Bonjour,
Voici le 29ème et nous assistons à la confrontation entre Castiel et Gadriel. Le nom du harceleur de Dean est également révélé.
Merci de me lire, de m'écrire, ...
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Carry on my wayward son de Kansas
Chapitre 29 : Gadriel
« Rien au monde ne rend l'homme malheureux comme la peur »
Johann Friedrich Von Schiller
Castiel avait eu du mal à faire comprendre à Sam qu'il n'avait pas l'intention de démissionner. Il lui expliqua calmement que Dean ne l'acceptait pas. Qu'il n'engagerait personne à sa place. Qu'il était inutile d'insister. Le jeune agent ne semblait pas convaincu que Castiel avait tenté de le convaincre. Le garde du corps lui avait alors dit que Dean avait immédiatement deviné qu'il était à l'origine de tout. C'était sans nul doute la seule chose qui avait empêché Sam de tenter sa chance de son côté.
L'un dans l'autre, les choses étaient plus ou moins rentrées dans l'ordre. La presse se faisait moins pressante concernant l'homme mystérieux qui partageait la vie de Dean. Leurs spéculations continuaient mais ils semblaient convaincus que le nouveau petit ami du jeune acteur était un autre acteur, Zachary Quinto. Castiel s'était empressé de taper son nom sur Internet. Il était gay comme Dean mais visiblement en couple. Dean le connaissait vaguement. Il avait pris la peine de l'appeler pour s'excuser. Heureusement pour lui, Zachary ne semblait pas gêné par ce que la presse disait. Il avait même expliqué qu'il était flatté qu'on puisse le croire avec Dean. Castiel avait été jaloux en l'apprenant. Il trouvait cet homme séduisant et il n'aimait pas du tout l'idée qu'on puisse l'imaginer avec son petit ami.
Il était idiot d'être jaloux ainsi de quelque chose qui n'existait pas. Zachary avait été suffisamment gentil pour ne pas s'empresser de démentir. Cela avait semblé calmer la presse et offert à Dean un peu de répit. C'était probablement mieux ainsi. Même si Castiel continuait d'être gêné.
A la maison également les choses étaient plus calmes. Castiel se sentait enfin totalement accepté. Sam lui même ne le regardait plus aussi froidement. Il ne quittait plus la pièce à chaque fois que Dean prenait la main du garde du corps. Il ne leur avait pas clairement donné sa bénédiction mais c'était sur la bonne voie.
La date de la cérémonie des Oscars approchait à grands pas et Dean commençait à angoisser. Il doutait clairement de sa capacité à gagner la récompense. Il lui arrivait souvent d'en parler à Castiel quand ils étaient couchés. Il vantait alors les mérites de ses concurrents. Relataient leurs derniers rôles et confessaient son admiration pour leur carrière respective. Castiel prenait alors le temps de lui assurer qu'il n'avait aucun soucis à se faire. Qu'il ne devait pas faire de complexes vis à vis d'eux. Il méritait sa place dans cette liste. Et même s'il ne gagnait pas, il aurait d'autres occasions. Castiel ne doutait pas qu'il soit enfin sacré un jour.
Le jeune acteur avait bouclé le tournage de son dernier film et étudiait à présent avec attention les scénarios reçus. Il demanda l'avis de Castiel à plusieurs reprises. Il semblait particulièrement indécis. Sam penchait pour un personnage en particulier. Le film serait réalisé par Alejandro Innaritu. Cet homme avait visiblement déjà gagné plusieurs récompenses et ces films étaient toujours particulièrement bien reçus par le public et la presse. Dean aimait le personnage mais il ne se sentait pas à la hauteur. Il avait pourtant tourné avec quelques grands noms. Castiel n'aimait pas le voir ainsi douter de lui.
Il soutint le choix de Sam quand ce dernier le défendit devant son frère. Dean leur demanda quelques jours de réflexion avant de prendre sa décision. Il hésitait encore avec le scénario d'un réalisateur indépendant espérant tourner son premier film. Ce serait plus risqué. Mais le jeune acteur aimait l'idée d'aider cet homme à trouver un financement pour son œuvre en lui offrant son nom comme argument.
Puisqu'il ne tournait plus, Dean passait plus de temps à la maison. Il n'était pas encore en promotion pour son dernier film et il avait besoin d'un peu de repos après plusieurs semaines stressantes. Castiel ne s'en plaignait pas. Il avait le jeune acteur pour lui seul et il en profitait au maximum. Ils parlaient beaucoup. Regardaient la télévision pour parfaire la culture cinématographique de Castiel. Jouaient au billard. Faisaient l'amour souvent. C'était la vie que Castiel voulait mener jusqu'à son dernier jour. C'était un premier aperçu de celle qu'il pourrait avoir quand Dean serait débarrassé de l'homme qui le harcelait et qu'il pourrait avouer au grand public qu'il vivait une histoire avec Castiel.
Malheureusement pour eux, l'enquête du garde du corps n'avançait pas vraiment. Gadriel était toujours introuvable et le harceleur de Dean ne s'était plus manifesté. Castiel commençait sérieusement à redouter de ne pas le retrouver avant les Oscars. Il serait alors obligé de faire courir un risque à Dean. Il était terrifié à l'idée de ne pas avoir d'autres choix.
Une semaine après la fin du tournage, Castiel était avec Dean dans l'immense baignoire de la salle du bains du jeune acteur. Il était assis contre le rebord, son petit ami installé entre ses jambes et son dos appuyé contre son torse. Ils ne parlaient pas et appréciaient juste d'être l'un avec l'autre dans le silence de la maison.
Le téléphone du garde du corps les interrompit au moment où Castiel commençait à somnoler. Il l'attrapa sans attendre. Le nom de Gabriel clignotait sur l'écran.
- Allo ?
Castiel savait que son ami ne l'aurait pas appelé si ce n'était pas important. Il pouvait toutefois s'agir d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle.
- Cas, on l'a retrouvé.
Gabriel n'avait pas besoin de préciser de qui il parlait. Il était évident qu'il s'agissait de Gadriel. Le garde du corps sentit alors son cœur s'emballer. Contre lui Dean tourna son visage pour pouvoir le regarder dans les yeux. Il ne dit rien mais il était évident qu'il était curieux de savoir ce que son petit ami venait d'apprendre.
- Où ça ? Demanda t-il alors.
Il fit signe à Dean de sortir de la baignoire. Ils devaient absolument aller voir Gadriel pour l'interroger. Castiel aurait nettement préféré le faire seul mais il savait que Dean insisterait pour venir aussi. Il était inutile de perdre du temps à en discuter avec lui. Castiel ne gagnerait pas.
- Il se cachait dans un appartement loué sous un autre nom. Malheureusement pour lui, je connais quelqu'un qui connait quelqu'un et … j'ai tiré quelques ficelles. Il est avec Balthazar et moi. Nous sommes en route pour chez vous.
Castiel regarda Dean quitter la baignoire puis attraper une serviette et la nouer autour de sa taille. Le garde du corps aurait pu être déçu de voir leur après midi gâchée. Il avait des plans précis pour Dean et lui en l'absence de tous ses proches. Mais la perspective de pouvoir enfin interroger Gadriel effaçait tout le reste. C'était leur seule chance d'avoir un nom. De débusquer l'homme qui harcelait Dean et de l'arrêter. Ils ne pouvaient pas la laisser filer.
- Parfait, on t'attend, accepta t-il.
Il raccrocha ensuite et se leva de la baignoire. Dean lui tendit une serviette en silence et Castiel le remercia d'un signe de la tête. Il savait que son petit ami serait soulagé d'apprendre qu'ils avaient trouvé Gadriel. Mais être confronté à lui serait compliqué pour le jeune acteur. Cela le renverrait à l'erreur qu'il avait faite en l'engageant. Castiel avait peur que cela le bouleverse profondément. Il ne pouvait toutefois pas lui cacher l'information.
- Ils ont retrouvé Gadriel. Gabriel va le conduire ici pour qu'on puisse l'interroger.
Dean recula alors de plusieurs pas et pendant une seconde, Castiel crut qu'il allait perdre l'équilibre. Il vacilla avant de se raccrocher au lavabo derrière lui. Il baissa la tête et laissa ensuite échapper un long soupire.
- Je … je ne suis pas sûr que je peux … c'est … bafouilla le jeune acteur en relevant la tête.
Il avait le visage extrêmement pâle et Castiel était très inquiet pour lui. Il combla la distance qui les séparait et passa son bras autour de sa taille pour soutenir une partie de son poids. Dean avait les muscles tendus et le corps parcouru de frissons qui n'avaient rien à voir avec la température dans la pièce.
- Tu n'es pas obligé de le voir. Je pense même qu'il serait préférable que tu restes à l'écart. Je te jure que je le ferais parler.
Dean secoua alors la tête. Castiel n'était pas surpris. Il savait que son petit ami était terrifié. Mais il ne voulait pas paraître faible devant Gadriel. Il ne voulait pas perdre la face. Il était important pour lui de conserver un semblant de contrôle sur la situation. Peu importait qu'il soit totalement terrifié. C'était une question de fierté et Castiel pouvait parfaitement le comprendre.
- Non, je dois … j'ai besoin de comprendre et j'ai besoin d'entendre de sa bouche le nom de l'homme qui est après moi et … je dois le regarder dans les yeux quand il nous le dira. C'est important Cas. Et oui, j'ai peur … peur de me retrouver face à lui … peur de ma réaction en le voyant mais j'ai besoin de le faire. Je sais que tu seras avec moi et que tu ne le laisseras pas me toucher. Je veux juste … s'il te plait Cas, ne me demande pas de me cacher.
Castiel en avait pourtant terriblement envie. C'était probablement égoïste de sa part. Il était évident que Dean avait besoin d'être confronté à l'homme qui avait trahi sa confiance. Mais il se serait probablement senti plus libre et rassuré si Dean n'avait pas été là. Il n'allait toutefois pas le lui demander. Cela le concernait et il avait le droit d'être là.
- Non, je ne te demanderais pas de rester dans ta chambre mais si tu ressens le besoin de partir ou si tu … si tu ne peux pas rester avec lui, je veux que tu me promettes de partir. Je ne veux pas que tu joues au héros. C'est inutile et contre productif. Il en va de même si tu ne penses pas être capable de garder ton calme. Cet interrogatoire est important pour toi Dean. Il doit être mené correctement.
Dean hocha alors la tête et Castiel sut qu'il pouvait lui faire confiance. Le jeune acteur voulait se montrer fort mais il ne prendrait pas de risques inutiles. Il ne ferait rien qui serait susceptible de troubler leur enquête. Il voulait trouver l'homme qui le harcelait. Il voulait être libre à nouveau de mener sa vie comme bon lui semblait.
- Je te le promets Cas.
Castiel sourit alors à son petit ami avant de déposer un rapide baiser sur sa bouche. Il quitta ensuite la salle de bains et attrapa des vêtements qu'il laissait à présent dans la chambre de son petit ami. Il opta pour un tee shirt sombre et un jean noir. Il voulait paraître intimidant mais pas guindé. Il était important que Gadriel comprenne dans la seconde qu'il était un homme d'action et qu'il était prêt à tout. Il se doutait qu'il serait difficile de l'impressionner. Gadriel avait été soldat et dans les forces spéciales. Il avait traité avec des terroristes. Il n'avait pas peur facilement. Mais Castiel devait absolument réussir à le faire parler. Il était prêt à tout pour ça.
Quelques secondes plus tard, Dean le rejoignit dans la chambre. Il s'habilla à son tour en silence. Castiel garda un œil sur lui.
Il pouvait sentir l'impatience grandir en lui. Il avait hâte de se retrouver face à Gadriel et de lui soutirer enfin des informations. Il avait enfin l'impression d'avancer dans cette enquête. Mais il avait également peur pour Dean. Il allait devoir le surveiller durant l'interrogatoire. Il ne devait surtout pas oublier qu'il était là avant tout pour veiller sur lui.
Le bruit de la voiture de Gabriel dans l'allée tira Castiel de ses songes. Il jeta un dernier coup d'oeil à Dean avant de quitter la chambre. Il remonta rapidement les couloirs et se précipita vers la porte d'entrée. Le jeune acteur était sur ses talons. Castiel avait envie de le prendre dans ses bras et de le rassurer encore et encore. Mais ils n'avaient pas de temps à perdre. Le garde du corps refusait également que Gadriel les voit l'un contre l'autre. Il ne devait surtout pas savoir qu'ils formaient un couple à présent. Il pourrait s'en servir contre eux.
La porte d'entrée s'ouvrit au moment où Castiel posait la main sur la poignée. Le garde du corps recula alors d'un pas pour ne pas la prendre en plein figure. Ses yeux se posèrent aussitôt sur Gabriel. Son ami souriait, visiblement satisfait de sa victoire. Castiel allait devoir sérieusement le remercier. Mais plus tard …
Derrière son employeur, Balthazar, un autre garde du corps que Gabriel employait, tenait le bras de Gadriel. L'ancien militaire était menotté. Il ne lui avait pas couvert le visage. C'était inutile. Il connaissait parfaitement la maison. Castiel s'écarta du passage pour les laisser entrer.
- Dans le salon, indiqua t-il.
Balthazar acquiesça alors que Dean les devançait tous pour leur montrer le chemin. Quand il passa à sa hauteur, Gadriel adressa un large sourire puis un clin d'oeil à Castiel. Il ne semblait pas avoir peur de lui. Il ne semblait absolument pas inquiet. Castiel ferait en sorte que cela change. Il soutint le regard de Gadriel jusqu'à ce que ce dernier soit obligé de lui tourner le dos pour remonter le couloir. Il était plus grand que Castiel d'une bonne dizaine de centimètres et bien plus musclé que lui. Mais le garde du corps n'avait pas peur. Il était parfaitement conscient de sa force et il savait comment gérer ce type de situations.
Quand ils furent tous réunis dans le salon, Balthazar fit asseoir Gadriel sur le fauteuil. Il avait les mains menottées dans le dos. La position ne devait pas être confortable pour lui et Castiel savait que c'était voulu. Il ne devait surtout pas se sentir à l'aise et en confiance.
Gabriel se dirigea vers la fenêtre et tourna le dos à la scène, ses bras croisés sur son torse. Il ne prendrait pas part à l'interrogatoire. Castiel savait qu'il préférait leur laisser faire leur travail. Balthazar, quant à lui, prit place derrière Gadriel. Il posa ses mains sur le dossier du fauteuil, suffisamment proches de la tête de l'ancien militaire pour qu'il sente leur présence.
Castiel tira une chaise pour s'asseoir en face de sa cible alors que Dean restait à quelques mètres d'eux, debout. Il ne tenait pas en place et il était préférable qu'il reste suffisamment loin pour ne pas être tenté de faire quoi que ce soit de stupide.
- Monsieur Novak, j'aimerais vous dire que c'est un plaisir de vous revoir mais je ne suis pas un menteur alors je ne dirais rien.
Castiel n'aimait pas du tout le ton employé par Gadriel. Il n'aimait pas la façon qu'il avait de le prendre de haut. Il cherchait à leur faire comprendre qu'il n'avait pas peur d'eux. Il était évident qu'il avait du se retrouver dans des situations bien plus compliquées que celle là. Face à des hommes plus dangereux que Castiel. Mais le garde du corps n'avait pas l'intention de menacer Gadriel physiquement. Il n'était pas du genre à torturer les gens et il savait que son adversaire avait une forte tolérance à la douleur. Non. Il allait l'attaquer là où cela ferait vraiment mal. Il sourit en y pensant. Il était temps pour lui d'entrer en jeu.
- Vous n'êtes pas un homme facile à trouver Gadriel. Vous nous avez beaucoup fait tourner en rond ces derniers jours. Je vous avoue que je suis surpris de me retrouver en face de vous. Je pensais que vous seriez déjà loin.
- Vous pensiez que je prendrais la fuite ? Et pourquoi donc ? Je n'ai pas peur de vous. Vous ne pouvez rien contre moi.
Castiel croisa ses bras sur son torse et s'adossa à sa chaise. Il devait paraître le plus décontracté possible. Il réalisa alors que c'était comme jouer un rôle. Un peu comme ce que Dean faisait au quotidien. Il était important qu'il soit le plus crédible possible. Il jeta un rapide coup d'oeil à son petit ami. Il semblait furieux mais avait visiblement le contrôle pour le moment. Il reporta son attention sur Gadriel.
- Je sais que je ne vous fais pas peur mais vous auriez tort de me sous estimer. Maintenant, et afin d'éviter que nous perdions du temps tous les deux, je vous invite à me dire pour qui vous travaillez.
Il savait parfaitement que Gadriel ne le ferait pas. Il allait devoir le convaincre. Mais il avait besoin d'entrer en matière avec calme. Hurler dès le début de l'interrogatoire ne serait pas une solution. Bien au contraire. Cela trahirait l'immense rage qui le consumait.
- Et bien jusqu'à très récemment, je travaillais pour Monsieur Winchester mais j'ai fini par me lasser de cet emploi de subalterne alors j'ai choisi de démissionner. Actuellement, je suis sans emploi.
Castiel secoua la tête en ricanant. Il savait très bien ce que Gadriel cherchait. Il voulait le voir perdre patience. Peut être même le pousser à le frapper. Mais Castiel était parfaitement capable de garder le contrôle sur ses émotions.
- Inutile de jouer à ce petit jeu là avec moi. Je sais très bien que vous étiez là en mission et pour le compte de l'homme qui semble déterminé à harceler mon client. Vous savez que je suis au courant et j'aimerais assez que vous soyez suffisamment respectueux envers moi pour ne pas continuer à le nier.
Gadriel inclina la tête sur le côté et fronça les sourcils. Castiel était presque sûr qu'il cherchait à évaluer la menace qu'il représentait. Il se força donc à soutenir son regard. Du coin de l'oeil, il vit Dean approcher et presque aussitôt son cœur s'emballa dans sa poitrine. Son petit ami ne devait surtout pas intervenir. Il risquait de tout gâcher.
- Vous ne pensez pas sérieusement que je vais vous donner le nom de cet homme ? Lança alors Gadriel.
Castiel garda les yeux rivés sur lui même s'il mourrait d'envie de regarder Dean. Il savait que le jeune acteur était suffisamment proche à présent pour toucher Gadriel et il avait peur de le voir commettre une bêtise. Il était important qu'il ne fasse rien.
- Je suis convaincu que vous allez le faire, asséna t-il en souriant.
Gadriel secoua la tête en ricanant. Ce fut ce moment que Dean choisit pour intervenir.
- Espèce de sale fils de pute, je te faisais confiance … je t'ai engagé parce que je voulais t'aider et toi tu … je n'ai rien fait pour mériter ça !
Castiel se leva de sa chaise pour s'interposer entre Gadriel et Dean. Il ne savait pas jusqu'où son petit ami était prêt à aller mais il ne pouvait pas prendre de risques. L'ancien soldat était menotté et incapable de porter des coups. Mais il était tout de même plus fort que Dean.
- Dean, souffla t-il pour attirer l'attention du jeune acteur.
Mais ce dernier ne l'écoutait pas. Il tentait de le contourner pour s'en prendre à Gadriel. En tant que petit ami, Castiel avait envie de le laisser faire. Ce ne serait sans doute pas un réel soulagement pour Dean mais Gadriel avait mérité de se prendre quelques coups. En tant que garde du corps en revanche, il savait parfaitement que laisser Dean frapper leur adversaire serait une erreur. Et c'était son rôle de garde du corps que Castiel devait tenir pour le moment. Il attrapa donc Dean par les bras pour le faire reculer.
- Laisse moi faire s'il te plait … tu m'as promis, rappela t-il dans un murmure.
Dean cessa alors de se débattre. Il ne quittait pas Gadriel des yeux mais il semblait un peu plus maître de ses émotions. Il finit par hocher la tête et par s'éloigner. Castiel se tourna alors vers son adversaire et retourna s'asseoir sur sa chaise. Gadriel semblait grandement amusé par ce qui venait de se passer.
- On dirait bien qu'il vous obéit au doigt et à l'oeil … c'est impressionnant. Je peux vous demander comment vous vous y êtres pris pour réussir ce miracle ?
Castiel ignora la question et se pencha vers Gadriel. Il appuya ses coude sur ses genoux et laissa ses mains retomber entre ses jambes.
- Qui vous a engagé pour espionner Dean ? Demanda t-il d'une voix froide.
Il aurait probablement du appeler le jeune acteur par son nom de famille pour ne pas laisser sous entendre qu'il avait tissé des liens avec lui. Mais il n'avait pas réfléchi avant de parler. Il espérait que cela ne lui porterait pas préjudice. Malheureusement pour lui, Gadriel s'empressa de soulever ce point.
- Oh alors vous vous appelez par vos prénoms ? C'est touchant. On dirait bien que vous êtes devenus proches tous les deux. Laissez moi deviner … vous couchez ensemble ? C'est pour ça qu'il vous obéit ainsi ? Vous êtes son maître aussi au lit ? J'ai toujours su qu'il était du genre à se faire dominer.
- Ca suffit, le coupa Castiel qui ne pouvait pas en entendre plus.
Il leva ensuite les yeux sur Balthazar et lui adressa un petit signe de la tête. Son collègue attrapa alors Gadriel par les épaules et les serra dans ses mains. Ce n'était pas suffisant pour le faire flancher mais la douleur devait lui rappeler qu'il n'avait pas la main sur cette discussion. Que Castiel était le seul à avoir du pouvoir dans cette pièce.
- Pour qui travaillez vous ? Demanda t-il à nouveau.
- Allez vous faire foutre, réplique Gadriel en grimaçant.
C'était la première fois qu'il perdait son calme depuis la début de la conversation. Ce n'était pas encore suffisant mais c'était un début. Castiel choisit donc de jouer une nouvelle carte. Il fallait avancer avant que Dean ne décide d'intervenir à nouveau et ne vienne ruiner les progrès du garde du corps.
- J'espérais que vous sauriez vous montrer raisonnable mais vous ne me laissez pas le choix, déclara t-il en se redressant.
Gadriel fronça les sourcils, visiblement un peu surpris par ce qu'il entendait. Castiel soupira longuement puis tourna le visage vers Gabriel. Son ami le regardait, son téléphone à la main. Ils n'avaient pas eu besoin de répéter ou de se mettre d'accord sur la tactique à employer. Gabriel savait parfaitement ce qu'il devait faire.
- Quoi ? Vous allez me tabasser ? Me couper un doigt ? Me fracturer les jambes ? Je vous en prie … j'ai résisté à bien pire que ça par le passé et je résisterais cette fois encore. Vous perdez votre temps.
Castiel savait que Gadriel disait vrai. Ce n'était pas de la prétention ou une tentative pour les dissuader de lui faire du mal. Ce n'était pas non plus destiné à lui faire gagner du temps. Il résisterait à toute forme de torture. Castiel ne comptait pas avoir recours à cette solution. Il avait bien mieux.
- Je ne vais pas vous faire de mal Gadriel. Je sais parfaitement quel genre d'homme vous êtes et j'en sais suffisamment sur votre passé pour ne pas douter de votre capacité à supporter la douleur … quelle qu'elle soit. Non. Je ne vais pas m'en prendre à vous physiquement.
Il s'interrompit alors puis fit signe à Gabriel d'approcher. Ce dernier le fit aussitôt en s'assurant que son téléphone soit parfaitement visible dans sa main. Gadriel plissa les yeux en le voyant et serra les dents. Dans un coin de la pièce, Dean le fusillait du regard.
- J'ai été confronté à des hommes comme vous par le passé Gadriel. Vous pensez sans doute que je ne vous connais pas mais vous vous trompez. Je sais ce qui pousse les gens comme vous à faire ce qu'ils font … l'argent. C'est votre seule motivation n'est ce pas ?
Gadriel ne répondit rien et Castiel sut alors qu'il avait marqué un point. Il avait longuement réfléchi à la façon dont il devrait aborder une confrontation avec Gadriel. Il pouvait le menacer de le donner à la police mais il était presque sûr que la prison ne lui faisait pas peur. Il avait été détenu par des terroristes et rien ne pouvait être pire que cela. La violence physique était hors de question. Et l'ancien soldat n'ayant aucune famille, il était impossible de s'en servir contre lui. Il n'y avait qu'une seule et unique solution. S'attaquer à l'argent dont Gadriel disposait. Celui qu'il avait entreposé sur des comptes off shore. C'était son unique motivation et il y tenait probablement plus encore qu'à sa vie. C'était sa seule faille. Castiel comptait bien l'exploiter.
- Je sais que vous avez amassé une petite fortune durant toutes ces années … une fortune que vous avez mis à l'abri loin de chez nous … quelque part où vous pensiez bêtement qu'elle serait en sécurité. Mais c'était sans compter sur mes nombreuses relations. Et malheureusement pour vous, il s'avère que je compte parmi mes collègues une personne capable de pénétrer dans les systèmes informatiques de n'importe quelle structure … qu'elle soit officielle ou non … qu'elle soit protégée ou pas. Et j'ai le numéro de cette personne dans ce téléphone. Il me suffit juste de l'appeler pour faire disparaître votre argent. Ou en faire don anonymement à une association de mon choix. Je pense d'ailleurs que je préfère cette solution. Il serait dommage de gâcher une telle fortune.
Castiel laissa quelques secondes à Gadriel pour assimiler ce qu'il venait de lui dire. Il pouvait sentir son adversaire paniquer sensiblement à l'idée de perdre son argent. Mais il n'était pas encore sûr que Castiel ne mentait pas. Ce n'était sans doute pas la première fois qu'il se retrouvait confronté à quelqu'un capable de bluffer avec conviction. Le garde du corps ne mentait toutefois pas. Charlie Bradburry était une jeune femme que Gabriel connaissait depuis quelques années à présent. Et elle était effectivement capable de vider les comptes de Gadriel d'un seul clic.
- Maintenant, la question est de savoir si vous tenez vraiment à votre argent ou si vous préférez vous montrer loyal envers l'homme qui vous a engagé. Je vous laisse le choix Gadriel. Soit vous vous taisez et je demanderais à mon ami de passer ce coup de fil soit vous choisissez de parler et je vous laisserais partir. Bien sûr, je m'assurerais que vous quittiez le pays mais il ne sera pas difficile pour vous de vous installer ailleurs avec tout cet argent.
Gadriel ne semblait pas encore totalement convaincu. Castiel soupira, un peu déçu avant de prendre le téléphone dans la main de Gabriel. Il composa ensuite le numéro de Charlie et enclencha le haut parleur. Les sonneries résonnèrent aussitôt autour d'eux. Quand la jeune femme décrocha, Castiel vit Gadriel se tendre.
- Charlie, c'est Castiel. Peux tu me confirmer le montant qu'il y a sur les comptes de notre ami.
Il savait qu'en entendant la jeune femme donner le chiffre réel, Gadriel finirait par croire en ses menaces. Quand il avait appris pour la complicité de l'ancien soldat, il avait appelé Charlie pour lui demander de se tenir prêt. Il avait confiance en elle et il savait qu'elle devait déjà avoir tout sous les yeux. Gabriel l'avait sans doute avertie par message avant leur arrivée.
- Quatre millions cinq cent cinquante huit millions de dollars américains, répondit la jeune femme de sa voix enjouée. Je suis sûre que la ligue contre le cancer pourrait faire des miracles avec cette somme. Ou peut être que je ne leur en verserais que la moitié. J'ai également envie d'aider la fondation pour la recherche contre le SIDA. Ils ont bien besoin de fonds eux aussi. Oh et la SPA également.
Castiel sourit, amusé par le petit speech de son ami. Il vit le visage de Gadriel blanchir d'un seul coup. Il savait à présent que Castiel ne bluffait pas. Il n'était toujours pas prêt à leur donner de nom mais il semblait nettement moins confiant.
- Je te laisse le choix du ou des destinataires Charlie. Je sais que tu prendras la bonne décision. Tu peux d'ailleurs commencer le transfert de fond maintenant puisque notre ami ne semble pas décidé à parler. Commence avec un premier million s'il te plait.
Il entendit Charlie taper sur plusieurs touches de son ordinateur. Il garda les yeux rivés sur Gadriel durant tout le temps que cela dura. Quand la jeune femme reprit la parole, Castiel souriait toujours.
- C'est fait, commenta t-elle.
Castiel hocha la tête en inclinant la tête sur le côté. Il laissa une chance à Gadriel de les arrêter mais devant son silence, il reprit la parole.
- Le deuxième million maintenant.
De nouveaux bruits de clavier résonnèrent autour d'eux. Gadriel avait le visage fermé et les yeux brillants. Castiel ne le quittait pas du regard. Il était presque sûr qu'il était sur le point de gagner. Il ne doutait pas que Gadriel finirait par céder. En attendant, ce petit jeu l'amusait beaucoup. Il aimait l'idée de donner cet argent à des personnes qui s'en serviraient pour faire le bien autour d'eux. C'était une immense satisfaction.
- Deuxième million fait.
- Le troisième maintenant, enchaîna aussitôt Castiel.
Le changement de rythme était destiné à faire plier Gadriel. Et cela eut l'effet escompté puis l'ancien soldat sortit enfin de son mutisme à la perspective de perdre un troisième million.
- Arrêtez, s'écria t-il.
- Charlie, tu as entendu ? Demanda alors Castiel sans quitter Gadriel des yeux.
- Je mets le transfert en attente patron, répliqua la jeune femme qui semblait au moins autant s'amuser que lui.
Castiel rendit alors le téléphone à Gabriel puis fit signe à Gadriel de parler.
- Qui me dit que vous ne continuerez pas quand je vous aurais donné les informations que vous attendez ?
Castiel refusait de donner la moindre garantie à l'ancien soldat. Il n'était de toute façon pas en position de négocier et il le savait parfaitement. C'était une tentative désespérée de sa part. Castiel haussa les épaules en lui adressant un très large sourire.
- Vous allez devoir me faire confiance sur ce point. Je ne ferais rien de plus si je suis satisfait par vos réponses. Vous pourrez partir et disparaître.
Gadriel soupira alors en détournant les yeux. Il les posa sur Dean et Castiel sentit aussitôt tous ses muscles se tendre. Il aurait aimé que son petit ami ne soit pas là. Il avait peur que le nom que Gadriel leur donnerait soit connu du jeune acteur. Que cela soit un nouveau coup dur pour lui. Mais il ne pouvait pas le faire sortir maintenant.
- Je vous écoute, lança t-il pour encourager Gadriel à partir.
L'ancien soldat reporta son attention sur lui. Il semblait furieux d'avoir été ainsi manipulé. Mais il savait également qu'il n'avait pas le choix.
- Cet homme a pris contact avec moi il y a un peu plus de deux ans maintenant. Il connaissait tout de moi et il m'a offert une somme extrêmement généreuse pour garder un œil sur Monsieur Winchester. Il ne m'a pas dit ce qu'il prévoyait de lui faire et je ne lui ai pas posé la question. Il voulait simplement que je lui fasse des rapports sur les gens qu'il fréquentait, sur ses habitudes et la fréquence de ses sorties. Il m'a ensuite demandé de le laisser entrer dans la maison. Il y a quelques jours, il a exigé que je me retire. Il m'a dit que j'étais compromis. J'ai suivi ses ordres.
Ce n'était pas ce que Castiel voulait entendre mais c'était un début. Il préférait laisser Gadriel parler à son rythme. Tout ce qu'il entendait pouvait s'avérer important à un moment ou à un autre. Bien sûr, ce dont il avait le plus besoin était le nom de l'employeur de Gadriel. Mais il enregistrait également tout le reste. Il croisait juste les doigts pour qu'aucune de ces informations ne fassent référence à une personne que Dean connaissait. La trahison de Gadriel l'avait bouleversé. Si un autre de ses proches était concerné, il ne s'en remettrait probablement pas.
- Je ne sais pas comment cet homme a eu mon nom. Il a refusé de me le dire. Je suppose qu'il devait connaître l'un de mes anciens employés. A vrai dire peu importe … Il a su se montrer convaincant. Il ne m'a pas dit pourquoi il voulait que je l'informe sur Monsieur Winchester. Il ne m'a fourni aucune explication. Mais j'avais besoin d'en savoir un peu plus afin d'avoir un moyen de pression sur lui si toutefois il tentait quoi que ce soit. J'ai fait ma petite enquête de mon côté. Imaginez ma surprise quand j'ai découvert que ces deux là se connaissaient … et même plutôt bien.
Castiel serra aussitôt les poings en levant les yeux vers Dean. Le jeune acteur approchait de Gadriel à grands pas, visiblement déterminé à lui faire dire de qui il s'agissait en utilisant ses poings. C'était tout ce que le garde du corps avait redouté. Il aurait voulu que son petit ami n'entende pas tout cela. Mais il était trop tard et il devait à présent faire en sorte de limiter la casse. Il se leva à nouveau de sa chaise et s'interposa entre Gadriel et Dean, les mains levées en direction du jeune acteur.
- Non, Dean, déclara t-il fermement.
Le jeune acteur s'immobilisa alors mais ses yeux étaient rivés sur Gadriel. Il était plus furieux encore que quelques minutes plus tôt quand il avait déjà tenté de s'en prendre physiquement à l'ancien soldat. Il tremblait et avait les poings serrés. Castiel pouvait le comprendre mais une nouvelle fois, il devait absolument l'empêcher de faire une bêtise.
- Dean, lança t-il en laissant retomber ses bras le long de son corps.
Le jeune acteur posa enfin les yeux sur lui. Il Son regard brillait de larmes contenues. Il était évident qu'il était au bord de la rupture. Castiel souffrait pour lui. Mais il ne pouvait rien faire pour le réconforter. Pour le moment il était son garde du corps et rien de plus. Il allait devoir attendre que Gadriel soit parti pour reprendre son rôle de petit ami.
- J'ai besoin de savoir … je suis presque sûr qu'il ment. Aucune des personnes que je connais n'est capable de … de me faire ça.
Castiel avait pourtant déjà quelques noms en tête. Benny. Jeff Morgan. C'était deux possibilités qu'il envisageait depuis un moment maintenant. Il se garda toutefois de le dire à son petit ami. Il savait que ce serait difficile d'écouter Gadriel prononcer le nom de la personne responsable de ce cauchemar. Il était inutile que Castiel en rajoute en faisant des suppositions.
- Je ne mens pas, assura Gadriel dans son dos.
- Je ne te crois pas, répliqua aussitôt Dean.
Castiel soupira longuement, agacé de voir que la situation lui échappait. Il attrapa finalement Dean par les épaules et le conduisit jusqu'à sa chaise pour le faire s'asseoir. Il prit ensuite place à côté de lui, une main sur son épaule pour le dissuader de bouger. Gadriel les regardait avec les sourcils froncés. Il devait certainement se demander s'il avait vu juste en suggérant qu'il y avait plus qu'une relation professionnelle entre eux.
- Vous vous souvenez d'Alastair Black ? Demanda alors Gadriel après un long silence.
Castiel sentit les épaules de Dean se tendre sous sa main. Il ne connaissait pas ce nom mais il était évident que son petit ami savait de qui Gadriel parlait. Et visiblement, entendre ce nom le stressait considérablement. Il regrettait d'être passé à côté de cette information quand il avait enquêté sur son client. Et il en voulait un peu à son petit ami de ne pas lui en avoir parlé. De toute évidence cet homme avait une dent contre lui. Et il était prêt à tout.
- Alastair est … non, c'est impossible. Pourquoi ? Il … non.
Dean était clairement extrêmement perturbé par l'idée que cet homme soit impliqué. Castiel repensa alors à ce que son petit ami avait laissé sous entendre à plusieurs reprises. Quelqu'un l'avait fait souffrir par le passé. Il n'en avait pas dit beaucoup plus. Mais il était évident à présent qu'il s'agissait d'Alastair. Castiel aurait tout donné pour savoir exactement ce que cet homme avait pu lui faire. Il ne poserait toutefois pas la question devant Gadriel. Ce serait avouer qu'il n'en savait pas suffisamment sur son client et c'était un aveu de faiblesse qui pourrait lui coûter cher. Il choisit donc de se taire et de laisser Gadriel s'expliquer.
- Et pourtant … pourtant, c'est bel et bien lui qui m'a engagé. Si vous voulez mon avis, cet homme est obsédé par vous … totalement obsédé. Il voulait savoir si vous sortiez avec quelqu'un … les gens que vous fréquentiez. Il semble déterminé à vous récupérer. J'avoue que je me suis demandé s'il y avait eu quelque chose entre vous. Il était un des photographes pour qui vous travailliez non ?
Dean ne dit rien et Castiel ne put s'empêcher de se demander à son tour si son petit ami avait eu une aventure avec cet homme. Il ne le lui avait pas dit mais c'était une possibilité. Bien sûr, cela supposait que le jeune acteur lui avait menti en lui disant que Jeff Morgan était le premier homme avec qui il avait couché. Car il avait forcément connu Alastair avant de rencontrer Morgan. A l'époque où il était encore mannequin. Bien avant de trouver un rôle dans la série qui l'avait amené à travailler avec Jeff.
- Il n'y a jamais rien eu entre nous, assura Dean après quelques secondes.
Castiel était presque sûr qu'il ne s'adressait pas à Gadriel en disant cela. C'était à lui qu'il répondait. Parce qu'il avait deviné que le garde du corps s'interrogeait sur la nature de sa relation avec Alastair sans oser formuler la question. Cela prouvait qu'ils se connaissaient bien. Et cette information soulagea considérablement le garde du corps.
- Et bien je pense qu'il aimerait que cela soit différent. De toute évidence, il vous veut pour lui seul. Vous n'auriez peut être pas du lui dire non à l'époque. Parce que toutes ces années de frustration l'ont considérablement perturbé. Et croyez moi, il finira par obtenir ce qu'il veut. Les gens comme lui gagnent toujours.
- Je ne le laisserais pas faire, intervint alors Castiel malgré lui.
Il détestait l'idée que Gadriel puisse douter de sa capacité à protéger Dean. Il ne voulait pas non plus que son petit ami ait peur. Peu importait contre qui il allait devoir se battre. Il en sortirait victorieux. Cet homme ne poserait pas la main sur Dean. Il ne lui ferait jamais de mal.
- Alastair … c'est … non, c'est trop … je … je ne peux pas … je suis désolé, bafouilla Dean avant de se lever de sa chaise.
Il échappa ensuite à l'étreinte de Castiel et prit la direction de la sortie du salon. Le garde du corps avait envie de le suivre mais il savait que le jeune acteur avait besoin d'un peu de temps avant de lui parler. Il devait avant tout retrouver son calme. Le questionner immédiatement ne ferait que le braquer.
- Vous devriez aller voir comment il va … croyez moi, Alastair et lui ont un passé compliqué. Et je pense qu'il risque de paniquer maintenant qu'il sait qui est à l'origine de toute cette histoire.
Castiel reporta son attention sur Gadriel. Il avait presque oublié sa présence. Il était totalement bouleversé par l'état dans lequel Dean avait quitté la pièce. Et il avait terriblement envie de réagir en petit ami à présent. Il avait fait son travail de garde du corps et obtenu les informations qu'il cherchait. Il ressentait le besoin de réconforter le jeune acteur maintenant. Mais il devait avant tout se débarrasser de Gadriel.
- Fermez la, exigea t-il en dévisageant l'ancien soldat.
Ce dernier hocha la tête.
- Ok, désolé. Mais c'est vous qui avez insisté. Je n'aurais rien dit si vous ne m'aviez pas forcé.
Castiel ferma les yeux une seconde pour retrouver un semblant de calme. Gadriel le provoquait uniquement pour le faire sortir de ses gonds. Il ne devait pas le laisser faire. Il prit une grande inspiration et expira lentement par le nez. Il rouvrit ensuite les yeux et prit le téléphone des mains de Gabriel. Il réenclencha le haut parleur.
- Charlie, transferts deux millions de plus à l'association de ton choix puis déconnecte toi.
- Espèce d'enfoiré, j'ai fait ce que vous vouliez, protesta Gadriel, fou de rage.
Castiel l'ignora pour le moment. Il attendit patiemment que Charlie ait fini de taper sur son clavier.
- C'est fait patron, assura t-elle avant de raccrocher.
Castiel rendit alors son téléphone à Gabriel puis fit signe à Balthazar qu'il en avait fini avec Gadriel.
- Vous n'êtes qu'un enfoiré de menteur, lança l'ancien soldat quand Balthazar le força à se remettre debout.
Castiel l'attrapa alors par le col de son tee shirt pour le forcer à baisser la tête et à le regarder dans les yeux.
- Estimez vous heureux qu'il vous un million sur ce compte … j'aurais pu tout vous prendre. Maintenant, vous allez disparaître pour de bon. Ne pensez pas qu'en vous débarrassant de votre compte bancaire, nous serons incapables de vous retrouver. Si toutefois j'apprends que vous êtes revenu dans ce pays, je ferais disparaître le reste de votre argent. Je vous traquerais ensuite et je vous tuerais. Est ce que c'est compris ?
A sa grande surprise, Gadriel hocha la tête. Il avait probablement compris qu'il ne s'en sortait pas trop mal. Il avait tout intérêt à ne rien dire de plus et à garder l'argent qui lui restait. Castiel soutint son regard encore quelques minutes avant de le relâcher puis de sortir à son tour du salon. Il faisait confiance à Balthazar et Gabriel pour s'occuper de Gadriel. De son côté, il avait son petit ami à retrouver et à réconforter. C'était son objectif numéro un à présent.
