Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, exceptés quelques ingrédients à ma sauce.
Résumé du chapitre précédent: Harry a accompli la vengenace de Drago mais les choses ne s'arrêtent pas là et le Serpentard ne cesse de vouloir ramener Harry dans son lit. Non pas pour lui sauter dessus mais juste pour dormir. Une situation étrange qui pourtant satisfait le Gryffondor.
Petits bavardages : *Tadam!*
Bonne nouvelle... j'ai perdu un chapitre d'avance ! Donc en fait ce n'est pas une bonne nouvelle car j'arrive au moment le plus difficile de l'histoire à écrire (pas seulement parce que je suis tordue mais aussi au vu de ce qu'il se passe dans "l'intrigue") et que je ne sais pas si en une semaine je parviendrai à écrire deux chapitres.
Mais bon, ce sont les vacances, bon point positif :D
Ce n'était pas un réveil. Ce n'était pas un oiseau. Ce n'était pas non plus le ronflement de Ron. Non, c'était juste une pendule qui avait décidé qu'il était temps de sonner l'heure bien plus fort, obligeant Harry à ouvrir difficilement les paupières.
Levant lentement la tête, il entrevit la forme floue aux pieds du lit, le son aigu lui vrillant ses tympans. Mais lorsque les sept coups prirent fin, il se laissa de nouveau tomber sur son oreiller, prêt à replonger dans son sommeil. Chose qu'il ne fit pas car sentant une étreinte se resserrer contre le lui, un faible grognement se faisant entendre alors que cette personne se repositionnait. Et là, Harry eut comme un éclair de génie, repensant seulement à ce qu'il faisait dans une pièce dénuée de fenêtre mais avec malgré tout une veilleuse qui semblait gagner en intensité. C'était assez déstabilisant de constater qu'il venait de passer une nuit avec Malefoy.
Il le prenait avec calme, il ne pouvait pas faire autrement mais au fond, il se maudissait d'avoir accepté. Il devait faire quoi maintenant ? Se réveiller avec le sourire et demander un plateau pour manger au lit ? C'était ridicule, encore pire en sachant que la veille au soir il s'était senti parfaitement bien dans cette position. Pour faire court, il n'arrivait pas à assumer qu'il avait bien sagement mis au plus bas toutes ses défenses alors que le Serpentard était présent.
Pivotant la tête pour voir par-dessus son épaule, il n'aperçut pas le visage de Malefoy, juste quelques mèches de ses cheveux, ce dernier bien trop collé à lui et resserrant son étreinte comme si cela lui permettrait d'éteindre la lumière. Ils avaient bougé durant la nuit, pas beaucoup mais tout de même assez pour qu'Harry se retrouve dos au blond, au bord du lit alors celui-ci semblait avoir ignoré les trois-quarts du matelas de son côté pour rester près de lui. Soit il y avait eu un sortilège de glu perpétuelle, soit Malefoy avait inconsciemment cherché une source de chaleur. La dernière solution était d'ailleurs très plausible vu la manière dont il se tassait contre lui.
C'était… gênant ? En fait, Harry ne savait pas comment décrire la situation, juste que son cerveau se mit à réfléchir sérieusement à la raison qui avait poussé l'horloge à sonner cette heure bien plus fort.
- Malefoy, nous sommes quel jour ? demanda-t-il soudain en fixant le mur droit devant lui.
- Mardi, lâcha-t-il dans un grognement quasi incompréhensible.
Ils étaient en semaine, ils avaient cours, ils avaient un problème.
- Il faut qu'on se lève ! lança Harry en se redressant.
Pour seule réponse, il eut droit à un nouveau grognement, bien plus fort, le bras encore passé autour de sa taille le ramenant soudain sur le matelas.
- Malefoy, on a cours ! rappela Harry en tentant de se tourner vers lui, chose difficile vu comment il le tenait.
- Ouais, Défense contre les Forces du Mal, tu m'apprends rien abruti, maugréa-t-il.
Les sourcils d'Harry se froncèrent soudain. Il avait omis que cette journée était aussi celle qu'ils passaient habituellement aux côtés des Serpentards. Ce minuscule détail avait le don de l'inquiéter : Malefoy ne tenait tout de même pas à ce qu'ils arrivent main dans la main ?
- On doit retourner à notre dortoir, lâcha Harry en attrapant son poignet pour qu'il cesse de s'agripper à lui. Il faut que…
- Que quoi ? coupa la voix morne de Malefoy derrière lui. Que tu sautes dans ton lit pour complaire à tes amis Gryffondors ? Si tu veux être pitoyable, pas besoin d'aller bien loin.
Ce n'était pas du tout le moment de plaisanter.
- Je n'ai pas mes affaires et on doit manger ainsi que se laver, rétorqua Harry. Désolé de le rappeler à un habituel puritain qui semble omettre ces détails. Je suis certain qu'au fond tu ne tiens à ce que quelqu'un découvre qu'on a passé la nuit ici.
Pas de réponse, juste un grand silence qu'Harry dut accueillir en fixant stupidement le mur, cessant en partie de se tortiller sur le lit pour se défaire de l'étreinte du Serpentard.
- Malefoy ! appela-t-il en espérant qu'il ne se soit pas rendormi tout en parvenant enfin à se tourner. Malefoy, tu…
- Je vais être très clair, Potter, lâcha la voix glaciale de celui-ci. Tu ne me parles pas et ne m'adresses pas la parole tant que je ne le fais pas moi-même et que je n'ai pas au minimum pu passer me laver.
Et son visage était extrêmement sérieux et froid. Même si cela ressemblait plus à une plaisanterie, Harry comprit bien vite que Malefoy n'était pas du tout du matin, son regard noir lui faisant immédiatement refermer la bouche pour s'empêcher de lui répondre. Plus il en apprenait, moins il se sentait en sécurité à côté de ce type. C'était d'ailleurs une opposition totale face à la manière dont il avait agi le dimanche matin, ne se retenant pas pour se moquer de lui. Là, Harry était certain d'être proche de la vérité en affirmant qu'il était prêt à lui mettre son poing dans la figure s'il ouvrait encore la bouche.
Alors que Malefoy le lâchait, Harry ne le quitta pas un instant des yeux alors qu'il s'asseyait, fixant d'un œil sombre la pièce. Il n'était pas du tout de bonne humeur.
- Je vais me laver, déclara-t-il finalement en se levant.
La première réaction d'Harry fut de se préparer à lui demander où lorsqu'il aperçut la toile tendue à quelques mètres. En résumé, la pièce était désormais un parfait petit studio mais dépourvu de cuisine, muni seulement d'un mini salon de deux fauteuils, une table et un meuble bas, une chambre avec un lit et une horloge et une toile tendue cachant la salle de bain rudimentaire. Le tout sans mur car c'était plus drôle.
Revenant sur Malefoy, il eut un recul instinctif en le voyant brusquement se rassoir et tirer les draps sur lui avant qu'une de ses mains ne fonce sur son visage pour qu'il tourne la tête de l'autre côté.
- Je rajoute également que je déteste être presque nu devant quelqu'un alors tu es prié de regarder le mur si tu ne veux pas que je m'occupe de ton cas, déclara-t-il avec une même voix glaciale.
La réaction d'Harry ? Tout simplement se demander s'il n'avait pas perdu un boulon. Ce n'était pas comme s'il ne l'avait pas vu à demi-nu, la dernière fois datait d'il y avait à peine quelques heures. Et puis, ils étaient faits de la même façon, pas besoin d'être aussi pudibond sans compter qu'il avait tout de même quelque chose sur les fesses. Malefoy semblait réellement avoir un trouble du comportement… à moins bien sûr qu'il agisse différemment selon les situations face à lui et là Harry craignait de constater la véritable facette de Malefoy s'il n'y avait pas un objectif de pelotage venant de l'un ou de l'autre.
Mais, malgré ses habituelles contestations, Harry jugea plus sage de ne pas jouer au plus malin et de rester dans cette position, fixant le mur alors que Malefoy quittait de nouveau le lit. S'il avait jugé la situation de très étrange durant la soirée, il ne savait plus comment qualifier ce moment. Malefoy était à quelques mètres en train de se laver et lui avait instinctivement remonté les draps jusqu'à son menton.
Ce n'était pas qu'il avait passé une mauvaise nuit, pas du tout en fait, juste que l'idée de l'avoir fait sonnait trop étrangement à son oreille. Pourtant, cela avait été une soirée bien plus calme que toutes celles l'ayant précédé, le moment le plus difficile étant lorsque Malefoy lui avait tendu la perche pour que ce soit lui qui lance l'offensive et ainsi que le Serpentard puisse passer outre ses promesses. Oui, il avait passé une excellente nuit, dur de l'admettre alors que Malefoy venait déjà de le menacer pas moins de deux fois dans une même minute
- Je croyais que tu étais pressé ? lâcha une voix glaciale derrière lui.
Lentement, Harry pivota, considérant Malefoy qui mettait convenablement sa cape et refermait ses boutons de manchettes. Soit il avait trop réfléchi, soit il était rapide… la première solution était certainement la meilleure car il était déjà plus de sept heure trente à la pendule lorsqu'il parvint à rattraper ses lunettes pour les enfiler.
Sautant sur ses pieds, il se hâta de ramasser ses affaires par terre avant de se précipiter vers la toile.
- On se calme, Potter, intervint soudainement Malefoy qui stoppa sa course en posant sa main sur sa poitrine. Tu ne vas tout de même pas remettre tes mêmes habits ?
- Sans vouloir te vexer, je n'ai que ça, rétorqua Harry.
- Nous sommes dans la Salle sur Demande, tu crois vraiment qu'elle ne peut pas te fournir au minimum un caleçon ou boxer propre ?
Et il pouvait très bien se laver, mettre ses vêtements, retourner à la tour puis se changer. Le sermon qu'il lui faisait n'avait aucun lieu d'être.
- Tu m'emmerdes Malefoy, dit-il le plus sincèrement du monde avant de le contourner pour atteindre la salle de bain.
Mais ce fut malgré tout dans un juron qu'il mit ses affaires dans le petit panier de linge, ces dernières disparaissant alors qu'il en refermait le couvercle en osier. S'il ne les retrouvait pas, il ferait la peau au Serpentard.
Et il se hâta cependant à se laver, enfilant en vitesse les vêtements proprement pliés désormais au-dessus du couvercle du panier. Cette salle était tout de même assez impressionnante...
- Adieu, déclara-t-il en sortant en coup de vent, passant devant un Malefoy n'ayant pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il avait déjà quitté la salle.
Il était extrêmement pressé.
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- Qu'est-ce que tu fais ici, Harry ? demanda Seamus en le regardant rentrer dans la salle commune. Tu n'étais pas dans ton lit ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je suis debout depuis longtemps, mentit ce dernier en se dépêchant de monter les marches jusqu'au dortoir.
Bonne nouvelle, Ron avait réussi à le couvrir, il devait juste reprendre ses affaires et faire comme si rien ne s'était passé.
- Bon sang, où étais-tu ?
A peine eut-il ouvert la porte que Ron apparut soudain dans son champs de vision, en colère mais en même temps inquiet.
- Désolé, je pensais revenir dans la soirée, s'excusa Harry en se dirigeant vers ses baldaquins avant d'ouvrir les rideaux et secouer les couvertures.
- Mais tu étais où ? répéta Ron en le suivant.
- Je...
Il se stoppa soudain, sentant qu'on le tirait par le col. Pivotant maladroitement, il dévisagea Ron qui regardait son cou alors qu'il écartait la chemise.
- Tu es intact… constata-t-il.
Relevant les yeux dans les siens, Harry ne put que faire un sourire maladroit en sentant son regard peser lourd sur sa conscience.
- Si personne ne t'a bouffé comme la dernière fois, tu as fait quoi au juste ? demanda-t-il totalement perdu.
Harry leva les yeux au ciel, se détournant pour se pencher et ramasser son sac.
- Tu ne me croirais pas si je te le disais, répondit-il en tout honnêteté.
Il n'y avait aucun mensonge là-dessous. Peu importe comment il pourrait si prendre, lui annoncer qu'il avait dormi avec Malefoy ne pourrait jamais s'apparenter à la réalité pour qui que ce soit.
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Drago enfonça plume dans son parchemin. C'était un cours théorique, un très long cours qu'il l'empêchait de se rapprocher de Potter. Ce dernier était à trois rangs devant lui, droit comme un « i », étudiant avec un peu trop de sérieux pour être sincère. Il ne voulait pas le voir, Drago en était certain.
Il n'avait pas été pris d'une lubie la veille, maintenant que Colden était hors course, il pouvait pleinement constater qu'il pouvait agir à sa guise avec Potter, allant jusqu'à dormir avec lui. Certes, tout avait été d'un calme plat, mais il avait accepté, c'était déjà bien assez, le laissant sourire de temps à autre. Pas d'ordre à recevoir de qui que ce soit, juste le simple plaisir d'avoir quelque chose entre ses mains. Drago avait passé sa nuit la plus paisible depuis bien des semaines. Il adorait se savoir dans cette position, pouvant sans peine venir près de Potter quand il le jugeait utile.
Mais là, le cours le gênait et semblait sans fin. Comme le Gryffondor avait pris la fuite le matin, il n'avait pas pu parler avec lui, un sentiment assez frustrant que de comprendre qu'il préférait être dans son dortoir plutôt que près de lui. Il détestait. Colden, c'était une chose, la totalité des Gryffondors une autre. Il ne pouvait pas aussi facilement s'en débarrasser. C'était si frustrant de savoir que Potter avait décidé de mettre lui-même un terme à leur entretien du matin que Drago déchargeait toute sa colère sur son parchemin, fixant la nuque du brun.
- Tu me sembles tendu, dit à mi-voix Théodore à côté de lui.
Et lui était une lumière. Il ne voulait pas répondre, il n'en avait ni la volonté ni le besoin, une seule chose l'obsédait et elle se forçait à ne surtout pas se retourner. Potter l'exaspérait.
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Mais il ne parvint pas à l'approcher, même pas à la fin du cours lorsque les Gryffondors quittèrent la salle en groupe, Potter au milieu juste pour le faire enrager. La seule restant à l'écart étant Colden qui tenait une conversation avec Thomas. Elle avait beau faire semblant que tout allait bien, Drago que savait que c'était le contraire. Mais pour le moment, même si cela lui remontait le moral, ça ne lui permettait d'aller parler à Potter.
Il passa donc son repas à ruminer, fixant avec colère ce dernier qui paraissait bien rire à sa table. Il l'ignorait et ça l'agaçait. Rajouter à cela que Pansy tenait absolument à lui faire un brin de conversation et le tableau ne s'égayait pas un instant. Ce fut donc avec une véritable obstination qu'il passa devant toute la file des Gryffondors, l'après-midi même, rentrant juste après Granger dans la salle de Potions avant de se glisser entre Potter et la table qu'il venait de choisir.
- Bonjour, lança-t-il les bras croisés.
A première vue, la première réaction de Potter fut de refermer la bouche en levant les yeux au ciel, synonyme de : « pas encore… ». Suivi d'un soupir, il lui fit signe de dégager, ce que Drago s'accorda immédiatement à faire en poussant les affaires de Weasley pour prendre sa place.
- Je vais essayer de communiquer avec toi, tenta la belette en regardant son sac à terre. Harry est mon ami et, même si tu es en manque profond d'affection, tu n'as rien à faire à côté de lui. Encore moins croire que tu peux te débarrasser de mes affaires.
Drago baissa un court instant les yeux pour le voir ramasser son sac.
- Si, répondit-il en toute sincérité avant de s'asseoir.
- Bon sang, Malefoy, tu ne pourrais pas me lâcher deux second… commença Potter.
- Je commence à me lasser de ce même refrain, intervint Rogue derrière son bureau. Weasley, trouvez une place et Potter, posez vos fesses sur cette chaise.
Voyant son visage dépité, Drago ne put que l'accueillir avec un sourire lorsqu'il s'assit, jurant à mi-voix que ce soit sur lui ou bien Rogue tandis que Weasley partait ailleurs, lui jetant un regard noir.
Il ne parla pas immédiatement, attendant que Rogue ait fini de donner ses instructions avant de poser son coude sur la table et regarder fixement Potter.
- Tu me veux quoi ? demanda finalement ce dernier en coupant ses fèves en fines lamelles.
- Nous n'avons pas eu le temps de parler ce matin, répondit Drago qui triait malgré tout ses fleurs séchées.
- Si, nous en avons eu le temps sauf que tu as le pire caractère de la Terre et que tu m'as menacé de mort deux fois.
Tout de suite, les grands mots… bien entendu qu'il ne fallait pas lui adresser la parole avant un certain moment mais c'était Potter qui avait quitté la pièce lorsqu'ils auraient pu enfin tenir une conversation.
- Et parler de quoi d'ailleurs ? interrogea soudain Potter en lui accordant un regard. Il ne s'est rien passé.
Et alors, ce n'était pas une raison. Pensait-il vraiment que c'était une excuse ? Drago était bien agacé par ce genre de logique tout à fait puérile.
- Reviens ce soir, à vingt-deux heures puisque j'ai ma retenue, dit-il en commençant à séparer les pétales du pistil.
Il détourna les yeux de son travail entendant un bruit métallique, Potter venant de lâcher son couteau. Peu importe ce qu'il pouvait bien lui passer par la tête, il le dévisageait comme s'il le prenait pour un fou.
- Non, répondit-il simplement.
- Potter, ce n'est pas compliqué, rétorqua Drago en levant les yeux au ciel. Tu vas dans la Salle sur Demande et…
- Je n'irai nulle part, coupa-t-il visiblement atterré qu'il puisse insister. Il est hors de question que je quitte à nouveau le dortoir. Je ne vais pas passer ma vie dehors juste parce que tu le veux. Si c'est pour dormir, je le fais très bien dans mon propre lit sans compter que j'ai du travail à rattraper et que ce n'est certainement pas en trainant dans le château que cela va avancer.
Il semblait inflexible, le fixant sans ciller en secouant négativement la tête. Sa demande n'était pas farfelue, Drago refusait de lui donner l'occasion de s'éloigner, l'emmenant ainsi bien loin des possibles envies de Colden pour le voir et lui parler. La salle commune des Gryffondors ne lui inspirait guère confiance quant à garder les pensées de Potter entièrement focalisées sur lui.
- Donc si je te demande de venir non pas pour dormir mais pour…
- Ma réponse sera la même, rétorqua-t-il. Quitter le dortoir de temps à autre, ce n'est pas un problème, mais certainement pas plusieurs fois dans la même semaine. Je ne vais pas continuer de mentir à Ron pour qu'il me couvre.
- La belette est au courant ?
C'était plus une surprise qu'autre chose. Mais, en y pensant, un goût amer apparaissait au fond de sa gorge que quelqu'un puisse savoir pour leurs petits entretiens. Encore pire en sachant que c'était Weasley, il se sentait comme souiller.
- Non, il ne sait rien, répondit Potter en l'obligeant à détourner son regard du rouquin à quelques rangs devant. Tout ce qu'il croit, c'est que je passe mes nuits avec une fille.
- Où est le problème alors ? répliqua Drago en haussant les épaules. Si ton fidèle chien de garde s'occupe de tes arrières sans savoir, tu peux venir sans problème.
Le Gryffondor fit un signe négatif de la tête, se massant les tempes.
- Je ne viendrai pas, tu peux en être sûr, dit-il en baissant d'un ton alors qu'il voyait Parkinson les observer. J'ai du travail, j'ai des amis, le monde ne tourne pas autour de toi et je suis certain que tu as également pas mal de devoirs à rattraper.
Il s'occupait de son emploi du temps, Potter n'avait pas à y mettre son nez.
- Demain alors, proposa-t-il.
- Mais non ! lâcha Potter. Tu connais ce mot là ?
- Arrête de te plaindre, rétorqua Drago. Gère mieux ta vie et tu auras largement le temps de venir ! Et ne me sors pas ton excuse sur ton travail ou sur Weasley.
- Mais pour faire quoi ? répliqua-t-il. Dormir ?
- Si tu veux faire autre chose, on peut très bien…
- Malefoy, arrête.
Il n'aimait pas le ton de sa voix. La colère, il connaissait, il s'en fichait bien de même que l'exaspération. Là, c'était comme s'il le plaignait. Drago refusait qu'il en vienne à l'ignorer juste parce qu'il avait pitié. Et pitié de quoi d'ailleurs ? Lui donnait les occasions, Potter les saisissait. Le Gryffondor était aussi coupable que lui, pas de quoi tenter remettre toute la faute sur ses épaules.
Mais il semblait que Potter avait décidé que la conversation avait pris fin, retournant à ses fèves et reprenant son couteau. Etre ignoré, c'était encore bien pire que de recevoir des ordres. Drago détestait cela encore plus que lorsque Colden lui avait interdit d'approcher le Gryffondor. Là, c'était ce dernier qui ne prenait pas compte de sa présence, un fait qui le fit briser les délicats pétales qu'il avait dans sa main.
Lançant un rapide regard circulaire dans la salle, il se pencha rapidement, saisissant un court les lèvres de Potter. Cela dura moins d'une seconde, juste le temps pour Drago de se mettre à sa hauteur et de revenir droit dans son siège alors que le Gryffondor s'était soudain stoppé, couteau en l'air et les yeux écarquillés.
- Qu'est-ce que tu fais ? marmonna-t-il en le dévisageant tout en se penchant devant son chaudron pour se cacher.
- Tu viens.
Il le répéterait autant de fois qu'il le faudrait.
- Mercredi, à vingt-deux heures dans la Salle sur Demande, poursuivit-il. Tu viens.
Potter entrouvrit la bouche, encore sous la surprise de s'être fait embrasser en plein cours. Il était incapable de dire quoique ce soit.
- Tu as le temps pour tes devoirs, viens juste, ce n'est pas compliqué, dit Drago en profitant de ce silence pour être certain de se faire entendre. Arrive juste à l'heure contrairement à la dernière fois.
Harry n'eut jamais l'occasion de dire quoique ce soit, le Serpentard se détournant de lui jusqu'à la fin du cours. Il avait certes compris que Malefoy lui vouait une certaine obstination mais certainement pas au point de risquer d'être vu de tout les élèves de la classe. Le passage avec Rusard n'avait été qu'un incident de parcours, là, c'était un risque bien plus grand qu'il avait pris.
Que devait-il en penser ?
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Harry était parvenu à mettre ses pensées en veille, du moins, suffisamment longtemps pour terminer convenablement le cours de Potions et cesser de porter son regard sur Malefoy. En sortant du cachot, il avait fait signe à Ron et Hermione qu'il allait à la volière mais c'était faux. Il s'était arrêté en chemin, s'asseyant dans un des renfoncements d'une fenêtre, la tête en arrière et les yeux fermés en se mordant la lèvre.
Qu'est-ce qui n'allait pas ? Il avait compris depuis ses onze ans qu'il n'aurait jamais l'occasion d'avoir une année tranquille, c'était même totalement stupide d'y penser. Même s'il n'était pas « l'Elu » et en mettant de côté ses plus gros soucis concernant les ASPICS, il lui restait cette année Malefoy sur les bras. A croire que le sort s'acharnait sans vouloir cette fois-ci lui donner de solution facile à prendre.
Il ne paraissait pas lui vouloir spécialement du mal, déstabilisant mais restant la réalité. Même Harry avait avoué qu'il avait aimé passé la nuit avec lui, profiter du calme même s'il n'y avait rien de plus étrange. Il n'avait toujours pas répondu à sa question d'attirance sexuelle. En fait, c'était même passé carrément en arrière plan ces derniers jours, essayant davantage de détourner ses pensées de Malefoy. Il n'y avait que lui qui l'obsédait : où voulait-il en venir ? Sortir avec lui ? Harry eut une sorte de rictus. Là, c'était encore bien plus ridicule. En émettre l'hypothèse le faisait déjà rire, pas besoin de savoir la sincérité qu'il y mettrait pour présenter cela au Serpentard. Il y avait fort à parier que ce dernier aurait le fou rire du siècle.
Mais à ce rythme là, comment appeler cela autrement ? C'était des rendez-vous, pas spécialement visés à ce qu'ils finissent à s'envoyer en l'air car ils ne l'avaient non plus jamais fait. C'était lent mais, plus les soirées passaient, plus les barrières tombaient. Effrayant mais en même temps suffisamment plaisant pour en omettre quelques instants ce qui aurait pu lui porter au cœur quelques mois plutôt. Désormais, il ne voyait rien de mal à le laisser contre lui et dormir à ses côtés, le fait qu'il est tenu sa promesse ayant donné un minimum de confiance à Harry envers Malefoy. Qu'y avait-il de mal à retourner un autre soir avec lui ?
Peut être la culpabilité de savoir qu'il mentait à ses amis. Il ne pourrait sans doute plus tenir à ce rythme si en plus le Serpentard insistait pour qu'ils se voient plusieurs fois par semaine. Ron avait peut être décidé de contrôler sa curiosité mais ça n'allait pas durer. De même pour Neville, Seamus et Dean qui finiraient bien par comprendre qu'il ne se calfeutrait pas dans son baldaquin. Et puis il y avait Hermione qu'il avait mêlé de loin à cette histoire, lui donnant des doutes sur sa sincérité et sa franchise. Suffisamment assez pour refuser la proposition de Malefoy.
Non pas qu'il ne voulait pas, au fond, il ne désirait que cela, juste qu'il pensait à bien plus de monde qu'uniquement à Malefoy. Et il y avait bien entendu la gêne de ne pas comprendre ce qu'il pouvait bien faire exactement aux côtés du Serpentard. Désirer de son côté était une chose, mais pour Malefoy ? L'idée de déclarer une certaine relation aurait au moins pour mérite de le rassurer, de ne pas lui donner l'impression d'être utilisé comme un pantin car ce n'était absolument pas le cas. Mais une relation comment ? Il n'y avait aucun mot pour la décrire ou bien la faire ressentir, juste la sensation à Harry de vouloir lui donner un nom pour prendre sa décision.
Il allait devoir parler avec Malefoy, sérieusement car il était certain que, malgré ses sarcasmes, lui aussi devait chercher une manière de décrire ce qu'il se passait. Harry aurait certes souhaité cesser de réfléchir et juste profiter du moment présent mais il fallait mettre les choses à plat. Lui qui sortait d'une courte relation avec Kate, il tenait à ce que tout soit clair et certainement pas se faire avoir comme il l'avait fait. Peu importe s'il savait que la conversation irriterait le Serpentard, ils en avaient besoin
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- Tu ne vas pas rentrer ? demanda Ron qui enfouissait les oreillers sous les draps d'Harry en le voyant sortir la cape d'invisibilité de sa valise.
- Je ne vais pas te donner de faux espoirs, avoua-t-il en regardant vaguement sa montre.
- Mais je dis quoi aux autres s'ils veulent te parler d'un truc urgent ? rétorqua Ron en le suivant des yeux.
Pour être sincère, il n'en savait rien. Il avait passé tout le mercredi à fixer toutes les horloges qu'il croisait, redoutant mais en même temps s'impatientant pour la soirée que Malefoy avait planifiée. C'était un comportement puérile et ridicule mais en même temps trop mature car il avait passé la nuit à revivre les souvenirs et sensations qu'il avait eus au cours des dernières semaines. Une envie qui ne faisait que grandir plus les secondes avançaient.
- Tout ira bien, certifia Harry avant d'enfiler sa cape et se faufiler hors du dortoir avant d'entendre la réponse de Ron.
Tout irait bien, absolument bien, il ne pouvait pas en être autrement. Il allait devoir trouver les bons mots pour parler avec Malefoy et ainsi savoir ce que lui pensait de la situation. Pas seulement pourquoi comme il l'avait demandé la dernière fois, juste comprendre s'ils pouvaient trouver une solution.
Descendant rapidement les marches, il se hâta dans les couloirs, prenant bien soin de ne faire tout de même aucun bruit au cas où il croiserait un professeur ou bien Rusard et se dirigea vers la Salle sur Demande. Arrivé devant, il vérifia que personne n'arrivait avant de retirer sa cape et la glisser derrière la tapisserie de Barnabas le Follet. Il n'était tout de même pas assez sot pour montrer à Malefoy ce qu'il avait de plus précieux.
- Potter, tu es encore en retard, lâcha la voix glaciale de ce dernier à peine eut-il ouvert la porte qu'il avait fait apparaître.
Il ne remarquait que cela ? Harry ne pouvait que retenir un soupir en le voyant assis dans une salle ressemblant plus à une magnifique salle de réception qu'une pièce normale. Concrètement à la dernière fois, tout était déjà préparé. Au fond, il y avait un grand lit à baldaquin sur monter de rideaux vert de chrome assorti au reste des murs tapissant la pièce. Deux paravents coupaient une partie de la pièce, séparant sans aucun doute une salle de bain moins rudimentaire que la dernière fois tandis que le parquet s'accordait parfaitement au bois foncé et aux légères teintes grises de ces derniers. Juste à l'entrée, une table basse et deux fauteuils du même vert que le reste de la pièce dont la toile étaient décoré de fils d'argent le tout reposant une sur immense tapis.
Non, cette fois-ci, Malefoy avait absolument tout prévu et n'avait pas levé ses fesses, ne décrochant même pas de la Gazette qu'il avait en main. Appuyé sur son accoudoir, il amena sa tasse jusqu'à ses lèvres sans rajouter quoique ce soit de plus. Harry était certain d'une chose : ils ne vivaient pas du tout dans le même univers.
- Je dois faire quoi cette fois-ci ? demanda-t-il au bout de quelques secondes.
- Fermer la porte serait déjà une bonne idée.
Levant les yeux au ciel, il s'exécuta. Exigeant le Malefoy mais gardant tout de même assez d'humilité pour se faire son propre thé. Harry s'avança avant de s'asseoir dans le fauteuil libre en face de lui, attendant qu'il dise quoique ce soit d'autre de plus poli que ce qu'il lui avait dit depuis qu'il avait mis un pied dans la salle. Mais rien ne vint, juste un silence qu'Harry se dépêcha de rompre.
- Si tu veux faire les mots croisés, je peux t'offrir un crayon, dit-il en se penchant pour poser sa main sur la Gazette et ainsi la baisser afin de croiser le regard du Serpentard.
Ce dernier le fixa sans mot, reprenant une gorgée de son thé. La conversation s'annonçait encore plus palpitante que la dernière fois…
- Tu pourrais peut être dire quelque cho…
- As-tu été élevé dans un poulailler pour ne pas avoir appris à faire des excuses lors d'un retard ? coupa soudainement Malefoy en posant sa tasse et abaissant la Gazette tout en décroisant ses jambes. Je ne suis pas Joe le clodo, tu veux que je sois poli, fais de même.
Il n'était pas de bonne humeur. Et Harry n'était pas en retard. Du moins, il considérait les trente secondes comme suffisamment minime pour être ignorées. Pas par Malefoy apparemment
- Lorsqu'on invite quelqu'un, on lui offre à boire, rétorqua Harry. Je crois qu'on est quitte.
Léger rictus de la part de Malefoy.
- Tu es sérieusement agaçant, lâcha-t-il entre ses dents.
- Je peux te retourner le compliment, répondit Harry en lui accordant un sourire.
- Non, tu es agaçant parce que tu crois connaître tout des règles de politesses alors que tu ne vois que le sommet de l'iceberg, répliqua Malefoy. Je ressens plus de la pitié envers toi.
S'il était venu ici pour s'en prendre plein la tête, Harry regrettait déjà d'avoir fait le déplacement. Il était certain que la soirée s'annonçait sous un tout nouveau jour, pas besoin d'insister si cela prenait cette tournure.
- Je peux partir si je te dérange tant ? proposa-t-il en faisant mine de se lever en désignant la porte.
Un simple regard lui fit comprendre que ce n'était absolument pas ce qu'il voulait et Malefoy se retint de répliquer avant de poser la Gazette sur la table. Au moins, même si la communication avait du mal à passer, ils arrivaient tous deux à certaines concessions qui leur facilitaient la vie.
- On joue aux cartes cette fois-ci ? demanda Harry en retournant au fond de son fauteuil.
- Certainement pas.
Trop rapide pour ne pas cacher autre chose.
- Je ne jouerai à aucun jeu de cartes avec toi tant que tu ne connaitras pas autre chose que la bataille, expliqua Malefoy en voyant son air perplexe. Autant m'ennuyer, mieux vaut que ce soit clairement plutôt qu'en prétextant m'amuser comme un petit fou avec ce jeu ridicule.
- Je n'ai jamais eu l'occasion d'apprendre quoique ce soit d'autre, se défendit Harry qui avait l'impression que c'était une tare.
Soupir de la part de Malefoy. Qu'il le trouve ridicule, c'était son problème, Harry lui n'avait aucun problème à se divertir même s'il s'agissait de jeux les plus simples du monde. Pas assez compliqué pour lui ? Et bien il n'avait qu'à partir.
- Dans ce cas, que faisons-nous ? demanda Harry en laissant son regard faire le tour de la pièce. Tu as au moins prévu une petite activité ou bien il faut juste sauter dans le lit et attendre demain matin ?
Au vu de l'hésitation du Serpentard, il sut qu'il avait visé juste. Alors, peut être que Malefoy avait choisi avec soin la pièce, ce qu'elle devait contenir et ce à quoi elle devait ressembler mais il avait oublié ce détail. Mais c'était suffisamment bien assez pour le mettre en déroute et lui faire réaliser qu'il n'avait pas du tout la situation en main.
- Je vais me mettre au lit, quand tu auras une idée, n'hésite pas, déclara Harry en quittant son fauteuil pour se diriger vers le baldaquin au fond de la pièce.
- Tu ne peux pas…
Il se stoppa, se tournant à moitié vers Malefoy qui s'était redressé comme pour le suivre. Mais sa phrase tomba à plat, n'ayant rien d'autre à ajouter et qui pourrait l'obliger à le rejoindre. Pour une fois, c'était lui qui avait le contrôle, et pas l'inverse même s'il était intervenu un bon nombre de fois durant ces moments.
- Je ne vais pas rester assis à te regarder dans le blanc des yeux, dit Harry. Si on ne fait rien, je vais dormir, au moins je serai certain de n'avoir aucun problème de sommeil en cours demain.
Se détournant, il atteignit le lit tout en défaisant sa veste, se stoppant en entendant le fauteuil de Malefoy grincer. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, Harry le vit debout, le fixant sans ciller. Il cherchait quoi dire. Enfin, c'était ainsi qu'il le voyait. Malefoy avait eu du mal à l'amener ici, et voilà que lui partait se coucher sans rien attendre de particulier. Il admettait que le Serpentard pouvait le prendre mal.
- Tu peux venir aussi, proposa Harry en désignant le lit. Je ne mords pas.
C'était amusant. Amusant mais aussi gênant de constater que Malefoy cherchait tant à lui répondre et se justifier. Décidant qu'il n'allait pas le regarder éternellement, Harry revint vers les baldaquins, retirant sa chemise. Mais il fallait admettre qu'il avait été stupide. Prévenu avec deux jours d'avance, il n'avait même pas été fichu de prendre de quoi s'habiller pour la nuit. Il eut un léger soupir mais fronça soudain les sourcils en observant le mur.
Il était dans la Salle sur Demande après tout.
- Incendio.
Etrangement, Harry savait déjà ce qu'il venait de se passer avant même de se retourner. Pointant sa baguette sur le meuble en bois de chêne coller contre le mur, Malefoy venait d'incinérer le pyjama qu'il venait d'invoquer. Il semblait en colère, ou du moins, c'était ce que son regard reflétait en fixant froidement Harry. Il n'aimait vraiment pas quand la situation lui échappait, ce n'était pas bien difficile à comprendre.
- Tu sais, tu aurais très bien pu faire brûler le meuble avec, lâcha Harry.
- Et alors, il t'aurait manqué ? rétorqua-t-il en s'avançant.
Pas vraiment. Ce n'était pas non plus comme s'il était déjà venu ici. Le destin des meubles lui importait peu, enfin, bien moins que Malefoy qui l'avait presque obligé à se reculer jusqu'aux pieds du lit. Harry était certain : il n'avait toujours rien trouvé à lui dire et souhaitait reprendre le contrôle. Ce fut du moins de cette manière qu'il l'interpréta lorsqu'il l'embrassa.
Il ne connaissait que trop bien la situation maintenant, les moments de calme entre eux étant synonymes d'une attirance bien plus sage alors qu'à présent, il s'agissait plutôt d'une mise à mort. Harry n'avait pas d'autre mot en sentant l'étreinte de ce dernier se resserrer. Il ne le repoussait pas car c'était ce qu'il voulait : pouvoir de nouveau sentir contre lui la vraisemblable confiance que Malefoy avait. Alors, il se hâtait de mettre ses mains sous les vêtements du Serpentard afin de rétablir l'équilibre entre eux et pouvoir sans peine sentir la chaleur de sa peau contre la sienne.
Un moment bien plus enivrant lorsqu'il quitta ses lèvres pour s'aventurer sur son cou, aimant tout autant avoir celles de Malefoy que glisser le long de sa peau ; une odeur si fraîche qui le laissait encore plus égoïste quant à le lâcher. Il arrivait sans peine à le forcer à quitter ses vêtements, lui enlevant sa baguette des mains avant de basculer avec lui dans le lit.
Il s'était posé trop de questions la veille. Pour le moment, Harry allait juste profiter un moment de l'instant, laissant le Serpentard se mettre en dessous et ainsi plus facilement lui retirer son pantalon. Une impression de déjà vu qui ne le dérangeait pas, encore fallait-il qu'il le remarque alors qu'il enlaçait Malefoy pour prendre sa place.
Pas moyen d'ignorer qu'il avait de plus en plus chaud, ramenant son bassin contre le sien et sentant ainsi sans peine l'entrejambe de ce dernier. Incapable d'à nouveau détacher ses lèvres de celles du Serpentard, le laissant rompre ces baisers qui le laissaient impatient quand au prochain, entrouvrant la bouche pour mieux respirer alors sa poitrine refusait de se soulever à un rythme régulier. Il détestait que Malefoy lui laisse des marques mais, pourtant, il ne faisait rien contre, fermant juste les yeux au contact brulant des lèvres de celui-ci contre sa peau.
Il aimait. Il adorait. En fait, Harry ne souhaitait pas que cela prenne fin et ce fut pour cette raison qu'il laissa glisser ses mains sur le Serpentard pour le forcer à remonter à sa hauteur, l'embrassant avant de légèrement se soulever pour mieux se sentir contre lui. Un contact qu'il se refusait de rompre.
- Malefoy, on doit parler.
Drago rouvrit les yeux, ne réfléchissant même pas à ce qu'il venait de dire pour retourner prendre possession de la bouche de Potter. Il aimait être en dessous, uniquement pour pouvoir l'obliger à rester contre lui. Là, c'était au Gryffondor de tenir cette place et, pour l'instant, il devait avouer qu'il n'y avait rien de plus plaisant, les caresses de ce dernier l'empêchant de réfléchir correctement.
- Malefoy, tu m'as entendu ? lâcha-t-il durant le cours moment où ils séparèrent.
- Pas envie, répondit Drago en attrapant la lèvre inférieure de celui-ci.
Il ne voulait rien entendre car la respiration de Potter lui suffisait amplement.
- A chaque fois que tu parles…, poursuivit-il avant d'à nouveau repartir à l'assaut. A chaque fois on s'arrête…
Et il ne voulait pas. Potter était là, il était venu dans cette salle sans contester. Drago se refusait à qu'il s'éloigne ne serait-ce de quelques centimètres.
- Et c'est pour ça qu'on doit se parler, dit-il en enlaçant autour de la nuque rouvrant les paupières et l'obligeant ainsi à croiser son regard vert.
Il était sérieux ? Drago ne le voulait pas mais, en même temps, Potter ne le repoussait pas, continuant de légèrement remuer sous lui pour être certain qu'ils ne pouvaient pas se rapprocher encore un peu. Il sentait la peau de celui-ci contre la sienne, une chaleur qui lui donnait un peu de mal à respirer alors qu'il regardait ses yeux, son front collé au sien.
- Que sommes-nous ? demanda Potter dans un souffle en laissant ses mains glisser le long de sa nuque pour descendre à son cou.
Drago ne répondit pas. Il ne comprenait pas la question et ne le souhaitait pas, voulant juste reprendre là où ils s'étaient arrêtés. Ses lunettes le gênaient, il se chargea de les lui retirer alors qu'il dévorait son cou.
- Malefoy, je suis sérieux, dit la voix éreintée de Potter.
- On ne t'a jamais dit que tu étais trop bavard ? rétorqua Drago en lâchant un soupir d'exaspération pour revenir le regarder dans les yeux.
- Et toi pas assez.
Où voulait-il en venir ? Il n'y avait pas besoin de parler, la situation était très bien ainsi, Drago refusait que des sujets inappropriés ne fassent leur apparition. Il avait certes omis de quoi les occuper avant la nuit mais, maintenant que c'était fait, il ne souhaitait pas du tout reperdre le contrôle des évènements. Mais alors qu'il s'apprêtait à tenter de le faire taire en l'embrassant de nouveau, ce fut Potter qui prit les devant, glissant sa langue entre ses lèvres et le laissant quelque peu surpris. Il ne voulait pas parler aux dernières nouvelles ?
- Je veux juste qu'on mette les choses au clair, dit Potter en se séparant de lui l'obligeant à poser son front contre le sien.
Ah… Drago n'était pour ou contre l'idée, juste qu'il n'en voyait pas l'utilité et encore moins sa nécessité.
- Nous ne sommes pas amis, poursuivit Potter à mi-voix. On ne l'a jamais été et je ne pense pas que ça puisse arriver un jour.
Et alors ? Drago était bien d'accord mais si c'était pour le Gryffondor débatte seul, il ne voyait pas en quoi il pouvait être utile. Partir aurait été très simple mais, pour une fois qu'il n'avait pas à le forcer pour rester contre lui, le blond se refusait de s'éloigner.
- Mais on ne peut pas dire non plus que l'on vient ici pour le sexe, continua Potter.
- Et pourquoi ? rétorqua Drago qui ne suivait pas sa logique.
- Peut être par ce qu'on n'a jamais couché concrètement ensemble ou bien fait quelque chose en dessous de la ceinture.
Il l'avait dit avec une telle évidence que Drago se figea.
- On peut arranger ça, décréta-t-il.
Se redressant, il s'assit sur les jambes de Potter. A force de s'effeuiller de plus en plus au fur et à mesure de leur rencontre, il ne restait plus qu'une chose à retirer. Pas qu'aucun d'eux n'ait essayé mais plutôt qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de continuer, s'arrêtant juste avant.
Glissant ses mains sur le ventre de Potter, il s'arrêta en les posant sur le boxer, laissant ses pouces se mettre sous l'élastique. Il lui suffisait de lui retirer et ensuite il devrait… Drago laissa son front se plisser, déglutissant difficilement. Seulement quelques secondes de silence, juste assez pour que Potter mette les mains sur les siennes.
- Si on n'a jamais rien fait, c'est sans doute par ce qu'on ne sait pas comment faire, dit-il.
Levant les yeux vers lui, Drago le regarda sans prononcer un mot, bien trop conscient de ce que Potter venait de dire à haute voix. Mais il fit un signe négatif de la tête.
- Je sais très bien ce qu'il…
- En théorie, coupa le Gryffondor. Mais je ne crois pas que tu l'es déjà fait et ça change tout.
Il était en train de lui faire un sous-entendu ? Lui faire comprendre qu'il était totalement ignorant et que de cette manière il pouvait l'humilier ? Drago n'aimait pas du tout le ton si calme qu'il prenait pour lui parler.
- Tu n'as…
- Et comme nous sommes deux à hésiter, ça prouve que nous ne sommes pas spécialement ici pour coucher ensemble, poursuivit Potter en lui retirant ses mains de ses hanches.
Donc il ne se moquait pas de lui. Drago restait perplexe face à son comportement. Tout d'abord il lui disait qu'il voulait parler, ensuite il ne le lâchait pas et maintenant il lui faisait la morale. Il était sérieux, ou du moins, bien plus calme qu'avant. Sa respiration s'était ralentie et il avait l'impression que la température de son corps avait chuté.
- J'en reviens donc à ma première question, que sommes-nous ? demanda Potter.
En fin de compte, Drago regrettait de lui avoir retiré ses lunettes. Sans, il avait l'air plus intelligent. Enfin, c'était de cette manière qu'il définissait les deux yeux émeraude qui ne le quittaient pas un instant. Lui, il ne voyait pas en quoi il devait répondre à la question. Elle n'avait pas de sens, il n'allait pas s'abaisser à inventer quoique ce soit pour complaire à la soif de savoir inutile du Gryffondor.
- Malefoy, j'ai besoin que tu parles.
Il haussa un sourcil.
- Je ne vois pas de quoi, répondit-il. Ce que tu demandes n'a pas de sens, je ne vais pas gaspiller ma salive.
- Que représentons-nous l'un pour l'autre ? reformula Potter en roulant les yeux.
Pour le coup, Drago eut un moment d'arrêt, ne prenant même plus en compte qu'il continuait de lui tenir les mains.
- Attends, rassure-moi : tu ne veux tout de même pas que je sorte les violons ? lâcha Drago qui ne s'était pas attendu à un instant de niaiserie de sa part.
- Non, je te demande d'être deux secondes conscient de ce qu'il se passe dans cette foutue salle, rétorqua Potter bien moins calme.
- Mais je le sais.
- Non.
- Je croyais que tu demandais mon avis ?
- Oui, mais certainement pas pour que tu inventes n'importe quoi, répondit le Gryffondor. A chaque fois, tu me sautes dessus, tu ne me sautes pas. La différence est très largement suffisante pour moi.
Et quoi ? Il devait répondre quoi à cela ? Oui, Drago ne tenait pas à ce qu'il sorte de cette pièce et non, il n'avait pas spécialement eu l'envie de coucher avec lui en l'invitant (obligeant) à venir ce soir. Mais là, il lui demandait de réfléchir à des choses auxquelles il ne tenait pas du tout.
- On va jouer les sentimentales un moment, proposa Potter en lâchant ses mains avant de s'appuyer sur ses coudes pour se redresser. Disons que je te dise je pars maintenant : que fais-tu ?
Rien de très difficile.
- Je te ligote au lit.
Clair, net et précis. Drago ne le laisserait jamais rejoindre sa horde de Gryffondor au milieu desquels une sale garce avait élu résidence. Potter accueillait la nouvelle avec malgré tout une certaine surprise, sans doute préparé à une réponse de ce genre mais pas aussi explicite.
- Et si je te dis que je reste ? poursuivit-il après s'être raclé la gorge.
Drago ne répondit pas. S'il restait, il avait ce qu'il voulait, pourquoi ferait-il quelque chose de plus ? Même si ce n'était pas ce qu'il avait souhaité à la base, Potter n'avait à présent que lui en tête. Il n'y avait rien de plus à faire.
- Malefoy, appela-t-il.
- Pourquoi te sens-tu obliger de poser des questions ? lâcha Drago exaspéré. J'ai tant de fois espérer que tu ailles un cerveau mais j'en viens à regretter mon souhait !
- Et bien je vais le dire clairement et sans rien demander, rétorqua gravement Potter. Si tu ne me réponds pas, je m'en vais définitivement et je ne reviendrai pas, peu importe ce que tu pourras faire en cours pour m'y contraindre.
- Je ne te laisserai pas partir !
- Et bien dans ce cas, vas-y ! Ligote-moi !
Potter s'était rallongé levant les bras vers la tête de lit. Il était sérieux ? Apparemment, c'était du moins ce que ressentait Drago en le voyant lui faire signe de prendre sa baguette. Sa réaction le laissa pantois, ne parvenant pas à articuler correctement pour lui répondre.
Oui, il aurait été parfaitement capable de le faire. Mais c'était bien autre chose que de voir Potter se porter volontaire et il savait qu'en le faisant, il donnerait l'occasion au Gryffondor de prendre la solution qu'il lui avait présenté et ne plus jamais revenir s'il sortait de la Salle sur Demande. Potter venait de lui poser un ultimatum et Drago se mordait l'intérieure de la joue jusqu'au sang. Il ne pouvait pas le faire. Il ne le pouvait pas mais n'avait rien à répondre et il détestait ça. La colère de ne pouvoir rien décider par lui-même et de voir Potter lui filer entre les doigts à cause de ça.
Restant sans rien faire, tenant tête au regard glacial que lui accordait Potter, Drago serra ses poings. Il ne trouvait rien à dire… absolument rien.
- Je m'en vais, décréta Potter en se redressant, retirant ses jambes de sous le Serpentard avant de pivoter pour s'asseoir.
- Non !
Il avait réagi instinctivement, ou plutôt, sans penser à ce qu'il faisait. Le mot avait franchi ses lèvres au moment même où il l'avait attrapé par la taille pour l'empêcher de se lever.
- Malefoy, si tu n'as rien à me dire je ne vais pas…
- Tu restes ici ! ordonna Drago en resserrant son étreinte en sentant qu'il attrapait ses poignets pour se libérer.
- Je ne suis pas ton chien ! Tu ne peux pas…
- Tu restes ici !
- Arrête de croire que tu as le droit de…
- Je veux que tu restes ! hurla-t-il.
Potter avait cessé d'essayer de se lever et de se libérer des bras du Serpentard qui lui enserrait la taille. Baissant la tête, il regarda par-dessus son épaule.
- Tu veux ? répéta-t-il.
Drago ne répondit pas. Il n'avait pas réfléchi. Il n'avait absolument rien prévu en disant cela et se sentait presque humilier en l'entendant le répéter. Jamais encore, il n'était tombé aussi bas. Il venait d'avouer haut et fort que c'était par pur égoïsme qu'il voulait le garder près de lui. Parce qu'il le « voulait ». Instinctivement, il resserra son emprise autour de la taille de ce dernier, la colère d'être aussi misérable prenant le dessus. Il ressemblait à un gamin de cinq ans à s'accrocher ainsi à lui en criant. Rien de plus honteux pour un Malefoy que de perdre véritablement le contrôle.
- Si tu le veux, pourquoi ne pas me le dire plutôt que de me donner des ordres ? demanda Potter qui semblait s'être calmé inclinant la tête pour la poser contre celle de Drago qui refusait que son front quitte la nuque de ce dernier.
- La ferme.
Il n'avait rien de mieux en réserve. Qu'il se moque de lui, il était prêt. Mais il était hors de question qu'il quitte cette pièce, s'il le faisait, Drago aurait tout autant perdu que Colden.
- Tu peux me lâcher, je ne vais pas partir, dit Potter en cessant de lui tenir les poignets.
Il mentait.
- Malefoy, lâche-moi.
Jurant entre ses dents, Drago cessa de le serrer contre lui, prêt à le voir se lever et en profiter pour quitter la pièce. Il le retiendrait, du moins, c'était ce qu'il voulait mais il n'en était pas capable car ce qu'il venait de dire lui donnait l'impression d'être un moins que rien.
Et Potter se leva, lui faisant serrer ses points en se mordant un peu plus férocement l'intérieure de la joue. Mais Drago fronça soudain les sourcils en le voyant se retourner pour se mettre à genoux sur le lit. Relevant les yeux, il le dévisagea sans saisir sa logique.
- Nous ne sommes pas ami, nous ne sommes pas là pour le sexe mais tu veux que je reste, dit-il.
- Je n'ai rien d'autre à dire, lâcha Drago qui ne supporterait pas une autre humiliation.
- Disons que je n'avais besoin de rien de plus, répondit Potter en se laissant tomber sur le côté pour s'allonger.
Pardon ? Drago baissa les yeux pour le considérer avec stupeur. C'était tout ? Il venait de lui faire tout un caprice juste pour entendre « ça » ? Drago ne savait pas s'il devait en être heureux ou bien s'en sentir offensé. Mais il resta un moment à le fixer, tentant de percer à jour le cerveau du Gryffondor. Il était bien plus tordu qu'il n'y paraissait aux premiers abords. Rien de très rassurant d'ailleurs.
- Tu ne comptes pas dormir assis ? lança soudain Potter en se mettant sur le dos pour mieux le voir.
- Et alors ? rétorqua Drago. Si j'en ai env…
Il ne parvint pas à terminer sa phrase, Potter l'attrapant par le poignet pour l'entrainer à côté de lui. Manquant de peu de se frapper la tête contre le montant du lit, il eut un bref moment de recul en sentant le bras du Gryffondor se poser sur lui, entourant sa poitrine.
- Si tu veux qu'on se revoit, il va falloir se mettre d'accord sur certains points, dit Potter qui venait de mettre sa tête sur le même oreiller que lui.
Surprenant ? Peut être mais Drago avait l'étrange sensation que ce n'était pas une mauvaise chose. Potter n'était plus du tout en colère et avait regagné son calme, allongé sur le ventre alors que sa tête était tournée vers lui. C'était une situation étrange mais pourtant pas déplaisante, Drago oubliant un instant la honte qu'il s'était fait subir pour se rapprocher.
- Comme quoi ? demanda-t-il assez curieux des conditions que Potter pouvait demander.
Il eut un sourire amusé.
- Déjà, tu vas apprendre ce qu'est un véritable retard.
Quelles seront les autres conditions d'Harry ? Drago les acceptera-t-il ? Ceux du dortoir de Gryffondors finirotn-ils par avoir des doutes sur ce fait Harry dans son "baldaquin" ?
Magnifique n'est-ce pas ? Et ba moi je vais me coucher pour fêter ça ! :D
