Le 2 septembre, Elisa Mutie, 37 ans rentre à 7h00 du matin après avoir fini sa garde de nuit en tant qu'infirmière à l'hôpital. Elle enlève son trench vu la pluie qui s'est abattue hier soir puis se dirige vers sa chambre afin de se déshabiller. Le parquet du couloir craque. Celle-ci trouve ce bruit inhabituel, marche en cette direction, craintive mais aucune présence n'est détectée.

-Je devrais arrêter de regarder des films d'horreur !

La jeune femme retourne vers sa chambre, ôte son pantalon, enfile celui de son pyjama et au moment où Elisa Mutie s'apprête à enlever sa tunique, un craquement se fait entendre derrière son dos. L'infirmière se dit que cette fois-ci, le bruit semble vraiment anormal, se tourne, un homme baraqué se tient immobile face à elle.

-Je commençais à m'impatienter. Vous m'avez retardé !

La jeune femme crie, essayant de s'enfuir. L'étranger qui a pénétré par infraction dans l'appartement la fait trébucher dans le couloir, se débattant cependant puis porte un coup de pied en visant les parties génitales du sale type. Celle-ci se relève, pleurant de frayeur mais malgré ça, arrive à ouvrir la porte de l'entrée afin de s'enfuir. Dans la rue, affolée, courant en chaussettes, la peur au ventre, l'agressée réussie à stopper un taxi. Sanglotant, tentant de prononcer un son cohérent, Elisa Mutie déboussolée, accoutrée de sa tunique ainsi que son pantalon de pyjama, certains regards sont médusés à l'extérieur lorsqu'elle se présente quelques minutes plus tard, après son arrivée. On pourrait la prendre pour une personne dont la santé mentale est déficiente mais quand celle-ci, chancelante, dit à haute voix.

-Aidez-moi !

Le répétant deux fois à la suite, l'équipe étant pris par leur fonction tôt ce matin, se hâte vers la jeune femme. Rigsby lui propose de s'appuyer sur le poids de son corps puis l'agent la guide jusqu'au canapé sur lequel Jane avait l'habitude de s'allonger pour méditer la plupart du temps. Lisbon s'accroupit, face à l'attaquée, demandant si boire un verre d'eau ou une boisson chaude lui ferait envie. Le visage marqué par le traumatisme psychique qui lui a été infligé ainsi que par ses pleurs provoqués dus à cette agression, le nez qui coule, répond en faisant une crise de tétanie.

-Vous n'auriez pas plutôt un cognac ?

Van Pelt se porte volontaire, serviable.

-Je vais voir ce que je peux faire.

Pendant ce temps, Lisbon demande ce qui a pu la mettre dans un tel état de choc. Elisa Mutie a dû mal encore à s'expliquer, tentant de résumer avec incohérence, bégayant.

-Je…. Je….je et puis je…je… l'ai vu derrière. J'ai… réu… réussi à m'enfuir.

D'une voix réconfortante, douce, la supérieure essaye de rééquilibrer son système nerveux.

Régularisez votre respiration ! Ne vous affolez pas ! Nous avons tout notre temps.

La jeune femme ferme les yeux, inspire afin d'insuffler de l'oxygène et expire. Grace revient avec un verre de scotch, rempli modérément, le tendant à la vulnérable victime.

-Tenez ! Ce n'est pas du cognac mais ça vous donnera un coup de fouet.

Elle la remercie, buvant d'une traite. Lisbon demande à Van Pelt où ceci a été trouvé.

-L'agent de sécurité. Il en cache dans une fiole. embarrassée de l'avoir dit, se rattrape. Enfin pas quotidiennement.

Teresa réagit avec bénignité.

-Je serais assez mal placée pour juger. Ce n'est pas ce qui m'importe à cette heure !

Rigsby le regard compatissant envers l'infirmière.

-Comment vous vous sentez ?

-Un peu mieux. Le scotch m'a ragaillardi. Merci.

Cho l'incite à leur raconter clairement ce qui lui est arrivé. Après sa crise de tétanie désamorcée, celle-ci parvient à s'exprimer.

-Je finis normalement à 6h00 mais vu que nous étions submergés à l'hôpital, je suis partie à vingt-cinq et suis rentrée à 7h00. D'habitude, il est 6h45. Ce retard m'a sauvé la vie, in-extremis. puis donne le signalement de Russell Kerban, reconnu grâce au portrait diffusé dans les médias. De là, Lisbon prend des précautions, mettant sous protection Elisa Mutie qui refuse toutefois de retourner à son domicile, renseignant le numéro de téléphone de ses parents qui habitent à Sutterville Road, Sacramento. En attendant qu'ils viennent la chercher dans la journée, on la conduit dans un centre. Wayne s'adresse ensuite à l'équipe.

-Comment on peut arrêter ce salopard ? et fixe sa patronne, s'excusant de sa grossièreté. Désolé !

-Ne vous excusez pas ! C'est une immonde saloperie. Il faut absolument lui mettre la main dessus. Je vais avertir le FBI pour les prévenir.

Rigsby peu partant suite à son altercation, fait preuve de son ressentiment.

-On ne pourrait pas régler ça sans eux ? Franchement, je ne tiens pas à retravailler avec.

-Pourquoi ça ?

-Euh ! C'est-à-dire que….

-Je suis votre supérieure et j'exige de savoir !

Il gratte ses cheveux, mal à l'aise.

-J'ai eu une prise de bec avec le coéquipier de Mancini.

-Quoi !

-Celui-ci s'en est pris à moi à cause de cette enquête.

-Pourquoi vous ne m'en avez pas parlé ?

Wayne est gêné.

-Disons que Jane m'a conseillé de ne pas vous inquiéter.

-Jane n'a pas à en décider. Vous n'auriez pas dû l'écouter ! Vous êtes un agent du CBI ! Ne comptez pas sur moi pour vous exempter ! Compris ?

-Oui, patron !

Elle s'éloigne afin de téléphoner tandis que Rigsby chuchote à lui-même, mécontent. « Merci, Jane ! » Quarante minutes plus tard, le chef du FBI arrive dans le quartier général du bureau californien, accompagné de l'agent Mancini, Brettman, le nouveau coéquipier remplaçant. Wayne en fait la réflexion à Cho.

-Il a changé de partenaire ?

Lorsque celui-ci serre par contrainte la main de Mancini, l'agent, étonnement, s'excuse au nom de son collègue, l'informant que suite à ce différend, il a été suspendu durant trois mois.

-J'espère que la collaboration entre nos deux bureaux ne sera plus mise à mal.

Rigsby est surpris par ce comportement.

-Bon ! Je l'espère aussi.

Se tenant brièvement en retrait avant d'aller rejoindre le groupe, Van Pelt trouve cela étrange.

-Qu'est-ce qui lui prend d'être aimable ?

Wayne ayant eu la même impression.

-Je n'en sais rien ! Peut-être dû à des remontrances.

Kimball se montre plus lucide.

-C'est un faux-cul !

Autour de la table dans la salle de réunion, s'étant entretenu pendant cinquante minutes ensemble à propos de Elisa Mutie, l'enquête, Mancini demande où le témoin se trouve actuellement. Lisbon élude.

-Vous pouvez être sûr que nous ferons tout pour la protéger.

-Vous ne répondez pas à ma question.

Son chef s'en mêle avec courtoisie.

-Nous comprenons bien que vous ne souhaitez pas compromettre la sécurité de Mademoiselle Mutie mais n'oubliez pas que nous collaborons sur cette affaire et qu'il est de votre devoir de partager n'importe quelle information.

Employant un ton similaire.

-Vous serez aisé de comprendre également que concernant la protection de tout témoin, nous sommes tenus de préserver la confidentialité.

L'impatience latente du patron du FBI, commence à être perceptible envers la non coopération de l'agent Lisbon.

-Ne tirez pas trop sur la corde !

-Monsieur. Elisa Mutie n'est pas apte pour l'instant à parler de quoique-ce soit. Celle-ci est bien trop choquée par rapport à ce que Russell Kerban lui a fait subir comme traumatisme émotionnel. Sachez bien que nous ne désirons pas entraver le bon déroulement de l'enquête ainsi que de vous nuire par la même occasion. Croyez-moi !

-Je ne mets pas en doute votre bonne foi et je devine l'état psychologique dans lequel le témoin peut être. Cependant, l'heure est grave.

-Nous en sommes conscient.

Il défère.

- Je vous donne un temps de réflexion avant de nous mettre en relation avec le témoin.

-Merci, monsieur.

En se levant tous, le bureau fédéral sur le point de repartir, les salue par un au revoir, serrant d'une poigné de main.

-Ne me décevez pas !

Après leur départ, l'équipe approuvant que la supérieure n'ait rien divulgué, s'étonne toutefois de ce revirement. Elle exprime sa méfiance.

-Autant rester prudent ! Aucun risque n'est plus permis.