Ta da ! et voilà le chapitre 29 :3 on approche de la trentaine là! je suis actuellement en train d'écrire le 34ème, et d'après mes calculs (je tiens à dire que je suis nul aux maths), je dois écrire deux ou trois chapitres. Donc il y aura pour cette fiction 37 chapitres maximum. Oui en effet, ça fait BEAUCOUP, mais ils sont plutôt i proportionnelles, certains beaucoup plus longs que d'autres. Donc voilà :) Merci beaucoup pour reviews et PM, ça me fait chaud au coeur! j'ai vu que le chapitre précedent vous a plu, alors j'arrête de vous faire languir, et je vous laisse découvrir la suite ! Bonne lecture!
LIEN INTERDIT
Chapitre XXIX
Rien n'est dû au hasard, c'est toujours ce que Alvin disait, et répétait. Les coïncidences n'existaient pas, et la chance non plus. Tout était dû à la volonté, et au destin qui nous était tous écrit. Certains avaient un destin qui leur était fataliste, d'autres très heureux, et parfois les choses étaient injustes, mal départagées. Les personnes atteintes de ce destin cruel et sans pitié, avaient le droit à ça, à cette injustice. Ce qui avait donné naissance, aux faux-espoirs et à la crainte. Et Harold et Lissa le savaient pertinemment. Le destin leur était fataliste, et si cette nuit de bonheur leur a été offerte, ce n'était rien d'autre qu'un faux-espoir.
Et bientôt arrivera la crainte.
La rousse semblait se serrer un peu plus contre le corps du jeune homme, les deux adolescents endormis l'un contre l'autre dans une grande sérénité. Le souffle lent de Lissa s'éparpillait dans le cou d'Harold, et celui-ci l'entourait de ses bras chauds, son visage se perdant dans ses cheveux. Le silence régnait dans la chambre plongée dans l'obscurité, jusqu'au moment où une lumière se vit voir au pas de la porte, une lumière vive provenant de l'extérieur qui sortait la pièce du noir. Puis bientôt, ce fut des voix, des hurlements de rage qui se firent entendre, des bruits de pas précipités, des cliquetis provoqués par des armures qui bougeaient.
- Il faut le retrouver !
Tout ce bruit troublait le calme de la chambre, et bientôt réveillait Lissa qui eu un mal soudain de crâne. Elle gémit doucement, et sa main vain se nicher dans la nuque du jeune homme avant qu'elle n'ouvre les yeux. Et quand elle vit Harold à ses cotés, elle se souvint soudainement des derniers événements. La mémoire lui revenant, elle ne sut vraiment quoi penser, quoi songeait. Elle le regardait simplement, observant chaque détail de son visage. Ses taches de rousseur, ses paupières closes, ses fines lèvres entre-ouvertes, ses cheveux lui recouvrant le front, toutes ces choses qu'elle aimait chez lui. Son cœur batifolant par la force incroyable de son amour pour lui, elle affichait un léger rictus en se collant un peu plus contre son corps. Lissa fermait de nouveau les yeux, son front collé à son épaule, et se pinçait les lèvres en repensant à la magie, celle qu'elle a toujours rêvé de pouvoir ressentir.. Cette sensation, était mieux que n'importe quoi, n'importe quelle autre chose.
- Vite !
Entendant les cris atténués, l'adolescente rouvrit les yeux en fronçant les sourcils, et décidait de se redresser en apercevant la lumière extérieure. Elle se mit assise, et fixait cet éblouissement en remarquant les ombres incalculables qui passaient, des cris se faisant entendre en perpétuité derrière. Et en se rappelant de ce qu'il s'était passé cette nuit, elle se rappelait aussi ce pourquoi ils étaient ici: ils fuyaient. Elle réalisait soudainement la dure réalité. Elle réalisait alors que si Harold était ici à ses cotés, et non dans sa cellule, c'était qu'elle l'aidait à s'enfuir. Elle était supposé l'aider à rentrer chez lui, et pourtant rien ne s'était passé comme prévu.
Elle réalisait alors qu'elle avait fait une grave erreur.
Elle baissait les yeux, et une horrible douleur prit place dans son esprit. Ce qu'il s'était passé, était une erreur, une simple erreur. Parce qu'elle savait que si elle l'aidait à rentrer chez lui, c'était qu'il était d'un autre monde, il n'était pas comme elle, il vivait dans un autre endroit, en guerre, ils n'étaient pas sensé faire ça, ils n'avaient pas le droit. Mais ce n'était pas simplement pour les raisons de guerre qu'elle se sentait mal, c'était parce qu'elle savait aussi qu'elle en souffrirait, elle savait que tout finirait mal. Elle avait simplement oublié le fait, qu'une fois arrivé sur la plage, elle devra lui dire adieu, et ne plus jamais le revoir.
En se rappelant de ça, elle se sentait affreusement mal, et elle ignorait pourtant de ce que Harold pensait de son coté. Elle lui avait dit, lui avoué ses sentiments. Ressentait-il la même chose ? Elle ne savait pas, et elle avait peur. Peur de ne jamais le revoir, et d'avoir beaucoup plus mal qu'elle ne l'aurait pensé. Les cris se faisant encore fort, le bruit des armures se répandant, elle décidait d'agir. Hors de question de perdre encore plus de temps. Elle écarquillait les yeux, et se penchait alors vers Harold en le secouant pour le réveiller.
- Harold !
L'adolescent gémit et plongeait un peu plus son visage dans l'oreiller. Fallait dire, ça faisait une éternité qu'il dormait sur un sol humide, au froid, sans rien et dans le noir. Le fait de pouvoir dormir au chaud, dans un vrai lit devait lui faire un bien fou. Lissa continuait de le secouer, et le garçon finit par se réveiller doucement.
- Qu..Quoi.. ?, gémit-il
Il ouvrit difficilement les yeux, se tournant vers Lissa complètement alarmée. Ne réalisant pas tout à fait ce que Lissa venait de comprendre, il se redressait en se frottant les cheveux encore exténué. Il se mit assis, et n'eus le temps de poser une question à Lissa qu'il aperçut à son tour les lumières. Lui qui dormais paisiblement, revint soudainement à la réalité. Ses yeux s'agrandirent petit à petit, et comme la rousse, réalisait enfin. Son souffle se coupant, il tournait les yeux vers elle, et la regardait droit dans les yeux avec peur. Ils se regardèrent et se comprirent mutuellement.
Il ne fallait plus perde de temps.
Un groupe de soldats traversaient en courant dans le couloir sous des ordres et des hurlements. Il n'y avait par la suite plus personne, et pourtant le silence n'était pas plat, juste trouble, des ordres crier se percevant à travers les murs et du fond des couloirs. Lissa ouvrit doucement la porte de sa chambre, ne regardant qu'avec un œil dans l'ouverture. Rien en vue, il ne fallait pas attendre, il fallait juste agir. Elle décidait d'ouvrir la porte, et les deux adolescents furent un instant éblouis par les fortes lumières accrochées aux murs. Ils se frottèrent les yeux, et Lissa regardait des deux cotés du couloir en ayant cette horrible appréhension d'être surpris à n'importe quel moment. Elle tournait les yeux vers Harold, le regardant de haut en bas avant de hocher la tête.
- On va y aller. Vite.
Il hochait la tête, et Lissa détournait le regard. Elle aurait aimé lui parler, lui demander de ce qu'il pensait de tout ça, tout lui dire. Elle aurait aimé pouvoir lui parler, mais elle n'y arrivait pas pour le moment. Et le pire dans tout ça c'était qu'il n'avait rien dit non plus, qu'il réagissait comme si rien ne s'était passé. Lissa se pinçait fortement les lèvres, et tournant la tête sur sa gauche, lui fit un signe avant d'avancer. Leurs pas furent rapides, et l'adolescente ne cessait de jeter toutes les deux secondes un regard derrière elle. Elle qui était sûr de ce qu'elle faisait il y a quelques heures, était beaucoup plus tendue maintenant. Elle tentait de contrôler sa respiration, son timing, et réfléchissait en se rappelant de son plan. L'adolescente comptait sur ses doigts, jetant un autre regard en arrière, et regardait le fond du couloir, tournant cette fois-ci à droite.
Harold ne semblait que légèrement stresser, les yeux baissés sur le sol comme si il réfléchissait, songeant en silence. Voilà que les rôles s'étaient inversés. Il ne disait rien, suivant la rousse alors qu'il semblait complètement perdu dans ses pensées.
- Vérifiez toutes les pièces ! Je veux avoir ce petit vaurien.., fit la voix de Halen dans les échos
Harold ravalait sa salive, se souvenant de ses tentatives de meurtre envers lui. Lissa se collait un peu plus contre le mur, fixant l'angle du couloir pour voir si la vue était libre pour continuer. Problème, une troupe de Traîtres se trouvaient au fond du couloir. Elle jurait entre ses dents, se tournant vers le brun et elle sentit son rythme cardiaque s'accélérer légèrement en le regardant droit dans les yeux. Elle détournait le regard par la gêne, et entendait encore des voix provenir de tous les cotés à la fois.
- Tu te souviens de où il va falloir passer ?, lui demandait-elle
- Par.. par les oubliettes, c'est ça ?
- Oui. Il faut passer par là pour y aller, mais le problème c'est que c'est boucher. Il va falloir..
- Il y a du bruit là-bas ! Allons voir !
Les deux adolescents écarquillèrent les yeux quand ils entendirent les hommes courir au fond de l'angle.
- Cours !, fit Lissa en faisant le moins de bruit possible
Harold hochait la tête, et se retournait pour courir en marche arrière. Le bruit des armures résonnait derrière eux, et ils tentèrent de courir aussi vite qu'ils le pouvaient, échappant aux hommes qui les poursuivaient. Puis soudain ils se stoppèrent, écarquillant les yeux quand ils virent une autre troupe de soldats arriver de l'autre coté. Ils étaient encerclés. Lissa réfléchissait rapidement, alors qu'Harold se mit à paniquer, comme au début de la torture, prenant peur en sentant sa respiration s'accélérer et lui brûler la gorge. L'adolescente tournait les yeux, et fixait le murs en pierres devant elle, touchant plusieurs parties, appuyant sur toutes les pierres à la fois.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
Elle ne lui répondit pas, entendant les Traîtres se rapprocher dangereusement d'ici. Voyant les ombres, Harold écarquillait les yeux. Il restait à quelques pas de la jeune fille, et les Traîtres les virent enfin.
- LE VOILA !
Les deux troupes des deux cotés poussèrent des hurlements en brandissant leurs armes et coururent beaucoup plus vite vers eux. Harold sentit son cœur ralentir, et il tombait à genoux, comme pour se rendre, et baissait la tête vers le sol en se rendant compte à l'évidence: Il était perdu.
Lissa continuait d'appuyer, jusqu'au moment où elle touchait une pierre qui rentrait dans le mur, celui-ci bougeant. Elle reculait d'un pas, et le mur s'ouvrit, laissant apparaître un escalier juste derrière. Comprenant qu'elle avait réussi, Lissa attraper une torche de la pointe des pieds, et attrapait le bras d'Harold en le relevant avec vitesse.
- Dépêche toi !
Il n'eut le temps de réagir, qu'elle l'emmenait avec lui dans le passage avant que le mur ne se referme. Les Traîtres se rejoignirent au même point, et ils regardaient le mur qui s'était ouvert, bouche-bée. Certains se mirent alors à le taper avec leurs lances, et d'autres avec des coups de poings. Une fois le mur refermé derrière eux, Harold se tournait vers celui-ci, les yeux exorbités. Il avait encore du mal à réaliser ce qu'il venait de se produire. Lissa sourit et soupirait de soulagement, fixant les escaliers qui descendirent face à elle.
- On a eu chaud, dit-elle avec un sourire
- Euhm.. euhm je..
Il ne trouvait pas ses mots. L'adolescente rit avec amusement face à son malaise, et elle se tournait vers les marches, tenant fortement sa torche enflammée avant de commencer à descendre.
- J'aurais dû penser à passer par ici. J'avais complètement oublié, après tout ce qu'il s'est.. passé..
Sa voix se faisait plus faible, et elle ravalait sa salive en n'osant lancer un regard à Harold qui la suivait. Celui-ci ne répondit pas, gardant la bouche close, et regardait face à lui alors que l'adolescente mit la torche face à elle pour mieux voir. Arrivé en bas des escaliers, ils se trouvaient dans un long couloir, où se trouvait en plein milieu de celui-ci une petite fausse où circulait l'eau des égouts. Le plafond était formé en demi-cercle, et Lissa fit le tour avant de se mettre sur le coté gauche de l'oubliette, Harold faisant de même. Ce fut le silence, seul le son continuel de gouttes d'eau qui tombaient fit écho. Lissa continuait d'avancer doucement, faisant en sorte de voir avec le peu de lumière qu'il y avait. Aucun d'eux ne parlaient, n'osaient se regarder, un malaise s'était tout simplement installer entre les deux jeunes.
Ils n'avaient pas eu de véritable conversation depuis leur réveil, et aucun des deux ne semblait vraiment vouloir en parler. Lissa ne savait pas ce que pouvait penser Harold, et elle ne savait pas exactement elle non plus ce qu'elle pouvait ressentir dans tout ça. Elle ignorait si elle devait regretter, ou non. Parce que finalement, elle n'avait fait qu'écouter son cœur, elle n'avait fait que suivre les besoins envoûtants de la magie, elle était juste amoureuse. Étais-ce mal ? Elle ignorait totalement ce qu'Harold pouvait penser, ou même ressentir à son égard. Parce que lui, n'avait toujours rien dit.
Harold quant à lui, ne savait plus où y mettre de la tête. Les yeux baissés vers le sol, il repensait à tout ça, à tout ce qu'il s'était produit, que ce soit cette nuit là, ou bien plus loin encore. Il se rappelait des premières fois où elle était venue lui adresser la parole, des confidences qu'ils se sont faites, de leurs étonnantes ressemblances, touts ces petits détails qui ne le laissait pas indifférent. Jamais il n'aurait pensé qu'un jour il serait aussi proche d'elle, jamais il n'aurait pensé qu'il ressentirait tellement de choses pour elle. Parce qu'il en était persuadé, il l'aimait, et plus que tout. Il avait ressentit beaucoup plus de choses en un baiser avec elle que toute une vie avec Astrid. Il avait enfin ressentit cette magie dont il doutait de l'existence, et il n'a jamais été aussi heureux et transporté par une passion aussi dévorante qu'avec Lissa. Il ignore encore comment dans toute cette douleur et cette souffrance intense il aurait pu réussir à tomber amoureux. C'était incompréhensible.
Mais malgré ça, il n'arrivait pas à se l'avouer, il n'arrivait pas à dire tout simplement qu'il l'aimait. Pourquoi ? Parce qu'il savait ce qu'il allait tout bonnement arriver, il savait que quoiqu'il arrive, ce n'était pas possible. Il devait rentrer chez lui, il devait retrouver son peuple. Il n'appartenait pas au même monde que elle, il était sensé être en guerre avec sa tribu à elle, et il savait que être avec elle serait une terrible erreur. Le seul problème était que l'erreur était déjà faite, parce qu'il lui avait donné un espoir inconcevable, et qu'elle ne sera pas la seule à souffrir dans tout ça.
À souffrir d'une autre façon que par la torture, ou bien la solitude.
Il secouait la tête de droite à gauche, inspirant en prenant sur lui. Il fallait absolument qu'il prenne sur lui, et qu'il soit fort.
- Écoute Lissa,.. il faut que je te parle. Il faut que les choses.. soient claires.
L'adolescente en entendant sa voix, tournait le regard vers lui. Cependant, Harold ne la regardait pas dans les yeux, il refusait pour ne pas faillir.
- Je t'écoute, dit-elle simplement avec un peu trop d'espoir dans le ton de sa voix
Le brun se raclait la gorge, et gardait les yeux détournés, haussant les épaules.
- On est bien d'accord que... ce qu'il s'est passé cette nuit.., c'était rien, n'est-ce pas ?
Le cœur de Lissa se serrait aussitôt, et un frisson parcourait son cou en entendant cela. Ses pas ralentirent, et elle ne décrochait pas son regard du jeune homme.
- Quoi.. ?
- Je veux dire.. qu'il n'y avait rien derrière tout ça, tu vois ?
Elle s'arrêtait. Harold fit encore quelques pas en avant, puis s'apercevant qu'elle ne marchait plus, se tournait vers elle. Ce fut une erreur, car son cœur lui fit soudainement très mal en apercevant cette lueur dans ses yeux, cette lueur s'éteindre doucement.
- Attends, tu..., commençait-elle avec un rire nerveux, c'est.. ce n'est pas d'un baiser que l'on parle, c'est de bien plus encore.
- Oui je sais, mais.., soupirait l'adolescent, mais ce n'était rien, pour moi ce n'était rien. Je n'ai rien ressentit, je suis indifférent, c'est tout.
Elle priait pour que ce qu'il venait de dire n'était qu'une blague, une plaisanterie. Elle priait les dieux pour qu'il lui dise que c'était faux. Mais jamais il ne lui dit, jamais. La souffrance qu'elle ressentit au fond fut affreusement douloureuse, et son estomac la nouait tellement qu'elle avait envie de vomir. Ses yeux lui piquaient, et ils se mirent à briller sous les reflets de la torche.
- Et puis tu vois.. c'est, c'est parti comme ça, on était fatigué, on ne savait pas vraiment ce qu'on faisait.
- Oui, fit la voix glaciale de l'adolescente, On ne savait pas ce qu'on faisait. On était si fatigué que... que ça ai dévié en une partie de jambes en l'air.
Harold fixait ses yeux qui lui firent plus de mal que n'importe quel fer rouge, et soupirait avec tristesse. Si seulement elle arrivait à comprendre, qu'elle arrivait à réaliser qu'il ne disait ça que pour leur bien. Que parce-que c'était la chose la plus juste qu'il pouvait faire. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il n'eut le temps de dire quelque chose qu'ils entendirent des hurlements résonner dans le long couloir. Lissa se tournait en arrière, et aperçut des torches tout en fond, ainsi que de hautes ombres. L'une d'entre elles les pointait du doigt, sa voix si percevable qu'ils auraient cru qu'il était juste en face d'eux.
- ILS SONT LÀ ! RATTRAPEZ LES !
Et merde.
Les deux adolescents ne se lancèrent même pas un regard qu'il se mirent soudainement à courir. La prothèse d'Harold glissait un instant par le sol humide, puis il traçait aux cotés de la rousse, les Traîtres derrière un peu plus rapide qu'eux. Pourquoi fallait-il toujours qu'ils perdent leur temps ? La respiration palpable, ils ne virent la fin de l'interminable tunnel alors que les hurlements des hommes résonnaient dans une cacophonie insupportable tout le long. Harold lançait un regard derrière lui, et aperçut avec horreur Sauvage à la tête du groupe, le fixant avec un regard tellement meurtrier qu'il le rendit mal à l'aise. Le jeune homme plissait alors les yeux en apercevant au fond du tunnel, une échelle. Génial, ne put-il s'empêcher de penser. Arrivé en dessous, Lissa lançait un rapide regard en arrière et lançait un « allons-y !» au brun avant de commencer à monter.
Elle se hâtait comme elle le pouvait, et Harold gigotait nerveusement en dessous en serrant les dents. Il se mit à la suite, montant les barres le plus vite qu'il le pouvait, les Traîtres arrivant juste en dessous. Sauvage hurlait, et en poussant violemment un des hommes, montait juste derrière le captif.
- HAROLD !
Ne regarde pas en bas, ne regarde pas en bas, ne cessait de se répéter le jeune homme. Ils montaient de plus en plus haut, et Lissa arrivait enfin en à la surface, disparaissant à la vue du brun qui prit un peu plus peur à chaque seconde.
- Lissa !, criait-il dans le vent avec panique dans sa voix
- Tu n'as rien trouvé de mieux pour t'enfuir, l'Inutile !
Il tentait de ne pas se tourner, continuant à monter cette échelle qui lui semblait interminable .
- Tu peux toujours tenter, toujours essayer, mais au fond de toi tu sais très bien que tu es perdu ! Deux fois déjà, et tu n'as toujours pas retenu la leçon !
Sauvage semblait le rattraper, se rapprocher de plus en plus, et Harold se sentait un peu plus mal, ses jambes le faisait souffrir.
- Jamais tu ne réussiras à quitter cette île, nous te retrouverons toujours, tu seras à jamais tourmenté par la vie !
Harold atteint le sommet, et alors que son corps rampait sur la terme ferme en haut, Sauvage arrivait à attraper son mollet, le tirant alors qu'il tentait du mieux qu'il pouvait de rester accrocher. Ses ongles se plantèrent dans la terre, et le Traître sortit sa tête en attrapant des deux mains sa jambe douloureuse. Le jeune homme collait son front contre le sol en serrant les dents, sentant son cœur battre plus vite, comme tout à l'heure au moment où ils étaient coincés dans le couloir à l'intérieur du manoir. Il éclatait un sanglot, Sauvage hurlant une nouvelle fois le mot « Inutile ! », et « Tu es perdu ! » à l'en rendre fou. Et au moment où il crut que c'était bel et bien ce qu'il se produisait, il entendit un cri face à lui.
Lissa poussait un cri de guerre, et frappait avec un coup sec la tête du Traître avec son énorme bâton. L'homme ne poussait qu'un gémissement, avant de tomber en arrière dans le fou de la fausse, les Traîtres en dessous le rattrapant de justesse. Lissa lançait le bâton en arrière, et poussait l'échelle, la faisant tomber, les laissant bloqué en dessous. Leurs cris se firent entendre, et l'adolescente aidait Harold à se relever, lui encore sonné. Il fixait le trou encore étonné, soupirant.
- Allons-y, fit Lissa
Elle lui prit la main, et courut en direction de la plage. La nuit était encore noire, et aucune étoile ni lune se laissant voir dans le ciel. Harold serrait la main de la jeune fille dans la sienne, même après ce qu'il avait pu lui dire. Il n'arrivait pas à faire autrement. Ils arrivèrent enfin à la plage, et plus personne ne les coursait pour le moment. Ils ralentirent légèrement sur le sable, et à quelques mètres de l'eau de la mer, Harold aperçut avec étonnement le gigantesque navire qui se trouvait face à eux. Puis ils se stoppèrent, reprenant leur souffle.
- Voilà. On.. on y ai, dit-elle essoufflée
Le brun regardait le drakkar, les deux adolescents ayant reprit leur souffle. Lissa prit une autre inspiration en se pinçant les lèvres.
- Isak est à l'intérieur, il t'attend. Tu n'as plus qu'à monter, et... à t'en aller.
Pourquoi sa phrase semblait un peu plus douloureuse que la précédente ? Harold baissait alors les yeux vers le sol, réalisant à nouveau. C'était le moment qu'il redoutait, celui dont il avait le plus peur depuis qu'il avait quitté sa cellule: Le moment des adieux. Ils n'étaient pas sensé s'être croisé, et ils n'étaient pas sensé se revoir par la suite. Il tournait son regard vers l'adolescente, et celle-ci avait déjà les larmes aux yeux. Elle semblait avoir beaucoup plus mal que lui en cet instant.
- Alors... je suppose qu'il va falloir.. se dire adieu.
- Cette phrase sonne cliché dans le genre dramatique, fit Harold en espérant apaiser l'ambiance
Lissa sourit doucement avec amusement, baissant un instant le regard avant de le reporter sur l'adolescent. Ils se regardèrent droit dans les yeux, et le sourire de la jeune fille s'estompait petit à petit. Harold soupirait avec tristesse, et prit une inspiration en ne la quittant pas des yeux.
- Merci. Je sais que je l'ai répété plusieurs fois, mais... merci. Pour tout ce que tu as fais pour moi. Tu ne m'as pas seulement aidé, tu m'as sauvé la vie. Je ne pourrais jamais assez te remercier pour ça..
Ce n'était pas un simple merci qu'il lui disait cette fois-ci, pas comme les autres fois. C'était une sorte d'adieu, une façon de lui dire « Tu as été là pour moi, je te dois tout ». Lui aussi commençait à sentir ses yeux lui brûler en voyant ceux de la jeune fille remplis de larmes, alors qu'ils ne s'étaient encore rien dit pour se quitter. Pour ce moment, elle oubliait ce qu'ils s'étaient dit quelques instants plus tôt dans les oubliettes, et se concentrait juste ici. Ce n'était pas le moment de lui en vouloir, pas maintenant alors qu'ils étaient destiné à ne plus jamais se croiser. Cette souffrance devint un peu plus intense en pensant cela.
- Moi aussi je te remercie, Harold. Tu.. as redonné confiance en moi. Tu as rendu ma vie meilleure.
Il sourit doucement. L'adolescente sentait sa gorge se serrer, et reprit la parole en ne le quittait pas des yeux, plongeant dans ses iris verts.
- Tu te souviens de ce que tu m'avais dis ? Qu'un jour arrivera, ce jour où ma vie prendrait un autre tourment sans que le lâche forcement.
Harold hochait la tête, s'en rappelant alors.
- Je ne m'en étais pas rendu compte, mais ce jour s'est déjà passé et depuis deux mois exactement. Ma vie a changé au moment même où je t'ai rencontré, Harold. C'est toi, mon nouveau départ..
Sa voix se brisait à cet instant, et Harold sentit sa mâchoire trembler après ce qu'elle venait de dire. C'était sans doute une des plus belles choses qu'on ne lui a jamais dite. Ce moment était beaucoup plus dur que ce qu'il ne l'avait pensé, il ne s'était pas préparé à ça, ni lui ni elle. Les premières larmes coulaient sur les joues de la rousse, et elle ne put s'empêcher de lui prendre la main, la serrant si fort que ses phalanges blanchirent. Elle avait si peur de le quitter. Elle était.. si effrayée.
- Tu vas me manquer.., murmurait-elle dans un souffle
Harold ressentit une telle souffrance en lui, il réalisait beaucoup trop de choses en trop peu de temps. Tout ne formait qu'un nœud, un nœud en fond de son estomac et de son cœur. Il n'aurait jamais pensé qu'il aurait autant de mal à quitter l'île des Bannis.
- Toi aussi tu vas me manquer, Lissa...
Ce fut bien trop fort. L'adolescente éclatait un lourd sanglot et se jetait dans ses bras. Elle s'agrippait à lui comme si sa vie en dépendait, et Harold lui rendit son étreinte en laissant à son tour les larmes couler. Il la serrait contre lui, et se sentit de plus en plus mal en l'entendant pleurer contre son épaule. Ses pleurs étaient lourds et bien trop douloureux, et Harold regardait le vide face à lui, sa mâchoire tremblante et ses larmes coulant seules sur son visage. Il plongeait sa main dans sa chevelure, n'arrivant à partir. C'était sans doute la toute première fois qu'il n'avait pas envie de s'en aller. Ses lèvres s'entre-ouvrirent doucement, pourtant il n'arrivait à prononcer une parole, un son, un bruit. Il finit par essayer de se décrocher d'elle, mais elle forçait, restait accrochée à lui.
- Non.. Non, s'il te plaît.., gémissait-elle entre deux lourds sanglots
- Lissa..
Elle tentait de rester, mais elle était bien trop faible, bien trop fatigué de devoir résister. Elle secouait la tête de droite à gauche, et son visage, brisait simplement le cœur d'Harold en un seul craquement douloureux.
- S'il te plaît.. encore une minute, je.. je veux pas que tu partes..
Le brun prit son visage à deux mains, tentant de la calmer, et sa gorge se serrait une nouvelle fois d'un cran, son pouce essuyant une larme sur sa joue.
- Ce n'est pas un adieu, finit-il par dire doucement, mais un au revoir. Nous nous reverrons.
Elle continuait de le regarder avec tristesse, et le garçon reniflait en hochant la tête avec sûreté.
- On se reverra. Et je te montrerais à ce jour, comment dresser un dragon. Je te montrerais tout ce que je sais, et je t'apprendrais à voler. Je te le promets.
Essuyant une autre larme, Lissa sourit doucement. L'adolescent se penchait, et l'embrassait doucement sur le front avant d'y coller le sien. C'était tellement difficile. Un instant, puis il finit par se séparer d'elle prenant un instant ses deux mains dans les siennes en reculant. Il aurait tellement lui murmurer juste un « Je t'aime. » avant de la quitter. Mais il ne pouvait, il n'en avait pas le droit. Deux pas en arrière, et leurs mains se séparèrent enfin, l'adolescente les laissant un instant lever comme si elle avait encore le pouvoir de les tenir. Elle finit par serrer les poings, et regardait l'adolescent rentrer à moitié dans l'eau avant de monter la rampe et de disparaître à de sa vue. Elle baissait les bras en ne le voyant plus, ainsi que le regard. C'était fini. Le Conquérant des dragons, était parti.
- AH !
Elle poussait un cri de surprise lorsque que quelqu'un l'attrapait soudainement par surprise, plaquant sa main sur la bouche de la jeune fille pour l'empêcher de hurler. Elle tentait de planter ses ongles dans son poing, mais l'homme ne réagissait pas, il riait plutôt. D'autres Traîtres arrivèrent autour d'elle, l'un d'entre eux ricanant en se mettant face à l'adolescente qui semblait encore sous le choc de leur brusque arrivée.
- Sèche tes larmes l'Insignifiante, fit l'homme, tu le reverras bien plus tôt que tu ne le penses ton Conquérant.
Lissa écarquillait les yeux face à cette phrase.
…
Harold passait par dessus la rambarde, s'essoufflant en tenant ses genoux. Il gardait la tête baissée, tentant de se remettre de ce qu'il venait de se produire, essayant de passer outre sa souffrance. Problème, il n'a jamais réussi à le faire. Il se redressait, et regardait face à lui, prêt à enfin partir de cette île maudite.
- Mmh.. Isak ?, appela t-il
Personne ne répondait, et Harold sut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il fronçait les sourcils, et s'avançait sur le pont en continuant d'appeler le Traître. Il s'approchait de la cabine, et sentit une forme d'appréhension monter en lui. Ses pas firent craquer le parquet du pont, et en arrivant face à la porte de la cabine, la poussait simplement, celle-ci entre-ouverte.
Ce fut l'horreur.
Il reculait d'un pas, et retint un cri de terreur en apercevant le Traître, décapité au sol, sa tête à seulement quelques centimètres de son corps. Cette vision d'horreur rappelait à Harold la mort de l'Ebouillantueur dans l'arène. Ils l'avaient tué comme un animal. Les yeux remplis d'effroi, il secouait vivement la tête en réalisant alors ce que cela voulait dire. Il aperçut quelque chose du coin des yeux, et c'est en tournant le regard que
BOUM
Il se prit un coup de poing en plein dans le visage, et il tombait sur le sol comme s'il n'était rien. Harold gémit, passant ses doigts sous son nez couvert de sang. Il toussait, et se redressait en levant les yeux sur Sauvage et son armée de Traîtres derrière lui. Le chef du groupe secouait sa main qui lui a servi à le frapper dans le vent avant de croiser les bras avec un sourire victorieux sur le coin des lèvres. Encore une fois, ils avaient gagné.
- Je te l'ai dis Harold. Jamais tu ne réussiras à quitter cette île.
L'adolescent continuait de le regarder dans les yeux, et ne disait rien. Son regard n'exprimait rien, et le plus étonnant, c'était qu'il n'y avait aucune nuance de peur, ni d'effrayement dans ses yeux. Il n'avait pas peur. La seule chose que l'on pouvait percevoir cependant, c'était de la peine, et de la déception. Rien d'autre. Il était simplement déçu de lui-même pour avoir cru qu'il y arriverait. Il se l'était dit pourtant que ça ne servait à rien. Et il a continuer. Comme aurait dit le Reflet, pourquoi cherchait-il à tout prix quelque chose à quoi s'accrocher ? Il soupirait, et baissait les yeux vers le sol. Puis, il s'allongeait doucement sur le parquet comme s'il allait dormir, et fixant le vide, fermait les yeux en soupirant pour éviter de voir la réalité en face. Sauvage lançait un regard à ses complices, et sourit.
Harold voulait juste s'endormir. Pour toujours.
