Précedemment : En tentant de sauver Brennan, Booth se fait tirer dessus par Kent qui se fait ensuite tuer par Max. Avant de perdre conscience, sentant sa vie s'évaporer, Booth avoue à Brennan qu'il l'aime.

NA : Merci pour tous vos commentaires, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu autant de commentaires pour cette histoire!


Chapitre 28 : Lumière

Les premiers rayons de lumière qui traversèrent ses paupières agressèrent un court moment ses yeux. Une douleur envahit sa gorge. Elle sentait ses lèvres gercées se craquer sous ses premiers mouvements et les brûlures dans son gosier rendaient sa respiration insoutenable. Elle laissa s'échapper un gémissement et une main glissa immédiatement dans la sienne.

C'est à ce moment que ses bras, ses jambes, son abdomen se mirent à piquer à un point tel que le simple fait d'être réveillée devenait tranquillement insupportable. Le picotement devint une torture. Laissant sortir un hurlement sourd de douleur, elle entendait à ses côtés le bip-bip de l'électrocardiogramme accélérer et bientôt, le visage familier et rassurant de sa meilleure amie apparut sur elle.

« Booth », murmura-t-elle avant de sentir la douleur qui traversait tout son corps s'apaiser et bientôt, ses paupières se refermaient sur ses yeux qui s'étaient habitués à la lumière.


Il ne savait comment il s'était retrouvé là. Les grands arbres qui surplombaient les acres de verdure qui lui rappelait les parcs de son enfance fournissaient l'ombre nécessaire pour que cette journée chaude soit supportable. Se déplaçant à travers les bancs, les modules de jeux et les buissons, il tentait de savoir où il était, ce qu'il faisait là.


Elle ouvrit les yeux. La sombre pièce dans laquelle elle se réveillait ne lui était pas familière. Couchée dans un lit, les bras, les jambes et l'abdomen bandés comme une momie, elle laissa sortir une expiration tremblante. La pièce était minuscule. Des dizaines d'appareils l'entouraient. Le seul son qu'elle entendait était un tintement régulier.

Bip bip

Bip bip

Bip bip

Elle leva les yeux. Un électrocardiogramme donnait les lectures de ses signes vitaux et elle sentait la pince de prélèvement qui lui serrait le majeur. Les lampadaires de la ville poussait à travers les stores la seule source de lumière qui éclairait la pièce, sauf pour ce filet blanc qui se faufilait sous la porte.

Elle tourna sa tête. À ses côtés, endormie dans une chaise, était recroquevillée une forme qui semblait calmement veiller sur elle.

Sa gorge sèche devint soudainement inconfortable. Alors qu'elle tentait de laisser sortir un son, elle leva la main pour prendre le verre qui était placé sur une table entre elle et l'homme qui dormait dans la chaise. Son bras engourdi avait perdu toute sensation et avec une maladresse endormie, elle laissa tomber le verre de plastique au plancher dans un tapage sonore.

L'homme sursauta et se redressa droit sur son siège observant avec attention et méfiance ce qui se passait dans la chambre.

« Tempe, souffla-t-il en voyant sa fille éveillée.

- Papa?

- Je suis là ma chérie.

- Où suis-je?

- Tu es à l'hôpital. Kent… il t'a fait plusieurs vilaines coupures. Il ne t'a pas pris plus de deux minutes après que nous t'ayons libérée pour que tu perdes la carte. Tu as une commotion et plus d'une dizaine de lacérations partout sur le corps. Les médecins ont préféré t'endormir le temps que la douleur s'apaise.

- Booth.

- Tu étais en train d'appuyer sur les blessures de Booth quand tes coupures se sont mises à saigner abondamment. Tu as perdu beaucoup de sang. Les médecins ont dû te faire une transfusion.

- Booth, comment va-t-il?

- Ma chérie… Max tenta de prendre son ton le plus réconfortant.

- S'il-te-plait, dis-moi qu'il va bien! Elle sentait les larmes remonter à ses yeux et un chat envahit sa gorge.

- Ma chérie… lorsque tu… as perdu conscience… les ambulanciers sont arrivés. Booth avait déjà perdu énormément de sang.

- Papa…

- Les médecins disent qu'il est mort dans le transport en ambulance ».

En entendant ces paroles, l'inspiration qu'elle prenait ne se rendit pas à ses poumons. Elle essaya à nouveau, puis à nouveau. Mais elle n'arrivait pas à pousser l'air au-delà de sa luette. Ses lèvres se mirent à trembler.

« Non…

- Ne panique pas! Ils ont réussi à le réanimer, mais il a manqué d'oxygène pendant un bon moment. Il est toujours en chirurgie à l'heure qu'il est, mais le pronostic n'est pas très optimiste, ma chérie. Même s'il survit à l'opération, il n'y a rien qui laisse croire qu'il n'aura pas de séquelles.

- Oh non! Papa!

- Je sais que tu tenais à lui ma chérie.

- Je veux le voir.

- Il est en chirurgie.

- NON! Je veux le voir.

- Ma chérie. Demain. D'accord. Demain. Lorsqu'il sera sorti du bloc opératoire, tu pourras le voir. Le médecin voulait te garder sous observation et le FBI souhaite te faire voir un psychiatre avant de te faire sortir d'ici.

- Non, je déteste la psychologie.

- Mon ange, tu as été kidnappée, torturée et l'homme qui t'a sauvée, un homme que tu aimes beaucoup, ne va peut-être pas s'en sortir. Voir un psy va peut-être t'aider.

- Non, répéta-t-elle fermement.

- On en reparlera demain. Je vais chercher l'infirmière, elle va te donner quelque chose pour t'aider à dormir ».

Elle aurait aimé protester, mais alors que la médication commençait à s'estomper, elle commençait à sentir chaque coupure sur son corps la brûler. Elle hocha oui de la tête et regarda son père sortir de la pièce.

Booth.

Booth allait peut-être mourir.

Et c'était tout ce à quoi elle pouvait penser.


Autour de lui, dans ce magnifique parc où il était apparu par magie, des dizaines d'enfants s'amusaient à jouer à la marelle ou au football. Certains faisaient semblant d'être coincés sur un bateau pirate, cherchant à traverser la mare à travers les barres d'escalade sans se faire attraper par d'autres enfants qui personnifiaient des crocodiles. Un peu plus loin, un solitaire petit garçon nourrissait des canards, leur fournissant une miette à la fois, des morceaux de sa mie de pain que sa mère qui le regardait tendrement lui avait fournie.

Il s'avança, confus, vers deux dames qui jouaient aux échecs assises en plein soleil.

« Excusez-moi, mesdames, savez-vous où nous sommes? » Demanda-t-il avec toute sa politesse.

Les deux dames, dont il n'avait pas vu les visages jusqu'à maintenant, levèrent les yeux.

Il recula de quelques pas sous l'effet de la surprise.

À sa gauche, une jeune femme magnifique lui souriait d'un sourire tendre et plein d'affection; un sourire qui lui rappelait ces matins d'enfance où il se réveillait une main chaude à sa joue et un doux visage à ses yeux. Elle avait les yeux d'un brun chaleureux et ses cheveux foncés tombaient en cascades sur ses épaules. À ses côtés jouait avec elle une forte dame plus âgée dont le regard admiratif lui rappelait les biscuits chauds qu'elle lui faisait alors qu'il était encore trop petit pour en être reconnaissant le réconfortait doucement dans sa confusion.

« Bonjour Seeley, avait dit la jeune femme d'un ton affectueux en plaçant sa chaude main sur sa joue.

- Maman? Mais qu'est-ce que… je ne comprends pas. Qu'est-ce que tu fais ici? Tu es morte... tu es morte il y a longtemps!

- Je n'aurais jamais cru te revoir un jour mon petit.

- Maman, dis-moi ce qui se passe! Suppliait-il calmement

- Ça, c'est à toi de le découvrir.

- Mais je… grand-maman? Se tourna-t-il vers la vieille dame.

- Mon petit garçon, dit-elle en se levant pour l'embrasser sur la joue. Que tu as grandi! Que tu es beau, maintenant!

- Grand-maman, sourit-il à sa grand-mère avant de céder à ses envies et de prendre sa maman dans ses bras. Maman, tu m'as manqué! Murmura-t-il à son épaule.

- Tu m'as manqué aussi mon garçon.

- Tout s'est gâché après que tu sois parti! Il n'y avait plus rien de pareil, se plaignait-il comme un enfant. Papa…

- Je sais, j'ai tout vu, avait-elle répondu en caressant le dos de son petit garçon devenu grand.

- Pourquoi tu es partie?

- Ce n'est pas toujours notre choix! Tu as de la chance, tu l'as ce choix.

- Quel choix?

- Si tu savais comme je suis fière de toi, mon fils! Tu es si fort et tu es devenu une si bonne personne!

- Ce n'est pas vrai, pouffa-t-il.

- Es-tu en train de douter de ma fierté d'avoir une des meilleures personnes sur Terre, une des plus gentilles, généreuses, aimantes et dévouées comme fils?

- Si j'étais une bonne personne, mon fils serait toujours vivant et je n'aurais pas jeté la femme que j'aime dans les bras d'un tueur en série.

- Viens t'assoir avec nous mon fils ».

Lisa Booth glissa une main le long de la colonne vertébrale de son fils et le guida jusqu'au banc le plus proche.


Il faisait jour lorsqu'elle se réveilla à nouveau. Le soleil de juin plombant dans la chambre d'hôpital où elle se trouvait, elle pouvait voir son père et sa meilleure amie attendre patiemment son réveil. Ce fut Angela qui la vit en premier. Croisant son regard, elle laissa sortir un petit sourire et s'approcha de sa meilleure amie.

« Hé! Ma chérie!

- Soif.

- Bien sûr, dit Angela en lui tendant un verre d'eau. Cam dit que les médicaments qu'ils te donnent pour la douleur peuvent te déshydrater, donc tu dois boire beaucoup de liquide si tu veux sortir d'ici au plus tôt, avait balbutié l'amie. Oh! Brennan! Continua-t-elle en lui prenant la main. Nous avons tellement eu peur de te perdre.

- Qu'est-ce qui s'est passé? Demanda Brennan confuse.

- Kent t'a kidnappée, s'était interposé Max. Il t'a amenée dans son hangar, mais nous avons réussi à te retrouver avant qu'il ne te tue.

- Hodgins a aidé, mentionna-t-elle. Moi, j'étais tellement paniquée que je n'ai réussi qu'à taper sur les nerfs de tout le monde! J'ai même giflé Booth!

- Booth?

- Il m'avait promis de prendre soin de toi. Tu étais entre les mains de Ted. Je n'ai pas réussi à garder mon calme. Si tu l'avais vu, Brennan. Il a été exceptionnel. On pouvait voir dans ses yeux qu'il paniquait, mais on voyait aussi qu'il était prêt à tout faire pour te sauver. Il t'aime vraiment.

- Comment il va?

- Il est sorti de chirurgie.

- Il va bien alors?

- On ne sait pas ma chérie. Il ne s'est pas encore réveillé.

- Oh! Depuis combien de temps?

- Un peu plus de douze heures, dit Angela d'une voix rassurante. Il devrait être réveillé au moment où nous nous parlons.

- Les médecins ne savent pas si ce sont les séquelles de son manque d'oxygène ou s'il a eu une réaction allergique à l'anesthésie, avait précisé Max. On sait qu'il peut respirer par lui-même, mais il est dans le coma. On ne sait pas quand il se réveillera.

- Je suis désolée, ma chérie, avait dit Angela en serrant un peu plus fort la main de Brennan. Je suis tellement, tellement désolée.

- Non! Non! Tu ne peux pas dire que tu es désolée! Parce que si tu es désolé, c'est que tu crois que Booth ne s'en sortira pas. Booth est fort, il s'est battu toute sa vie. Il n'est pas question qu'il s'en aille sans qu'il se batte, dit Brennan avec conviction.

- Brennie, chérie.

- Je veux le voir.

- Non! Refusa catégoriquement Max.

- Ce n'est pas ton choix, papa! Je vais le voir.

- Non, il n'en est pas question! Tu es trop faible. Tu as une commotion, tu as des bandages partout!

- Je ne te demande pas ta permission papa, j'y vais avec ou sans toi », avait-elle dit en se levant malgré la faiblesse qui l'attaquait de tout son corps.

Alors qu'elle posait le pied au sol, elle sentit le feu envahir chacune de ses blessures et le vertige qu'elle ressentait rendait périlleux le périple jusqu'à la chaise roulante qu'on avait laissée près de la porte. Angela se précipita immédiatement à ses côtés l'aidant à se rendre jusqu'à la chaise.

Elle poussa son amie en dehors de la chambre, passa devant ses amis et collègues que Brennan salua au passage et avança jusqu'aux ascenseurs qui l'amenèrent aux soins intensifs de l'hôpital. Elle marcha jusqu'à la réception et demanda l'attention de l'infirmière.

« Excusez-moi. La chambre de Seeley Booth, s'il-vous-plait, avait demandé Brennan.

- Je ne suis pas autorisée à vous donner cette information.

- Je vous ai demandé la chambre de Seeley Booth, répéta Brennan avec un ton plus autoritaire.

- J'ai des ordres du FBI concernant M. Booth, je ne peux vous donner son numéro de chambre, désolée.

- Je trouverai donc moi-même », dit-elle alors qu'Angela poussa rapidement la chaise au-delà du bureau de réception.

Elles pénétrèrent dans l'unité des soins où chaque chambre, fermée par une porte de vitre renfermait un patient endormi surveillé par des dizaines de machine. Elles passèrent chaque fenêtre au peigne fin, espérant voir une silhouette ressemblant à celle de Booth, mais en vain. Tournant le coin d'un corridor, elles virent deux hommes vêtus de noir gardant une chambre tel des gardes du corps. Elles s'approchèrent et comprirent rapidement que le patient endormi dans la chambre était celui qu'elles cherchaient. Elles s'avancèrent, mais bientôt on les arrêta.

« Désolé, madame, vous ne pouvez pas entrer ici!

- Cet homme est dans le coma parce qu'il a tenté de me sauver la vie. Je dois le voir.

- Ce n'est pas pertinent. Cet homme est en état d'arrestation. Vous ne pouvez entrer dans cette chambre ».

Sous le choc de ce qu'elles venaient d'apprendre, les deux femmes partagèrent un regard choqué avant de tourner leur tête vers la silhouette endormie dans son lit d'hôpital.

À suivre…


Prochainement : Brennan apprend pourquoi Booth est en état d'arrestation et fait tout pour se rapprocher de lui.