Coucou à vous tous, voici le nouveau chapitre et bonne lecture.
loloangedechu: merci à toi et bienvenue sur ma fic.
xxklarolineDelenaxx: bienvenue a toi . Très belle review, c'est très gentil et très touchant alors un grand merci et à bientôt, j'espère continuer à te satisfaire.
vipstef: je comprends ta réaction face au clash mais n'oublie pas que j'avais besoin de pousser fort. J'aime beaucoup Rebekah et non elle n'est pas méchante mais elle aussi peut se montrer dur par justement ce qu'elle a vécu. Klaus l'a vraiment fait souffrir mais elle l' aime énormément c'est d'ailleurs ce que signifiait ma phrase d'accroche.
AnonymeY: oui tu as raison, c'est un chapitre afin de mettre cartes sur table afin d'avancer. Bonne lecture a toi.
Elo69: merci, je suis très contente que tu as adoré. Et félicitations tu aies été la seule à me parler de la jalousie de la part de Rebekah envers Caroline qui a l'amour et la tendresse de son frère. Tu as très bien cerné, bravo ma belle.
Klaroline: Merci pour ta review et la confiance que tu me portes à voir si tu as eu raison de le faire mais je pense que la scène de fin va vraiment te plaire car c'est touchant et c'est pour ça que j'ai poussé à ce point pour arriver à ce but.
NessieBooevans: dsl que tu aimes pas trop le Kogellan enfin tant que tu aimes le klaroline ça va hihi car il est le couple principal. Tu as été touché par le fait que Rebekah parle d'henrick alors bonne lecture car il y a une surprise dedans.
Fanfic-Klaus-Caroline: Merci à toi voilà la suite que j'espère te plaira autant biz à bientôt.
Mayu87: Always and forever...ah intéressant tu lis dans mes pensées. C'est le titre de ce chapitre.
idontdeserveyou: bonne continuation afin de rattraper les autres chapitres.
Bokenzie: merci c'est gentil de me soutenir et de me dire de ne pas me décourager ça fait du bien car c'est tellement long à écrire à mettre en place que ça remonte le moral et redonne l'envie de poursuivre quand on a des avis merci.
Sabrina-visiteur: Alors contente que tu aies aimé. Alors pour ce qui concerne le fait que Klaus en loup protège Caro oui ça c'est possible et d'ailleurs prévu mais pas contre ses frères et sœur car du coup Caro ne risque rien avec les originels car les frères l'ont bien accueilli et Rebekah n'est pas une menace même si elle a poussé sa gueulante car Klaus compte pour elle et elle ne fera pas de mal à caro. biz et bonne lecture.
Odessa: que c'est gentil. ça fait du bien des messages comme ça. Alors je comprends que tu préfères Klaus bad et moins tendre. Moi j'aime bien son côté manipulateur, ses regards tordus car il me fait sourire à chaque fois( mimique quand il jette le violon dans TO *_*). Mais je l'aime bien aussi tendre. Pour moi Klaus est un peu "obligé" de s'adoucir car s'il est bien et heureux il n'a aucune raison d'être agressif par contre quand il se sent attaqué comme avec sa sœur il n'hésite pas à être dur. Il ne peut pas rester "méchant" tout le temps même s'il ne deviendra pas un ange non plus puisque Caro va grandir aussi. Voilou c'était mon petit point de vue mais je te comprends ne t'inquiètes pas et merci encore pour ta review. Cela fait du bien.
Mariin3: je suis très contente que tu adores toujours les moments Klaroline que j'écris et que tu retrouves cette alchimie. Voilà la suite. biz
Lilihammer56: Alors premièrement vas te chercher une boiîte de mouchoirs avant de lire ce chapitre, lol si j'arrive à te mettre les larmes aux yeux je serais comblée. Ta review formidable! une bouffée d'oxygène. Oui Elijah a montré une notre facette et cela va continuer dans ce chapitre et tu as très bien vu où je voulais en venir sur le fait que lui aussi à des émotions et où je veux mener Klaus en même temps le pauvre n'a pas fini de se ronger les ongles avec ce que je lui prévois et il ne peut aller que dans ce sens à mon avis car quel intérêt d'être méchant si on est bien!. Notre Caroline va lui faire exploser toutes ses contradictions en pleine figure même si une des choses ne sera pas volontaire mais dont caro sera ravie...Mais qu'est ce que c'est dit donc...chut!
Analissa:Oui Bekah n'a pas vraiment bien réagi mais quand on souffre on réfléchit pas toujours et on attaque où ça fait mal mais bon c'était pas pour rien et tu vas comprendre pourquoi. Oui Elijah est en colère en même temps c'est compréhensible, lui aussi à des sentiments et il donne sans cesse quitte à se priver pour maintenir sa famille qui elle se détruit. voilà la suite.
Mel023 : ravie que tu as aimé le clash. voilà la suite.
Lolochou: continue de sourire en lisant mes chapitres, je suis comblée.
Chapitre 29-
Always and Forever
...
"Les grandes douleurs amènent les grands changements.
Si tu n'es pas prêt à changer c'est que tu n'as pas assez souffert."
Pov Klaus
Le seul son perceptible est celui de mes pattes qui font trembler le sol dans ma course folle. Il faut que toute cette frustration s'évacue. Je n'ai pas d'autre choix. Le loup me calme ou a contrario accentue ma rage, je ne sais plus trop finalement. Tout est si différent sous cette forme, le monde n'a plus la même vision à travers ses yeux mordorés.
Je continue de courir, revoyant sans cesse l'image de mes deux frères essayant en vain de me retenir. Personne n'est de toute façon en mesure de m'arrêter. Je suis le méchant de l'histoire, que croyaient-ils ?
Je suis passé par la fenêtre, brisant la vitre en un nombre incalculable de petits morceaux sous leurs yeux ébahis.
Depuis, je cours encore et encore dans la peau de mon loup, mes muscles fournissant un effort intense. Peu importe le lieu et le risque d'être perçu par les humains. Ma raison m'a abandonnée, seule ma colère mélangée à de la souffrance est en train de me maltraiter.
Un jeune couple, bras dessus-dessous, m'interpelle et vient stopper le rythme ma course. Leur bonheur attise ma fureur tel un feu ardent qui ne peut s'empêcher de s'étendre toujours davantage.
Suis-je le seul à ne pouvoir y gouter ?
Je pensais qu'enfin on m'offrait cette chance. C'était pourtant bien parti en me plaçant un petit ange sur ma route. Un ange qui a ensuite désiré de son plein gré de croire en moi, d'illuminer une partie de mon existence bien sombre.
Désormais, je vais tout balayer, tel un raz de marée gigantesque venant emporter tout sur son passage.
Elle partira en prenant conscience du monstre que je suis, de cette bête que je n'arrive pas à contrôler, un animal qui se laisse seulement guider par ses démons et toutes ces pulsions meurtrières. C'est ce que je suis, c'est ainsi qu'ils me perçoivent tous, autant en être digne.
On m'a fait mal, je me dois d'en faire aussi.
Le charmant petit couple instinctivement se retourne dans ma direction. Face à la créature que je suis, ils restent figés et déglutissent difficilement.
Mes oreilles ne cessent de sursauter, je sens leurs pulsations cardiaques qui s'amplifient, propulsant de plus en plus vite le sang dans leurs veines. Cela attise la bête, le prédateur sanguinaire que je suis.
Ma mâchoire se crispe, puis un grognement menaçant s'échappe, mes crocs se dévoilent à eux.
L'homme paniqué attrape plus fortement la main de sa compagne puis l'incite à prendre la fuite sur-le-champ.
Tous deux courent à en perdre haleine dans cette ruelle assombrie, leurs doigts joints, priant sans doute leur bonne étoile pour qu'ils puissent s'en sortir vivants.
Attention au contenu sensible , très jeunes lecteurs,
vous êtes prévenus!
Je suis responsable certes de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez !
Il est peut-être préférable de sauter ce passage.
J'avance d'un pas puis un second. Mes coussinets me démangent, les nerfs tressautent dans mes cuisses jusqu'à ce que je ne puisse plus tenir.
Je m'élance d'un grognement profond. Leurs hurlements de terreur attisent mes instincts les plus obscurs.
Débutant à pas de loup, je prends vite une allure rythmée puis bondis en premier sur l'homme. Sous mon poids, ce dernier s'écrase au sol sans la moindre difficulté, son visage heurtant le bitume. Mes canines viennent taillader la chair de son dos, l'arrachant par filets. Une quantité importante de son sang gicle sur mon museau, ses cris d'agonie me bercent bien qu'ils commencent sérieusement à se tarir.
La femme rugit son désespoir. Tenant encore la main de son amant dont le corps s'est raidi et la retient prisonnière, l'obligeant par la même occasion à assister à la scène macabre tel un spectateur.
Elle tire toujours plus fortement, cherchant à se libérer, en vain. Lorsque mes crocs en viennent à briser les os du membre supérieur de son compagnon, elle tombe les fesses en arrière, puis observe les yeux écarquillés le bras de son conjoint pendouillant au bout du sien.
Après tout, c'est bien ce qu'elle voulait ? Se retrouver libre ?
Ses piaillements incessants vont finir par alerter chaque habitant de la Louisiane, ils me rendent fou.
Mon regard ambré la suit en train de courir pour sa survie, désormais plus intéressée par sa vie que pour celui qui vient de perdre la sienne et qui pourtant à première vue, semblait si important.
Stupide petite humaine égoïste.
Je délaisse la dépouille sous mes pattes secouant la fourrure maculée de sang afin d'en chasser quelques gouttes superflues puis me lance à sa suite lui octroyant la même fin.
Lecture libre
pour tous .
Bien qu'il serait préférable que je m'éloigne, je n'en fais rien, et assis confortablement sur mon arrière-train, je laisse ma langue énergique tenter de nettoyer ma fourrure de tout ce liquide poisseux qui l'encombre. Ma queue panachée remue, fouettant simplement l'asphalte malgré la désolation de ce qui m'entoure.
Mon instinct vif, conscient d'un mouvement, attire mon attention. Un bruit rythmé et pourtant à la fois mal assuré fait sursauter mes oreilles. La silhouette de ma sœur se dessine dans l'obscurité, balayant de son regard, la scène morbide dont je suis l'unique responsable.
Des larmes semblent avoir creusé ses fossettes alors qu'elle ancre ses yeux azur dans les miens. Mon loup se redresse, plaquant ses oreilles en arrière, retroussant les babines sans pour autant en échapper le moindre grognement.
Elijah ne lui avait-il pas ordonné de s'en aller loin ? De se mettre à l'abri de moi ? Que vient-elle donc faire ici ?
Rebekah et moi restons une poignée de minutes ainsi, bloqués l'un avec l'autre avant que je ne brise moi-même cette connexion pour m'éloigner.
Ma colère n'est pas passée ni la douleur dans mes entrailles, mais ma traque et le goût du sang a apaisé le démon.
Ma truffe se tend, une odeur particulière est présente. Ce n'est pas la première fois que j'y fais face et pourtant je n'arrive pas à l'identifier. Chacun de mes sens est en alerte. J'ignore depuis combien de temps, mais je sais que je suis épié.
Un mouvement rapide ne cesse de me tourner autour et m'agace. Une rangée de poils se dresse sur mon dos tel un félin qui cherche à se donner davantage de volume. Mes muscles sont bandés et prêts à l'attaque.
Sans m'en rendre compte, une masse se jette sur moi et m'emporte avec elle sans que je puisse lutter.
Mon corps entier heurte l'humus. Je me redresse sur mes pattes, mon regard balaye la végétation du bayou de la Nouvelle-Orléans. Au loin, une chouette hulule, un écureuil saute de branche en branche faisant tomber sa noisette au sol dans la précipitation.
On m'a projeté ici, à l'extérieur de la ville bien loin des regards humains.
Bien que cela pourrait être l'acte d'Elijah, ce n'était pas son odeur et pourtant l'auteur de tout ceci s'est contenté de m'emmener ici.
L'air frais de la nature vient emplir mes narines et c'est une sensation agréable, bien plus appréciable que tous les effluves variés que l'on retrouve dans les rues.
Je continue ma route, parcourant de nombreux kilomètres. J'ignore où je vais, mais mon loup semble connaitre le chemin à emprunter.
Pov Caroline
Je n'aime pas me sentir aussi inutile alors que je me retrouve assise sur le canapé vintage à broyer du noir. Cela fait bien trop longtemps que je suis là, perdant la notion du temps.
Elijah m'a formellement interdit de me jeter à la poursuite de Klaus. Il craint pour ma sécurité bien même que j'ai tenté de lui expliquer que le lien d'Alpha que nous partageons l'empêcherait de me faire du mal, il a été catégorique. C'est d'ailleurs la première fois que j'ai vu ses traits se durcir d'une façon qu'il m'était inconnu jusqu'à maintenant. Étant sans aucun doute, plus stable, le plus réfléchi de la fratrie, il n'en reste pas moins un Mikaelson, l'un des vampires originels les plus craints de l'histoire et il vient de le prouver.
Pourtant, je sais que je peux aider mon originel. J'en ai plus qu'assez qu'on me catalogue pour un bébé vampire, une simple pièce rapportée incapable de me mêler à leur univers. Je ne suis pas fragile !
Mes yeux lorgnent la fenêtre brisée dont le rideau danse au rythme de la petite brise du soir.
Ma décision est prise.
Au diable les recommandations du célèbre Elijah Mikaelson.
J'enjambe la fenêtre et quitte le manoir à l'abri des regards. Par chance, mon originel ne s'est pas complètement fermé puisque j'arrive encore à percevoir notre lien tel un long fil tiré qui va me permettre de le pister.
Je suis dans l'incapacité d'évaluer le nombre de pas que j'ai franchis, mais le décor qui m'entoure s'est considérablement transformé. Loin de toute l'affluence de Bourbon Street, des effluves de Gumbo et des airs de jazz, règne ici une puissance quiétude. Peut-être un peu trop ou alors c'est que je me suis bien trop habituée à l'agitation de la Nouvelle-Orléans.
La nuit est bien tombée tandis que je me faufile à travers les chênes d'un pas si léger que même sous mon poids, les brindilles sur le sol ne craquent pas.
Tout semble figé, si étrange. Une atmosphère un peu spéciale m'enveloppe. Je tourne sur moi-même, consciente que l'endroit ne m'est en rien inconnu, bien au contraire, je connais cette forêt. C'est celle qui longe ma petite ville natale du nom de Mystic Falls. Je n'ai pourtant pas marché autant pour me retrouver en Caroline du Nord, quelque chose cloche.
Un grognement résonne au loin et me fige sur place. Instinctivement, mes yeux cherchent à m'assurer du cycle lunaire. Un cercle plein illumine la nuit étoilée.
Ce n'est pas le moment de la pleine lune, mais elle est bien là, juste au-dessus de ma tête.
- Niklaus, Niklaus !
Une voix inconnue, bien que lointaine, me fait sursauter.
Les sourcils froncés, je cherche à l'identifier. Elle semble bien trop enfantine pour être celle d'Elijah ou bien de Rebekah.
Pourtant qui d'autre que ses frères et sœurs n'appelle mon originel par son nom complet ?
- Hey oh ? Y a quelqu'un ? demandé-je peu rassurée.
Du mouvement attire mon attention, suivi de grognements plus profonds.
- Klaus ? C'est toi ?
Mes pas s'approchent du buisson en agitation permanente comme si à l'intérieur, une chose volumineuse ne pouvait s'empêcher de le remuer à chacun de ses mouvements.
- Klaus c'est moi, Caroline.
Des crocs blancs apparaissent dans le feuillage suivi de la tête d'un canidé. Le souffle coupé, j'observe l'imposante créature qui émerge sous mes yeux. Non seulement il est énorme, bien plus que peut l'être le loup de Klaus, mais sa couleur d'un noir de jais, le rend bien plus inquiétant.
Étant la compagne de l'un des siens, techniquement je ne risque pas grand-chose. Il devrait sentir l'odeur de l'un de ses semblables sur moi, mais on n'est pas censé être la pleine lune et il ne semble pas très amical.
Ses grondements sont de plus en plus intenses, ses pattes avant tremblent d'excitation, il est temps pour moi de déguerpir, et en vitesse.
Je prends la fuite, le loup noir sur mes talons, incapable de ne pas ressentir ce sentiment de peur. Connaitre les lieux, me facilite la tâche et pourtant je n'arrive pas à le semer. Je l'entraine vers l'ancien domaine des Lockwood espérant se servir de la cave souterraine pour me mettre en sécurité ou alors l'enfermer à l'intérieur.
Malgré ma certitude de l'emplacement, l'endroit est désert.
Que se passe-t-il ?
Par chance, le loup noir qui me poursuivait a lui aussi disparu du sillage.
Je reviens sur mes pas tout en ayant l'impression d'être au point de départ. Tout est redevenu calme, les appels d'un supposé enfant ne résonnent plus non plus.
Mon regard balaye les environs alors que l'angoisse trouve de plus en plus son chemin en moi. Mes ballerines toujours silencieuses finissent par heurter quelque chose.
J'ai arpenté ce même chemin quelques minutes plus tôt, il n'y avait rien. Désormais, un nombre incalculable de corps humains mutilés gisent à mes pieds et l'odeur infecte qui s'en dégage donne des hauts de cœur. La scène est effroyable, la barbarie avec laquelle ils ont eu à faire est impardonnable.
Comment peut-on faire quelque chose d'aussi monstrueux ?
Alors que je cherche à m'éloigner de cette scène, une épaule nue sur l'une des dépouilles m'interpelle. Un triangle isocèle semblable à celui de Klaus est gravé et après vérification, ils sembleraient que tous possèdent cette même marque d'appartenance. Celle des loups originels. Sans doute ont-ils été tués pour cette raison.
Les grognements de l'animal noir se font entendre dans mon dos. Il vient d'apparaitre à nouveau. Sans plus attendre, je file à ma vitesse surnaturelle jusqu'à ce que je trébuche et m'écrase au sol. En voulant me redresser, ma main se pose sur quelque chose d'aussi froid que la glace. Deux yeux ouverts, démunis de toutes traces de vie me fixent. Je hurle à plein poumon en constatant qu'il s'agit d'un enfant, une dizaine d'années dont le ventre est mutilé.
Cette fois, je n'en peux plus ! Tout ça, tout ce à quoi j'assiste est trop dur. J'aurais dû écouter l'ainé des Mikaelson. J'ai eu tort de partir ici, seule, me croyant assez forte pour arranger les choses et le retrouver. Ses scènes macabres ne cessent d'envahir mes pensées et me rendent folle. Je suis terrifiée et la présence du loup noir qui me fait à nouveau face n'est pas là pour me rassurer.
- Mais qu'est-ce que tu me veux ? crié-je à bout de nerfs.
Ce dernier s'élance les crocs exposés tandis que je prends la fuite. Je déboule le ravin et tombe à plat ventre, mon corps désormais boueux glisse. Deux pattes blanches apparaissent sous mon nez. Avec soulagement, mes yeux se redressent sur l'alter ego de Klaus.
- Tu es là !
Sa présence à mes côtés me rassure tellement.
J'empoigne son encolure et me redresse, sous le regard pesant du canidé noir sur les hauteurs qui se met à détaler le sentier puis se jette sur mon originel.
Les deux animaux se battent sans la moindre pitié, cherchant à planter leurs crocs dans la jugulaire de l'autre. Malgré la musculature de son adversaire, mon originel ne se démonte pas et riposte. Les jappements de mon loup me font réagir, il faut que je trouve un moyen de lui venir en aide. Mon regard balaye le sol à la recherche de tout ce qui pourra être en mesure de m'aider jusqu'à ce que je distingue un poignard perdu au milieu d'un tas de feuilles mortes.
Je m'en saisis, observe le travail du manche puis retourne à eux. Klaus dans sa forme animale est couché au sol, sans le moindre mouvement, le loup noir au-dessus de lui.
Je cours dans leur direction, mon arme à la main. Au son de mes pas, le canidé redresse son unique œil vers moi puis se dématérialise subitement comme s'il n'avait jamais été présent un seul instant.
Rien n'a de sens, tout me perturbe.
J'avance jusqu'à mon originel toujours dans la même position. Du sang est mélangé à sa fourrure, il est blessé mais encore conscient.
- Je vais te ramener à la maison, tenté de le rassurer tout en glissant ma main entre ses deux oreilles qui se plaquent en arrière sous mes caresses.
- Tu crois que tu peux te lever ?
Ses yeux d'or m'observent un moment comme s'il cherchait à assimiler chacun de mes mots puis veut se redresser, en vain.
Il va falloir improviser, car au vu de sa taille imposante, je ne vais pas pouvoir le porter, je me décide donc à le tirer par la peau du cou dont il n'a de cesse de me montrer son mécontentement.
- Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à te lever ! râlé-je. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je fais ce que je peux, tu as choisi un bébé vampire comme femelle Alpha, à toi d'assumer !
Je le traine sur de nombreux kilomètres, mais le décor reste toujours le même. J'ai l'impression de me trouver dans une boucle infernale.
Je m'octroie une petite pause et en profite pour en regarder l'étendue de ses blessures qui n'ont pas commencé à cicatriser.
Une brindille qui craque attire mon attention. Par chance, le poignard dans ma poche ne s'est pas évaporé.
Je me lève et m'apprête à saluer notre visiteur, mon arme à la main. Après tout, je peux le faire.
Mon dos se repose contre le tronc d'un puissant chêne puis je cherche à frapper.
Une prise forte vient me retenir par le poignet, m'empêchant de porter le coup fatal.
- Bah alors, tu as une drôle de façon d'accueillir tes amis !
- Stefan !
Je suis si soulagée de ne plus avoir à affronter tout ceci seul et de me retrouver face à mon meilleur ami.
- Il se passe quelque chose d'anormal ici.
- Sans vouloir t'offenser Caroline, c'est le quotidien dans nos vies.
Il cherche à faire de l'humour et me décroche un sourire. Il n'a pas tort.
- Il faut que tu me rendes un service.
J'attrape sa main pour le conduire à mon originel.
- Caroline, mais qu'est-ce que... as-tu vu la taille de ce loup ?
- Je sais... tu dois m'aider à le porter !
- J'espère que tu plaisantes !
- C'est Klaus, il ne te fera rien, il faut qu'on le sorte de là. Il est blessé et il ne guérit pas.
Mon ami, les mains sur les hanches m'observe un moment comme s'il désirait s'assurer que je suis bel et bien sérieuse.
Alors qu'il défait la ceinture de son jean tout en fronçant les sourcils, je lui demande :
- Je peux savoir ce que tu fais ?
- Simple précaution, me répond-il tout en s'en servant comme muselière.
Stefan regarde avec attention les blessures de mon originel et quelque chose dans son visage ne me dit rien qui vaille.
- Allez sortons le vite d'ici, poursuit mon ami, en le soulevant à bout de bras.
Nous marchons un certain temps, mais une fois encore nous revenons sans cesse au même endroit. Je suis épuisée aussi bien physiquement que mentalement.
- Qu'est-ce qui se passe Stefan ?
- Je n'en sais rien, mais il faut que je fasse une pause, m'avoue mon ami en reposant Klaus au sol.
À nouveau, il observe les blessures profondes et le manque de réactivité du canidé. Je suis dépitée et pour ne pas montrer mon angoisse je détourne mon attention sur les arbres qui s'étendent à perte de vue.
- Il était perdu de toute façon ! résonne la voix de mon meilleur ami m'incitant à tourner la tête dans sa direction.
Un cri vient se répercuter dans la forêt, ce cri, c'est le mien. Stefan tient dans sa main, le cœur encore chaud de l'homme que j'aime sous mes yeux écarquillés.
Face à l'horreur dans laquelle je suis plongée, mes cris se sont transformés en véritables hurlements. Le cœur de l'homme à qui j'avais offert le mien se trouve dans la main de celui que je considérais être mon meilleur ami.
— Mais qu'est-ce que tu as fait ? hurlé-je à plein poumon, la colère venant se mêler au chagrin.
Je me jette au corps de mon originel toujours sous sa forme lycanthrope. Mes doigts tremblent alors qu'ils se posent sur la fourrure souillée par tout ce liquide rougeâtre qui s'échappe du trou béant de sa poitrine.
Un sentiment d'une haine profonde vient s'emparer de mon être. Je n'ai jamais toléré ce genre d'émotion, elle n'a jamais guidé ma vie, mais aujourd'hui je réalise que chaque étape a le pouvoir de nous faire emprunter des chemins que nous n'aurions jamais envisagés.
Mon regard ravagé par les larmes se pose sur Stefan, ce dernier esquisse un sourire avant de formuler d'un ton dépourvu d'émotions :
— On dirait bien que finalement, tu aies réussi à faire la paix avec tes plus sombres désirs.
À sa phrase, mes sourcils se froncent. Hormis son apparence, il ne ressemble en rien à mon ami.
— Caroline, Caroline, résonne une voix féminine dans ma tête.
D'un bond, je me redresse et manque de chuter du canapé.
Mon regard balaye le salon du manoir avant de se poser sur le visage soucieux de la sorcière rivé sur moi.
— Est-ce que ça va ?
— C'est quoi tout ce tapage ? apparait Kol
— Caroline était seulement en train de faire un mauvais rêve, j'ai trouvé judicieux de l'en sortir.
— Un cauchemar ? répété-je, mes pulsations cardiaques battant la chamade.
— Je crois qu'à force de fixer mon pendule, tu as fini par t'endormir.
— C'était atroce ! Klaus, on lui avait... arraché le cœur.
— Si tu veux mon avis, au vu de l'humeur massacrante où il est plongé, c'est plutôt lui qui a dû en extirper une certaine quantité.
— Kol ! le réprimande Magellan
— Quoi ? De toute façon, il ne faut pas se leurrer, sa folie va se trouver à la une des journaux.
J'ignore ses remarques et porte mon attention sur la lune qui a déjà cédé le relais au soleil.
Pour le moment, ce n'est pas les atrocités qu'il a pu commettre qui m'intéressent, mais bien l'état dans lequel il se trouve. Tout ce que je désire c'est qu'il me revienne.
— Vous croyez qu'Elijah l'a repéré ?
— Je l'ignore, nous n'avons pas de nouvelles de lui, m'avoue la sorcière.
— Soit, en crainte LOVE, poursuit Kol, cherchant à imiter son frère. Si quelqu'un peut le calmer, c'est bien notre ainé.
— Il dit aussi Sweetheart ! termine Magellan avec un rictus.
— Cela fait bien longtemps qu'il ne m'a pas appelé par l'un de ses deux surnoms !
— Parce que toi, chère Caroline, tu as gravi une étape bien plus haute !
À l'aveu de la sorcière, j'esquisse un sourire. Finalement, mon Originel n'est pas si complexe, il suffit de s'y attarder, d'essayer de le comprendre. Je sais qu'un beau jour, j'arriverai à chasser ses ténèbres et que l'homme qui en ressortira sera un être exceptionnel dont je serai fière.
La porte d'entrée claque avec fracas et nous fait sursauter. Dans les secondes qui suivent, l'ainé des Mikaelson pénètre le salon. Il balance sa veste de costume sur l'une des chaises, arrache ses boutons de manchette comme s'il ne supportait plus cette tenue irréprochable qui est d'habitude la sienne.
À chacun de ses gestes, il est resté silencieux et ne nous a offert à aucun moment le moindre regard. Ses traits parlent pour lui, il parait encore plus en colère qu'il ne l'était lorsqu'il est parti à la recherche de Klaus.
— Tu ne l'as pas trouvé ? lui demande son frère.
— Non ! dit-il d'une voix ferme. Je l'ai cherché partout, j'ai passé au peigne fin chaque recoin de la Nouvelle-Orléans, j'ai même été dans le Bayou, articule-t-il tout en malmenant sa cravate et de se l'arracher. C'est comme s'il s'était... évaporé. As-tu réussi à le localiser ?
— Mon pendule est resté inanimé, lui répond Magellan
Le vampire Originel se pince l'arête du nez, dépité.
— Moi je l'ai vu ! résonne la voix de Rebekah attirant subitement l'attention sur son entrée.
— Est-ce qu'il allait bien ? ne puis-je m'empêché de lui demander.
La blonde se retourne sur moi. Son regard qu'elle m'offre me fait froid dans le dos. Je sais que nous n'avons jamais été amies, mais je n'avais pas le souvenir qu'elle puisse me haïr à ce point.
— Comme un charme, termine-t-elle. Je n'en dirais pas tant du couple qui a eu la malchance de le croiser par contre.
Pov Elijah
J'écoute ma sœur. Je sais rien qu'à regarder son visage, qu'elle est rongée par la culpabilité. Elle et Niklaus ont toujours eu une relation fusionnelle. Peu importe ce qu'ils se font subir, ils se pardonnent incessamment.
— Au moins, sa vendetta contre notre sœur va l'attirer, tu vois Elijah, tu n'avais pas besoin d'aller barboter dans les marécages finalement, tu aurais pu épargner de salir tes beaux souliers, se moque Kol.
Je lève les yeux au ciel.
— Il n'en avait pas après moi ! Je me suis retrouvée face à lui et il est parti de son côté.
— Dans quelle direction ?
— Aucune idée, j'ai voulu le suivre, mais j'ai perdu sa trace.
L'espoir de me mener sur une piste vient de s'envoler brutalement.
Les ignorant tous, un poids sur mon cœur me comprime. J'ai l'impression d'échouer, d'essuyer un échec à rassembler ma famille. C'est pourtant mon rôle à jouer. À quoi bon, si j'échoue lamentablement.
Je m'enferme dans le bureau et me sers un verre de bourbon.
— Vous avez une force intérieure tellement grande qu'on oublie parfois que vous aussi, vous pouvez craquer.
Je me retourne face à la jeune femme blonde que je n'ai même pas entendu frapper.
J'observe son joli minois, sa chevelure d'or et de toute cette aura lumineuse qui la suit où qu'elle aille. Je ne suis pas si surpris qu'elle ait pu taper dans l'œil de mon frère. Il a vu en elle, la lumière que même le monstre en elle n'a pas été capable d'entrainer dans ses vices.
— Je suis parti pour le trouver, pourtant, cela me terrifie de tomber face à lui, lui avoué-je sans vraiment savoir pourquoi.
— Vous n'êtes pas le seul à le craindre, ses réactions sont souvent excessives.
J'esquisse un sourire.
— Je n'ai pas peur de mon frère de cette façon !
— Mais vous venez de dire que... je suis désolé... je n'ai pas compris !
— Et je ne vous en blâme pas. Notre relation est bien trop compliquée et pour en saisir le sens, il faut en connaitre chaque événement. La vérité Caroline, c'est que j'aime mon frère profondément.
Mon aveu lui décroche un large sourire.
—...Mais je ne sais plus comment agir avec lui. Il m'échappe totalement. J'ai vu l'homme qu'il était se transformer en quelqu'un d'autre et sur lequel je n'ai pu le moindre pouvoir.
— Vous en avez plus que quiconque Elijah. Certes, il n'aime pas qu'on lui guide sa conduite, mais il vous écoute toujours d'une oreille. Je pense qu'au bout du compte, il vous admire, beaucoup. Sans vous, il serait perdu.
Je le serais tout autant sans lui !
— J'ignore à quel moment ce fossé s'est creusé entre vous deux, mais il est toujours temps de le combler, poursuit-elle. Surtout lorsqu'on se trouve être des vampires immortels, extrêmement difficiles à anéantir.
Sa remarque m'a décroché un sourire.
— Le soir où Niklaus a muté sous nos yeux, révélant l'adultère de notre mère au grand jour, notre père, fou de rage m'a ordonné de lui prêter main-forte à l'attacher, n'y arrivant pas seul. C'était la première fois de ma vie, que mon petit frère m'a supplié de lui venir en aide, révélé-je, ma voix chamboulée par les souvenirs. Je ne l'ai pas fait ! terminé-je honteux.
POV Caroline
Les aveux d'Elijah me fendent le cœur et en même temps j'ai l'impression de ressentir toute sa souffrance. Son regret d'avoir à l'époque, fait le mauvais choix.
Après un léger coup à la porte, Magellan entre à son tour dans le bureau :
— Et s'il avait quitté la Nouvelle-Orléans !
— Et pour aller où ?
Je fronce les sourcils.
— Vous songez à quelque chose, Caroline ?
— Non, c'est juste que je repensais à mon cauchemar.
— De quoi parlait-il ? m'interroge Magellan.
— Peu importe, rien n'avait de véritable sens au bout du compte.
— Je n'en suis pas si sûre. Tu es lié à lui d'une façon que nous ne pouvons comprendre.
— Il a fait taire notre lien, Magellan, j'ai beau essayer de vouloir me connecter à lui, rien ne se passe !
— Raconte-le-nous quand même.
— Très bien, j'ai commencé par entendre une voix qui l'appelait puis un loup noir a surgi et m'a poursuivi. J'ai voulu le semer dans l'ancien domaine des Lockwood, mais c'était comme s'il n'avait jamais été construit. Puis je suis tombé le corps sans vie d'un enfant puis sur un tas de cadavres qui portait le même triangle que Klaus possède sur l'épaule...
— Les loups que Mikael a tués lorsqu'il a appris l'infidélité d'Esther.
— Il semblerait bien ! avoue Elijah
— J'étais dans ses souvenirs ?
— Continue Caroline, m'encourage la sorcière.
— Klaus est apparu, ils se sont battus. J'ai trouvé un poignard, mais lorsque je suis retourné à eux, le loup noir ne possédait plus qu'un œil, bien que je suis sûre qu'il avait les deux au dép...
Maintenant, toute la brume dans mon esprit se dissipe. Comment ai-je pu ne pas faire le rapprochement ?
Le loup originel à la robe aussi sombre que la nuit est l'animal responsable de la mort de leur plus jeune frère. Le poignard est celui que Klaus a planté dans son œil. Je ne maîtrise pas tout de leur passé, mais cette partie de l'histoire, je la connais de la bouche même de mon originel.
— Tout est lié à Henrick ! enchaine Rebekah à ma place.
La sorcière étale une plus grande carte et attrape son pendule. J'observe le petit objet s'agiter pour venir enfin se stabiliser.
— Il est bien à Mystic Falls ! nous informe-t-elle.
— On y va ! réplique immédiatement Elijah.
Alors qu'on se dirige tous ensemble vers la sortie, Kol ouvre la porte.
La présence d'un homme inconnu sur le perron, nous fige. Il est impossible pour nous, d'ignorer son corps fatigué, mais qui autrefois se devait d'être bien massif. Ses yeux sont expressifs d'un joli bleu lagon captivant. Bien même, que ses traits sont ravagés par le temps, il devait être bel homme.
— Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, grand-père, tu déranges ! raille Kol en se postant face à lui.
Le vieillard l'observe, penche la tête sur le côté puis d'un mouvement rapide brise la nuque du plus jeune Mikaelson sous nos yeux.
— Toujours aussi arrogant, celui-là !
Bien qu'il semble conscient à qui il fait face, il ne semble à aucun moment inquiet et encore moins avoir lutter pour mettre Kol à terre.
— Comment osez-vous, vous en prendre à ma famille ? tonne la voix menaçante d'Elijah.
— C'est vous qui n'êtes visiblement pas conscients de ce que provoquent vos stupides querelles. Un millénaire ne vous a pas suffi apparemment.
— Qui êtes-vous ?
— Son loup commence de plus en plus à se manifester et les actes de ton frère m'impliquent directement. Je ne vais pas pouvoir passer mon temps à nettoyer les dégâts qu'il laisse sur son chemin, je n'en ai ni la force ni le temps. Cela fait un moment que je vous observe et je peux dire que vous ne serez pas assez puissants pour ce qui vous attend. Pas tant que vous ne serez pas unis les uns avec les autres. Tu es le pilier de cette famille Elijah. C'est à toi de faire en sorte qu'il se conduise correctement ou alors c'est moi qui le ferais.
— Que ferez-vous à Niklaus ? demande la voix inquiète de l'ainé.
— Je ne peux prendre le risque que son loup soit démasqué, tiens ton frère en place et unis ta famille afin d'éviter que cela dérape encore une fois ou alors je me devrais contraint de l'emmener.
— Je ne vous laisserais pas me l'enlever, pas tant que je foulerais cette terre, il faudra me tuer d'abord.
— Je ne voudrais pas en arriver à une telle extrémité, mais si je n'ai pas d'autre choix Elijah... je le ferais ! le prévient-il avant de sortir une pipe et de s'en aller.
— La pipe ! m'exclamais-je choquée, c'est l'homme que Klaus a déjà rencontré et qui l'a blessé à l'épaule.
À ma phrase, je lis toute l'inquiétude sur le visage de l'ainé.
— Il faut qu'on le retrouve je ne le laisserais pas toucher à un cheveu de Niklaus. Est-ce que je peux compter sur toi où tu vas encore ruminer sur tout ce que tu as perdu ? demande-t-il à Rebekah.
— Je ne laisserais personne nous prendre Nik, Elijah. Pour toujours et à jamais, n'est-ce pas notre devise ?
— Rendez-vous à Mystic Falls, nous dit la sorcière. J'ai quelque chose à faire, je vous y rejoins.
Sans attendre les originels, j'attrape les clefs du bolide d'Elijah, m'engouffre à l'intérieur du véhicule et fais chanter le moteur. Il est temps de retourner à notre ville d'origine.
Pov Klaus
Au-dessus de ma tête, une palette de couleurs saupoudre le ciel de ses tons chauds. Le jour a remplacé la nuit et le nombre d'heures qui s'est ecoulé m'est inconnu. Allongé à même l'humus, je me dois de cohabiter avec la poussière qui cherche à élire domicile sur ma truffe humide. La faune a beau être présente, je suis complètement amorphe à tout ce qui m'entoure. La colère est passée, seule la douleur reste ancrée en moi tel un parasite envahissant.
— Klaus !
À cet appel, ma lourde tête se redresse avec délicatesse. Ce timbre c'est celui de Caroline, je le reconnaitrais entre mille. Sa présence ici me prouve de son ignorance face à mes péchés récents. Elle ne serait pas là sinon.
Qui resterait au côté d'un homme instable, paranoïaque et sans aucun doute, sociopathe ?
La preuve, je n'ai que faire de ce jeune couple que j'ai massacré. J'en avais besoin. Il fallait que je fasse autant de mal que celui qui me rongeait. Mes seuls regrets se trouvent être mon échec à être celui qu'elle mérite. Malgré ma volonté de désirer m'améliorer. Quoi que je fasse, mes démons sur le qui-vive, attendent toujours le moment opportun pour tout terrasser.
Ils aspirent tous à mon changement. Aucun d'eux ne comprend que ma rédemption est sans espoir.
— Oh ! Te voilà ! résonne sa voix innocente.
Ses pas se font approchants, ses ballerines foulant un tas de brindilles et d'écorces. Les petites secousses lorsqu'elle s'agenouille à mes côtés viennent retentir dans mes coussinets et sa main fine et délicate se perd dans mon pelage autrefois bicolore. Ses caresses se font de plus en plus intenses et quand elle accentue ses gestes entre mes deux oreilles, j'ai bien du mal à retenir la béatitude de mon loup. Ce dernier m'oblige à m'étendre de tout mon long, quémandant sans aucun doute d'autres gratouilles.
Stupide créature qui m'impose ses décisions et qui visiblement ne prend pas la peine de réfléchir. Désormais dans cette position, ma fourrure souillée par un mélange de terre collée à tout ce sang qui la recouvre est exposée à ses yeux.
Lorsque Caroline en prend conscience, elle a un mouvement de recul. Je comprends sa réaction. Après tout, elle est mon petit ange dont le vampirisme n'aura pas réussi à salir. J'aurais aimé qu'il en soit de même me concernant, malheureusement pour toi, pour nous... c'est loin d'être le cas.
— Ne fais pas ça ! me dit-elle. Ne me repousse pas comme tu cherches à le faire maintenant.
Mes iris mordorées se posent sur son visage inquiet qui passe au dégout lorsqu'elle constate la couleur de ses paumes. Mine de rien, elle tâche de les essuyer avec quelques feuilles mortes à sa portée. Ma douce Caroline et sa maniaquerie, c'est une grande histoire.
— Quoi ? s'époumone-t-elle. J'avoue que tu es dégoutant, mais peu importe, l'essentiel c'est que tu vas bien.
Sa phrase m'interpelle, mais je ne la relève pas. Mon esprit est bien trop embrumé pour chercher à l'analyser. Si elle trouve que j'ai l'air d'aller bien alors qu'il en soit ainsi.
Une nouvelle fois, mes oreilles viennent s'agiter. Nous ne sommes plus seuls. Je me redresse avec vivacité, les muscles de mes pattes déjà bandés, prêts à l'attaque.
Rebekah et mes frères apparaissent dans notre champ de vision.
— Désolé d'avoir pris votre voiture et d'être partie de mon côté, s'excuse mon ange.
— Aucun souci, répond Elijah tout en effectuant un geste balayé de la main.
— Je suis désolée Nik, enchaine la voix de ma sœur. Te parler d'Henrick était vraiment stupide. Je... je n'ai pas réfléchi. Tout ce que je voulais sur le moment était de te punir pour m'avoir, une fois de plus, fait du mal.
Le problème dans cette famille c'est que lorsque notre douleur devient ingérable, nous nous devons d'en faire autant. Je fonctionne exactement de cette façon.
— Ta tentative pour te racheter est lamentable, très chère sœur. Oublierais-tu que ce n'est pas Nik, mais Elijah qui excelle dans l'art du pardon ? claque la voix désintéressée de Kol. Mon petit doigt me dit que vous n'êtes pas prêts de converser comme si de rien n'était autour d'une bonne tasse de thé.
Pov Caroline
Après qu'Elijah lui a donné de quoi se vêtir, mon originel a repris sa forme humaine. Alors qu'il me tourne le dos, terminant d'attacher son pantalon, mes bras viennent enlacer sa taille. Là encore, il ne réagit pas à mon geste. J'ai l'impression désagréable de faire face à un fossé qu'il a lui-même creusé entre nous. Je déteste cette sensation. Je déteste lorsqu'il se met volontairement à l'écart comme s'il était parfaitement hermétique à tout ce qu'il entoure, y compris moi.
Face à son manque d'intérêt, je me retire n'ignorant pas le pincement que sa réaction provoque dans ma poitrine. Ayant sans doute deviné ma frustration, il se retourne sur moi, m'attire à lui et me dépose un chaste baiser sur le front.
C'est peu, mais je vais m'en contenter pour l'instant, c'est déjà plus que ce qu'il accorde à sa famille.
— Je t'ai dit que j'étais désolée ! lui cri sa sœur en le voyant s'en aller sous une chappe de plomb.
— Et je ne suis pas sourd Rebekah.
— Alors c'est tout ? On est tout de même venu te chercher jusqu'ici !
— Je ne vous ai pas demandé de le faire.
— Pendant des siècles, nous avons pardonné tes nombreuses trahisons, mais lorsqu'il s'agit de ton tour, tu n'es pas en mesure de le faire ! J'ai fait une erreur et je la regrette. Nik..., lâche-t-elle dans un soupir. Je ne suis pas parfaite moi non plus, je suis tout aussi impulsive que mon grand frère.
Klaus l'observe attentivement, ses traits finissent d'eux-mêmes par s'adoucir comme s'il lui était impossible de tenir longtemps devant sa mine de chiot battu.
Je ne suis d'ailleurs pas la seule à le remarquer au vu du sourire en coin de leur frère ainé qui visiblement salue le stratagème efficace de leur sœur.
Pas besoin de mot, l'amour qu'il se porte est palpable à des kilomètres à la ronde.
— Je préfère vous voir ainsi !
Chaque Mikaelson se fige instantanément comme si chacun d'entre eux venait de subir un choc. Alors que je me retourne dans la même direction que les originels, mon regard se pose sur un petit garçon aux cheveux mi-longs habillé dans une petite chemise blanche trop grande pour lui.
Je sais exactement qui il est, c'est le même garçon que dans mon rêve.
— Henrick !
— Comment est-ce possible ? questionne Rebekah, la voix tout aussi décontenancée que celle de l'hybride.
Elle a beau tirer sur la veste d'Elijah, l'ainé reste silencieux, figé, clairement en état de choc.
— Où es-tu Niklaus ? demande le petit garçon.
— Je suis là !
— Je ne te vois pas ! Où est mon frère ?
Face aux mots d'Henrick, l'hybride originel, tombe genoux au sol. Il vient de comprendre l'allusion de son petit frère disparu.
Il n'est plus l'homme qu'il a connu. Les douleurs amenèrent les grands changements, c'est bien connu. Les siennes ont fait ce qu'il est aujourd'hui.
— Je suis tellement désolé ! résonne la voix anéantie de Klaus
— Pour quelles raisons ?
— Je suis arrivé trop tard ! Je n'ai pas réussi à te sauver !
— Tu n'aurais rien pu faire contre lui ! Tu n'étais pas encore l'hybride sanguinaire dont tout le monde parle ! Tu t'es perdu en chemin Niklaus. Ne te laisse pas envahir par la haine. Ceux qui te croient incapable d'aimer ne te connaissent pas vraiment, tu n'as jamais cessé de le faire. Je t'aime mon frère ! lance Henrick avant de se jeter dans ses bras.
— Moi aussi... je t'aime !
Tout comme pour mon originel, les larmes viennent perler mes joues. L'enfant s'échappe de la prise de Klaus pour étreindre chacun de ses frères et sœur. L'atmosphère autour de nous est lourde, suffocante. L'amour que se voue cette famille est absolument inconditionnel.
— Caroline ! m'appelle Henrick
Je m'avance vers lui. Une fois à sa hauteur, ses petits doigts viennent jouer avec le collier de perles que Klaus m'a donné et qui ne quitte jamais mon cou.
— Je savais qu'elle serait tienne ! dit-il à l'attention de Klaus. Dès qu'elle t'a vu la première fois, son cœur a fait un bond !
— Non c'est faux ! je me défends immédiatement. J'ai seulement été impressionné de mettre un visage sur un nom qui nous hantait depuis un moment.
Tous explosent dans un rire.
Je me souviendrais à jamais de la première fois où je l'ai vu. Sa voix, son accent avait su capter toute l'attention dès qu'il avait pénétré dans la salle de science de mon ancien lycée pour terminer la transition de Tyler. C'est à ce moment précis que j'ai pu mettre un visage sur notre nouvel ennemi. Je me rappelle avoir été surprise m'attendant à des traits bien plus féroces.
— Je jure que c'est vrai ! essayé-je de me montrer convaincante.
Mon regard s'attarde sur mon originel qui m'observe et j'ai bien du mal à retenir le rougissement de mes pommettes. Il semble satisfait de cette révélation.
— Prends soin de lui, Caroline !
— Compte là-dessus !
— Pour toujours et à jamais ? termine-t-il en étendant ses deux bras à l'horizontale, invitant ses frères et sœur à en faire de même.
L'ainé est le premier à prendre la main du jeune garçon. Kol celle d'Elijah puis vient au tour de leur sœur. Mon originel est le dernier à fermer la boucle, ses doigts dans ceux d'Henrick et les autres dans ceux de Rebekah.
D'un coup de vent, l'enfant a disparu et Klaus se retrouve la main liée à celle de son frère ainé. Tous les deux se regardent un instant en s'en rendant compte.
Mes yeux dérivent sur Magellan, un grand sourire aux lèvres. Tour à tour, l'attention des Mikaelson se pose sur elle, chacun prend conscience du cadeau qu'elle vient de leur offrir.
Pov Klaus
Je suis le premier à rompre le cercle pour rejoindre Magellan. Je ne la remercierai jamais assez pour ce qu'elle vient de faire. C'était inespéré !
— Ne me remercie pas, c'est tout à fait normal ! Et puis tu sais que je ne peux utiliser la magie noire alors on peut dire que j'ai eu un bon coup de main pour le faire apparaitre de cette façon.
À son aveu, mes sourcils se froncent jusqu'à ce que je finisse par découvrir Sophie Devereau à quelques pas.
— J'imagine que je t'en dois une.
— Tu es d'accord pour m'aider alors ? me demande-t-elle pleine d'espoir.
— Je crois que tu as bien mérité quelques minutes d'attention !
J'espère que vous avez aimé le chapitre. Le geste de Magellan et Sophie qui revient dans la course.
Allez avouer que vous avez eu peur du rêve. Cependant ce que Caro rêve n'est pas anodin et forcément faux ( ex: la forêt de son rêve était celle de MF où elle a retrouvé Klaus dans la réalité). Je veux dire que ce qu'elle rêve peut être une réaction à une peur ou à un élément du futur ou autre chose. Enfin pour l'analyser il faut se retourner le cerveau mais vous qui êtes parfois très doués, vous pouvez peut être réussir à décrypter des petites choses.
Le retour de l'homme à pipe. Qui est-il et est-il bon ou mauvais?
Avez-vous été émue par l'apparition d'henrick à Klaus et du cercle formé par les originels ?
Biz à vous et à bientôt.
Klausetcaroline.
