Pdv : Sirius

Voir mes deux amis enfin réunis et le sourire aux lèvres me fit une joie immense. Ils étaient si mignons ensemble. Quand j'y repensais, je trouvai si incompréhensible que James et moi n'ayons rien remarqué. Cependant, le mystère de leur fameuse soirée restait entier, mais j'avais décidé d'oublier tout cela pour me concentrer sur ma meilleure amie. Elle semblait si jeune parfois : j'avais eu l'impression de revoir la fillette de mon enfance lorsque je l'avais trouvé endormi dans ma malle ce matin.

Remus avait repris des couleurs et avait bien meilleure mine. Il riait en tentant de montrer à Jennifer comment patiner.

-Regarde, il faut que tu avances un pied à la fois en poussant sur les côtés, comme ça…

-Mais je n'y arrive pas, ça glisse!

Il s'approcha derrière elle et lui demanda en indiquant ses hanches : je peux?

Elle lui fit un signe de tête et il la prit délicatement par la taille.

-Là, ça va?

-Ouais.

C'est étrange, je comprends que Lunard soit gêné, mais là… Faudrait qu'il fonce un peu plus, on dirait qu'il a peur de lui faire mal!

Avec l'aide de mon ami, elle réussit enfin à faire quelques pas sans tomber et même à tournoyer sur elle-même. Son bonheur était si futile et contagieux, que tous se mirent à rirent lorsqu'en bondissant de joie, elle perdit l'équilibre et tomba sur la berge.

Ils seraient si heureux tous les deux… Ça les aiderait d'avoir quelqu'un sur qui compter et aussi quelqu'un qui les aime vraiment…

Pdv : Jennifer

La journée avait passé si vite… Je n'avais pas vu le temps filer. Il était déjà rendu très tard et la plupart de mes amis étaient partis se coucher exténués par cette belle journée à l'extérieur. Moi je n'avais aucunement l'intention de laisser Morphée m'amener avec elle : j'étais pelotonnée contre Remus sur l'un des canapés de la salle commune et je discutais tranquillement avec lui. Cependant, nous venions tout juste de terminer les chocolats chauds offerts par les elfes de l'école et la chaleur conjointe du breuvage, du feu et de mon ami commençait à m'embrouiller l'esprit.

-Il se fait tard Jennifer, tu as l'air fatigué. On devrait aller dormir pour être en forme demain, murmura doucement Remus à mon oreille.

-Hum… ouais il faudrait bien, mais je n'en ai pas envie. Je suis bien là…

-Je vois ça, t'arrives à peine à garder les yeux ouverts!

-Mais non, déclarais-je faussement offensé. Tu vois j'ai les yeux grands ouverts!

J'écarquillai les yeux pour les empêcher de se fermer tout seul et je regardai Remus. De grandes marques violacées cernaient ses yeux et sa peau pâle ressortait dans la pâle lueur du soir. Il avait l'air exténué.

-Oh, désoler je t'empêche d'aller te coucher. Vas-y moi je reste ici, je n'ai pas la force de me rendre jusqu'au dortoir et je suis confortable comme ça.

Je me relevai pour le laisser partir. Il se leva, mais resta planté devant moi à m'observer. Je me recouchai et fermai les yeux.

-Bonne nuit Remus. Fais de beaux rêves…

-Bonne nuit à toi aussi, tu feras de bien plus beaux rêves que moi j'en suis sûr, me répondit-il en chuchotant.

Il se pencha déposa un baiser sur ma tempe, puis parti sans un bruit.

Pdv : Sirius

Une fois que tout le monde fut endormi, je me levai et réveillai James et Peter. Une longue nuit nous attendait. Je pris ma cape et mis mes bottes. Il faisait froid dehors la nuit, même si la neige n'était pas encore tombée. Ensemble, nous descendîmes les escaliers vers la salle commune priant pour que la grosse dame endormie nous laisse passer sans rechigner. En chemin, j'aperçus Jennifer endormie sur le divan devant le foyer, elle avait l'air heureuse. Remus avait bien agit avec elle malgré la tension qu'il avait dû subir ce soir. Je passai une main affectueuse dans ses cheveux, puis l'on se mit en chemin.

La carte nous guida sans encombre jusqu'à la grande porte pour se rendre à l'extérieur et nous sortîmes ni vu ni connu du château. Je me retournai vers les garçons et d'un hochement de tête nous nous transformâmes ensemble. En quelques instants, j'étais devenu un chien au pelage noir d'encre. À mes côtés se tenaient un cerf et un tout petit rat qui grimpa sur mon dos avant que je ne me mette à courir.

Sentir le vent sur mon pelage me faisait un bien fou et la course dénouait la tension accumulée dans mes membres. Je me sentais libéré d'un poids énorme et j'aurais continué à courir sans but ainsi longtemps si la réalité ne m'était pas revenue brutalement à la figure : un hurlement déchirant en provenance de la cabane hurlante se fit entendre.

Nous avions une mission à remplir. Il fallait venir en aide à notre ami coûte que coûte. Je bondis en direction du saule cogneur et laissai Peter débarquer de mon dos. Ce dernier ce faufila entre les branchages pendant que James et moi faisions diversion en zigzagant près de l'arbre. Il actionna le mécanisme et les branches meurtrières s'immobilisèrent laissant juste assez d'espace pour nous permettre de nous faufiler dans le passage creusé entre les racines de l'arbre.

Ne lâche pas Remus, on arrive…

Pdv : Jennifer

Je somnolais à la chaleur de l'âtre lorsque je perçus du bruit en provenance des escaliers menant au dortoir des garçons. Des murmures et des chuintements de pas presque inaudibles, mais tout de même présents. Je n'arrivais pas à comprendre ce que les voix ce disaient ni à qui elle appartenait. J'étais en train de prêter plus attentivement l'oreille lorsqu'une main me caressa doucement la tête et que l'odeur de Sirius me frappa de plein fouet comme il se relevait pour partir. J'attendis que la porte se referme et décidais de me lever et de les suivre. Je venais de prendre les maraudeurs sur le fait. Ils étaient en train de planifier leur prochain mauvais coup et cette fois j'allais être de la partie coûte que coûte!

Dans le silence le plus complet je les suivis à travers les corridors, longeant les murs, me cachant dans l'ombre et gardant une distance entre le petit groupe et moi pour ne pas me faire repérer. Les garçons faisaient de grands détours à travers les dédales du château et s'arrêtaient fréquemment pour consulter quelque chose. J'en déduisis que ce devait être la carte des maraudeurs et qu'ils s'en servaient pour éviter de se faire repérer.

Nous ne croisâmes aucune âme qui vive sur notre chemin et arrivâmes finalement à destination. Je n'étais pas habillé chaudement et je fus parcourus de frissons lorsque nous franchîmes la grande porte menant à l'extérieur de l'école. Je n'allais pas me décourager pour si peu tout de même et surtout pas après avoir fourni tant d'efforts pour y arriver!

Le petit groupe marcha encore quelque pas, puis s'arrêta. Je me cachai derrière une statue et les observai. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis leur apparence se modifier pour atteindre le stade de ceux d'un cerf d'un chien et d'une toute petite créature qui me semblait être une sorte de rongeur, une souris peut-être. J'avais le cœur qui battait à cent à l'heure. Mes amis étaient des animagus et ils me l'avaient caché tout ce temps! Quoique en y réfléchissant bien, je n'étais pas vraiment mieux.

Moi aussi en quelque sorte j'étais une sorte d'animagus. C'était quand même un peu différent. Moi personne au monde n'était comme moi, j'étais la seule de mon espèce. En effet, je ne contrôlais pas toujours mes transformations. Parfois, elle s'opérait toute seule sous le coup d'une émotion intense ou d'un sentiment de danger imminent. C'était une sorte de moyen de défense et il m'avait bien servi lors de ma fuite. C'était grâce à ça que j'avais pu atteindre Poudlard saine et sauve.

Je concentrai mes énergies à l'intérieur de moi, calmai mon esprit et laissai affluer la magie dans mes veines. Tranquillement, des particules s'accumulèrent autour de moi et dans un éclat de poussière je fus transformé en un renard au pelage roux comme les flammes. Sous ma nouvelle forme, suivre mes compagnons à la trace fut beaucoup plus aisé. Les garçons semblaient fous de joie, ils bondissaient dans l'herbe haute et couraient à en perdre l'haleine. Je les suivis jusqu'au saule cogneur l'arbre qui se servaient de ses branches comme des massues et je fus témoin d'un drôle de spectacle. Évitant les coups et les branches le cerf et le chien se faufilaient entre les branchages. J'étais terrifiée, quels fous! Ils allaient se faire écrabouiller! Puis soudainement, les branches s'immobilisèrent et les silhouettes de mes amis disparurent de la clarté de la lune.

Après quelques instants d'hésitation je me décidai d'approcher l'arbre maléfique. Comme il ne bougeait pas, je m'approchai jusqu'à son tronc et en fit le tour pour découvrir un tunnel entre les racines de l'arbre où je me faufilai. L'air vicié sentait la mousse et l'eau croupie. Je m'avançai tranquillement foulant de mes pattes le sol boueux du tunnel. Au bout d'un moment, je crus percevoir la clarté de la lune filtrer dans la sortie. Je me dépêchai d'atteindre la fin inespérée de cet affreux endroit et débouchai finalement dans une vieille maison toute délabrée.

Les murs étaient faits de planche de bois sombre et les quelques fenêtres qui s'y trouvaient étaient brisées si bien que l'air froid de l'extérieur s'infiltrait dans le bâtiment. Je me trouvai dans une sorte de cuisine une table s'y trouvait entouré de quatre chaises. Des cadavres de bière au beurre jonchaient le sol près des murs et le lustre pendait lamentablement au-dessus de la table. Impatiente de trouver mes amis, je montai au deuxième étage par un petit escalier aux marches défoncées. Ce devait être leur repère, là où ils concoctaient tous leurs plans diaboliques et mettaient en œuvre leurs farces légendaires. Des toiles d'araignée étaient tissées partout entre les barreaux de l'escalier et la maison craquait de toute part sous les assauts du vent. Ils auraient tout de même rendre ça plus chaleureux pensai-je en atteignant l'étage supérieur.

Un petit lit à baldaquin trônait au centre de la pièce. Une des poutrelles était brisée et les draperies rongées par les mites pendaient tristement sur le matelas. Une grande armoire comblait l'espace entre l'âtre éteint et la fenêtre. Au-dessus du foyer se trouvait un immense cadre dont la toile était brisée et défraichie. Cependant, il n'y avait personne ni aucune trace de mes amis. Je repris ma forme humaine et tentait de les appeler. Seul le hurlement du vent me fit réponse. Ils devaient être partis quelque part et allaient revenir bientôt.

Pour m'occuper, j'entrepris de fouiller l'armoire et le coffre au pied du lit. Elle ne contenait rien de bien utile : quelques vieilles bouteilles de potion à l'aspect étrange et des draps de rechange pour le lit eux aussi rongés par les mites. Le coffre quant à lui était complètement vide, mais quelque chose clochait quand on le regardait. On aurait dit de l'extérieur qu'il était bien plus profond que lorsque l'on ouvrait le coffre. Il devait y avoir un double fond! Je tâtai les rebords du fond et finis par découvrir une ouverture. J'y insérai mon doigt et pressai le loquet qui permettait d'ouvrir le tiroir du sous-coffre.

À l'intérieur, il y avait les vêtements que Remus portait aujourd'hui ainsi que des vêtements de rechange à peu près à sa taille. De plus, le tiroir contenait des livres de botanique, de potions ainsi que quelques romans qui m'étaient inconnus. J'en pris un au hasard et feuilletai les pages. Insérées entre plusieurs d'entre-elles ce trouvaient toute sorte de choses. Des fleurs séchées, des petites notes écrites de la main de Remus, un trèfle à quatre feuilles, mais aussi beaucoup de photos. Des tas et des tas de clichés de mes amis à toute sorte d'endroits et de moments. Leurs plus grandes farces, une baignade au lac, James et Sirius disputant un match de Quidditch… et ce qui était le plus étonnant c'est que les clichés étaient animés, ils bougeaient comme s'ils étaient réels.

Le temps passa sans que je ne m'en aperçusse. Je regardais les clichés de mes amis, assise de peine et de misère entre les ressorts du petit lit, lorsqu'un bruit se fit entendre près de la maison, bientôt suivi d'un grand fracas dans la cuisine. Il devait y avoir de la bagarre en bas. J'entendais des coups, des feulements et des grondements assourdissants. Apeuré, je me cachai derrière l'armoire en espérant que les bruits de lutte cessent et que le danger s'éloigne. Mais le tout ne fit que s'amplifier : les créatures montaient à l'étage.

Un bruit de poutre qui se fracasse, des hurlements, des grognements et des coups de crocs s'ensuivirent. Puis, le son affreux d'un corps qui se retrouve projeté contre le mur et des côtes qui craquent. Par terre se retrouva le corps de Sirius sous forme animale. Aux prises avec une panique grandissante, je me jetai près de lui pour lui porter secours. À ma vue, une lueur étonnée s'alluma dans son regard vite remplacé par une détresse profonde. Mon amie se releva sur ses pattes et se plaça devant moi pour me protéger en grondant sourdement. Je me retournai assaillie d'un affreux pressentiment. La créature était là se dressant devant moi de toute sa hauteur. Un immense loup-garou avec une gueule remplie de crocs acérés me fixait de ses yeux froids et sans âme. J'étais pétrifié d'horreur devant la bête, incapable de la moindre action.

J'eus tout juste le temps de reculer d'un pas que la bête me sauta à la gorge. Sirius trop faible pour l'arrêter fut repoussé par le loup d'un coup de griffe et je fermai les yeux en sentant les crocs de la bête s'enfoncer dans ma chair.