Bonjour et bienvenue à vous tous ! Avant toute chose, je vous souhaite un Joyeux Noel.

Depuis quelques semaines, je vous prépare un cadeau pour ce jour de fête. Et il est enfin prêt... Sachez que j'en ai bavé, j'écrivais plusieurs heures par jour, jusqu'à l'épuisement total sur les derniers jours (ma bêta peut témoigner, elle a suivi en direct mes textos et c'est elle qui m'a encouragé jusqu'au bout, merci Alexia). Rendez-vous donc sur mon profil pour découvrir un nouveau One-Shot inédit : La Fille du Clair de Lune. C'est ma première romance, entre deux garçons qui se détestent, Harry et Drago. N'hésitez pas à aller le lire, ça me fera très plaisir puisque ça a été vraiment difficile pour moi. Et ça a été fait spécialement pour vous, mes lecteurs que j'aime.

Voici le résumé officiel : "C'est son plaisir nocturne, son péché, sa honte cachée. Personne ne peut l'en empêcher et personne ne doit jamais être au courant. Un secret bien lourd à porter… Chaque nuit, Drago Malefoy devient Rose." Harry souffre d'insomnie et durant ses escapades nocturnes, il rencontre une fille magnifique. Elle s'appelle Rose et c'est un garçon. Peuvent-ils vivre cet amour ? HP/DM - OS

Comme prévu, le chapitre 29. Avec, au programme : les enfants qui arrivent dans Londres, les parents Granger plus inquiets que jamais et Severus face à un Albus exaspérant.

Bonne lecture !


Chapitre 29 : Direction Pré-au-Lard

« C'est tout droit ! s'écria Harry en pointant la ville du doigt. On a réussi, Hermione ! »

La fille sourit face à la joie de son frère. Le bonheur d'Harry avait toujours tendance à être contagieux. Des yeux habituellement tristes qui s'illuminent comme un sapin de Noël, c'était tout à fait adorable. Et comme de nombreuses personnes avant elle, Hermione se sentait littéralement fondre de l'intérieur. Même si en réalité, elle était toujours morte de peur.

Sans prévenir, Harry coupa la route et commença à courir en dévalant la pente boisée qui les séparait de Londres. Hermione secoua la tête d'exaspération et s'élança à la suite du petit garçon borné. Parfois, elle se demandait sérieusement s'il avait un cerveau en état de marche dans sa petite tête de mule !

C'est en fonçant droit vers le panneau qui indiquait Londres, il avait regagné la route principale, qu'Harry heurta violemment un homme dans son élan. Paniqué, il releva ses yeux effrayés. Il ne voulait pas être puni, il avait juste envie de voir Severus. Qu'on ne le frappe pas, il n'avait rien fait. Pas fait exprès, pas fait exprès, pas fait exprès…

« Hé, faut regarder devant soi quand on court. »

L'homme était furieux. Déjà en retard pour son travail, il ne s'attendait pas à être frappé par un gamin. Quand il le détailla, une petite alerte s'alluma dans son esprit. Ce n'était pas normal… L'école n'était pas loin mais elle ouvrait ses portes à huit heures. Alors que faisaient deux gamins dans la rue, à cette heure matinale ?

« Pardon, monsieur. Excusez-le, il est petit. »

Bon, ce n'était pas réellement vrai. Harry avait six ans, tout comme elle et c'était un âge suffisant pour être grand. Mais heureusement pour elle, il était particulièrement petit et rachitique pour son âge. Ce qui pouvait être un atout dans leur situation car un jeune garçon est toujours innocent, n'est-ce pas ?

« Qu'est-ce que deux enfants aussi jeunes que vous font dans les rues à cette heure avancée de la matinée ?

Nous allons chercher du pain pour le petit-déjeuner, inventa Hermione. »

Harry hocha vivement la tête pour appuyer la version de sa sœur mais cette dernière lui donna un discret coup de coude dans les côtes. Il soupira : il avait presque oublié. Quand ils faisaient des bêtises, c'était toujours Hermione qui s'expliquait aux parents et il devait rester silencieux et ne pas bouger. Il mentait affreusement mal.

« Aucun parent sain d'esprit n'enverrait ses enfants à la boulangerie à cette heure ! Vous êtes des menteurs. Deux petits fugueurs, ça se voit sur votre visage. Et je vous amène directement au poste de police. »

Sans même se concerter, les deux enfants se précipitèrent loin de l'homme. Harry partit à droite et Hermione traça sur la gauche. Cela leur donna une bonne avance, puisque l'adulte mit cinq secondes de trop à décider s'il devait choper le garçon ou la fille. Et c'est beaucoup trop tard qu'il s'élança à leur poursuite. Juste le temps de les voir disparaître au-delà du pont.

A partir de là, ils pourraient partir n'importe où.

oOoOoOoOoOo

« Comment ça, ils ont disparu ? »

Severus sentit son mal de crâne revenir en force. Ce gamin allait le rendre fou ! Qu'avait-il encore inventé pour mettre sa vie en danger ? C'était à croire que ça l'amusait, de frôler la mort à la moindre occasion. Fichu Potter !

« Hugo m'a téléphoné pour me dire que la chambre était vide. Apparemment, Harry aurait pris toutes ses affaires, il ne compte pas revenir. Je suppose qu'Hermione l'a accompagné par solidarité.

- Solidarité, répéta Severus dans un étranglement. Moi qui pensais qu'elle était intelligente ! Il faut les retrouver le plus rapidement possible. C'est dangereux la rue : il y a des voitures, des gens bourrés de mauvaises intentions, et… Et si le Seigneur des Ténèbres les retrouve avant nous ? »

Peu à peu, le visage de Severus se décomposait tandis que des scénarios de pire en pire hantaient son esprit

« Calmez-vous, mon garçon… tenta Dumbledore.

- Me calmer ? Me calmer ! Mais c'est une catastrophe. Vous ne vous rendez pas compte qu'il risque de mourir ? »

Severus était lancé et il aurait pu insulter encore longtemps le directeur qui était depuis peu son supérieur hiérarchique. Mais quelque chose clochait. Ce dernier était confiant et serein. Avait-il omis un petit détail ? Du même genre que « ah, au fait, Pétunia Durlsey est la sœur de votre défunte meilleure amie. »

« Albus, vous savez quelque chose, accusa Severus.

Vous ne m'avez pas laissé le temps de vous expliquer, se défendit le vieil homme. »

Bien sûr, comme toujours il était le fautif. La mauvaise foi de ce type était écœurante ! Il était capable de nier avoir de la barbe et les gens acquiesceraient simplement parce qu'il était le grand Albus Dumbledore. Eh bah lui, il ne faisait pas partie de ces gens, il le vivait très bien et qu'on l'en préserve.

« Il n'y a pas de matière à s'affoler, il s'agit juste d'un petit caprice. Vous savez, grand nombre d'enfants décident de s'opposer à l'autorité parentale en désertant leur chambre en pleine nuit. Il vit ses premières expériences. Il en a besoin, lui encore plus qu'un autre. Il a lutté toute sa vie pour survivre, je suppose qu'un peu d'action dans cette nouvelle vie plate ne peut que lui faire du bien. Inutile de s'inquiéter pour si peu, nous allons les retrouver avant même le lever du jour. »

Malgré lui, Severus s'imagina frapper contre le mur la tête citronnée du vieillard. Soit il perdait définitivement la boule, ce qui était hautement improbable malgré toutes les preuves qui s'accumulaient jour après jour, soit il avait un plan finement tissé en tête et cette petite fugue imprévue arrangeait grandement ses affaires. Ce qui rejoignait le même point, au final : Severus aurait voulu frapper sur sa tête jusqu'à ce qu'il arrête ses conneries.

Il savait qu'il n'avait aucun lien parental avec Harry, mais il l'avait hébergé et il s'y était douloureusement attaché. Alors oui, il sentait cette terreur sourde bouffer ses tripes alors que le petit garçon était tout seul dehors dans les rues dangereuses de Londres. Et non, ce n'était absolument pas normal qu'un enfant parte en exploration ! Albus était-il sérieux ? Alors il n'y connaissait absolument rien en éducation, ce qui était plutôt comique quand on savait que c'était Severus lui-même qui se faisait cette réflexion.

« Je me fiche bien de ce que vous pensez, que ça soit normal ou pas. Harry est en danger et je vais le chercher immédiatement, même si nous sommes à des kilomètres !

- Quel bon gardien faites-vous, Severus ! s'émerveilla Albus. Je n'en attendais pas moins de vous. Je vous emmène avec moi, nous arriverons à Londres avant même les premiers rayons du soleil.

- Mais c'est impossible, nous sommes en Ecosse. À moins que votre chauffeur Hagrid ait inventé les voitures volantes, ce dont je doute, nous n'arriverons jamais à temps.

- En voiture, jamais. Mais il se trouve qu'un vieil ami m'a donné son avion juste avant de mourir. Ce qui est une chance, dans ce genre de situation, n'est-ce pas ? »

Il y avait vraiment des moments où Severus avait envie de claquer Albus Dumbledore pour le ramener à la raison. Mais il y avait également des moments où il avait envie de le serrer dans ses bras.

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« Merde ! »

Hugo frappa violemment son volant avec la paume de sa main droite. Cela faisait maintenant trois heures que le couple vadrouillait dans les rues, à la recherche de leurs enfants. Et maintenant que le soleil se levait doucement dans la brume du matin, c'était évident que les deux fugueurs avaient réussi à atteindre leur but : Londres.

« On va les retrouver, assura Rose qui était étonnamment calme depuis que son mari pétait les plombs. »

Hugo frappa du poing sur le tableau de bord et il laissa enfin couler ses larmes de stress. Si jamais il remettait la main sur sa fille, il s'assurerait qu'elle ne quitte plus jamais la maison ! Quitte à la maintenir enfermée jusqu'à sa majorité.

« Ils vont s'en sortir, ils sont intelligents, continua Rose en massant tendrement la main de son mari.

- Justement ! Hermione est ravissante, intelligente et très mûre pour son âge. Quel pervers ne serait pas tenté de nous l'enlever ? »

Rose caressa le dos de son mari, tentant au passage de défaire les nœuds tendu qui s'y étaient logés en quelques heures à peine.

Le téléphone sonna et Hugo décrocha, un espoir dans la voix.

« Allô ? … Toujours pas, non. … Nous les recherchons. … Vous les avez vus ? Où ça ? Quand ? … Alors ils sont en sécurité ? … Oh. Ça ne fait rien, merci quand même. A bientôt. »

Déçu, Hugo coupa la conversation et il redémarra la voiture.

« C'était la police ? s'enquit Rose.

- Oui. J'avais raison, Hermione a rallongé la route en contournant notre banlieue. Ils ont été vu sains et saufs, à quatre heures du matin, juste derrière la piscine communale.

- Et la personne qui a prévenu la police ne les a pas amenés au poste ?

- Ils se sont enfuit en courant. Harry est un sacré bon sprinteur et Hermione n'est pas mauvaise non plus. »

Des nouvelles, c'est toujours mieux que rien du tout. Et c'est avec un nouvel espoir que le couple se dirigeait vers la piscine où leurs enfants avaient été vus la dernière fois.

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« Waw, c'est grand. »

Harry marchait dans les rues de Londres pour la première fois de sa vie. S'il n'avait pas été aussi pressé de serrer Severus contre lui, il aurait voulu tout visiter ! Ses yeux émerveillés contemplaient les beautés de la ville dont les lumières de la nuit s'éteignaient peu à peu.

A côté de lui, Hermione mangeait un petit croissant tout en consultant le plan du quartier. Mauvaise nouvelle, ils étaient très loin de l'unique arrêt de bus qui partait en direction de Pré-au-Lard. Ils allaient devoir prendre un autre bus. Et même s'ils avaient l'argent nécessaire, ça risquait fort de soulever des questions gênantes.

Après tout, Harry ne semblait pas avoir plus de cinq ans et elle n'était pas très grande non plus. De plus, ils avaient vraiment l'air de deux fugueurs avec leurs manteaux trop chauds et leurs énormes sac-à-dos. Elle ne voulait pas s'attirer des ennuis, surtout que ses parents ne devraient pas tarder à se réveiller. Et à partir de là, ce n'était plus qu'une question de minutes avant qu'ils ne les rejoignent directement au Magicobus.

« Viens, dépêchons-nous.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? s'enquit Harry. On est si loin que ça ?

- Oui, répondit honnêtement sa sœur. Tu devrais manger, on a de la route à faire. Et quand mes parents vont se rendre compte qu'on a disparu…

- Ils ne vont pas venir nous chercher ! s'exclama Harry. Dis-moi, ils ne le feront pas ? »

Hermione soupira. Les Dursley devaient vraiment être des gens encore plus horrible que son frère disait pour qu'il s'imagine que des adultes responsables allaient le laisser crever seul dans les grandes rues de Londres.

« Oh, non. Mais faut vraiment que je retrouve S'verus !

- Il a vraiment intérêt à valoir la peine, crois-moi. »

Mais Harry était sûr de lui : Severus était le meilleur papa au monde.

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« Un peu de thé ? proposa aimablement Albus. »

L'insomnie de Severus avait été utile, finalement. Déjà tout habillé, il avait été prêt à suivre Albus dès que ce dernier prit la décision de quitter le château le plus rapidement possible. A peine avait-il eu le temps de prévenir Minerva McGonagall d'une nouvelle urgence que l'avion privé était prêt à décoller, Hagrid aux commandes.

Mais Severus, qui n'avait jamais voyagé à bord d'un avion, luttait à présent contre une puissante envie de vomir. Penché en avant, de grosses gouttes de sueurs perlaient sur son front alors qu'Albus semblait plutôt amusé de la situation.

« Vous devriez vous détendre… Oh, je sais ! Où ai-je posé cet excellent CD de jazz ? »

Severus aurait bien volontiers sorti tous les noms d'oiseaux de l'encyclopédie illustrée qu'il lisait dans son enfance, mais il sentait que son estomac ne résisterait pas. C'est donc avec horreur qu'il se rendit compte qu'il était coincé une heure dans un petit espace face à Albus Dumbledore.

Les pires minutes de sa pitoyable expérience…

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Il y avait une différence majeure entre une petite banlieue bourgeoise et un quartier quelconque d'une grande capitale. Si un enfant fonçait involontairement dans un adulte, il attirait la méfiance dans la banlieue, ou une cruelle indifférence dans la ville. En effet, le soleil était haut dans le ciel et personne ne se préoccupait des deux petits enfants abandonnés.

« Papa va me tuer, répéta Hermione.

- Mais non, assura Harry. Il va être vachement fier de toi ! Tu m'as sauvé la vie face à ce chien.

- Le chien ! s'exclama Hermione avec horreur. Est-ce que ma blessure se voit toujours ? Oh, maman va être tellement inquiète… »

Harry baissa la tête, il se sentait un peu coupable. Les crocs du chien laissaient une emprunte profonde sur son poignet et la longue griffure d'Hermione était également très impressionnante.

« Sev'rus va nous soigner, promis Harry. »

Quand Hermione posa ses yeux sur le bras de son frère, elle décida d'arrêter de se plaindre. A sa place, elle aurait hurlé pendant un long moment, et elle aurait tout abandonné en attendant que ses parents la trouvent pour la soigner. On voyait très distinctement chaque dent de la mâchoire de ce chien, du sang qui coulait encore et des croûtes noires immondes qui commençaient à se former tout autour de la plaie. Ça devait faire très mal, elle ne comprenait pas comment Harry pouvait continuer à avancer avec une telle blessure.

« Oh, super ! s'écria Harry en fouillant dans son sac-à-dos. Tu m'as mis des pains au chocolat. »

L'enfant sortit un sac en papier constellé de tâches de gras et il mordit à pleine dents dans sa mignardise préférée. Le nez levé, il regardait les grands immeubles avec une admiration non dissimulée. A croire qu'il ne s'était pas échappé de sa maison en plein milieu de la nuit pour traverser la moitié de la ville.

Hermione se demandait comment elle avait pu trouver son frère idiot, au début. Sans doute la jalousie avait quelque chose à voir, puisqu'il paraissait évident à présent qu'Harry était tout sauf un imbécile.

« Le métro est juste là, indiqua Hermione. Maintenant, c'est tout droit jusqu'à Pré-au-Lard. »

Un immense sourire apparu sur le visage constellé de chocolat d'Harry, c'était adorable.

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Severus tenait fermement la poignée de sécurité tandis que l'avion s'ébranlait dans les nuages. C'était juste censé être « une petite perturbation », n'est-ce pas ? Alors pourquoi avait-il l'impression que l'avion allait soudainement perdre tout contrôle et s'écraser dans un champ de patate ?

« Ce n'est rien du tout, Severus, je vous l'assure. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas un peu de thé ?

- Est-ce que j'ai vraiment l'air d'avoir besoin d'une tasse de thé ? siffla férocement le professeur de chimie entre ses dents serrées.

- On a toujours besoin d'une bonne tasse de thé, se réjouit Albus qui avait dû prendre les contestations de son collègue pour un oui. »

Comme au premier jour de leur rencontre, Albus extirpa une théière et des tasses en porcelaine de sa vaste poche. Mais cette fois-ci, il y avait de l'eau et même des petits biscuits au beurre.

Severus parcouru du regard l'intérieur de l'avion : des sièges en cuirs, des placards en acajou et des finitions en argent. Y avait-il un moyen d'ouvrir la porte en plein vol pour se jeter dans le vide ? Apparemment pas, la sécurité était suffisamment résistante pour empêcher un suicide. Alors il devrait supporter Albus encore longtemps... Oh, ciel, que sa vie était difficile.

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Quand Hermione poussa Harry à l'intérieur du métro, elle avait oublié que ce dernier avait tendance à paniquer quand quelque chose lui rappelait son passé. Coincé, serré entre deux personnes, le petit garçon suffoquait. Petit placard, sombre placard, placard chaud et étouffant. Et inévitablement...

« Poussez-vous, v'faites mal ! »

Harry donna un coup de poing dans le ventre d'un homme déjà particulièrement irrité. Tandis que l'enfant hurlait de plus en plus fort en attirant le regard de tout le wagon, l'inconnu s'énervait. Les jambes coupées, Harry s'effondra sur le sol immonde du métro et il se tortilla nerveusement pour mieux respirer dans cette foule.

« Ça va pas bien ? s'écria l'homme avec verve. Qui s'occupe de ce vaurien ? Aucune éducation, génération gâchée. »

Harry pleurait. Sa gorge était comprimée et ses glaires brûlaient son œsophage comme un incendie. N'arrivant plus à inspirer, le petit garçon crachait douloureusement tandis qu'il suffoquait lentement. Le visage rouge, il criait sans aucun son, tout en cherchant vainement un moyen de respirer. Mais il n'y avait que la douleur, partout.

Si la plupart des gens l'ignoraient, quelques curieux riaient face à ce petit impoli tandis que d'autres s'insurgeaient. Et si Hermione avait pu être étonnée la première fois, elle ne supportait plus qu'on se moque de son frère.

« Je ne vous permets pas ! Qu'est-ce qui vous permet de le juger alors que vous ne le connaissez même pas ? Si vous aviez vécu ne serait-ce que le quart de ce qu'il a dû surmonter, vous seriez déjà mort. Vous n'êtes qu'un égoïste, insensible et idiot. Vous me dégoûtez, vous ne méritez même pas que je perde mon temps à vous parler. »

A cet instant précis, les portes s'ouvrirent sur la station suivante et plus de la moitié du wagon se vida. Une femme commençait à monter, lorsque ses yeux se posèrent sur l'enfant qui se roulait par terre dans une posture de souffrance, elle recula et quitta le train comme une bonne trentaine de personnes avant elle.

Seul restait l'homme désagréable, qui les regardait comme s'ils n'étaient que deux merdes de chiens.

« Dégagez, dit Hermione avec la puissance d'un hurlement. »

Les commissures des lèvres retroussées dans une grimace de dégoût, l'homme n'attendit pas la moindre seconde avant de quitter lui aussi cette rame de métro.

« Des grands malades, grommela-t-il alors que les portes se refermaient dans un claquement sonore. »

Hermione s'accroupit instantanément aux côtés de son frère pour le soutenir. Moins comprimé, il allait déjà mieux. Sa respiration était hachée, ses larmes coulaient, mais il avait l'air de moins souffrir.

« Désolé, murmura-t-il en enfouissant sa tête dans ses mains.

- Ce n'est pas grave. »

Ils étaient bientôt arrivés. Il ne leur faudrait plus que quelques minutes avant d'atteindre enfin l'arrêt du Magicobus. Ensuite, elle laisserait Harry tout seul.

Ses retrouvailles avec Severus Rogue ne regardaient que lui.

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« Rappelle-moi quelle est l'excellente raison pour laquelle nous devons faire ce détour ? demanda Hugo.

- Oh, nous en avons déjà parlé ! s'écria Rose.

- Mais on perd du temps ! Le Grand Albus Dumbledore ne peut-il pas se démerder pour rejoindre le centre de Londres sans nous ?

- Et comment faisons-nous si Harry s'enfuit en nous voyant ? Avec Severus Rogue à nos côtés, il sera obligé de venir nous voir sans poser davantage de problèmes.

- J'espère juste que le magicobus ne sera pas en avance, grommela Hugo. »

La voiture accéléra dangereusement vers l'adresse indiquée. Slalomer entre deux voitures, freiner brusquement et repartir en flèche… Hugo ne faisait même plus attention aux règles de sécurité basiques. Une seule chose comptait à présent : trouver les enfants et les mettre à l'abri.

Enfin, au détour d'une rue déserte, il aperçut enfin le chapeau pointu d'Albus Dumbledore et la silhouette courbée de Severus Rogue.

« Montez, ordonna sèchement Hugo qui ne comprenait toujours pas pourquoi il avait dû faire ce détour inutile. »

Quand il vit l'inquiétude dans les yeux bleus du vieil homme et la fatigue immense qui tirait les traits du nouveau professeur de chimie, il se dit que finalement, ils étaient tous aussi inquiets les uns que les autres, chacun à sa manière.

La voiture redémarra, il était six heures quarante-cinq.

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Assis sur les bancs métalliques de la station Londres du magicobus, les deux enfants attendaient le prochain bus qui devait arriver incessamment sous peu.

« Et s'il ne m'aime plus ? s'inquiéta Harry. »

Hermione prenait son nouveau rôle de sœur de plus en plus au sérieux. Cela faisait une bonne dizaine de minutes qu'elle essayait de rassurer au mieux les angoisses de plus en plus grosses d'Harry.

Elle avait du mal à répondre aux questions du petit garçon car elle commençait à s'inquiéter elle-même. Que diraient ses parents en la retrouvant ? Comprendraient-ils ses motivations ? Seraient-ils fâchés ou très inquiets ? Que se passerait-il pour elle ? Allaient-ils s'obstiner à chercher Harry ? Comprendraient-ils qu'il avait besoin de Severus pour vivre ?

« Tu vas me manquer, Hermione. »

Cette dernière était plongée dans la contemplation fascinante de ses chaussures. Quand elle leva la tête, elle sourit et prit son frère dans ses bras. Il leur restait très peu de temps, alors autant en profiter un maximum.

« C'est vrai ce que tu m'as dit ? demanda timidement Harry dans son oreille.

- Quoi donc ? »

Harry se décolla et il rougit légèrement en se mordillant la lèvre.

« Que... Que tu veux bien être ma sœur ? »

Le magicobus était toujours à l'heure. Il arriva à cet instant-là, comme prévu, à sept heures. Pas une minute de retard, pas une minute d'avance.

« Oui, c'est vrai. »

Harry se jeta dans ses bras avec joie. Le bus se remplissait, la rue se vidait, et une dame un peu âgé les regardait tendrement.

« Allez, bon voyage. »

Harry ajusta son sac sur ses épaules, il monta la première marche du bus et il secoua sa petite main pour dire au revoir à sa sœur.

« Et surtout, ne fais pas de bêtises… Stupide petit frère. »

Harry rigola doucement pendant qu'il montrait son billet au contrôleur. Et il disparut dans la foule, cherchant une place confortable.

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« Bonjour messieurs, mesdames et les enfants tout seuls. Bienvenue dans le magicobus, le seul bus de Londres qui vous amène directement à Pré-au-Lard en deux heures à peine. Pendant votre voyage, vous pourrez profiter de nos services inédits et novateur : à manger, à boire et plein d'autres choses, il suffit de me le demander. Il est sept heures du matin et nous commençons notre premier voyage de la journée. Attention, attachez vos ceintures... Et c'est parti ! »

Harry regarda une dernière fois Hermione sur le quai et il éclata de rire lorsque le bus démarra en trombe. Son estomac se souleva au premier virage et il ria davantage lorsque le bus freina brusquement, envoyant la moitié des passagers heurter les sièges de devant. Il regarda les voitures, minuscules en bas. Et il commença à imaginer ses retrouvailles avec Severus, merveilleuses.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque les portes du magicobus s'ouvrirent à nouveau, alors qu'ils n'avaient même pas avancé de deux cent mètres. Que se passait-il ? Oh, pourvu que rien ne l'empêche de voir Severus ! Il en avait tellement besoin...

Quelqu'un monta dans le bus et Harry se leva pour mieux voir le visage de celui qui perturbait son voyage... avant de se rasseoir le plus rapidement possible. Son cœur battait la chamade alors que le sang montait dans ses oreilles. Que faisait-il ici ? Et pourquoi avait-il l'air aussi furieux ? Qui l'avait mis au courant ?

Severus Rogue était dans le bus.


C'est terminé pour le moment...

Un chapitre d'action, avec de gros passages d'émotion quand même. J'aime beaucoup la crise de panique d'Harry dans le métro, j'ai accompagné quelqu'un qui a fait la même crise dans un RER parisien, je peux vous assurer que la réaction des gens est la même, ça m'a dégoûté autant qu'Hermione.

Je m'accorde des vacances, pour me reposer du stress intense que j'ai vécu pour vous écrire le One Shot (c'était vraiment difficile, ne plaisantais pas). Le chapitre 30 sera donc disponible le 11/01/2015, et je communiquerai à cette date comme promis l'adresse internet pour que vous puissiez admirer les illustrations de cette fanfiction dessinés par moi-même.

Dans le chapitre suivant, Harry retrouve Severus mais ça ne se passe pas exactement comme il l'avait imaginé...

A bientôt, merci pour votre fidélité et reviews ?