Disclaimer : Sérieusement, vous allez encore m'obliger à le dire ?! *boude* Rien est à moi... *murmure* enfin, ça c'est qu'ils croient xD
Couple : Harry/Derek
Warning : Slash (BoyxBoy), lemon, scènes de torture, meurtres, violence.
Note d'auteur : Hello tout le monde ! Cela fait bien trooooop longtemps que je ne vous ai pas publié un nouveau chapitre, et croyez-moi j'en suis désolée. malheureusement, j'ai bien peur que cela risque à nouveau de se produire dans le futur très proche. L'université prend beaucoup de mon temps, mais chaque fois que je reçois un e-mail me disant que j'ai une nouvelle review ou une nouvelle personne qui a ajouté Memories à ses listes, je m'assieds sur ma chaise de bureau et j'écris au moins un petit peu ! Donc merci à vous tous ! Merci pour continuer de lire et d'apprécier la fic ! Merci à tous ceux qui ont écrit des reviews, car grâce à vous la fic a atteint les 600 reviews !
Merci aussi à Nana Egedan qui, malgré le fait qu'elle passe autant de temps que moi dans les labos et chez elle à étudier pour nos examens, a pris le temps de corriger le chapitre !
Donc voilà, j'espère que vous apprécierez ce chapitre un peu plus long que d'habitude (en même temps il a pris deux mois à être écrit, le vilain xD). Je vous annonce également qu'il n'y aura probablement pas de nouveau chapitre avant deux mois à nouveau, car ma session de juin est très proche et que je vais mettre toute mon attention et mes efforts dans mes études durant cette période. Mais n'ayez crainte, mon esprit ne sera jamais trop loin de Memories et de tous ses personnages =).
Now, enjoy the story =)
Chapitre 28 : Changement de situation
Grand France, Colorado – Cabinet du Dr Baryard – 10 avril
"Le Docteur Baryard est prêt à vous recevoir, messieurs." leur annonça la pulpeuse secrétaire depuis son bureau. Emily jeta un coup d'œil à Hotch qui la remercia d'un air impassible, avant de suivre les directions qu'elle leur avait indiquées pour arriver jusqu'au cabinet du docteur.
Après avoir reçu la liste des chirurgiens esthétiques de la région, ils s'étaient distribué les noms entre eux et étaient partis en duo armés de la photo de leur suspecte. Emily n'avait pas manqué la déception de Morgan à ne pas être avec Black et elle s'était d'ailleurs moquée de l'attitude de l'homme auprès de ce dernier. Emily et Black n'étaient peut-être pas aussi proches qu'elle ne l'était avec JJ ou Morgan, mais ils s'entendaient tout de même très bien, surtout quand il s'agissait de s'unir pour s'attaquer à Morgan. Elle n'avait donc pas été étonnée du rire de Black lorsqu'elle lui avait dit que le métis avait l'air de celui qu'on privait de son jouet préféré. Ce qui l'avait surprise, ce fut le regard pensif que Black posa juste après sur Morgan, comme s'il essayait de percer à jour quelque chose qu'il était le seul à voir.
Elle n'était pas ignorante du rapprochement de Morgan et Black. Les deux hommes avaient eu un début difficile, mais cela ne semblait les avoir rendus que plus proches, comme si tout ce qu'ils avaient dû surmonter pour en arriver là les avait liés au-delà de ce que n'importe qui pouvait comprendre. JJ lui avait raconté que Morgan et Reid avaient vécu quelque chose de similaire, Morgan ayant sous-estimé Reid et allant même jusqu'à dire qu'il gênait plus qu'il n'aidait, et Reid ayant considéré Morgan comme un de ces énormes sacs de muscles qui aiment martyriser les plus faibles qu'eux, avant qu'ils n'ouvrent les yeux et deviennent ce qu'ils étaient aujourd'hui. Morgan semblait totalement être le genre de personnes à se créer les plus belles amitiés dans l'adversité, comme ces personnages des romans à l'eau de rose dont Emily nierait avoir une immense collection chez elle.
Elle fut sortie de ses pensées quand elle entendit Hotch la présenter au docteur Baryard. L'homme ne semblait pas différent des deux précédents chirurgiens qu'ils étaient déjà allés visiter, mais Emily ne pouvait pas s'empêcher, comme à chaque fois, d'espérer qu'ils étaient enfin tombés sur le bon et qu'ils auraient enfin une piste sur la suspecte. L'homme de quarante ans, cheveux bruns, yeux bruns, et teint clair et avec un air affable qui expliquait certainement sa bonne réputation, s'assit à son bureau et leur fit un signe.
"Asseyez-vous, je vous en prie. Mary disait que cela avait un rapport avec une de vos affaires…" s'enquit-il poliment.
"En effet, monsieur Baryard." commença Hotch. Le coin de la bouche du docteur s'abaissa momentanément en une moue irritée qui disparut immédiatement. Emily se retint de rouler les yeux. Les médecins et leurs titres… C'était une tactique communément usée dans un interrogatoire de laisser tomber le titre pour avoir le dessus psychologiquement. Non pas qu'ils fussent là, tout de suite, dans un interrogatoire, mais ils étaient arrivés à un point où ils avaient besoin de montrer immédiatement qui étaient en position de force pour ne pas perdre leur temps dans des stupidités telles que la confidentialité du patient ou le serment d'Hippocrate.
Emily sauta sur l'occasion pour poursuivre. "Nous aimerions savoir si cette personne vous dit quelque chose, monsieur Baryard." Elle lui tendit la photo de la suspecte accoudée au bar. Le docteur s'en saisit et prit le temps d'observer la photo avec le front plissé. Emily allait pousser un soupir, se disant que c'était une nouvelle impasse, avant de ravaler le geste quand le visage du docteur s'éclaira.
"Oui, bien sûr, c'est Madisan Borrow ! Un de mes meilleurs résultats, pour être honnête… Pourquoi, elle a des soucis ? Si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider ou pour aider cette pauvre Maddie…"
La réaction du docteur surprit Emily et à la tête d'Hotch, elle n'était pas la seule. Maddie ? 'Madisan Borrow' ? Voilà qui sonnait fort proche de la femme dont elle avait volé le visage, Madison Burrow. C'était certainement un faux nom et particulièrement pervers vu les circonstances. Hotch fut le premier à se reprendre.
"Madisan Borrow est actuellement notre suspecte pour les récents meurtres perpétrés à Charliestown et dans le reste du comté, monsieur Baryard." l'interrompit brusquement le chef d'équipe du FBI avec le ton glacial que tout le BAU lui connaissait si bien. Emily ne nierait pas éprouver un vague malaise à la vue du visage devenu dramatiquement pâle du docteur.
"Mais… ce n'est pas possible ! Maddie est l'une des personnes les plus douces que je connaisse ! Elle serait incapable de faire du mal à une mouche !"
"Selon notre profil, la suspecte est une psychotique souffrant de trouble du comportement. Les psychotiques sont parfaitement capables d'imiter les émotions, monsieur Baryard. Ce n'est pas étonnant que vous n'ayez rien vu." expliqua Emily calmement.
"Nous avons besoin de toutes les informations que vous avez sur cette femme, docteur." intervint Hotch.
"B-Bien sûr !" L'homme se leva pour se diriger vers une armoire et y chercher quelque chose, et revint presque immédiatement avec un dossier dans les mains. "Madisan Borrow, elle s'est présentée à mon cabinet il y a six ans en présentant des brûlures provoquées par de l'acide sur tout le visage. Apparemment elle avait été agressée en allant en vacances en Afghanistan. Je n'ai eu aucune raison de douter de son histoire et l'argent qu'elle avait pour l'opération venait apparemment d'une société d'assurance, alors je n'ai pas –"
"Comment avez-vous procédé pour la chirurgie ?" demanda Emily, curieuse malgré elle, surtout après avoir aperçu les photos de la suspecte avant la chirurgie. Ce n'était vraiment pas joli et elle devait admettre que le docteur Baryard devait être un artiste pour avoir réussi à réparer de tels dégâts et transformer la suspecte en la femme dans le bar qu'elle avait pu voir sur les cassettes vidéo.
"Elle avait apporté une photo récente d'avant l'attaque et je l'ai utilisée comme base pour mon travail."
"Puis-je voir cette photo, s'il vous plaît ?" Le docteur lui tendit une photographie avec trois jeunes qui venaient d'être diplômés. Elle reconnut la belle brune du milieu comme Madison Burrow et vu la façon dont le garçon à côté d'elle la tenait, c'était sûrement son petit ami de l'époque. Il ne restait plus que la troisième personne, une fille plutôt simple, mais mignonne, avec de longs cheveux châtains raides, pour être leur suspecte.
"Monsieur Baryard, nous apprécierions d'avoir le dossier de Madisan Borrow pour l'enquête." fit Hotch.
"C'est que… normalement je devrais avoir un mand-"
"Docteur Baryard." l'interrompit Emily. Et à son expression satisfaite en entendant son titre, elle se dit qu'elle avait déjà gagné la partie. Cependant, elle n'hésita pas à remettre une couche sur son orgueil de praticien pour obtenir ce qu'ils voulaient. "Vous êtes un excellent chirurgien, et vous nous aideriez beaucoup en apportant votre dossier à cette affaire…" Elle sourit doucement pour rajouter une petite touche et serra les dents pour qu'il ne tourne pas victorieux quand le docteur poussa un soupir.
"C'est tout ce que je peux vous donner." les prévint-il en tendant le dossier à Hotch qui hocha lentement la tête.
"Bien sûr. Nous vous remercions pour votre coopération, docteur Baryard." dit-il avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres.
Ce ne fut qu'une fois à l'extérieur que Hotch s'autorisa à faire un commentaire.
"Bon boulot avec le docteur, Prentiss. Appelle le reste de l'équipe pour leur annoncer nos découvertes et que nous nous retrouvons à la station de police. Il faudra ensuite téléphoner à Garcia pour lui communiquer les nouvelles informations." L'agent s'assit derrière le volant de la voiture, le regard concentré et déterminé.
Emily se mit immédiatement à la tâche. Ils n'avaient pas une seconde à perdre.
-CM-HP-CM-HP-
Station de police
David lut le dossier qu'ils venaient de recevoir grâce à Hotch et Prentiss. Regardant la photo qu'on leur avait donnée, il se demanda si leur suspecte avait déjà des pensées de meurtres à cet âge-là. Ou alors peut-être y a-t-il eu un événement traumatisant qui l'a plongée dans les méandres de la folie ? Il remarqua à peine Morgan en train de téléphoner à Garcia pour ensuite la mettre sur haut-parleur.
"Okay mes chéris, la déesse de l'informatique et des délicieux cupcakes est à votre écoute."
David se retint de sourire. Il n'avait pas envie de perdre son image de vieux senior au cœur dur et sarcastique, même si Garcia était décidément trop pétillante et amusante pour ne pas se laisser aller quelques instants.
"Garcia, est-ce que tu possèdes toujours les noms des femmes correspondant au profil des centres psychiatriques de la région ?" demanda Hotch.
"Oui, monsieur, je les ai juste devant les yeux."
"Est-ce qu'il te serait possible de réduire la liste aux femmes née entre les années 1975 et 1977 ?" demanda David en contemplant la date de naissance du dossier de la suspecte. Il était indiqué 1976, mais les gens avec une fausse identité avaient aussi généralement une fausse date de naissance. Heureusement, David était assez au courant sur le sujet pour savoir qu'en règle générale les dates ne différaient que de maximum un an de la date originale. En donnant une marge de trois ans à Garcia, il était certain d'avoir la suspecte dans le tas.
"J'ai quarante-huit noms. D'autres idées, mes mignons ?"
"Est-ce qu'il est possible de savoir si l'une de ces femmes a été impliquée dans un accident avec de l'acide ?" s'enquit Prentiss.
"Et la gagnante du jour est Miss Emily Prentiss ! J'ai un nom, celui d'Amanda Foler, née le douze décembre 1976 à Piers Hole, Colorado. Elle s'est versée de l'acide sur le visage lors d'une crise psychotique et en est reste défigurée. À partir de ce moment, son état s'est considérablement amélioré et elle a été autorisée à quitter le sanatorium deux ans après les faits."
Apparemment, la suspecte n'avait même pas changé de date avec son faux nom. Aucune importance, cela confirmait simplement qu'ils étaient sur la bonne piste.
"Piers Hole, ce n'est pas aussi la ville où habite Madison Burrow ?" fit JJ.
"Si, ce n'est qu'à une vingtaine de kilomètres d'ici." l'informa Black.
"Bébé, peux-tu nous donner l'adresse de résidence de cet Amanda Foler ?" demanda Morgan.
"Désolé mon beau, mais Amanda Foler a disparu de la circulation il y a six ans."
"Et concernant Madisan Borrow ?"
"Une fausse identité –vulgairement créée dois-je préciser – qui ne lui a servi que le temps d'une année et demie."
"Le temps de ses opérations esthétiques." nota David en consultant le dossier sous ses yeux. Soudain, quelque chose accrocha son œil. "Et est-ce que tu aurais des infos sur cette société d'assurance qui lui a payé ses soins médicaux ? Sayles & Co ?"
Le clavier de l'analyste technicienne cliqueta pendant un moment avant qu'un claquement de langue ne retentisse. "Mon cher Rossi, nous voilà tombés sur un gros morceau. Sayles & Co est une véritable société d'assurance, mais elle a été fermée depuis maintenant bientôt sept ans."
David fit une onomatopée pensive. "C'est assez courant que les arnaqueurs utilisent des sociétés qui viennent de fermer comme société d'écran pour leurs malversations. Mais même si Amanda Foler a utilisé cette société comme écran, elle a dû fournir une adresse pour recevoir les documents que le docteur a envoyés tout au long de son traitement et y répondre. Garcia ?"
"Je suis sur le coup, monsieur !"
La tension dans la pièce était à son comble tandis que Garcia jurait doucement de l'autre côté du fil alors qu'elle tentait de trouver l'info, la toute petite info qui leur permettrait de coincer une meurtrière derrière les barreaux.
"24, Empty Road, Charliestown !" s'exclama finalement l'analyste, le ton triomphant. "Et l'adresse est actuellement occupée par une certaine Daisy Hide qui est – vous n'allez jamais le croire mes poussins – née le 12 décembre 1976 !"
"Tu es la meilleure, Baby Doll !" la félicita Morgan.
"Ça, je le sais, mais si tu tiens à me le rappeler, rapporte-moi ces délicieux petits biscuits de la dernière fois, mon très cher fantasme-sur-pattes !"
"Promis, ma belle."
Garcia leur promit d'envoyer les infos dès que possible avant de raccrocher en leur souhaitant bonne chance. David en profita pour conseiller Hotch de la conduite à suivre dans les prochaines heures.
Bientôt, ils seraient face à face avec leur suspecte et tout finirait pour le mieux.
-CM-HP-CM-HP-
Station de police – 11 avril
L'arrestation avait été à la fois une réussite… et un désastre. Derek sentait le poids des regards de tout le commissariat sur l'équipe du BAU et il ne l'appréciait pas du tout. Amanda Foler, ou Daisy Hide, était simplement. Une. Pétasse. Rien de plus à ajouter.
Quand il entendit Black grogner à côté de lui, Derek déposa sa main sur son épaule et fit de lents cercles avec son pouce contre son omoplate pour le calmer. Cela eut un effet instantané. Derek lâcha un petit bruit satisfait à la vue du léger relâchement de tension des épaules de l'homme et de la disparition des petites étincelles d'or qui avaient commencé à apparaître dans ses prunelles. Derek était tout aussi atteint que Black par les événements, mais il semblait être plus capable de contrôler sa frustration…
Non mais qui essayait-il de tromper !? Il était tout autant à deux doigts d'exploser que Black !
Quand l'équipe d'intervention était arrivée à l'appartement de Daisy Hide, elle se trouvait dans sa cuisine à se préparer à manger. Une véritable aubaine pour les policiers qui purent directement l'appréhender et l'amener au commissariat. Enfin, cela aurait probablement été plus facile si soudainement les pleurs d'un bébé n'avaient pas retenti, surprenant toute l'équipe d'intervention. Ils n'avaient vu nulle part la mention d'un enfant dans le dossier de Daisy Hide. Ensuite, la jeune femme s'était mise à pleurer et à avoir l'air sur le bord de faire une crise de panique tout en réclamant son bébé et qu'on ne lui fasse pas de mal. C'était un spectacle particulièrement pathétique et très convainquant… si on n'était pas un profiler. Mais comme la plupart des officiers de Charliestown assignés à l'affaire n'étaient pas suffisamment doués pour percer à jour la véritable nature de la femme, les rumeurs avaient très vite circulé comme quoi les agents du FBI s'étaient sérieusement plantés et avaient arrêté une mère célibataire innocente parce qu'ils étaient dans une impasse.
Le BAU n'était pas amusé.
Encore tout à l'heure Black avait dû refuser qu'une des secrétaires n'apporte à la 'pauvre femme' son bébé en signe de réconfort. Il ne manquerait plus que ça ! Et depuis, seules quelques personnes dans la station se réservaient avant de juger les profilers, tandis que toutes les autres étaient déjà prêtes avec leurs torches et leurs fourches à les chasser à travers la ville ! Inutile de dire que Black et lui furent soulagés quand les autres membres du BAU apparurent à la porte de la salle d'interrogatoire en compagnie du shérif du comté.
"Tout le monde fait des erreurs, agent Hotchner." Derek entendit dire le shérif alors qu'ils approchaient. Le shérif était un homme bien, Derek en était certain, et suffisamment raisonnable pour se rendre compte qu'il ne parviendrait pas à résoudre l'affaire et attraper le tueur sans une aide extérieure. Mais à cet instant, tout ce que Derek voulait c'était qu'il la ferme et laisse le BAU travailler sans encombre.
Derek sursauta quand JJ et Prentiss se placèrent devant lui pour cacher la vue du shérif.
Oups. Je devais être moins discret que je le croyais…
Hotch semblait être partagé entre le respect qu'il avait pour le shérif et l'irritation d'être pris si peu au sérieux. Les deux furent finalement gagnants.
"Shérif Mathers, peut-être avons-nous appréhendé la mauvaise personne, mais j'ai le droit de garder la suspecte dans ces locaux durant les prochaines vingt-quatre heures. Un droit que je vais utiliser sans aucune hésitation pour l'interroger."
Le shérif se frotta la tête en soufflant lourdement. Ses épaules étaient voûtées, comme s'il portait le monde sur son dos. "J'aimerais bien vous aider, Agent Hotchner, mais plusieurs de mes gars ont été plutôt choqués par l'apparition du bébé et ils ne sont pas d'accord avec votre décision de séparer le gamin et sa mère."
Comme s'il savait qu'on parlait de lui, le petit garçon d'environ un an commença à pleurer à nouveau, ses cris suraigus faisant grimacer toute la station de police. Derek avait téléphoné à Garcia pour qu'elle essaie d'obtenir des infos sur le bébé, mais jusqu'à présent, ils n'avaient rien pu trouver. La suspecte avait probablement utilisé encore une fausse identité et tant qu'ils ne la découvriraient pas, ils ne sauraient rien sur le garçon.
"Nous en sommes tous conscients, Shérif, mais même si ce n'est pas notre tueur, Daisy Hide devrait au moins être capable de nous diriger dans la bonne direction." fit JJ, l'experte en communication. C'est dans des moments comme celui-ci que Derek pouvait réellement apprécier la présence de JJ dans l'équipe. Non pas qu'il ne l'appréciait pas auparavant ! Mais voir JJ dans l'action était une expérience qui suscitait l'admiration.
Le shérif soupira à nouveau. "Je vais vous laisser faire votre boulot, agent Hotchner… J'espère que je ne vais pas le regretter."
Personne ne le gratifia d'une réponse.
Tout le BAU entra finalement dans la salle annexe à celle d'interrogation où se trouvait leur suspecte. Malgré lui, Derek sentit son cœur se serrer à la vue de Daisy Hide. Elle avait vraiment l'air pathétique. Mais il se reprit bien vite. Cette femme était le portrait craché de Madison Burrow avant son accident et était définitivement la femme qu'ils avaient aperçue au bar… sans oublier toutes les fausses identités et l'arnaque qu'ils avaient découvertes. Si ce n'était pas un comportement suspect, Derek ne savait plus quoi chercher.
"Alors, est-ce qu'il y a des nouvelles sur le bébé ?" demanda-t-il.
"Garcia est toujours en train de chercher, mais elle nous a envoyé tout ce qu'elle a pu trouver en plus sur Daisy Hope et Amanda Foler." fit Rossi en indiquant le petit paquet de feuilles qu'il avait amené avec lui.
"Prentiss et Morgan, je voudrais que vous conduisiez le premier interrogatoire." dit Hotch avant de se tourner vers Black. "Black et JJ, vous allez faire comme nous avions initialement prévu avec Madison Burrow."
"Le maquillage ?" demanda JJ pour être certaine qu'elle pensait à la même chose que son supérieur tandis qu'une grimace apparut sur le visage de Black. Derek se contrôla pour ne pas ricaner, mais vu le regard que lui lança Prentiss il n'y était pas complètement parvenu.
Le senior hocha juste brièvement la tête. Derek sortit en même temps que Prentiss alors que Black et JJ discutaient sur le profil des victimes visés par leur suspecte, les dossiers de Rossi sous le bras. Il prit le temps avec Prentiss. Ils décidèrent d'utiliser la vieille technique du méchant/bon flic et d'improviser au fur et à mesure des réactions de leur suspecte. Ils relurent également les informations les plus importantes avant de rentrer dans la salle d'interrogatoire
"Bonjour, mademoiselle Hide." fit Prentiss en entrant. La femme répondit un timide bonjour, l'air effrayée.
Derek fit mine de renifler d'un air méprisant, exagérant son geste. "Ou devrait-on plutôt vous appeler mademoiselle Foler ? Ou vous préférez mademoiselle Borrow peut-être ?"
"Je… Je ne vois pas de quoi vous voulez parler." fit la suspecte avec une toute petite voix.
"Mademoiselle Hide, je suis l'agent spéciale Emily Prentiss et voici mon collègue l'agent spécial Derek Morgan. Vous avez été amenée ici en raison des meurtres de ces dernières semaines. Voyez-vous de quoi je parle ?"
"Est-ce que je peux voir mon fils, s'il vous plaît ? Il est encore trop jeune pour qu'on reste séparés très longtemps." répondit la femme en évitant la question.
"Vous ne pourrez pas voir votre fils avant d'avoir répondu à nos questions, Daisy." dit Derek sur un ton sans appel et légèrement moqueur en disant le 'nom' de la suspecte.
Pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans la pièce, Derek vit la preuve que Daisy Hide pouvait être leur tueuse. Ses yeux s'étaient soudainement fait glacés et calculateurs, un seul instant, avant de redevenir larmoyants. Cela n'avait duré qu'une seconde, mais Derek était certain que Prentiss l'avait vu aussi. Le problème avec les psychotiques, c'est qu'après un moment ils sont si convaincus d'avoir trompé leur entourage qu'ils ne font plus assez attention avec les étrangers.
"Je ne vois pas comment je pourrais vous aider, je ne sais rien sur les meurtres dont vous parlez !"
Voyant que sa présence desservait plus qu'elle ne servait, Derek décida de laisser la main à Prentiss. S'excusant sous prétexte d'aller chercher un café, il quitta la pièce pour retourner à la pièce annexe. Il fut accueilli par Hotch et Rossi qui approuvèrent immédiatement sa sortie.
"Elle ne semble avoir que deux catégories pour les hommes." analysa Derek. "Proies… et ennemis."
Hotch hocha brièvement la tête, les yeux rivés sur Prentiss et la suspecte. "Et apparemment tu n'es pas son type, Morgan." dit Rossi avec un sourire amusé.
"Pour une fois, je vais prendre ça comme un compliment." répliqua-t-il avec humour.
Prentiss avait apparemment changé de tactique de l'autre côté et avait sorti la carte de la compassion. Ne voyant aucune ouverture du côté des meurtres, elle s'était concentrée sur l'enfant.
"Et comment s'appelle-t-il, votre petit garçon ?"
La suspecte eut l'air sincèrement heureuse de l'intérêt de Prentiss pour son fils. "Jackson Junior."
"D'après son père ?"
"Oui, malheureusement il n'est pas très présent dans la vie de Junior… mais ce sera bientôt le cas !" dit-elle avec ferveur.
Derek fronça les sourcils. "Elle exprime les premières émotions sincères depuis qu'elle a été arrêtée. Son fils a une place beaucoup plus importante que je le présumais dans sa psychose…"
"Mais pourquoi ? Cela m'étonne qu'une femme capable de tuer de sang froid et aussi méthodique ne tombe enceinte par erreur." remarqua Rossi.
"C'est que ce n'était pas par erreur. Et vu son discours, le père de l'enfant est tout aussi important…" fit Hotch, les sourcils froncés par la concentration. "Est-ce qu'il y a un écart suffisamment large entre deux meurtres pour une grossesse ?"
Rossi et Derek consultèrent la ligne de temps qu'ils avaient construite à la découverte des anciennes affaires.
"Oui, il y a un écart de huit mois il y a environ sept mois." dit le senior en indiquant les dates du doigt.
"Communiquez cette information à Garcia pour qu'elle restreigne son champ de recherche aux bébés nés entre juillet et septembre de l'année passée." ordonna Hotch, voyant que Prentiss ne parvenait pas à obtenir l'information de son côté.
Mais avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit, Black entra dans la pièce, une photo dans sa main exceptionnellement dégantée. Derek ne put s'empêcher d'être un moment frappé par l'apparence de Black sans les cicatrices qui adornaient son visage et ses bras. Il ne savait pas la quantité de fond de teint que JJ avait dû utiliser pour accomplir cette prouesse, mais le résultat était aussi éblouissant que dérangeant. Voir ces yeux verts sombres sans les cicatrices était comme un tableau où il manquait l'élément principal. Derek ne put s'empêcher de faire la relation avec la suspecte : ce visage n'était pas celui de Black.
Il fut sorti de ses pensées quand JJ entra à son tour dans la pièce et qu'il entendit Black demander comment s'appelait le bébé de Daisy Hide. Au nom de Jackson Junior, son visage s'assombrit d'autant plus.
"C'est bien ce que je craignais." Il montra à nouveau la photo et plus précisément le jeune homme dont le bras entourait la jeune Madison Burrow avant de déclarer gravement : "Messieurs, je vous présente l'ex-mari de Madison Burrow, Jackson Trend."
Le silence dura plusieurs secondes avant qu'Hotch ne réussisse à dire quelque chose.
"Cela donne une tout autre dimension à son obsession…"
"Nous nous sommes effectivement trompés." continua Rossi avec une figure fermée.
Derek haussa les sourcils. "Qu'est-ce que vous voulez dire ?" Il ne fut pas surpris quand Black lui répondit.
"Ce n'est pas par Madison Burrow qu'Amanda Foler est obsédée, mais par Jackson Trend."
Lorsque Derek comprit ce qu'il se passait, il perçut immédiatement les changements que cela apportait à leur profil.
"Prentiss n'arrivera à rien obtenir d'elle, alors." soupira-t-il en regardant Prentiss à travers la vitre sans teint. "Ses seules faiblesses sont Madison Burrow et ce Jackson Trend. Si Black parvient à reproduire le comportement typique des victimes…"
"Alors nous avons une chance de briser son masque." compléta JJ.
"Nous devrions contacter Madison Burrow et Jackson Trend. Je pense qu'il y a une histoire qui les concerne tous les deux et Amanda Foler… une histoire qui pourrait peut-être être l'origine de la psychose d'Amanda." suggéra Rossi.
"Morgan, fais sortir Prentiss. Nous allons devoir faire quelques recherches avant d'y envoyer Black." demanda Hotch fermement. "Il est temps pour Amanda Foler de nous montrer son vrai visage."
-CM-HP-CM-HP-
Jennifer observa avec grande attention l'entrée de Black dans la pièce qui contenait leur suspect. Le jeune homme avait toutes les pièces en main pour obtenir des confessions de leur suspecte, ou assez pour prouver qu'elle était impliquée dans les meurtres. Devant les preuves qu'Amanda Foler et Daisy Hide était la seule et même unique personne, Madison Burrow et Jackson Trend n'avaient pas gardé leurs secrets très longtemps. Maintenant, Jennifer n'espérait plus qu'une chose : que Black parvienne maintenant à percer ceux de leur suspecte. Apparemment, Black était déjà spécialisé dans les Affaires Spéciales en interrogatoire et infiltration, en grande partie à cause de ses 'pouvoirs' d'empathie et de télépathie. JJ était plutôt impatiente de le voir à l'œuvre, surtout après avoir entendu les circonstances de la rencontre entre Black et les deux seniors de l'équipe.
Il faut une certaine dose de talent pour faire croire à un groupe de profiler qu'ils ont non seulement affaire à une femme, mais également à une femme enceinte… Le tout menacé par un sniper !
Déjà dès l'entrée de Black, elle voyait un changement dans sa posture et sa façon de marcher. C'était une personne qui était beau et avait l'habitude d'entendre les autres le lui dire, plein de confiance et avec cette pointe d'arrogance qui intimidait et attirait à la fois. Jennifer avait du travailler pendant un bon moment pour couvrir toutes les cicatrices du visage de Black et de ses avant-bras. Il lui avait demandé de lui faire les bras, car il allait sûrement utiliser son empathie à contact durant l'interrogatoire et qu'il avait besoin d'avoir une certaine surface de peau nue pour pouvoir toucher la suspecte sans avoir l'air lui-même suspect. Elle devait avouer que de voir Black avoir l'air à son aise, les manches remontées à hauteur des coudes et ses mains sans gants effectuant ce petit geste dans ses cheveux, comme pour dégager les mèches, mais qui ne servait qu'à lui donner cette impression de confiance nonchalante, avait un certain effet sur JJ. Elle avait une relation géniale avec William, mais cela ne l'empêchait pas de songer que Black avait l'air sexy ainsi.
"Mademoiselle Hide ? Je suis Harry Black et on m'a chargé de m'occuper de vous." dit-il comme introduction, lui décochant un sourire charmant et un regard des plus appréciateurs. Black déposa les dossiers qu'il avait en main sur le bureau et se tourna vers la femme avec un visage ouvert.
La suspecte sourit faiblement, mais Jennifer fut capable de voir une brève lueur prédatrice dans son regard. Peut-être n'y parvenait-elle que parce qu'elle l'avait déjà vue tant de fois chez d'autres suspects que le BAU avait interrogés, mais elle se demandait tout de même jusqu'à quel point certains officiers de cette station était enfoncé dans leur haine envers les agents du FBI qu'ils en arrivaient à ignorer de tels signes.
"Je suis désolé pour le comportement de l'agent du FBI tout à l'heure… Il ne doit sûrement pas être habitué à avoir affaire à des jolies filles… Ou même des filles tout court." Black sourit à nouveau d'un air séducteur et son sourire fit mine de s'élargir quand la suspecte gloussa d'un air tout aussi faux.
De l'autre côté de la vitre, JJ dut pincer ses lèvres pour ne pas sourire au léger grondement émis par Morgan face à l'accusation.
"Pourquoi ne nous mettrions-nous pas plus à l'aise ? Je vais vous enlever ces menottes si vous me promettez de garder vos mains bien en évidence. Je ne voudrais pas qu'elles, mmh, se baladent dans des endroits inappropriés."
Oh mon Dieu, mais comment Black parvient-il à transformer une phrase totalement innocente en une invitation sexuelle !?
"Je commence à regretter que Black soit gay." plaisanta Prentiss, dans le but de détendre un peu l'atmosphère tendue de la pièce.
Lorsque Black ouvrit la serrure des menottes de la suspecte après qu'elle lui ait promis d'un air coquet que ses mains resteraient là où elles devaient être, Jennifer le vit soudainement se tendre et ses yeux brièvement perdre leur focus, avant qu'il ne semble se reprendre et finalement défaire les liens. JJ comprit que Black venait de ressentir les émotions de la suspecte et vu sa réaction, elles n'étaient pas agréables. Elle fut légèrement inquiète quand il prit le temps de retourner à sa place, dos à la femme pour se reprendre.
Quand il fut assis, Black ouvrit le dossier qu'ils avaient préparé avant de le laisser rentrer dans la pièce. Il déposa alors plusieurs photos des corps retrouvés devant la suspecte, tandis que JJ gardait toute son attention sur la suspecte. C'est pour cette raison qu'elle ne rata pas la dilatation de pupille qui trahissait son excitation face aux photos, avant de voir du dégoût, ce qui était normal dans ce cas-ci vu la façon dont les victimes de ces meurtres étaient mutilées post-mortem.
"Reconnaissez-vous ces hommes, mademoiselle Hide ?"
C'est à ce moment-là que JJ fut capable de voir le changement brutal de l'atmosphère de la pièce. Ils avaient réussi à créer ce qu'ils recherchaient : mettre leur suspecte à découvert en lui présentant un parfait spécimen du type d'hommes qu'elle assassinait pour l'obliger à basculer dans son mode prédatrice. Les psychotiques de son genre, atteint de trouble de la personnalité, avaient tendance à se distancer de leurs envies violentes lorsqu'elles sont dans un cadre non sûr. Mais que fait un prédateur devant une belle pièce de viande ? Se jeter dessus, bien sûr ! Et c'est à ce moment-là que le prédateur est le plus vulnérable.
La suspecte souriait toujours, mais son sourire s'était fait infiniment plus agressif depuis tout à l'heure. "Non, je n'en reconnais aucun."
Black fit mine d'être déçu. "Vous êtes certaine ? Ça nous aurait pourtant bien aidé si vous aviez su quelque chose…" Il passa la main dans ses cheveux, comme embarrassé.
"J'aurais aimé vous aider, officier Black." fit la suspecte en posant une main sur celle de Black. Jennifer vit le jeune homme lutter contre l'envie de récupérer sa main. "Malheureusement, je ne sais rien du tout au sujet de ces meurtres. Je ne sais même pas pourquoi je suis ici !"
"Ce n'est pas grave. Je vais simplement dire à ces agents du FBI qu'ils ont merdé et vous pourrez rentrer chez vous avec le petit." dit Black aimablement. Il se leva, prenant les dossiers dans ses bras. "Je vais juste–" Et comme ils l'avaient prévu, Black fit tomber la photo de la cérémonie de remise de diplômes avec Madison Burrow, Jackson Trend et leur suspecte.
La femme ramassa la photo et resta tétanisée un instant devant l'image. "Co–comment avez-vous eu ça ?"
"Oh, c'est une Madison Burrow qui nous l'a apportée. Elle voulait nous montrer une photo de son mari." fit Black comme si c'était un commentaire inintéressant.
"Mari ?" fit Daisy Hide avec une grimace lui tordant la bouche.
"Oui, après l'accident de voiture, Madison et Jackson se sont rapprochés et ils ont jugé que le divorce était une erreur, je crois qu'ils vont se remarier le mois prochain." mentit Black. La fureur était visible sur le visage de la suspecte. "Elle a essayé de me trouver une plus jolie photo, mais elle m'a dit qu'elle n'avait pas trouvé de photo sans 'Amy la Sans-Ami' dessus."
La réaction ne se fit pas attendre. La photo fut bientôt écrasée dans la poigne de la suspecte. "Ne prononcez pas ce nom !"
Black haussa les sourcils. "Et pourquoi pas ? Après tout, ce genre de personnes, elles ne sont bonnes qu'à être utilisées par des gens comme vous et moi, mademoiselle Hide, non ? Des gens beaux et populaires qui s'entourent de faire-valoir, de personnes banales et sans intérêt pour mieux briller." Il s'approcha de la femme, passa son bras autour de son épaule en faisant bien attention à toucher sa peau (certainement pour juger de l'approche à utiliser grâce à son empathie), avant de se pencher à son oreille. "Nous avons bien besoin de ces gens pour les utiliser et user. Pour les rabaisser et leur rappeler que sans nous, ils seraient seuls et misérables. Que personne d'autre que nous ne coucherait avec eux parce qu'ils sont tellement hideux et pitoyables que personne ne voudrait d'eux."
"Non, c'est faux !" s'écria la suspecte. "Beaucoup d'autres personnes couchent avec moi et c'est MOI qui les utilisent ! C'est MOI qui les use et m'en débarrasse quand ils ne me satisfont plus !" Sa voix s'était faite hystérique.
JJ eut un frisson en voyant le sourire cruel qu'afficha Black. "Vous croyez cela ? Et Jackson, alors ? Il a couché avec vous, mais ce n'était que pour le sexe, n'est-ce pas ? Madison lui avait donné sa permission, parce qu'elle ne voulait pas perdre sa virginité avant le bal de promo et que vous n'étiez de toute façon pas assez jolie pour que Jackson tombe amoureux… "
"LA FERME ! TAIS-TOI !"
"Oh, mais c'est vrai… Jackson a fini par coucher avec vous des années plus tard et vous a donné cet adorable petit bébé… Oui, mais ce n'est pas vraiment vous, n'est-ce pas mademoiselle Hide ? Ce n'est pas vous qu'il voyait, mais quelqu'un d'autre, mmh ? La même femme que tous ces hommes voient, mais qui n'est pas la vraie Daisy Hide. Et savez-vous pourquoi je le sais ?" La femme le fixa d'un air partagé entre la rage et la panique. Black leva la main et frotta sa joue. "Parce que derrière ce visage, mademoiselle Hide, vous resterez à jamais Amy la Sans-Ami. Tout comme nous tous sur cette terre–" Black enleva la main de son visage, laissant apparaître les trois longues cicatrices sur sa pommette, un sourire tordu aux lèvres. "–derrière ce visage, vous resterez à jamais brisée et laide. Et moi, mademoiselle Hide, je vous vois."
Cela sembla être la phrase de trop. Elle se jeta sur Black qui ne s'attendait visiblement pas à ce mouvement et le plaqua contre le mur, les mains autour de son cou, tentant de l'étouffer. "LA FERME ! Vous êtes tous pareils, vous vous croyez au-dessus des autres grâce à votre beauté ! Mais quand la corde vous étouffe, vous devenez laids, si LAIDS ! C'est si jouissif de voir tous ces beaux visages se tordre et se déformer !"
"Oh mon dieu, il faut aller aider Black !" s'exclama JJ quand elle vit que Black ne parvenait pas à réagir, probablement débordé par les émotions de la suspecte, mais Morgan était déjà parti et débarquait dans la salle d'interrogatoire. Il sépara immédiatement Daisy Hide de Black, ignorant ses tentatives de coup de poings et ses griffures hystériques. Trois officiers entrèrent à sa suite dans la salle pour le débarrasser de la suspecte et lui mettre à nouveau les menottes.
"Ils sont tous superficiels, sauf mon Jackson ! Mon Jackson, il a dit qu'il m'aimait, oui, oui ! C'est cette petite pétasse de Madison qui l'a volée ! Mais j'ai mon petit Junior et bientôt Jackson va nous rejoindre !" Elle se mit à rire avant de chantonner une comptine quand les cris du bébé furent entendus depuis la salle d'interrogatoire.
JJ fut soulagée quand Morgan aida Black à se relever et qu'à part de légères ecchymoses, il n'avait pas de blessures visibles. Elle sourit en voyant la façon dont Morgan entoura son bras d'un air protecteur autour de Black pour le conduire hors de la salle où la suspecte était encore en pleine crise psychotique. Il l'amenait sûrement à la salle de réunion pour lui permettre de se calmer après cette frayeur. Elle fut néanmoins étonnée que Rossi et Hotch ne les rejoignent pas, puisque Black était leur ami à eux aussi. Peut-être tenaient-ils, comme Prentiss, à être là quand la cohorte d'excuses des officiers débuterait.
Et comme JJ l'avait prédit, le shérif Mathers fut le premier à se présenter dans la petite salle annexe, une expression de respect réticent sur le visage.
"Alors, Shérif Mathers, cela vous suffira-t-il comme preuve ?" fit Hotch d'une façon si glaciale que même les esquimaux en auraient des gelures.
Et c'était pour ça, mesdames et messieurs, que personne ne sous-estimait Aaron Hotchner.
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The Rollercoaster – 11 avril
Harry descendit d'une traite le cocktail bleu fluorescent qu'on lui avait servi, ressentant visiblement le besoin de se changer les idées, mais déplorant le fait qu'il était incapable de se saouler. La même scène se répétait dans sa tête depuis tout à l'heure. Les mains de la suspecte autour de sa gorge, les émotions de Haine/Folie/Tue!/Tue!/Tue! l'assaillant soudainement, le délai qu'il lui avait fallu avant de réussir à se dégager au même moment où Morgan entrait pour l'aider, et puis finalement ce flux d'émotions réconfortantes qui le calmèrent instantanément au travers de cette main dans le bas de son dos qui le guidait hors de la pièce. Et quand Morgan et lui furent finalement seuls dans la pièce attribuée au BAU…
Il ne s'était rien passé du tout.
Enfin, rien si on excluait le fait que Derek avait pris Harry dans ses bras et avait passé presqu'un quart d'heure à simplement le tenir, l'inondant de toutes ces émotions qu'Harry n'aurait jamais pensé ressentir à nouveau. Ce mélange de Tendresse. Sympathie. Protection. l'avait envahi et l'avait peu à peu rassuré. Quand Morgan le relâcha, lui demandant si ça allait, Harry ressentit avec plus d'intensité qu'il ne l'aurait soupçonné la perte de ses émotions. Mais au sourire étonnamment satisfait de Morgan, le métis savait exactement quel effet il avait sur Harry.
Harry changea de position sur la haute chaise au bar. Dire qu'il avait été surpris par les sentiments de Morgan serait un mensonge. Cela faisait tout de même quelques semaines qu'ils se tournaient autour, et même si Harry craignait d'avoir une nouvelle relation après la fin dramatique de sa dernière, cette phase de chasse et de séduction lui redonnait confiance et l'assurait que Morgan était décidément plus qu'intéressé.
Et il allait éviter de penser à quel point cette dernière idée lui faisait plaisir, au risque de passer pour une jeune fille en fleur qui flirtait pour la première fois de sa vie…
Le jeune sorcier ignora le sentiment de contentement que Morgan irradiait, même depuis l'autre côté de la pièce. Néanmoins il ne retint pas son sourire quand le métis renversa une partie de sa boisson sur son tee-shirt parce qu'il refusait de détourner le regard d'Harry. Cachant son hilarité, Harry se retourna vers le bar pour être surpris par l'apparition d'un nouveau cocktail qu'il n'avait pas commandé. Il interpella le barman pour lui signaler son erreur quand il remarqua soudainement la présence du propriétaire de la discothèque qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt juste à côté de lui. L'homme lui sourit, ses yeux gris brillant de cette même lueur de curiosité que la dernière fois.
"Ce n'est pas une erreur, Agent Black, le cocktail est de la maison." fit James Bolder aimablement.
"Ah… Et bien merci." fit Harry, mais sans toucher la boisson.
L'homme s'installa sur la haute chaise d'à côté, puis appuya sa tête sur sa main en observant Harry. Le sorcier ignora son regard et continua de boire sa bière, se demandant ce que lui voulait le propriétaire de la boîte de nuit. Finalement, James Bolder fut le premier à craquer et à parler, comme Harry l'avait prédit.
"Alors vous êtes l'un d'eux…"
Harry haussa les sourcils, l'air vaguement confus. "L'un d'eux ?"
"Vous savez…" Il approcha son visage de celui d'Harry. Le jeune Auror dut s'obliger à ne pas reculer à la claire invasion de son espace personnel. "Un loup-garou." murmura James Bolder, ne cessant de jeter des coups d'œil pour vérifier que personne n'entendait leur conversation.
Harry se braqua immédiatement et se jeta presque instantanément dans l'esprit de son interlocuteur. La première image sur laquelle il tomba fut celle d'un homme et d'un petit garçon. Il en fut tellement surpris qu'il détourna le regard, coupant par la même occasion sa Legilimancie.
"J'ai raison, n'est-ce pas ?" dit l'homme, un peu plus insistant et s'approchant encore un peu plus du demi-loup-garou.
"En quoi cela vous intéresse ?" fit Harry, mimant la nonchalance. Il savait que ça avait un rapport avec le petit garçon qu'il avait vu, il ne fut donc pas étonné quand l'homme hésita avant de répondre :
"C'est… mon fils…"
"Pas besoin de poursuivre cela ici. Tenez, prenez ceci." dit Harry en lui tendant une carte. "C'est mon numéro de téléphone. Quand vous aurez le temps, passez-moi un coup de fil pour qu'on se voie." L'homme prit la carte et son regard se fit si reconnaissant et plein de gratitude qu'Harry se sentit coupable d'avoir même songé que James Bolder s'intéressait à lui. Il mit la main sur l'épaule de l'homme et lui sourit doucement.
"Tout ira bien, monsieur Bolder. Appelez-moi avant la prochaine pleine lune et je ferai tout ce que je peux pour vous aider."
L'homme agrippa sa main quand Harry allait partir. "Merci."
Au hochement de tête d'Harry, l'homme le lâcha avant de partir de son côté. Harry avait la forte impression qu'il se dirigeait vers son bureau où une bouteille de scotch l'attendait. Il se tourna vers la table où étaient assis le BAU, ou du moins ceux qui n'étaient pas sur la piste de danse, et fut étonné de ne plus voir Morgan. Le sorcier s'adressa alors à Hotch et Rossi qui étaient à la table pour le moment.
"Avez-vous vu où est Morgan ?" Harry eut une brève grimace grincheuse quand Rossi agita ses sourcils d'un air entendu et vaguement pervers.
"Il est sorti il y a quelques secondes pour prendre l'air." lui répondit Hotch.
Hotch est mon nouveau senior préféré, dit-il avec ses yeux à Rossi quand les lèvres de l'agent en question se fendirent en un sourire moqueur à la vue d'Harry se dirigeant dans la direction indiquée par le chef d'équipe du BAU. Harry fut vengé quand Hotch roula les yeux et dit quelque chose à Rossi qui eut soudainement l'air boudeur de celui dont on privait le plaisir.
Quand Harry fut enfin dehors, il ne vit pas Morgan devant la boite de nuit. Il contourna la file de personnes qui attendaient de pouvoir rentrer pour se diriger vers l'allée annexe. Ne voyant personne, Harry s'apprêtait à revenir sur ses pas quand il fut poussé contre le mur par une main très familière. C'est la seule et unique raison pour laquelle Harry ne chercha pas à lui briser la main, mais simplement à se dégager de sa poigne.
"Putain, Morgan ! Lâche-moi !" finit par dire Harry quand l'agent n'eut pas l'air de vouloir le laisser partir. Ses futures protestations furent coupées quand Morgan le retourna et l'embrassa dans un baiser agressif et plein de dominance.
Disons qu'Harry était en train de développer une toute nouvelle perversion pour les surfaces planes, comme les murs par exemple. Surtout quand il était plaqué contre la dite surface plane susmentionnée par un corps chaud et puissant, et que sa bouche était revendiquée par des lèvres autoritaires et que, lorsqu'il lâchait un gémissement surpris, une langue s'insinuait entre ses lèvres et caressait sensuellement la sienne.
Harry se tendit un instant quand une main se glissa dans ses cheveux et qu'une autre dans le bas de son dos l'enfonçait contre le corps chaud de Morgan. Il aurait sous doute dû utiliser le fait que Morgan l'avait relâché pour se dégager, mais son corps ne l'entendait pas de la même façon et ses deux mains se retrouvèrent dans les cheveux et la nuque de Morgan. Quand il eut enfin l'occasion de respirer, Harry avait le souffle court et les yeux brillants. Les yeux de Morgan, eux, s'assombrirent de désir et très vite il recaptura la bouche d'Harry.
Leur second baiser devint bien vite sexy et terriblement sale tellement leurs langues et leurs dents étaient impliquées. Harry n'entendait plus rien et ne ressentait rien de plus que ce fulgurant besoin de posséder et d'être possédé, ainsi qu'un profond désir de faire ses preuves (un sentiment qui appartenait à Morgan s'il en croyait la touche de jalousie qui le soulignait et qu'il savait ne pas être la sienne). Après plusieurs minutes de brûlants échanges, Harry frôla sans le vouloir (évidemment) l'entrejambe de Morgan et ne put s'empêcher d'être très content de son effet sur l'homme pour lequel il avait –oserait-il l'avouer ? – des sentiments.
Après cet 'accident', une vanne semblait s'être ouverte et Harry se retrouva bien vite à se frotter aveuglement contre Morgan pour se débarrasser de son érection devenue proéminente par la simple friction de leurs corps. Le sorcier frissonna quand les yeux devenus argents de Morgan se posèrent sur lui alors que le métis s'était emparé de ses hanches pour l'empêcher de bouger. Harry poussa un grognement de frustration avant de voir la lueur taquine dans le regard de Morgan. Il ne retint pas son gémissement quand l'homme utilisa sa poigne sur Harry pour connecter leurs deux entrejambes et y appliquer des mouvements de va-et-vient provocateurs et déterminés.
Les frottements étaient tout simplement délicieux. À chaque descente de Morgan, Harry tentait de lutter contre la poigne de celui-ci pour le rencontrer en montant, mais un léger grondement l'en dissuadait. Ne voulant pas simplement se laisser dominer sans rien dire, Harry agrippa le quart loup-garou et réussit en utilisant le poids de Morgan à échanger leurs places. Le métis eut l'air surpris par le changement de situation avant de se détendre, son regard d'autant plus brûlant. Harry s'était inquiété un moment que Morgan ne soit pas capable de lui laisser la main au vu de son lourd passé entre les mains de son violeur Carl Buford, mais de le voir ainsi lui faire confiance, laisser Harry faire ce qu'il voulait…
Il n'y avait pas de meilleur aphrodisiaque.
Léchant sensuellement le creux du cou de Morgan, Harry passa ses mains sous son tee-shirt, caressant la peau sous ses doigts et regrettant de ne pas avoir pensé à retiré ses gants. Cependant il changea d'avis quand l'agent sembla se défaire littéralement sous ses caresses. Peut-être Morgan avait-il un truc pour le cuir… Enthousiasmé par les réponses très bruyantes de Morgan, Harry recommença à frotter leurs entrejambes l'un contre l'autre. Ils s'embrassèrent à nouveau, même si c'était plus une furieuse rencontre de lèvres alors que leurs mouvements s'accéléraient et devenaient erratiques.
"Mo… Morgan !" gémit Harry quand il se sentit au bord de l'orgasme. Il entendit et sentit avec son empathie le moment où Morgan jouit au son de sa voix, l'extase inondant tous ses sens et le faisant jouir à son tour. Harry se laissa tomber sur Morgan qui glissait tout doucement contre le mur. Ils se retrouvèrent tous les deux assis, l'un en face de l'autre, la tête d'Harry contre l'épaule de Morgan.
La minute suivante ne fut peuplée que de tentatives de reprendre son souffle.
"Non pas que je ne suis pas content avec ce développement, Morgan, mais tu sais que tu n'as aucune raison d'être jaloux, n'est-ce pas ?" fit finalement Harry en relevant la tête, percevant facilement l'émotion maintenant qu'il n'était plus distrait par Morgan. "Le fils de James Bolder a été mordu par un loup-garou et il a risqué de me demander si j'en étais un après avoir vu mes cicatrices, rien de dangereux là-dedans…" fit Harry avec une expression moqueuse quand Morgan eut une mine renfrognée.
"La ferme, Black." fit-il avant d'embrasser une nouvelle fois Harry jusqu'à ce que le principal intéressé grogne et ait les yeux roulant dans ses orbites de plaisir. Puis il soupira et posa son front contre celui du jeune Auror. Harry rougit légèrement en sentant les émotions de soulagement et de tendre affection de Morgan. "On devrait peut-être rentrer à l'hôtel pour se changer, non ?" dit finalement le métis avec humour en désignant leurs pantalons.
C'est à ce moment-là qu'Harry se rappela qu'éjaculer dans son pantalon était particulièrement salissant. Avec un sourire amusé, Harry approuva l'idée. Ils se relevèrent tous les deux et Harry utilisa un charme rapide pour dissimuler les traces d'humidité visibles sur leurs pantalons.
"Morgan… Ce qu'il vient de se passer…" commença Harry, cherchant ses mots pour savoir ce qui allait se passer maintenant.
Le plus vieux sourit. "J'imagine que je vais devoir t'inviter à diner maintenant, avant que Teddy décide de venger la vertu de son parrain." plaisanta-t-il alors. Puis, plus sérieusement, il s'approcha d'Harry jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'à quelques centimètres d'écart. "Je veux quelque chose de tout ça, Harry. Quelque chose de sérieux."
Ah merde... les papillons sont de retour. C'est simplement mon prénom, pas besoin d'être aussi excité pour ça !
"Moi aussi, Derek." répondit Harry avec un sourire. "Alors ça te dirait qu'on aille manger un bout après qu'on soit rentré à Quantico ?"
"Avec plaisir." Et Harry frissonna légèrement à la façon indécente de Derek de prononcer le mot plaisir.
Harry allait probablement embrasser à nouveau Derek quand un raclement de gorge l'interrompit.
"Maintenant que vous avez réglé la situation, est-ce qu'on peut laisser les gens passer de nouveau devant votre allée, les garçons ?"
C'est définitif, Rossi ! songea Harry au sourire carnassier et victorieux de son 'ami'. Tu n'es plus du tout mon préféré !
-CM-HP-CM-HP-
Las Vegas, Nevada – Bennington Sanitarium – 12 avril
Les derniers jours avaient été une véritable torture. Et Spencer savait de quoi il parlait. Draco Black était un monstre. Si Harry n'était pas là pour contenir toute cette malfaisance, Spencer était sûr que le Maître des Potions aurait été enfermé il y a un long moment.
Avant de commencer à faire les potions, ils avaient travaillé sur l'aspect purement théorique de la potion qu'ils voulaient réaliser. De la potion que les ex-Mangemorts avaient voulu utiliser sur Harry pour faire revivre leur leader, ils avaient réussi à extraire le principe d'une connexion familiale, ou tout du moins sanguine, qui permettait d'accéder aux souvenirs de celui qui buvait la potion. Ils avaient passé au moins deux jours sur ce sujet, à lire d'obscures vieux grimoires et des bouquins spécialisés en herbologie. Puis, Spencer avait usé de toutes ses connaissances en chimie et ce qu'il avait appris grâce aux vieux livres d'école qu'il avait emprunté à Harry pour aider Draco Black à transformer cette connexion pour que ses souvenirs et les souvenirs de sa mère se coordonnent et qu'ainsi l'état de sa mère soit suffisamment stable pour utiliser une potion spécialisée dans la réparation des dommages mentaux.
Ça, c'était la théorie.
Inutile de dire que la pratique était loin de la réalité.
Après avoir donné son autorisation (ou plutôt après se l'être faite arrachée par un sorcier blond diablement effrayant), ils avaient fait des expérimentations pour vérifier si les émanations de potions fonctionnaient aussi bien sur lui que les potions elles-mêmes. Ils avaient donc passé le reste du temps dans le laboratoire privé du Maître Black à expérimenter différentes potions – et Spencer était certain que le 'cousin' d'Harry en avait profité pour tester quelques-unes uniquement pour son cruel plaisir – et à vérifier si leurs émanations fonctionnaient sur Spencer. Après quelques tests, ils avaient observé que s'ils ajoutaient le sang de Spencer aux mixtures, elles étaient tout aussi efficaces en potions qu'en émanations.
C'est ainsi que trois jours plus tard, sans avoir dormi ni mangé une seule fois – mais après avoir bu des quantités inimaginables de mixtures infectes (surtout en sachant ce qu'il se trouvait dedans…) – Spencer et Draco Black étaient juste en dehors de la pièce qui menait à la chambre de Diana Reid, une potion dans la main du Maître. Certains auraient pu dire que c'était bien trop tôt pour avoir fini la création d'une nouvelle potion, mais ils ne prenaient alors pas en compte le fait que Spencer était un génie et que Draco Black était non seulement un Maître de sa profession, mais quasiment un prodige. La seule raison pour laquelle ils n'avaient ni dormi ni mangé était parce qu'ils avaient été trop absorbés par leur but pour penser à autre chose. Dans ces circonstances, c'était au contraire étonnant qu'ils aient pris autant de temps !
Spencer était anxieux, mais il savait que la potion qu'ils avaient réalisée allait fonctionner. Elle n'était peut-être pas parfaite, mais avec les moyens qu'ils possédaient, ils n'allaient pas réussir à faire mieux que cela. Ils avaient vu et revu la formule, expérimenté tout ce qu'ils avaient pu sur Spencer et effectué tous les tests imaginables pour la toxicité de la potion… Ils étaient certains de l'effet théorique de la potion, mais en dehors de cela, il n'y avait aucune réelle garantie.
Mais Spencer voulait prendre le risque. Il en avait assez de rester le petit garçon apeuré qui était satisfait que les choses restent telles quelles. Harry songeait sûrement que Spencer allait attendre sagement avant d'utiliser les talents de Draco Black pour guérir sa mère – et comme il connaissait bien Spencer, il aurait eu raison… dans d'autres circonstances. Mais le jeune génie n'avait pas attendu. Harry n'avait pas pris en compte l'espoir déchirant, et même consumant, que Spencer allait éprouver à l'idée de pouvoir guérir sa mère. Dès le moment où Draco Black avait dit qu'il pouvait aider, l'esprit du docteur avait été rempli d'ingrédients de potions combinés à des formules chimiques qu'il espérait utiliser dans le domaine des potions magiques.
Et maintenant il y était.
"Rappelez-vous, Docteur Reid, nous aurons de bien meilleures chances si vous parvenez à lui faire avaler la potion avec quelques gouttes de son sang."
Spencer inspira un grand coup avant d'ouvrir la porte et de rentrer dans la pièce. Il ferma derrière lui. Maître Black avait décidé qu'il garderait l'entrée et utiliserait un sort Anti-Moldus pour que personne ne les dérange. Il se retrouva donc seul, face à sa mère qui lisait un livre, assise dans son fauteuil près de la fenêtre. Elle avait relevé la tête quand elle l'avait entendu entrer et souriait joyeusement.
"Spencer ! Je ne savais pas que tu passerais me voir !"
"Bonjour maman." fit nerveusement Spencer. Il s'assit dans la chaise en face de sa mère, se disant que s'il collait le plus possible à la routine qu'il avait quand il la visitait, elle serait beaucoup plus calme pour la suite des opérations.
"Comment vas-tu ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette, est-ce que tu as bien mangé et dormi ces derniers temps ?" demanda-t-elle d'un air inquiet, ses yeux perçants fixés sur son visage.
"Oui, oui tout va bien. C'est juste que… un ami et moi avons créé quelque chose qui pourrait t'aider, maman." Spencer opta pour la confrontation directe. Il grimaça néanmoins en prononçant le mot 'ami', car Draco Black était certainement la dernière personne qu'il souhaiterait avoir comme ami.
Sa mère renifla d'un air hautain. "Tu sais bien que tous les médicaments que ces fous ont essayé de me donner n'ont aucun effet, Spencer. Et puis je n'en ai pas besoin, je me sens parfaitement bien !"
Spencer fronça les sourcils en songeant à la façon dont sa mère s'était comportée lors de sa dernière crise, si désemparée et effrayée, lui demandant de l'aide et criant comme si on la torturait… Il sentit la frustration le gagner. "Oui, mais cette fois-ci, c'est moi qui l'ait fait ce médicament. Et je te promets que ça va marcher." Ou du moins je l'espère de tout mon cœur.
Sa mère le regarda d'un air condescendant, comme si elle acceptait les caprices d'un enfant. "C'est d'accord, Spencer, si tu veux vraiment essayer." Heureux de la voir céder aussi vite, le docteur sortit une aiguille de couture et désigna la fiole qu'il avait en main.
"J'aurais juste besoin de quelques gouttes de ton sang pour-"
"Mon… sang… ?"
Spencer se rendit compte qu'il avait dit quelque chose qu'il n'aurait pas dû. Quand sa mère se jeta sur lui, le visage contorsionné en une expression enragée, il tenta de l'éviter, mais rata spectaculairement et se retrouva plaqué sur le sol.
"Mon fils ne voudrait jamais me blesser ! Qui êtes-vous ?! Où est Spencer ?! Qu'avez-vous fait de mon fils ?!"
"Ma…man… c'est moi… Spencer…" parvint à dire Spencer malgré les mains autour de son cou. Il se rendit compte qu'il saignait dans la bouche à cause du goût métallique du sang qui l'envahissait. Il avait dû se mordre la langue en tombant.
"Et qu'est-ce qu'il y a là-dedans, alors ?! Du poison ?!" Sa mère le relâcha soudainement, mais Spencer avait été trop longtemps privé d'oxygène pour réagir immédiatement. C'est pourquoi il ne se débattit pas quand il sentit la potion couler dans sa gorge, se mélangeant à son sang. Il réussit à repousser sa mère qui voulait l'obliger à boire le liquide et l'entendit tomber en arrière, la potion la couvrant dans sa chute.
La dernière chose qu'il vit fut la figure horrifiée de Draco Black le regarder depuis l'entrée de la pièce.
Puis tout devint noir.
Réponses aux reviews anonymes
Nadiane : Quand je me suis rendue compte que je ne répondais jamais aux reviews anonymes et toujours aux autres, je m'en suis voulue, alors je suis contente que tu sois contente d'avoir (enfin) eu une réponse xD.
Oh làlà, trop de compliments risque de me monter à la tête... Continue ! =P
Je suis heureuse que tu aimes les relations entre les personnages. J'essaie toujours de trouver des circonstances qui nous permettront de découvrir ce qui lient le BAU et les autres personnes de Memories entre elle. J'espère que tu auras aimé la fin de cette enquête-ci ^^
Héhé, Harry et Derek ont beaucoup de problèmes, mais ils vont réussir à les surmonter ensemble... En attendant, j'aime trop vous frustrer xD.
Je ne sais pas encore exactement la longueur de l'histoire, mais j'espère que tu t'amuseras jusqu'à la fin !
Merci pour tout !
Mark : Waouh ! À ce point-là ? Me voilà flattée =P. Je dois t'avouer pour ma part que ce sont des reviews comme la tienne qui me donnent envie de continuer à écrire, alors merci !
J'espère que tu auras aimé ce chapitre-ci ^^.
mama :28 chapitres d'une traite ?! Memories a fait une nouvelle victime alors =) Je suis contente que tu aies aimé à ce point et j'espère que ça durera encore longtemps ! Merci pour ta review !
Misew : Je suis toujours très heureuse d'accueillir une nouvelle lectrice ! Esprits Criminels et Harry Potter sont deux univers riches et je suis très contente que tu apprécies mon interprétation du mélange des deux =) Merci pour tes encouragements et tes compliments !
