Non, c'est non ?

Chapitre 29.

L'air était gelé, et Drago ne supportait pas de sentir Hermione, inerte contre son dos, sans pouvoir la prendre dans ses bras. Les Mangemorts le surveillaient imperceptiblement, et Drago savait qu'un pas de travers les conduirait tous les deux vers le sol en vitesse grand V. Ils arrivèrent au manoir des Malefoy au bout de quelques heures. Son père les attendait, l'air réprobateur. Il n'était pas ivre, et quand il aperçut ses acolites se débarasser des sang-de-bourbes, il leva son regard vers Drago :

-Et tu n'as même pas essayé d'empêcher ça ?

-Je ne pouvais pas, je suis un adolescent et j'étais en train de patrouiller avec la sang-de-bourbe.

Drago se dégoutait lui-même. Lucius fit une moue qui signifiait qu'il avait peur, mais aussi qu'il était déçu de son fils. Drago fit comme si de rien n'était, mais il ne put s'empêcher d'être triste, que son père ne soit pas fier de lui, d'être revenu aux réunions, d'avoir -soi disant- rompu avec Hermione. Lucius frissona et regarda son avant-bras gauche. Il pâlit encore plus, si c'était possible, et annonça d'une voix rauque :

-Il est en route vers le Manoir. Il sera là bientôt. Alors écoutez-moi bien, ne montrez pas que vous avez beaucoup bu, et en attendant, allez dans le salon. Drago, va enfermer les sangs impurs dans la cave, et ferme à clé.

Le blondinet hocha la tête et fit léviter les élèves qui n'étaient pas en état de marcher. Une dizaine d'entre eux avaient un air appeuré mais rebel sur le visage, et Hermione était encore inconsciente. Quand il remonta dans le salon, un siège était tourné vers la cheminée, et Drago devina que le Maître des Ténèbres était assis dedans. Il frissona et s'installa à côté de sa mère. Le fauteuil pivota.

-Je ne suis pas satisfait, annonça la voix sifflante de Voldemort. Je ne suis suis pas satisfait, du tout. Vous avez lancé une attaque sans me demander, maintenant je dois avancer mes plans, et vous allez devoir kidnapper tous les moldus, cette nuit.

-Mais, Maître, ce n'était pas prévu, nous n'avons pas encore terminé l'endroit où nous les garderons.

-Lucius, tais-toi. Vous allez les chercher, et vous en prendrez chacun deux dans votre famille. Les Malefoy n'en prendront qu'un, car Lucius n'est pas responsable de cela. Les elfes de maison étant de plus en plus affectés par la Magie Noire, vous aurez ainsi de meilleurs serviteurs.

Les Mangemorts hochèrent la tête. Drago devina que la moitié d'entre eux étaient tellement ivres qu'ils avaient fait ce geste par reflex, pour faire comme tout le monde, mais qu'ils ne comprenaient pas un mot de la conversation.

-Bien, vous commencez par Poudlard, j'ai prévenu les français et les bulgares, les plus fiables des mes amis vont s'occuper de la France. A Durmstrang, il n'y a que des sangs purs. Essayez de ne pas vous tromper. Je vais m'occuper du Ministère et de son ministre, pendant ce temps.

Quelques Mangemorts se levèrent, et Lucius demanda :

-Et Drago ?

Voldemort fixa tour à tour le père, la mère, puis Drago, qui fit de son mieux pour ne pas baisser les yeux.

-Hum... Drago... Il va aider ses parents dans la distribution des Sang-de-bourbes.

-Bien, Maître.

Ils sortirent de la pièce quelques minutes, et Drago qui avait oublié sa baguette, retourna dans le salon. Voldemort était déjà partit. Il récupéra son bien, et se dirigea vers la cave, où ses parents étaient déjà depuis quelques secondes. Ils réveillèrent tous les élèves. Il y avait là des élèves de la première à la septième année. Sûrement les seuls n'étant pas dans leurs dortoirs. Lucius éclaira le visage de chacune des filles, et demanda son avis à sa femme. Elle pointa le doigt vers Hermione, et Lucius se tourna vers Drago.

-Qu'en penses-tu, Drago ? Pourquoi ne pas prendre celle qui, je n'en doute pas, t'aime encore, pour la faire souffrir encore plus ?

-Je suis d'accord, murmura le blondinet.

Lucius Malefoy empoigna alors la jeune femme, et la lança vers sa femme, qui l'accueillit doucement dans ses bras. Lucius donna l'ordre à sa femme de l'habiller normalement et laver ses vêtements, et de la traiter comme elle le souhaitait. Drago regarda les seules femmes qu'il aimait s'éloigner, et aida son père à choisir quels enfant iraient chez quels amis. Drago n'en connaissait aucun.

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Hermione se réveilla quelques heures plus tard. Elle était vêtue d'une simple noir, sur laquelle avait été déposée un tablier blanc. Elle était dans un vrai lit, et se demanda où elle était, habillée ainsi en domestique de famille noble. Elle se rappela les évènements de la veille, et se mit à pleurer. Une femme grande, mince et aux cheveux d'ors rentra dans la pièce, et referma doucement la porte. Hermione reconnut Narcissa Malefoy.

-Bonjour, Hermione Granger.

-Bonjour Madame. Qu'est-ce que je fais ici, qu'est-ce que je fais habillée comme ça, et pourquoi me parlez-vous comme à une servante ?

-Drago et son père t'on choisie comme leur prisonnière...

-D'où le tutoiement.

-Les autres élèves ont été envoyés dans des maisons de Mangemorts, et Dumbledore est à Sainte-Mangouste, on a retrouvé son corps à côté de l'école, il portait une lourde épée avec lui. Les sorciers d'origine moldue ont tous été envoyés dans des familles de sang purs, et les traitres à leurs sangs ont subit des châtiments terribles...

-Les Weasley ??

-Non. Ronny Weasley, c'est comme ça qu'il s'appelle ?

-Ronald.

-Oui. Sa petite amie est Eléane de Montigni, d'origine francaise, je pense que tu la connais ?

-Oui, sa famille est sous les ordres de Voldemort.

-Oui, eh bien, grâce à elle, ils sont saints et saufs, et Roger...

-Ronald.

-Oui, Ronald est maintenant dans les rangs du Maître des Ténèbres.

Hermione se rallongea dans son lit, et les larmes qui s'étaient, jusqu'à présent, calmées, reprirent de plus belle. Elle se redressa soudainement, et s'exclama :

-Harry ?

-Il a réussi à s'enfuir avec Ginny Weasley. Ils sont hors de danger pour le moment.

-Mais, Madame...

-Oui ?

-Pourquoi me racontez-vous tous cela ?

-Parce que tu aimes mon fils autant, voire plus que moi. Et lui t'aime aussi, je le sais, j'en suis sûre. Il ne peut pas penser tout ce qu'il a écrit dans cette lettre, mais il a deviné que Lucius montrerait la fameuse lettre au Maître, et il a bien deviné, je pense que c'est pour cela qu'il a été si... méprisant.

-Qu'a-t-il dit, dans cette lettre ?

-Oh, tu n'étais pas au courant ? Il a dit qu'il n'éprouvait rien pour toi, que tout cela n'avait été qu'une partie de plaisir, un jeu. Mais, il t'aime Hermione. J'en suis persuadée, et je connais mon fils.

-Je croyais le connaître aussi...

-Hermione, mon mari vous a choisie. Il a beau avoir ses valeurs, il peut être très violent, et vous êtes jolie, et s'il vous a choisie, c'est mauvais signe.

-Que voulez-vous dire par là ?

Hermione se souvenait d'une conversation qu'elle avait eue avec Drago, sur son père. C'était donc vrai, il était tel qu'il l'avait décrit ?

-Il va sûrement essayer d'abuser de toi, Hermione.

La jeune femme fixa cette Malefoy aux yeux clairs, qu'elle avait pensé si longtemps aussi malfaisante que le reste de sa famille, mais qu'elle voyait maintenant comme elle l'était réellement : une femme seule, qui aimait son fils à n'en plus savoir que faire, trahie maintes fois par son mari, Mangemorte contre son gré...