Chapitre 29 = mon autre vie
(Point de vue de Kelly)
Fun-Chang a dit = une partie importante de la sagesse et de la connaissance consiste à ne plus vouloir transformer les gens en ce qu'ils ne sont pas mais à accepter ce qu'ils sont, à comprendre leur expérience de vie.
Ma vie a pris une tournure particulière il y a quelques années. Je n'ai aucun regret. J'ai vécu des moments inoubliables, forts en émotions qui resteront gravés dans ma mémoire pour toujours.
Aujourd'hui j'ai la chance d'être entouré de personne formidable mais surtout j'ai la chance d'être accepté dans cette famille.
Mes parents sont décédés quand j'avais 14 ans. J'ai passé les quelques années me séparant de ma majorité chez ma grand mère mais celle ci m'a quitté il y a un an. J'ai l'impression que les personnes qui me sont proches disparaissent les une après les autres.
Aujourd'hui c'est un jour particulièrement difficile. Nous sommes le 4 octobre. Ce n'est jamais un bon jour. Mais bizarrement j'ai la sensation qu'une lueur persiste quelques parts au fond de ma tête.
Et cette lueur s'appelle Embry.
J'ai rencontré Rachel il y a deux ans à New York. Elle venait terminer ses étude pour devenir professeur moi je terminais les miennes pour devenir éditrice. A l'époque je vivais dans un appartement à côté de la faculté et je cherchais une colocataire.
Rachel était une personne réservée. Elle ne se confiait pas à moi, elle vivait dans mon appartement c'est tout. On ne se voyait presque jamais avec nos cours respectif. Il n'avait rien à redire sur le comportement de Rachel. C'était une jeune femme incroyable qui ne laissait jamais rien trainé dans l'appartement, qui savait cuisiner, bref la colocataire idéale.
Mais à part ça j'avais l'impression que Rachel avait érigé une carapace autour d'elle comme si elle voulait se protéger. Je n'arrivais pas à la percer à jour et on ne parlait jamais d'elle.
Et puis un jour tout à changé.
- Flash Back -
Je rentrais de ma journée de cours. Rachel et moi avions décidé de commander une pizza pour ce soir. En rentrant dans l'appartement je fus surprise de constaté qu'il était plongé dans le noir.
"- Rachel tu es là ?"
Pas de réponse. C'était étrange, je savais que le jeudi elle n'avait pas cours. Je me dirigeais vers sa chambre, personne. Puis j'entendis des sanglots provenant de la salle de bain. Je frappais à la porte avant d'entrée.
Rachel était assise par terre, en larmes. Je me suis assise à ses côtés, elle tenait un test de grossesse entre ses doigts. Alors sans avoir besoin de dire quoi que ce soit, je la pris dans mes bras. Elle me parla de sa vie la Push, de la mort de sa mère, de Paul et des quileutes.
Je faisais des études de littérature afin de devenir éditrice. J'avais lu des centaines d'ouvrage et les légendes indiennes étaient lune de mes passions. J'ai d'ailleurs fait ma thèse là dessus. C'est pourquoi quand le mot quileutes est sorti de sa bouche, je savais ce que cela signifiait. Je n'étais pas effrayé de savoir que ces légendes existaient réellement, en fait j'étais fier que Rachel se confie enfin à moi. Et c'est à partir de ce moment que nous sommes devenues les meilleures amies du monde.
- Maintenant -
Rachel a annulé son mariage avec Kevin et c'est une excellente chose. Paul et elle ont beaucoup de chose à rattraper. Ces deux ans ont été une véritable torture pour moi. Kevin et sa famille étaient de la pire espèce qui soit. Rachel est toujours effrayée à l'idée de se laisser aller dans cette relation et j'ai beau lui répéter que es relations amoureuses se travaillent au jour le jour, elle continue d'avoir la trouille. Ce n'est pas possible d'être aussi têtue je vous jure.
Paul et Rachel sont fait l'un pour l'autre c'est comme ça. Les légendes indiennes sont parfois compliquées à comprendre mais elles ont chacune un sens bien définies.
L'imprégnation est un phénomène qui peut être effrayant, je sais de quoi je parle j'en sui moi même l'objet. Mais au final on s'en fait toujours une montagne alors que c'est un phénomène incroyablement beau. Après tout ce n'est que de l'amour.
Un coup de foudre version quileute.
Alexandre Millon a écrit = Au fond le coup de foudre dont on fait si grand cas n'est sans doute qu'un choc entre deux cymbales. La simple percussion de deux disponibilités urgente.
En ce qui me concerne je pense que c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Cela m'aide à avancer et à me dire que tout peut être beau si on le décide vraiment.
Rachel le comprend aussi seulement elle fait partie de ces gens qui pensent que rien ne devrait être imposé surtout pas en amour. Je suis d'accord avec elle d'une certaine manière sauf que là c'est différent. L'amour chez les indiens quileutes n'est pas quelque chose d'imposé. C'est le destin de toute une vie.
C'est une évidence.
- Flash Back -
"- Je suis nerveuse.
- Il n'y a pas de raison, je suis sûr que tout va bien. La première fois tu étais dans le même état et tout c'est bien passé.
- Oui je sais, je sais."
Rachel et moi étions dans la salle d'attente du service de gynécologie, obstétrique. Elle devait faire sa deuxième échographie et pour la première fois nous allions entendre les battements du cœur du bébé.
Après s'être installé sur la table d'examen Rachel me serra la main et le médecin posa la sonde sur son ventre. Une image en noire et blanc s'afficha sur l'écran. Le petit grain de riz s'était transformé e petit haricot avec deux jambes et deux bras et ...
Boum boum boum.
Et un cœur qui bat.
Une larme coula sur la joue de Rachel. Le médecin sortit pour nous laisser un peu d'espace.
"- Il devrait être là hein ? Paul devrait être là pour l'entendre. Il n'est même pas encore né que je me comporte déjà comme une mauvaise mère en le privant de son père.
Rachel éclata en sanglot.
- Ne dis pas n'importe quoi, tu n'es pas une mauvaise mère, bien sûr que Paul devrait être là pour vous deux mais je sais que tu as besoin d'accepter certaine chose avant. Alors ne crois pas que je vais te juger, parce que ce n'est pas le cas. Je vais tout faire pour t'aider je serais toujours là promis."
- Maintenant -
Cette sensation de bonheur qu'on peut ressentir en se rendant compte qu'on porte la vie en soi, peut être éphémère. La preuve quelques semaines plus tard Rachel perdait son bien le plus précieux. Le dernier lien qui lui restait de Paul. Elle venait de le perdre. Mais nous n'avons pas pu nous attarder sur cet évènement tragique. Deux jours plus tard quelqu'un frappait à la porte.
- Flash Back -
La personne que je ne voulais pas voir se tenait devant moi. Je savais, avant même qu'il ouvre la bouche je savais. Mes yeux devinrent humides, je sentis Rachel me serrait le bras. Puis l'homme ouvrit la bouche.
"- Madame Dawson, je suis le colonel James Arkins de la base aérienne du New Jersey.
Une larme coula sur ma joue.
- J'ai le regret de vous annoncer que... que votre mari le capitaine Ryan Dawson a été tué au combat cette nuit...je suis désolé."
Et voilà Ryan venait de donner sa vie pour en sauvez d'autre. Je n'ai pas éprouvé de colère. En fait je suis fier de lui. Vous allez trouver ça étrange mais c'est la vérité. Quand on y réfléchit la mort pour un soldat est un prix dérisoire à payé pur pouvoir se battre pour son pays. Ryan est mort au combat. Je sais que les cimetières sont remplis de héros mais voilà je n'arrive pas à lui en vouloir. Je suis fier de lui.
Ryan est mort le 4 octobre 2007.
- Maintenant -
Il était tard, j'avais évité Embry toute la journée. Je lui devais des explications.
C'est pourquoi je me tenais devant chez lui. Quand il m'ouvrit c'est une expression de soulagement qui s'imprima sur son visage. Je m'avançais vers lui et le serrais dans me bras. Son nez glissa dans mes cheveux et il respira mon odeur. Après quelques instants je le relâchais et le regardais dans les yeux.
"- Il faut qu'on parle.
Il m'entraina sur le banc devant chez lui. Une fois assis il me regarda et attendit patiemment.
- Je suis désolé pour mon attitude aujourd'hui.
- C'n'est pas grave.
- Si ça l'est. Je me rends compte que je n'ai pas été très sympa mais ce n'était pas volontaire. C'est juste que je déteste cette journée.
- Kelly... Je ne te demande rien, je me rends compte que ce n'est pas évident et je sais qu'avant de débarqué ici tu avais ta vie....Crois moi je n'attends rien de toi, je...Ce n'est pas important.
J'esquissais un sourire.
- Les quileutes sont tous les mêmes. Vous pensez tous bien faire en restant passif. Mais ce n'est pas comme ça que ça marche Embry. Que vous le croyiez ou non ça à de l'importance à nos yeux. J'ai envi d'être avec toi, j'ai envie de vivre cette histoire. Si je t'ai évité tout la journée ce n'est pas parce que cette histoire me pèse au contraire, pour la première fois en deux ans, j'ai envie d'avancer, j'ai envie de rire et de sourire et surtout j'ai envie d'être amoureuse. Et tout ça c'est grâce à toi. Mais je me rends compte que je te dois quelques explications.
Je luis pris la main et plantais mon regard dans le sien.
- J'ai été marié pendant 4 ans.
Embry inspira fort.
- J'ai rencontré Ryan au jardin d'enfant. Sa mère et la mienne étaient de grandes amies. Il a trés vite retenu mon attention car il me protégeait tout le temps des autres enfants. Et puis on a grandi et à l'âge de 15 ans c'est moi qui ai retenu toute son attention. Au départ on pensait que ce n'était qu'une amourette de lycéens qui ne tiendrait pas la distance mais ça a duré. Et après notre diplôme Ryan m'a demandé de l'épouser et j'ai dit oui. Je l'aimais, c'était quelques choses de fort et de réel. J'ai commencé mes études à la fac et il est entrait à l'école de Police. Deux ans plus tard il a demandé à devenir réserviste pour l'armée, il a un besoin constant de se dépasser et de se prouver qu'il pouvait être à la hauteur. Il est partit pour l'Irak et 6 mois plus tard il se faisait tué. Il avait cette envie d'aider les autres et surtout de faire quelques choses pour son pays. Je n'aurais pas pu me regarder en face si je l'avais retenu vers moi alors qu'il voulait partir...Il a été enterré avec les honneurs militaires au cimetière d'Arlington à Washington. J'ai...je l'ai pleuré...j'ai pleuré son absence pendant deux ans. Mais je suis fière de lui. Aujourd'hui c'est une journée pénible parce que nous sommes le 4 octobre et Ryan s'est fait tué avec trois autres de ses collègues le 4 octobre. Mais bizarrement je n'ai pas versé une seule larme aujourd'hui, j'ai l'impression que je suis enfin prête à tourner la page et à avancer, j'ai envie de penser à moi. Il n'aurait pas voulu que je m'arrête de vivre. En fait j'ai l'impression qu'aujourd'hui il a arrêté de me manquer mais ce qui me fait peur c'est d'oublier, je ne veux pas oublier cette période de ma vie Embry.
Il se leva et vint me serrer dans ses bras.
- Je ne te demanderais jamais de faire abstraction de ton passé pour moi. Je veux que tu sois heureuse Kelly, je t'attendrais le temps qu'il faudra.
Je relevais la tête vers lui.
- Rassure toi tu n'auras pas à attendre longtemps.
Il soupira.
- Oh je te remercies."
Son rire se mêla au mien. Ensuite nous nous dirigeâmes vers la maison de Rachel, c'était soirée vidéo aujourd'hui.
Tous le monde était déjà là. Il y a avait de la pizza, des pop corn bref que des bonnes choses, quand Rachel me vit elle vint me serrer contre elle. Jacob venait d'insérer un dvd dans le lecteur.
"- Bon allait tout le monde en piste.
- Jake j'espère que ce n'est pas un film à l'eau de rose.
- Mais non c'est un bon petit Freddy Kruger.
J'entendis Rachel rire, elle déteste les films d'horreur.
- Super.
Puis soudain on entendit un boum boum. Je tournais la tête si vite vers la télévision que mes cervicales craquèrent. Rachel lâcha le plat de chips qu'elle tenait dans les mains. Une image en noire et blanc se dessina sur l'écran. Ma main vint se plaquait sur ma bouche pour étouffer un cri de surprise.
- Oh ce n'est pas vrai.
Jacob regardait l'écran.
- Non mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Je me levais du canapé pour rejoindre Rachel qui c'était figé devant la cuisine les yeux rivés sur la télé.
- Eteint ça Jake.
- Quoi ? Mais ça sors d'où ? Et c'est quoi ?
- TU ETEINS SA JAKE UN POINT C'EST TOUT !!
Je tirais la chaise de la cuisine et forçais Rachel à s'assoir. Je pris un verre d'eau et le lui tendit. Je m'accroupissais à ses cotés. Ses mains vinrent se placer sur son visage et je l'entendis étouffer un sanglot. Elle hocha la tête comme pour dire qu'elle allait bien. Je l'entendis souffler un bon coup puis rejeter la tête en arrière avant de se lever. Elle se dirigea vers l'armoire du salon et en sortir une pochette qu'elle tendit à son frère.
- C'est ça Freddy.
Son frère la regarda.
- Je suis désolé.
- C'est bon ça va. Allez en piste."
Elle lui désigna la télé. Jacob lui tendit le cd de l'échographie. Rachel hésita avant de le pendre de sa main tremblante. Elle le rangea dans l'armoire en dans un livre avant de se retourner vers Paul. Elle le prit par la main et ils sortirent devant la maison.
Le film était presque fini quand Paul et Rachel rentrèrent dans le salon. Sam avait posé sa tête sur les genoux d'Emily, Kim et Jared était assis par terre l'un contre l'autre. Jake et Quil étaient chacun dans un fauteuil, Leah et Seth était sur des chaises prit dans la cuisine et Embry et moi étions sur le canapé. Tous le monde tourna la tête vers eux quand ils entrèrent. Ils semblaient plus détendus que tout à l'heure.
" Vous tombez bien Freddy est en train de déchiqueter pleins de gens.
Je donnais un coup de coude sans effet à Embry qui rigola.
Rachel s'installa sur le canapé et Paul l'a prit dans ses bras. Elle posa sa tête dans le creux de son cou et il embrassa le sommet de sa tête.
Quelques instants plus tard Rachel avait enfouis sa tête dans les bras de Paul. Embry rigolait.
- T'es qu'une trouillarde.
Jacob s'en amusa beaucoup.
- Et encore tu ne l'a jamais vu en présence d'un serpent.
- Dis celui qui a l'âge de 5 ans avait peur des asticots.
- T'en avait pleins mon lit je te rappel.
- Parce que tu venais me faire peur en pleine nuit avec tes doigts de Freddy.
- Trouillarde.
- Bébé joufflus.
- Intello.
- Frimeur."
Rachel reçut un oreiller en pleine figure envoyé par Leah. La soirée se termina en bataille de polochon avec des oreillers. Cette nuit là pour la première fois j'entrevoyais un ciel sans nuages.
