Bonjour. Allez je suis gentille, c'est le début de semaine et je vous poste le très long chapitre 28, où on retrouve nos deux amoureux en plein action (pas de pensées perverses svp :p), en réalité, ce sont des vrais bras cassés. J'espère que ça va vous plaire. Bonne lecture. Merci aux derniers pour leurs reviews. Profitez du long chapitre et que je poste à intervalle pour une fois, ça sera pas tous les jours Noël.
Jo ne tarda pas spécialement. Elle avait trouvé un petit fast food à deux pâtés de maison de l'école, en voiture, elle s'y était arrêté, sans se poser plus de questions quant au type de nourriture qu'elle avait acheté, tout ceci était simplement normal pour elle.
Elle fut plutôt surprise de voir Henry, tranquillement assis dans les gradins, il fallait dire qu'elle ne pensait pas qu'il la prendrait au pied de la lettre mais cela voulait dire que ses menaces fonctionnaient. Elle fit un petit sourire. Peut être devrait-elle en abuser plus souvent.
Elle monta les quelques marches qui séparaient le terrain d'entrainement, des gradins et Henry releva les yeux quand sa silhouette, lui fit de l'ombre. Il regarda le sac qu'elle avait dans les mains et fit une horrible grimace.
Jo s'installa à côté de lui et posa le sac entre eux, il y jeta un oeil méfiant, rien que l'odeur ne lui disait rien qui vaille.
- bon ! J'ai trouvé de quoi nourrir nos estomacs pour ce soir.
Elle sortie un énorme hamburger avec des frites et une boisson de la taille de sa main. Henry eut des remontées, en regardant le reste du contenu. Il déposa le journal et fronça des sourcils, quand elle s'apprêta à croquer dans son hamburger
- quoi ?
- Jo... Qu'est ce que c'est que ça ?
Elle secoua la tête, faisant un geste avec ses bras pour lui faire comprendre qu'elle ne voyait pas où il voulait en venir.
Henry, désigna le sachet du fast food, comme ci ce dernier pouvait l'attaquer.
- c'est quoi le problème Henry ? - demanda t-elle, frustrée
- c'est ça le problème - dit-il, en pointant un doigt accusateur sur le hamburger qu'elle tenait.
- quoi ? Tu n'aimes pas les hamburgers ? Franchement, tu chipotes pour rien. Tu t'attendais à trouver un restaurant cinq étoiles dans cette partie de la ville ou quoi ? J'en savais rien, t'avais qu'à me le dire. J'assume que toute personne vivant en Amérique, aime les hamburgers.
Henry se retint de se frapper le front au sol.
- ça n'a rien à voir avec le fait d'aimer ou pas, c'est juste que... - il prit une mine dégoutée, Jo crut qu'elle allait lui faire avaler son hamburger de force - ce n'est pas de la nourriture ça, Jo.
- parce que t'es diététicien aussi maintenant ?
- Non.. Ce n'est pas le point mais, cette odeur, c'est juste insupportable
Elle roula des yeux ronds et croqua une énorme bouchée de son pain, juste pour l'embêter deux fois plus et elle parla la bouche pleine
- tu me surprendras toujours. T'es capable de supporter les odeurs de cadavres toute la journée mais l'odeur de frites et hamburgers te retourne l'estomac ?
- si ce n'était que ça. T'as une idée de ce qu'ils mettent la dans ?
Jo haussa des épaules et continua de mâcher
- non et je m'en fous !
Elle continua de manger, tout en ayant un petit air satisfait. De plus, elle ne faisait rien pour être discrète, en sirotant sa boisson bruyamment. Henry se demandait ce qui s'était passé après les années 1900, pour que les « jeunes » aient de si mauvaises manières.
Il regarda de nouveau le contenu du sac. Jo s'était quand même donné du mal, elle avait payé avec son argent, un menu pour elle et pour lui. Elle lui avait pris la même chose qu'elle, un hamburger pas tellement rempli de salade, deux tranches de cheddar et deux énormes steaks grossiers entre deux morceaux de pain. Les frites étaient vulgairement emballées dans un petit carton rouge et la taille de la boisson, pourrait lui faire, faire des aller-retours aux toilettes pour les dix prochaines heures.
Quand Jo eut terminé son hamburger, elle regarda les frites et se dit qu'il fallait mieux qu'elle les garde pour l'observation, juste au cas où, elle aurait encore un petit creux. Elle regarda Henry, qui était toujours aussi blanc qu'un linge.
Elle lui pinça délicatement le bras
- allez, est ce que tu as déjà essayé au moins une fois dans ta vie ?
Henry secoua la tête, comme ci il venait de se faire insulter
- bien sûr que non. Ce genre de nourriture est bannie chez moi. Ce n'est pas de cette façon que j'ai été élevé.
Jo ne sut comment le prendre et grogna
- j'espère que tous les Anglais ne sont pas aussi snobs que toi. Parce qu'en Angleterre, vous mangez vraiment tous comme des bourgeois ? Tu vas pas me dire que y'a pas un petit Mcdo dans le coin, je ne te croirais pas.
Il soupira
- il y autant de fast food qu'ailleurs, peut être pas autant qu'ici aux États Unis mais je n'y ai jamais mis les pieds. Comme je te l'ai dit...
Elle le coupa
- oui oui, ça va j'ai compris. Mais je te signale, on en a pour un moment ce soir, on ne sait pas combien de temps leur rendez vous va durer donc tu n'auras rien à te mettre sous la dent, et tu auras faim donc franchement, ne fais pas l'enfant, ça ne va pas te faire de mal, juste une fois... Au pire des cas, tu feras dix tours de terrain si tu te sens trop mal.
Il la fusilla du regard et elle éclata de rire. Elle se releva en prenant une oreillette avec elle
- où est ce que tu vas ?
- on ne sait pas trop de quel côté du gymnase ils vont parler mais j'aimerais bien entendre leur conversation. J'ai une oreillette bluetooth, on en aura une chacune pour les écouter. Je vais la cacher derrière les casiers. En attendant, essaie de faire connaissance avec ton Big Mac.
Elle descendit, toute joyeuse, peut être un peu trop au gout d'Henry, qui aurait tout donné pour manger tout sauf cette immonde nourriture à côté de lui.
Pendant que Jo faisait sa petite emplette, il plongea la main dans le sac, en fermant les yeux, comme ci il commettait le pire des péchés du monde. Il ouvrit lentement la boite qui contenait le hamburger et resta longuement à le regarder, en tirant une tête de dégout. Il prit une longue inspiration. Jo avait raison, ils n'allaient pas être dehors de si tôt, donc autant qu'il ait quelque chose dans l'estomac mais il sentait qu'il allait fortement regretter ceci, pour le reste de sa très longue vie
- Cette femme m'aura fait franchir toutes les limites que je me suis imposé depuis deux siècles.
Il croqua lentement dans le hamburger et se surprit à ne pas trouver le gout si désagréable qu'il l'aurait pensé.
Il avala sa première bouchée et regarda le pain avec une grande surprise, comme ci, il allait lui révéler son secret.
- ça alors ! - s'exclama t-il à haute voix, tandis que Jo revenait prés de lui et s'esclaffa
- je le savais ! Tu n'en avais jamais gouté et maintenant tu te rends compte que ce n'est pas si mauvais que ça, n'est ce pas ?
Henry n'aurait jamais avoué ceci de son plein gré. Il avait bien trop de fierté et Jo avait sans doute raison, son côté snob devait y jouer un certain rôle.
Il croqua une autre bouchée, en marmonnant.
- oui, bon d'accord. Je le reconnais. L'odeur m'a toujours repoussé mais je n'en avais jamais gouté et je m'attendais vraiment à tout autre chose mais au final, la texture est plutôt bonne pour le palais, si on oublie le côté gras de la chose. Je ne risquerais pas d'en abuser, c'est peut être bien la première et dernière mais quoiqu'il en soit, c'est un repas suffisant pour dépanner lorsqu'on a pas le temps.
Jo acquiesça, sentant une grande fierté l'envahir d'avoir pu corrompre Henry, en quelque sorte.
- ou qu'on a pas d'argent. Un menu coute 5 dollars, alors si tu n'as pas grand chose dans ton porte monnaie, ça peut faire l'affaire. Au pire tu peux toujours prendre un menu enfant.
Il la regarda longuement, comme ci il la jugeait et elle éclata de rire. Elle lui tapota doucement le genou
- je te taquine. Mais ça peut arriver.
Il continua de manger tranquillement, en souriant. Cette jeune femme était vraiment un cas à elle toute seule et il était bien ravi de partager une si belle amitié avec elle, bien qu'ils ne se connaissaient que depuis peu, mais il avait l'impression, qu'ensemble, ils allaient franchir des grandes étapes.
Jo vérifia si ses deux oreillettes fonctionnaient
- bon ! Tout m'a l'air correct. Henry, prends celle ci, je vais descendre et dire n'importe quoi et tu me diras si tu m'entends, okay ?
- très bien.
Elle se mit au centre de la pièce, en vérifiant bien que la distance serait suffisante pour porter sa voix et surtout pour qu'Henry l'entende.
Elle fit un sourire sadique
- Henry, tu es drôlement bien foutu pour un légiste.
L'immortel s'étouffa dans son hamburger et Jo rigola, et lui dit
- j'ai la confirmation que tu m'as entendu.
Henry eut du mal à faire descendre le morceau de steak et écarquilla grand les yeux quand elle revint, l'air innocent.
- tu aurais pu éviter ce genre de commentaires, quand je mange surtout.
- désolée. Je n'ai fait que dire ce qui me passait par l'esprit - répondit-elle, d'un air angélique.
Il termina son hamburger et but un peu de sa boisson, qui était du thé glacé. À croire que Jo connaissait sa faiblesse. Il était un fana de thé, peut être pas les thés industriels comme celui ci, mais il se surprenait une nouvelle fois, à aimer le gout.
Ils discutèrent ensuite pendant un bon moment, il semblait qu'ils avaient toujours quelque chose à se raconter. Puis vers 20h, comme prévu, ils entendirent du bruit provenant de la porte d'entrée du gymnase. Jo fit signe à Henry de descendre légèrement plus bas, de sorte à ce que le mur qui séparait les gradins du haut et ceux du bas, puisse les cacher.
Ils s'assirent devant les bancs, bien dissimulés derrière le mur et Jo jeta un oeil vers leurs nouveaux arrivants, qui étaient de toute façon, dos à eux, et n'avaient aucune chance de les voir, de la où ils étaient.
Elle fronça des sourcils et sortit sa paire de jumelles, en sentant le souffle d'Henry, derrière elle
- qui tu vois ? - demanda t-il, bien trop prés de sa nuque pour qu'elle réussisse à avoir des pensées cohérentes.
- il y a bien le maire, comme Hanson nous a dit
- est ce qu'il y a le directeur ?
Jo regarda longuement, car de dos, elle n'arrivait pas à reconnaitre la personne mais il se mit légèrement de profil et elle secoua la tête négativement
- non ! Je n'arrive pas à voir qui c'est... Je pense que c'est une personne qu'on a pas encore rencontré.
Henry se colla complètement contre le dos de Jo, pour tenter de voir par dessus son épaule et lui fit signe de lui donner les jumelles. La jeune femme, se demandait comment elle faisait pour ne pas transpirer, avec toute cette proximité.
Henry regarda longuement l'interlocuteur avec le maire, tandis que Jo tentait tant bien que mal, de suivre leur conversation
- son visage me dit quelque chose - murmura t-il
Il se souvint, qu'il avait vu cet homme lorsque lui et Jo, étaient venus interroger le directeur, le tout premier jour. De plus, il trainait assez souvent, du côté de la classe, qu'ils géraient en ce moment.
Et quand l'homme finit par parler, Jo et Henry se regardèrent
- est ce que le directeur est au courant ? - demanda la voix du maire
- non. Enfin, bien sûr, il sait que Pablo a été tué mais il n'a juste pas idée de qui pourrait être derrière tout ça. Moi je suis prêt à ce que cette école soit démolit, si vous me donnez l'argent que vous avez promis.
- c'est l'une des deux voix qu'on avait entendu plus tôt - chuchota Jo
- exactement ! Et il est souvent devant la classe qu'on a. Il a surement quelque chose à voir la dans, mais impossible de déterminer si il s'agit du tueur ou pas.
Le maire sortit une liasse de billets, qui aurait de quoi en faire rougir plus d'un, et le remit dans la main de son interlocuteur
- merci ! Vous pouvez compter sur mon silence, de plus avec ces deux flics dans le coin, il faut vraiment être sur nos gardes
- je sais bien ! Leur radar va forcément rapidement se mettre en garde. On ne peut plus perdre de temps. Je t'ai donné ton argent. Tu as la clé ?
- oui.
Jo et Henry purent observer un échange de clé, qui ressemblait à une clé de casier de loin et Henry se félicita mentalement d'avoir eu raison, lorsque le maire en ouvrit un et déposa une enveloppe.
- ça devrait faire l'affaire pour le convaincre, pour le tout.
- parfait !
Chacun entendit un autre bruit de porte. Le maire et l'homme avec qui, il avait rendez vous, se regardèrent.
- il faut qu'on parte de la. Merci de ta confiance
- merci à vous.
Ils regardèrent autour d'eux, pour être sûrs qu'ils n'étaient pas traqués et quittèrent rapidement les lieux, tandis qu'une femme de ménage rentrait dans le gymnase avec sa serpillère pour nettoyer, sans se préoccuper de ce qui avait pu se passer quelques secondes auparavant.
Jo déposa les jumelles et regarda Henry, qui était toujours collé à elle et elle souffla
- je n'ai absolument rien compris à tout ce charabia. On dirait que tout ce petit monde est complice dans la mort de Pablo
- ça m'en a tout l'air - répondit Henry, d'un ton nerveux
Lui même ne savait plus quoi penser. Il était certain de l'arme du crime, mais maintenant il n'était plus sûr si il y avait eu un ou plusieurs agresseurs. Il s'appuya contre un banc, en essayant d'éliminer les probables théories, pendant que Jo observait les casiers
- quoiqu'il en soit, il va falloir regarder dans ce casier, pour savoir ce que le maire y a mis.
Henry ne répondit pas et se contenta d'un simple
- hmm hmm
Jo le regarda de nouveau et se demandait bien quelle théorie loufoque, il allait encore sortir. Il cligna des yeux et parut particulièrement frustré
- qu'est ce qui se passe ? - demanda t-elle, d'un air amusé - tu n'arrives pas à trouver la logique de cette agression ?
- c'est exactement ça. En réalité, maintenant j'ai un doute... Il me semblerait que nous ayons à faire, non pas un mais deux agresseurs. Je dirais que le maire vient de déposer une bonne somme d'argent dans le casier d'un autre, pour qu'il prenne le blême à la place de qui que ce soit qui soit responsable. Et quelque chose me dit, que monsieur qui veut détruire l'école y est pour quelque chose et peut être bien son contact, mais ça je n'en suis pas certain.
Jo ne voyait vraiment pas un maire aussi empoté que lui, assommer quelqu'un avec un baton d'escrime, mais bon, quand la folie meurtrière prenait, il semblait qu'il ne fallait pas tenter de comprendre les raisons.
- dans ce cas, pour voir si tu as raison, on va descendre et ouvrir ce casier.
- ça me va très bien.
Une fois que la femme de ménage fut sortit, ils descendirent et marchèrent vers les casiers, où Henry continua son petit monologue, tout en revoyant le corps de Pablo, allongé dans sa morgue
- maintenant que j'y repense, une seule personne n'aurait pas pu à la fois utiliser le casque et le baton d'escrime, surtout vu la précision de ce dernier. Quant au casque, il a vulgairement été utilisé pour créer l'hématome que nous avons trouvé à l'arrière du crâne de Pablo.
- Attends, quel bâton d'escrime ? Ce n'était pas prévu au plan ça.
- Je viens de me rappeler que Pablo avait une autre blessure légèrement perforée, au niveau de son ventre, faite exactement par un bâton d'escrime. Le traumatisme crânien l'a tué, c'est une évidence mais avant ça, il a prit un bon coup avec ces trucs qu'ils utilisent pour se battre et je dirais à un moment où il était bien vulnérable et pas protégé du tout.
Jo ne dit rien pendant quelques secondes. Henry continuait de la surprendre de jour en jour. Il semblait qu'il trouvait toujours un retournement de situation la où personne n'était capable d'en voir un.
Elle finit par dire
- c'est intéressant. Mais dans ce cas, si le coup de bâton était précis, nous avons à faire à quelqu'un qui est expert en escrime.
- exactement. Donc j'ignore si cet homme avec qui le maire a parlé. Il va falloir qu'on vérifie si il a donné des cours d'escrime ou qu'il en donne.
Arrivés au niveau des casiers, bien fermés, Henry se demandait comment ils allaient pouvoir trouver quoique ce soit.
- tu n'aurais pas appris à crocheter les serrures durant ton enfance en Angleterre, lorsque tu étais punis, n'est ce pas Henry ?
- j'aurais souhaité avoir ce talent Jo mais ce n'est pas le cas. J'ai bien peur qu'on ne puisse pas ouvrir ce casier, avant que qui que ce soit le fasse lundi.
Jo le trouva trop prévisible et fit un grand sourire.
- allez pousse toi de la grand père.
Elle prit une épingle à cheveux qu'elle inséra dans la serrure du cadenas et elle s'ouvrit si facilement, qu'Henry en fut déconcerté
- je crois que je ne vais pas poser de questions.
- je sais que tu en meurs d'envie de toute façon - répliqua Jo - mon père n'était pas le plus sage, il était même tout le contraire, donc une certaine jeune fille a apprit toutes les mauvaises combines dans son enfance. Et maintenant que je suis flic, elles me servent bien aussi.
Henry fut plutôt surpris. Jo était une flic si sérieuse, qui faisait un boulot formidable, il n'aurait jamais pensé, qu'elle aurait eu un père dans le genre criminel ou quelque chose comme ça en tout cas.
Jo attrapa l'enveloppe et en sortit une liasse de billets, comme elle s'en doutait, mais dedans, un petit mot y était glissé.
- bah voyons donc. C'est encore autre chose ça
Henry lut par dessus son épaule, une écriture rapide et tout juste lisible
- l'argent c'est pour ton silence et tu sais ce qu'il te reste à faire. Tout se passera bien pour tout le monde et quand tu sortiras, tu pourras être loin, mais c'est le prix à payer si tu le fais à notre place.
Le couple s'échangea un regard plutôt inquiet
- c'est bien curieux tout ça - attesta Henry
- et surtout assez effrayant. On ne sait toujours pas à qui ce casier appartient et cela ne nous en dit pas plus sur le ou les responsables.
Henry commença à tourner en rond et finit par trouver une solution
- comme demain c'est samedi, que dirais tu si on interrogeait absolument tout le personnel de l'école ? Y compris une nouvelle fois le directeur lui même ? Et nous obliger à dire tout ce qu'ils peuvent savoir. Je pourrais voir à qui est dédié ce mot sympathique et on pourra l'obliger à cracher le morceau, éventuellement. Une personne coupable ou menacée, n'est jamais calme durant les interrogatoires.
Jo n'aurait pas vraiment pensé à ceci mais Henry avait vraiment un esprit brillant et cela ne la surprenait guère.
- effectivement. Beau travail. On va faire ça. Je vais appeler Hanson et lui dire de convoquer tout le personnel au 11 pour demain et de faire passer le message à Reece aussi.
- très bien.
Pendant que Jo faisait son appel, Henry regarda dans les couloirs déserts de l'école, en pensant encore à autre chose. Il finit par faucher compagnie à Jo, qui ne le manqua pas évidemment et elle soupira
- Mike ! Il faudra que je te rappelle plus tard, tu as bien noté tout ce que j'ai dit ?
- oui. Je suis dessus.
- okay ! À plus
Jo suivit rapidement Henry qui errait dans le couloir, comme un fantôme et elle se disait que la prochaine fois, il faudrait qu'elle le tienne en laisse.
Il tourna à une intersection et se dirigea vers le bureau du directeur, mais avant qu'il ne fasse une bêtise, Jo le rattrapa
- hey ! Henry ! Je peux savoir ce que tu fais ?
- je viens de penser que tous les noms des professeurs, ainsi que la matière qu'ils enseignent, se trouvent dans le cahier d'appel. Il faut à tout prix qu'on mette la main dessus. C'est de cette façon qu'on va pouvoir découvrir qui est le professeur d'escrime, enfin le ou les.
- Henry ! On était ici que pour observer. On ne peut pas rentrer dans un bureau et prendre un cahier, on a pas de mandat. On va se faire coller un procès au cul
- je le sais bien. Mais on peut faire comme tu as fait avec l'argent et le mot. Prendre des photos.
Il tourna la poignée et à sa plus grande surprise, elle était ouverte. Il rentra et Jo crut qu'elle allait l'étrangler
- Henry !
- tu viens ou pas ?
Elle grommela entre ses dents, qu'un jour, elle allait le tuer et à petits feux.
Elle alluma sa lampe torche et ils parcoururent le bureau poussiéreux du directeur et Henry reconnut rapidement le cahier d'appel et se dirigea vers lui. Il y avait tout juste de la lumière sur lui et Jo se demandait comment il pouvait voir aussi bien, dans le noir.
Avant qu'il ne l'ouvre, Jo se précipita à ses côtés, et posa sa main sur la sienne, ce qui le surprit
- attends. Tu ne peux pas l'ouvrir à mains nues comme ça.
Elle ressortit une paire de gants en plastique, qu'elle lui tendit
- on ne sait jamais. Il faut toujours être prudent.
Henry sourit
- tu as décidément toute ta petite panoplie, pour une simple observation.
- un flic se doit de faire son travail, peu importe les circonstances.
Ils parcoururent longuement les pages, avec des notes plus ou moins inutiles. Ils se demandèrent si être directeur, avait de quoi rendre si stupide pour écrire des âneries pareilles.
Henry finit par trouver la page qui relatait toutes les infos sur les profs et leur matière. Il chercha du bout du doigt, le mot escrime, Jo l'éclairant pour faciliter la tâche.
Deux noms finirent par ressortir, d'abord celui de Pablo
- il faisait aussi de l'escrime aux enfants - susurra Jo
- on dirait bien que oui. Et le deuxième nom : David Cruz. C'est peut être lui qu'on a vu avec le maire, il avait des airs hispaniques
- c'est bien vrai - avoua Jo
Henry referma le cahier et regarda sa partenaire
- alors, demain, il faut à tout prix faire craquer la personne qui a reçut ces gentilles petites menaces pour faire de la prison à la place du responsable.
Jo acquiesça. Ils remirent tout en place et quittèrent l'établissement pour rejoindre la voiture de la jeune femme. Ils avaient beaucoup appris ce soir la. Ils furent sur le point de rentrer, quand ils entendirent de nouveaux éclats de voix, enfin plutôt une et il s'agissait de la personne qui avait eu rendez vous avec le maire.
Il était au téléphone, un arbre le séparait de Jo et Henry, dont la voiture était juste garée sur le parking, derrière l'arbre en question.
Jo se pinça les lèvres. Elle savait que si elle ouvrait la voiture, ils allaient rapidement se faire coincer. Ils se firent tout petits derrière l'arbre, quelque peu abrités par le capot de la voiture.
- tu en es sûr ? - demanda la voix, qui semblait vraiment de mauvaise humeur... J'ignorais qu'on avait un témoin. Mince, ça change encore tout. Même l'argent ne risque pas de le faire craquer, si on a un témoin, cela va nous compliquer l'affaire. Tu sais qui c'est ?
Henry et Jo auraient souhaité entendre la personne qui était à l'autre bout du fil. La voix se tendit, et il poussa un long soupir
- bien ! Je m'en chargerais. Aucun obstacle sur notre route.
Il raccrocha et partit dans la direction opposée, sans voir Jo et Henry, qui en furent bien soulagés. Henry se leva d'un bond
- bon ! Je suis presque certain que celui la est l'un des tueurs, et je ne sais pas qui est le témoin mais quelque chose me dit que ça ne sent pas bon pour lui.
Jo réfléchit un instant, en se frottant le menton quand elle eut une lumière.
- Stacy !
- pardon ?
- c'est Stacy le témoin. Elle évite de nous parler depuis qu'on l'a rencontré et j'ai toujours eu des doutes, elle est bien trop bouleversée. Elle a tout vu, c'est certain et ce mec va certainement essayer de la retrouver. Il faut qu'on aille chez elle pour la prévenir et assurer sa protection et l'embusquer. On ne peut pas le laisser tuer une enfant.
Jo venait de raisonner comme Henry et ce dernier était plutôt impressionné, téléphone à la main, elle sauta sur son siège auto, Henry fit de même, elle mit les sirènes en prévenant Mike de ramener une équipe, qu'une petite fille avait besoin de leur aide. Il semblait que cette nuit la, ils n'étaient pas prêts d'aller se coucher.
