Hello All !
Le chapitre 28 est up !
Puisque nous avons vu Le passé de Riven au dernier chapitre je pense que vous savez ce qui va se dire dans celui-là !:D
Sur ce je vous souhaite une bonne lecture \o/
Review :
kitsune-senpai kami-sama chapter 28 . Apr 12
Je l'attendais ce chapitre, et il fut à la hauteur de mes espérances! Excellent, comme toujours je dois dire.
J'ai repéré quelques erreurs ici et là, mais qui n'altèrent en rien la qualité de ce que vous écrivez! J'attendrai la suite avec impatience!
Que la lune guide vos pas.
Merci beaucoup :) (rougis) / En effet après relecture j'ai vu qu'il y a avait pas mal de fautes qui étaient passées au travers des mailles du filet, je ferais en sorte que non les prochaine fois :D
Chap 28 : Douloureux souvenirs Partie 2
Après n'avoir eue pour seule vision qu'un noir uniforme pendant de longs instants Riven entend un bruit léger dans le silence qui l'entoure. Tendant l'oreille en essayant toujours de comprendre pourquoi elle est dans l'incapacité de bouger depuis aussi longtemps qu'elle a reprit conscience suite à l'étrange action de l'Invocateur. Une nouvelle fois ce même son se fait entendre et à l'intonation ce n'est pas une question ni un ordre. On dirait plutôt que quelqu'un appelle une autre personne.
Cela se reproduit une troisième fois et malgré que le mot prononcé soit toujours incompréhensible il n'y a pas de doute sur l'origine de la voix. C'est celle d'un homme et elle n'appartient pas au magicien de l'Institut de la Guerre. Elle est bien trop juvénile et l'accent qui l'accompagne fait penser à celui utilisé par les habitants du sud de Ionia. La quatrième tentative est suffisamment audible pour être reconnaissable et surprend passablement la combattante.
« Yasuo ! » Hurle, toujours plus fort, le garçon.
Une lumière vive éblouie soudainement l'ex-noxienne qui tente de fermer les paupières par réflexe sans le pouvoir. Indépendamment de sa volonté une main, trop petite pour être la sienne, passe devant son visage pour cacher l'éclat du soleil pourtant atténué par l'épaisse ramure d'un saule. La seconde qui suit ce même membre se pose sur son visage pour masser ses yeux encore embués par le sommeil et irrités par une trop grande luminosité.
L'Exilée sent son corps bouger tout seul et ne cherche plus à agir contre. De toute manière elle n'en a pas les moyens, probablement à cause du mage, et tant qu'il n'en aura pas décidé autrement elle ne fait que gaspiller des forces. Une fois en position assisse la Primus déchue se propulse lentement pour amorcer sa descente. S'appuyant délicatement sur plusieurs branches au passage pour contrôler sa vitesse elle finit par atterrir sur un sol en terre au pied de l'arbre.
Après un geste des épaules pour passer la légère douleur dû au fait d'être restée appuyée contre une branche un peu trop petite, suivi de quelques étirements, elle tourne la tête. A quelques mètres sur la droite se tourne un enfant d'à peine une dizaine d'années. La surprise est de nouveau présente pour Riven : la personne qui lui fait face est une version juvénile de celui qui le traque depuis déjà près d'une décennie. Des cheveux d'un brun léger, des yeux de la couleur de l'acier, une peau blanche et vêtu d'une tenue légère constituée de sandales en cuir, d'un large pantalon en tissu bleuté complété par un haut à manches courtes blanc comme les nuages.
Malgré son jeune âge une expression d'agacement prononcée est bien visible sur ses traits. Il est en nage et sa respiration est insistante. On dirait qu'il court depuis un long moment. Le jeune homme pousse un soupir las et s'avance vers elle d'un pas décidé et inquisiteur. Ce n'est que lorsqu'il est juste en face qu'il reprend la parole d'une voix qui exprime parfaitement son état d'esprit.
« Que faisais-tu dans cet arbre ? » S'enquiert-il. « Encore en train de dormir ? » La guerrière sent un léger sourire se former sur ses lèvres ce qui agace encore davantage son interlocuteur. « La leçon a déjà commencée et nous sommes en retard à cause toi ! » S'exclame-t-il, excédé.
« Ah... ? » Répond simplement l'ancienne commandante qui est stupéfaite d'entendre une voix aussi nasillarde et masculine sortir de sa bouche. Son regard se tourne vers le soleil et au bout de peu de temps elle reprend sa position initiale. « Heureusement que je suis en avance sur tout le monde. » Déclare-t-elle en sentant son sourire s'élargir.
« Yasuo ! » Réplique le premier garçon, outré.
Alors que des excuses suivent cet éclat de voix l'esprit de Riven, secoué par tout ce qu'elle vient d'entendre et de voir, finit par arriver à le seule conclusion logique : elle est en train de voir les souvenirs d'enfance de celui qui la traque sans relâche. De nombreuses questions se bousculent dans sa tête mais les sensations physiques liées à la mémoire dont elle est témoin la ramène à ce qui se passe sous ''ses'' yeux.
Au bout de quelques minutes de course le duo finit par arriver dans une petite zone dégagée près du bâtiment principal d'un temple ionien qui ressemble beaucoup à ceux détruits ou conquis par l'armée de Noxus pendant l'invasion. Au centre de cet espace se trouve deux douzaines de jeunes hommes et femmes, alignés parfaitement, qui font des exercices synchronisés en utilisant des sabres en bois. A leurs côtés se trouve une personne qui est habillée comme un prêtre et qui observe attentivement les mouvements de ses élèves.
Les deux enfants vont se placer près de lui et attendent patiemment qu'on leur adresse la parole tout en essayant de calmer leurs respirations. Finalement l'enseignant finit par se tourner vers eux. Ils s'inclinent aussitôt et ne quittent pas cette position pendant un moment qui paraît à la fois trop long et trop court. Le professeur prend alors la parole d'un ton neutre et néanmoins sévère.
« Yasuo, Yone... » Commence-t-il. « Vous êtes en retard. » Dit calmement le bonze en espérant évidemment une raison.
« Je suis le seul fautif, monsieur. » Avoue le futur Disgracié avant que son voisin n'ait le temps de débuter sa phrase. « Je m'étais assoupi sous un arbre et mon frère n'a fait que venir me chercher. » Explique-t-il, une certaine gêne dans sa voix. « Ne le punissez pas. »
« Ton indolence est source de perturbation pour ton entourage. » Fait le responsable, accusateur, en levant la main devant le second garçon pour lui intimer le silence. « Et c'est la troisième fois ce mois... » Un silence lourd s'installe. « Néanmoins, puisque tu es honnête, je consens à ne pas pénaliser ton cadet. » Il fait signe au benjamin de rejoindre le rang. « Cependant tu passeras le reste de cette journée à étudier ces ouvrages ci à la bibliothèque et nous échangerons ce soir sur ce que tu en auras retenu. »
Les deux frères s'inclinèrent encore plus bas pour montrer leur approbation et malgré une grimace d'ennui sur les lèvres de l'aîné il reste silencieux. La combattante sent que bien qu'il déteste ce qu'il va devoir faire mais il ne veut pas que Yone soit prit dans des ennuis par sa faute. Ils se séparent donc et se dirigent chacun vers la tâche à accomplir dans l'immédiat.
Apprendre que son pire ennemi ait un frère surprend beaucoup Riven qui, pour les rares fois où il a été possible de le rencontrer à l'Institut, a toujours jugé son caractère comme celui d'une personne solitaire, indépendante et passablement glaciale. Le membre de sa famille aurait-il été une de ses victimes dans la campagne ionienne ? Cela expliquerait la haine vive et autodestructrice qu'éprouve son poursuivant envers elle.
Le soir elle assista à la leçon de morale, que l'on peut facilement décrire comme un sermon en bonne et dû forme, qui dura une majeure partie de la soirée. Les arguments de son enseignant n'eurent pas vraiment d'impact sur le jeune épéiste. Il a reconnu, sans le dire verbalement, que les torts qui lui sont reprochés ne sont pas sans fondement mais il ne pense pas que se soit aussi grave que cette litanie ininterrompue depuis des heures le déclare. Ce n'est qu'en entendant que si jamais il continue sur cette voie et va trop loin l'expulsion ne serait pas une option impossible, entraînant le renvoi de son frère par la même occasion puisque ce dernier préférerait rester avec sa seule famille plutôt que de se retrouver seul, qu'il commença à prendre la chose au sérieux.
D'autres souvenirs, plus anciens encore, virent à l'esprit de l'ex-noxienne. Ceux de deux orphelins ayant perdu leurs parents dans un éboulement sur une route rendue instable par des pluies torrentielles. Voyageant misérablement pendant des semaines dans une chaîne de montagnes inhospitalière et très peu fréquentée avec seulement la compagnie de l'autre comme soutien avant d'arriver à cette école d'escrime qui est devenue leur nouveau foyer.
Le jeune homme fit alors la promesse de se conformer au code de conduite du temple qui lui avait été répété maintes et maintes fois. Pour être sûr de son engagement l'instructeur lui demanda de réciter le code d'honneur encore une fois. Clarifiant ses pensées l'apprenti ferma les yeux et prit de longues inspirations afin de se calmer pour se remémorer ces lignes si importantes. Au bout d'une dizaine de seconde il prit la parole.
Ne cherche pas la perfection, seulement le progrès.
Ne cherche pas la victoire, seulement un défi plus grand encore.
Ne cherche pas à dominer, seulement à vivre parmi les tiens.
Respecte le victorieux tout comme le défait.
Respecte tes aînés tout comme tes cadets.
Respecte les traditions tout comme le changement.
Le plus grand honneur est celui de pouvoir tenir sa lame sans verser le sang.
Alors que le moine félicita son disciple pour sa mémoire et lui demanda d'aller se reposer tout en repensant longuement à ces mots un certain malaise s'empara de l'Exilée. Les paroles qui venaient de sortir de ''sa'' bouche la plongeait dans une intense réflexion. Elle considère toujours la devise de Noxus comme une vérité et pourtant elle ne peut nier la profonde attraction qu'elle ressent pour ces phrases qui lui rappelle la volonté de se dépasser qui l'animait durant sa propre formation.
Durant les deux années qui suivirent Yasuo ne fit plus d'impairs enfantins et se consacra exclusivement à améliorer sa maîtrise tout en lisant chaque soir ces deux couplets afin de ne pas s'écarter du droit chemin. Il lui arrivait parfois de commettre des maladresses. Cependant son frère, seule personne à avoir vraiment de l'ascendant sur la tête de mule, comme lui-même le disait, qu'était le sabreur à cette époque, était toujours là pour veiller au grain et il n'était pas rare de voir les deux discuter longuement sur ce qui avait été fait.
Pendant cette période Yone se montra être un bretteur doué pourtant cela était largement éclipsé par les exploits de son aîné. Il avait reçu un vrai don : il était un prodige des Techniques du Vent. Un contrôle inné de cet art du combat faisait que les sabres semblaient prendre vie entre ses mains au moindre mouvement. Dans les couloirs de l'école on disait de lui qu'il serait peut-être un grand héros de Ionia lorsque le temps viendra.
Le benjamin était bien sûr un peu envieux d'une telle renommée mais son frère ne prêtait pas l'oreille à ces louanges et préférait s'entraîner davantage. D'autant plus que leur relation restait la même. Ils avaient une confiance et un respect absolu l'un envers l'autre et rien ne semblait pouvoir changer cet état de fait. Malheureusement le temps qui passait inexorablement prouva le contraire.
Bientôt arrivé à la majorité les talents du future Disgracié avait atteint un niveau rarement vu au sien du temple. Cependant son ego n'avait fait qu'enfler de manière disproportionné, proportionnellement à sa maîtrise. Yasuo faisait partit des meilleurs combattants de toute l'école mais ses défauts de jeunesse étaient revenus et plusieurs de ses camarades commençaient à mettre en doute son engagement.
Sa fierté de pouvoir utiliser, lui seul, des capacités exceptionnelles s'était changé en orgueil et il était, par moment, ouvertement arrogant et imbu de lui-même. Il s'emportait facilement pour des raisons puériles. Son impatience était devenu insupportable à gérer pour ses professeurs qui ne parvenaient pas à le tenir dans le rang. Parfois il allait jusqu'à avoir l'audace de snober les conseils avertis qui lui étaient donnés. L'unique personne qui avait encore de l'emprise sur lui étant bien entendu son frère. Mais même lui ne pouvait le retenir à chaque fois et craignait que le seul membre de sa famille restant ne fasse une erreur irréparable.
Un jour, alors que le guerrier pratiquait en solitaire, Yone lui rendit visite. Une autre dispute avait éclatée un peu plus tôt dans la journée et la situation commençait à se tendre dangereusement. Ce dernier attendit patiemment qu'il termine et lorsque ce fut le cas le benjamin s'approcha sans dire un mot. Alors qu'une expression agacée du sermon qui se profilait se lisait sur les traits de l'aîné il rengaina le sabre qui lui avait été donné pour développer au mieux son art afin de se préparer à un blâme. Au lieu de ça il reçu, sans un bruit ni même un commentaire, une seule et unique petite chose : une graine d'érable.
La nuit était tombé depuis un long moment et le jeune frère avait prit congé mais Yasuo restait là, assis sans bouger, à observer la graine dans sa paume sous la lumière de la lune, incapable de savoir quoi faire.
L'arbre en lui-même représentait l'indépendance et la liberté, deux valeurs qui lui tenaient à cœur, mais aussi la réserve et le sens de l'observation... Alors que son esprit assimilait lentement mais sûrement le message qui venait de lui être donné il comprit que ces deux dernières qualités lui faisaient cruellement défaut. Son frère avait toujours été le plus réfléchi et s'il en était arrivé au point de faire appel à son honneur de cette façon c'est que lui-même avait oublié le principe de ce concept.
En lui donnant cet arbre en devenir Yone voulait lui montrer qu'il était pareil : trop jeune pour se prétendre maître de quoi que se soit. Ainsi, au fur et à mesure que la nuit laissait place à un nouveau jour, il comprit à quel point il avait été irrespectueux et indigne de l'enseignement que les moines lui avait prodigué jusqu'à aujourd'hui. Il prit donc une décision.
Claquant la garde de son sabre contre le fourreau il se leva et marcha d'un pas ferme en direction du dortoir. Là, sans réveiller qui que ce soit, le bretteur prit ses affaires et se dirigea vers la chambre des prêtres. Il s'installa devant la porte, à genoux, sans faire le moindre bruit à attendre que l'un d'eux ne sortent. Le premier qui apparut, comme par un caprice du destin, était celui avec lequel il s'était accroché la veille.
Surpris de voir son élève à cet endroit il le fut encore davantage quand ce dernier s'inclina vraiment très bas et s'excusa avec sincérité. Expliquant qu'il souhaitait tirer la leçon de ses fautes il demanda à ce qu'il puisse quitter l'école pour pouvoir assurer une tâche dont il avait entendu parler ces derniers jours : la garde d'un Ancien durant ses voyages dans le pays. Étonné d'entendre un jeune homme aussi fier que Yasuo se porter volontaire pour une simple mission de surveillance il reconnut rapidement l'impact que pouvait avoir son cadet sur lui. Pensant que cela serait pour le mieux l'enseignant accepta sa demande. L'épéiste récupéra donc la lettre qui lui confiait le poste et il partit dans la foulée sans dire au revoir à son frère, jurant de ne revenir que lorsqu'il se serait amendé de son comportement.
Au bout de quelques jours de voyage il se présenta aux portes de la garnison d'une grande ville du Nord. Lettre en main il fut conduit au capitaine du détachement avec lequel il discuta longuement sur les détails particuliers de sa charge. Premièrement il ne serait chargé que de la protection et rien d'autre. La raison étant qu'apparemment les ninjas de la Voie des Ombres Interdites, commandés par un renégat de l'ordre Kinkou, étaient de plus en plus actifs dans la province dont le dirigeant est responsable. Et deuxièmement il devrait en permanence rester à ses côtés, y compris durant des réunions politiques, et ce peu importe ce qui arrive.
Le soir même il fut présenté à L'Ancien qui l'accueillit chaleureusement en lui proposant une tasse de thé d'un ton amusé alors qu'il s'inclinait avec respect. Acceptant, une certaine hésitation dans la voix, il vint s'asseoir en face de son hôte. Ils firent connaissance et le combattant se sentit plus léger de constater qu'il ne resterait pas en compagnie d'un radoteur trop âgé durant les prochaines années. La première nuit de garde se passa donc dans un humeur bonne enfant qui augurait un travail bien moins ennuyant qu'imaginé.
Une vingtaine de mois s'écoulèrent sans aucun accident notable. La plus importante perturbation à ce rythme de vie fut l'intrusion d'un voleur inoffensif qui espérait dénicher une quelconque richesse dans les biens personnels du gouverneur de la province. Au lieu de ça il ne trouva qu'une lame de plus d'un mètre de long lui chatouillant la gorge. Le malandrin termina en prison mais compte tenu de la peur qui se lisait sur son visage à cause de son arrestation ''musclée'' cela semblait lui convenir.
En dehors de cela, pendant que l'homme dont il était responsable méditait l'escrimeur, lui, passait son temps à s'entraîner. Il était vigilant en permanence, ne dormant que d'une oreille les nuits et surveillant les gestes de tous ceux qui l'approchait. Il n'était pas rare non plus que les deux discutent autour d'un verre et c'est à cette période que le goût de l'épéiste pour l'alcool se développa, poussé à la découverte et ensuite à la retenue par celui dont il assurait la sécurité. Le soir de sa première cuite il ne se passa rien et de toute manière il n'aurait probablement pas été en état de faire quoi que ce soit.
Malgré que la tâche était souvent abrutissante il ne regrettait en rien son choix et remerciait son frère de lui avoir ouvert les yeux. Puis l'événement qui allait faire voler en éclats cette idylle mit le feu aux provinces Ioniennes : l'invasion de Noxus.
Dès que la nouvelle se propagea l'inquiétude trouva son chemin dans le cœur de Yasuo qui savait que son école serait fatalement impliquée dans ce conflit. Il savait aussi que son frère était capable de se défendre mais cela ne le soulageait en rien. Il en parla avec l'homme âgé de ses craintes et celui-ci l'invita à la patience, qu'il était encore trop tôt pour décider d'agir. Tenu par son engagement le prodige décida de rester à son poste et d'attendre.
Mais les semaines qui suivirent rongèrent rapidement sa résolution et il se montrait de plus en plus agité. Les conversations autrefois calmes qu'il entretenait avec celui qu'il devait protéger étaient de plus en plus houleuses. Il clamait que ses talents lui permettrait de faire pencher la balance en la faveur de son pays qui commençait à être saigné à blanc par les déferlantes de violence de l'envahisseur. Chaque jour apportait son lot de nouvelles épouvantables : bien qu'acharnés et déterminés à se battre jusqu'au bout les habitants de Ionia ne pouvaient contenir la machine de guerre noxienne et zaunite combinée. Les morts se comptaient par dizaines de milliers... Même les femmes et les enfants n'étaient pas épargnés par cette barbarie...
Un soir, après avoir reçu une missive qui ordonnait à la garnison au complet de partir renforcer le front qui avait progressé jusqu'à arriver à moins de quelques lieues de là, Yasuo ne put se retenir davantage. Il traversa le temple telle une bourrasque et entra dans les appartements privés de l'Ancien sans s'annoncer. Il l'interrompit dans son travail et vint s'agenouiller devant son bureau. Sans attendre qu'on lui donne la parole il s'adressa à son supérieur.
« Ancien ! » Clama-t-il. « Laissez moi partir avec les soldats. » Demanda le bretteur. « Ma lame sera bien plus utile sur le champ de bataille. » Affirma-t-il.
« Je sais que tu désires ardemment protéger notre nation. » Déclara l'homme avec une voix affable en posant la plume qu'il tenait dans l'encrier. « Néanmoins tu dois rester à mes côtés pour l'instant. » Rappela-t-il. « Le temps viendra où tu devras dégainer ton sabre mais pas aujourd'hui. » Expliqua le dirigeant.
« C'est ridicule ! » Rétorqua l'épéiste, ulcéré. « Combien de temps vais-je devoir attendre !? » Questionna-t-il. « Que Noxus se soit emparé de la moitié de nos terres !? Que je sois le seul guerrier restant !? » Enchaîna le future Disgracié sans attendre les réponses. « Pourquoi d'autres sont envoyés à leur morts pendant que je pourrais affronter, seul, un grand nombre d'ennemi !? »
« Je reconnais que tes talents sont inégalés parmi tes pairs, Yasuo. » Concéda l'Ancien avec une expression neutre. « Cependant tu n'as jamais connu la guerre et celle que nous vivons est sans précédent... » Avoua péniblement l'homme âgé. « Il te faut comprendre que tu manques d'expérience et que si les autorités militaires veulent utiliser ton sabre il faut déjà qu'ils sachent si tu peux accomplir les tâches moindres qui te sont confiées. »
« Noxus n'attendra pas que j'ai fait mes preuves ! » Répliqua le combattant avec amertume. « Il ne restera plus rien à défendre à ce rythme ! »
« Gaspiller ta vie par une action précipitée ne nous mènera à rien. » Argumenta son interlocuteur. « L'épée sortit avec trop d'empressement de son fourreau ne peut protéger personne. » Lui rappela-t-il.
Furieux d'entendre une raison aussi grotesque l'impétueux guerrier ne prit pas la peine de répondre et se leva en foudroyant du regard son supérieur. L'instant d'après il détourna les yeux et se dirigea vers la sortie, décidé à agir à sa manière. Alors que sa silhouette disparaît derrière la porte Riven croit voir une expression attristée sur le visage de la personne qui serait prochainement l'une des victimes de ses actions. Ce dernier devait savoir que même si tout le régiment se mettait en travers de sa route cela n'arrêterait pas pour autant son garde du corps.
Prise dans ces propres pensées l'ancienne commandante se surprit à trouver une similarité dérangeante entre elle et le bretteur ionien. Tous deux livrés aux caprices de l'infortune dans l'enfance et ayant trouvé refuge dans la voie des armes. Pire encore, elle dû admettre, à contre cœur, qu'au final, la seule chose qui les poussaient à l'action était leur foi inébranlable en leur force individuelle et les convictions qu'ils s'étaient forgés en apprenant à manier l'épée. Ils étaient bien plus semblable qu'elle ne l'aurait souhaité...
Il ne fallu qu'une petite heure de cheval pour permettre à Yasuo d'arriver sur le théâtre de ce conflit. Il ne restait déjà plus rien du contingent sur place si ce n'est des corps sans vie en train d'être dépouillé sans aucun respect. Emporté par une rage soudaine il se jeta dans la mêlée fauchant, avec son katana et le vent qui tourbillonnait autour de lui, tous ceux qui passaient à sa portée. Incapable de le stopper les soldats noxiens furent impitoyablement tués sans qu'aucune pitié ne leur soit accordée. Après de longues minutes de cris et de d'appels à l'aide désespérés le silence s'installa définitivement quand le dernier souffle de vent stoppa sa course... Le bataillon avait été oblitéré par la fureur de l'épéiste...
Complètement aveuglé par la haine durant l'affrontement les conséquences de ses actions lui sautèrent d'un coup au visage quand celle-ci se consuma d'elle-même. Le goût et l'odeur du sang emplirent brutalement la bouche et le nez du responsable qui plaqua sa main devant sa bouche dans un spasme réflexe pour se retenir de vomir et étouffer un hurlement de terreur. Il vit alors qu'il était maculé de rouge et que ses habits en étaient devenus lourds et poisseux. Les cadavres qui s'entassaient à ses pieds ne firent qu'accentuer encore son malaise et il sentit ses doigts qui se mirent à trembler. Bientôt il fut incapable de se contrôler et son sabre lui échappa avant de terminer sa course sur une pièce d'armure dans un bruit de métal qui résonna.
Le combattant resta en état de choc un long moment, parcouru de sueurs froides irrépressibles, harcelé en permanence par un vertige qui obscurcissait son champ de vision par instant. Impossible pour lui de rassembler ses pensées en une suite logique. Au bout de quelques minutes il tomba à genoux en réalisant qu'il n'avait fait rien d'autre que verser le sang par pure vengeance et ressentiment.
La lumière du soleil se refléta sur sa lame l'espace d'un battement de paupière. Cet éblouissement lui permit de se reprendre quelque peu. Ramassant son arme il se releva et se mit à marcher de manière mécanique pour trouver un point d'eau. Il en trouva un au bord d'une forêt toute proche et se trempa intégralement, avec ses habits mais sans son sabre. Il resta dans la petite rivière pendant très longtemps. Le sang lui avait laissé l'impression que sa peau était recouverte d'un voile souillé et il lui fallu se rincer de nombreuses fois pour réussir à se débarrasser, ne serait-ce qu'un peu, de cette horrible sensation.
Le voyage de retour fut pénible et pourtant la nouvelle qui l'attendait au bout du chemin était pire encore. En entrant dans la ville une patrouille de soldats ionien passèrent à pleine vitesse à côté de lui en se dirigeant vers le temple où séjournait celui qu'il devait garder. Se demandant le pourquoi d'une telle panique il eu la réponse en écoutant la conversation d'un groupe de personne dont le visage exprimait la peur et l'insécurité.
L'ancien avait été assassiné pendant son absence...
Yasuo cru sentir son cœur s'arrêter de battre. Il pensa d'abord qu'il avait mal compris mais l'homme le répéta trois fois... Trois fois qui résonnèrent dans son esprit comme autant de coup de sabre au travers de sa poitrine. Ce n'est qu'après que l'information ait été totalement assimilée qu'il compris les conséquences dans leur intégralité...
En moins d'une journée il venait de désobéir à un ordre direct, de couvrir ses mains de sang pour un caprice infantile, abandonner un homme qu'il, maintenant que sa colère et sa frustration étaient retombée, appréciait et respectait ce qui a conduit à sa mort, bafoué tous les principes qu'il lui avaient été enseigné... Et pire que tout... Il avait trahi son frère...
Déshonoré, le bretteur mit un pied à terre avant de prendre l'un des fils en cuir qui ornait sa ceinture et attacher solidement son sabre à son fourreau au niveau de la garde comme le veut la tradition de son école pour les guerriers qui se sont couverts de honte. Marchant tel un fantôme, l'esprit rongé par les remords et le poids de ses crimes, il alla de lui-même se rendre aux autorités, prêt à payer ses actions de sa vie si nécessaire.
Alors qu'il franchit le portail de la garnison il ne prêta pas attention aux soldats qui se figeaient autour de lui. Une fois en face du commandant qui semblait frappé de stupeur de le voir réapparaître il s'agenouilla sur le sol boueux et déposa son katana, désormais scellé, devant lui. Le combattant attendit en silence, le regard baissé, que vienne son irrémédiable sentence.
« Comment oses-tu te présenter ici !? » Questionna le gradé avec une haine glacé dans la voix. « Tu as l'audace de venir demander le pardon après avoir assassiné l'Ancien !? »
Choqué par ce qu'il venait d'entendre le Disgracié leva la tête avec des yeux écarquillés par la surprise. Venait-il vraiment de l'accuser d'être directement responsable du décès du dirigeant dont il avait la garde ? Un silence de mort s'installa pendant de longues secondes. Yasuo se mit à bafouiller, toujours sous le choc, à l'attention de son interlocuteur.
« Quoi... ? » Commença-t-il. « Je n'ai pas... » S'exclama soudainement l'épéiste avant d'être interrompu brutalement.
« Silence parjure ! » Rétorque le responsable, intraitable. « Tu vas être exécuté sommairement pour ton crime ! »
Il dégaina son propre sabre dans un geste lent et méthodique avant de le lever bien haut. Complètement abasourdi par tout ce qui se passait sous ses yeux le ''traître'' resta sans bouger en regardant le tranchant de l'outil qui allait lui ôter la vie monter au dessus de la tête de son bourreau... le Militaire était on ne peut plus sérieux, cela se voyait dans son regard empli de volonté de vengeance.
Ses pensées passant à pleine vitesse dans sa tête Yasuo ressassa sa honte et le poids de ses actes mais au milieu du désarroi il sut que si jamais il mourrait ici la vérité ne serait jamais connue et que si cela se produisait Yone serait peut-être accusé de complicité à son tour. L'épéiste devait trouver un moyen de s'enfuir, peu importe les conséquences pour lui. Mais comment faire ?
Les gardes étaient trop nombreux pour tenter de passer par la force de ses seuls bras d'autant plus que les arts de combat à mains nues n'avaient jamais été son point fort... Il n'était véritablement doué que pour le combat l'épée... Et il venait de condamner son seul moyen de défen...
Son regard se porter aussitôt sur le katana à la garde ouvragée en forme de nuages qui gisait dans la boue à ses pieds. Le lien qui le scellait était purement symbolique... Il pouvait le briser sans aucune encombre et retrouver instantanément son tranchant létal... Mais en faisant cela il montrerait devant témoin qu'il reniait toutes les traditions de Ionia et porterait pour toujours le fardeau d'un renégat... Un sort pire que la mort pour certain...
Le capitaine amorça son geste pour décapiter le criminel quand celui-ci récupéra son arme si vite que personne n'eut le temps de réagir. Dégainant, à une vitesse telle que les spectateurs eurent l'impression que leur vision se troublait, celui qui venait de se damner décocha un coup fulgurant qui trancha le sabre de son opposant. La seconde d'après une plaie béante qui séparait son torse en deux apparut brutalement sur le gradé qui poussa un cri silencieux... Il s'effondra... Tué sur le coup...
Le reste des souvenirs de cette journée sont flous pour Riven qui ne voit que des flash d'hommes qui sont fauchés les uns après les autres dans un tourbillon de hurlements et de reflets de lumière sur l'acier teinté de rouge. Il a probablement dû se frayer un chemin en étant obliger d'enjamber les corps de ses compatriotes qu'il venait de tuer.
Durant les semaines qui suivirent Yasuo continua à fuir pour distancer ses poursuivants qui se faisaient de plus en plus nombreux. Il commença à chercher le responsable de ce dont on l'accusait mais il dû rapidement abandonner sa traque car il ne pouvait arriver dans un village sans déclencher un bain de sang malgré qu'il tentait à chaque fois de limiter les affrontements. Harcelé sans cesse, pointé du doigt et ne trouvant jamais une seule âme charitable prêt à l'écouter le guerrier autrefois si fier changea progressivement.
Le chagrin et le honte se changèrent peu à peu en cynisme et en dépit.. L'honneur auquel il attachait autrefois tant d'importance n'était désormais plus qu'un mot creux et cruel... La seule chose qui resta inchangé se fut le remord qui continuait à le ronger tandis qu'il continuait à fuir sans aucun autre espoir que de s'en remettre au lendemain... Il était devenu un vagabond solitaire et aigri...
Les mois se changèrent en années et une seule certitude demeura : Il devait fuir ou succomber à la mort qui le suivait comme son ombre.
Le bretteur se cachait, vivant de quémandes et autres charités offertes par des gens qui ne le reconnaissait pas sous son simple manteau. Les cheveux salis par la poussière des chemins et la barbe mal rasée suffisaient, ironiquement, pour garantir son anonymat aux yeux du plus grand nombre. Cependant cela ne constituait un camouflage à toute épreuve et maintes fois des tueurs lancés à ses trousses finissaient par l'acculer. Ne lui laissant pas d'autres choix que l'affrontement.
Le premier était un épéiste de son école, devenu célèbre dans tout Ionia pour l'achèvement physique de son corps et sa force brute. Déjà, enfant, Yasuo l'avait vu trancher le tronc d'un arbre d'un seul coup de son épée... Mais on ne peut fendre le vent...
La seconde était une guerrière à l'agilité et la rapidité surhumaine. Elle était aussi fine tacticienne, si rusée que même le plus fin renard des bois n'avait pas la moindre chance de lui échapper... Mais on ne peut prendre de vitesse le vent...
Malgré ses victoires qui ne faisait que l'écarter davantage de sa voie originelle une peur lancinante commença à apparaître. Elle ne fit que s'accentuer avec les jours qui passaient au point de finalement surpasser ses autres démons intérieurs... Il ne put s'en défaire même avec toutes les techniques d'apaisement psychiques qui lui avait été enseignées... Bientôt elle se changea en une terreur insondable qui menaçait de le submerger... Ce cauchemar qu'il redoutait tant finit par se réaliser.
La troisième personne qui le retrouva était celui à qui il devait tant de chose. Son seul réconfort et source de force en étant enfant. Son partenaire de jeu durant leurs années d'apprentissages et finalement un homme de compassion qui lui avait apprit la patience alors que d'autres l'aurait simplement laissé s'égarer. Son propre frère... Yone...
Il était resté fidèle aux souvenirs du fugitif. Un visage calme et un regard résolu. Un pas souple et assuré. Son habituelle aura apaisante l'entourait toujours. Cependant il y avait des signes de fatigues et de regrets qui étaient bien visible sur ses traits. Une seule raison se trouvait derrière la présence en ces lieux du seul homme auquel le combattant ne pensait pas à mal.
Une fois face à face Yasuo s'adressa à lui d'une voix tremblante pour lui demander de l'écouter, qu'il n'était pas obliger d'en arriver là. Ce fut peine perdue...
Sans dire un mot le cadet retira son sabre, gardé au fourreau, de sa ceinture et posa un genoux à terre. Il prit son arme de la main gauche et posa le dos de l'autre main sur la garde, prêt à dégainer. Cette posture, utilisée normalement entre deux bretteurs pour régler une dispute lorsqu'un d'eux a porté atteinte à l'honneur de l'autre, glaça le sang à l'aîné. Pareillement à la fois où il avait reçu la graine d'érable le disgracié comprit que le temps des mots était révolus... Seuls les actes compteraient...
Mais il ne désirait pas cet affrontement. Dans aucun des matchs factices qui les avaient opposés son frère ne s'était jamais imposé... Pas une seule fois... Et ici il n'y a plus de bâton pour remplacer l'acier, plus d'épaisses protections pour protéger ce fragile corps qui est le leur. Plus de seconde chance pour celui qui perdrait...
Poussé par l'espoir illusoire d'une défaite et tenu par le peu d'honneur qu'il pouvait encore témoigner au seul membre de sa fratrie encore vivant il se résigna à suivre le rituel. Avec la lenteur d'un condamné qui marche vers la potence l'épéiste prit une position similaire. Les deux se saluèrent et fermèrent les yeux. Autour d'eux le silence régnait en maître et la lumière de la lune éclairait le plateau rocheux de sa pâle lumière blanche. Chacun attendait un signal quelconque pour commencer le duel.
Un souffle de vent passa dans les feuilles d'un arbre tout proche... Provoquant un léger bruissement...
Les deux hommes sortirent leurs katanas d'un geste brusque mais Yasuo était incontestablement plus rapide. Yone venait tout juste de sortir son sabre du fourreau que la lame de son aîné avait laissée une profonde entaille en travers de toute sa poitrine... La pointe de l'épée se planta dans la boue tandis que son propriétaire s'écroula... Mortellement blessé...
Faisant volte-face, en lâchant son arme, le gagnant n'eut que le temps de rattraper le vaincu avant qu'il ne touche le sol. Ses yeux se tournèrent aussitôt vers la plaie qui s'étalait en diagonale et pour la première fois de sa vie il maudit le tranchant de sa partenaire. Toute sa cage thoracique était séparée en deux jusqu'au cœur. Crachant du sang alors qu'une lueur qui faiblissait de secondes en secondes dansait dans son regard le cadet laissait transparaître une expression amère de défaite par dessus la douleur.
Des larmes, les premières depuis la mort de leurs parents il y a si longtemps, se mirent à rouler sur les joues du Disgracié qui comprit que même le cadet n'avait aucun doute sur les accusations mensongères qui accablait son aîné. D'une voix brisée Yasuo s'adressa à la seule et unique personne dont il n'aurait jamais cru devoir porter la main dessus.
« Mon guide... Mon ami... » Commença-t-il. « Mon frère... » Demanda le fratricide. « Comment... ? Comment mon propre sang peut-il me croire coupable de ce crime... ? » Questionna-t-il alors que le chagrin le submergeait.
« L'ancien... » Répondit Yone en crachant du sang. « C'est... Une Technique... Du Vent... Qui l'a tué... » Révéla le mourant dans un râle d'agonie. « Qui... A part... Toi... »
Le reste de la phrase n'eut pas le temps de sortir que la seule famille restante du fugitif rendit son dernier soupir. Ses yeux se fermèrent pour toujours alors que le survivant eu l'impression que quelqu'un lui broyait le cœur lentement.
« Ce n'est pas moi ! » S'exclama le bretteur d'un ton désespéré. « Je te le jure sur tout ce qu'il me reste en ce bas monde ! » Clama-t-il sans réaliser que son frère ne pouvait plus l'entendre. « Je suis innocent ! » Hurla le vagabond en secouant vainement son cadet. « Je n'ai pas tué l'Ancien ! Je te le jure ! » Ses sanglots redoublèrent d'intensité. « S'il te plaît.. Yone... Je t'en supplie... Pardonne moi... S'il te plaît... Par pitié... Trouve encore une fois... La force de me pardonner... »
Il enserra le dernier membre de sa fratrie avec force dans ses bras et pleura de toutes les larmes de son corps. Des hurlements de souffrance résonnèrent pendant de longues heures et même les puissantes bourrasques qui s'étaient levées ne pouvaient étouffer les cris dont seule la pleine lune était témoin.
Quand l'aube se leva finalement Yasuo, accablé de chagrin et rongés par les remords, enterra avec dignité son frère. Plantant son katana en guise de pierre tombale il resta près d'une journée à rendre honneur à sa mémoire en versant parfois un peu de saké sur la terre fraîchement retournée ou jouant un air tantôt funèbre tantôt joyeux à la flûte puis, quand la luit tomba, sachant que d'autres finiraient par le trouver pour prendre sa tête, il reprit la route. Hors de questions que la tombe de Yone soit profanée par erreur dans un combat futile.
Armés des nouvelles révélations qu'il venait d'apprendre et renouvelant son serment il se jura de traquer l'assassin qui était responsable du sang qui souille ses mains. Résolu, une légère brise dans le dos, le Disgracié commença sa longue quête.
Il y eu un instant de vertige inexplicable puis la scène sous les yeux de Riven se modifie du tout au tout. Elle se retrouve sur la place d'un petit village très loin de Ionia. Les motifs sur le bâtiment principal, le grenier public, sont sans erreur possible d'inspiration demacienne. Elle essaye de comprendre la raison d'un tel changement de situation quand une personne lui passe, littéralement, au travers.
Réprimant un frisson de surprise plus que d'autre chose l'Exilée se rend compte que ce qu'elle voit ne doit être qu'un autre souvenir. Mais à qui appartient-il ? Se doutant déjà de la réponse la combattante regarde celui qui vient de la ''transpercer'' tourner la tête en direction d'un bruit étouffé qui vient de sa droite. Elle le reconnaît sans trop de mal même avec autant d'années en moins.
Il s'agit de l'Invocateur en bien plus jeune mais son visage n'a pas tant changé que ça, si ce n'est la cicatrice sur sa joue. Il fixe une espèce de gemme parfaitement ronde à la couleur rouge orangée chatoyante qui est en train de rouler lentement sur le sol depuis une ruelle isolée. Curieux, le jeune garçon s'avance pour aller la récupérer quand il entend un gémissement presque inaudible venir de plus profondément dans le petit chemin.
Il continue en appelant au hasard pour savoir si quelqu'un à besoin d'aide. Il tombe nez à nez avec une fillette qui ne doit pas avoir plus de sept ou huit ans. Elle a un visage rond, des yeux bleus et des cheveux relativement longs de couleur blond. En voyant quelqu'un arriver l'enfant lève les yeux, l'air de craindre une mauvaise rencontre, elle se détend rapidement en voyant qu'il s'agit seulement d'un des habitants du village.
Le point le plus surprenant étant que malgré qu'ils soient couverts de boue et de poussière, résultat de sa chute, ses habits en tissu fin et décoré indique qu'elle est issue d'un milieu beaucoup plus aisé que la moyenne. Elle est probablement d'une lignée noble demacienne. Ce qui n'a pas échappé au jeune paysan qui vient de la trouver. Tendant une main tremblante, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre, il l'aide à se redresser en lui demandant si elle va bien. Dès qu'elle est debout elle le remercie avec un grand sourire enjoué. Lui, trop embarrassé pour parler lui tend la gemme d'un bras tremblant. La jeune fille la récupère en prenant la parole.
« Je vous remercie. » Dit-elle d'un ton candide en s'inclinant légèrement. « Je me serais fait grondée si je l'avais perdue. »
« Je... Je vous en prie... Mademoiselle. » Répond le garçon, très mal à l'aise.
« Ah non pas encore ! » S'écrie la fillette avec une petite moue contrariée. « Pourquoi tous les gens que je croise sont-ils aussi formels avec moi !? »
« Mais... » Commence son interlocuteur qui est visiblement en train de se demander ce qu'il fait de mal. « Vous êtes une noble... » Déclare-t-il. « Et je suis du peuple... » Ajoute le fermier, terriblement anxieux.
« On s'en fiche de tout ça ! » Affirme-t-elle d'une voix forte qui exprime sa frustration, malgré son éducation stricte qui transparaît. « Moi, tout ce que je veux c'est trouver quelqu'un avec qui m'amuser ! » Avoue la ''princesse'' qui ressemble de plus en plus à un garçon manqué. « Vous voulez bien jouer avec moi ? » Questionne-t-elle, les yeux plein d'espoir.
Riven remarque sans peine le dilemme dans le regard du jeune homme qui préférerait surtout ne pas se trouver là. Il finit par accepter, plus par sentiment d'obligation que par vrai envie. Ce que la guerrière comprend sans mal. D'après l'agitation qui règne dans le village les moissons battent leur plein et il va probablement subir des remontrances si jamais il s'éclipse en plein milieu d'une tâche aussi importante. Elle le prend par la main et l'attire en dehors de la petite bourgade en courant en direction des collines toutes proches.
« Ah oui, j'ai oublié de me présenter. » Réalise la noble, gênée, avant de se stopper dans son élan. « Je m'appelle Luxanna. » Dit-elle en se retournant et en s'inclinant de nouveau. « Mais je préfère que l'on m'appelle Lux ! »
Tandis que son compagnon de jeu forcé lui donne son propre nom l'épéiste a l'impression qu'on vient de lui mettre une claque. Elle vient de réaliser qu'il s'agit de la fille de la famille Crownguard qu'elle a parfois affrontée sur les Champs de Justice. Comment un membre de la famille la plus célèbre de Demacia peut-elle se retrouver, seule, dans un village situé en pleine campagne, loin de la capitale ?
Riven eue sa réponse et bien d'autres révélations encore quand elle fut témoin de la vie du magicien de l'Institut de la Guerre depuis cette date : Son premier match qui s'est terminé en drame, la réception chez les Spiritmight qui n'a pas mieux finit, la première manifestation de l'entité désincarnée qui est emprisonnée, plus où moins relativement, dans son corps et toutes ses autres aventures, jalonnées de rencontres extraordinaires, durant le voyage commencé pour une ''simple'' enquête qui s'est mu en une quête de vérité.
Un autre vertige se fait sentir avant qu'elle ne retrouve un horizon familier : les parois de la grotte dans laquelle ils ont tous trois trouvés refuge après la nuit mouvementée qui vient de passer. Les quelques braises éparpillées sur le sol projettent une lumière faible et vacillante qui garde leur abri dans une pénombre difficile à percer. Yasuo est en face d'elle, en train de l'observer d'une manière difficile à interpréter.
Il y a une longue minute de silence et les deux ennemis comprennent qu'ils viennent de vivre une expérience similaire. Maintenant chacun sait qu'ils sont terriblement semblable et c'est cela plus qu'autre chose qui attise la flamme de leur animosité commune. Une étincelle de haine passe dans leurs regards puis finalement celle-ci disparaît aussi vite qu'elle est venue... Un affrontement serait stérile et connaître l'histoire personnelle de l'autre leur a montré que ce n'est pas de cette façon qu'il pourrait enfin avancer.
« Je n'ai plus envie de me battre. » Avoue Riven d'une voix lassée et épuisée.
« Moi aussi. » Répond Yasuo sur le même ton.
Leurs yeux se posent alors sur la silhouette inconsciente de Alarion qui, épuisé par cet effort supplémentaire, s'est évanouit de fatigue. Il respire lentement et une expression peu rassurée sur son visage trahi le sommeil agité d'une personne en proie au doute. Réalisant que eux-même ont du afficher ce genre de visage ils se penchent d'un geste synchrone vers le jeune homme et le redressent malgré la douleur lancinant présente dans chacun de leurs mouvements.
Le portant chacun par un bras au dessus de leurs épaules ils le l'allongèrent de nouveau sur sa couche improvisée avant de relancer le feu.
Alors que la fatigue commence à réclamer son du les deux exceptionnels combattants sont plongés dans leur pensées en observant celui qui a fait tout ce qu'il a pu pour tenter de leur faire abandonner cette voie maudite à laquelle ils ont été condamnés par leurs actions et comprennent que lui aussi aimerait pouvoir trouver autant de soutien dans ce voyage dont il ne voit pas la fin.
En fin de compte les trois personnes qui sont réunies dans cette situation ne désirent qu'une seule et même chose : des réponses.
Fin du chapitre 28 !
Pour ceux qui ont lu les pages du Lore de Yasuo sur le site de LoL vous reconnaîtrez une partie des phrases et je l'assume complètement, franchement il y a trop de bonnes ''punchlines'' \^o^)/ dedans pour que je ne m'en serve pas :D
On reprend l'enquête au prochain chapitre avec des révélations :)
A la prochaine !
