Bonjour,
Voici le 29ème chapitre. J'ai terminé cette fic vendredi dernier et ça me fait vraiment un drôle d'effet. Je vais entamer demain la nouvelle histoire.
Pour ce chapitre, il n'est pas joyeux joyeux mais une nouvelle fois je vous rappelle que la situation va s'arranger rapidement.
Bonne lecture,
Sydney8201
Musique du chapitre :
La Cienega just smiles de Ryan Adams
Chapitre 29 : Rien ne change
« And I hold you close in the back of my mind
Feels so good but damn it makes me hurt
And I'm too scared to know how I feel about you now »
Ryan Adams
Dean avait presque du supplier les médecins de le relâcher après presque une semaine d'hospitalisation. Après les quarante huits heures légales durant lesquelles les docteurs avaient veillé sur lui comme s'il était suicidaire et prêt à recommencer à la moindre occasion, ils avaient tenté de le convaincre de voir un psychologue ou un groupe de soutien. Une infirmière un peu étrange lui avait même recommandé de rencontre le prêtre de sa paroisse. Mais il était presque sûr qu'elle cherchait avant tout à le guérir de son homosexualité plutôt que de ses supposées tendances suicidaires. Il avait fini par leur faire comprendre qu'il n'avait pas l'intention de suivre leurs conseils. Et ils avaient cessé de lui en donner. Il avait ignoré les prospectus laissés dans sa chambre par un personnel un peu trop dévoué à son goût et avaient enfin obtenu ce qu'il voulait depuis qu'il avait ouvert les yeux après son overdose. Il était libre et il pouvait enfin rentrer chez lui.
Sam avait insisté pour le raccompagner. Il avait du manquer deux heures de cours pour cela mais Dean n'avait pas eu le cœur de refuser. Son frère était la seule personne à le soutenir et il savait qu'il avait besoin de lui.
Une fois rentré, il était immédiatement retourné se coucher pour ne pas avoir à penser. Il avait dormi pratiquement vingt-quatre d'heures sans réellement se réveiller une seule fois. Sam avait veillé sur lui. Il lui en était reconnaissant.
Dean avait parfaitement réussi depuis la dernière visite de Castiel à ignorer tout ce à quoi il ne voulait pas penser. Il avait rangé sa rupture avec le jeune libraire dans un coin de son esprit et mis également de côté le fait qu'aucun de ses amis ne semblait le croire mis à part Benny. Il était doué pour ignorer ce qui lui posait problème. Il avait fait ça durant plusieurs années.
Mais une fois qu'il fut reposé et enfin seul dans son appartement, il réalisa qu'il n'avait plus vraiment le choix. Il devait affronter la réalité. Il reprendrait bientôt le travail et devrait se confronter au monde extérieur. Il ne pourrait pas se cacher plus longtemps.
Il commença par adresser un message à Chris et Steve leur disant de ne pas se donner la peine de venir le voir ou même de l'appeler. Il tenta d'être suffisamment clair pour les dissuader de passer outre son conseil. Il en écrivit ensuite un à Charlie lui expliquant à quel point il était déçu de son comportement. Le dernier fut adressé à Gabriel. Il était en substance le même qu'à ses autres amis mais le ton était un peu moins dur et froid. Après tout, il savait que le jeune homme ne faisait que soutenir son ami. Il était plus proche de Castiel que de lui et il pouvait comprendre qu'il ait choisi de se ranger de son côté. Pour les autres en revanche, il n'avait pas pris de pincettes. Il était blessé par leurs attitudes respectives et il n'était pas vraiment sûr de pouvoir leur pardonner un jour.
Une fois qu'il eut terminé de mettre les choses au point avec ses amis, il s'autorisa enfin à penser à Castiel.
Sa rupture avec le jeune libraire avait été incroyablement difficile à supporter pour lui. Il avait cru après leur dispute que les choses s'étaient arrangées entre eux. Ils avaient discutés de ce qui posait problème et s'était mis d'accord sur les efforts qu'ils devaient fournir respectivement. Mais Castiel avait manqué à sa promesse. Il avait refusé de lui faire confiance et lui avait tourné le dos. Dean doutait de pouvoir l'oublier. Il aimait le jeune libraire. Il n'avait aucun doute sur ce point. Mais il avait le cœur brisé. Castiel lui avait fait énormément de mal. Il se souvenait parfaitement des mots qu'il avait employés, des sous-entendus et des accusations. Toutes fausses et toutes injustes. Castiel avait refusé de l'écouter. Il avait refusé de le croire. Et son manque de confiance était pire encore à digérer que celui de ses amis. Car il était la personne sur laquelle Dean comptait le plus. Celui avec qui il voulait faire sa vie. Ce n'était plus d'actualité bien sûr. Leur relation était finie et il n'avait plus aucun espoir la concernant. Il avait trop souffert à cause du jeune libraire. Il allait devoir panser ses blessures et se reconstruire petit à petit. Ce serait sans Castiel et sans la majorité de ses proches. Il n'avait plus que Sam et Benny pour le soutenir. Il allait devoir s'en contenter.
Le jeune homme hésita longuement à écrire à son ex petit ami pour lui dire de ne plus jamais reprendre contact avec lui. Il avait préparé un message concis et plutôt satisfaisant puis un mail de la même teneur. Mais il n'en avait envoyé aucun. Il n'était pas prêt à le faire pour le moment. Même s'il considérait leur relation comme finie pour de bon, il n'avait pas encore la force de fermer définitivement la porte. Sam aurait probablement dit qu'il était idiot de retarder l'échéance. Dean pensait qu'il avait raison sur ce point. Mais il avait vécu des bons moments avec Castiel et il était le seul qu'il avait aimé dans sa vie. Il ne voulait pas tirer un trait définitif sur lui par message ou par mail. Il attendrait d'avoir le courage de l'affronter pour lui dire ce qu'il avait à lui dire. Le jeune libraire lui avait fait beaucoup de mal mais il méritait plus que quelques mots en guise de conclusion. Dean ne pouvait pas lui faire ça.
Il savait que Sam était en colère contre Castiel et contre tous ses amis. Le jeune garçon ne s'en cachait absolument pas. Il tenait des propos particulièrement durs sur eux. Dean pouvait le comprendre. Il savait combien Sam détestait le voir souffrir. Il savait combien il était difficile pour lui de se rendre compte qu'ils ne pouvaient compter sur personne que sur eux-mêmes. Le jeune homme était plus apte à l'accepter. Il avait connu beaucoup de déceptions dans sa vie. Il avait appris à les gérer.
Après avoir renoncé à écrire à Castiel, Dean passa sa dernière journée de repos à chercher une explication à ce qui lui était arrivé. Il n'en voyait qu'une seule. Rafael. Benny lui avait rappelé la visite du jeune avocat le jour même de son overdose et Dean était convaincu à présent qu'il ne pouvait pas s'agir d'une coïncidence. Il était déterminé à trouver des preuves de son implication pour le faire tomber. Quand il y parviendrait enfin – et peu importait ce que cela demandait, il y arriverait – il pourrait enfin apprécier de voir tous ses proches comprendre leurs erreurs et ramper à ses pieds pour demander son pardon. Il n'était pas sûr de l'accepter.
Dean savait qu'il leur avait fait peur deux ans plus tôt. Il savait qu'ils avaient souffert de sa tentative de suicide. Mais le jeune homme ne comprenait pas comment ils ne pouvaient pas voir à quel point il avait changé. Il avait fait tellement d'efforts pour aller mieux. Il avait sorti la tête de l'eau et il avait repris sa vie en mains. Ses proches auraient du s'en apercevoir et se baser dessus pour accepter de lui faire confiance. Ils n'avaient pas le droit de toujours tout ramener à cette erreur passée.
Dean avait réellement la sensation qu'ils avaient tous saisis la première opportunité pour s'enfuir. Il avait probablement été un poids pour eux depuis qu'il les connaissait. Il avait beaucoup demandé de leur part. Et il les avait pris pour acquis. A présent qu'il était seul, il réalisait à quel point il avait eu tort de reposer autant sur eux. D'être dépendant de leur amour et de leur soutien. Car à terme, il allait devoir réapprendre à exister sans eux. Et c'était quelque chose qui l'effrayait considérablement.
Le pire serait probablement d'oublier toutes les certitudes et les réflexes qu'il avait les concernant. Il allait devoir cesser de composer systématiquement le numéro de Chris quand il avait besoin de se changer les idées. Il ne pourrait plus aller voir Steve quand il aurait besoin de quelqu'un capable de l'écouter sans l'interrompre. Et plus que tout, il allait devoir réapprendre à vivre sans Castiel.
Dean s'était habitué à ce que le jeune libraire soit constamment à ses côtés. Il pouvait presque entendre encore son rire et sa voix lui souhaitant bonne nuit quand il fermait les yeux. Il avait eu tort de croire que tout ceci durerait pour toujours. Il aurait du se méfier. Il avait été naïf. Il ne referait pas cette erreur une seconde fois.
Il était déterminé à rebatir sa vie autour des deux seules personnes qui étaient restées à ses côtés. Sam et Benny seraient ses piliers. Mais il ne recommencerait pas comme avant. Il allait se reconstruire et devenir une personne à part entière. Il allait devenir indépendant et fort. Il ne dépendrait plus jamais de quelqu'un. Il savait que ça ne finissait jamais bien.
Le jeune homme avait beau savoir ce qu'il voulait, il savait également que le chemin serait long et compliqué. Il allait devoir se débarrasser de la colère brûlante qu'il ressentait vis à vis de ses proches. Il allait devoir trouver de nouveaux objectifs et de nouvelles raisons de se battre. Il allait devoir organiser sa vie différemment. Il se savait suffisamment fort pour y arriver. Pour le moment cependant, il ne savait pas par quoi commencer.
Il passa donc sa dernière après-midi de libre à faire du rangement dans son appartement. Il rangea toutes les affaires qui appartenaient à Castiel dans un carton puis se débarassa de tout ce qui lui rappelait son ancien petit-ami. Il déchira quelques photos, en brûla d'autres. Il s'assura qu'il ne restait plus rien en rapport avec le jeune libraire avant de sceller le carton et de le ranger dans un coin de son placard. Sam avait remis toutes leurs affaires en place quand il était devenu évident qu'ils ne déménageraient pas. Le jeune homme lui en était reconnaissant. Il n'était pas sûr d'en avoir le force.
Il était presque vingt heures quand Dean eut enfin terminé de mettre de l'ordre chez lui. Il n'était pas réellement fatigué mais il était affamé. Il se prépara un sandwich dans la cuisine puis s'installa devant la télé dans le salon pour tenter de se changer les idées. Comme il l'avait redouté bien sûr, ce fut un échec cuisant. A peine avait-il arrêté de s'activer que son esprit le ramenait inexorablement vers Castiel.
Il était toujours amoureux du jeune libraire. Il le serait probablement toute sa vie. Il savait qu'il était impossible d'oublier son premier amour. Et c'était exactement ce que Castiel était pour lui. Le premier homme dont il était tombé amoureux. Il ferait toujours parti de lui. A vrai dire, Dean avait fini par se demander si Castiel n'était même pas carrément devenu une partie de lui. A la manière de Sam. Il avait réussi à s'infiltrer en Dean et à y faire sa place. Il s'était immiscé en lui pour ne plus en ressortir. Et il était aujourd'hui devenu un morceau de son être que le jeune homme avait appris à chérir. C'était devenu sa malédiction à présent. Il allait devoir apprendre à l'ignorer ou à s'en défaire. Même si cela devait l'empêcher de se sentir entier pendant longtemps.
Le jeune homme savait qu'il avait eu tort de se lancer à cœur perdu dans cette histoire. Il avait eu des doutes très souvent. Il les avait mis de côté et avait préféré vivre son histoire d'amour à fond. Il en payait le prix aujourd'hui. Sur ce point au moins, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
Dean détacha ses yeux du poste de télévision et observa son appartement. Il doutait de pouvoir rester ici très longtemps. Il avait beau s'être débarassé des affaires de Castiel, tout lui rappelait le jeune libraire ici. La cuisine était l'endroit où ils mangeaient ensemble en discutant de tout et de rien. Le canapé celui où ils avaient fait l'amour plus d'une fois. La chambre tout entière était marquée de son empreinte. Elle avait été le lieu où Castiel l'avait tenu dans ses bras, où il l'avait embrassé et serré contre lui. Celui où Dean l'avait regardé dormir persuadé que rien ne pourrait jamais les séparer. Il était celui où leurs deux corps couverts de sueur n'avaient fait plus qu'un l'espace de quelques minutes. Tout lui rappelait le jeune libraire. Il allait devoir quitter cet endroit au risque de devenir dingue. Sam ne s'y opposerait probablement pas. L'appartement était trop petit pour eux deux et ils avaient besoin d'un nouveau départ. Ils pourraient peut-être avoir un jardin. Et un chien. Sam avait toujours rêvé d'avoir un chien. Ce serait le symbole de la nouvelle route que Dean voulait emprunter. Celle qu'il devrait remonter seul tout en sachant que les mains de Benny et Sam ne seraient jamais très loin.
Le jeune homme soupira longuement puis se leva du canapé pour se rendre à nouveau dans la cuisine. Il ouvrit le frigo et observa une seconde les bières qui s'y trouvaient toujours. Il avait pris l'habitude d'en acheter pour Castiel. Elle étaient posées juste à côté des sodas que lui buvaient depuis qu'il avait renoncé à l'alcool. C'était un nouveau symbole de ce qu'il avait perdu et pendant une seconde, il eut envie de les jeter par la fenêtre. Mais à la place, il en attrapa une et l'ouvrit machinalement. Il la porta à sa bouche mais ne but pas. Il s'était juré de ne plus jamais avaler une goutte d'alcool. Il savait exactement l'effet que cela avait sur lui. Et il refusait de replonger dans ses vieux travers. Il refusait de se laisser détruire à nouveau. Ce serait donner raison à tous ceux qui avaient refusé de croire en lui. C'était inenvisageable. Il vida finalement le contenu de la canette dans l'évier puis décida d'en faire de même avec toutes les autres. Il jeta ensuite les canettes dans la poubelle et attrapa un soda. Il sortit son paquet de cigarettes et en alluma une. Il avait pris l'habitude de fumer dehors quand Castiel était là. Mais il était seul à présent et il avait bien l'intention de faire les choses à sa manière. Il ne se laisserait plus jamais guider sa conduite par qui que ce soit. Il ne chercherait plus à se justifier ou à se défendre. Les gens devraient l'accepter tel qu'il était ou renoncer à lui. C'était son nouveau leitmotiv.
Dean sourit faiblement en chassant la cendre de sa cigarette dans le cendrier sur la table. Il était perdu dans ses pensées et sursauta quand il entendit quelqu'un frapper à la porte. Sam avait son propre jeu de clefs et il ne prenait jamais la peine de frapper. Benny devait probablement être avec Andrea. Cela ne laissait guère d'autres options. Il devait forcément s'agir de Chris ou de Steve, venus lui demander des explications pour les messages envoyés. Il hésita à répondre. Mais il voulait se montrer fort et adulte. Il se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte d'entrée. Il jeta un coup d'oeil par le judas et sentit son cœur s'arrêter de battre un instant quand il reconnut Castiel.
Dean n'était absolument pas préparé à le voir. Pas plus qu'il ne voulait lui parler. Il ferma les yeux et appuya son front contre le bois de la porte. Il pouvait toujours l'ignorer et attendre qu'il se lasse. Ou il pouvait saisir cette opportunité de faire ce qu'il avait refusé de faire par message ou par mail. Un nouveau coup contre la porte le sortit de sa torpeur. Il n'avait rien à se reprocher et il refusait de fuir devant l'obstacle. Il ouvrit la porte.
- Castiel, lâcha t-il froidement.
Le jeune libraire avait les traits tirés et de larges cernes noires sous les yeux. De toute évidence, il n'allait pas bien. Dean en fut satisfait.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda t-il quand il fut évident que Castiel ne comptait pas parler.
Le jeune libraire se mordillait la lèvre comme à chaque fois qu'il était nerveux. Dean continua de le dévisager sans bouger. Il ne savait pas ce que son ex petit ami faisait ici. A vrai dire, il ne voyait pas ce qu'ils pouvaient avoir d'autre à se dire après leur rupture.
- Tu comptes me dire quelque chose ou tu vas rester planté là ?
Castiel relâcha finalement sa lèvre et cligna plusieurs fois des yeux avant de prendre enfin la parole.
- J'espérais pouvoir te parler … mais … maintenant que je suis là je … est-ce que je peux rentrer ?
Dean réfléchit une seconde. Il n'aimait pas l'idée de faire entrer Castiel chez lui. Il n'avait plus rien à y faire et sa présence ne ferait que raviver certains souvenirs que le jeune homme voulait oublier. Toutefois, il savait qu'ils ne pouvaient décemment pas avoir une quelconque conversation sérieuse sur le palier de sa porte. Et il avait des choses à rendre à son ex petit ami. Il soupira puis finit par hocher la tête.
- J'ai de toute façon des choses à te donner, lança t-il en guise de réponse.
Il tourna le dos au jeune libraire et se dirigea vers le salon. Il entendit Castiel le suivre et déglutit avec peine en s'arrêtant devant le placard où se trouvaient les affaires de son ex petit ami.
- Quelles choses ? Demanda ce dernier.
Dean se retourna et le regarda en fronçant les sourcils.
- Des affaires que tu avais laissé là. Des photos de nous. Je ne veux pas en garder alors je te les donne. Tu en feras ce que tu veux, répondit-il.
Il vit le visage de Castiel se tendre et pendant une seconde, le jeune homme se demanda ce qui pouvait se passer dans sa tête. Ils avaient rompu après tout. Lui rendre ses affaires était uniquement l'étape suivante. Il n'avait aucune raison d'être surpris.
- Dean, Benny est venu me voir, lâcha Castiel d'une voix qui tremblait.
Le jeune homme fut surpris de l'entendre. Il ne voyait pas ce que son ami pouvait vouloir au jeune libraire. Mais il supposait qu'il avait eu une bonne raison de lui avoir rendu visite.
- Et ?
- Et il m'a parlé de Rafael … il m'a dit qu'il était venu vous voir le soir de ton …
- De mon overdose ? Tu peux employer le mot tu sais … je ne vais pas me mettre en colère pour si peu.
Il vit Castiel se tendre à nouveau et Dean détourna les yeux. Il ne supportait pas de le regarder plus longtemps. Son visage lui rappelait trop de souvenirs. Trop de bons souvenirs. Il ne voulait pas repenser aux moments de bonheur qu'ils avaient partagés ensemble. Il savait que cela ne l'aiderait pas à tourner la page.
- Il m'a parlé de Rafael et j'ai … est-ce que c'est de ça dont tu essayais de me parler avant de perdre connaissance ?
- Je ne sais plus Castiel. Je t'avoue que mes souvenirs sont un peu flous. Et ça ne change rien de toute façon.
Il entendit Castiel soupirer mais il garda les yeux posés sur le canapé à la droite du jeune libraire. Il n'avait pas la force de croiser son regard bleu ciel.
- Bien sûr que si ça change tout … parce que ça veut dire qu'il … il pourrait être responsable de ce qui t'es arrivé.
Dean secoua la tête avant de ricaner une seconde. Bien sûr que le jeune avocat était responsable. Il n'y avait aucune autre explication. Mais Castiel n'avait pas compris ce qu'il cherchait à lui dire. Et le jeune homme savait qu'il allait devoir se montrer plus précis et plus clair. Même si cela risquait d'être difficile à entendre pour son ex petit ami.
- Ce que je veux dire, c'est que ça ne change rien à ce que tu m'as dit ensuite … ça ne change rien à ce que tu as fait. Et c'est là tout le problème.
Il reporta enfin son attention sur Castiel et le dévisagea une seconde. Il espérait que le jeune libraire comprendrait enfin ce qu'il essayait de lui dire. Qu'il n'insisterait pas. Les choses étaient déjà suffisamment difficiles comme cela.
- Dean, je sais que tu es en colère mais … commença Castiel.
Dean soupira longuement et fit signe à son ex petit ami de se taire. Il semblait déterminé à se battre et à refuser d'entendre ce que le jeune homme disait. Mais il allait pourtant devoir se confronter à la réalité. Même si elle ne lui plaisait pas.
- Je ne suis pas en colère Castiel … c'est là que tu te trompes. Je ne suis pas en colère … je l'ai été, je ne te le cache pas. Je l'étais probablement encore avant que tu ne frappes à ma porte mais … en te voyant, je comprends que je ne suis plus en colère. Je suis blessé. J'ai le cœur brisé. C'est différent.
Castiel ne semblait toujours pas saisir ce que Dean tentait de lui expliquer. Le jeune homme était frustré. Il aurait voulu avoir les mots parfaits mais il doutait réellement qu'il en existe ne serait-ce qu'un. Il se passa une main sur le visage.
- En quoi est-ce que c'est différent ? Finit par demander Castiel après quelques secondes de silence.
Dean haussa les épaules avant de soupirer longuement. Il s'éloigna du carton qui contenait les affaires de son ex petit ami et qu'il avait posé par terre et attrapa un des paquets de cigarettes qui trainait dans l'appartement. Il en alluma une et laissa la nicotine le détendre un peu.
- La colère, je sais la gérer. Je connais. Il suffit de trouver un moyen de l'évacuer … de frapper quelque chose, de crier ou de pleurer. Il suffit de savoir comment se défouler. Les blessures en revanche … il faut les laisser guérir … les soigner … et on n'est jamais sûr qu'elles finiront par cicatriser correctement, répondit-il sans regarder Castiel.
Ce dernier ne semblait pas avoir bougé de sa place. Mais Dean pouvait sentir sa présence dans son dos. Pouvait sentir son odeur même à quelques mètres de lui. Tout chez le jeune homme lui rappelait les bons moments passés ensemble. Il soupira à nouveau.
- Qu'est-ce que tu essaies de me dire ?
Dean se mordilla la lèvre inférieure une seconde en observant le bout incandescant de sa cigarette. Il avait l'impression que le but de cette conversation était évident. Mais il pouvait comprendre que Castiel refusait de l'entendre. Car il s'agissait cette fois de quelque chose de définitif et de réfléchi. Ils ne se disputaient pas. Ils rompaient calmement.
- Ce que j'essaie de te dire c'est que … je crois non je sais que c'est … c'est fini. Entre nous … c'est terminé.
Il avait cru que dire ces mots allaient déclencher une crise de panique ou peut-être une crise de larmes. Mais il était étrangement calme. Il savait qu'il avait pris la bonne décision. Il ne lui restait plus qu'à la faire accepter à Castiel. Il tendit l'oreille et entendit le jeune libraire se retourner et s'approcher de lui. Il sentit une main se poser sur son épaule mais il ne chercha pas à fuir le contact. Il était trop fatigué pour bouger.
- Non Dean, ce n'est pas … je ne peux pas te laisser … commença le jeune libraire.
Dean ferma alors les yeux.
- S'il te plait Castiel, ne rends pas le choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà, le coupa t-il.
Il savait que son ex petit ami avait envie de le supplier de ne pas rompre. Qu'il était venu pour s'excuser et lui demander une seconde chance. Il était triste de devoir ruiner ses espoirs de la sorte. Mais une nouvelle fois, il était convaincu de faire ce qu'il fallait.
- Elles n'ont pas l'air si difficiles que ça pour toi, l'accusa alors Castiel sans relâcher son épaule. Tu m'as même l'air plutôt calme et détaché … indifférent.
Dean rouvrit alors les yeux et se tourna pour faire face à Castiel. Il ne réagissait peut-être pas comme son ex petit ami l'aurait aimé mais il était au moins aussi triste que lui de la tournure qu'avait prise leur relation. Il ne le laisserait pas prétendre le contraire.
- Détrompe toi … ce n'est pas facile pour moi de rompre avec toi … et probablement que je vais m'effondrer dès que tu ne seras pas là … les prochains jours seront certainement très difficiles mais je sais que c'est la seule chose à faire … la meilleure … la plus raisonnable.
Dean se força à garder ses yeux rivés dans ceux de Castiel malgré le chagrin qu'il pouvait y lire. Il voulait assumer ses choix et il espérait se montrer adulte. Il devait rester fort.
- Comment peux tu en être aussi sûr ? On n'est … on n'a eu des bons moments ensemble non ? Notre histoire était belle … elle peut toujours l'être, protesta faiblement Castiel.
Dean sut à son ton qu'il commençait à admettre la réalité de leur rupture. Mais il tentait sa chance. Il avait probablement raison de le faire. Même si cela obligeait le jeune homme à se montrer ferme et dur.
- Elle était belle … et j'ai beaucoup de très bons souvenirs avec toi. Mais Castiel … soyons réalistes une seconde … toutes ces disputes … tous ces non-dits et … ce manque cruel de confiance … ils sont la preuve que les choses ne fonctionnent pas entre nous … ou du moins qu'elles ne fonctionnent plus. Et je crois qu'on aurait tort de persévérer. On finirait par se détruire et ce n'est pas ce que je veux … je … j'aimerais être heureux et j'aimerais sincèrement que tu le sois aussi.
- Mais Dean, tu es … tu es mon âme sœur !
Le jeune homme sentit sa gorge se nouer devant cet aveu. Il aimait le son de ces quelques mots. Quelques semaines plus tôt, il aurait probablement sauté de joie en les entendant. Mais à présent, bien que toujours agréables à entendre, ils n'en étaient pas moins insupportables. Parce qu'ils le faisait souffrir à nouveau. Ils ravivaient les blessures que Castiel lui avait infligé quelques jours plus tôt. Ils étaient le symbole de tout ce qui n'avait pas fonctionné entre eux et de tout ce qu'il avait espéré depuis le premier jour de leur histoire. Ils étaient le symbole de leur échec.
- J'aurais aimé l'être … j'aurais vraiment aimé. Mais si c'était le cas, ça ne serait pas aussi difficile. On ne serait pas continuellement obligés de se battre pour être heureux. J'ai longtemps cru que nous étions des âmes sœurs mais même si c'était un très joli rêve, on sait tous les deux aujourd'hui que ce n'est pas vrai. On était simplement destiné à faire un bout de chemin ensemble et nos routes se séparent ce soir.
Il vit les larmes abonder dans les yeux de Castiel et il eut les pires difficultés à retenir les siennes. Il recula d'un pas pour mettre de la distance entre le jeune libraire et lui et porta sa cigarette à sa bouche. Il tira une bouffée puis la regarda se consummer et s'éteindre. La cendre tomba sur le sol mais à cet instant précis, il s'en contrefichait. Ce fut Castiel qui rompit finalement le silence.
- Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Qu'est-ce que je vais faire sans toi exactement ? Je ne suis pas sûr de pouvoir … je ne sais pas.
Dean aurait aimé avoir des réponses à toutes les questions que le jeune libraire se posait. Malheureusement pour lui, il était au moins aussi perdu que son ex petit ami. Il haussa finalement les épaules.
- Tu vas reprendre ta vie là où tu l'as laissé quand les choses ont commencé à déraper. Tu as vécu sans moi avant de me connaître et tu pourras vivre sans moi après ce soir. Tu as des amis géniaux et un boulot que tu adores. Et puis tu as ton livre … je crois vraiment que tu devrais l'écrire.
Dean vit le visage de Castiel se tordre et il résista à l'envie de le prendre dans ses bras pour appaiser un peu de sa souffrance. Mais ce geste aurait probablement été contreproductif.
- Qu'est-ce que j'écrirais exactement ? Combien l'un des deux héros a fait souffrir celui qu'il voulait aider en se montrant trop stupide pour le croire ? Comment il a tout gaché entre eux ?
- L'histoire n'est pas obligée d'être la copie conforme de ce que nous avons vécu. Tu peux changer la fin … en écrire une où les deux héros finissent heureux et ensemble.
- Tu me conseilles de mentir ?
Dean secoua la tête. Il savait que Castiel était en colère et il fit un effort pour ne pas être vexé par le ton qu'il employait.
- Ce n'est pas un mensonge … c'est de la fiction. Et ce livre est destiné à aider les gens dans ma situation … pas à leur sapper le moral.
Castiel respirait bruyamment et les larmes coulaient à présent sur ses joues. Dean leva la main pour les essuyer du bout des doigts mais se retint au dernier moment. C'était un geste trop tendre, trop intime. Le geste d'un petit ami et le jeune homme n'était plus son petit ami à présent. Il allait devoir réapprendre à se comporter différemment avec lui. Les habitudes risquaient d'être difficiles à perdre.
- Castiel, ce livre pourrait … il pourrait sauver la vie de certains des gens qui le liront. Il pourrait en inspirer d'autres à faire le bien autour d'eux et je crois … non je sais qu'il est important que tu l'écrives. Je veux pouvoir dire un jour que mon histoire … même déformée … même arrangée pour que la fin soit meilleure … qu'elle a changé la vie d'au moins une personne dans le monde. Parce que tu as bouleversé la mienne et …
Il s'interrompit, incapable de finir sa phrase. Il avait à nouveau la gorge nouée et il ne parvenait pas à en dire plus. C'était un au revoir et un adieu. Un merci pour tout sans doute également. C'était ce que le jeune homme avait eu de plus dur à dire dans toute sa vie.
- Dean, je t'aime, confia alors Castiel.
Le jeune homme hocha la tête alors que des larmes roulaient à présent sur ses joues. Il les laissa couler jusqu'à son menton sans se soucier de les essuyer. Il n'avait pas honte de pleurer. Pas devant Castiel.
- Je t'aime aussi, assura t-il.
Il vit le jeune libraire ouvrir la bouche sans doute pour sauter sur l'occasion et tenter à nouveau de le faire changer d'avis. Mais il ne pouvait pas le laisser faire.
- Je crois que je t'aimerais toujours … tu as été le premier … le premier homme dont je suis tombé amoureux et tu feras toujours parti de moi. Je ne pourrais jamais oublier ce qu'on a partagé. Mais quoi que je puisse ressentir, je sais qu'on ne peut pas continuer à vivre dans le mensonge. Il y a trop de … trop de choses entre nous. Il … on ne peut pas les ignorer plus longtemps. On ne se fait pas confiance et on … peut-être que c'est notre passé commun qui nous en empêche ou peut-être tout simplement qu'on n'était pas fait pour rester ensemble plus de quelques mois … ce dont je suis sûr, c'est que tu finiras par trouver la bonne personne. Celle qui sera réellement ton âme sœur et elle te fera oublier ce que nous avons partagé. Elle te fera oublier les mauvais moments. Et un jour, quand tu seras heureux, vieux et marié avec un homme extraordinaire, tu me croiseras dans la rue et tu te diras quelque chose du genre … oh c'est le garçon que j'ai aimé un jour … tu me souriras … et tu réaliseras que tu avais cessé de m'aimer depuis longtemps. Tu sauras alors qu'on a eu raison de se séparer.
- Et toi dans tout ça ? Demanda Castiel d'une voix faible.
Dean prit une grande inspiration puis posa finalement sa main sur la joue du jeune libraire. Il stoppa une larme du bout du pouce.
- Moi, je vais apprendre à avancer seul … je vais me reconstruire correctement cette fois, sans me reposer sur les gens qui m'entourent. Je vais devenir quelqu'un de différent. Peu importe le temps que cela prendra. Je veux exister en tant que personne à part entière et pas uniquement en tant que moitié d'un tout. Ce ne sera qu'à ce moment là que je pourrais envisager de rencontrer quelqu'un et de faire ma vie avec lui. Mais je suis sûr d'une chose, c'est que le jour où je te verrais dans la rue et que tu seras au bras de l'homme que tu auras épousé et avec qui tu seras … je sais que quand tu me souriras … je n'aurais aucun regrets. Parce que je saurais alors que c'était ce à quoi tu étais destiné.
Castiel posa sa main sur celle de Dean et ferma les yeux un instant. Le jeune homme lui laissa le temps d'assimiler ce qu'il venait de dire. Il savait que ça faisait beaucoup à entendre. Beaucoup à accepter. Mais ils étaient arrivés au bout de la route et il était réellement temps pour eux de se séparer.
- Tu as l'air si sûr de toi, constata finalement Castiel en rouvrant les yeux.
Dean hocha la tête.
- Parce que je le suis.
- Et je ne peux rien faire pour te faire changer d'avis ?
Castiel semblait ne plus réellement y croire et Dean sut qu'il avait enfin accepté la réalité. Il sentit son cœur se serrer puis se briser à nouveau. C'était tellement difficile de dire au revoir à l'homme qu'il aimait. C'était la bonne chose à faire bien sûr. Mais ça n'en était pas moins extrêmement douloureux.
- Non, souffla le jeune homme.
Il se pencha ensuite vers Castiel et déposa un long baiser sur son front. Il sentit le jeune libraire se tendre avant de se relaxer. Quand Dean recula à nouveau, son ex petit ami avait les yeux ouverts. Les larmes ne coulaient plus mais il semblait toujours aussi malheureux.
- On pourra rester ami tu crois ? Demanda Castiel en fronçant les sourcils.
Dean réfléchit une seconde. Il aimait l'idée de continuer à voir le jeune libraire. Avant de former un couple, ils avaient été amis pendant de longs mois. Il aimait avoir Castiel dans sa vie. Il aimait discuter avec lui. Mais il doutait de pouvoir continuer à le voir alors qu'ils venaient de rompre. Du moins pendant les premiers mois.
- J'espère qu'on le restera … mais pour le moment, je crois qu'il serait préférable de ne plus se voir … histoire qu'on puisse reconstruire nos vies chacun de notre côté.
Castiel ne protesta pas et Dean lui en fut reconnaissant. Il finit par retirer sa main de la joue du jeune homme et recula à nouveau d'un pas. Il jeta ensuite le mégot qu'il tenait toujours entre ses doigts puis alluma une nouvelle cigarette. Il souffla la fumée à la droite du visage de Castiel.
- Tu vas être heureux, je le sais, assura t-il.
Castiel haussa les épaules puis s'éloigna de Dean pour prendre le carton qui contenait ses affaires. Il le serra contre son torse et jeta un nouveau coup d'oeil au jeune homme.
- Si j'avais accepté de te croire … si je n'avais pas dit toutes ces choses à l'hôpital … tu crois qu'on serait toujours ensemble ?
Dean soupira longuement avant de tirer une nouvelle bouffée de sa cigarette.
- Peut-être oui … mais je ne crois pas que ça aurait pu durer éternellement. Les problèmes étaient déjà là … et ils auraient fini par nous détruire. Peut-être que c'est mieux ainsi en fin de compte.
Castiel ne semblait pas de son avis mais il ne dit rien. Il hocha seulement la tête puis s'éloigna en direction de la porte de l'appartement. Dean lui passa devant pour l'ouvrir et le regarda ensuite sortir. Quand il fut sur le palier, Castiel se tourna pour lui faire face à nouveau.
- Prends soin de toi Dean, lâcha t-il avec un maigre sourire.
Dean acquiesça en se passant la langue sur les lèvres. Elles étaient complètement sèches. Castiel le regardait toujours et le jeune homme savait que c'était à son tour de parler. Mais il ne savait pas quoi dire. Il aurait aimé pouvoir clore cette conversation avec les bons mots. Son esprit, toutefois, semblait complètement en veille.
- Promis, se contenta t-il finalement de dire.
Castiel baissa alors les yeux sur le carton qu'il tenait dans ses bras. Dean soupira, conscient que ce n'était pas ce que le jeune libraire voulait entendre.
- Promets-moi que rien de tout ceci ne te détruira … promets-moi de rester tel que tu es … lumineux et optimiste … généreux et joyeux, ajouta finalement le jeune homme.
Castiel releva finalement les yeux du carton et ricana une seconde.
- Pas sûr que j'en sois capable avant un long moment, confia t-il.
- Oui mais tu y arriveras hein ?
- Je ne sais pas Dean … en toute honnêteté, je ne sais pas. Rompre avec toi c'est … c'est comme si on m'arrachait un membre et je ne sais pas si je pourrais me sentir entier à nouveau mais je respecte ton choix et je te l'ai dit dès le début … je ne te forcerais jamais à faire quoi que ce soit … tu as pris ta décision. Elle ne me plait pas c'est sûr … mais ...elle est ferme et définitive. Je l'accepte. Je ne peux juste pas te jurer quoi que ce soit ce soir … parce que je ne sais pas et que je refuse de te mentir. Alors ne me demande pas de t'assurer que j'irais mieux un jour. Je n'ai aucune maîtrise sur ce point.
Dean se passa une main dans les cheveux en détournant les yeux. Il savait qu'il avait fait du mal au jeune libraire. Il savait également que c'était inévitable. Mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable.
- Promets moi au moins d'essayer, tenta t-il.
- Ca je peux te le promettre, répliqua Castiel.
Dean sourit faiblement puis recula d'un pas pour entrer un peu plus dans son appartement et être capable de fermer la porte. Il posa sa main sur l'encadrement sans quitter Castiel des yeux.
- A un de ces jours Castiel.
- A un de ces jours Dean … au plaisir de te croiser dans la rue quand on ira tous les deux mieux … ou quand on sera vieux et mariés et … heureux.
Dean hocha alors la tête puis regarda Castiel s'éloigner dans le couloir. Il referma alors la porte de son appartement et appuya son front contre le bois. Il ferma ensuite les yeux et laissa les larmes couler à nouveau sur ses joues. Il avait fait le bon choix. Il le savait. Mais il avait mal et il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire pour chasser la souffrance. Il rouvrit les yeux puis s'écarta de la porte. Il retourna dans le salon et se laissa tomber sur le canapé. Il fuma sa cigarette en silence en repensant aux mots échangés avec Castiel. Il était fier d'avoir été capable de rompre proprement avec lui. Il s'était montré honnête et il était étonné de constater que tout s'était finalement bien passé. Il n'avait pas menti au jeune libraire. Il l'aimait toujours. Rien ne pourrait jamais effacer les sentiments qu'il avait pour lui. Il savait qu'il continuerait de l'aimer toute sa vie. Mais il voulait croire qu'un jour, il serait lui aussi capable de se retourner sur son passé et de sourire en repensant aux moments partagés. Il espérait être capable de revoir Castiel un jour et de ne plus ressentir cette même souffrance paralysante. Pour le moment, cela semblait totalement impossible. Les blessures étaient trop fraiches et la douleur trop présente. Mais il savait qu'il fallait laisser au temps la chance de le guérir. Il n'y avait plus que ça à faire.
Il en était au tout début du chemin. Il était important de ne pas précipiter les choses. Il allait devoir apprendre à exister sans son petit ami. Il allait devoir se reconstruire. Il avait pas mal de boulot à faire. Et il était convaincu de pouvoir le faire seul.
Le jeune homme termina sa cigarette puis l'écrasa dans le cendrier sur la table basse. Il était totalement épuisé. Il se leva du canapé et sortit du salon. Une fois dans sa chambre, il se déshabilla rapidement puis se glissa sous les couvertures de son lit. Il s'installa sur le côté, dos à la porte et les genoux remontés contre son corps. Il les encercla de ses bras avant de fermer les yeux. Il espérait vraiment ne pas faire de cauchemars cette nuit. Il se doutait pourtant que Castiel viendrait sans nul doute hanter ses rêves. Il serra un peu plus fortement les paupières et tenta de faire le vide dans son esprit. Mais au moment où le sommeil s'empara enfin de lui, ce fut le visage de son ex petit ami qui s'imposa dans son esprit. L'image de ces larmes qu'il avait versé à cause de lui et de la souffrance qu'il avait lu dans ses yeux. Il emporta avec lui sa culpabilité et les ténèbres qui l'entourèrent immédiatement ne lui apportèrent aucun soulagement. Bien au contraire.
