Bonsoir ! Merci à tous pour vos messages, encouragements, pour m'avoir lu ... Plus de 300 followers ! J'en reviens pas ! Merci !

J'avais promis que vous ne pleureriez pas dans ce chapitre, je vais réviser ma parole ... Âmes sensibles, préparez peut-être vos mouchoirs ...

Sur ce, je vous dis bonne lecture :)

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Chapitre 29

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Cela faisait une semaine que Harry refusait de se transformer. Il restait avec son père et ne participait plus à aucune des activités proposées par Rémus, qu'elles soient purement pédagogiques ou de loisir simple, et ça l'inquiétait beaucoup. Fox, lui, ne se levait pratiquement plus, bien que de temps en temps ils partaient tous les deux dehors et revenaient une petite demi-heure plus tard. Il avait l'impression d'être revenu des mois en arrière, quand Harry venait d'arriver et ne savait pas encore se métamorphoser. Il savait que ce n'était pas bon, mais le père adoptif du petit n'en avait plus pour très longtemps et il répugnait à les séparer.

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Harry marchait aux côtés de son père. C'était une belle après-midi et l'air frais de cet automne était vivifiant. Fox avançait lentement dans l'herbe givrée, chaque foulée faisant craquer les brins rendus rigides par le froid.

Lorsque un de ses pas faisait mine de faiblir, son fils se précipitait à ses flans et le soutenait, si ce n'est vraiment physiquement, au moins moralement.

- Tu devrais profiter de cette balade pour te dégourdir un peu les pattes, Harry.

- Je peux rester là, ça ne me dérange pas, j'aime bien marcher avec toi.

- Mais je suis sûr que tu as envie de courir après quelques rongeurs ou insectes quelconque.

- Papa, il n'y a plus de papillons depuis des semaines et les souris sont toutes fourrées dans le château avec ce froid.

- Harry … Ça me fait très plaisir que tu restes avec moi, j'aime ta compagnie et jamais je ne me lasserai de t'entendre babiller, mais … Je ne veux pas que ce soit aux dépens de ton propre plaisir. Tu ne passes presque plus de temps avec Moony alors que je suis certain que tu lui manques.

- Moi, c'est toi qui me manquais. Ça faisait trop longtemps qu'on n'avait pas passé du temps que tous les deux. Et Moony est à la bibliothèque, je ne lui manque pas.

- Ne sois pas injuste. Moony t'aime beaucoup et il est toujours disponible pour toi.

- Je sais. Pardon.

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Les deux renards avaient continué leur promenade en silence dans le parc de Poudlard. Jusqu'à ce qu'une immense silhouette sorte de la forêt près de laquelle ils étaient. Harry le reconnut comme étant le géant qui l'avait ausculté il y a près de deux mois maintenant et qu'il l'avait manipulé un peu brutalement.

Après un sursaut, le renardeau s'était réfugié derrière son père qui ne put s'empêcher de rire.

- Il est inoffensif ! Je croyais mieux t'avoir appris à te servir de tes instincts. Il est très impressionnant, j'en conviens, mais Moony a confiance en lui. Tu peux en faire de même, je pense.

Harry sortit sa frimousse du pelage de son père et observa l'imposant sorcier. Il était évident que l'humain – était-il vraiment humain ? – ne les avait pas encore vus. Il marchait en regardant ses pieds et tirant derrière lui une sorte de brancard sur lequel étaient disposés d'immenses pelotes de toile d'araignées.

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Hagrid sortait de la forêt interdite avec son paquetage. Aragog avait un peu râlé, mais avait fini par lui donner ce qu'il voulait, comme tous les ans. C'était bien pratique d'avoir une Acromentula apprivoisée dans les parages, la veille de Halloween. Il tirait son chargement en direction de la Grande Salle pour la décorer de ces toiles toutes fraîches, lorsqu'il tomba nez à nez avec deux boules de poils bien connues.

- Harry ! S'lut p'tit ! B'jour m'sieur le renard ! 'Faites une balade ? C'est bien. C'est l'bon temps en c'moment !

Le demi-géant lâcha son barda et s'accroupit devant les deux renards. Le plus petit fit un geste en arrière, mais le plus vieux resta campé sur ses pattes et le regarda tendre la main jusqu'à son dos sans broncher. Il y appliqua alors une légère caresse qui, malgré toute la précaution qu'il y avait mise, fit fléchir un peu l'équilibre de Fox. Il entendit distinctement le petit jappement du petit renardeau et se tourna vers lui.

- Content d'voir que tu vas bien, toi ! J'n'ai jamais douté de Rémus pour s'occuper d'vous.

Sur ces entre-faits, le susnommé se présenta de l'autre côté de la pelouse, marchant vers eux.

- Quand on parle du loup ! Oups, mauvais jeu d'mot, se reprit Hagrid avec un grognement bourru.

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Le géant se releva et sembla regarder derrière eux. Harry jeta un coup d'œil rapide, il ne voulait pas perdre du regard le gigantesque sorcier, et aperçu Moony. Là, il oublia totalement toute vigilance et, après un aboiement joyeux, galopa dans sa direction.

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Rémus vit arriver, à toute vitesse, une boule de poils charbon. Il se baissa pour la réceptionner et, quand ce fut fait, continua sa progression tandis que Tinypaw lui léchouillait le visage avec enthousiasme. Il n'en fit pas grand cas, ayant l'habitude, et observa plutôt le père de son petit protégé et le demi-géant. Le garde chasse de l'école semblait toujours converser avec Fox. Seul Hagrid pouvait dignement discuter avec un animal en conservant tant de naturel. Ce constat le fit sourire.

Arrivant à leur hauteur, il déposa Harry au sol.

- Bonjour, Hagrid. Tu as rencontré nos petits compagnons ?

- B'jour Rémus, content d'te voir ! Tes p'tits compagnons se portent bien à c'que j'vois.

Le plus jeune acquiesça en souriant doucement et observant Fox et Harry qui les dévisageaient tour à tour. Puis son regard se posa sur le vieux renard et il s'attrista.

- Ça va, Harry fait beaucoup de progrès, mais Fox se fait vieux. Je crains le moment où il nous quittera. Ce sera dur pour Harry.

Ses yeux se posèrent sur le renardeau qui pencha la tête de côté en l'observant puis se détourna pour enfouir son museau dans la fourrure de son père.

Hagrid sentit toute la fébrilité de l'état de son ami et du petit et il en eut les larmes aux yeux.

- C'est jamais facile d'perdre quelqu'un, fit-il en reniflant peu gracieusement.

Rémus voyant que le demi-géant allait se mettre à pleurer, ce qui n'aurait pas manqué de mettre le moral de tous à zéro, changea de sujet :

- J'allais chercher Fox et Harry pour un pique-nique, veux tu te joindre à nous ? Demanda-t-il avec entrain.

Le garde chasse renifla encore une fois et lui répondit, se reprenant avec difficulté et après s'être raclé bruyamment la gorge :

- Non merci, c'est gentil, mais j'dois encore apporter ça à la Grande Salle pour que la déco' soit prête ce soir, dit-il en désignant les bobines de toiles d'Acromentula derrière lui. Les citrouilles sont prêtes depuis deux jours, j'les ai vidées ce matin, y'a plus qu'à les placer, mais ça, c'est l'travail de Filius !

- Bien, et bien bonne soirée, Hagrid.

- Vous n'venez pas à la fête ?

À ces mots, Rémus détourna le regard avant de le porter sur Harry.

- Non. Ce n'est pas vraiment un jour de fête pour nous, vous le comprenez certainement, Hagrid.

Le demi-géant écarquilla les yeux et se plaqua une main sur la bouche.

- Oh mille gorgones ! Bien sûr, Rémus. J'suis désolé. Surtout qu'c'est pas le bon soir non plus, chuchota-t-il, comme si il y avait quelqu'un aux alentours, en désignant maladroitement le ciel de son gros doigt.

Le loup-garou hocha la tête rapidement et, voulant abréger cette conversation, fit un geste avec ses bras dans un signe de départ.

- Et bien, nous allons rejoindre un coin tranquille et souper. Bonne soirée, Hagrid.

Il se tourna vers les deux renards et ne prêta pas attention au salut de son ami.

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Moony les conduisit près de la cabane hurlante, derrière plusieurs bosquets qui constituaient un petit coin de paradis où les fleurs d'hortensia séchées encore sur leurs pieds et le givre sur les feuilles mortes semblaient avoir tout transformé en cristal. Les couleurs d'automne persistant sur les quelques arbres environnants et le craquement de l'herbe donnaient à ce cadre quelque chose de féerique. Ce fut là qu'il étala l'épaisse couverture en laine qu'il avait apporté. Il lui jeta un sort qui l'imperméabilisa sans lui retirer sa douceur et la réchauffa sensiblement. Dessus, il disposa le panier de vivres et invita les deux renards à se joindre à lui.

Harry se rapprocha et s'installa aux côtés de son père. Rapidement, il se trouva confronté à un dilemme. Depuis plus d'une semaine, il se faisait nourrir par son père, comme lorsqu'il ne savait pas encore se métamorphoser. Seulement, il ne voulait pas que Moony le sache, il ne voulait pas qu'il soit déçu.

Quand il s'était retrouvé confronté à son premier repas sous forme de renard depuis des semaines, il avait tenté de mâcher seul, mais n'avait pas réussi. Ce fut un peu honteusement qu'il demanda de l'aide à son père. Alors il se cachait, car il ne voulait pas montrer à son humain qu'il avait régressé. Pourtant, là, il ne voyait pas comment faire autrement que de se dévoiler.

Tandis que Moony piochait un morceau de pain avec du bacon, il se tourna vers son père qui avait déjà englouti une pomme et entamait à présent une petite caille. Il attendit patiemment et quand il se mit en position, pour être nourri de la bouche de son père, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à son humain. Celui-ci le regardait, l'étonnement marqué sur son visage par ses sourcils hauts et la bouche légèrement entrouverte, mais il ne lui dit rien. Son père régurgita et lui mangea.

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Ils venaient de finir leur repas et regardaient maintenant le soleil se coucher, peignant le ciel d'un orange flamboyant. Moony les quitta au moment précis où l'astre passa l'horizon afin de gagner la petite chambre de la cabane hurlante, lieu où il pouvait passer la pleine lune serein. Fox et son fils, eux, restèrent un peu plus longtemps, attendant que les quelques nuages présents rosissent, que le ciel s'assombrisse et que le firmament apparaisse.

Quand les premiers rayons de lune tombèrent sur Pré-au-lard, Harry rejoignit son humain.

Alors qu'il gagnait l'entrée, il se tourna vers son père qui n'avait pas bougé.

- Tu viens, papa ?

Fox garda le silence un instant, le museau toujours tourné vers les collines où venait de disparaître le soleil, puis il murmura doucement en s'adressant à son fils :

- J'arrive. Vas-y, je vous rejoins.

Il entendit la courte et rapide foulée de son fils pénétrer dans la vieille battisse en bois et soupira.

Égoïstement, il avait voulu profité encore un peu de son petit. Lui avouer son état et sa mort prochaine avait eu pour but de le garder près de lui un peu plus longtemps. Il était heureux que Harry se soit tant émancipé. Il devenait un vrai petit garçon, un petit sorcier doué et courageux qui affrontait les épreuves de son apprentissage avec détermination. Il pouvait vraiment être fier de son petit. Il avait tant grandi. Il ne doutait pas que les prochains jours seraient durs pour Harry, mais, comme il le lui avait dit, il était très bien entouré et Moony, ainsi que tous les autres qui l'entouraient, prendraient soin de lui. Il pouvait partir serein.

Respirant une dernière fois le grand air, il s'en alla retrouver son fils et le sorcier qui les avait accueillis pour, il le sentait au plus profond de lui, passer sa dernière nuit en leur compagnie.

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A la semaine prochaine !