Titre : Un Joyeux Bordel
Auteur :Wolfin Hope
Bêta reader : Abby915
Origine :Twilight
Genre : Yaoi, yaoi yaoi, friendship & romance
Couple : Jacob/Paul LEMON
Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même.
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Chapitre 28 : Esprit sauvage
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POV Jacob
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Est-ce utile de préciser que mon sommeil a été agité à cause du 'je n'serais jamais quelqu'un d'bien pour toi, au final' de Paul. Je ne devrais pas être aussi atteint, mais enfin on ne commande pas ce que l'on ressent. Le mieux est sans doute que je fasse mine de rien, c'est le genre de conversation qui tournerait en rond, comment peut-il en être autrement ? Je dois être maudit en amour, Bella qui est devenue vampire et maintenant un loup garou...Avec tout le respect que je lui porte je ne tiens pas à finir comme Leah, abandonné pour une stupide empreinte !
C'est dans cet état d'esprit un peu morose que je saisi mon portable qui vibre sur la table de la cuisine.
"Allo ?"
"Jacob, c'est Emily, dis-moi Jared devait aller faire les courses avec Kim pour le repas à la maison demain soir, mais elle ne se sentait pas très bien. Tu penses pouvoir y aller avec Paul ? Sam est en patrouille et puis ça ferait du bien à ton chéri de prendre l'air..."
Je soupire en éloignant le combiné avant de le plaquer à nouveau contre mon oreille.
"Ok !"
"Merci Jacob ! Tu n'auras qu'à passer me les déposer ce soir !"
"Ça marche, à tout à l'heure Mily' !"
Je raccroche. Le temps d'appeler Paul et de me changer je jette un coup d'œil à la vielle pendule du salon : il est déjà 18h, la nuit est tombée. Il va pas falloir traîner en route. Cette fois ci je conduis, par tous les moyens !
Lorsque Paul, pour une fois, décide de frapper à ma porte je m'empresse de lui ouvrir. Pourquoi mon cœur rate-t-il irrémédiablement un battement quand il apparait? Sa silhouette se détache de la nuit sombre, éclairée par le spot de la terrasse. Ses yeux aux reflets d'or sont magnifiques, colériques aussi, il affiche une mine contrariée, le manque d'activité en tout genre ne lui réussit pas. C'est peut-être très con mais quand je le vois là, qui se tient négligemment dans l'encadrement de la porte je me dis qu'il m'a manqué. Un sourire se dessine au coin de ses lèvres tandis qu'il me détaille. Les regards ne me suffisent plus et pris d'un élan, d'un besoin de proximité n'ayant rien à voir avec le désir sexuel j'entoure mes bras autour de son cou et me serre contre lui. Il reste figé quelques seconde puis je sens ses mains passer dans mon dos, resserrant notre étreinte. Le sentir si proche projette un sentiment de réalité rassurante, il est là, avec moi. C'est éphémère et sans promesses, mais bien réel.
"Je m'attendais pas à un tel accueil." Il souffle.
Je ne réponds rien, au lieu de ça je me détache assez pour attraper ses lèvres entre les miennes. Je les caresse tendrement, ma bouche se lie à la sienne lentement, avec délectation. C'est bon de sentir sa chair, je passe ma langue sur ses lèvres, objets de tant de mes envies. Je la glisse à l'intérieur de sa bouche, instinctivement il l'ouvre plus, me laissant un accès total à sa cavité buccale. J'intensifie notre échange, nos langues dansent sauvagement ensembles, ses mains se crispent autour de mon corps, signe que l'excitation le gagne. Je vois là une occasion vicieuse, réfrénant ma propre envie croissante je descends l'une de mes mains dans mon dos, à la rencontre des siennes. Il tient encore ses clés de voiture dans l'une d'elle. Il me faut à peine une seconde pour les lui arracher, casser le baiser et me dégager brusquement de sa prise, j'ai toujours été plus rapide que lui.
Je bondis dans sa voiture, côté conducteur sous ses cris de rage. Il me jure les pires sévices et une mort lente ce qui me fait ricaner, fier de mon coup. Contraint et forcé, il monte côté passager. Il râle durant trois bonnes minutes, s'excitant inutilement sur la banquette. Les grands pins se dressent dans l'obscurité, sa voiture émet les ronflements caractéristiques indiquant qu'à tout moment, elle
peut nous lâcher. On commence à parler de Seth et de son évolution en mathématiques, pas très probante d'après Paul d'ailleurs.
"T'sais je vais finir par penser qu'tu m'envoies Seth pour m'occuper."
"C'est un mal ?" Je réplique, surpris par le ton qu'il a employé.
Il renifle dédaigneusement.
"Apparemment t'as mieux à faire que t'occuper d'moi."
Ho ? Il me fait sa crise existentielle ?! C'est pas moi qui dis ou pense ce genre de choses d'habitude ?
"Je devrais peut être allez voir Jared..." Il juge bon d'ajouter, sur le ton de la provocation.
Je ne sais pas à quoi il joue, il joue avec moi...Je ne supporte pas ça. Je grogne férocement, la vielle golfe dérape et manque de quitter la chaussée. Ses paroles ravivent en moi la flamme puissante de la jalousie, mon instinct dominant animal m'hurle qu'il m'appartient. C'est impossible et ça me rend plus fou encore, jamais, jamais il ne sera à moi, peu importe avec quelle force je le revendique. A moins que je ne l'enchaîne dans une cave, isolé pour le restant de ses jours, et j'avoue avec honte que l'idée m'a traversée l'esprit. Mes mains tremblent sur le volant, je fais une embarquée à droite, engageant la voiture sur le bas-côté. Le tas de ferrailles tressaute et gémit lamentablement à l'exercice avant que je ne tire violemment le frein à main, l'immobilisant.
Garé là, sur cette route isolée je coupe le moteur. Je sens son regard osciller entre interrogation et excitation à son insu. Son corps réagit au mien, à ce qu'il dégage, tout comme moi. Je me rue hors de la Golfe, il m'imite et lève les bras au ciel, excédé.
"Non mais tu craques grave !"
J'ai l'envie soudaine de le faire taire. Il a allumé mon désir, trop contenu ces derniers temps. Il croit quoi ? Je voulais juste le laisser se remettre tranquillement, ça m'arrive de penser à son bien-être. J'ai tendance à oublier qu'on parle d'un loup insolant, têtu et ingérable. Je lui saute littéralement dessus et le plaque contre la voiture, son coté colérique ne fait qu'attiser ma soif de lui. Il ronchonne et soupire, agacé. Mon corps presse le sien, mes mains sont plaquées contre la carrosserie, encadrant son visage. Parfois j'admets que je suis difficile à suivre, on est assez similaire sur ce point, notre état d'esprit change du tout au tout d'une seconde à l'autre.
Et il parvient à me suivre lui, s'accordant avec mes envies, son corps réagissant instantanément à la situation. On parle d'âme sœur mais pourtant si mon loup ne semble pas l'avoir choisi il le réclame de tout son être. Paul est la seule personne dont j'ai besoin et il le sait. Un léger sourire orne ses lèvres et son murmure s'échappe dans la noirceur du paysage.
" T'es vraiment taré Jacob Black."
Je souffle dans son cou, sa peau frissonne au contact. Je dépose un baiser sur celle-ci et remonte vers son oreille. Je la mordille avant de glisser :
"Tu m'as toi-même autorisé à te baiser sur le capot de ta voiture..."
Il frémit et me saisit au col, m'obligeant à reculer et à le regarder droit dans les yeux, ses yeux sombres brillent sous la demi-lune. Il y a de la provocation dans son regard, pas besoin de mot. C'est un besoin foudroyant, violent et rapide. Il nécessite d'être assouvi au plus vite, je me sens à l'égal d'un animal.
Sa prise affirmée sur le col de mon t-shirt, il plaque sa bouche à la mienne. Le baiser est fort, ses dents entament ma chair sensible. Il partage ma fougue, le manque de l'autre nous a brûlé de l'intérieur. Je le veux là maintenant, tout de suite, mon loup l'exige. Sa langue force mon entrée et rejoint sa partenaire dans un duel de force. Il gagne ce jeu de domination et j'étouffe un grognement dans le baiser. Mes doigts se sont crispés sur le tissu de son sweat. Il s'écarte uniquement lorsque l'on commence à manquer d'oxygène. J'inhale une grande bouffée d'air. Il en profite pour inverser nos positions et je heurte sans douceur la carrosserie qui couine sous le choc. Il lâche mon col et une main s'accroche à mes cheveux, l'autre descend directement vers ma braguette.
Je sais d'instinct qu'il ne se laissera pas faire si facilement. Pourtant toute lutte sera vaine, le sang d'alpha dans mes veines m'anime et je dois même contrôler mes pulsions pour ne pas le soumettre tout de suite. Mes doigts passent sous le tissu de son sweat et parcourir sa peau sans obstacle m'apparait comme un soulagement. Je fais courir ses muscles sous mon touché, il réagit au moindre effleurement.
Sa main a déjà défait ma braguette et elle est passée dans mon boxer alors que l'autre tire mes cheveux courts. Je laisse échapper un gémissement entre douleur et satisfaction. Il caresse mon sexe en surface, sa main contre cette partie intime me fait réagir davantage, ma queue grossit sous ses doigts. Il apprécie la sensation au vu des sons qui filtrent de sa mâchoire crispée.
Le vent glacé passe entre nos corps, contrastant avec la chaleur de nos caresses. Les grands pins bruissent autour, nous dominant. Le décor s'accorde parfaitement à notre état d'esprit. C'est loin d'être romantique, mais entre nous ça fonctionne ainsi, nous sommes mi-hommes, mi-animaux. Aujourd'hui et sur cette route peu fréquentée c'est un désir instinctif qui nous mène. Sauvage et nécessiteux.
Il enroule plus franchement ses doigts autour de mon sexe et je bouge le bassin pour accentuer le frottement. Je descends à mon tour mes mains vers son aine, puis à la limite de son jean. Je m'empresse de défaire les boutons et je glisse ma main sans plus de précautions dans son boxer. Un soupir de soulagement lui échappe. Il était déjà très dur avant que je ne le touche et mon contact l'électrise, son corps entier se raidit. Il rejette légèrement la tête en arrière, resserrant encore sa prise sur mes cheveux. La douleur me tire un râle. Il desserre immédiatement ses doigts et les laisse glisser sur ma nuque dans une caresse précipitée, tremblante. Il réunit nos bouches, c'est torride, il met toutes ses tripes dans ce baiser, j'ai l'impression que c'est un geste désespéré, destiné à me montrer la puissance de ses sentiments, la croissance de son attirance. La gravité n'a pas réunie nos âmes, mais elle lie intimement nos corps, c'est plus fort que nous.
Mes lèvres saignent contre les siennes, douloureuses mais si tentantes. Impossible de m'écarter, de rejeter la passion qu'il m'offre à travers cet échange. Nos mains s'activent sur nos sexes respectifs, avec le même rythme désordonné, gêné par nos vêtements à peine ouverts. Ses pressions sur ma queue ne me suffisent pas, la proximité est insuffisante. Ressent-il l'urgence de la situation ?
Je romps brutalement le baiser et reprends une goulée d'air bruyamment, il est aussi essoufflé, les lèvres rougies, à demi ouvertes, un appel à la luxure. Il mêle savamment dans ses prunelles assombries par l'envie, un air revêche et asservissant contrasté par la lointaine lueur de la supplication. Il me fascine, c'est un peu pervers et bien hors de mon contrôle. Je lui suis soumis au fond, il peut faire ce qu'il veut de moi dès que le magnétisme agit, il n'en a juste pas conscience. Et peu importe combien j'essaie de le dominer physiquement, dans ma tête c'est lui : son corps et son âme qui me mettent à genoux. Je suis inapte à mener la lutte contre ça. Je voudrais rentrer dans sa tête, observer les profondeurs de ses pensées secrètes...
Mes songes s'emmêlent tandis que je lâche sa virilité sous un grognement désapprobateur. Je descends son jean et son boxer d'un mouvement souple et direct, ne laissant pas place à l'hésitation. Il se débarrasse de ses chaussures rapidement puis vire les vêtements indésirables à coups de pieds. J'aime son efficacité. L'urgence que j'accorde à la situation me surprend moi-même.
J'échange une fois encore nos positions, je la saisi à la taille et fait claquer son dos et son bassin contre la voiture. Un claquement sec se fait entendre. Un son synonyme de douleur quitte sa gorge, il ferme les yeux et les ré-ouvre, plus enflammés encore et ils m'incendient, littéralement. A quoi bon attendre pour ce que l'on peut obtenir tout de suite ? Son corps broyé entre le mien et la voiture fini de me convaincre du bienfondé de mes intentions. Ses traits figés dans une expression bestiale m'affirment que j'ai raison.
Je saisi fermement ses cuisses, il réagit instinctivement en s'agrippant à moi et là je confirme qu'il pèse son poids ! J'ai juste à me déplacer un peu afin qu'il ait le cul sur le capot de sa propre voiture, enfin ! Je le laisse tomber sans douceur et il grogne méchamment. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on fera avancer sa convalescence, mais je crois deviner qu'il s'en fiche à la façon dont il me saisit le t-shirt et me tire contre lui dans un baiser fiévreux. Cette fois-ci c'est moi qui tyrannise sa langue joueuse, il gémit dans l'échange et je dois aussi produire des sons de contentement sans m'en rendre compte, emporté par ma fougue.
Sa bite dressée frotte contre le tissu de mon t-shirt. D'une main je descends mon jean et mon sous-vêtement. Je me redresse et saisis à nouveau ses cuisses, les tire contre ma bite palpitante. Je laisse échapper un grondement sourd. Mon gland est contre son entrée, je me mords la lèvre de toute mes forces, le sang coule sur mon menton. Dans un soupçon d'humanité je crache sans élégance dans la paume de ma main et la laisse glisser le long de ma verge, ce geste me tire un frisson de plaisir. Ses yeux ne m'ont pas lâché une seule seconde, indéchiffrables, il s'est appuyé sur ses coudes pour mieux voir.
Je vérifie mes appuis sur la terre recouverte de feuilles mortes, raffermit ma prise sur ses cuisses et dans un puissant coup de reins je le pénètre entièrement d'un seul coup. Ses omoplates cognent durement le capot, ses bras n'ont pas tenu le choc. Il a rejeté la tête en arrière et s'est fortement contracté en émettant un son réprobateur. Chose qui, à mon grand désarroi, m'excite davantage encore. Il se remet sur ses coudes et je cherche l'accord dans son regard, luttant contre l'envie insolant de marteler son corps. Il affiche une sorte de sourire provocant, je me mords la lèvre, mes yeux plantés dans les siens. Je me retire complétement et me ré-enfonce en lui avec force. Ses coudes ne le tiennent pas et une deuxième fois il s'aplatit sur le capot en grognant, tant pour la douleur de son dos que celle que mon sexe bandé en lui provoque.
Il oublie bien vite l'idée de se tenir redressé et son dos reste à plat sur l'avant de la voiture, son corps est secoué par mes brusques va et vient, ponctués par ses soupirs confondus à quelques protestations. Je le prends violemment, emporté dans ce besoin bestial et vital, des sons méconnaissables franchissent mes lèvres, assimilables aux hurlements d'un loup. En fait je me rends compte avec effroi que je ne commande plus mon corps...Mon désir de possession a dépassé l'entendement à ce point ? Est-ce le fait de le soumettre qui me rend dingue, ou celui qu'il se laisse faire ? J'ai perdu mes esprits.
Et mes pénétrations produisent un claquement sonore à chaque entrée, mes doigts se crispent sur ses cuisses, mes ongles s'enfoncent dans sa chair tendre. Il contracte son corps qui se cambre sous mes yeux, la sensation de ses chairs qui se resserrent autour de mon membre amplifie mon effervescence.
"Ah t'aimes ça hein ?" Ma voix déformée claque dans la nuit.
Il grommelle un truc incompréhensible, comme d'habitude. Je m'enfonce plus profondément en lui si c'est possible en accélérant ma cadence. Comme un cheval emballé au galop, je ne contrôle plus rien, même mes paroles m'échappent : j'ai beau tirer sur les rênes, rien ne s'arrête. Tout continue. Mes phrases sont autoritaires, lâchées à chaque poussées douloureuses
"Tu m'appartient."
"Tu es à moi."
"Ah putain t'aimes que je te baise."
Je ne lui ai pas laissé le temps de répondre, son corps en sueur accablé par mes coups de reins, il s'est contenté de me lancer un regard bizarre. Il me prend pour un psychopathe maintenant c'est sûr ! C'est au-dessus de moi, je suis dominé par moi-même. J'ai beau m'enfoncer de plus en plus violemment en lui il continue d'accompagner mes mouvements, de gémir entre douleur et plaisir lorsque j'atteins sa prostate.
"Tu la sens bien là hein ?"
"T'es vraiment..."
Oups la chose qui a pris possession de mon enveloppe charnelle se stoppe, j'allais dire 'salope' mais je tiens à ma vie.
"...Salope"
Ah ben non. Il écarquille les yeux mais une énième et puissante pénétration le fait gémir, dans une autre situation il m'aurait démoli. Je me dégoute...Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive, je suis hors de mon propre contrôle, je me fais peur. Je me sens comme un animal à l'état primal et lui ne proteste pas. Je me sens minable, pitoyable et pourtant au summum de ma puissance. Le contraste des émotions me fait trembler, de peur, de rage, de plaisir.
Je saisi son sexe et le pompe durement, en rythme avec mes pénétrations. Son sweat est collé à sa peau humide, l'odeur de la transpiration surplombe celle du sexe. Ses traits se déforment dans la jouissance. Je m'efforce de venir à mon tour alors que son sperme coule sur ma paume et le long de sa hampe, un peu sur son sweat aussi. Quelques poussées supplémentaires dans son corps et ma semence se répand en lui, enfin pas pour longtemps. Le cri animal que je pousse résonne entre les arbres puis le silence plane.
Je me retire immédiatement, les jambes tremblant fortement. Nos respirations saccadées et rapides comble le calme environnant. La sienne devient plus régulière tandis que la mienne se désordonne de plus en plus. Je ne sais pas ce qui s'est passé en moi, j'ai ressenti de la haine durant le rapport, envers lui, envers moi. J'avais sciemment envie d'être violent, sans pour autant lui faire mal bien sûr. J'ai perdu la tête et mon corps avec. J'ai l'impression d'être mauvais au fond, ce que je ressens est très mitigé. Mes jambes cèdent et je suis contraint de m'appuyer contre la voiture. Je le vois vaguement se relever et se frotter sa hanche qui a cassé quelques jours plus tôt. Il se penche et saisi son jean, tire apparemment un mouchoir d'une poche...Et je ne sais pas, ma vue devient floue.
Avec lui je suis perdu, mes sentiments me dépassent, mes actes m'échappent, mon désir dérape. Je ne suis plus qu'une poupée de chiffon entre ses mains pourtant je me sens incapable d'être assez bien pour lui. Comme lui ne le sera jamais pour moi. Je peux me convaincre avec toute la violence du monde qu'il m'appartient, tenter de le soumettre par tous les moyens. Au final il est libre, je n'ai aucun droit sur lui. Je lui en veux affreusement pour ça, au moins autant que je m'en veux de me comporter de cette manière avec lui. Les choses dépassent nos compétences, elles me serrent le cœur, j'ai comme un poids qui m'empêche de respirer convenablement.
"Allez bébé on va pas coucher là !"
Sa voix revenue presque normale me reconnecte avec le commun des mortels, il est juste à côté de moi, tout près. Mu par un besoin irrépressible je le serre brusquement contre moi, de toutes mes forces. S'il semble surpris, la détresse de mon étreinte l'oblige à s'y noyer, il me serre à son tour. J'ai envie de pleurer, submergé par mes sentiments, chose que je ne fais pas, bien entendu ! Un loup garou qui chiale ça le fait pas ! Je m'entends chuchoter faiblement, la voix instable :
"Me laisse pas, pars pas."
Il resserre ses bras autour de moi et dois surement se dire que la folie me gagne. Après le sexe en général on a les langues plus déliées, son timbre se veut rassurant :
"Je t'aime."
Bien articulé, bien net, bien clair. Ses paroles me glacent, je me raidis. Je le hais à nouveau. Comment peut-il avoir l'audace de me sortir ces mots ? Je suis perdu, noyé dans mes émotions. Je me détache de lui et le fixe, choqué. Je ne parviens pas à comprendre sa vision des choses. La passion que j'entretiens pour lui me mène au rejet, je passe du froid au chaud en deux secondes. Je le veux, je le veux, je le veux et pourtant...Je ne l'ai pas, pas vraiment. Je me sens frustré et je l'en tiens pour responsable. Au final, moi non plus je ne serais jamais quelqu'un de bien pour lui, je ne me contrôle pas, je déborde et malgré ça je suis incapable de faire déborder mon affection pour lui, ce sont les mauvais vases qui débordent...J'ai une tare qui se confirme quand je m'entends dire :
"Ta gueule." D'une voix sèche. Je continue : "Tu dis n'importe quoi."
Et je le pense. Il grimace et me fixe étrangement, ses orbes brunes sont indéchiffrables. Il ne dit rien et ça me met hors de moi. Mon corps n'a pas cessé de trembler légèrement. Je ne me contrôle plus du tout, IL me met hors de contrôle. Pour ça je le déteste, il remue trop de trucs en moi, c'est troublant.
"Va te faire foutre !" J'hurle sauvagement.
Que c'est ironique ! Lui que l'on juge instable et emporté, pourtant c'est moi qui phase dans un cri de rage, explosant en miettes mes affaires. La dernière chose que je vois en m'enfuyant dans la forêt c'est Paul donner un coup de poing contre la carrosserie qui se tord en grinçant sous le choc. Il maitrise tout de même sa colère.
Puis il s'efface, la fuite c'est ce que je sais faire de mieux. Je suis lâche et j'ai peur, c'est vrai. Alors je rejette Paul en essayant de me protéger, c'est ridicule. Je suis violent avec lui et au final ça me fait mal, pourtant c'est un besoin vital de le posséder. Je me demande si mon désir intense de domination vient seulement de mon sang d'Alpha ou si c'est la crainte de mes sentiments qui le renforce.
Bella m'a fait souffrir, elle a réduit mon cœur à néant. Chaque jour je ressens la peine de Leah face à l'abandon de Sam, pourquoi les choses seraient différentes pour Paul et moi ? J'aimerais me détacher de lui en un claquement de doigts. Maintenant j'ai la conviction que ce n'est absolument pas sexuel, loin de là. Assouvir mes besoins ne me satisfait même plus. Je suis lamentablement pathétique. Actuellement il doit me prendre pour un psychopathe, au demeurant ce n'est pas faux ! Quand il me dit qu'il m'aime ça n'a pas la même dimension que ce que je ressens, il est toujours sous contrôle, moi je me perds dans ces sentiments, si puissants, destructeurs. Oui je l'aime, intensément, mais là je ne veux pas le voir.
Il ne s'excusera pas, il a trop souvent mis sa fierté de côté pour moi déjà. Je n'irais pas non plus vers lui. Je suis plus fort que ça, je refuse d'y penser. Je lui crie intérieurement de sortir de mon esprit, de stopper ce magnétisme qui me déglingue le système. En vain !
Mes pattes foulent le lit d'épines de pins brunâtres, les écartant sur leurs passages. Le vent s'infiltre dans ma fourrure rousse, je zigzag habilement entre les arbres, saute par-dessus les branches échouées face contre terre. Les conifères majestueux me cachent du monde, ils forment autour de moi une coquille sombre et rassurante. Je pousse au maximum de mes capacités, jusqu'à l'asphyxie, l'engourdissement complet de mes membres éprouvés.
Je suis déjà tombé, j'ai perdu ma volonté propre. Il m'a mis face contre terre, m'assujettit sans même le savoir. Après Bella je me suis fait la promesse que plus jamais je ne serais ce Jacob-là, niais, naïf et amoureux. Et je lutte contre ça, avec la force qu'il me reste et cette fierté enterrée il y a des années pour elle. Pour tout ça je lui en veux, à lui.
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Note : veronicka pour te répondre, cela nous fait un point commun je hais aussi l'imprégnation, le coup de Seth c'est parce que j'ai lu beaucoup de fiction ou le loup s'imprègne d'un mec et se dit "merde je suis pas gay !", j'ai trouvé drôle de faire l'inverse, avec une femme plus âgée en plus. Mais vu que je n'aime pas l'imprégnation rien ne sera simple. J'ai songé à faire s'imprégner l'un des deux je reconnait, mais pour que ça puisse les séparer il aurait fallu que je crois à l'imprégnation, ce qui est loin d'être le cas ! Ahah ! Bises
