dirigea vers la porte du bureau.
- On y va ?
Hermione eut un sourire et bloqua Minerva contre le mur le plus proche.
- Minerva… Je suis la Source, l'Origine de toutes magies. Crois-tu vraiment avoir besoin des livres de la bibliothèque alors que je suis une encyclopédie en mille volumes ?
- J'aime bien tourner les pages des vieux grimoires, tandis qu'avec toi, c'est autre chose que j'aime bien tourner... murmura l'animagus en posant ses mains sur les hanches de la préfète.
- Et bien, je te propose la chose suivante. On réfléchit à ta solution ce matin, au calme, dans tes appartements et ensuite, on part toutes les deux en vadrouille.
- On dit bien réfléchir, on s'entend là-dessus ?
- Et d'un mot elle me brisa le cœur ! soupira Hermione en se reculant et en renouant sa cravate.
Pansy dévisageait les trois sorciers assis devant elle.
- Je suppose que cette réunion n'a pas pour but de parler de mes résultats scolaires… commença-t-elle froidement en croisant les bras sous sa poitrine. Alors, que se passe-t-il ?
Hermione et Merlin échangèrent un regard embarrassé et Minerva soupira.
- Aussi lâche tous les deux ! Il n'y a pas un enchanteur pour rattraper l'autre ! maugréa la Directrice de Poudlard. Il se trouve, Miss Parkinson, que vous êtes dans la ligne de mire de Grindelwald.
Parkinson se leva lentement de son siège et se planta devant Hermione avant de lui enfoncer son index entre les côtes.
- Je t'avais bien dit que tu faisais une connerie ! articula-t-elle, exaspérée. Quand vas-tu enfin te mettre à réfléchir ?
Elle se tourna vers McGonagall et plongea son regard dans les yeux verts.
- Vous qui êtes la plus compétente du lot, vous avez trouvé quelque chose pour me garder en vie jusqu'à ce que notre Source de pacotille fasse son job ?
- Tout à fait Miss Parkinson. Je n'allais décemment pas vous laisser à la garde de Merlin ! Or donc, deux stratégies complémentaires vont être mises en œuvre.
- Allez-y, faites-moi peur ! ironisa la Serpentard. Vous allez m'enfermer dans la plus haute tour du château et en jeter la clé ?
- Ca, on n'y avait pas pensé… murmura Hermione.
Pansy lui jeta un regard noir et l'enchanteresse s'enfonça dans son fauteuil.
- Premier point : Hermione a bâti Poudlard, elle va donc se lier au château afin de détecter la moindre aura suspecte, et surtout celle de Grindelwald, reprit Minerva sans se préoccuper de la tension entre les deux élèves.
- Super, je vais avoir Poudlard avec moi ! ironisa Pansy. Et ensuite ?
- Par ailleurs, j'ai trouvé comment savoir, sans vous suivre à la trace, si vous êtes en danger immédiat. Bien sûr, cela suppose que le danger soit présent, mais c'est ce que j'ai de plus fiable, en dehors de vous enfermer et de jeter la clé.
- Moi qui rêvais que vous me suivriez de près, professeur…
Cette fois, ce fut Hermione qui foudroya du regard Pansy alors que Merlin éclatait de rire.
- Il s'agit d'un sort qui était employé autrefois par les marieuses pour savoir qui en pinçait pour qui. Il est fondé sur la capture des rythmes cardiaques, les personnes attirées mises en présence voyaient leurs battements de cœur s'accélérer. C'est aussi ce phénomène qui se produit lorsqu'on a peur.
- Et voilà qu'on ressort les sortilèges de grand-mère. Ce n'est pas Grindelwald qui m'inquiète, ce sont vos méthodes… rétorqua la Serpentard.
- Merlin va le lancer sur vous et sera connecté à votre cœur. Il saura donc immédiatement si vous êtes en danger et pourra se matérialiser à vos côté dans l'instant.
- Je sens que ça va être le fun… murmura Pansy avec un rictus.
- Cependant, Miss Parkinson, je tiens à vous faire remarquer qu'il y a bien des … situations… où le cœur peut s'emballer, et j'aurais tendance à vous conseiller de modérer certaines de vos ardeurs si vous ne compter pas mêler Merlin à toutes vos… activités…
- Ca lui apprendrait des choses ! Nous en avons fini ? Parce que mon rythme cardiaque a un rendez-vous dans le placard du sixième étage… Sur ce, bon dimanche !
Merlin agita précipitamment la main et un jet de lumière blanche toucha Parkinson dans le dos avant que la jeune femme ne quitte le bureau.
- Et c'est parti pour un tour ! Merci bien Hermione, tes conneries, on en a assez soupé ! râla l'enchanteur en quittant à son tour la pièce.
L'enchanteresse leva les yeux au ciel et poussa un profond soupir.
- Finalement, ça s'est plutôt bien passé ! lâcha-t-elle en regardant Minerva.
- Si tu veux dire par là qu'elle ne t'as pas arraché les yeux...
La Sage quitta son siège pour s'accroupir devant l'animagus. Elle posa ses bras sur les genoux de l'Ecossaise et plongea son regard dans les deux émeraudes.
- Ce qui m'aurait contrarié, c'est qu'elle arrache les tiens, murmura la préfète.
- Dépêche-toi de te lier au château et nous pourrons profiter de mon cadeau... Parce que je suppose qu'il est prévu pour deux...
- Va savoir, répliqua Hermione avec un léger sourire.
Elle se releva et posa ses mains sur un des murs de la pièce. Elle ferma les yeux, se concentra sur ce qu'elle ressentait et laissa parler sa magie. Une vague de pouvoir sembla sortir des pierres pour la happer. Elle hoqueta sous le choc et serra les dents. Le mur devenait brûlant et elle se forçait à maintenir le contact jusqu'à ce que le lien soit établi.
- Ca fait un mal de chien… grommela-t-elle en couvrant légèrement ses paumes de glace.
En se retournant, Hermione eut un regard interloqué pour sa Guide. Minerva semblait encore subjuguée par la puissance magique qui venait de s'exprimer devant elle.
- Qu'est-ce qu'il y a ? fit l'enchanteresse. Ce n'est pas la première fois que tu me vois faire ça.
- Mais c'est la première fois que tu le fais en tant que Source et c'était... impressionnant. Le rayonnement des pierres, les couleurs des fondateurs, tout était tellement plus rapide et plus intense, et toi, tu …flamboyais je ne sais pas comment le dire autrement.
- Ah… Et… euh… Toujours partante pour t'éclipser le reste de la journée avec une Source flamboyante ? balbutia Hermione en passant la main dans ses cheveux.
- Tu m'impressionnes mais pas au point de me tenir loin de toi. On y va ?
- Après toi…
Les deux sorcières quittèrent le bureau et se rendirent aux grilles du château. Une fois sûre qu'elles n'étaient pas observées, la Sage prit sa Guide dans ses bras et les fit toutes deux transplaner pour Avalon.
Minerva eut un regard appréciateur et tourna légèrement la tête vers l'enchanteresse.
- C'était vraiment impressionnant, murmura-t-elle.
- Et, pour l'avoir vu dans notre autre vie, tu le faisais aussi bien que moi.
McGonagall fronça les sourcils puis son regard s'éclaira. Elle se souvenait l'avoir fait, alors qu'Hermione s'entraînait avec Grindelwald dans la grande salle, quand Poudlard était assiégé. Puis avant la destruction du collège, lors de l'attaque de Dumbledore et de Voldemort.
- Je n'ai jamais réellement compris comment j'avais pu faire appel à la magie que tu avais mise dans les murs de l'école.
- Tu es ma Guide, répondit Hermione. En tant que tel, tu as pu l'utiliser. Pratique, non ?
- Je ne te le fais pas dire.
- Hermione, je vais tomber ! gronda l'animagus
- Ce n'est pas de ma faute si tu es aussi grande ! râla la préfète.
- J'aurais dû te gaver de soupe… marmonna la Directrice de Poudlard en mettant prudemment un pied devant l'autre.
- Tu ne pourrais pas marcher les jambes fléchies ? Ca m'aiderait grandement !
Hermione était sur la pointe des pieds et cachait comme elle le pouvait de ses mains les yeux de l'Ecossaise. Les deux avançaient lentement le long d'un chemin terreux de l'île d'Avalon.
- On est bientôt arrivée ? soupira l'aînée tandis que la préfète trébuchait.
Elle prit appui sur Minerva qui grimaça.
- Deux minutes encore ! Pas possible d'être aussi impatiente... répliqua la Serpentard. Une vraie gosse !
Elles continuèrent leur route et Hermione finit par s'arrêter. Elle glissa derrière Minerva et se pencha sur elle.
- Ferme les yeux et compte jusqu'à trois… murmura-t-elle.
La Guide acquiesça et l'enchanteresse ôta ses mains. L'ancien professeur attendit trois secondes et ouvrit les yeux. Elle eut une exclamation où se mêlaient la surprise et la joie en découvrant la petite maison au bord de la plage.
- Bon anniversaire ! chuchota la jeune femme en posant ses lèvres dans le cou de son amante.
- Par Merlin ! Hermione ! C'est toi qui…
- Oui, répliqua doucement l'enchanteresse. Je te laisse visiter ?
L'animagus se saisit de la main de la Sage et l'emmena dans la petite demeure. Hermione resta dans le salon, adossée contre un mur tandis que l'animagus pénétrait dans toutes les pièces, regardant le moindre recoin.
- C'est toi qui as monté les meubles ? demanda McGonagall, impressionnée.
- Oui, j'ai pris l'option montage de meuble en kit pendant ma formation de Langue de Plomb, plaisanta Hermione en allumant une cigarette. Mais pour la décoration, je te laisse gérer. Tu feras comme tu l'entends !
- Il y a même de quoi manger dans la cuisine ! Tu as tout prévu ! s'exclama l'animagus dans l'autre pièce.
- Je suis la Source, je prévois tout sur dix ans, tu le sais bien, se moqua gentiment l'enchanteresse.
Minerva passa la tête dans le salon et agita un paquet de chips qu'elle tenait à la main.
- Et ton futur cholestérol ? demanda-t-elle avec un haussement de sourcil.
La Serpentard grimaça et cela fit sourire la Directrice de Poudlard.
- Bon, j'ai presque tout prévu. C'est mieux ? marmonna l'élève.
McGonagall se contenta d'un clin d'œil et se rendit sur la terrasse couverte. Une table de jardin, des sièges, deux transats, un barbecue.
- C'est le paradis… murmura l'ancien professeur en retournant dans la maison.
- Et l'avantage, c'est qu'il n'y a qu'un seul voisin et que l'île ne prévoit pas d'impôts locaux et fonciers. C'est le… paradis fiscal des enchanteurs, ironisa la neuvième sage.
Elle écrasa sa cigarette et jeta le mégot dans une poubelle.
- J'ai du jus de citrouille au frais. Tu veux boire un verre sur la terrasse ? proposa Hermione en se dirigeant vers la cuisine.
Minerva attrapa son élève par les hanches et la plaqua doucement contre un mur.
- J'ai envie de quelque chose de plus… corsé… murmura sensuellement l'animagus en défaisant la cravate de la préfète. Tu me fais visiter la chambre ?
La respiration de l'enchanteresse s'accéléra brusquement tandis que les doigts du professeur glissaient le long de son buste pour défaire un à un les boutons de la chemise. Son corps mourait d'envie de répondre favorablement à la demande, mais Hermione avait l'impression d'être tétanisée, impressionnée par le regard vert. Elle se souvenait parfaitement de la seule nuit qu'elle avait partagé intimement avec sa Guide, et cet instant avait été… il n'y avait pas de mot pour le décrire. Cependant, le lendemain avait viré au cauchemar.
« Et si cela se reproduisait ? » se demanda la Sage en paniquant. « Et si de nouvelles catastrophes nous tombaient dessus ? »
Sa chemise tomba négligemment sur le parquet qu'elle avait posé la veille et une plus grande appréhension la gagna.
« Et si elle se rendait compte que je n'étais pas la bonne personne. Mon caractère va finir par la lasser. Nos disputes vont la faire partir… Ginny a raison. Je ne suis plus la Hermione que Minerva a connue. Je change, et pas en bien.»
Minerva admirait la jeune femme devant elle, tout en continuant de la déshabiller. Ses mains couraient sur cette peau dont l'odeur l'enivrait, descendaient lentement le long de ces cuisses fuselées aux muscles délicatement dessinés. A genoux aux pieds de l'enchanteresse, le Guide entreprit de faire le chemin inverse en parcourant le corps de son amante de baisers. Elle prenait son temps, enfin persuadée que personne ne viendrait les interrompre à Avalon. Pourtant, elle sentait une réserve habiter Hermione. En embrassant le cou de la Sage, et la sentant frémir de tout son être, elle eut l'impression de la réveiller.
La préfète prit une courte inspiration, tentant de se débarrasser de la panique qui l'envahissait.
« Bon sang, c'est pas le moment de perdre les pédales ! » se gronda-t-elle.
Cependant, son corps refusait de lui obéir, ses mains tremblaient, ses jambes flagellaient.
- Tu es sûre que tu ne veux pas boire un verre avant ? Discuter ? balbutia-t-elle, une boule se formant dans sa gorge.
Minerva continuait d'embrasser à petites touches le cou, les épaules, les lèvres de la préfète. S'approchant de son oreille par à-coups, elle susurra avec humour :
- Ne me dis pas que tu es vierge...
- Non, de ce côté-là, pas de souci, répliqua la Serpentard de plus en plus mal. C'est juste que… je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière.
« Bon, j'aurais pu trouver mieux. » songea-t-elle en se mordant la lèvre.
Minerva s'éloigna à regret de la chaleur de ce corps tant désiré.
- Tu te fais du souci pour ton amie, je comprends.
Elle prit la main de l'enchanteresse et l'entraina vers le lit. Elle s'assit et l'attira vers elle. Hermione se débrouilla pour s'asseoir et non tomber sur l'animagus.
- Mais je ne comprends pas ton manque d'empressement alors que tu as toujours été la première à vouloir... Dis-moi quel est le véritable problème qui se cache derrière ses yeux somptueux ?
- Des yeux sompt… Bref, passons. J'ai juste une petite crise d'angoisse. Tu comprends, c'est de mon âge… grommela la jeune femme en passant nerveusement la main dans ses cheveux. Il faut dire que les deux fois où on a fait l'amour, dont une en rêve, ça s'est mal terminé…
- L'adage moldu a beau dire jamais deux sans trois, il ne tient qu'à nous, sorcières, de le faire mentir, répliqua Minerva sans relever l'allusion à son meurtre. Laisse-moi conjurer ce sort, enchaina-t-elle en laissant glisser son doigt le long du flanc de la Serpentard, lui faisant perdre son souffle.
- Je ne veux pas te perdre… murmura Hermione en détournant le regard. Je ne le supporterai pas. Avec toi, je me sens… Enfin, quand on ne se dispute pas, je me sens bien. Bon, pas maintenant précisément, mais en général. Et me voilà à parler sans m'arrêter comme une jeune pucelle… soupira-t-elle en se massant les tempes.
- Tu veux qu'on prenne notre temps ma chérie ?
- Je ne sais pas. J'aurai toujours cette inquiétude.
Elle se mordit une nouvelle fois la lèvre et secoua la tête.
- Si tu me laisses quelques minutes le temps de me calmer, je pense que tu pourras tirer quelque chose de moi.
Elle plongea son regard dans celui de sa Guide et prit une grande inspiration.
- Et même si notre relation peut se passer de mots, j'aimerais te dire, et pas sous le coup de la colère, que je t'aime.
Le sourire de Minerva qui accueillit cette déclaration était lumineux de bonheur. Elles se retrouvaient enfin. Et si ce bonheur devait attendre quelques instants de plus elle saurait comment les occuper. Elle se leva du lit, embrassa langoureusement Hermione au passage et se tint devant elle. Puis, lentement, un à un, elle fit tomber les vêtements qui la couvraient.
- Je peux prendre le temps d'aller fumer une cigarette, histoire de ne pas être tétanisée ? Déjà que ta beauté m'impressionne… déglutit la préfète, ayant du mal à détacher son regard du corps qui s'offrait devant elle.
L'air mutin de Minerva l'empêcha de mettre son idée à exécution. Surtout que l'animagus commençait à se mouvoir dans sa direction. Tel le chat qui la personnifiait, la Guide ne quittait pas du regard les yeux de sa proie et pouvait y lire le désir qui consumait les nerfs de l'enchanteresse. Toute trace d'angoisse avait disparu au profit de cette flamme qu'elle avait toujours voulu allumer dans le cœur de la Sage. Arrivée au pied du lit, Minerva mit les mains de chaque côté d'Hermione et continua à progresser, obligeant l'enchanteresse à s'allonger sous elle.
- Je suppose que je devrai attendre pour aller cloper. Mais avant que tu ne cèdes à tes bas instincts, es-tu sûre de pouvoir vivre jusqu'à la fin des temps avec un Source à fort tempérament colérique, avec en bonus un taux de cholestérol élevé et une tendance à l'embonpoint ?
- Si mes souvenirs sont fidèles et si ce qui va se passer dans quelques instants est aussi... magique que la première et dernière fois que nous l'avons fait, alors je n'aurai jamais aucun regret de m'être liée à toi pour l'éternité, lui fit-elle à l'oreille entre deux baisers, avant de reprendre sur un ton plus ténébreux, il ne faudrait pas que je sois obligée d'aller voir ailleurs...
- Minerva… tu es trop… économe pour aller voir ailleurs. Souviens-toi de la théorie de Merlin sur le prix des femmes, murmura la préfète avec un sourire amusé.
- Avec l'éternité devant moi, je suis sûre d'arriver à me faire à l'idée de dépenser, alors méfie-toi, souffla-t-elle dans le cou de la Sage pour le plaisir de la sentir frémir sous elle.
- Tu parles, tu parles, mais qu'attends-tu pour me retirer le reste de mes vêtements ? brava Hermione avant de mordiller doucement le lobe de l'oreille de l'animagus.
- J'attendais que tu en meures d'envie... Est-ce le cas ? demandèrent des lèvres qui se traçaient un chemin sur le ventre frissonnant de la Serpentard.
- Tu as deux secondes pour te décider avant que je ne le fasse moi-même… répliqua l'enchanteresse dont le regard brillait d'excitation.
L'animagus ne répondit pas. Elle continua sa descente le long du corps enfiévré d'Hermione. Ses lèvres effleurèrent le dernier vêtement qui couvrait encore l'intimité de la Serpentard qui fit un mouvement de hanche pour ne pas perdre ce contact. Profitant du geste, Minerva fit délicatement glisser le tissu sur cette peau brulante, caressant de ses paumes les fesses de la jeune femme.
Hermione se redressa pour capturer les lèvres de son amante en un baiser urgent. Ses mains glissèrent le long des épaules de l'ancien professeur pour caresser le galbe de ses seins. Les doigts continuèrent leur trajet pour finalement se saisir des hanches de l'animagus et l'enchanteresse attira sa Guide contre elle.
« Si tu veux lui faire la proposition d'être ta compagne jusqu'à la fin des temps, fais-le maintenant, et j'activerai le sort… » murmura la Source.
- Minerva... Veux-tu rester avec moi pour veiller sur l'humanité ? demanda sérieusement la Sage en plongeant son regard dans celui de sa Guide.
- C'est donc ta demande officielle ? fit la Guide sans ciller.
- Ca y ressemble. Tu veux que je me mette à genoux ? Mais il faudrait se rhabiller, ça pourrait prêter à confusion…
Minerva sourit.
- Pas la peine d'aller jusque là pour me lier à toi pour l'éternité devant la Source. Mais le jour où tu voudras le faire devant les sorciers, ce sera un incontournable.
Hermione déglutit de travers et s'étouffa.
- Je ne savais pas que tu étais branchée mariage… marmonna-t-elle en toussant tandis que la Source soupirait dans son esprit.
« Est-ce que ta Guide pourrait donner une réponse éclairée et non équivoque que je lance le sortilège ? Je n'ai pas que ça à faire… » s'impatienta la voix.
- Aurais-tu honte de moi ?
La Sage lui jeta un regard surpris.
- Minerva ! Comment peux-tu penser une telle chose ? Je suis juste étonnée, puisque tu n'as pas voulu officialiser ta… dernière union.
« Bon, puisque vous en êtes à discuter chiffon et gâteau, je me tire… » maugréa la Source.
- A cette époque, ni Severus ni moi n'étions cotés à l'argus, ce qui lui faisait dire qu'il n'y avait aucune nécessité d'engagement, personne ne voulant de vieux débris, je le cite de mémoire.
- Je comprends. Cependant, j'ai ma petite voix personnelle qui s'impatiente de t'entendre prononcer une réponse éclairée et non équivoque à ma demande. Donc, faisons cela dans les formes pour lui faire plaisir. Minerva McGonagall, veux-tu veiller avec moi, Origine de toutes magies, sur l'humanité jusqu'à la fin des temps ?
« Ca te va ? C'est ce que tu voulais ? C'est assez pompeux ? » grogna Hermione.
« J'attends la réponse pour me prononcer. Mais j'aurais imaginé un cadre plus romantique. Avalon était une bonne idée, mais j'aurais plus vu un sublime couché de soleil, avec un petit quatuor à cordes…»
« Tu me gonfles. » coupa l'enchanteresse.
« Ok, je vais m'en satisfaire… »
« Tu m'en vois ravie ! »
Minerva voyait le dialogue intérieur à travers les couleurs dansantes dans les yeux de la Sage. Elle attendit que la tourmente s'apaise et, après un doux baiser posé sur ses lèvres qui venaient enfin de lui demander de lier leurs vies elle murmura :
- Je souhaite me tenir à tes côtés pour l'éternité.
« Enfin ! Maintenant, tu peux embrasser la masochiste, et je m'occupe du reste. » ricana la Source.
Hermione se pencha sur Minerva et captura ses lèvres. Elle sentit une magie puissante les entourer. L'animagus répondit avidement au baiser, et les deux sorcières s'allongèrent alors que leurs mains parcouraient le corps de l'autre. Tandis que la magie de la Source faisait son œuvre, les caresses se firent plus intenses, plus précises et la Sage et sa Guide se trouvèrent emportées par un tourbillon de plaisir.
Et voilà ! La suite la semaine prochaine ! En vous souhaitant un excellent week-end,
Bises,
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