Scribblings of a Red Head and a Quidditch Captain

Disclaimer : Les personnages appartiennent à JK Rowling et l'histoire est à CasablancaInTheTardis. Vous pouvez voir la fic originale ici : s/4020637/1/Scribblings_of_a_Red_Head_and_a_Quidditch_Captain

Résumé : Lily James : Harry trouve les vieux journaux de ses parents et des petits mots datant de leur passage à Poudlard. Il les lit et découvre comment les deux Préfets-en-Chef ont fini ensemble finalement. Aussi des : Remus/OC, Sirius/OC. Bals d'Halloween, cauchemars, secrets, Voldemort et amours passionnés bien sûr !


Chapitre 28 – More Notes, the Date and Encounter Number One :

Les semaines suivantes virent les septième année retourner à leur triste routine, n'ayant pas assez de temps libre pour vraiment faire autre chose que travailler. Avant même qu'ils ne s'en rendent compte, trois semaines du mois de Janvier s'étaient déjà écoulées, la perspective des ASPICs devenant de plus en plus imminente. Le corps enseignant était très amusé par le fait que les Maraudeurs, en tout cas, n'avaient pas dérogé à leurs passe-temps habituels sous la menace des examens. Ils avaient fait tellement de farces que James et Sirius étaient clairement sur le point de dépasser leur record du plus grand nombre de retenus récoltées en un jour (vingt-sept). A vrai dire, et pour être honnête, James était déchargé de la plupart de ces accusations étant donné que l'on était incapable de prouver qu'il avait fait quoi que ce soit. Cependant, il n'était pas de ceux qui laissaient tomber un ami, et il décidait d'honorer les diverses retenues avec le reste de sa troupe de Maraudeurs (et de temps en temps, Cath, qui se retrouvait entraînée d'une manière ou d'une autre). Lily, bien qu'elle ne se le serait jamais admis à elle-même, et encore moins à une tierce personne, regrettait les moments qu'ils pouvaient passer ensemble. Elle n'avait pas encore réprimandé James pour son attitude indisciplinée, en partie parce que cela causait une distraction bienvenue, mais également parce qu'elle veillait soigneusement à ne pas commencer de nouvelle dispute. Depuis quand un garçon me transforme en une aussi faible personne ? se demanda t-elle un jour. Bien sûr, la réponse était évidente, mais Lily était tout simplement incapable de s'en apercevoir.

James et elle avaient pris l'habitude de se tenir par la main (mais pas en public), s'asseyaient ensemble pendant les repas (ce qui était normal à présent, de toute façon), et s'embrassaient pour se dire bonne nuit (ou se dévoraient la bouche, selon le cas), mais la volonté de James d'avancer lentement avait été parfaitement respectée, et le couple n'était pas encore officiellement devenu un couple. Bien sûr, il y avait des rumeurs qui se propageaient par le téléphone arabe de Poudlard, mais quiconque était assez fou pour croire que Lily Evans et James Potter sortaient ensemble était immédiatement ridiculisé pour avoir cru en cette possibilité. De plus, il n'y avait pas encore eu de sortie à Pré-au-Lard depuis celle des vacances de Noël, et Lily ne considérait pas qu'elle et James formaient un véritable couple étant donné qu'il n'y avait pas encore eu de rendez-vous digne de ce nom. Heureusement, une sortie à Pré-au-Lard s'annonçait pour la fin de la semaine, et James devenait de plus en plus nerveux au fur et à mesure que son rendez-vous tant désiré avec la fille de ses rêves approchait.


Petits mots en classe de Sortilèges :

Sirius : Cornedrue, il faut que tu te détendes. Elle t'aime déjà beaucoup.

Remus : Je dois avouer que je suis d'accord avec Sirius, James, tu n'as franchement pas de quoi t'inquiéter.

James : C'est facile pour vous de dire ça, vous avez tous les deux une petite-amie.

Cath : Et plutôt pas mal en plus.

S : Salut Cath, lumière de ma vie, pourquoi tu n'es pas en train de t'entraîner à lancer ce sortilège de Disparition comme on est sensés le faire ?

C : J'ai pensé que je l'avais suffisamment pratiqué pour notre dernière farce.

J : Ouais, les Serpentards n'ont toujours pas compris où leurs points avaient disparu.

C : C'est cool que Lily m'ait aidé.

S : Non ! Lily-flower ? La douce, innocente, et Préfète-en-Chef Lily Evans ?

Lily : Ouais, pourquoi je ne l'aurais pas aidée ?

J : Parce que tu n'aimes pas désobéir aux règles ?

L : Ah, James, tu as beaucoup de choses à apprendre au sujet de l'esprit complexe des Lily.

R : Je déteste quand les gens parlent d'eux-même à la troisième personne.

S : Monsieur Patmol est bien d'accord avec Monsieur Lunard.

J : Patmol, tu es tellement énervant

S : Merci

J : Ce n'était pas un compliment.

S : …

J : Laisse tomber. Lily, quand est-ce que tu as aidé Cath ?

L : La fois où tu es retourné à ton ancien dortoir. Je me sentais seule et je m'ennuyais alors je suis allée voir Cath.

C : Ah, c'était un bon moment.

S : Et où se trouvait la jolie Anna à ce moment-là ?

R : Ce ne sont pas tes affaires.

S : Ouuuuh ! Lunard passe à l'action !

J : (rigole) Lunard réplique comme une fille.

L : Je trouve que Sirius l'avait sûrement mérité.

J : Ouais, sûrement. Maintenant, ça ne vous gênerait pas toutes les deux de nous laisser tranquilles ? Affaires privées de Maraudeurs.

L : D'accord, on sait quand on n'est pas désirées.

J : Oh, ne le prends pas mal, tu es très très désirée... c'est juste que je suis occupé pour l'instant à préparer ce moment très particulier.

L : Je plaisantais, pas la peine de prendre un air aussi effrayé !

S : Ouais, James, elle est toujours ta petite-amie

L : Eh bien, pas spécifiquement.

R : Ils n'ont pas encore eu de véritable rendez-vous. Ce qui, coïncidence, rend James nerveux et explique le fait que nous ayons besoin de discuter 'd'affaires privées de Maraudeurs' au beau milieu d'un cours de Sortilèges.

L : Merci Remus. Cath, pourquoi les mecs ne parlent pas comme ça tout le temps ?

C : Parce que ce sont des mecs.

S : Je ne sais pas si je devrais me montrer offensé...

C : Je te le revaudrai plus tard.

J : Ouhlà ! Bien trop d'informations. Gardez vos rendez-vous galants pour vous.

L : Tu sais ce ce qu'est un rendez-vous galant ?

Peter : Ouais, il avait l'habitude de lire des romans d'amour écoeurants pour essayer de trouver une manière originale de te demander de sortir avec lui, et ils utilisaient beaucoup cette saleté de mot.

J : Queudver, je jure que si tu ne disparais pas de ma vue d'ici cinq secondes, je te jetterai un sortilège qui te fera faire un tas de choses embarrassantes incluant un strip-tease pour te montrer l'étendue de ma colère.

L : Eh bien, James, c'était étonnamment contrôlé pour quelqu'un lisant des romans de la collection Arlequin et qui vient juste de se faire démasquer.

J : (rougit)

L: Allez, je trouve ça mignon.

J : Eh bien, c'était pour sortir avec toi de toute façon, donc ce n'est pas si grave.

S : Ça c'est que tu penses. Personne ne veut lui faire de chantage ?

J : Personne ne trouve que la tête de Sirius ressemble à une tomate écrasée ?

S : Hein ?

R : Ça veut dire qu'il a envie de te frapper.

S : Oh, je ferais mieux de me la fermer alors

J : Bonne idée, 99.

S : Hein ?

R : James, je pense qu'on devrait en revenir au plan. Les filles sont parties.

J : D'accord. Bon, c'est la sortie à Pré-au-Lard samedi, et je vais évidemment y aller avec Lily. Et, comme vous avez tous les deux un rendez-vous, je n'ai pas de témoin.

S : Cornedrue, on ne prend pas de témoin à un rendez-vous, de toute façon.

P : Sirius a raison, mais je voudrais juste faire remarquer que moi je n'ai pas de rendez-vous et que j'aurais pu être ton témoin.

R : Peter, tu n'en avais pas un avec Agatha ?

P : Hum ? Oh, on fait une 'pause'.

J : Comment ça ?

P : Je ne sais pas trop. Ecoutez les gars, je crois que vous pouvez imaginer le plan tout seuls, il faut que j'aille demander un truc à Flitwick.

S : Je crois qu'on l'a vexé.

R : Tu crois ?

J : On n'a pas le temps de s'inquiéter pour Queudver ! Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire pour mon rendez-vous ?

S : Cornedrue, combien de fois il va falloir qu'on te le dise ? Lily t'aime et ça fait combien de semaines maintenant qu'elle est devenue ta partenaire de dévorage de bouche intensif ?

J : Trois semaines, quatre jours et je ne sais plus trop pour les heures mais...

S : C'était une question rhétorique ! L'important, c'est qu'elle va continuer à t'aimer, même si tu foires ton rendez-vous.

R : Cela étant dit, on comprend que tu veuilles que ça se passe bien, n'est-ce pas Patmol ?

S : Ouaip.

R : Alors on te conseille sérieusement de te détendre. Emmène-la quelque part où elle sera à l'aise – comme les Trois Balais – et peut-être une promenade à la Cabane Hurlante.

S : En parlant de ça, comme c'est la pleine lune vendredi soir-

J : Merde ! Lunard, je suis désolé, j'avais complètement oublié !

R : Ça va, Cornedrue, je comprends. Mais peut-être que tu devrais laisser tomber ce vendredi ? C'est plus important que tu te prépares pour ton rendez-vous avec Lily.

J : Non. Je ne vais pas vous laisser vous débrouiller tout seuls.

S : Mais James, on pourrait s'en sortir sans toi

J : Non, il faut que je sois avec vous les gars, juste au cas où. Vous ne me ferez pas changer d'avis.

R : Qu'est-ce que tu vas dire à Lily ?

J : La même chose que la dernière fois – que Patmol se sent trop seul quand tu n'es pas là.

R : Et elle t'a cru ?

J : Eh bien, la dernière fois oui. Je pourrais ajouter qu'on prépare une farce pour t'amuser. Je suis sûr que ça ne la dérangera pas.

S : C'est plutôt une bonne idée.

J : J'avais déjà prévu que ça allait arriver.

S : Non, je parlais de la farce. Qu'est-ce qu'on va faire ?

J : Hein ?

S : Evans s'attendra à une farce, alors on va lui en faire une.

R : On pourrait peut-être voir ça plus tard; il faut que je travaille mes sortilèges.

J : Mais il faut que vous m'aidiez à préparer mon rendez-vous !

S : Et puis ce n'est pas comme si tu avais besoin de travailler, Lunard, tu n'as eu que des O à tes BUSEs.

J : Ouais, et nous aussi, sauf en Divination, alors on peut se permettre de bavarder en cours.

R : Très bien. Mais si je rate cette partie de l'examen et que je saute de la tour d'astronomie, alors je reviendrai vous hanter-

J : Il était vraiment nécessaire, ce commentaire sur la tour d'astronomie ?

R : Non, mais j'avais besoin d'une raison pour pouvoir revenir vous hanter.

J : Bien dit. Maintenant, qu'est-ce que je vais mettre ?

L : Du bleu.

J : Lily !

L : Quoi ? Je jure solennellement que je n'étais pas en train d'écouter... ou de lire, ou quoi que ce soit que vous pensez.

J : (regard appuyé)

L : D'accord, désolée, j'ai un petit peu écouté. Mais tu sais, tu ne devrais pas être nerveux !

J : Pourquoi ?

L : Parce que je le suis bien assez pour deux.

S : Oh, prenez-vous une chambre !

R : Patmol, ce n'est pas comme s'ils étaient en train de se rouler une pelle.

S : Ouais, mais les regards amoureux qu'ils se jettent l'un l'autre suffisent à me rendre malade !

R : Tu fais pareil avec Cath.

S : Retire ça !

J : C'est vrai, tu sais.

S : Où est partie la douce et tendre Lily ?

J : Après m'avoir assuré que les Trois Balais conviendraient parfaitement et que le salon de Madame Pieddodu était définitivement hors de question, elle est retournée à son travail.

R : La conscience est une des meilleures qualités que l'on puisse avoir.

S : Mais tu nous aimes quand même.

R : C'est vrai... mais d'une façon très virile et platonique.

J : Merci pour la clarification, Lunard.

S : Maintenant qu'on en a fini avec les 'problèmes' de Cornedrue, on n'a qu'à planifier notre grande farce.

J : Flitwick arrive !

R : Cache le parchemin.


Journal d'Occlumancie de Lily Evans :

Bon, alors je me suis finalement rendue à mon premier, grand et important rendez-vous avec James Potter. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était... intéressant. Enfin, si tu trouves que se faire attaquer par Voldemort et ses Mangemorts dans les rues de Pré-au-Lard est intéressant. Je devrais être en train de me reposer, Madame Pomfresh ferait une attaque si elle savait que je suis toujours debout, mais je suis sous la cape de James et elle ne peut pas voir la lumière de ma baguette. Mais du coup, elle ne peut pas me voir non plus... bon, je m'en inquiéterais quand le moment sera venu.

J'imagine que je ferais mieux de commencer par le début :

Samedi matin : Je me suis réveillée (non pas que j'aie particulièrement bien dormi étant donné que James était parti tenir compagnie à Sirius dans le dortoir des Maraudeurs), j'ai pris une douche, j'ai passé approximativement une heure et demie à choisir ce que j'allais porter, et je suis descendue dans la Grande Salle pour prendre mon petit-déjeuner. (Je vais passer au passé simple, maintenant – c'est plus facile pour mon pauvre petit cerveau épuisé).

J'ai vu que Cath s'était assise en bout de table et je suis allée la rejoindre.

"Salut," m'a dit Cath avec un petit sourire, "Comment tu te sens ?"

"Comme si les papillons dans mon estomac s'était multipliés par millions et essayent maintenant de s'échapper," j'ai répondu.

"Je vois. Eh bien, j'imagine que c'est le résultat de sept années étranges et d'un simple rendez-vous," sourit-elle, "Admets-le, Lils, tu as fini par céder et tu espères de toutes tes forces que ça valait toute cette attente. J'ai pas raison ?"

J'acquiesçai légèrement. A vrai dire, ce n'était pas le fait que le rendez-vous puisse mal se passer qui me rendait aussi nerveuse (puisque j'aime James de toute façon – vous savez, BEAUCOUP), mais j'avais peur qu'après tout ce temps passé à essayer de me faire sortir avec lui, je finisse par décevoir James. Comme si je ne répondais pas à ses attentes ou quelque chose du genre. Ce qui est ridicule – en tout cas c'est ce que Cath m'a dit – puisque apparemment, James m'aimera quel que soit le problème. Ce n'est pas que je sois dépendante de lui. Je ne suis même pas proche. C'est juste qu'il m'arrive d'apprécier sa compagnie, ses baisers, la sensation de sécurité qu'il me procure, la façon dont il me sourit et qui n'appartient qu'à nous, son sens de l'humour et... non !

Je m'écarte du sujet.

Retournons à notre histoire.

Alors Cath était en train de me rassurer et de me dire de ne pas m'inquiéter, quand Anna est arrivée en semblant un peu confuse.

"Je n'arrive pas à trouver Remus," dit-elle en se laissant tomber à côté de moi sur le banc, "La chambre des Maraudeurs est vide, ils ne sont pas dans la salle commune et maintenant ils ne sont même pas ici."

"Oh, ils ne t'ont rien dit ? Ils préparent une grande farce pour les Serpentards ce matin," dit Cath.

"Ouais, James a même dormi dans leur dortoir hier soir pour qu'ils puissent la faire," j'ai ajouté, sachant que Remus était le seul des quatre qui n'aurait pas été là de toute façon.

"Oh, d'accord. Je voulais juste prendre mon petit-déjeuner avec lui, c'est tout," dit Anna d'un air sombre, loin de son état d'esprit habituel et pétillant.

"Tu veux dire que tu voulais lui parler de Triscombe ?" demanda Cath. Triscombe et Flint ont été retrouvés la semaine dernière, errant dans l'Allée des Embrumes avec un air désorienté et n'ayant aucune idée de la façon dont laquelle ils s'étaient retrouvés là. Bien sûr, la rumeur disait que les Maraudeurs étaient impliqués dans cette affaire, mais étant donné que j'avais certifié que nous étions tous ensemble au moment de leur disparition, McGonagall n'avait rien pu prouver.

"Oui. Ça fait plusieurs semaines maintenant que je réfléchis à la meilleure façon de le faire. Il est temps qu'il sache la vérité. Mais quand je suis prête à la lui dire, il n'est même pas là !" cria t-elle en laissant échapper sa frustration.

"Ne t'inquiète pas. Je suis sûre qu'il va bientôt arriver," mentis-je. Maintenant que j'y repense, j'ai menti assez souvent, ces derniers temps. C'est sûrement ce qui arrive à une fille quand elle traîne quelque temps avec les Maraudeurs.

Après une assiette de toasts assez peu excitante et une conversation légèrement maladroite avec Cath et Anna, les trois Maraudeurs sont arrivés dans la Grande Salle, semblant exceptionnellement fatigués et épuisés. J'ai souri à James de l'autre côté de la Grande Salle et il a essayé de me sourire en retour, mais il n'a réussi qu'à grimacer. Il avait une large entaille sur la joue. Merlin seul sait comment il s'est fait ça, mais je soupçonne l'implication des Serpentards car les bras de Sirius étaient également recouverts de petites coupures. Ils semblaient tous les deux assez meurtris, même si Peter était en bien meilleur état (sauf si on prend en compte la fatigue).

"J'en déduis que la farce contre Serpentard a échoué ?" demanda Cath, les coins de sa bouche tressaillant en un petit sourire narquois.

"On ne devrait pas en parler," dit Sirius sur un ton distant, tout en s'asseyant en face de nous. James et Peter l'imitèrent.

"James, qu'est-ce qui est arrivé à ton visage ?" demandai-je doucement.

"Des Serpentards," répondit-il en évitant mes yeux (je pense qu'il y a quelque chose dont il ne m'a pas parlé, mais je ne vais pas insister).

"Où est Remus ?" demanda Cath.

"A l'infirmerie. Je lui ai accidentellement donné une fiole de Potion de Sommeil à la place du Felix Felicis – tu sais, la potion de chance, pour notre farce – alors il est en train de dormir là-bas," répondit Sirius. J'ai trouvé cette explication un peu tirée par les cheveux, mais peut-être que c'est juste parce que je sais que Remus est à l'infirmerie à cause de sa lycanthropie.

"Alors, vous êtes prêts pour votre rendez-vous, les deux tourtereaux ?" demanda Anna, en tentant, je pense, de s'empêcher de penser à l'absence de Remus. James recracha immédiatement tout son jus de citrouille. J'ai trouvé ça très drôle. Inutile de le dire, son visage est devenu rouge brique, et on aurait dit qu'il voulait à tout prix pouvoir disparaître. Dommage, il avait laissé sa cape en haut.

"Je pense que Cornedrue est juste un tout petit peu nerveux, tu ne crois pas, Cath ?"

"Je dois admettre que tu as parfaitement raison, Sirius. Mais il n'y a rien dont il doive s'inquiéter, n'est-ce pas, Lils ?"

"Chuuut, baisse la voix ou tout le monde va t'entendre !" j'ai murmuré, mais c'était trop tard.

"Mesdames et Messieurs les élèves et les professeurs de Poudlard," hurla Sirius en se levant sur son banc, "Il est de mon devoir de vous informer qu'aujourd'hui, après une éternité, Lily 'Préfète-en-Chef' Evans a accepté un rendez-vous de la part de l'infâme James 'Le Maraudeur' Potter ! Nous leur souhaitons le meilleur pour cette heureuse journée et espérons qu'après sept années de préparation il n'y ait pas de déception !" Il s'est ensuite évertué à encourager les applaudissements. Je jure que je n'avais jamais été aussi embarrassée de toute ma vie. Heureusement, James l'était tout autant (je pense que c'était surtout parce que c'était son idée d'y aller doucement). En fait, on aurait qu'il voulait étrangler Sirius ici et maintenant.

"Patmol, je peux savoir ce que tu es en train de faire ?" dit-il en criant presque, les yeux écarquillés.

"Désolé mon petit Cornedrue, mais les gens ont le droit d'être mis au courant. En plus, ils vous auraient vus tous les deux à Pré-au-Lard de toute façon toute à l'heure, et tu n'as pas envie de cacher pour toujours la fille de tes rêves, si ?"

Le reste de la troupe s'était écroulée de rire en voyant que leurs deux amis étaient si embarrassés, alors je décidai qu'il valait mieux laisser tomber. J'ai attrapé James par la main et l'ai fait sortir de la Grande Salle, ralentissant une minute pour qu'il puisse attraper quelques toasts au passage.

"Lily, qu'est-ce que tu fais ?" me demanda t-il une fois arrivés dans le Hall d'entrée.

"J'en avais juste marre d'être sous les projecteurs," répondis-je, bien que ce soit principalement parce que j'avais envie de passer du temps seule-à-seul avec James dès que possible. Quand je réalisai ceci, cependant, je lâchai précipitamment sa main.

"Alors, est-ce que tu veux... je ne sais pas, euh, qu'on commence tout ce truc de 'rendez-vous' ?" demandai-je maladroitement.

"Bien sûr," sourit-il, "Tu es prête ?" J'acquiesçai.

"Très bien. Attends-moi là, je reviens tout de suite," et il partit en courant. Un quart d'heure plus tard, nous étions en route pour Pré-au-Lard, nous tenant les mains dans le vent cinglant de l'hiver.

"Alors ton anniversaire est en Mars ?"

"Ouaip," répondit James, "Et le tien est dans une semaine." J'éclatai de rire tandis qu'il s'excusait pour se comporter comme un obsédé, et il sourit joyeusement en s'apercevant que je n'étais pas énervée par son excentricité. Maintenant que j'y repense, je n'arrive pas vraiment à me rappeler de chaque petit détail de la journée – ça a été en quelque sorte éclipsé par ce qui s'est passé l'après-midi, en fait.


Lily et James avaient passé les premières heures à se promener dans Pré-au-Lard. Très franchement, le village n'était plus aussi l'excitant qu'il l'avait un jour été, mais il leur suffisait d'être en compagnie de l'autre. En visitant la boutique de farces et attrapes de Zonko, Scribenpenne, le magasin d'Accessoires de Quidditch, la Poste et autres diverses échoppes, tout en faisant de temps à autre des pauses pour s'embrasser (ou pour des séances de bécotage intensif, comme ça pouvait être le cas), Lily et James s'aperçurent qu'il y avait très peu, sinon aucun, de silences embarrassants entre eux. Vers midi, ils décidèrent d'aller déjeuner aux Trois-Balais. James insista pour payer, même si Lily était pour partager l'addition, car il se sentait coupable de l'avoir traînée si longtemps dans le Magasin d'Accessoires de Quidditch.

"Mais qu'est-ce que tu veux pour ton anniversaire, alors ?" persista James tandis que Lily sirotait sa Bièraubeurre.

"Oh, je ne sais pas. Une nouvelle plume," répondit Lily de manière évasive.

"Non, sérieusement, Lily. Je voudrais te donner quelque chose de spécial," gémit-il en faisant la moue. Lily gloussa.

"J'ai déjà tout ce dont j'ai besoin."

"Et ce que tu voudrais ?"

"Ça aussi, je l'ai," sourit-elle effrontément.

"Lily, tu veux bien être ma petite-amie ?" demanda James brusquement.

"Bien sûr," répondit aussitôt Lily.

"Vraiment ?" reprit James, comme s'il ne pouvait pas croire à sa chance, "Je voulais dire, officiellement, par contre. Plus de secrets et tout ça."

"Eh bien, je savais que ce rendez-vous faisait de moi ta petite-amie de toute façon. Et puis, ça commence à faire un petit moment qu'on est ensemble, maintenant."

"Oh, c'est parfait, parce que c'est ce que je pensais aussi. Je voulais juste... je ne sais pas, euh... vérifier, ou quelque chose comme ça ?"

"Tu es vraiment étonnamment mal à l'aise avec ce genre de chose," remarqua Lily, penchant sa tête sur le côté.

"Eh bien, c'est juste – je ne sais pas si tu es consciente de ça, Lily, mais ça fait une éternité que je t'aime ! Enfin, ça fait combien, quatre ans, que je te demande de sortir avec moi. Et maintenant, on est ensemble. J'ai juste trouvé qu'il valait mieux être absolument sûr." Lily se pencha par-dessus la petite table, et combla la distance entre eux tandis qu'elle posait tendrement ses lèvres sur les siennes. Il se pencha à son tour en avant, plaçant doucement une main derrière la tête de Lily pour approfondir le baiser. Ce fut court mais doux.

"Juste pour que tu sois sûr," dit Lily en souriant.

"Je ne suis pas entièrement convaincu," marmonna James tout en la rapprochant pour un nouveau baiser. Elle sourit contre sa bouche, se sentant complètement en sécurité entre ses bras. Cette sécurité ne dura pas longtemps.

"Qu'est-ce que c'était ?" demanda Lily en s'éloignant rapidement de James, alors qu'elle sentait le sol sous leurs pieds trembler légèrement.

"Je ne sais pas," répondit-il avec un air sérieux. Fronçant les sourcils, il se tourna vers la porte du pub. D'autre clients étaient en train de faire de même. Alors que James se levait de son siège, un autre tremblement secoua l'imposante bâtisse. Les gens commençaient à paniquer, et il y eut une soudaine poussée vers la porte.

"Lily, il faut qu'on sorte d'ici," dit James en attrapant sa main et en la faisant se lever. Puis des hurlements déchirèrent l'air, et il y eut un énorme bruit. On aurait dit que la porte venait d'être fendue en deux.

"Par là," cria immédiatement Lily, entraînant le jeune homme vers le fond du pub et dans les toilettes des filles. James la suivit, baguette à la main, et tout en surveillant derrière lui, juste au cas où. Lily se précipita hors des toilettes grâce à la sortie d'urgence qui se trouvait au fond; James et elle se retrouvèrent dans une petite rue étroite derrière les boutiques. Lily regarda autour d'elle frénétiquement, sa baguette également sortie, et ses cheveux roux volant dans tous les sens dans le vent qui s'était soudainement levé.

"Lily, regarde !" hurla James, indiquant le bout de la venelle, où une foule de sorciers en robe noire et avec des masques étaient en train de jeter des sorts dans toutes les directions. Heureusement, ils ne se rapprochaient pas des deux adolescents, mais descendaient plutôt la rue principale.

"Des Mangemorts," murmura Lily, ses yeux verts écarquillés de peur.

"Lily, retourne au château. Alerte Dumbledore. Il faut que je ramène les autres," ordonna James, tout en commençant à sortir du passage.

"Attends ! Tu as besoin de mon aide, il faut qu'on reste ensemble !" l'interpella Lily.

"Je ne veux pas que tu sois blessée, surtout pour notre premier rendez-vous !" cria James en laissant échapper sa frustration.

"James, laisse-moi t'aider. Tu ne peux pas y arriver tout seul. Les autres préfets nous aideront aussi, ne t'inquiète pas." Et sur ce, Lily envoya son patronus au château avec un message pour Dumbledore.

"Très bien, alors allons-y."

Pataugeant dans la neige restante, le couple rejoignit la rue principale pour se retrouver devant un chaos indescriptible. Sur la droite de Lily, des Mangemorts avaient réussi à faire exploser plusieurs boutiques, qui étaient maintenant à moitié en ruines, fumant et s'écroulant. A la gauche de James, se tenait un groupe de six Mangemorts, qui jetaient des sortilèges dans toutes les directions. L'un d'entre eux avait fait léviter des élèves et les faisait tourner à toute allure dans les airs.

"Stupéfix !" rugit James, envoyant un sortilège rouge vif sur le Mangemort incriminé. "Lévicorpus !" cria Lily vers les étudiants, juste avant qu'ils ne heurtent le sol. Elle fit descendre la fille qui tremblait comme une feuille, juste à temps pour éviter un malfécie qui avait été jeté dans sa direction.

"Reste en dehors de ça, Sang-de-Bourbe, et tu ne seras pas blessée !" cria une voix familière venant de derrière un masque.

"Petrificus Tota-"

"Silencio !" et Lily fut incapable de terminer son sortilège.

"Maintenant, Evans, tu vas recevoir ce que tu mérites," dit la voix qui faisait froid dans le dos, "Endol-"

"Protego !" fit la voix de Sirius surgissant de nulle part, et Lily fut projetée au sol par la force du sortilège qui avait été dévié. Alors qu'elle luttait pour se remettre debout (ses jambes tentant de résister à un maléfice de Jambencoton), elle s'aperçut que Sirius, Cath, Anna, et un Lupin à l'air fatigué avaient rejoint la bataille. Chacun d'eux combattait son propre Mangemort. Les autres habitants de Pré-au-Lard semblaient possédés par la peur et s'enfuyaient. Même les gérants des boutiques avaient déjà disparu. Lily vit un visage familier passer en trombe devant elle. C'était Marlene McKinnon, la préfète de Serdaigle en sixième année.

"Marlene, ramène tous les élèves à Poudlard !" hurla Lily. La jolie fille cria une réponse positive tout en continuant à courir, dirigeant des enfants vers l'école. Puis le coeur de Lily s'arrêta presque de battre – elle venait de remarquer que James n'était nulle part en vue. Elle se releva avec précipitation, et regarda autour d'elle frénétiquement. Ce fut à cet instant qu'elle entendit les voix.

"Oh, allez Bella, tu peux faire mieux que ça !" Lily se précipita de l'autre côté d'un bâtiment, esquivant les maléfices, pour tomber sur son nouveau petit-ami qui combattait férocement un Mangemort masqué aux longs cheveux bruns.

"Tu es trop arrogant Potter ! Le Seigneur des Ténèbres s'occupera de toi, tout comme il s'est occupé de ta mère ignorante et de ta soeur," le railla son opposant. Lily inspira bruyamment quand elle s'aperçut que James était en train de se battre contre la cousine de Sirius. Malheureusement pour elle, Bellatrix entendit la brusque goulée d'air, et jeta aussitôt un maléfice éblouissant dans sa direction. Lily ne l'évita que de quelques centimètres, roulant sur le sol d'où elle pointa sa baguette sur Bellatrix.

"Black, détourne ta baguette de ma petite-amie, ou je jure par Merlin que je te tuerai," grogna James. Mais Bellatrix ne détourna pas son attention.

"La sale petite Sang-de-Bourbe est-elle effrayée ? Cette jolie petite tête rousse a t-elle fait des cauchemars ? Quand tu es toute seule et que tu n'as personne pour te sauver ?"

"De quoi tu parles, Bella ?" demanda Lily, toujours accroupie sur le sol, prête à bondir.

"Oh, le Seigneur des Ténèbres a des plans pour toi," répondit-elle froidement, et Lily put sentir qu'elle souriait de manière démente derrière son masque, "Pour toi, pour ton petit-ami, et pour ta famille-"

"Stupéfix !" cria à nouveau James, et Bella tomba au sol. Lily resta là où elle était, tremblant des pieds à la tête, tandis que James se précipitait sur elle.

"Ne l'écoute pas – elle essayait juste de te faire peur. Ça va aller. Je suis là," dit-il doucement, la serrant étroitement contre lui. Lily se surprit elle-même en ne sentant pas ses larmes couler, et elle s'éloigna au bout d'une minute, "On devrait retourner là-bas pour aider." Ils laissèrent le corps de Bella derrière eux (après coup, ils reconnurent qu'ils auraient dû lui jeter un maléfice d'Entrave), et retournèrent dans la rue. Mais il n'y avait plus personne. La marque des Ténèbres flottait au-dessus de trois ou quatre boutiques, et Lily frissonna involontairement.

"Où sont-ils passés ?" murmura James, la baguette tendue.

"Je ne sais pas, mais je crois vraiment qu'on devrait retourner au château maintenant, James," supplia Lily.

"Mais et Patmol et Lunard ?"

"Ils doivent déjà être là-bas. Dmbledore est sûrement quelque part par ici," suggéra Lily avec espoir, tournant la tête pour chercher leur directeur.

"D'accord, allons-y," dit James en attrapant sa main. Ils n'avaient fait que quelques pas quand, "Impedimenta !"

Lily et James tombèrent en avant, heurtant le sol dur et dénué de neige dans un bruit mat. Lily sentit le poignet de la main avec laquelle elle tenait sa baguette se briser lorqu'elle tomba sur le sol.

"Alors, vous pensiez pouvoir me stupéfixer, n'est-ce pas ? MOI ! Bellatrix Lestrange, la servante la plus loyale et dévouée du Seigneur des Ténèbres. Ça ressemble tellement à un Potter de faire ça," continua la même voix traînante.

"J'aurais dû lui lancer un sortilège d'entrave," murmura James avec amertume.

"Qu'est-ce que tu as dit, traître à ton sang ?" demanda Bellatrix.

"Rien, oh puissante Sang-Pur," dit James sarcastiquement, roulant de côté pour lui faire face, "Juste que-"

"Expelliarmus !" cria Bella, "Au cas où."

"Ce n'est pas poli d'interrompre les gens quand ils sont en train de parler, Bella, ou est-ce que ta Sang-Pur de mère consanguine ne te l'a pas appris ?" reprit James avec colère.

"Pour avoir dit ça, Potter, tu vas voir souffrir ta sale sang-de-Bourbe de petite-amie," dit-elle avec un sourire sadique, "Endoloris !"

Lily eut l'impression qu'une centaine de couteaux chauffés à blanc pénétraient son corps. Elle hurla et se tordit de douleur. James sentit des lames aiguisées le transpercer quand il entendit ce bruit. Il plongea sur Bellatrix en criant. Bien que le sortilège ait été rompu, elle conserva une main ferme sur sa baguette, sans parler de celles de James et Lily. Cette dernière resta immobile, haletante, et sanglotant légèrement sur le sol. James tenta d'arracher sa baguette à Bellatrix, mais elle le projeta sur le sol d'un mouvement de poignet.

"Bien, bien. Il semblerait que le chouchou de Dumbledore veut y goûter aussi, Endoloris !" cria t-elle à nouveau, et James se mordit la lèvre en attendant la douleur. Mais elle ne vint jamais. Lily avait réussi à faucher les jambes de Bellatrix (ce qui était plutôt un exploit, si on considérait qu'elle venait juste d'endurer le sort du Doloris), et était maintenant en train de lutter violemment contre elle. James se dépêcha d'aller aider sa petite-amie, mais se fit à nouveau projeter contre un mur, Lily à ses côtés. Ils semblaient accrochés aux ruines par des pinces invisibles. James regarda Lily; remarquant la terreur pure dans ses yeux, il réussit à chuchoter "Ça va aller."

"Tu as fait un bon travail, Bella, la Sang-de-Bourbe et le fils de l'auror. Lord Voldemort te félicite," dit une voix hautaine et glacée. James détourna les yeux de ceux de Lily, et plongea son regard dans les yeux éteints du Seigneur des Ténèbres. Il sentit que Lily tremblait à côté de lui, et attrapa sa main discrètement. La serrant étroitement dans la sienne, il pensa qu'il ferait tout pour la protéger, et si cela voulait dire gagner du temps jusqu'à ce que Dumbledore arrive, eh bien il était d'accord.

"Alors voici le puissant Seigneur des Ténèbres dont nous avons tant entendu parler," dit James avec ironie, "Comment ça va, Voldie ?" Derrière Voldemort, Bellatrix sembla s'étrangler d'indignation, et James lui fit un petit sourire. Mais Voldemort parut rester absolument indifférent, un sourire maléfique déformant le coin de ses lèvres.

"Du courage et de l'esprit. Ce sont des traits de caractère que Lord Voldemort admire."

"Alors c'est dommage que je me soucie comme d'un Hippogriffe de ce que pense Vomi Voldie, n'est-ce pas ?" se moqua James.

"Tu te plais à faire le malin, Potter ? Et même, je pense, à te moquer intentionnellement. De l'obscurité."

"Etait-ce supposé me faire peur, oh grand ténébreux ? Parce que ça n'a pas marché," répondit James d'un air de défi, serrant encore plus fort la main de Lily.

"J'aime les personnes comme toi, James. Des Sang-Purs forts, intelligents, et courageux. C'est un tel gâchis que tu t'associes avec des gens comme ta petite-amie, là," déclara froidement Voldemort, et d'un mouvement de baguette il endormit Lily, sa main devenant molle dans celle de James. Ce dernier pâlit instantanément.

"Ne lui faites pas de mal," ordonna t-il, tentant désespérément de dissimuler la panique dans sa voix.

"Elle sera ta chute, Potter. Tu pourrais rejoindre mon côté – le bon côté – et te battre pour la pureté de la race sacrée des sorciers. Mais au lieu de cela, tu t'acoquines avec des horreurs dans son genre," il fit un geste vers Lily et une coupure apparut sur sa poitrine, "Et je m'aperçois que tu n'es pas assez digne."

"Alors pourquoi continuez-vous à me parler ?" demanda James avec colère.

"Je voulais simplement savoir si tu as une dernière volonté ?"

"Très bien. Laissez Lily tranquille."

"Tu me déçois, Potter. Comme Dumbledore, tu crois en l'amour par-dessus tout. Mais de quelle manière l'amour pourrait-il être capable de te sauver toi, ou ta précieuse Sang-de-Bourbe, à présent ?"

"Ce n'est pas parce que vous ne comprenez pas quelque chose que ce quelque chose n'est pas puissant ou n'existe pas," rétorqua James, sans tenir compte du fait qu'il était en train de défier sorcier le plus maléfique de tous les temps, "Ce sera ta perte, Voldie. Rappelle-toi de mes mots," sourit-il.

"Je me fatigue de ton insolence. Il est dire de dire adieu, Potter." Voldemort leva sa baguette et James ferma les yeux, attrapant la main de Lily dans la sienne. Tout ce que James pouvait voir de derrière ses paupières était une terne lumière argentée. Il entendit le bruit d'un transplanage et un énorme bruit. Il y eut des cris non reconnaissables (James était bien trop occupé à se préparer à mourir pour y prêter vraiment attention), et soudain il sentit que les liens invisibles qui le retenaient lui et Lily avaient disparu, et ils tombèrent tous les deux sur le sol. Lily commença à bouger et James l'attira à lui pour l'enlacer dans une forte étreinte. Elle s'agrippa à lui comme si sa vie en dépendait.

"Ahem," fit un petit bruit derrière eux. James se retourna brusquement (sans moyen de défense puisque sa baguette était toujours dans sa poche arrière depuis qu'il l'avait reprise à Bella), pour plonger dans les yeux bleus pétillants et inquiets du professeur Dumbledore.

"Qu'est-ce- qu'est-ce qui s'est passé, monsieur ?" croassa James, refermant son étreinte sur Lily. Elle ne sembla pas s'en offusquer.

"Voldemort est parti. Pour l'instant. Mais il faut que nous retournions au château à présent. Vous et Miss Evans avez besoin de soins médicaux et d'un peu de repos."

"Où sont Sirius et Remus ?" demanda précipitamment James, se rappelant qu'il n'avait pas revu ses amis depuis le duel.

"Ils ont été emmenés à l'infirmerie pendant votre absence. Contre leur volonté, devrais-je ajouter. Mais Poppy était intraitable."

"Alors il y avait des gens ici pendant que Lily et moi on se battait contre Bellatrix ?"

"Non, ils ont été ramenés par un sortilège très puissant durant la bataille. Malheureusement, il n'a pas réussi à vous emporter vous aussi. Mais j'avais besoin de voir Tom – Voldemort," précisa t-il devant l'expression perdue de James, "Ça n'avait que trop tardé."

"Professeur, pouvons-nous y aller, maintenant ?" demanda Lily, parlant pour la première fois, "C'est juste que je ne me sens pas très bien." Elle baissa brièvement les yeux vers l'entaille sur sa poitrine et poussa un faible 'oh' avant de s'évanouir dans les bras de James. Dumbledore fit apparaître deux civières, "Allons, James, retournons au château."


Suite du Journal d'Occlumancie de Lily :

Alors je n'arrive pas vraiment à me rappeler de tout ce qui est arrivé.

Je sais que quand j'ai vu James qui se battait contre Bellatrix, mon coeur a presque fait un bond hors de ma poitrine, j'étais si inquiète. Elle a une telle réputation. Elle était en septième année l'année dernière, et elle gagnait souvent les duels illégaux dans les couloirs. Elle est vraiment maléfique, celle-là. Et, d'après ce que je sais, elle est amoureuse de Voldemort (bien que Sirius nous ait dit qu'elle s'est mariée avec Rodolphus Lestrange il y a quelques mois).

Et j'ai donc vu Voldemort pour la première fois. C'était effrayant. Etre face à face avec l'homme qui a tué autant de gens, et orchestré la mort de nombreux proches. C'est de sa faute si le père de Cath est mort. C'est de sa faute si la mère et la soeur de James ont disparu. Il est l'origine de tout le mal et doit être arrêté !

Dès que je quitterai Poudlard j'essayerais d'aider le combat contre Voldemort, de quelque manière que ce soit. Peu importe ce que je devrai sacrifier.

James a été si fort et courageux – j'aurais aimé agir un peu plus comme lui. Il a simplement défié Voldemort comme s'il s'agissait de n'importe quel Serpentard – lui riant ouvertement au visage. Ce n'est pas étonnant que je me sente toujours en sécurité à ses côtés ! Il faut que je sois plus forte. Merlin sait que je peux être tenace – zut ! j'ai supporté les Maraudeurs pendant sept ans ! Il faut que je le prouve. La prochaine fois que je verrai Voldemort (puisqu'il y aura une prochaine fois), je me ferais un point d'honneur de lui résister – de le défier de la même façon que James l'a fait.

Je suis si fière de lui. Admirative aussi, peut-être.

Il est dans le lit à côté de moi; je crois qu'il dort, mais je ne peux pas en être sûre. Madame Pomfresh a tiré tous les rideaux autour de son lit, donc je ne peux pas le voir. Je me demande s'il est en train de réfléchir à ce qui s'est passé.

Je repensais à ce que Bella a dit : 'La sale petite Sang-de-Bourbe est-elle effrayée ? Cette jolie petite tête rousse a t-elle fait des cauchemars ? Quand tu es toute seule et que tu n'as personne pour venir te sauver ? Le Seigneur des Ténèbres a des plans pour toi, pour ton petit-ami et pour ta famille...'

De quoi est-ce qu'elle parlait ?

Je ne veux pas la laisser m'atteindre – c'est exactement ce qu'elle voudrait – mais elle est proche de Voldemort, elle saurait...

Mais comment pourrait-elle avoir eu connaissance de mes cauchemars – ce n'était apparemment qu'une supposition chanceuse. Ils sont récurrents, par contre. Celaui que j'ai fait à Halloween est revenu au moins sept fois durant les trois derniers mois. C'est affreux. Je me réveille toujours horrifiée, maculée de sueur, et en train de pleurer. Et la plupart du temps, James est à ma porte pour me demander si ça va aller. Je ne veux pas l'inquiéter avec cette histoire, mais je pense maintenant que je devrais peut-être lui dire. Juste pour qu'il sache. Non que je pense qu'ils veuillent dire quoi que ce soit. Les rêves ne sont que des rêves, pas vrai ?


Mon cher Papa,

Eh bien, j'ai finalement réussi à sortir avec Lily Evans. Je sais, je sais, tu n'as jamais pensé que ça puisse arriver, mais elle a fini par céder au bon vieux charme Potter.

Dans les autres nouvelles, pendant que nous étions à notre premier rendez-vous à Pré-au-Lard, il y a eu une attaque de Mangemorts et Lily et moi avons été menacés par Voldemort lui-même. Tu as probablement appris les détails dans La Gazette ou par Dumbledore, concernant Lils et moi, mais j'ai pensé que tu pourrais aussi vouloir l'apprendre de la bouche de ton fils. Et que tu serais fier. J'ai continué à lui parler, de la manière dont tu m'as appris à le faire quand est sans baguette. Et je l'ai même frotté dans le mauvais sens du poil. Imagine ça – ton fils parlant avec insolence au plus noir sorcier de tous les temps. J'en rigole encore rien qu'à y penser. Le problème est que j'ai peur que Voldemort puisse avoir une sorte de grief personnel maintenant. Il a déjà pris Maman et Alex, s'il te plaît sois prudent – je ne veux pas qu'il te prenne toi aussi.

Vous devez être surchargés au Ministère avec toutes ces attaques ces jours-ci – c'est effrayant de savoir qu'elles se passent en plein jour, maintenant – mais dès que tu auras une minute de temps libre, viens me voir au château ou j'irais moi-même. J'ai envie de te voir, Papa, ça commence à faire longtemps. Et je veux que tu rencontres Lily, aussi. Elle est très importante. Mais ça, tu le sais déjà. Comment ne le pourrais-tu pas, après sept années passées à te parler d'elle !

Oh, avant que j'oublie, je pense que j'ai les noms de quelques Mangemorts qui nous ont attaqués ce week-end. Je ne le mets pas dans la lettre au cas où elle soit interceptée (bien que, si ça devait être le cas, je n'aurais pas dû écrire tout ce que j'ai écrit), je te le dirai la prochaine fois que je te verrai.

J'espère que tu vas bien, Papa, s'il te plait réponds-moi vite.

Avec tout mon amour,

Ton fils très courageux,

James


L'esprit d'Harry se figea sous le choc dû à tout ce qu'il venait de lire. Le premier rendez-vous de son père et de sa mère. Leur duel avec Bellatrix. Le courage de son père en face de Voldemort. Il s'assit simplement et se mit à fixer les documents jusqu'à ce qu'il entende le plancher grincer derrière lui. Il se tourna brusquement, la baguette brandie – à cause de ses récentes lectures, il était plus que légèrement sur le qui-vive. Il se détendit aussitôt en s'apercevant que c'était Ginny qui se tenait devant lui.

"J'ai reçu ton hibou," dit-elle doucement, s'asseyant à côté de lui, "Alors ce sont leurs notes ?"

"Ouais. Les journaux et les affaires de Papa et Maman. Et il y en a aussi quelques-unes qui appartenaient à Sirius et Remus."

"Je peux ?" demanda Ginny, indiquant la lettre qu'Harry tenait mollement dans la main. Il hocha la tête d'un air absent. Ginny parcourut la lettre. "Oh," fit-elle, toujours avec la même voix calme, et enroulant son bras autour d'Harry. Elle inclina sa tête sur son épaule, et il posa son menton sur le sommet de son crâne. Ça faisait du bien d'avoir quelqu'un pour le réconforter, pensa Harry. Sa mère et son père s'avaient mutuellement – même quand ils faisaient face à Voldemort et ses serviteurs Mangemorts, ils étaient forts car ils étaient ensemble. Et c'est ce que je ressens pour Ginny, comprit Harry. Et ce fut à ce moment-là qu'il sut qu'il voulait passer le reste de sa vie avec elle.

Ils restèrent confortablement assis dans cette position un moment, jusqu'à ce que la curiosité d'Harry reprenne le dessus et qu'il continue sa lecture, tandis que Ginny s'était proposée pour aller leur chercher quelque chose à manger.


"James ? Tu es réveillé ?" murmura Lily dans l'infirmerie. Il était probablement deux ou trois heures du matin, le dimanche ayant suivi l'attaque. Une tête couverte de cheveux bruns ébouriffés apparut à travers les rideaux et la fixa d'un regard trouble.

"Lils ?" demanda la voix confuse de James.

"Oh c'est bien, tu es réveillé."

"En tout cas, je le suis maintenant," grommela t-il légèrement.

"Désolée ! Mais est-ce qu'on peut... parler ?" demanda t-elle timidement.

"Bien sûr," bailla t-il, "Viens par là." Lily se leva et se faufila rapidement dans le lit de James. Protégée par les rideaux et un sortilège très puissant de silence, Lily commença à parler.

"Je voulais juste que tu saches que malgré les Mangemorts, Voldemort et cette fichue balafre écarlate sur ma poitrine, je conserve quand même un très bon souvenir de notre rendez-vous," dit-elle sérieusement.

"C'est vrai ?"

"Eh bien, jusqu'à l'attaque en tout cas. Je voulais juste te le di-" mais elle fut coupée par les lèvres de James qui s'écrasèrent une nouvelle fois sur les siennes. Le baiser fut doux et tendre, puisqu'ils se sentaient encore tous les deux marqués par les évènements des jours précédents, mais (aussi cliché que cela puisse paraître) ils se sentaient bien dans les bras l'un de l'autre.

"Et autre chose," reprit Lily après le baiser, "J'ai encore fait ces mauvais rêves." James la regarda avec inquiétude.

"Comme celui que tu as eu à Halloween ?" demanda t-il. Elle hocha la tête, brisant le contact visuel.

"Et maintenant c'est pire qu'avant parce que, et je ne veux pas sembler brûler les étapes ou quoi que ce soit, mais nous sommes un couple à présent. Donc ce n'est pas complètement irréaliste que nus soyons ensemble..." elle laissa sa phrase en suspens, rougissant.

"Lils, je doute fortement que nous nous marrions et ayions des enfants dans un proche futur," dit James doucement, "Dans quelques années, bien sûr que c'est possible, mais c'est dans une éternité. De plus, tu es la seule à faire ces cauchemars effrayants. Si ça nous arrivait à tous les deux, ça voudrait sûrement dire quelque chose, mais pour l'instant il n'y a que toi. Et je sais que c'est difficile, mais essaie de ne pas t'inquiéter."

Lily acquiesça.

"Et peut-être qu'on pourrait en parler à Dumbledore plus tard, non ?" Lily acquiesça à nouveau.

"James, je voulais juste que tu saches à quel point tu es génial," dit-elle en le regardant dans les yeux avec une telle sincérité que James sentit que son coeur explosait.

"Tu sais, il y a un an tu n'aurais pas dit ça de peur de renforcer mon égo sur-dimensionné," plaisanta t-il. Lily gloussa légèrement, "Ouais, enfin, il y a plein de choses qui étaient différentes à ce moment-là de l'année dernière." Ils soupirèrent tous les deux tristement devant les implications de ce que Lily avait dit.

"Mais sérieusement, James. Tu as été si courageux hier et je voulais te dire combien je t'admire."

"Merci, Lily. Tu n'as pas idée de la signification que ça a venant de ta part, pour moi. Et je t'admire aussi, plus que n'importe qui à part peut-être mon père ou Dumbledore, mais si j'essayais de t'expliquer pourquoi, on pourrait en avoir pour un bout de temps. Et on devrait probablement se reposer un peu," dit-il avec honnêteté. Lily sourit.

"Tu crois que Madame Pomfresh ne serait pas d'accord si je restais dans ton lit au lieu du mien ?" demanda t-elle.

"Bien sûr. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas le faire," sourit James à son tour, se tortillant pour laisser de la place à Lily.

"Et, James ?"

"Oui Lily ?"

"Ce n'est pas parce que nous sommes un couple maintenant..."

"Ouiiiiiii ?"

"Que tu peux te permettre de te coller à moi pendant qu'on dort, compris ?"

"Oui M'dame"

"Bonne nuit, James."

"Bonne nuit, Lily. Fais de beaux rêves."


Bon ben voilà, je pense que vous avez compris pourquoi ce chapitre a mis autant de temps à arriver (18 pages OpenOffice, quand même...). Bon, les habituelles précisions : la collection "Arlequin" est en fait la collection "Mills and Boons" en anglais (pour celles et ceux que ça intéresserait...), et à un moment je ne plus qui dit "Bonne idée, 99" : l'agent 99 est en fait le partenaire de Max Smart dans la série "Get Smart", je ne sais pas si vous connaissez, mais moi ce n'était pas mon cas.

Ah oui, et sinon, je voulais spécialement dédicacer ce chapitre à Maudinette, à laquelle je ne peux jamais répondre, mais qui laisse une review à chaque chapitre... Donc merci à toi, et merci aussi à tous les autres, même ceux qui lisent sans commenter !

Bon, happy fanficcing !