Hey People !

(parce qu'il reste des gens, ici ?)

...

Bref. J'ai comme l'impression que de moins en moins de gens lisent ma fic. Je peux le comprendre, j'aimerais juste savoir pourquoi.

C'est simple, non ? J'aimerais juste savoir ce qui a fait que vous avez arrêté de lire. C'est en recevant des critiques constructives qu'on s'améliore et je ne demande qu'à m'améliorer.

Je ne veux pas non plus avoir 25 000 reviews, on est pas sur skyrock, je veux juste des avis. Je ne vois pas ce qu'il y a d'étrange là-dedans. Mais bon.

Passons au vif du sujet, le chapitre 29 ! Plus long que les autres, a priori, les prochains (et derniers) chapitres seront du même ordre. Et si je dis derniers, c'est parce qu'il ne reste que cinq, six grand maximum, chapitres avant la fin de Puisque la folie te guette.

Eh oui. ^^

Je voulais juste remercier Ari, comme toujours, pour être la plus géniale des Bêta-lectrices, mais aussi ma Rouh, je te nem très fort Twin of my Sick Brain ! ^^ Ce chapitre est pour elle.

Bonne lecture !


Axel cliqua sur le bouton ''valider la location'' avec une pointe de fierté. Il venait de réserver le chalet qu'il partagerait avec Roxas pour la semaine de Noël à Weentown. Et rien que ce geste le faisait sourire comme un imbécile heureux.

« On dirait une pucelle qui a rendez-vous avec son prince charmant... »

Il fit lentement pivoter sa chaise vers la source de la voix. Reno était allongé sur le ventre le long du dossier du canapé, comme un chat perché sur sa branche. La grâce en moins. Son jumeau lui souriait de toutes ses dents d'un air faussement innocent.

« Il est inutile que je te balance cette lampe en travers de la gueule, puisque tu n'as pas d'existence matérielle, marmonna rapidement Axel pour s'empêcher de le faire malgré tout.

-Eh ! Deviens pas aussi rationnel, c'est pas drôle ! »

La sonnerie de son portable sortit Axel de ses prises de tête schizophréniques. Le numéro de Demyx s'afficha sur son écran.

« Dem ! Mon pote, tu pouvais pas mieux tomber !

-Ah, euh, cool... T-tu vas bien...? »

La voix de Demyx sonnait faux. Comme s'il essayait de masquer quelque chose. Un tremblement dans sa voix. Axel ne reconnaissait pas le Demyx blagueur, curieux, un peu débile et passablement casse-couille qu'il avait l'habitude de côtoyer.

« Ben moi ça va, mais toi ? Tu m'as pas l'air en forme, Dem...

-Si, si... Ça va, je t'assure.

-Demyx, qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je... Non, mais c'est... C'est juste tendu en ce moment avec Zexion... T'inquiètes, rien de grave... »

Axel cala le téléphone entre son oreille et son épaule et retourna sur le site de location. Il vérifia une des caractéristiques du chalet et satisfait, reprit son portable correctement.

« Bon. Je viens de louer un chalet pour une semaine à Weentown. Y a deux chambres doubles. Venez avec nous.

-M-mais...

-Y a pas de mais qui tienne, Demyx. Passe-moi Zexion.

-Il est au boulot. Je sais même pas s'il aura des vacances...

-Putain, mais à quoi ils pensent là-haut...?

-J'sais pas. Il me parle de rien.

-Chier. Bon écoute, te prend pas la tête, je m'en occupe.

-Mais, Ax, je...

-Une objection ? »

Il entendit le punk soupirer à l'autre bout. Un soupir de soulagement.

« Aucune, admit-il enfin.

-Au fait, pourquoi tu m'appelais à la base ?

-Euh... Je sais plus... Il fallait que je me change les idées, je crois.

-Merci d'avoir pensé à moi », sourit Axel.

Demyx bafouilla quelque chose et ils raccrochèrent. Axel se connecta immédiatement sur sa boîte mail et en envoya un à Zexion. La réponse fut tardive.

J'ai que trois jours de vacances, du 24 au 26. Mais sinon pourquoi pas.

Axel envoya un sms à Demyx. Ça lui faisait bizarre de devoir presque servir d'intermédiaire entre ces deux-là. A ses yeux, ils étaient un peu le couple idéal. Ils se complétaient parfaitement. Faits l'un pour l'autre, comme les gens disent.

OoOoO

Quand Roxas rentra de sa dernière journée de travail avant sa semaine de vacances, il trouva un Axel tout joyeux en train de faire la cuisine. Quand son compagnon l'aperçut, il délaissa ses fourneaux pour venir l'embrasser sur le front.

« Hey ! Bien ta journée ?

-Et la tienne ? »

Les rôles étaient inversés. Encore une fois. Axel sourit un peu plus.

« J'ai réservé notre chalet à Weentown ! Et Demyx et Zexion nous rejoindront du 24 au 26 !

-Génial ! Tu me prépares quoi de bon ?, demanda Roxas en se tournant vers une casserole fumante.

-Qui a dit que c'était pour toi...?

-Tu vas quand même pas bouffer tout ça tout seul, nan ?

-Je suis en pleine croissanceuuuh !

-Méouicéssa... Par-contre, tu devrais te remplumer un peu, t'as maigri, fit le blond, les sourcils froncés dans une moue préoccupée. Tu manges quand je suis pas là, le midi ?

-Oui, maman ! »

Roxas frappa le bras d'Axel.

« Tss, abruti...

-Rooh, boude pas...

-Je boude pas, je m'inquiète !

-Tu veux avoir les cheveux comme Riku, c'est ça ? »

Roxas ouvrit des yeux comme des soucoupes. Axel le fixa sans comprendre.

« Eh ben... Quel progrès fulgurant...

-Quoi ? De quel progrès tu parles ?

-Dire qu'avant tu pouvais pas y penser sans avoir des envies de meurtre... Mais là, tu te fous de lui parce qu'il a les cheveux gris...

-C'est toi qui te fiches de moi là, ou...

-Non, non, je suis sérieux. Qu'est-ce qui t'a adouci ?

-Euh, mais, je...

-Axel.

-Bon, ok... Euh... Ben son comportement vis-à-vis de ton frère... Et puis...

-Hunhuuun ?, fit Roxas pour l'inciter à continuer.

-Toi. »

Il soupira. Axel ne pouvait vraiment pas être sérieux plus de deux minutes...

« Nan, mais allez, sans déconner.

-Je déconne pas. »

Le blond rougit, gêné, et se détourna.

« Pourquoi t'es tout rouge, Roxy ?

-Je suis pas rouge.

-Siii...

-Non. Et je t'ai déjà dit de pas m'appeler Roxy.

-Très bien. Alors, pourquoi tu rougis, Roxychou ?, susurra Axel en se penchant sur lui, collant son torse à son dos et l'enfermant dans ses bras.

-Parce que je sais que tu me trouves trop mignon, comme ça, Axelinou.

-Démon.

-Et fier de l'être. »

OoOoO

« Axeeeel ! On va louper notre train !, cria la voix de Roxas depuis l'entrée.

-Mais naaaaaaan ! J'arrive, deux s'cooondes ! »

Axel retournait son ancienne chambre de fond en comble, à la recherche du cadeau de Noël de Roxas. Il l'avait trop bien caché et ne le retrouvait plus. Sauf qu'il ne voulait absolument pas partir sans l'avoir.

« Mais tu fous quoiii ?

-Chui là dans une secooondeuuuh ! »

Enfin, il dénicha un paquet d'un beau vert sombre et brillant derrière la valise de son fusil sniper. Il s'en empara, le fourra au fond de son sac à dos et referma son armoire. Il quitta l'entrepôt, le verrouilla et courut rejoindre son compagnon.

« Ayéé !

-Qu'est-ce que tu faisais, encore ?

-Classé secret défense !

-Avec la tête et le sourire de crétin que tu tires, ça m'étonnerait. »

Ils empoignèrent leurs valises et prirent le chemin de la gare. Le jour ne s'était pas encore levé et le froid nocturne les pétrifia quand ils sortirent du hall de l'immeuble. Axel fit passer son sac de sport en bandoulière et entrelaça ses doigts nus à ceux, gantés, de Roxas, qui traînait sa valise à roulettes derrière lui. Ils marchèrent le plus vite possible dans les rues quasi-désertes de Lusio. Arrivés à la gare, Axel composta leurs deux billets et ils s'engouffrèrent dans le premier wagon qu'ils trouvèrent ayant pour destination Derland, où ils prendraient ensuite une correspondance pour Weentown. Ils se retrouvèrent dans un compartiment à quatre places. Axel s'installa contre la fenêtre comme à son habitude et Roxas se nicha contre lui.

« T'es au courant que je suis pas un oreiller, quand même ?

-Moui... Les oreillers c'est plus moelleux, toi t'es plein d'os.

-Eh !

-Ose dire le contraire, qu'on rigole. »

Axel ébouriffa les cheveux de Roxas, qui grogna, plus pour la forme qu'autre chose. En réalité, il était tellement habitué à ce que la main du rouquin le décoiffe que ça ne le dérangeait même plus. Tant que c'était lui. Au bout de quelques minutes, le train s'ébranla et s'éloigna lentement de la gare. Plus il prenait de la vitesse, mieux Axel se sentait. Weentown était, au même titre que Canyon Cosmos et tous les territoires de la Shin'Ra et de Wutaï, des territoires neutres. L'organisation n'y avait pas obtenu de droits d'implantation. Probablement grâce à des groupes plus puissants, mais tant qu'on ne cherchait pas à se distinguer ou à provoquer des insurrections, la vie y était calme. Une semaine sans craindre de croiser la sale tronche de Vexen ou l'œil inquisiteur de Braig. Axel sourit sereinement. Roxas s'était endormi contre son épaule.

« Il pionce vraiment tout le temps, ton mec... Tu l'épuises pas trop quand même ?, le taquina Reno, assis sur le dossier de la banquette d'en face.

-Nan, c'est lui qui m'épuise.

-Depuis quand t'es passif ?

-Raaah, Reno, ta gueule. »

Le rire moqueur de son frère se répercuta contre les cloisons du compartiment. Les lèvres d'Axel s'étirèrent. Pourquoi avait-il doté son double d'un rire de psychopathe...?

« Parce que t'en es un toi-même... », chantonna Reno en réponse.

Axel allait lui envoyer un truc en travers de la tête lorsque Roxas bougea sur sa droite.

« N'est arrivés...?, marmonna t-il.

-Presque. »

Le blond grommela quelque chose d'inintelligible, le sweat d'Axel dans sa figure n'aidant pas spécialement à la compréhension, puis se redressa, s'étira en bâillant comme un chat... et s'affala de nouveau contre Axel. Qui éclata de rire.

« Eh ! Tu me fais quoi, là ?

-La flemme.

-Allez, remue-toi, on descend dans cinq minutes. Tu pourras dormir tant que tu veux jusqu'à Weentown, on en a pour plus de trois heures.

-Hgmfh... On aurait pu faire ça de nuit...

-Pourquoi ? Dans les deux cas tu dors.

-Ouais, mais on l'aurait pris de nuit, on aurait eu des couchettes.

-Je suis pas confortable, je sais.

-C'est pas ça. Dans une couchette, on aurait pu faire passer le temps plus vite... », conclut Roxas dans les replis du sweat du roux.

Les sourcils d'Axel se levèrent.

« Depuis quand t'es aussi obsédé...?

-Depuis que je vis avec toi ?

-Nabot teigneux.

-Épouvantail ahuri.

-Je t'aime.

-Pareil.

-Lève-toi on est arrivés.

-T'es d'un romantisme... »

Axel, debout, se pencha sur Roxas qui était toujours avachi sur sa banquette. Il l'embrassa jusqu'à ce que le train se stoppe totalement. Puis il se détacha avec un petit sourire en coin. Roxas le suivit dans la coursive, sa valise à la main. L'air sur le quai était encore plus froid qu'à Lusio et il se serra contre Axel, qui enlaça ses épaules.

« C'est bien ce que je disais, dommage qu'on n'ait pas de couchettes pour aller jusqu'à Weentown, on se serait réchauffés, au moins... »

OoOoO

Les montagnes de Weentown se faisaient de plus en plus visibles à mesure que le paysage défilait derrière la vitre. Le train ralentit à l'approche de Hrismas, la ville précédant Weentown. Roxas ne s'était finalement pas rendormi, trop occupé à contempler les collines enneigées comme un gamin devant une vitrine. Axel, assis en face de lui, observait les yeux de son compagnon s'illuminer devant les sommets immaculés. Installé en tailleur face à la fenêtre, un coude posé sur la table centrale, il mordillait son auriculaire et sa bouche se fendait parfois d'un large sourire. Ses yeux voulaient tout voir, tout enregistrer à travers ses mèches rebelles qui lui balayaient le front. Il semblait parfois se souvenir d'évènements, d'anecdotes et son sourire se transformait en un léger rire bref, à des milliers de kilomètres de là. Alors qu'ils entraient dans Hrismas, l'esprit de Roxas revînt dans le wagon et remarqua le regard d'Axel posé sur lui.

« Qu'est-ce que tu regardes ?, demanda t-il avec un sourire amusé.

-Un petit blond super sexy se mordre le doigt avec une tête de gamin ébahi.

-La première partie de ta phrase ne va pas avec la deuxième, t'es au courant ? »

Axel haussa les épaules et se leva pour aller s'asseoir sur la même banquette que Roxas. Il se plaqua contre son dos et posa sa tête dans le creux de son épaule, les bras passés autour de sa taille. A l'extérieur, la neige se mit à tomber en volutes hypnotiques.

« T'es trop génial, souffla le blond.

-On me le dit souvent, oui.

-Et modeste avec ça. »

Axel souffla dans le cou de Roxas.

« Ça chatouille ! Arrête ! »

Il n'en fallut pas plus au rouquin pour se mettre à chatouiller Roxas sans lui laisser une seule chance de s'échapper, bloqué entre la paroi du wagon, la table et le corps d'Axel.

« Nan, nan, naaan ! Ax' ! Arrêêête ! »

L'annonce de la gare de Weentown les coupa dans leurs gesticulations. Roxas, hors d'haleine, tenta de reprendre sa respiration.

« T'es... T'es...

-Ouiiii ?, fit Axel avec un grand sourire, très fier de lui.

-Je te déteste. »

Le roux éclata de rire.

« Sûrement ! Allez, Roxychou, prend ta valise, on y va.

-Si tu te retrouves malencontreusement poussé sous un train, faudra pas te demander pourquoi, Axelinou. »

Dans la tête d'Axel, c'est Reno qui s'esclaffa. « Je l'aime ce gosse. » Je sais. Moi aussi.

OoOoO

Le chalet était situé sur les hauteurs de la ville, au pied des premières collines. Deux autres habitations s'y trouvaient aussi, mais à une distance suffisante pour ne pas appeler leurs habitants des voisins. Un chemin montait jusqu'à l'entrée, mais était réduit de moitié par l'impressionnante quantité de neige qui était tombée sur la vallée.

« Tu me rappelles pourquoi c'est moi qui doit passer en premier ?, soupira Axel devant la trace à peine visible qui lui promettait des chaussures trempées et des pieds congelés jusqu'aux genoux.

-Parce que t'es le plus vieux, déclara Roxas très sérieusement.

-C'est quoi le rapport ?

-Tu dois protéger les plus petits que toi.

-Ouais, ça t'arrange quand tu veux, hein...

-Je ne nierai pas que ça a ses avantages. »

Axel considéra de façon très réfléchie la possibilité de pousser Roxas dans la congère à sa droite, avant de penser que son blondinet l'entraînerait sûrement avec lui dans sa chute et donc dans la poudreuse. Ce qui signifiait être gelé intégralement et se choper la crève du siècle. Donc à la réflexion, valait mieux pas.

« Bon, t'avances ?

-J'ai une idée.

-J'aime pas cette lueur dans ton regard... »

Axel lui sourit malicieusement et basculer son sac à dos sur son torse.

« Monte.

-Hein ?

-Monte sur mon dos !

-Mais on va se casser la gueule !

-J'amortirai ! »

Roxas grimpa donc sur le dos d'Axel qui, en plus de son sac à dos, portait aussi son sac de sport sur le côté. Le blond croisa ses jambes par-dessus le tout, un bras d'Axel le tenant par un genou, l'autre tenant sa valise.

« Axel, je le sens, très très mal.

-C'est pas toi qui voulais pas te mouiller ?

-Euh, si, mais...

-Ben c'est parti alors ! »

Axel commença l'ascension du chemin enneigé au petit trot, ignorant délibérément les protestations et les cris de Roxas qui lui ordonnaient de s'arrêter et de le laisser descendre. Après cinq pertes d'équilibres rattrapées de justesse, une bonne vingtaine de jurons de toutes sortes et un ou deux fou-rires, ils arrivèrent à la porte de leur chalet. Axel, essoufflé comme un bœuf, laissa descendre un Roxas hilare.

« On fera ça à chaque fois, t'es d'accord ?, lança t-il au roux qui n'arrivait pas à retrouver une respiration normale.

-Euh... Si tu veux me tuer, pourquoi pas... Mais je te préviens, mon héritage est pas énorme... »

Roxas éclata une nouvelle fois de rire et alla composer le code pour ouvrir la porte de leur location. L'intérieur était cosy sans faire trop montagne, accueillant, chaleureux, en bref, un vrai nid douillet. Le blondinet s'occupa de monter leurs affaires à l'étage tandis qu'Axel s'affalait sur le divan bordeaux, envoyant voltiger son manteau et ses baskets.

« Fuaaaa...

-Tu fais une loque parfaite, commenta Roxas en redescendant les escaliers.

-Je viens de te servir de moyen de transport, tu te rappelles...? »

Roxas s'approcha du canapé et s'allongea sur Axel, la tête posée contre son torse.

« Chui fatigué, ânonna t-il.

-Ah tu vois !

-J'ai froid.

-Idem.

-J'ai faim.

-Moi aussi.

-J'ai la flemme.

-Pareil.

-On va pas s'en sortir comme ça.

-Non.

-Faut qu'on bouge.

-Ouais. Mais je te ferai remarquer que t'es avachi comme une épave sur moi. Donc tu dois bouger le premier.

-T'es dur. »

A la fin de cet échange très constructif, aucun des deux n'avait esquissé le premier millimètre du moindre petit mouvement, aussi minuscule soit-il.

« Axel, faut qu'on se motive.

-Mm-mh. »

Sans prévenir, Roxas se leva brusquement et fouilla dans les prospectus publicitaires disposés en éventail sur la table.

« C'était quoi ce coup de speed ?

-L'appel du ventre !, fit le blondinet en brandissant triomphalement la brochure d'une pizzeria avec vente à domicile.

-Tu sais que je t'aime, toi ?

-Non, tu me l'avais jamais dit. Une bolognaise et une royale, ça te va ?

-Deux ?

-On en aura pour ce soir.

-Vendu ! »

Quelques minutes plus tard, le livreur sonnait à leur porte, deux cartons fumants sur une main. Roxas régla la commande et posa les deux boîtes sur la table basse. Il dénicha un couteau dans les tiroirs de la cuisine et découpa les pizzas. Axel se décida à se redresser et prit une part brûlante. Il grimaça quand le fromage fondu lui anesthésia la langue. Roxas éclata de rire.

« Fallait attendre, espèce de morfale !

-Mais j'ai trop faiiim... Ah putain, je sens plus ma langue...

-Ah ouais ?, fit le blond avec un sourire mutin.

-Ouais... », grogna Axel en fusillant sa pizza du regard.

Roxas laissa tomber sa part dans un carton, attrapa vivement le menton d'Axel, lui fit tourner la tête dans sa direction et scella leurs lèvres. Le temps que l'information monte au cerveau du roux, sa langue jouait déjà avec celle de Roxas. Qui mit fin à l'échange avec un air satisfait.

« Tu vois que tu la sens encore.

-Hm ? Attend je suis pas sûr, tu veux pas revérifier ?

-Si tu veux... »

Roxas réitéra l'expérience, bien qu'un peu plus longuement cette fois.

« Alors ?

-Je suis pas rassuré à cent pour cent... Vous voulez pas vérifier le problème en profondeur, Docteur ?

-La pizza va être froide, Axel.

-Vu comme elle m'a cramé, ça m'étonnerait.

-Si tu insistes...

-J'insiste.

-Très bien... »

Il rapprocha son visage de celui d'Axel avec une lenteur calculée. Il effleura ses lèvres de son souffle. Celui d'Axel se mêla au sien. Roxas mordilla à peine sa lèvre inférieure. Axel lécha doucement celle du blond. Il passa sa main dans sa nuque pour approfondir le baiser. Roxas colla tout son torse contre celui d'Axel, passant ses jambes de chaque côté de son corps, les croisant dans son dos. L'autre main d'Axel lui caressa les côtes, lui envoyant des frissons dans tout le corps. Roxas s'attaqua à sa mâchoire, à son lobe et enfin à son cou, laissant de petites tâches rouges sur la peau exsangue du roux. Puis il se rempara de ses lèvres tandis qu'Axel déboutonnait sa chemise avant de lui arracher et de l'envoyer à l'autre bout de la pièce. Sans cesser de le dévorer, Axel le fit basculer à l'horizontale et se positionna au-dessus de lui. Il se débarrassa de son sweat qu'il envoya rejoindre la chemise de Roxas à terre. Leurs respirations s'accélérèrent. Le blond remonta le t-shirt d'Axel qui se détacha à peine pour le faire passer par-dessus sa tête. Ils se collèrent l'un à l'autre, Axel mordant le cou de Roxas, comme s'ils voulaient fondre leurs torses ensembles. Roxas descendit ses mains et dézippa le pantalon d'Axel, qui fit de même avec le sien. Il accrocha ses bras à sa nuque. La peau d'Axel avait un goût de sel et de sucre, un parfum chaud et épicé, boisé, une douceur et une blancheur inattendues chez un homme...

Axel se disait que ce moment était trop beau pour être réel. Etait-il vraiment là, sur ce canapé, ne faisant qu'un avec Roxas ? Est-ce que ces doigts et ces ongles qui s'enfonçaient dans son dos faisaient partie de la réalité ? Est-ce que ce corps qui bougeait sous le sien, en même temps que le sien n'était pas un rêve, en fin de compte ? Est-ce que tout ça, toutes ces sensations... Est-ce que ça n'allait pas disparaître s'il rouvrait les yeux ?

« A-axel... Tu pleures...? »

Il enfouit sa tête dans les mèches dorées.

« Putain... Je t'aime, Roxas... »

Le blond le lui rendit de tout son corps. Axel l'étreignit à les en étouffer tous les deux. Il sentait les halètements de Roxas contre son oreille, ces halètements entrecoupés par son prénom et des je t'aime fiévreux. Axel reprit sa bouche jusqu'à être en manque d'oxygène. Ils se mordaient mutuellement la langue et les lèvres, comme s'ils ne pourraient jamais être rassasiés l'un de l'autre, comme s'ils n'en auraient jamais assez, qu'ils seraient toujours en manque quoiqu'ils fassent. Axel ne voulait faire qu'un avec Roxas. Il passa sa main dans la cambrure de ses reins, le serrant encore plus, rendant leurs inspirations plus saccadées que jamais. Roxas voyait flou et chaque geste d'Axel lui envoyait des décharges électriques dans tous les membres. Leurs deux corps se crispèrent ensemble une dernière fois et ils restèrent longtemps immobiles, dans les bras l'un de l'autre, à ne faire rien d'autre qu'écouter l'autre respirer. Roxas passait ses doigts dans les longs cheveux écarlates d'Axel, tâchant de calmer les battements déraisonnés de son cœur. Il se sentait vidé de toutes ses forces, mais incroyablement serein.

« Roxas...

-Je suis là, Axel...

-Je... »

Il hésitait.

« Je crève de peur...

-Pourquoi ? »

Axel secoua la tête contre son cou. Roxas l'attrapa par les épaules et le força à le regarder. Le regard du roux était fuyant.

« Axel, regarde-moi !, fit-il en posant sa paume contre la joue tatouée. Je ne vais pas m'enfuir, je ne vais pas t'abandonner, je ne vais pas te laisser tomber, je ne vais pas disparaître du jour au lendemain, rien de tout ça ! Alors dis-moi ce qui se passe ! De quoi t'as peur ?

-J'ai peur que tout ça soit qu'une illusion, un rêve... J'ai jamais été aussi heureux et ça me fout la trouille... J'ai l'impression que c'est trop génial pour que ça soit réel...

-J'ai pas l'air assez réel pour toi ? », demanda t-il doucement, essayant de lui faire un sourire rassurant.

Axel l'embrassa.

« T'es tout ce qu'il y a de plus réel...

-Mais ?

-Je sais pas si j'arriverai à te protéger...

-Pourquoi j'aurais besoin que tu me protèges ? T'es pas dans la même situation que Cloud, si ?

-Non... Mais je sais pas... Y a un truc au fond de mes tripes qui me dit que tout ça, c'est éphémère... »

Un doigt de Roxas posé sur ses lèvres le fit taire. Son amant le regardait sévèrement.

« Arrête de te faire du mal. Profite du moment présent. C'est tout. T'as pas besoin de te prendre la tête avec autre chose. On va passer une semaine tous les deux, rien que nous deux, Demyx et Zexion nous rejoindront pour Noël et tout se passera bien. Inutile de penser à l'avenir pour l'instant. D'accord ? »

Axel hocha la tête. Il ne pensait pas qu'à ça, en réalité. Et le truc qui lui disait que tout ne serait qu'éphémère ne venait pas de ses entrailles. Juste de la douleur sourde qui lui vrillait la poitrine.


Ari a dit que j'étais trop méchante...

C'est ma plus grande fierté ! :D