Titre:No mouth but some serpent

Auteur : Lightningon the Wave

État de la fic anglaise : Terminé(33)

État de la fic française : 28 ; Traduit : FINI

Chapitre traduit par : Chaola

Bêta correctrices : Manelle/ Elava

&

Disclamé : Aucun des personnages ne nous appartiennent (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire.

&

Aujourd'hui, Paradise Of readers fêtes ces 3 ans d'existence !

Et pour cela nous vous offrons un chapitre, voir deux, de nos fic, vous pourrez aussi avoir le plaisir de découvrir une nouvelle histoire qui est presque fini de traduire : A moment in time !

Malheureusement suite au silence de certaines de nos traductrices, certaines de nos fics seront retardé. ( Go with the tide (chap 21, Tome1), plus jamais seul plus jamais(chap 32)).

Je profite de ce moment pour vous informer que je quitte, aujourd'hui même, le groupe.

Je serai remplacé par Syt the Evil Angel, qui fera, j'en suis sûr, un excellent travail.

Ne vous en faites pas, bien que je quitte le groupe je resterai dans son ombre. Ceci est donc ma dernière new's !

Ce fut un plaisir et aussi une torture de m'occuper de ce groupe.

Eni et toi Syt, je vous souhaite énormément de courage et de patience !

Ha au faites, avant de vous laissez lire, je précise que je ne quitte pas Ff, je vais me remettre à écrire et m'occupé d'édition de scan chez Aininatte et Passion fruitée. (Que je quitterai aussi dés mes projets fini).

Onarluca

&

Bonne anniversaire Paradise Of Readers !!

Bonne lecture et merci pour vos reviews !

Eni et Onarluca

&

Chapitre 29 : Suivant Ces Chemins

Comme Draco était derrière Harry, il ne put voir son expression à la lecture des mots écrits sur la pierre. Mais il vit les murs du couloir se couvrir de glace, et il sentit très bien la montée en puissance de la magie d'Harry, ce qui lui fit perdre connaissance.

Heureusement, ce ne fut que pour quelques instants, et lorsqu'il fut réveillé et après s'être remis précipitamment sur ses pieds, Professeur McGonagall barrait le passage à Harry.

« Non, Harry, » dit-elle fermement, une main sur son épaule. Draco pouvait voir que son visage était pâle, mais elle ne renonça pas. « Je dois savoir où vous comptez aller. »

« Il va secourir son frère, Professeur, » dit Draco, se forçant à prendre un ton traînant. Il mit une main dans sa poche, pour sentir la chaleur émanant de la bouteille et se rassurer que son Harry était toujours là, quelque part sous cette rage froide qui avait envahie le brun. « Et je vais l'aider. Alors, s'il vous plaît, écartez-vous. »

McGonagall se retourna brusquement et le fixa. Draco haussa les sourcils. Elle était plus éreintée qu'il ne l'avait pensé, s'il fallait en juger par les mèches de cheveux gris qui s'échappaient de son chignon. Cela le rassura.

« M. Malfoy, je ne peux certainement pas laisser deux élèves se mettre en danger – » commença-t-elle d'un ton guindé.

« Alors vous devrez m'en empêcher. »

Draco ferma les yeux et combattit le mal de tête qui menaçait de le submerger alors qu'Harry reportait son attention sur le Professeur McGonagall. Harry était en colère, et c'était une colère qui dépassait tout ce qu'il avait déjà vu chez lui. La glace sur les murs du couloir s'étendait, s'étalant délicatement sur la pierre telle un lierre gelé et taquinant le plafond.

« M. Potter, » dit McGonagall. Elle n'avait pas l'air effrayée, mais n'était-elle pas une Gryffondor ? Draco savait qu'ils ne savaient pas lorsqu'il était temps pour eux de prendre leurs jambes à leur cou, lorsque leur sécurité était menacée. « Je ne laisserai pas deux élèves de plus mettre leur vie en danger. »

« Tom Jedusor détient mon frère. »

Draco jeta un coup d'œil furtif au visage d'Harry, mais aurait préféré ne pas le faire. Le visage et la bouche de Harry étaient figés en une expression sinistre, mais d'après ses yeux, il criait constamment, et ne laissait tout simplement pas échapper de son.

« Cela ne veut pas dire que vous avez besoin de risquer votre vie, M. Potter, » dit McGonagall. Elle croisa les bras.

Vieille chatte interférente, pensa Draco. Il aurait souhaité que ça soit le Professeur Snape qui les ait trouvés. Au moins il aurait compris l'intense besoin que ressentait Harry de partir à la recherche de son frère. Il avait partagé l'esprit d'Harry.

Tout comme Draco, et il comprenait que Harry n'allait pas se laisser distraire. La meilleure chose qu'il puisse faire pour le moment était de rester tranquille et de se joindre à l'équipe de sauvetage, pour qu'Harry ait avec lui au moins une personne qui le comprenne, une personne qui ne pourrait être possédée et retournée contre lui. Sinon, et Draco le savait bien, il irait rejoindre Jedusor où il détenait son frère – sûrement la Chambre des Secrets – seul. Et Draco ne permettrait pas que cela arrive.

« Si, » dit Harry. Il parlait maintenant à travers ses dents serrées, comme si lui aussi avait un mal de tête, et son serpent s'agita sur son bras, sortant sa tête au bout de sa manche. « Je suis le mieux placé pour aller le sauver, pour certaines raisons que je n'ai pas le temps de vous expliquer. »

« Le Directeur Dumbledore – » commença McGonagall.

Harry se mit à rire. Le son était étrange pour Draco, froid et sans joie. Il ressemblait plus au rire qu'avait eu Tom Jedusor, durant la bataille qui l'avait confronté à Harry et que Draco avait observée des coulisses, autorisé à regarder mais pas à aider. Il se rapprocha d'Harry. Cela l'avait presque rendu fou la dernière fois, de ne pas avoir pu l'aider. Il serra la bouteille, et sentit les lumières changer et chauffer contre sa paume.

« Le Directeur a pris des décisions dont vous avez connaissance, Professeur, » dit Harry. « Et vous savez ce qu'il dirait si j'allais le voir. Il pourrait peut-être accepter d'aider – mais il ne reviendrait jamais sur ces choix. Et c'est à cause de ces choix que je dois aller aider Connor. »

Draco cligna des yeux. Il tient Dumbledore pour responsable ? Je n'ai jamais vu ça dans son esprit. Est-ce que c'est quelque chose de récent ? Pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ? Où l'a-t-il appris ? Une curiosité grondante s'empara de lui, et aida quelque peu à faire diminuer la douleur de sa migraine.

McGonagall pâlit, preuve qu'elle savait de quoi parlait Harry. Ses yeux se fermèrent, et elle resta sans bouger comme si elle débattait intérieurement. Draco grimaça vers McGonagall, puis vers Harry. Nous aurons des choses à nous dire lorsque nous en aurons fini avec Tom Jedusor, Harry, et spécialement de comment tu peux faire confiance à des Directrices de Gryffondor qui essayent de t'empêcher de faire ce que tu dois. Il se rapprocha encore un peu plus de Harry, cette fois-ci se tenant contre son épaule droite, assez proche pour sentir la respiration de Harry et la légère aura froide qu'il dégageait. La glace avait maintenant atteint le plafond. Draco toucha l'épaule d'Harry, s'attendait à ce qu'elle soit également froide, puis tiqua. Sa peau était chaude comme s'il était fiévreux.

Et cela s'empirait au fur et à mesure que McGonagall débattait si elle devait ou non les arrêter.

Dépêche-toi, pensa Draco dans sa direction. Empêche nous et laisse Harry te blesser, ou écarte-toi et laisses le faire ce qu'il doit. Mais ne fais pas ça. Ne vois-tu pas que tu le fais souffrir ?

McGonagall se secoua comme si elle avait entendu ses pensées, et le regarda droit dans les yeux pendant un moment. Draco sourit dédaigneusement tandis qu'il soutenait son regard. Cela la fit grimacer, puis elle se tourna vers Harry.

« J'attendrai une heure avant d'aller voir le Directeur, » dit-elle doucement. « C'est tout le temps que je peux vous donner. »

« Super, » dit Harry, sur un ton qui fit grimacer Draco tant il dénuait le mot de tout sens, puis il se tourna et se mit en route vers les cachots des Serpentards. Draco le suivit, jetant un coup d'œil de temps en temps derrière lui vers la Directrice des Gryffondors. Son visage était toujours contrit, mais elle ne semblait pas être sur le point de revenir sur ses mots. Ce n'était pas une chose que faisaient les Gryffondors, habituellement.

Draco regarda devant et vers le dos droit et la démarche déterminée de Harry, et se demanda un moment s'il devait insister pour trouver le Professeur Snape.

Puis il secoua la tête. Non. Harry doit y aller et le faire, et cela ne fera que le blesser encore plus si je le retiens. Vas-y seul, Draco. Au moins tu seras là lorsque le monde explosera.

Une fois qu'ils furent de retour dans les cachots – qui étaient déserts, heureusement, vu que tout le monde était parti manger – Harry bougea rapidement. Il se dirigea vers la malle qui se trouvait au pied de son lit et l'ouvrit, en sortant un brassard noir qui interpella Draco. Il vit le serpent argenté qui se trouvait dessus alors qu'Harry le tournait, et sourit légèrement. C'était une bonne arme à emporter dans la Chambre des Secrets où il devrait se battre contre un Basilic.

Pensant à ça, Draco fouilla le fond de sa malle pour ce dont il avait besoin, et venait juste de le trouver lorsqu'il réalisa qu'Harry quittait la pièce.

« Harry ! » cria-t-il, se relevant.

Harry le regarda, et Draco vit des yeux tels des fenêtres aux volets fermés. « Quoi ? »

« Je viens avec toi, » dit Draco.

Harry ne dit rien pendant un moment, mais l'air autour de lui refroidit suffisamment pour que Draco puisse voir son souffle vaporeux lorsqu'il se remit à parler.

« Non, » dit-il doucement. « Je ne risquerai pas ta vie. Tu restes ici. Tu peux aller voir le Professeur Snape et lui dire ce qu'il se passe. En fait, je préfèrerais qu'il soit au courant avant le Directeur. »

C'était probablement une bonne idée, pensa Draco, mais il savait que quelqu'un d'autre devrait le faire.

« Non, » dit-il. Il sortit la bouteille de sa poche et la posa doucement sur la table près de son lit. Il ne voulait pas prendre le risque de la casser. Il se retourna vers Harry. « Je viens avec toi, » répéta-t-il.

Harry baissa légèrement la tête, et Draco ressentit une douleur aux sourcils alors qu'Harry appelait sa puissance. Lorsque Harry parla, sa voix ressemblait, une fois de plus, plus à celle de Tom Jedusor qu'à la sienne.

« Je pourrais t'assommer et te laisser impuissant par terre, Draco. Je pourrais te frapper d'un sort qui ne te laisserait pas le moindre souvenir de cette scène. Je pourrais te mettre sous Imperium et te faire aller voir Snape et lui dire tout ce que je veux. Malgré tout ça, pourquoi insistes-tu pour me tenir tête ? »

Draco regarda la bouteille. Il n'y avait aucune trace de rouge, qui montrait la colère d'Harry envers lui. Du violet et du vert dansaient en un violent mélange qui donnait au verre un air de ciel avant une tempête.

« Parce que tu n'oserais pas me faire ces choses, » dit-il, et se retourna vers Harry. « Je te fais confiance. »

Harry ferma les yeux.

« Je n'aurais jamais dû te donner ce foutu truc, » marmonna-t-il, répétant une de ses fréquentes plaintes.

Draco attendit.

« Je dois faire ça tout seul, » dit doucement Harry. « Tu sais ce que je suis, Draco, ce pourquoi j'ai été entraîné. Je dois aller dans la Chambre et sauver Connor, et je m'attends à y mourir. Rien ne dit que quelqu'un d'autre doit venir avec moi et mourir. Pourquoi le voudrais-tu ? »

« Parce que ma loyauté va envers toi, » dit Draco. « Pas envers Connor, ni Dumbledore, ni une autre de ses putains idées de merde de ta famille. » Il fut surpris de découvrir qu'il tremblait, et essaya de désamorcer cette émotion tendue qui l'emplissait en brandissant l'objet qu'il avait récupéré dans sa malle. « Et parce que je suis le seul ici avec un cerveau en état de marche. »

Harry cligna des yeux à la vue du miroir. « Que – »

« Je t'ai senti penser que le serpent était un Basilic, » dit calmement Draco. « Et un miroir n'est peut-être pas une arme très efficace contre un Basilic, mais au moins c'est mieux que d'y aller les mains vides. »

Les yeux de Harry redevinrent terriblement dénués d'expression, et fit un geste qui pouvait indiquer sa magie, ou son serpent, ou le brassard noir qu'il avait passé autour de son bras droit.

« Je n'y vais pas les mains vides. » Il tendit une main pour prendre le miroir. « Mais je peux le prendre. Merci de l'avoir identifier. »

« Et tu portes déjà trop de choses, » dit Draco, remettant le miroir dans son étui et le glissant dans sa poche. « Je le porterai pour toi. »

Harry le fixa un très long moment. Puis il secoua la tête et murmura, « Pourquoi ? »

Draco renifla dédaigneusement.

« Tu veux vraiment qu'on en parle maintenant, alors que Jedusor fait Merlin ne sait quoi à ton frère ? »

L'instant d'après, il regretta ce qu'il avait dit, alors que Harry inspirait brusquement et fermait les yeux, se prenant la tête dans les mains. Puis il réussit à ouvrir des yeux embués et se concentra sur Draco.

« Oui, je pense que nous devons en parler. Je ne veux pas te faire de mal, mais je ne veux pas non plus te laisser venir avec moi. S'il te plaît, Draco. Tu dis que ta loyauté va vers moi. Tu as défié et manipulé ton père pour moi. Tu as refusé d'abandonner notre amitié même lorsque je t'ai dit que je pensais que tu devais le faire. Pourquoi ? »

Draco déglutit. Ses mains tremblaient. Et cela ne l'aidait pas que sa seule excuse semblait complètement folle, même pour lui.

« Parce que tu es Harry, » dit-il. « Tu es toi. C'est tout ce que je sais, Harry. Je t'apprécie et je te suis loyal, et si tu ne m'attaches pas, ne me lances pas un sort d'Oubliette ou ne transplane pas loin de moi tout de suite, alors je viens avec toi. »

Harry ferma les yeux. Draco resta debout en silence durant un long moment, incertain de quelle serait sa réponse. Il pouvait pratiquement sentir la pression dans sa tête poussant les pas d'Harry vers la Chambre. S'il choisissait de suivre ce chemin seul, malgré toutes les suppliques passionnées de Draco, alors il n'y avait simplement rien que Draco aurait pu faire pour l'en empêcher.

Et il ne voulait pas l'arrêter, si Harry décidait d'y aller seul, pensa-t-il. C'était la différence entre lui et quelqu'un comme McGonagall – ou peut-être Dumbledore, si Harry avait réellement appris quelque chose de perturbant à propos du Directeur. Il avait confiance en Harry. Il lui faisait confiance pour prendre la bonne décision. Il n'avait pas peur de sa puissance sauf dans un sens abstrait. Il ne pensait pas qu'Harry doive être enchaîné et forcé de suivre le bon chemin. Qu'importe la route qu'il choisissait de suivre, elle serait, par définition, la bonne.

Et je suis vraiment un gamin, et de penser de telles choses Gryffondoriennes.

Pourtant, c'était la vérité. Et les parents de Draco lui avaient toujours appris à ne pas se mentir. Au moins, il savait qu'il avait des pensées Gryffondoriennes, et il pourrait les utiliser au lieu de les éviter.

« Merci. »

Draco ouvrit les yeux et vit Harry tendre une main vers lui. Il se dépêcha de la serrer, avant que Harry ne puisse changer d'avis, et posa sa tête sur son épaule, essayant de cacher à quel point il était soulagé qu'Harry n'ait pas refusé son offre et le force à rester. Il ne pouvait même pas imaginer ce que devait ressentir Harry, perdant du temps ici alors que Connor était en danger, mais il en aurait ressenti au moins une partie, s'il était rester là alors que Harry s'élançait vers ce même danger.

Harry tourna la tête de façon à ce que son nez caresse les cheveux de Draco.

« De plus, » ajouta-t-il, « Sylarana vient de me rappeler que je ne suis pas sûr du chemin vers la Chambre des Secrets, donc s'élancer hors de la pièce et espérer y arriver le premier ne marcherait pas. »

Le rire de Draco était discret. Au milieu de tout ça, et même en sachant devoir combattre Tom Jedusor et un Basilic, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un grand espoir l'envahir. Il mit tout ça de côté pour l'instant et dit,

« Y a-t-il un moyen pour que tu le retrouves ? Que pensais-tu faire, de toute façon, si tu y avais été seul ? »

« Juste aller dans les toilettes des filles où toutes les attaques ont eu lieu et chercher, » dit Harry. « L'entrée de la Chambre est là-bas, mais je ne sais pas elle est. Jedusor m'a pris ces souvenirs – »

Brusquement, il se figea, et Draco réalisa que Sylarana devait probablement lui parler dans son esprit. Il se força à ne rien faire. Il était jaloux de la connexion qu'avait le Locusta avec Harry, bien sûr, mais ce n'était pas le moment d'en parler.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-il, alors Harry regardait dans le vide, le visage pâle.

« Sylarana ne pense pas que Jedusor m'ait pris les souvenirs où j'ouvrais avec lui la Chambre, ni qu'il les ait détruits, » dit Harry, à travers des lèvres visiblement paralysées. « Elle pense qu'il les a mis dans la boîte. Ce serait l'endroit le plus pratique pour lui où les ranger, et maintenant qu'elle y pense, elle se rappelle de légères sensations dans cette partie de mon esprit lorsque j'ai Pétrifié Neville. »

Draco serra convulsivement la main d'Harry. Il avait vu la boîte lorsqu'il était connecté à l'esprit d'Harry. Ce n'était pas quelque chose qu'il souhaitait revoir. D'une certaine manière, cela l'avait plus effrayé que Jedusor. Ce dernier était une menace évidente alors que la boîte en représentait une invisible et furtive. Ce qui pouvait être encore plus effrayant.

« Tu dois l'ouvrir ? » demanda-t-il.

Harry fit à nouveau une pause, communiquant apparemment avec Sylarana.

« Elle me laissera l'ouvrir, » dit Harry, « mais elle a peur que je sois submergé par les souvenirs sans quelqu'un pour m'aider, et elle sera trop occupée à attendre de pouvoir refermer la boîte dès que j'aurai trouvé les souvenirs dont j'ai besoin. » Il expulsa un long moment, et ses yeux rencontrèrent ceux de Draco. « Et elle dit qu'elle peut te lier, brièvement, à mon esprit, vu que tu as déjà été lié à moi auparavant. Peux-tu me garder sur pieds pendant que je vais dans la boîte ? »

Draco n'hésita même pas avant d'acquiescer. Il ne voulait pas voir la boîte. Il n'était pas entièrement sûr de vouloir voir maintenant l'intérieur de l'esprit d'Harry.

Mais il savait, mieux que personne, qu'il ne voulait pas voir Harry mort.

« Merci, » murmura Harry, et il tendit sa main. Il tremblait légèrement. Draco se demanda s'il avait peur de la boîte, de perdre Connor, ou de laisser entrer Draco dans son esprit. Probablement une combinaison des trois, pensa Draco, tandis qu'il regardait Sylarana descendre le long du bras d'Harry.

Il respira profondément, et essaya de se préparer, pendant que Sylarana s'enroulait autour de son poignet, enchaînant leurs mains ensembles.

Rien n'aurait pu le préparer.

Il plongea au milieu d'or, de lumière et de bruit, un champ sombre illuminé de radiance. Il pouvait difficilement voir à travers tout ça, et il n'entendait presque rien a cause de la chanson assourdissante. Draco grimaça. La chanson était magnifique, mais si bruyante… comment faisait Harry pour dormir avec ça dans sa tête ?

« Je l'aide. »

Draco sursauta et se retourna. Un différent feu doré brillait au milieu de l'or vif, et il réalisa que c'était Sylarana. Il entendait sa voix, et même si elle sifflait et qu'il savait que ce n'était définitivement pas de l'anglais, il la comprenait quand même. Il laissa échapper un petit soupir. Attends que je raconte ça à Père. Il ne va jamais me croire.

Si je lui raconte. S'il essayait de s'en servir contre Harry…

Et c'était lui qui avait fait du mal à Harry en premier lieu. S'il n'y avait pas eu le journal, rien de tout ceci ne serait arrivé.

Draco se re-concentra sur la tâche actuelle. Ses propres pensées étaient emmêlées et confuses, mais le plus important pour l'instant était Harry. Il suivit la mèche d'or jusqu'à ce qu'il parvienne à la boîte. A côté de celle-ci était enroulée une mèche de noir brillant et d'or que Draco suspectait d'être Harry, ou une représentation de lui. La boîte était toujours aussi répugnante, sauf que cette fois, au lieu des serrures dont se souvenait Draco, se trouvait les brillants anneaux mouvants du Locusta.

« Tu es prêt, Harry ? » demanda-t-elle, et la voix de Harry donna doucement la confirmation résonnant tout autour d'eux. Draco sentit Sylarana reporter son attention sur lui. « Tiens-le pendant qu'il plongera. »

Draco hocha la tête, et se rapprocha, enroulant ses bras autour de la mèche noir et dorée. Cela semblait être suffisant.

Sylarana bougea, relâcha son emprise et la boîte s'ouvrit.

Draco sentit la peur s'emparer de lui alors que le couvercle s'ouvrit légèrement, l'obscurité et le froid les entourant. Mais Harry y plongeait déjà, s'enroulant sans peur parmi les souvenirs rangés là, cherchant ceux dont il avait besoin, et Draco devait le suivre, devait tomber avec lui, devait le maintenir sur pieds tandis que Harry cherchait et classait.

Draco vit quelques uns des souvenirs de Harry bien sûr, il n'y avait aucun moyen d'empêcher ça alors qu'il se trouvait si près de lui.

Harry lisant un livre sous ses couvertures à la lumière d'un Lumos, étudiant frénétiquement pour essayer de maîtriser le sort du Bouclier, convaincu que Voldemort viendrait demain tuer Connor, et qu'il ne serait pas prêt –

Lily accroupie devant Harry lui demandant d'essayer de refaire le sort. Elle savait que cela lui faisait mal, mais l'entraînement était le seul moyen d'y réussir. Harry hocha la tête, déglutit, et essaya de lancer à nouveau le sort. Cette fois, ça marcha –

Lily murmura à Harry que tout irait bien, alors qu'elle caressait sa tête et le réconfortait. Il avait quatre ans, presque trop jeune pour se souvenir, mais il se souvenait de s'être disputé avec Connor et que sa tête avait commencé à lui faire mal, et cela avait continué jusqu'à ce que sa mère arrive et le réconforte avec quelques mots. Les mots étaient ses médicaments –

Remus Lupin disant quelque chose à propos de maltraitance –

Draco cria. Il brûlait, le feu derrière lui s'élançant vers l'avant alors qu'ils rencontraient ce souvenir. Draco sentit que la lumière dorée et la chanson magnifique n'aimaient pas du tout ce souvenir. Il était supposé avoir été réduit en cendre pour ne plus jamais troubler Harry. Il n'aurait pas du se trouver dans la boîte.

« Non, il n'aurait pas du y être, » dit Sylarana, sa voix plus qu'anxieuse. « Cela est arrivé après qu'il ait cessé d'utiliser la boîte. Comment est-il arrivé ici ? Harry ? Harry ! »

Mais Harry ne pouvait pas les entendre. Il était bien plus bas qu'eux, pensa Draco, plongeant toujours plus profondément dans l'obscurité, et s'il n'avait pas déjà trouvé les souvenirs dont il avait besoin, alors peut-être était-il prisonnier du tourbillon des choses à moitié oubliées qu'il avait placées là, tout le ressentiment, les peurs et les jalousies mesquines.

Il regardait Connor être au centre de l'attention, lui-même si calme et réservé que personne ne pensait qu'il voulait de l'attention. Et il n'en voulait pas, supposait-il, mais des fois il en voulait, et le secret que sa mère et lui partageaient n'était plus suffisant. Et il devait arrêter de penser ça, car sinon il pourrait devenir jaloux de son frère, et il pourrait le blesser, et comment pouvait-il laisser faire ça ?

Il regarde James faire voler un cerf-volant avec Connor, et souhaita d'être aussi proche de son père que l'était Connor. Mais James et Connor se ressemblaient plus, et James ne comprenait pas vraiment la passion des livres d'Harry, et pourquoi le devrait-il ? Jamais Lily ou Harry ne lui avaient dit ce qu'ils faisaient. Il n'avait aucune raison de les comprendre. Mais cette envie non raisonnable était quand même là.

Harry leva la tête de l'endroit où il venait de lancer un Accio sans-baguette, et son père le fixait depuis la porte. Harry le regarda, mettant au défi James de répondre d'une quelconque manière, de lui demander ce qu'il venait de se passer, pourquoi il connaissait la magie sans baguette, et pourquoi il le gardait secret. Au lieu de ça, James se retira, ferma la porte et n'en parla jamais. Et Harry vit la peur dans les yeux de son père, et enterra une graine de dédain tout au fond de son esprit, là où elle ne pourrait jamais pousser et devenir un mépris épanoui.

Harry était étendu dans l'herbe devant leur maison, complètement épuisé par toute la magie qu'il avait exercée, et revoyait dans son esprit la liste de toutes les coutumes sang-pures. Pendant ce temps, à peine audible, une voix criait qu'il était fatigué et qu'il voulait aller se coucher. Mais il n'avait pas pu travailler la nuit dernière, car Sirius et Remus étaient venus passer la soirée, et ils avaient fêté l'anniversaire de Sirius. Il devait rattraper le temps perdu. Voldemort allait revenir, et il ne pouvait pas être un enfant.

Il récita ses vœux, encore et encore, et des fois les haïssaient violemment, mais il attrapait et éteignait toujours la haine avant qu'elle n'aille trop loin.

Draco persévéra à travers tous ces souvenirs, bien qu'il suspectait que son corps pleurait, et maintenu fermement ses mains sur la taille de Harry. Puis il sentit Harry s'élever et sortir de la boîte, les souvenirs qui montraient comment ouvrir la Chambre, ancrés dans son cerveau.

Draco les vit brièvement, et hocha la tête. Donc, un lavabo avec un serpent sur le robinet, et lorsqu'un Fourchelangue lui ordonnait de s'ouvrir en Fourchelangue, il s'ouvrait. Une bonne façon de protéger de presque tout le monde, hormis des descendants de Serpentard.

Il préférait penser à ça, car les souvenirs qu'il avait vus le laissaient paralysé et en état de choc. Dès qu'il se sentirait mieux vis a vis de ça il en parlerait à Harry, mais pour le moment…

Il ouvrit les yeux, et se retrouva dans son corps. Sylarana se détachait de sa main. Elle remonta le long de la robe de Harry vers son cou et s'y enroula, fière. Ou de moins c'était l'impression que donnait son sifflement à Draco.

Il aurait aimé comprendre ce qu'elle disait. Il aurait aimé trouver les mots pour nommer les émotions qu'il avait ressenties dans la boîte. « Je suis désolé, » n'était pas suffisant, ni « Harry tu vas bien ? » ce qu'il voulait vraiment dire était : « Ne veux-tu pas jeter un Doloris à tes parents ? » mais il avait le sentiment qu'Harry ne voulait pas entendre ça.

Harry murmura quelque chose en Fourchelangue, les mots sifflés coulant de sa bouche en un courant fluide. Puis il respira un grand coup et ferma les yeux. Draco regarda son masque se remettre en place au-dessus de sa douleur et tout ce que Harry ressentait. Il frotta ses joues, et y sentit des larmes.

« Harry, » murmura-t-il, se disant que c'était un bon début.

Les épaules d'Harry s'abaissèrent, et il répondit sèchement,

« Non. Nous devons aller sauver Connor. Ou du moins je le dois. »

« Je viens toujours avec toi, » lui assura Draco, tapotant sa poche pour s'assurer que le miroir y était toujours et suivit Harry hors de la pièce. « Mais je m'inquiète au sujet de la boîte. Pourquoi des souvenirs qui n'auraient pas dû s'y trouver y étaient ? Comment pourrais-tu utiliser la boîte alors que Sylarana la maintient fermée ? »

« Je pense que la boîte s'est entrouverte lorsque – lorsque c'est arrivé, » dit Harry, sa voix pleine d'émotions que Draco ne pouvait pas nommer. « Et j'ai réussi à y glisser ce souvenir. » Sa voix se raffermit. « C'est ridicule, de toute façon. Je me rappelle maintenant. Remus était sur le point d'accuser ma mère de me maltraiter. » Il renifla dédaigneusement. « C'est fort, tu trouves pas ? »

« C'est la vérité, » dit Draco.

Harry se tourna et le regarda, Draco se tut. Cette colère froide était toujours présente dans les yeux de Harry, et ce besoin désespéré de faire quelque chose, d'aller récupérer Connor, mais il tremblait, à la limite d'une explosion encore plus grande. Cela ne servirait à rien de déclencher cette explosion, sentit Draco. Voir ses propres souvenirs avait bouleversé Harry. Et il avait plongé plus profondément que Draco. Merlin seul savait ce qu'il avait vu.

Draco prit une décision à ce moment-là. Lorsque tout ceci serait fini, lorsque Harry aurait récupéré Connor et pourrait penser à autre chose, alors il traînerait Harry voir quelqu'un qui puisse l'aider, par la force si nécessaire. Professeur Snape serait son premier choix. Puis ses parents. Merlin, il irait chercher le loup-garou d'Harry s'il le fallait.

Personne ne faisait ça à un de ses amis et s'en sortait indemne.

Harry ne sembla pas remarquer la décision de Draco. Peut-être que le silence était tout ce qu'il souhaitait. Il hocha la tête, reprenant un visage impassible. « Merci de ne rien dire à ce sujet, Draco. »

C'est ce que tu penses, pensa Draco, et suivit Harry en direction des toilettes du deuxième étage.

Le temps qu'ils y parviennent, bien évidemment des élèves s'y trouvaient et regardaient, alors que les professeurs essayaient de les faire partir. Harry jeta un sort de Désillusion sur eux deux avant qu'ils ne passent le coin. Draco retroussa son nez à cette sensation non familière, mais il devait admettre que cela marchait. Ils se faufilèrent dans les toilettes sans que personne ne les remarque. Même pas le fantôme de la fille geignante qui sortit d'un cabinet. Draco se sentit légèrement soulagé par ça.

Harry s'avança vers le lavabo de ses souvenirs et se pencha, dirigeant sa bouche juste devant le petit serpent gravé. Il siffla. Draco supposa qu'il sifflait « Ouvre-toi, » vu que le lavabo commença à tourner l'instant d'après. Une lumière blanche brilla un moment, si brillante que Draco ne put s'empêcher de regarder par dessus son épaule en direction du fantôme, et le temps que son regard revienne sur le lavabo, il y avait un tunnel dans le sol.

Draco grimaça, pensant à toute la saleté qui devait s'y trouver.

« Viens, » dit Harry, démontrant un manque de peur Gryffondorien, et sauta dans la canalisation. Draco fit une grimace de résignation et sauta après lui.

La glissade qui suivit, tournoyant, tournant dans plusieurs directions différentes et se battant frénétiquement pour ne perdre ni sa baguette ni le miroir, n'était pas pour Draco quelque chose d'amusant. Il ignora résolument la saleté qui se déposa sur ses robes et son envie de crier comme un premier année. Il finirait par atterrir et tout irait bien, et lorsque tout, y compris la partie où il devait aider Harry, serait fini, il forcerait Harry à lui payer de nouvelles robes.

Harry disparut abruptement devant lui. Draco essaya de se préparer, mais il ne trouva rien où se tenir.

Il se fit éjecter à la fin du tuyau, et aurait touché violemment le sol si Harry n'avait pas crié « Wingardium Leviosa ! », le rattrapant. Draco flotta gentiment jusqu'au sol, tapota sa poche pour s'assurer que le miroir était toujours intact, et fit un signe de tête à Harry. La baguette d'Harry s'illumina d'un Lumos, mais elle n'éclaira pas vraiment son visage ; à la place cela lui donnait un air à moitié fou. Harry fit un signe de tête à Draco, et commença à avancer, les yeux posés sur le sol devant eux. Draco déglutit alors qu'il entendait le craquement de quelque chose qui sonnait comme un os sous les pieds d'Harry.

Mais il était arrivé jusqu'ici, et même s'il avait peur, il n'allait pas faire demi-tour et laisser Harry seul pour autant. Il le suivit.

Harry marcha parmi les ossements éparpillés comme s'il voyait ce genre de choses tous les jours, et d'après ce que savait Draco de sa vie chez lui, peut-être était-ce vrai – ou pire. Draco lui-même grimaça et garda ses distances avec les ossements, malgré le fait que ses yeux insistaient pour les identifier. Rat, souris, chauve-souris…

Puis il poussa un petit cri alors qu'ils tombèrent sur une énorme peau de serpent, roulée encore et encore comme une toile d'araignée.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » murmura-t-il.

« Nous affrontons un Basilic, » répondit Harry.

Draco le regarda, et le trouva avec la tête en arrière, étudiant la peau de serpent comme si elle était un ingrédient de Potions attendant d'être découpée selon les instructions. Harry se tourna brièvement pour regarder Draco, et ce dernier déglutit. Harry était redevenu froid. En fait, maintenant qu'il savait quoi chercher, il remarqua les petites bouffées de gel qui émanaient d'Harry alors qu'il avançait.

Draco ne savait vraiment pas comment Harry pouvait faire ça, plonger si profondément dans la furie glaçante contre Tom Jedusor après qu'il ait vu les souvenirs de ses parents et ce qu'ils lui avaient fait, mais il ne pouvait pas demander. Ils étaient à l'aube de la bataille maintenant.

Draco n'était pas sûr de ce qu'il pensait de ça. Il acceptait, de façon vague, qu'il devrait faire la Guerre un jour, lorsque et si le Seigneur des Ténèbres revenait. Mais il était là, seulement douze ans – enfin, presque treize – et sur le point de pénétrer une pièce où il savait qu'il devrait combattre un Basilic, et peut-être le frère possédé de Harry.

Plus encore, il combattait le Seigneur des Ténèbres. Ou du moins une version de lui.

Draco supposa qu'il savait dans quel camp il se trouvait. C'était presque réconfortant. Il redressa les épaules et se remit à suivre Harry, de façon plus confiante qu'auparavant.

Il trouva Harry se tenant devant une paire d'énormes serpents en pierre, les regardant. Leurs yeux brillaient à la lumière du Lumos, et Draco ressentit un frisson bizarre dans son ventre lorsqu'il réalisa que c'était des émeraudes, aussi vertes que les yeux du Locusta.

Aussi vertes que les yeux d'Harry.

Harry le regarda, le visage solennel.

« Dernière chance de faire demi tour, Draco. »

Draco se raidit.

« Tu m'insultes rien que d'y penser. »

Harry sourit de façon crispée.

« Tu as raison, je suis désolé. »

Il refit face aux serpents et siffla à nouveau. Draco souhaita, dans un moment de pure jalousie qu'il utilisa pour penser a autre chose qu'à ses mains moites et à son cœur battant à tout rompre, qu'il puisse comprendre ce que disait Harry.

Le mur grogna et s'ouvrit en craquant, en une forme dentelée qui lui faisait penser à la cicatrice de Harry, les serpents disparaissant de leurs vues. Draco s'avança légèrement de manière à se placer à côté d'Harry, et ils marchèrent vers ce qui les attendait.

À suivre