Pourtous ceux qui me suivent et prennent plaisir à lire cette histoire, je suis désolé du retard pris dans la parution. Retard du à un manque de temps entre combiner publication de la fic et mes études. J'espère que les chapitres suivants combleront vos attentes.
Une fois de plus, Naruto appartient à Masashi Kisimoto.
Depuis le sommet oxydé d'un des gratte-ciel d'Amegakure, Pain contemple en un silence religieux la forme étoilée, immense éclat qui s'élève dans les cieux crépusculaires. Bien sûr, jamais le conquérant leader ne l'admettra, mais il est très impressionné par la dernière technique de Deidara. Finir en une explosion apocalyptique, achever son œuvre par la réalisation ultime de sa passion, Pain trouve cela superbe.
Autre bonne nouvelle qui le ravit, même s'il ne le montre pas, la capture d'Hachibi qui se fait sceller en ce moment même. Une fois cela fait, il ne restera plus que le Kyûbi à sceller, dernière étape avant la réalisation de son rêve. Ramener la paix dans ce monde, au point de donner sa vie ... ça aussi, Pain le trouve superbe. Mais, au moment ou l'étoile de lumière intense se dissipe, le leader roux est soucieux. Ce que le chef de l'organisation trouve beaucoup moins superbe, c'est l'état du bras de Sakura Haruno. Un ninja est une arme, or une arme brisée est inutile. Il lui fallait impérativement réparer son outil avant que l'infection ne me gagne.
Parce que c'est ce que je suis, rien de plus. J'ai choisi d'être son instrument et un outil endommagé est inutile. Je soupire, couchée sur ce lit blanc, laissant des traces rouges qui coulent à travers le bandage ensanglanté enserrant mon bras. J'essaye de maîtriser la souffrance, jusqu'au moment fatidique où Pain entre dans la salle. Il ne me jette pas un regard, je sais que je l'ai déçu. J'aurais préféré le voir en colère que déçu, puisque j'ai l'impression d'être une bonne à rien. Peut être que je mérite de souffrir, pour m'apprendre à être plus efficace. J'ai tellement honte que je m'évanouis, inquiète de sa réaction.
Durant mon moment de faiblesse, le chef de l'organisation se chargea personnellement de ma blessure. J'ignore combien de temps je passais dans les méandres de l'inconscience, mais je ressentais des vagues d'énergie pulser dans mon être. Peu à peu, je sentais du chakra affluer en moi, me ramenant à la réalité.
J'émergeais très rapidement, la douleur était temporairement anesthésiée par cette technique. Avec un pragmatisme glaçant, le roux trouva que ma blessure était la bienvenue, c'était le moment idéal pour que j'apprenne à maîtriser une nouvelle habileté du Rinnegan. La seule chose que je devais faire était de ressentir mon chakra, circulant en tout mon être dans les méridiens. Peu à peu, je visualisais ce fluide vert qui parcourait mon corps en un réseau complexe. J'arrivais avec facilité à concentrer mon énergie, à tirer ce fluide vers mon bras en visualisant mon nouveau membre. Peu à peu, l'émanation verte se regroupa et je parvins à cristalliser l'énergie.
Les yeux clos, je jouissais de cette sensation de bien être qui m'envahit. Je sentais comme une douce chaleur, agréable et apaisante. Cette chaleur parcourait tout mon corps, le détendant et l'isolant de toute influence néfaste. L'onde délectable se fixait lentement sur mon bras et pour me rendre compte de ce que je faisais, j'ouvrais lentement les yeux.
J'étais incrédule, restant bouche bée, refusant de perdre ma concentration. Une boule émeraude, de petite taille, se concentrait sur l'os brisé et s'allongeait lentement. Mon chakra vert se cristallisait en une barre de jade que je modelais par ma seule volonté. Le nouvel os s'allongea, je le détaillais pour prendre la forme du squelette et obtenir un résultat encore plus efficace que l'original. Les muscles tranchés net se reformèrent à partir de quelques gouttes de sang. Je voyais en vitesse accélérée les cellules se diviser, les tissus se reformer, les nerfs se rattacher au système nerveux encore présent et la chair ressurgir. Après une demi-heure de traitement, mon bras était comme neuf, je pouvais de nouveau sentir mon membre dextre. Même si quelques tiraillements se faisaient sentir et que ma peau était encore très fine, je retrouvais rapidement toutes mes facultés.
- Merci Pein-sama, dis-je en m'inclinant respectueusement, avant de laisser ma curiosité reprendre le dessus. Je voudrais savoir une chose. Est-ce que la barre que j'ai créée est de même nature que les piercings de votre corps ?
Le roux réléchit à la réponse à donner. Mais il devait bien se douter de la raison pour laquelle je m'intéressais aux barres de chakra.
- D'une certaine façon, éluda t-il en fronçant les sourcils. Elle est créée avec ton chakra et ne répond qu'à toi.
Je souris intérieurement et propose une idée au chef, idée qu'il avait du envisager depuis longtemps, puisqu'il reste impassible. Après quelques longs instants, il se retourne vers moi et hoche de la tête.
- Fais comme il te plaira, déclare le chef en quittant ma chambre et en m'adressant un dernier regard, mais sache que ces barres ont une portée et une puissance limitée, même pour un dieu comme moi.
Je ne l'avais jamais entendu admettre la moindre faiblesse. Soudainement consciente que j'ai outrepassé le règlement tacite, je coupe court à notre discussion. D'un geste obséquieux, je le remercie et me recouche, chassant définitivement de mon esprit cette blessure, symbole de faiblesse.
Ce n'est que le lendemain que j'apprends la terrible nouvelle. Pein et Konan sont partis en mission. Je m'efforce de rester digne devant Zetsu, et je me retiens de pleurer. Ce n'est qu'une fois dans ma chambre, bien à l'abri de tout le reste, que je me laisse aller.
Konan.
Elle n'est même pas venue me voir.
Pourquoi ? Qu'est ce qui la bloque ? Elle n'aurait pas réfléchi entre temps ? Elle ne sait pas quoi me dire ? Est ce qu'elle refuse et qu'elle n'ose pas me le dire ?
Mes questions se heurtent dans mon esprit, rebondissant sans cesse en moi, sans que je parvienne à trouver de réponse.
J'ignore pourquoi l'ange aux cheveux bleus n'a pas eu le courage de venir me voir. J'essaye de me voiler la face en trouvant une justification, qu'elle ne pouvait pas venir puisqu'elle participait au scellement du démon, mais peu à peu, mes doutes ressurgissent. Mes angoisses risquent de me submerger de nouveau.
Je me calme. J'aurais tout le temps de pouvoir discuter avec elle dès son retour. J'espère qu'elle me dira qu'elle m'aime ... ou même qu'elle me le fera comprendre par un signe. Parce que sinon ... je serai capable de tout. Je veux son bonheur, je veux la voir sourire, voir ses yeux pétiller de douceur et entendre son rire cristallin. Mais si par malheur elle offrait tout cela à un autre, je serais anéantie. Je préfèrerais détruire ce monde, jusqu'au dernier être humain, je préfèrerais brûler toute vie sur cette terre plutôt que de la perdre. Si jamais elle me rejetais, je serais capable de la tuer, puis de me suicider pour pouvoir la garder avec moi dans l'éternité. Je suis égoïste, j'en ai parfaitement conscience, mais c'est parce que je suis un monstre. Je suis une lâche, je le sais, mais c'est parce que je ne suis qu'humaine.
Deux coups frappés sur la porte me sortent de mes pensées.
- Entrez, dis-je d'un ton neutre, me redressant et affectant un air ennuyé.
La porte s'ouvre, laissant passer l'espion de l'organisation, cette créature mi humaine, mi végétale.
- Que voulez vous, Zetsu-san ?
- Sakura-hime. Je tenais à vous prévenir. Pain et Konan sont partis en mission ... à Konoha.
Le ton de sa seconde personnalité me fait frémir, mais c'est le nom du village prononcé qui m'angoisse. Je comprends pourquoi mon ange n'a pas osé venir me voir, elle n'aurait pas réussi à me cacher sa prochaine mission, celle qui me fait prendre conscience qu'une étape est finie. Définitivement terminée. Plus jamais je ne pourrais revenir en arrière. Pain et Konan sont partis pour Konoha. Chercher le dernier jinchuuriki encore en vie, celui de Kyûbi no Yohko.
- Naruto, murmurais-je avec un ton mi nostalgique, mi vénéneux.
Zetsu fait un signe de la tête avant de refermer sa plante sur son visage. Le monstrueux hybride s'enterre rapidement, disparaissant sous terre en silence.
Je ne dois pas me laisser aller, culpabiliser sans cesse ou me complaire dans ma pitoyable faiblesse. Il faut que je devienne plus forte encore, j'ai le sentiment que quelque chose de terrible va arriver. Une voix me le souffle, mon instinct me prévient d'une présence maléfique diffuse qui rôde autour de nous tous. Une main glaciale me serre le cœur, comme un avertissement à un danger me menaçant. Une ombre lointaine, présence que j'ai déjà vue. Un chakra que je connais ...
Mon Rinnegan brille d'une lueur violette, tandis que je canalise mon chakra dans mon bras droit. Peu à peu, je le tire hors de mon bras droit et je le sens circuler à grande vitesse dans mon os vert. La peau de la paume de ma main se découpe, laissant passer une longue barre de jade que j'agrippe le temps que ma chair ne se referme. En quelques secondes, la plaie a disparu, capacité que je dois à mes suprêmes pouvoirs de guérison. La barre est extraordinairement légère et facile à manier, une arme de mélée pratique pour jouer un mauvais tour.
Réprimant un sourire tout sauf amical, je regarde le cadavre assis à mes pieds, un corps que j'ai expressément défendu à Zetsu de dévorer. Il a du être déçu, mais il ne se plaint que rarement. La barre de chakra dans ma main est parcourue d'un léger vrombissement, elle réagit à mes pensées et à mon état d'esprit. Je choisis rapidement les points à viser dans les chairs de mon ennemi décédé. Ce connard qui m'a arraché un bras, je vais le faire payer, le dégrader. Même dans la mort, son corps ne connaîtra pas la paix. D'un geste net, que je dois à ma parfaite connaissance de l'anatomie humaine, j'enfonce cette barre dans le nombril de Killer Bee. Rapidement, je plante ces cristallisations de chakra dans le cadavre qui se couvre de piercings émeraude.
L'exercice me prend du temps et lorsque je termine, je suis éreintée à cause du gaspillage de chakra. Pas le temps de se plaindre, ni de se reposer, je dois tester mon nouvel outil. Les barres de chakra plantées dans tout le corps de l'ancien hôte d'Hachibi font le lien avec celle dans mon bras droit, que j'ai liée à mon système nerveux grâce à des nerfs d'acier. Le lien se fait instinctivement entre mon esprit, les barres de contrôle et le corps du frère du Raikage.
La toute première chose que j'essaye, c'est de lui faire ouvrir les yeux. C'est une expérience plus que déroutante. Je partage sa vision avec la mienne et c'est comme si mon esprit faisait face à deux écrans en même temps. Deux visions ensemble sont perturbantes, j'éprouve quelques difficultés initiales à me déplacer, ayant face à moi une sène qui bouge et l'autre qui reste fixe. Je fais quelques pas et gestes pour m'habituer et je finis par m'apercevoir moi même.
C'est bizarre de se voir ainsi, sans miroir et de coté. En tout cas, j'admire ma tenue et mon charisme. Je ne suis pas vaniteuse, mais je dois admettre que je suis très impressionnante, menaçante même, une fois revêtue de mon manteau noir sur lequel ma queue de cheval rose tranche fortement. Je laisse une petite mèche de cheveux dépasser sur le coté gauche, tandis que le coté droit est légèrement plus couvert. Pas par honte de mon oeil, ce pouvoir est tellement sublime, mais pour mieux bluffer l'ennemi. Je me tourne vivement, en un geste si brusque que je me fais peur au travers du regard de Killer Bee. Au moment de ma pirouette, j'ai vu flotter dans l'air ma queue de cheval basse qui m'arrive désormais dans le milieu du dos. Un geste vaiment classe, subjugant de grâce et de magnificence mes ennemis avant de les pétrifier de mon visage altier et froid. Encore plus stylée que les deux Uchiha.
Souriante, fière de moi, je croise les yeux lilas de l'ancien ninja de Kumo. Au moment ou le contact se fait, je me vois en même temps que je le vois. Chaque œil agit comme un miroir et j'ai l'impression de me voir sans cesse, répétée à l'infini. C'est si angoissant, si déstabilisant, que je clos les paupières de mon second corps pour rétablir la situation.
A première vue, les yeux ça marche. Essayons désormais de faire bouger les muscles. Je commence par les doigts, c'est la base pour effectuer les sceaux et c'est plus facile que de coordonner les jambes. Peu à peu, je me familiarise avec le contrôle du corps décédé de mon ennemi.
Cette marionnette de chair humaine froide avance de façon hésitante, ses jambes supportant à peine les mouvements de son corps. Après quelques pas tremblants et hésitants et malgré l'effort que j'investis, le colosse basané s'effondra assez lamentablement devant moi.
- Je n'abandonnerais pas, déclarais-je, inébranlable dans ma détermination.
Après quelques heures épuisantes durant lesquelles j'ai grillé une belle quantité de chakra, que j'ai pompé dans l'environnement extérieur, le corps s'effondre une fois encore. Je ne laisse pas la rage me dominer, j'analyse le corps de mon ennemi.
Malgré les barres enfoncées en lui, je n'arrive pas à gérer tous les mouvements, comme si je n'envoyais pas assez de chakra vers lui. C'est un peu comme si il s'établissait des priorités. En clair, dès que je tente de mobiliser ses bras, ses jambes lâchent. La réponse est pourtant si évidente, je n'envoie pas assez de chakra, je dois en émettre plus vers lui.
Je me concentre et je génère une autre barre qui sort de ma paume droite. Rapidement la blessure se referme et je regarde cette barre de chakra qui reflète mes yeux fatigués. Sans une once d'hésitation, je crée un scalpel de chakra et je m'ouvre la jambe sur toute la longueur pour pouvoir insérer cette barre autour de l'os. Je mords ma lèvre pour dépasser la douleur et je continue, assurée. Quelques heures après, j'ai greffé différentes barres de chakra qui ont fusionné avec mes os. Plus d'un litre de sang rubis souille les draps, mais mon corps est désormais pourvu d'émetteurs pour envoyer avec facilité mon chakra vers l'autre corps. Je tente de me relever, mais avec le sang perdu et les greffes à vif, je retombe immédiatement, sciée par la souffrance. J'ai bien besoin de repos et je me laisse tomber dans le sommeil.
- Bonne chance, Konan-chan, chuchotais-je dans mon sommeil. Reviens moi en vie.
