Disclamer : L'histoire du Cycle de L'Héritage est à Christopher Paolini.

Résumé : Et si Murtagh avait eut une sœur jumelle ? En quoi cela influencera l'histoire ? Ceci en l'histoire d'une femme, fille du premier des parjures et de sa main noire, qui a décidé d'avancer sans renier qui elle était même si elle porta beaucoup de nom durant sa vie.

Note:On est presque à la bataille des Plaines Brulantes. À vu de nez, je dirai environ trois chapitres.

C'est fou comme l'histoire peut avancer rapidement. Ça fait même pas un an que j'ai commencé cette fic et je suis presque à la moitié de celle de Paolini. Je viens à peine de m'en rendre compte.

Allez, bonne lecture.


Chapitre 29 : Gardénia.

Sylvie était de retour chez les Vardens. Et Arya aussi, mais sans Eragon. Qu'est-ce que le rêveur de service avait-il encore bien pu inventer ? Ou plutôt, dans quel pétrin s'était-il mis tout seul comme un grand ? En tout cas, la brune et Éric étaient rentrés chez leurs alliés pour reprendre la route. Il fallait bien reconnaître que malgré la destination, ce voyage était bien plus agréable que la marche forcée vers le Surda, enfin, du point de vu de Sylvie rebaptiser Gardénia pour le voyage. Lorsque la caravane faisait halte pour la nuit et que son fils dormait près d'elle, elle faisait une nouvelle activité : elle écrivait son autobiographie. Tous les Seigneurs de la Maison d'Imladris l'avait fait et c'était à son tour. Si elle n'avait pas eu Servern, elle n'en aurait jamais compris l'utilité. Il y avait des choses qu'elle avait faites mais qu'elle ne pouvait pas dire à son enfant. Ce journal lui permettra de tout dire à son ange. Ainsi, peut-être, sera-t-il moins perdu qu'elle l'a été. Elle avait bien fait de commencer maintenant, sa mémoire commençait à oublier des détails de souvenirs lointain. Il s'était passé tant de choses dans sa vie, elle ne pouvait pas tout se souvenir jusqu'à son dernier souffle.

Servern remua dans son berceau improvisé. Sans Galbatorix, elle aurait pu s'en occupé toute seule. Elle aurait pu que penser à lui tout le long du jour. Ça aurait été parfait. Mais elle n'était pas dans un monde parfait. Elle était dans la réalité, et il y avait un Tyran à combattre. Comme beaucoup de parents, elle souhaitait que son enfant n'ait pas de combat à mener alors qu'il aura des choses à construire de ses propres mains. Alors, elle ferait tout pour qu'il n'ait pas à se battre pour sa liberté. Il y avait tant de choses qu'elle souhaitait pour lui. A son sujet, elle était partagée. Elle avait le choix entre l'envoyer loin d'elle, mais en sécurité ou de la garder à ses côtés près d'un champ de bataille. La mère en elle lui disait de faire deux choix totalement opposés. Selena avait-elle eut le cœur aussi serré qu'elle au moment de prendre cette décision ? Sa mère avait fini par choisir de les mettre en sécurité, Eragon et elle, et de rester aux côtés de Murtagh.

- Madame, fit Marjolaine. Dame Nasuada désire vous entretenir au sujet d'Elva.

- Dis-lui que j'arrive, répondit Sylvie sans lever le nez de son travail.

- Elle est déjà là, l'informa la suivante.

- Alors fais-la rentrer au lieu de discuter.

- Oui, Madame, répondit la servante avec un sourire en coin.

Le Seigneur Rôdeur passa en vitesse une robe de chambre pendant que la Dame Vardenne rentrait. Sylvie fit un rapide inventaire de l'impression que pouvait faire sa tente à un visiteur. Ce n'était pas très glorieux. Et même plutôt rustique. Pour une fois, elle faisait fausse route. Son calme apparent pouvait se montrer bien plus intimident qu'une armée ou qu'un étalage de richesse. On sentait qu'elle n'avait pas besoin d'un tas d'or pour être importante.

- Nasuada, Elva, salua Sylvie sans montrer son étonnement que son amie soit avec un enfant qui sent la magie à cinq kilomètres à la ronde au bas mot.

- As-tu déjà entendu parler de la « Main Noire » ? demanda Nasuada en rentrant directement dans le vif du sujet.

- C'était la compagne de Morzan, comme tu dois déjà le savoir. Mais, permets-moi de m'étonner car je ne vois pas le rapport entre une morte et Elva.

Oui, elle avait entendu parler de la « Main Noire ». Une pâle imitation de ce que sa mère faisait pour son père. Une information que les Rôdeurs tenaient de Ren. Mais ça, elle n'allait pas le dire. Ça serait contre productif. Et elle avait du temps à perdre, au tant ne pas jouer toutes ses cartes maintenant.

- Galbatorix a repris l'idée, sauf qu'il l'a étendu sur plusieurs personnes, expliqua Nasuada.

- Je sais, répondit la Rôdeuse.

Nasuada ne releva même pas et continua ses explications. Sylvie s'assit et Elva alla sur ses genoux. La Rôdeuse n'allait pas souvent voir la petite et elle l'inquiétait tellement qu'elle ne s'en voulait même pas. Elva lui faisait peur et elle prenait bien garde à relever toutes ses barrières mentales en présence de l'enfant.

- Comment t'appelles-tu aujourd'hui ? Lui demanda l'enfant en interrompant Nasuada.

- Gardénia.

- Vas-tu le garder pour le reste de la guerre ?

- Non, c'est juste pour cette migration, pourquoi cette question ? Fit Sylvie.

- Tu n'es pas facile à trouver, tu n'as jamais le même nom et je n'arrive pas à savoir si tu es heureuse ou triste.

- Je vais te dire un secret, je ne le sais pas non plus. Mais ce n'est pas pour ça que vous êtes venues, Nasuada et toi, n'est-ce pas ?

- C'est un fait, acquiesça le bébé.

- Alors laisse Nasuada s'exprimer, s'il te plait, la réprimanda doucement Sylvie.

- Et si ça ne me plait pas ? Répliqua l'enfant d'un ton ironique.

La Rôdeuse lui lança un regard d'avertissement. Il faudra qu'elle pense à passer un savon à Eragon pour le prévenir des dangers de jeter un sort sur un être vivant quand on ne connait que trois mots d'Anciens Langage. Entre Angela et elle, il risquait de ne plus pouvoir entendre grand choses, mais cela n'était pas important. On ne pouvait pas lever se genre de sorts et cette enfant devra vivre avec cette malédiction toute sa vie. Alors, l'ouïe de son petit frère était le cadet de ses soucies. Ce n'était pas elle qui avait fait ça à un enfant, c'était lui. Il fallait qu'elle lui explique des choses. Après un court silence, Sylvie reprit la discutions.

- Quel est le rapport entre la « Main Noire » et Elva ? Demanda-t-elle.

- La seconde m'a sauvée de la première.

Sylvie avait lu le rapport détaillé de l'affaire qu'un de ses gens lui avait fait, mais ça, elle n'allait pas le dire. Hors de question que Nasuada sache qu'elle avait une oreille dans le bureau de la Chef Vardenne. Cette dernière pourrait mal le prendre. D'un côté, elle se moquait pas mal de ce qu'en penserait son amie, mais de l'autre... elle ne voulait pas perdre la confiance de Nasuada. Ce qui était étrange, c'est qu'elle n'en avait pas entendu parler d'une autre façon. Personnellement, elle aurait organisé une fuite pour narguer Galbatorix et se donner un petit air d'invulnérabilité. Mais ce n'était pas ses oignons, alors elle ne s'en mêlera pas.

- M'écoutes-tu ? Lui lança la fille d'Ajihad.

- Je réfléchissais. Il faut voir cette guerre comme une grande partie d'échec. Après la mort de Morzan, le Briseur de Serments ne bougeait que des points. Eragon l'a suffisamment inquiété pour qu'il consente à bouger une figure de façon significative. Je sais que créer un Ombre n'est pas sorcier, sans mauvais jeu de mots, mais Durza inspirait suffisamment la peur pour qu'il n'ait pas envi de s'en dépasser. La preuve est qu'il ne l'a sorti que lorsqu'il pensait pouvoir récupérer l'œuf de Saphira, expliqua la Rôdeuse.

Sylvie réprima un sourire. Elle croyait entendre Wedge. A une époque, c'était elle qui questionnait et un autre qui expliquait. La perte de son mentor ne la faisait plus autant souffrir qu'avant. Elle vieillissait et cette blessure commençait à disparaître, même si elle savait que ça ne serait jamais totalement.

- C'est seulement maintenant, lorsqu'il a pris conscience qu'on pouvait le battre qu'il a décidé de réellement réagir à nos provocations.

- Ce n'est pas un jeu, arrêtes de tout traiter comme si ce n'était rien, la coupa Nasuada.

- Ma chérie, si tu ne prends pas de distance, cette guerre te détruira, l'avertie Sylvie. Je ne te dis pas de devenir le Parjure, mais de durcir la carapace autour de ton cœur. Ce n'est pas un jeu, mais il faut que tu mettes de la distance entre toi et cette guerre.

Comme aucunes des Vardennes parlèrent, la Gardienne d'Arlien continua sur sa lancée. Il fallait qu'elle mette les choses au clair.

- Les prochains sur sa listes ne sont pas les Elfes, ni les Nains et encore moins les Urgals. Ce sont les Rôdeurs. Tu ne dors plus à l'idée de ce qui arrivera aux Vardens si tu échoues, imagine ce que je ressens à l'idée de faire une erreur et que mon fils connaisse aussi bien que moi la guerre et ses horreurs. Par toutes les Étoiles, crois-tu que tu es la seule au monde à jouer toute ta vie sur cette guerre ? Détrompes-toi. Mon peuple le fait également. Aujourd'hui, certains d'entre nous ont tout abandonné pour avoir le plus d'information possible sur le Grand Traitre.

Elle y allait peut-être un peu fort, mais il fallait ce qu'il fallait. Si Nasuada croyait qu'elle pouvait prendre en considération les conséquences de ses décisions sur chaque personne concernée, Galbatorix gagnera la guerre. Cela ne pouvait pas être. Elle ne le permettra pas. Elle s'y refusait. Pour elle, perdre était inacceptable.

- Je ne te dis pas de devenir comme lui, ça serait une erreur. Je veux que tu essayes de comprendre comment il pense, expliqua Sylvie. C'est une foutue question de survie.

La Rôdeuse savait qu'elles avaient bon avoir le même âge, elles n'avaient pas muri au même rythme. La fille de Morzan avait bien conscience que c'était elle qui avait vieilli de façon prématurée. Ce n'était pas juste, mais c'était comme ça. A une époque, elle avait eu les mêmes objections que son amie, mais l'instinct de survie qu'elle avait développé au court de sa vie lui permettait d'avoir une autre vision que Narsuada.

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Entre les Vardens et les Rôdeurs, les membres de la « Main Noire » avait du souci à se faire. Ren avait peut-être omis de dire au Parjure que la trahison de Phœbus avait été percée à jour par son ancienne « famille » et, franchement, il ne comptait pas lui annoncer la nouvelle. À près tout, le fait que le pauvre traitre avait été tué dans une ruelle sombre par une personne qui voulait sa bourse était une véritable tragédie. Il en avait juste profité pour se servir au passage. Et de l'empêcher de faire son rapport, mais ça, ni Galbatorix ni les Jumeaux ne connaissaient le coupable. Ce détail n'était pas important. Ce qui comptait, c'était que ça plaisait à son Seigneur et protégeait sa Dame. Il servait la Maison d'Amlard (1) et vivait pour la Maison d'Imladris (2). Oui, la vie de Ren n'était pas des plus simples. Et le pire dans l'histoire, c'était qu'il n'allait pas s'en plaindre. Lui au moins pouvait faire ses lacets sans demander la permission à quelqu'un, son beau-frère n'avait pas cette chance. Il le plaignait de tout son cœur, même si il ne le dirait jamais à voix haute. Il tenait trop à sa tête pour. Et ça serait dommage de la perdre après vingt-cinq ans de vie commune maintenant qu'il s'y était habitué.

Mais bon, là n'était pas le sujet. A vrai dire, il n'y en avait pas vraiment. Ou si, mais il l'avait oublié. Aucune importance. Seul comptait ce qui allait arriver. Et ça n'allait pas être beau à voir, ça c'était sûr. Les Plaines Brulantes. Rien que le nom enlevait toutes envies d'y passer ses vacances. Déjà qu'à la base, il détestait les grandes batailles générales, mais là, il haïssait ce que Galbatorix avait prévu pour celle-là. Et avec les Jumeaux dans les pattes, il pouvait prévenir personne. Pauvre Brunette, ça allait lui déchirer le cœur. Il savait qu'elle allait s'en relever, mais à quel prix ? Elle était une survivante, mais dès qu'il lui arrivait quelque chose de biens, une catastrophe arrivait et la lui arrachait. Il fallait croire que les Étoiles (3) s'acharnaient sur elle. Peut-être voulaient-elles la préparer à une chose plus grande et plus précieuse qu'un simple bonheur ? Il n'en savait rien. Tout ce qu'il savait c'était qu'elle allait souffrir. Si malgré tout, il la prévenait, elle sera quand même là car son foutu devoir lui disait d'être présente. Il ne sera même pas là pour elle. Pour la millième fois depuis qu'il avait retrouvé la mémoire, il maudit le destin. Il allait la revoir, mais sur un champ de bataille.

Il aurait tant préféré que ce soit dans un lieu tranquille loin de tout ça. Mais ce n'était pas possible. Ça sera tout sauf ça. Pourtant, lui aussi sera là. Il n'avait pas le choix. C'était son devoir. Ce foutu devoir qui devait faire de tant de gens des martyrs. Il le détestait, mais sa vie était telle qu'aujourd'hui, c'était la seule chose qui lui permettait de se regarder dans un miroir. Et encore, certains jours, il n'osait pas regarder son reflet. Ces jours-là, il allait dans une taverne et buvait jusqu'au petit matin avant de s'endormir dans un caniveau. Il n'était pas un homme bien et il le savait.


Ce chapitre est plus court que les précédents. Mais ce n'est pas ma faute si j'y ai moins de choses à dire. Enfin, si mais là n'est pas la question. D'ailleurs on s'en moque. Comment ça pas vous ? C'est moi l'auteur, c'est moi qui dit si c'est important ou nous. Ne me jeter pas des tomates ! J'ai rien dis !

Et voilà comment on prend un chapitre de retard par rapport à l'arrivée prévue des différentes actions. D'après mon plan initial, Eragon devait revenir chez les Vardens dans ce chapitre, mais comme vous pouvez le voir, ce n'est pas le cas. Maintenant, je suis comme le lapin blanc d'Alice : en retard. Il manquerait plus que je mette à chanter. Après il pleuvra, ça fera du bien au jardin. Et puis, j'aime la pluie. C'est beau et calme. Voilà.

A la revoilure tout le monde.


(1) Septième Maison Rôdeuse. Traditionnellement, cette Maison s'occupe de l'espionnage. Son Seigneur est Éric.

(2) Seconde Maison Rôdeuse. Traditionnellement, cette Maison s'occupe de la diplomatie. L'Anneau de cette Maison est Arlien. Son Seigneur est Sylvie.

(3) Les Rôdeurs ne croient pas vraiment aux Dieux. Pour eux, les Étoiles sont les Grands qui ont marqués le monde en bien qui observent et guident les êtres pensants. Elles peuvent influer sur leur vie, mais pas sur leur destin.