Titre : Unlocking Harry Potter. Libérez Harry Potter.

Disclaimer J.K. Rowlings a créé Harry Potter et son univers. L'auteur de cette histoire, Sarini, m'a gentiment autorisée à traduire sa fiction.

Spoilers : Cette histoire se déroule après l'Ordre du Phoenix et inclut des informations des cinq premiers livres. Le Prince de Sang mêlé et les Reliques de la Mort n'étaient pas sortis à l'époque où cette fiction a été écrite. Par conséquent, considérez que ces deux derniers livres n'existent pas quand vous lirez cette histoire.

Rating : M. Ne vous attendez pas à de longs lemons graphiques mais c'est un SLASH et certaines scènes seront citronnées. Si vous n'aimez pas, ne lisez pas.

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Note de traduction : Malgré ce couple qui n'est pas si habituel, chacun est content du retour de Charlie... Moi, je ne le vois pas repartir comme ça et laisser Harry... pas plus que je ne vois Harry choisir quelqu'un d'autre... Mais bon, je peux me tromper...

Merci à toutes et à tous pour vos encouragements…

Bonne lecture !

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Unlocking Harry Potter

Chapitre vingt neuf

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Dès qu'Harry et Charlie eurent gravi les escaliers et que Severus eut obtenu la confirmation que deux portes bien distinctes s'étaient refermées, il suivit Dumbledore jusqu'à la cheminée puis dans le bureau du Directeur.

« Albus, ne songez même pas à envoyer mon fils rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres, » Severus était une masse d'émotions et de sentiments contradictoires. Il en arrivait même à souhaiter que Black soit encore là. Le cabot aurait certainement été d'accord avec lui sur ce coup là. « Je quitterai le pays et le prendrai avec moi avant de même songer à le vendre de cette manière. »

« Severus… » Dumbledore avait utilisé sa voix apaisante, mais cela ne fonctionnait pas.

« Ne comprenez-vous pas, Albus ? » Severus était sur le point de libérer sa colère sur quelqu'un. Il était tenté d'utiliser Charlie Weasley comme cible, mais n'avait aucune envie de voir la réaction d'Harry s'il faisait cela. « Harry ne ressemble en rien à James. Il est comme moi. Vous savez comment s'est passée mon enfance, et en plus de tout cela, il a hérité de mon tempérament. »

« Je le sais depuis des années, mon enfant, » le regard de Dumbledore pétilla et Severus ne désirait rien de plus au monde à cet instant que de faire s'éteindre le scintillement dément des yeux du vieil homme, quitte à utiliser certains sorts de son cru. « Que penses-tu que j'essaie de te montrer depuis cinq ans ? Pourquoi penses-tu que je continue à vous obliger à faire des choses ensemble tous les deux ? Il y a eu de nombreux moments où j'aurais souhaité qu'Harry soit réparti à Serpentard, ainsi tu aurais été dans l'obligation d'apprendre à connaître Harry au lieu de Potter. »

Severus abandonna l'idée de jeter un sort à Albus et frappa le mur à la place… rudement. Fawkes en eut les plumes qui frémirent et piailla vers Severus. Le Directeur avait rappelé à Severus plus de fois que ce dernier ne pouvait se souvenir qu'Harry n'était pas James, mais il avait toujours refusé de l'écouter. Jusqu'à présent.

« Calme-toi, Severus, » déclara Dumbledore fermement. « Je n'ai aucunement l'intention de demander à Harry de rejoindre Voldemort, que ce soit maintenant ou dans le futur. » Severus hocha la tête et fit de son mieux pour retrouver son calme. « Nous retournerons aux quartiers généraux demain dans l'après-midi, pour travailler sur les barrières d'Harry. Cela lui donnera quelques jours pour s'y adapter avant Noël, puis nous pourrons commencer à travailler. »

Noël. Severus jura. Il n'avait pas échangé de cadeaux avec qui que ce soit à l'exception du Directeur depuis les fêtes précédant le sort de mémoire de Lily. Il allait devoir trouver un cadeau pour Harry dans les jours qui suivraient, et probablement plus d'un seul. Quand il releva la tête, les yeux d'Albus pétillaient de plus bel. Severus s'assura de claquer la porte en sortant. C'était puéril, mais ça faisait beaucoup de bien.

Avec le nombre de membres de l'Ordre vivant dans les quartiers généraux, Severus était obligé de garder sa personnalité du Professeur Snape. Il arriva pendant qu'ils déjeunaient et fut apaisé de voir Harry plaisanter avec ses amis et avec les autres personnes à table avec lui. Granger devait avoir calmé Ron Weasley pendant que l'Ordre menait sa réunion. Harry était assis entre Ron et Charlie Weasley et ils souriaient tous entre deux bouchées. Severus se demanda brièvement comment Molly Weasley réussissait à nourrir tout ce monde, surtout quand on connaissait l'appétit vorace de ses propres enfants.

« Qu'dir' tu d'partie d'checs, 'Arry ? » Demanda Ron Weasley.

« Berk, » commenta Granger de l'autre côté de la table, « ne peux-tu pas avaler ce que tu as dans la bouche avant de parler, Ron ? Vraiment, tu as les pires des manières à table. »

« Je crains que M. Potter n'ait d'autres plans pour cet après-midi, » Severus s'avança depuis le seuil de la pièce et retint immédiatement l'attention de tous.

« J'ai quelque chose de prévu ? » Demanda un Harry confus.

C'était juste trop tentant, et Severus savait qu'Harry ne le prendrait pas sérieusement. Il baissa les yeux vers Harry comme s'il était une potion qui avait pris une inattendue odeur fétide, « Oui. »

Harry se ratatina sous le regard glacial, et plusieurs membres de l'Ordre lui lancèrent des regards sympathiques, « Désolé, Ron. »

Le plus jeune des mâles Weasley dévisagea furieusement Severus pour faire bonne mesure et rassura son ami pendant que Severus échangeait un regard avec Charlie. Le dresseur de dragons soutint son regard et lui répondit d'un bref hochement de tête.

« Je vous verrai dans le salon de devant dès que vous aurez fini votre repas, Potter, » Severus leva les yeux et remarqua qu'il avait encore toute l'attention de la pièce. « Je pense que nous ne serons pas dérangés. Si l'un d'entre vous a besoin de la cheminée, faites le maintenant ou utilisez celle de la cuisine quand Molly l'aura relâchée. Ne me faites pas attendre, Potter. »

Severus ne resta seul dans le salon de devant que quelques minutes avant qu'Harry et Charlie n'y pénètrent. Harry semblait nerveux, « Dons, nous allons nous occuper de mes… euh… barrières, aujourd'hui ? »

« Cela te prendra un certain temps avant de t'habituer aux changements de flux de magie à l'intérieur de ton corps, » déclara Severus plus gentiment que la majorité des gens dans la cuisine ne le pensaient capable. « Nous voulions que tu sois capable de profiter au moins d'un peu de tes vacances. »

« Et puis l'entrainement reprendra, » Harry passa et repassa nerveusement ses mains dans ses cheveux. C'était un geste similaire à l'un de ceux que James avait, mais il n'avait pas les mêmes raisons. James ébouriffait ses cheveux avec ses mains pour s'assurer qu'ils étaient bien en désordre. Harry le faisait lorsqu'il était nerveux ou qu'il tentait d'aplanir ses indomptables cheveux couleur ébène.

Severus se redressa et son attention se reconcentra, « Weasley, nous devons installer des sorts de protection sur cette pièce. Je veux que vous mettiez un Imperturbable sur les portes, puis que vous protégiez la pièce contre le feu, les chocs, enfin que vous lanciez les plus puissants sorts de silence que vous connaissiez. Je vous fais confiance et suis certain que vous êtes capable de tout ça. »

Charlie hocha la tête et se mit au travail sans poser la moindre question. Harry regarda Severus et ce dernier put lire la question se former dans l'esprit de son fils. Il n'avait nul besoin de Légilimencie tant le visage de ce dernier était expressif.

« Nous n'avons aucune idée de ce qui se passera quand nous nous débarrasserons de ces barrières, et certaines d'entre elles ne se laisseront sans doute pas abattre autrement que par la force. Il vaut mieux être certains de faire cela en sécurité, » expliqua Severus tout en commençant à se concentrer sur sa propre magie. « Assieds-toi simplement et essaie de te relaxer. Albus devrait être ici d'un moment à l'autre. »

Sur ces mots, l'âtre de la cheminée se mit à verdir et le Directeur en sortit, « Ah, je vois que vous avez commencé sans moi. »

Dumbledore sortit son sachet de bonbons au citron et le tendit à Harry. Severus fut très près d'éclater de rire devant le regard soupçonneux d'Harry, « Avez-vous mis quelque chose dans ces bonbons ? »

Les mots de Charlie s'évanouirent et il dût recommencer son sort de protection sur la cheminée. Severus haussa un sourcil et Dumbledore rit tranquillement, « Tu es le premier à me le demander, Harry, bien que je sois certain que ton père en ait été tenté un grand nombre de fois. Ce sachet contient une Potion Calmante assez douce. Je pensais que nous pourrions tous en bénéficier aujourd'hui. »

Harry acquiesça, prit deux bonbons au citron, et ferma les yeux tout en les savourant. Severus fronça les sourcils à l'intention du Directeur mais prit un seul bonbon, le premier bonbon au citron qu'il n'ait jamais accepté. Charlie en lança distraitement un dans sa bouche avant de finir son sort et de continuer avec un autre. Dumbledore remit le sachet dans sa poche et demanda à Severus de débuter le sort contre les explosions de pure magie, comme celle qu'Harry avait eue dans l'infirmerie. Bientôt la voix du Directeur se joignit à celle de Severus et la pièce scintilla littéralement de magie.

Severus remarqua que Charlie avait ajouté quelques sorts de protection en plus de ceux qu'il avait demandés et il hocha la tête pour montrer son approbation. Il fallut un moment avant qu'il ne remarque que Dumbledore avait lancé un sort contre la Magie Noire et il frissonna. C'était fort possible que certains des pouvoirs transférés à Harry par Voldemort soient libérés.

« Jusqu'à quel point avez-vous entrainé votre empathie ? » Severus demanda à Charlie.

Le rouquin sembla quelque peu surpris de cette question, « Je n'ai rien fait, enfin presque rien. Il n'y a pas vraiment quoi que ce soit à entrainer, juste quelques sensations. » Charlie haussa les épaules, « Je ne l'utilise réellement que pour mon travail, de manière générale. »

Les yeux de Dumbledore scintillaient et Severus savait que, peu importe les nouvelles émotions et souvenirs qui lui avaient été rendus, il détesterait toujours ce pétillement. Il tenta d'ignorer le Directeur et dirigea Charlie vers le canapé où s'était assis Harry, « C'est plus fort que ce que vous pensez. Je vous ai vu calmer Harry avec plus d'efficacité que quiconque, avec un simple frôlement, et cela à travers de puissants boucliers d'Occlumancie. Si vous avez le temps, vous devriez rencontrer quelqu'un pour travailler sur cela. »

« Harry est particulièrement réceptif, » Charlie se tortilla inconfortablement et Severus sut qu'il avait en tête la discussion qu'ils avaient eue la veille, « ou bien facile à lire. Il diffuse énormément ses émotions. »

Severus se retourna vers le Directeur avec un regard accusateur. L'homme avait une certaine tendance à garder ses cartes pour lui. Dumbledore se contenta de hocher la tête, « Il est possible qu'Harry ait lui aussi une certaine empathie. Il s'est toujours montré très doué avec les animaux. »

« Cette information aurait été utile l'année dernière, » Severus lui lança un regard furieux. Les empathes étaient connus pour être particulièrement vulnérables aux intrusions dans leur esprit.

« Est-ce que cela aurait changé quoi que ce soit ? » Dumbledore perdit quelques instants sa bonhomie de gentil vieil homme et tourna vers le Professeur de Potions un regard perçant et sage. Severus détestait cela.

« Non, » grogna-t-il à contrecœur.

« Je suis assis juste devant vous, vous savez ? » Harry émit un petit gloussement de sa place sur le canapé et Severus soupçonna qu'il y ait un peu plus que de la Potion Calmante dans ces bonbons. Il avait lui-même quelques difficultés à rester en colère.

« Lève-toi un instant, Harry, » lui demanda Dumbledore. Harry obéit et le canapé fut métamorphosé en une causeuse avec un large et haut coussin assorti posé à ses pieds. « Assieds-toi Charlie, et Harry tu peux te mettre devant lui. Tout ce que tu as à faire est de maintenir le contact et d'apaiser toute tension provenant d'Harry que tu pourrais ressentir. »

Charlie et Harry s'installèrent confortablement et Severus entrevit le petit sourire qui dansa sur le visage d'Harry alors que ce dernier s'appuyait contre la poitrine de Charlie. Le jeune sorcier enroula ses bras autour de la taille du plus jeune et Harry posa ses mains sur celles de Charlie. Leur aisance l'un avec l'autre rappela à Severus celle qu'il avait avec James, mais il repoussa cette pensée distrayante afin de la réexaminer plus tard. Si Harry et Charlie étaient tous deux empathiques…

« Bien, » Dumbledore fit venir un des fauteuils à haut dossier qui se trouvait près de l'âtre et le fit se poser à côté du sien pour Severus. « Dans quelques instants, Harry, je voudrais que tu abaisses tes boucliers d'Occlumens. Je vais entrer dans ton esprit et construire mes propres boucliers afin d'éviter toute intrusion pendant que nous travaillons, puis je laisserai entrer Severus. »

« Hum hum, » Harry hocha la tête pour montrer qu'il avait bien compris et ses yeux se figèrent de concentration.

A ses côtés, Dumbledore énonça doucement, Legilimens. Après un moment, il fit signe à Severus qui répéta le sort avec sa baguette dirigée vers Harry, Legilimens.

Il y eut un soupçon de résistance lorsque Severus entra en contact avec les boucliers de Dumbledore puis il fut dans l'esprit d'Harry. Il fit un rapide tour, cherchant les pensées conscientes d'Harry, et il se trouva debout dans une sorte de vide avec Harry à ses côtés. Etrangement, c'était un Harry qui n'avait pas les sorts apposés sur lui par Lily lorsqu'il n'était qu'un nouveau-né.

« Alors, comment procédons-nous ? » Demanda Harry, les mains dans les poches.

« C'est ton esprit, » répondit Severus avec un sourire narquois. « Je suis là pour t'aider, pas pour faire tout le travail. »

« Quoi qu'il en soit, » Harry leva les yeux au ciel. « Vous avez déjà vu ces barrières, alors pourquoi n'allons-nous pas jeter un coup d'œil ? »

Severus prit la main d'Harry, « Laisse-toi simplement me suivre. Cela va peut-être te sembler un peu étrange. »

Il se concentra sur la magie interne d'Harry et se laissa attirer par elle. Il y eut une étrange sensation de tiraillement, quelque chose entre le transplanage et le transport par Portoloin, et le vide se remplit d'une boule de lumière pulsatile, dont les rayons s'échappaient à travers un étrange ensemble de blocs.

« Waouh, » Harry se dirigea vers la lumière et tendit la main pour toucher ses barrières. « Vous ne plaisantiez pas. »

« Je ne plaisante pas, » déclara sévèrement Severus.

« Alors, ça ne devrait pas clignoter comme cela ? » Demanda Harry, ses mains parcourant la surface inégale. Severus reconnut des blocs de construction pour enfants, certains en bois et d'autres de ces couleurs brillantes qui s'assemblaient les uns aux autres, d'autres éléments prenant l'aspect d'une toile d'araignée, et même quelques vignes ou plantes grimpantes, tout ce mélange composant les barrières qui bloquaient sa magie.

« Non, cela devrait briller en permanence. Ce qui s'enfuit de la barrière… est la magie que tu utilises en ce moment, » expliqua Severus.

Harry se tourna vers lui, les yeux écarquillés, et Severus remarqua qu'il ne portait pas de lunettes dans son esprit, « Mais… il y en a tellement peu qui… qui… »

Severus haussa un sourcil, « La prophétie dit que tu as le pouvoir de tuer le Seigneur des Ténèbres, et chacun de tes parents était très puissant chacun de son côté. Rappelle-toi également du fait que tu aies déjà montré quasiment autant de puissance qu'Albus peut en être capable. »

Harry secoua la tête et déglutit avec difficulté. Il laissa ses mains continuer de courir le long des différentes barrières, « Pourquoi sont-elles là ? Comment puis-je faire pour y remédier ? »

« A chaque occasion où tu as pu effectuer de la magie accidentelle lorsque tu étais enfant, tu étais puni, » Harry hocha la tête. « Et chaque fois, n'émettais-tu pas le souhait de ne pas avoir cette capacité à faire ce que tu avais fait ? »

Harry hocha de nouveau la tête et des larmes commencèrent à s'échapper du coin de ses yeux. Il commença à rétrécir sous les yeux de Severus, à régresser en âge, « Je suis un monstre, anormal, contre nature… »

Les mots furent prononcés durement et Severus voulut immédiatement les contredire mais il était comme hypnotisé. Severus observa les jeunes versions d'Harry qu'il avait connues à Poudlard. La régression en âge continua et le garçon maigrichon tout en jambes et en bras vêtu de vêtements bien trop grands devint de plus en plus petit. Des hématomes évoluèrent à partir de marques quasi effacées, qui devinrent jaunes, violettes, noires, bleues puis disparurent. Un assortiment de blessures apparurent, bien trop nombreuses même pour un enfant extrêmement maladroit, avec au moins trois plâtres sur des membres différents. Quand Harry cessa de rétrécir, il y avait un tout petit garçon qui levait un regard timide vers Severus.

« Salut, j'suis Hawwy, » dit Harry d'une voix enfantine. Il tendit ses petits bras potelés vers Severus, « Pwendwe moi ? »

Severus se pencha et prit Harry dans ses bras. Il ne devait pas même avoir deux ans. Le processus de rajeunissement s'était arrêté peu après la mort de James et Lily. Il tint l'enfant tout contre sa poitrine et souhaita avoir la chance de rester là avec son jeune fils, afin de l'élever et de profiter de lui.

« J'étais assez mignon, non ? » Severus sursauta au son de la voix du Harry de seize ans. Le jeune sorcier s'avança derrière lui jusqu'à ses côtés et chatouilla l'enfant dans ses bras, le faisant se tortiller et éclater de rire. « Dommage que nous n'ayons pas d'appareil photo ici. Toutes mes photos passent de celles prises par Maman et Papa à celles prises à Poudlard. Je n'en ai même pas de nous. »

« Je suis certain que nous pourrons nous arranger pour en avoir quelques-unes, » déclara Severus doucement, son regard passant de petit Harry à ado Harry. « Comment as-tu fait cela ? »

Harry haussa les épaules, « Vous l'avez dit vous-même, c'est mon esprit. Je pense que nous avons besoin de lui. Hey Harry, tu veux voir quelque chose de magique ? »

Le petit garçon leva les yeux vers l'adolescent et sourit, hochant la tête avec exubérance. L'enfant se calma rapidement, néanmoins, et le sourire s'effaça pour laisser place à un triste, et pratiquement désespéré, regard, « La Magie n'eziste pas. Wien de tel. »

« Oncle Vernon a tort, Harry, » Ado Harry lissa en arrière les cheveux de petit Harry et lui leva gentiment son menton. Sa voix était apaisante. « Il est méchant et il a tort. La Magie est bien réelle, et tu es un être magique. »

Le petit garçon pleurait à présent, silencieusement, « Non, je suis mauvais, mauvais, mauvais, monstwe, fawdeau, mauvais Hawwy. »

« Montre-nous, Harry, » demanda Severus à l'enfant. Ado Harry et petit Harry prirent le même air affolé. Le petit garçon tendit les bras vers l'adolescent, qui le prit des bras de Severus. Tous les deux respiraient lentement et péniblement, cherchant à contrôler leur souffle. « Qu'est-ce qui te rend mauvais ? »

Le petit garçon enfouit son visage dans les robes de l'adolescent et ce dernier se pencha pour lui murmurer à l'oreille, la voix tremblante, comme s'il n'était pas convaincu lui-même, « Nous pouvons le faire, Harry. Tout va bien. Il va nous aider. »

Pendant qu'ado Harry continuait de parler à petit Harry, cela devint progressivement plus sombre autour de lui. Ado Harry se pencha et déposa l'enfant sur le sol, s'agenouillant derrière lui avec une main sur son dos. Il y eut un hurlement et un flash de lumière verte, puis une deuxième lumière, plus brillante que la première. L'adolescent et l'enfant levèrent tous deux la main droite pour la presser contre leur cicatrice.

Les scènes s'enchaînèrent devant eux trop rapidement pour réellement les distinguer les unes des autres et, alors que l'enfant vieillissait lentement, toutes les images se centrèrent sur lui. Vernon et Petunia Dursley apparurent et disparurent fréquemment, hurlant sur Harry et parfois le giflant ou le secouant. Dudley Dursley intervint également à différents âges, ses poings volant. Severus tenta d'intervenir dès que les souvenirs se mirent à revenir en boucle mais fut repoussé brutalement en arrière, uniquement pour être stabilisé par ado Harry, qui regardait tout ça à la fois avec douleur et avec détermination.

Des flammes de colère s'embrasèrent dans les yeux de l'adolescent et ils se mirent à briller avec leur intensité, « Je ne vais pas les laisser faire, non je ne vais pas les laisser. »

Severus s'avança derrière Harry et posa sa main sur son épaule, « Nous n'allons pas les laisser faire, Harry. Tu ne seras plus jamais seul, ni avec eux. »

« Toi le monstre contre nature, » s'égosilla Vernon Dursley devant un jeune Harry d'environ huit ans. « Qu'as-tu donc fait cette fois ? »

Ado Harry s'agita devant Severus et s'avança de quelques pas. Dursley ne pouvait ni les voir, ni les entendre, mais ado Harry ne semblait pas s'en soucier. « Je ne suis pas un monstre ! Je ne suis pas anormal, ou contre nature, ou mauvais ! Vous avez tort ! Vous avez tort ! Vous êtes le monstre ! Regardez donc votre cochon de fils ! Regardez donc dans un miroir, pour l'amour de Merlin ! Vous êtes si normaux que c'en est effrayant ! »

Severus regarda derrière lui et vit que la lumière pulsatile était toujours là, mais les rayons qui s'échappaient étaient plus importants. Des morceaux de la barrière s'écaillaient et d'autres se dissolvaient pendant qu'Harry continuait à crier sur sa tante et son oncle, et sur son cousin. Toute la colère et la douleur qu'il avait retenues pendant quinze ans étaient libérées devant les souvenirs qui défilaient. Severus retourna son attention vers Harry et essaya de le réconforter, mais il fut repoussé par cette même force invisible.

Quand Harry se retrouva à court de mots, il s'effondra sur ses genoux, tremblant et sanglotant. Une version en miroir de lui-même le regardait tristement.

« Ils sont partis, Harry, » le reflet Harry déclara lentement.

Harry leva les yeux vers son double et Severus voulut prendre son enfant dans les bras mais fut encore incapable de l'atteindre, « Ils ne partent jamais. »

« Mais ils n'ont plus aucun pouvoir sur toi, plus maintenant, » le reflet Harry sourit. « Tu as une famille, et des amis, et un monde auquel tu appartiens. »

Harry se releva lentement de ses genoux et tendit la main vers le reflet Harry, « J'ai peur. »

Severus jeta un coup d'œil derrière son épaule et vit que les barrières étaient pratiquement toutes parties. Tout ce qui restait était un mince filet, mais la lumière continuait de pulser, et Severus ne savait pas pourquoi. C'était presque trop lumineux pour les yeux, mais Severus pouvait pratiquement y distinguer l'orbe de magie, qui ressemblait un peu à une boule de fils de lumière.

« Il n'y a pas de mal à avoir peur, tant que tu ne laisses pas tes peurs te gouverner, » le reflet Harry sourit encore et commença à changer.

Severus sentit Harry prendre sa main de nouveau et la serrer, « Qu'est-ce qui se passe ? Je n'aime pas cela. » Il y avait une pointe de panique dans sa voix.

Avant que Severus ne puisse répondre, ils se mirent à tourbillonner et l'orbe pulsatile qui était la source de la magie d'Harry tourna en orbite autour d'eux. Ils cessèrent de tourner quand le reflet Harry s'arrêta debout devant la lumière. Il ne ressemblait cependant plus du tout à Harry. Il y avait trop de similitudes pour les nommer, mais il y avait quelque chose d'essentiel qui était différent.

« Tom, » grogna Harry à côté de lui, sa baguette magique s'était matérialisée dans sa main et il la pointait vers son reflet.

Severus en aurait tressailli s'il n'avait pas un tel contrôle de lui-même. Il n'avait jamais vu le visage qui lui faisait face, mais il reconnut la forme altérée de celui qui deviendrait le Seigneur des Ténèbres une vingtaine d'années plus tard. Sa baguette apparut dans sa main et il la pointa dans la même direction qu'Harry.

Le garçon du reflet se mit à rire d'une manière cruelle, « Non, Harry, je ne suis pas Tom. Je suis toi… ou plutôt une partie de toi. En quelque sorte ton Tom intérieur, si tu veux. »

« Je ne veux pas, » grogna Harry derrière ses dents serrées. « Je ne ressemble en rien à Riddle. »

'Tom' s'approcha d'eux et se plaça de telle façon que la baguette d'Harry lui frôlait la poitrine, juste au-dessus du cœur, « Mais si, Harry, tu lui ressembles, et tu le sais. Tu les as remarquées, toutes ces nombreuses petites choses qui te relient à lui. »

« Ces choses-là ne sont pas importantes, » les yeux d'Harry lancèrent des éclairs. « Ce sont nos choix qui définissent ce que nous sommes. Ce sont les différences qui sont importantes. J'ai choisi d'être différent de Tom. J'ai choisi d'être Harry. »

Un sourire, froid et féroce, étirant les lèvres minces, s'agrandit lentement sur le visage de 'Tom', « Ce n'est pas aussi simple, Harry, et cela ne le sera pas, quand il ne te laissera pas le choix, mais tu n'en es pas encore là. »

'Tom' vacilla et disparut. Les yeux d'Harry étaient écarquillés et paniqués. Il tournait rapidement autour de lui-même, cherchant dans le vide, pointant sa baguette dans toutes les directions.

« Où est-il allé ? Que voulait-il dire ? » Demanda Harry.

Le regard de Severus était resté sur la lumière, et sur la dernière barrière, celle à la forme de toile d'araignée, qui se déplaçait très légèrement, en ondulant, « Il te reste une barrière à détruire, Harry. »

« Que se passe-t-il ? » Cria Harry.

Severus s'avança pour stabiliser son fils, « Je te tiens, Harry. Je ne te laisserai pas. »

Harry se raccrocha au bras de Severus et ce dernier sentit une vague de calme les envahir. Charlie, pensa aussitôt Severus. La respiration d'Harry s'apaisa et, avec Severus, il fit face à la lumière encore enfermée. Harry fit quelques pas en avant et tendit la main pour toucher la dernière barrière encore en place comme il l'avait fait auparavant. Severus se demanda comment il pouvait se tenir debout devant elle et la regarder directement, mais peut-être apparaissait-elle différemment à Harry. Elle ondula sous sa main et se déplaça, s'épaississant et tourbillonnant.

« Oh merde, » jura Harry qui recula sa main rapidement. « Ce n'est pas bon. Ce n'est pas bon. »

« Harry ? » Demanda Severus.

Harry guida Severus d'une main sûre afin qu'il se mette derrière lui, « Je pense que nous sommes sur le point de rencontrer mon vrai 'Tom intérieur'. Vous êtes certain de vouloir rester ? »

« Je te l'ai déjà dit, Harry, » lui affirma Severus avec détermination, « Je ne lâcherai pas prise. Que je sois damné si je laisse quelqu'un te faire encore du mal, toi y compris. »

« Uh hum, » acquiesça Harry. « Je pense que c'est définitivement l'un des plus étranges instants de ma vie. »

La toile d'araignée se resserra en un brin unique et s'épaissit. Severus sut où cela allait les mener avant que les écailles n'apparaissent. Il se rappela l'échec du club de duel, la première fois qu'il avait entendu Harry parler Fourchelang. Il baissa les yeux et fut surpris de voir Harry sourire.

« Ce n'est rien, » le sourire d'Harry était plein de confiance en soi. « J'ai tué un basilic quand j'avais douze ans. Il n'y a aucun serpent dont je n'ai peur. »

« Es-tu certain d'être un Gryffondor ? » Demanda Severus avec un sourire narquois.

Harry haussa les épaules, « Le Choipeau m'a presque réparti à Serpentard. Je pensais jusque-là que c'était à cause de lui, mais à présent je pense que c'est parce que vous êtes mon père. »

Severus sourit, le cœur gonflé de fierté. Depuis qu'il avait découvert qu'Harry était son fils, il s'était posé des questions sur sa répartition, et sur le souvenir de la scène qu'il avait vu entre le Choipeau magique et Harry lors de la Deuxième Année de ce dernier, « L'un ou l'autre, je suis fier de toi. »

« Merci, » réplica doucement Harry. « A présent, allons nous débarrasser de ce putain de serpent et foutons le camp d'ici. »

Severus renifla, levant les yeux au ciel devant le langage de son fils. Il allait vraiment devoir faire quelque chose à ce sujet, « Effectivement. »

Le serpent s'était à présent entièrement formé. Il s'éleva au-dessus d'eux, s'enroulant autour de la lumière. Ses anneaux se serraient, laissant seulement échapper les brins de lumière qui pulsaient. Harry s'adressa au serpent en sifflant et Severus frissonna. L'animal sortit sa langue et lui répondit. Les sifflements allaient et venaient, et le serpent baissa sa tête à leur niveau. Harry siffla ce qui apparut à Severus comme un ordre mais le serpent resserra ses anneaux et lui répondit en sifflant.

« Avec moi, Sort d'Implosion à trois, » déclara Harry qui commença immédiatement son compte à rebours.

Leurs baguettes l'une à côté de l'autre étaient pointées sur la tête du serpent géant. A trois ils crièrent ensemble, Adtono, et il y eut un énorme flash de lumière. Pendant un instant, Severus pensa que la puissance d'Harry allait les consumer tous les deux. Puis il ne pensa plus.

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Pfiou… Chapitre que j'ai trouvé extrêmement difficile à traduire…

A bientôt !