Hé bien, accrochez-vous tous car c'est le dernier chapitre !
--Marineb77, c'est malin, du coup, je ne rentre même plus dans ma casquette à cause de tes compliments mdrrr ! Non, sans blague, merci beaucoup et j'espère que la fin te plaira!
--Yore Donatsu, merci pour toutes tes reviews et ton message dans le but de me dire à quel point tu aimais ma fic ! Ca m'a fait vachement plaisir ! Reste sous mon emprise jusqu'à la fin ( qui est déjà là, hé oui, je sais c'est dur ) et contente que t'es découvert cette histoire ! Oui, je sais que c'est la seule en français, d'ailleurs ça me paraît sacrément bizarre : personne d'autre n'a été inspiré par ce jeu ?? Parce que, quand même, faut avouer qu'il est sublime, et le perso ... mama ...
Bref, bonne lecture à tous et savourez ... :
Remplit d'un sentiment que je n'avais jusqu'à présent jamais éprouvé, je parcours du bout des doigts sa fine peau hâlée. Elle est là, allongée sur le lit, totalement nue et un sourire exquis est installé sur ses lèvres. Il n'y rien de plus beau. A vrai, il n'y a rien eu d'aussi beau dans ma vie depuis bien longtemps. Peut-être même qu'il n'y a jamais rien eu d'aussi beau dans ma vie.
J'ai envie de me laisser aller à tous ces sentiments. Je suis heureux. Je suis comblé. Enfin, d'un point de vue physique, pas tout à fait. Non pas que ça ne fût pas délicieux, c'est juste que mon envie d'elle n'a nullement diminué. Alors je suis là, allongé à ses côtés, totalement nu à caresser son ventre, tout en réalisant que j'en veux encore. Mais, je ne le ferais pas. Je vais me maîtriser. Pour une première fois, c'est déjà bien assez et il ne faut pas oublier que nous sommes en milieu hostile.
D'ailleurs, je l'avais complètement oublié. Des gardes auraient pu nous surprendre et faire irruption dans la chambre à tout moment. Peu importe maintenant. Ma main remonte jusqu'à son sein droit et je touche avec douceur cette forme rebondie. Tout cela ne m'aide en rien. Mon désir augmente et si je ne prends pas rapidement de la distance, je ne vais pas me maîtriser bien longtemps. Soudain, elle cesse de regarder le plafond et tourne la tête dans ma direction.
-Ca va ? questionné-je d'une voix paisible.
- Si par là tu demandes si je trouve que tu as été à la hauteur, la réponse est oui.
Un sourire vient étirer mes lèvres. Comme je l'aime. Elle reste comme je l'aime.
- J'en suis soulagé !
- Peut-être que …, commence-t-elle en fronçant les sourcils.
- Quoi ? m'inquiété-je subitement.
- Tu as été un peu trop parfait.
J'ai envie de l'embrasser. Mais je réplique avant :
- J'essayerais d'être moins bon la prochaine fois, promis !
Et seulement là, je me redresse pour rencontrer ses lèvres. Un baiser tendre qui n'a rien à voir à ceux enflammés qui nous avions échangés quelques instants auparavant. Elle détache alors sa bouche de la mienne pour se caller dans mes bras et recommence à contempler le plafond. Ce qui m'amène à demander :
- A quoi penses-tu ?
- A Slimane.
- Ah bon ? Ca fait plaisir, m'offusqué-je exagérément.
- Je suis honnête au moins ! Et pas qu'à lui. Je pense à mon père aussi.
- Tout cela devient tordu.
- Mais pas de cette façon, assure-t-elle en m'administrant une gentille tape sur le bras. Je me demande si de là haut, ils ont vu ce qu'il s'est passé.
- Je n'espère pas, soufflé-je. Est-ce que c'étaient des pervers ?
Seconde tape sur le bras.
- Pas dans ce sens là. Est-ce que je dois être damnée pour avoir perdue mon innocence avec l'homme qui a tué ceux que j'aime ?
Je ne réponds à cela bien que la réponse me semble évidente.
- Est-ce que je dois être damnée pour ce que je ressens à cet instant pour un assassin ?
- Et que ressens-tu ?
Zohra lève alors les yeux vers moi et confie :
- De l'amour.
Je souris une fois de plus et me penche pour l'embrasser. C'est tellement bon. Aboutir à cela après tout ce que nous avons traversé. La récompense est si belle. J'aimerais profiter de cet instant, j'aimerais lui faire l'amour encore une fois mais le lieu n'est pas propice et je juge que nous avons assez joué avec le feu. Je décide donc :
- On devrait se rhabiller et sortir d'ici.
- Tu as raison.
Nous nous séparons donc et nous revêtons nos habits chacun de notre côté. Dès que c'est chose faite, nous nous retrouvons face à face devant la porte et je lui lance un regard significatif en remettant ma capuche. Elle y répond par un sourire et lève le loquet qui bloquait la porte. Je la franchis en premier et nous nous retrouvons dans le couloir. Tout en marchant, je ne songe qu'à une seule chose, quitter au plus vite cet endroit.
Au moment où une issue m'apparaît, une troupe de garde au détour d'un couloir s'interpose entre elle et nous. Je saisis la main droite de Zohra et l'entraîne dans mon demi-tour. Par malchance, une autre troupe d'hommes nous prend à revers et je devine que tous les affronter, dans un si petit espace de surcroît, se terminerait par un massacre.
- On se rend ! clamé-je alors.
- Quoi ?! s'indigne Zohra en levant le tête vers moi.
C'est la solution la plus judicieuse. Ces soldats ne vont pas nous tuer, ils vont nous conduire jusqu'à Bachar et à partir de là, j'aviserais. En peu de temps, nous sommes menés aux appartements du traître qui est entouré par d'autres assassins, également traîtres à leur rang. Au sol, une silhouette gémit et tente de se redresser. Haris. J'en avais oublié mon propre ami. A vrai dire, j'en avais oublié jusqu'à mon devoir. Elle a tout balayé en moi. Et je me suis laissé faire avec plaisir. Alors quitte à mourir maintenant, au moins, j'aurais la conscience tranquille. Pourtant, je ne veux pas mourir.
- Altaïr ! Cela faisait si longtemps, annonce Bachar en s'approchant de moi.
- Pas assez, souligné-je.
Une fois à mon niveau, il saisit Zohra pour les épaules et l'attire contre lui. Je dois faire un immense effort sur moi-même pour rester calme et ne pas broncher. Le traître lance alors :
- Et tout cela grâce à Ada. Sûrement la première femme assassin mais sûrement pas la dernière vu ses performances !
Comment cela ? Je dévisage Zohra et ne discerne rien. Aucune émotion. Je ne comprends pas.
- Réalises-tu Altaïr ? Tu t'es fais piégé par cette petite !
La situation m'échappe et je hais cela.
- Piégé par ses beaux yeux ! Ada était avec nous depuis le début. Enfin pas avec nous dans le sens le plus officiel mais elle a toujours soutenu cette résistance.
Je contemple toujours Zohra qui demeure impassible. Il y a une explication, c'est obligé. Tout ceci ne peut se résumer à une énorme mise en scène et duperie. Il y avait bien trop de sincérité dans ses pleurs, ses sourires, ses gémissements de plaisir.
- Ada, peux-tu dire à Altaïr notre mot de passe ?
Zohra fixe le sol pendant un court instant puis déclare d'un ton étrange en me regardant droit dans les yeux :
- Rien n'est vrai, tout est permis.
Subitement, elle attrape la dague à la taille de Bachar et la plante dans le ventre de ce dernier. Le temps semble se suspendre un instant durant lequel le traître fixe celle qui vient de le trahir puis Zohra s'écarte de lui, laissant le chef de la résistance chuter à terre.
Je passe donc immédiatement à l'action en dégainant mon épée et m'attaque aux gardes les plus proches. Haris puise dans ses dernières forces pour se mettre debout et poignarde un soldat à l'aide de sa lame rétractable. Zohra s'empare de l'épée de Bachar et se lance à son tour contre les hommes armés. Bientôt, il ne reste plus que nous trois dans la pièce, les assassins et les gardes ayant été tués et beaucoup ayant fuis. Haris s'approche de nous en boitant et lâche :
- Je suppose que vous avez des choses à vous dire alors … si vous me cherchez, je serais chez moi à me faire cajoler par ma femme. Trop rude journée.
Zohra esquisse un sourire et suit Haris du regard alors qu'il quitte les lieux. A peine est-il sortit que j'interroge :
- Tu étais avec eux ?
- Ils m'ont tout appris. La connaissance, le combat, la tactique, confie-t-elle en jetant ses armes à terre. Je les ai rejoins dans le seul but de te tuer pour venger mon père. Et comme j'étais une femme, ils ont été très prudents et je n'ai jamais rien su sur leur organisation. Je n'ai connu que Nizar.
- Tu aurais pu me le dire.
- Qu'est-ce que ça aurait changé ? Je ne savais rien.
- Mais moi, j'aurais voulu savoir, répliqué-je en m'avançant vers elle.
- Tu m'en veux ? questionne-t-elle en me fixant d'un air un peu anxieux.
- Non. Car cela nous a sauvé la vie, admis-je.
Zohra s'approche à son tour de moi et lève son visage afin de rencontrer mes lèvres. Est-ce que tout est finit ? La fin est-elle heureuse ? Il m'apparaît que oui. Nous quittons donc la demeure de Bachar en toute discrétion et progressons dans les rues de Damas en direction de la maison de Haris. Pourtant, en chemin, je perçois comme une certaine de tension et cela me déplaît. Tout en marchant, je questionne donc Zohra :
- Est-ce que tout va bien ?
- Ca peut aller. Rude journée, précise-t-elle en souriant.
Je saisis sa main droite et nos doigts s'enlacent alors que je lance :
- Il ne nous reste plus qu'à rentrer, nous reposer et après, pourquoi pas partir ? Si tu as envie de faire un bout de chemin avec moi.
Zohra s'arrête subitement et je fais de même tout en continuant de serrer sa main.
- N'en as-tu pas envie ? interrogé-je, quand même nerveux à l'idée de la réponse.
- Ce n'est pas cela, révèle-t-elle en détournant un instant le regard. C'est que … je te hais depuis tellement longtemps et … j'ai l'impression d'avoir encore toute cette haine en moi, malgré ce que je ressens pour toi, et … c'est comme si ça m'empêchait de t'aimer comme il se doit.
Je fronce les sourcils en répliquant :
- Si tu me hais de la même façon qu'il y a quelques instants dans cette chambre, ça me convient parfaitement.
- Justement, ce n'était pas de l'amour. Juste un gros besoin à évacuer
- Et je trouve qu'on l'a fait à merveille
- Oui mais on ne peux pas s'en tenir qu'à cela
Sa main lâche alors la mienne et c'est comme si on venait de me poignarder. Zohra passe une main dans ses cheveux avant de dire avec difficulté :
- Je ne peux pas. Je suis désolée tout cela est trop pour moi. J'ai faillis être pendue, j'ai perdu un doigt et j'ai tué un homme, et tout cela depuis que je te connais alors … je ne me sens pas prête à poursuivre sur cette voie.
Quelque chose implose en moi mais je me retiens de le faire transparaître. C'est donc avec un maximum de sérénité que j'assure :
- Tout cela n'arrivera plus.
- Mais c'est ta vie au quotidien ! Et je ne sais pas si je m'y ferais.
- Alors nos chemins se séparent ici ?
Je crains la réponse. Je n'ai jamais autant crains une parole de ma vie. Je ne la comprends pas. Ou peut-être que si. En me mettant un instant à sa place, je réalise ce qu'elle a vécut. C'est trop. Bien trop pour une jeune femme de 18 ans.
- Pour l'instant oui, décide-t-elle d'un ton grave. J'ai besoin d'être seule Altaïr. De faire le point. Tous ces événements me sont tombés dessus bien trop vite et je ne suis pas de taille à les gérer. Mais cela ne veut pas dire que je ne le serais jamais.
Une lueur d'espoir. Mais je me contrefous de la lueur d'espoir. C'est elle que je veux. Et maintenant.
- Je t'aime, avoué-je alors.
- Peut-être. Et sûrement que moi aussi. Mais je t'ai haïs avant de t'aimer et ça, ça me reste. Et ça me ronge.
- Si tu pars … commencé-je.
Pourtant, je suis incapable de finir ma phrase. Cette femme m'a transformé. Je me suis ouvert à elle et je suis désormais prêt à lui donner tellement. Pourquoi n'est-elle pas prête à recevoir ?
- Laisse-moi t'aimer, supplié-je.
Oui, je supplie. Car je ne veux pas la perdre. Et je n'ai que faire de mon orgueil.
- Un jour, je te le promets.
Zohra avance vers moi et m'embrasse délicatement. Je ne me sens pas la force d'approfondir ce baiser et me contente de la regarder. Droit dans les yeux. Ces yeux que je ne pourrais jamais oublier. Elle s'éloigne donc et lâche :
- Je reviendrais Altaïr, je te le jure. Un jour, je reviendrais.
J'aimerais y croire. Mais le fait est qu'elle me laisse là. Elle se retourne et disparaît au coin de la rue. Je ne réalise pas ce qu'il vient de se passer. Tout est comme un rêve. Un cauchemar. Elle est partit et à emporter mon cœur avec elle.
--
Un mois. Un mois que je vis dans une rage permanente. Je suis plongé dans une colère profonde et rien ne m'en sortira. La tristesse est partie lorsque j'en ai eu assez de donner des coups de poings dans les murs. Pendant un court moment avec elle, je me suis senti tout-puissant. Désormais, je suis plus bas que terre. Je n'avance plus, je rampe.
A certains moments, je voudrais me lancer à sa recherche, la faire revenir de force, la prendre et satisfaire cette putain d'envie qui ne m'a pas quitté depuis un mois. Mais ce serait briser toutes mes chances. Si jamais je fais une telle chose, je la perdrais à jamais. J'ai enchaîné mission sur mission, espérant y trouver un échappatoire ou un semblant de paix. Mais rien n'y fait. C'est donc avec violence que je lance à Malik dans une rue de Masyaf :
- Dis à ton frère de se préparer. Nous partons dans peu de temps.
- Si nous partons maintenant, nous serons à Jérusalem pour la nuit.
- Et alors ? rétorqué-je.
- Il serait plus judicieux de pénétrer dans le temple de Salomon de jour, non ?
Je ne réponds pas. J'élude, néglige, dédaigne, méprise. J'ai aimé. Pourquoi ?
‡‡‡‡‡‡‡‡‡‡‡‡
Un mois. Un mois que je travaille comme vendeuse chez un tisserand. Mon savoir sur les différents types de tissus m'a beaucoup aidé et Ali, le propriétaire m'a accueillit avec une chaleur que je n'espérais pas.
Je dors à l'étage dans l'ancienne chambre de sa fille, déjà mariée avec plusieurs enfants. Cette pause est bénéfique. Du moins, c'est ce que je me tue à répéter. La haine disparaît peu à peu. Mais elle est remplacée par un sentiment de manque intense. Je le veux. Et je l'aurais. C'est ce que je me tue à répéter. Je veux juste être sûre de mes sentiments. C'est normal.
Voilà à quoi je pense alors que je nettoie le devant du magasin d'Ali. Le soleil ne m'apporte aucune tiédeur et je me rassure en me disant que tout ceci n'est que temporaire. Un jour, j'irais à Masyaf et l'aimerais de tout mon cœur. Mais tant que tout mon cœur n'y est pas, cela n'en vaut pas la peine. Soudain, un vertige me prend et je pose ma main sur la façade du bâtiment afin de me stabiliser. Mon ventre se tord de l'intérieur et ne résistant pas plus, je me penche en avant et vomis. A plusieurs reprises.
Tremblante, je me redresse et détourne le regard en direction de la rue. Les passants me fixent d'un drôle d'air et je m'empresse alors de nettoyer mes saletés. Je ne comprends pas la réaction de mon corps. Ces nausées. Est-ce parce que je me sens mal de l'avoir quitté, mal sans lui ou …
Et voilà, c'est la fin. Et si vous êtes arrivés jusqu'à cette phrase, ce que vous avez du apprécier lol ! En tout cas, merci d'avoir lu !
