Chapitre vingt-cinq : And please dont forget me


[Barney]

Il avait ressassé les paroles de Lee et Tool sans arrêt depuis qu'il était parti et avait fini par appeler Bonaparte pour qu'il l'aide à trouver une équipe. Ça c'était fait rapidement. En moins de soixante-douze heures. Il leur avait donné rendez-vous dans le hangar le lendemain et avait contacté Drummer pour lui dire qu'ils étaient prêts. Et pour l'heure, il s'assurait que tout soit prêt pour le départ.

– Alors tu comptes t'en prendre à Stonebanks avec des recrues? Dis-moi Barney, la mort ne t'effraie pas? demanda Trench en faisant sursauter Barney.

– Ils savent que c'est un aller simple. Je sais que c'est un aller simple. Je fais payer ce fils de pute, quitte à y laisser ma peau, et je pourrai partir en paix. Dit Barney en se remettant à la tâche.

– Alors, laisse-moi te donner un coup de main. Ne me regarde pas comme ça et je n'en ai rien à foutre de ton opinion. Stonebanks est une plaie dont le monde devrait se débarrasser et il n'est pas question que je te laisse t'amuser seul. Dit Trench.

– Dans tes rêves Barney! Dit Trench en riant. On se voit à l'aube.

Barney retourna à ses vérifications alors que Trench sortait du hangar. Il ne l'admettrait jamais, mais il se sentait soulagé de ne pas être seul avec des recrues. Il se gifla mentalement alors qu'il corrigeait sa formulation. Ce n'était pas des recrues, c'était juste d'autres mercenaires.

[Tool's]

– Merde t'es sérieux? demanda Toll à Tool et il confirma d'un signe de tête.

– Enfoiré. Lâcha Christmas avant de se lever pour sortir.

– On devrait probablement le suivre. Dit Toll et Tool fut le seul à rester en arrière.

Barney allait en voir de toutes les couleurs et lui... lui devait trouver Woodsman.

[Barney's hangar]

Barney et les jeunes finissaient d'emballer leurs affaires quand Barney vit les gars du coin de l'œil. Tout le monde arrêta de faire ce qu'ils faisaient et Barney se tourna vers eux.

– J'ai entendu dire que t'avais du boulot. Dit Toll.

– Ouais. Dit Barney en affichant clairement son mécontentement.

– Et qui c'est eux? demanda Christmas en lançant un regard noir en direction des recrues.

– Ils sont avec moi. Répondit Barney d'u ton sec.

- Et pas nous? demanda Gunnar avant de prendre une gorgée d'alcool de sa bouteille.

– Gunnar, j'ai dit tout ce que j'avais à dire l'autre jour et tu devrais boire un peu moins. Dit Barney irrité à l'extrême d'avoir à gérer leur crise de jalousie.

– Tu veux vraiment te faire tuer, avec ces juniors. Dit Doc en les regardant de haut.

– Rendez-nous service et foutez le camp d'ici. Coupa Barney avant d'ajouter en direction des jeunes. Départ dans dix.

Et il s'en alla chercher du matériel à l'arrière. Gunnar et les autres s'avancèrent.

– Ce n'est pas sérieux. Se moqua Gunnar.

Barney se dirigeait vers Trench qui fumait un cigare.

- Si tes gars voulaient se disputer, pourquoi ils ne se sont pas mariés? demanda Trench qui s'amusait grandement de la situation.

– C'est brillant de fumer près d'un réservoir d'essence. Rétorqua Barney en passant devant lui.

Doc s'avança vers Mars et fixa sont regard au sien avant de le sentir.

– Amateur. Constata-t-il alors que les autres souriaient.

- Des petites têtes de nœud! déclara Toll.

– Qui est-ce que t'insulte grand-père. Rétorqua Mars qui s'attira immédiatement les foudres de Toll qui se rapprochait davantage.

– Grand-père s'apprête à te défoncer la boîte crânienne. Répliqua-t-il.

Doc alla faire des avances à Luna alors que Gunnar se payait la tête de Thorn.

– C'est quoi ça, un de tes jouets? demanda-t-il sarcastique au possible. Hein petit gars?

- Tu veux danser mon grand? demanda Thorn en retour.

– Hé! C'est un travail et rien de plus! s'écria Smilee qui sortait de l'entrepôt.

– Pfff! Ouais les gars on s'en va, Déclara Lee alors que les autres affichaient clairement leur mépris.

– Des vieux qui se prennent encore pour des durs. Marmonna Mars.

– T'es jeune et t'es con! Dit Lee d'une voix tranchante avant de lancer son couteau qui passa à un demi-cheveu de la tête de mars.

– Jing-ga-ling, Jing-ga-ling. S'amusa Doc.

– Garde-le, t'en auras besoin. Dit Lee alors qu'ils sortaient tous du hangar.

[Plane]

Le jeune ne lui rendait pas la tâche facile, mais il ne pouvait s'empêcher de le comparer à lui-même quand il était jeune. Et Barney n'avait pas le cœur noir que tous prétendaient et malgré tous ses efforts, le sort de ses recrues était loin de lui être indifférent. Il repensa à sa fille et se dit qu'elle aurait probablement été en accord avec Smilee. Sa fille, il avait une impression étrange à son sujet et ce peu importe ce que Tool en pensait. Quelque chose n'allait pas et sans qu'il ne puisse se l'expliquer, il sentait qu'il saurait bientôt. Mais pour l'heure il devait se débarrasser de Stonebanks et éventuellement trouver Woodsman. Il s'était toujours considéré comme quelqu'un d'observateur et si sa fille avait été la première à lui démontrer qu'il avait tort. Stonebanks et Woodsman l'avaient envoyé dans le champ.

Il commençait à penser qu'il était rendu trop vieux pour tout ça. « 'Il faudrait juste que tu te laisses vivre tes émotions. Ils peuvent te guider bien plus que tu ne le penses. »' Cette voix dans sa tête, la mère de Gabrielle. Elle avait eu raison et il le réalisait maintenant qu'il était trop tard. Pendant des années il s'était demandé ce qu'elle était devenue. Il l'avait aimé, il doutait même d'avoir un jour cessé de le faire. Mais elle était déjà sur le point de se marier à un homme qu'elle n'aimait pas. À croire que les femmes s'étaient battues pour rien quand on pense que c'était un mariage arrangé. Il n'avait jamais pu se la sortir de la tête et vingt ans plus tard, il apprenait que Gabrielle était sa fille.

Gabrielle qui s'était fait agresser, kidnapper et tuée en moins d'un an. Elle serait probablement en train de faire ses premiers tatouages. Planifier sa vie, elle aurait pu faire tellement de choses…

– Dis aux jeunes de se préparer, on approche. Dit Trench en le sortant de ses pensées.

Il hocha la tête et se redirigea vers l'arrière.

[Barney & Luna]

Ils s'apprêtaient à mettre le plan à exécution, ils n'avaient plus qu'à attendre la cible. Luna regardait Barney et voyait une ombre qui hantait son regard. Elle y était constamment et elle se demandait ce qui pouvait avoir marqué cet homme à ce point. Ce qui les avait tous marqués à ce point. Ses hommes avaient pris la chose de façon bien trop personnelle pour qu'il ne soit question que de la mission. Elle souffla un coup et il la regarda.

– Pourquoi t'as largué ta bande? Lui demanda-t-elle.

– Si tu fais ce métier assez longtemps, un jour tu comprendras. Dit Barney d'une voix fatiguée.

– Ils avaient l'air plutôt mécontents. Constata-t-elle.

– Je te préviens tout de suite, si c'est une famille que tu cherches, tu devrais changer de boulot. Dit Barney piqué au vif.

Parce que lorsque t'en as trouvé une et que tu les perds… Il soupira. Elle lui faisait penser à Gabrielle à ce moment précis. Luna vit la douleur, mais fit comme si de rien n'était et continua.

– Il y a différentes sortes de familles. Et quand ma vie est en jeu, c'est bien ma famille qui se bat avec moi. Affirma-t-elle alors que Barney sentait un poids tomber sur ses épaules. Tu sais de quoi je parle.

– Oui je sais, c'est bien pour ça qu'ils sont restés là-bas. On a déjà perdu trop de famille. Dit Barney avec un ton de voix qui laissait entendre qu'elle n'en saurait pas plus.

Mais Luna n'avait pas eu besoin de bien plus pour comprendre et se sentit mal pour Barney. Elle n'osait pas imaginer ce qu'il avait dû endurer.

– Je suis désolée. Affirma-t-elle avant que le signal ne se déclenche.

[Lee]

Il était retourné chez lui sans attendre que les autres soient redescendus. Il avait été profondément touché par le mot dans l'album. Il tournait les pages et détaillait chaque photo, se surprenant même à sourire pour certaines d'entre elles. Il finit par le refermer et alluma la télévision sur une chaîne d'info publicités. Un vendeur tentait de vanter les mérites d'un couteau de cuisine. Il se mit à jouer avec l'un des siens en songeant que lui aurait bien plus à faire que de trancher des légumes si Barney ne les avait pas mis de côté. Il le comprenait, mais n'était pas en accord avec lui. Ils avaient le droit de choisir, même si ce n'était pas la meilleure décision. Il revit Gabrielle allongée sur le sol de l'aéroport et ferma les yeux brièvement. Il en avait voulu à Gunnar, à Barney, à Church et même à lui-même. Il en avait voulu à la terre entière. Mais il savait que c'était inutile et qu'au fond c'était elle qui avait choisi. Il lança son couteau dans son téléviseur et soupira. Gunnar avait raison, elle n'aurait pas accepté qu'ils se morfondent et se serait battue pour aller venger Hale. Il prépara ses affaires et sortit pour se rendre chez Tool.

[Doc]

Il aimait Barney comme un frère, mais c'était un con. Tool était sorti en trombe de son bureau en lui disant au passage qu'il serait de retour dans trois heures au maximum. Doc s'était emparé de la chaise et avait scruté l'écran d'ordinateur pour y trouver une série d'informations sur la localisation de Stonebanks et Woodsman. Des photos les montrant ensembles à Moscou. Et une zoomée où l'on pouvait voir Woodsman se diriger vers Stonebanks en tirant une jeune femme aux cheveux bruns par le bras. Il zooma davantage et lâcha un juron en la reconnaissant. Il imprima tout ce que Tool avait trouvé et ferma l'ordinateur. Il retourna dans sa chambre prit un sac et y fourra ses affaires avant de descendre. Il regarda l'heure. Il était maintenant près de trois heures du matin. Il attendrait le retour de Tool et ils pourraient alors décider de la marche à suivre. Il s'allongea sur un divan et s'assoupit, jusqu'à ce que le bruit d'un moteur se fasse entendre dans l'entrée. C'était Christmas.

- Tu te prépare à partir? demanda Lee perplexe.

– Dans deux heures. Tool est partit faire je ne sais pas quoi et on s'en va quand il revient. Il veut aller sauver Barney. Répondit Doc en lui donnant le dossier qu'il avait monté.

– Faut croire que Barney n'est pas le seul à aimer les missions suicide. Je vais me préparer et avertir Gunnar. Appelle Toll. Lui dit Christmas et devant l'air surpris de Doc il ajouta. Il faut bien que quelqu'un aille sauver ces vieux fêlés.

Doc sourit avant de hocher la tête et de prendre son téléphone.

[Gunnar]

Il s'était rendu au champ de tir, histoire de se défouler un peu, mais ça n'avait rien donné. Il était rentré vers une heure et s'était écroulé sur son lit, s'endormant instantanément sous l'effet de l'alcool. Alors qu'il dormait, ses souvenirs refaisaient surface.

– Ce soir je te kidnappe. J'ai des films, une bouteille et des chips! Lui avait-elle déclaré en souriant.

– Et qu'est-ce qui vous fait croire que je vais coopérer? avait-il rétorqué avec un sourire moqueur. Vous allez avoir besoin d'arguments convaincants.

Elle avait rougi de la tête aux pieds et Gunnar avait fermé la porte derrière elle avant de prendre un film et de le mettre dans le lecteur. Il avait ensuite pris place dans le lit en lui faisant signe de venir le rejoindre.

– Merci. Avait-elle dit d'une voix hésitante. J'avais besoin de me changer les idées et je ne voulais pas être seule.

– Je serai toujours là Gabrielle. Avait-il murmuré en la serrant contre lui.

- Un problème? demanda Gunnar avant d'éclater de rire lorsqu'elle lui envoya un regard noir.

– La plupart des gens ont un machin pour mettre le bâton quand ils sont trop petits pour la table de billard. Rétorqua-t-elle.

– Alors tu finis par admettre que t'es plus petite que la moyenne? Se moqua-t-il.

– Je suis toujours plus grande que Yang. Rétorqua-t-elle.

– Alors tu n'es pas si mal finalement et t'es beaucoup plus sexy. Répondit-il avec un sourire charmeur.

– Tu me brises le cœur Gunnar. Lâcha Yang alors qu'ils se mettaient à rire.

Gabrielle lui caressait le dos alors qu'il lui embrassait le cou tout en la pénétrant. Elle gémit de plaisir et il accéléra le rythme, voulant l'entendre crier son nom encore une fois. Il était accro à elle et il le savait.

Bang Bang Bang.

[Tool's]

BANG BANG BANG

– Gunnar lève tes fesses! S'exclama Christmas alors que Gunnar se levait d'un bon pour aller ouvrit la porte. Du coin de l'œil il vit qu'il était cinq heures du matin. Il jura.

– T'as intérêt à ce que ce soit important si tu ne veux pas que je t'arrache les poings pour avoir défoncé ma porte à cette heure. Gronda Gunnar alors que Lee lui fourrait le dossier dans les mains.

– Gabrielle ne me le pardonnera jamais si je n'y vais pas. Et Hale mérite qu'on le venge. Déclara Gunnar et il prépara ses affaires avant de suivre Lee.

Ils descendirent et trouvèrent Doc au téléphone avec Toll.

- Il s'emmène? demanda Lee.

– Ouais, il prépare son stock et il arrive. Dit Doc.

- Et ensuite on y va? demanda Gunnar qui s'impatientait.

– On doit attendre Tool, il devrait revenir dans une heure ou deux. Dit Doc. On ne peut pas faire plus vite.

Gunnar grogna et prit place dans un fauteuil. Les autres firent de même et Toll finit par apparaître dans l'atelier.

- Vous allez finir par me dire ce qui se passe oui? demanda Toll.

– Tool a décidé d'aller sauver Barney d'une mission suicide visant à récupérer les jeunes qui se sont fait prendre en otage. Expliqua Doc.

– Et ils pensent s'en sortir seuls? Demanda-t-il surpris après toutes les histoires qu'il avait entendus de Doc et Tool.

Lee ouvrit le dossier sur la table et ils prirent tous connaissance des informations. Doc les regarda un à un en se demandant s'il devait leur dire à propos de la femme.

– On va devoir attendre Tool et voir s'il a de nouvelles informations. Déclara Toll. On n'avancera à rien sinon.

Ils acquiescèrent et prirent le plus de repos possible en attendant Tool qui arriva sur le coup des dix heures du matin. En voyant sa tête, Doc comprit que Tool ne l'avait pas reconnu et ravala sa salive. Ils devraient être concentrés s'ils voulaient attraper Stonebanks et il se doutait bien qu'ils ne le seraient pas s'ils savaient pour elle. Et de toute manière, il devait trouver pourquoi elle n'avait pas cherché à les contacter. Et il avait le sentiment qu'ils n'aimeraient pas ça.