Bonjour les gens !

Tout d'abord, comme souvent avec moi, je vous prie de m'excuser pour le délai de réponse. J'ai bien quelques petits soucis de santé, mais rien qui justifie un tel temps d'attente. Merci donc aux lecteurs patients qui m'envoient des messages d'encouragements sur Facebook, ou ceux d'entre vous qui ont laissé des commentaires malgré de longs mois d'absence. Rassurez-vous : je n'abandonne rien.

Pour la suite, ce chapitre permet d'apprendre à connaître un peu mieux certains personnages arrivés avec les derniers chapitres. D'autres arrivent aussi ici, mais je n'en dis pas plus pour vous laisser dans le flou pour l'instant ! Héhé.

Nanarusasu, en vacances chez moi depuis plus d'une semaine, n'est évidemment pas étrangère au processus de motivation servant à vous pondre aujourd'hui ce chapitre. Mais elle a été raisonnable. Même en me relisant, elle ne m'a pas tapé (ou pas trop souvent). Par contre, elle a remotivé mon copain à relire aussi (et finir la lecture de ce qui était posté, puisqu'il s'était arrêté au chapitre 20), et ils m'accompagnent tous les deux dans mon émission de télé de fin de chapitre ! Héhé.

Sur ce, je crois avoir répondu à toutes les reviews, donc si ce n'est pas le cas avec la vôtre, faites-le moi savoir ! Et maintenant, je vous laisse avec le chapitre 29. Bonne lecture !

Disclaimer :

La plupart des personnages sont à M. Kishimoto, mais j'y ai mêlé de mon imagination, surtout pour les personnages secondaires. L'histoire se déroule en France, par soucis de maniaquerie. Ainsi, au moins, je suis sûr de connaître le système scolaire.


Chapitre 29 :

Sports d'hiver.

Samedi 18 janvier

Sa sempiternelle tasse de café dans les mains, ma sœur m'observe, appuyée contre le cadre de ma porte, tandis que je m'affaire dans tous les sens.

- Tu as bientôt fini de gesticuler ? me chambre-t-elle.

Trop occupé, je grogne une réponse. Il est six heures du matin, et je dois absolument finir de préparer mes affaires. Chahuter avec ma sœur n'est absolument pas la première des priorités. Heureusement que le sac prêté par Suigetsu est déjà prêt, puisque ça me laisse seulement le sac de voyages à prendre en compte. Je fais une rapide liste des objets à ne pas oublier, et les coche mentalement au fur et à mesure.

Brosse à dents et dentifrice ? Check. Serviette de bain ? Check. Pyjama ? … Je plonge une main dans mon placard et attrape un vieux pyjama que je ne mets jamais. Habituellement, je préfère dormir en caleçon, mais disons que dormir avec deux amis change un peu la donne. Bien. Check !

- N'oublie pas tes encas pour tenir la journée, ajoute ma sœur. Ils sont sur ton bureau.

Sans répondre, j'écoute ses conseils et enfourne quelques barres de céréales dans la poche avant de mon sac. Puis je m'arrête, balaye la pièce du regard, et me tourne vers ma sœur.

- Je crois que c'est enfin bon, dis-je. Tu es prête ?

- Bien sûr ! Je n'attendais que toi. On y va dès que tu es paré.

- Alors c'est parti ! lancé-je en mettant un sac sur mon dos.

Le temps de vider d'un trait sa tasse de café puis de la déposer dans le lavabo, et Hana enfourne une veste et ouvre la porte de l'appartement. Je la suis, mes deux sacs avec moi, sans réussir à retenir un énorme bâillement.

Non, sérieusement, se lever si tôt, ça ne devrait même pas être autorisé par la loi, c'est criminel.

Devant l'école, je remercie Hana de m'avoir accompagné.

- De rien, me lance-t-elle. Profite bien de ton week-end. On se revoit demain !

Avec un sourire, je regarde sa voiture s'éloigner. Puis je me tourne, et parcours le parking à la recherche de mes amis. Ce faisant, je croise Naruto, qui semble mal à l'aise de me voir. Je ne m'en formalise plus depuis un moment, et continue mon chemin. Rapidement, grâce à sa tignasse rousse, je repère Yahiko, et me dirige vers mes deux amis. Au long bâillement de Suigetsu, je devine d'ailleurs que je ne suis pas le seul à maudire mon réveil le matin. Yahiko, lui, me salut lorsque j'arrive, souriant.

- Je me demandais lequel de vous deux aurait le plus l'air d'une épave ce matin, mais je pense que je vais avoir du mal à vous départager, se moque-t-il d'emblée.

Devinant que je ne dois pas avoir la tête du mec bien réveillé, je n'ai même pas la force de le contredire et ne fait que grogner ma réprobation.

- C'est toi qui n'est pas normal, lancé-je. Tu es beaucoup trop enthousiaste pour quelqu'un levé avant sept heures du matin.

À ma remarque, il rit.

- J'ai l'habitude, explique-t-il. Parfois, je bosse le week-end dans une vidéothèque pour mettre un peu d'argent de côté. Et je commence tôt.

- Une vidéothèque ? Mais ça existe encore, ça ?

Devant ma surprise, Yahiko hausse les épaules.

- Oh, le proprio est un ami de ma mère, et il est sympa. C'est un vrai passionné, il a même une petite salle de cinéma à l'arrière. Il fait payer des projections, et ça attire les clients. Parce que c'est une véritable encyclopédie dans le domaine et il organise des débats avant ou après. Il a toujours une anecdote sur les conditions de création d'une œuvre, ou autre. C'est chouette, vraiment.

- Wow, fais-je, impressionné. C'est cool. Faudra me dire où tu bosses, ça intéresserait peut-être ma sœur.

- Pas de problème. Tu pourras passer avec elle, aussi. Asuma se plaint tout le temps que je n'ai pas assez d'amis, ça lui fera plaisir d'en voir un nouveau.

Il rit, pour se moquer de sa situation. Je n'ai toutefois pas le temps de répondre qu'un enseignant passe le portail et nous appelle. Peu réveillé, je ne l'avais pas remarqué, mais c'est en m'approchant que je reconnais Iruka.

- C'est moi qui vais m'occuper de gérer votre groupe, puisque votre classe ne forme qu'un petit groupe, déclare-t-il lorsque Suigetsu, Yahiko, Naruto, un certain Shino, et moi-même l'avons rejoint. Si vous avez un souci, n'hésitez pas à me faire appeler.

En chœur, nous acquiesçons avec le manque d'enthousiasme propre aux lycéens réveillés à six heures du matin. Enfin, sauf pour Yahiko, qui semble toujours en forme.

En attendant les bus, on nous demande de ne pas nous éloigner pour faciliter l'appel avant le départ. La situation avec Naruto étant ce qu'elle est, nous nous séparons malgré tout en deux petits groupes. Notre cher délégué semble être plus mal à l'aise que moi, et pour être honnête, ça me ferait presque plaisir. C'est moche, je sais, mais je n'ai rien à me reprocher, alors je ne vois pas pourquoi je devrais le vivre mal. Et puis je me suis déjà assez pris la tête avec mon homosexualité, je préfère passer à autre chose.

Shino, en revanche, semble à l'aise, même avec moi. Il m'a salué tout à l'heure, et il a l'air sympa. Je n'ai jamais vraiment discuté avec lui, mais j'ai remarqué qu'il ne quittait jamais ses lunettes de soleil et était un jeune homme assez posé, discret. Je me rappelle que Naruto m'a déjà prévenu que personne ne voyait jamais ses yeux, mais j'ai pensé à l'époque que c'était une exagération. Avec le temps, je finis par me dire que ce n'est peut-être que la stricte vérité. Enfin, au moins, Naruto a trouvé un collègue pour passer le week-end.

… Bon, d'accord. Je le reconnais. Je dis que je passe outre cette histoire avec Naruto, mais je n'arrête pas de parler de lui. Clairement, je ne suis pas si tranquille que ça avec tout ce foutoir, et j'ai encore un peu de mal à avaler la pilule. Cela dit, il n'y a rien que je puisse y faire. En plus, Suigetsu et Yahiko ne me jugent pas, je ne suis pas l'homme le plus malchanceux au monde. Disons juste que je rumine.

Les bus ne tardent pas. Après avoir rangé nos affaires dans le compartiment prévu à cet effet, mes amis et moi pénétrons dans le véhicule et choisissons des places dans le fond. Suigetsu s'installe à côté de Yahiko, et je me retrouve sur les sièges devant eux, sans voisin. J'en profite pour prendre mes aises et m'étaler confortablement après avoir enlevé mes chaussures. Avec curiosité, j'observe les autres élèves qui grimpent dans le bus. Personne ne retient spécialement mon attention, mais je constate que les autres classes ont eu plus de volontaires que nous, comme le laissait deviner le commentaire d'Iruka. Puis, le temps de faire l'appel pour être sûr que personne ne manque, et les bus partent.

Le voyage est calme. Enfin, je suppose. En tout cas, pendant les cinq minutes que j'ai passées réveillé, il l'était. Je crois que tout un chacun aurait apprécié quelques heures de sommeil en plus, et nous profitons tous du voyage pour combler ce manque. Enfin, presque tous. Ceux, comme Yahiko, qui ont plus ou moins l'habitude de se lever tôt le week-end, s'occupent calmement en bouquinant, ou encore en écoutant de la musique.

Ce qui me sort de mon sommeil en sursaut, c'est le coup de klaxon d'un conducteur mal luné. Me frottant les yeux en baillant, je grommèle quelque chose à l'encontre dudit conducteur qui aurait dû ressembler à « Sale type » mais s'apparente plutôt à un grognement contrarié. Maintenant trop réveillé pour essayer de dormir plus longtemps, je me redresse et constate que le décor à l'extérieur a bien changé. Nous sommes sur une petite route de montagne, et la neige recouvre le paysage dans son entièreté. Les arbres, le sol, les maisons, et tout le reste. Comme un gosse, toute cette poudreuse me met de bonne humeur. En ville, Hana et moi n'avons pas souvent le loisir d'en voir, et ça a toujours été associé à des choses positives dans ma tête.

Brièvement, j'étire mes membres engourdis, puis me tourne vers mes amis, derrière moi. Yahiko écoute de la musique en regardant dehors, mais sourit en apercevant ma tête entre les deux fauteuils devant lui.

- Réveillée, la belle au bois dormant ? se moque-t-il en enlevant un écouteur de ses oreilles.

Ma réponse ne se fait pas attendre.

- Tu parles de moi, mais ce n'est pas moi qui dors sur ton épaule, la bouche ouverte, en ronflant.

Ma remarque le fait rire de plus belle.

- Suigetsu est un sans-gêne, ce n'est pas nouveau !

J'acquiesce, conscient que la subtilité n'est en effet pas le point fort de Suigetsu. D'ailleurs, celui-ci ne fait que renforcer notre discours en laissant échapper un gros ronflement plus bruyant encore que les autres.

- Iruka a rangé ses affaires il y a cinq minutes, reprend mon ami pour changer de discussion. On ne doit plus être loin. Tu n'angoisses pas trop à l'idée de monter sur des skis ? plaisante-t-il avec un sourire en coin.

- Oh, tu sais, réponds-je en ignorant son amusement, j'ai appris à faire du roller il y a quelques mois, et vu le nombre de chutes, ça ne pourrait pas être bien pire !

En reparler me ramène là-bas et un sourire étire mes lèvres. C'était un anniversaire comme on les aime, hein ? Je n'arrive pas à me souvenir de quelque chose de négatif. J'ai même pu revoir Gaara le jour d'après à cause de mon téléphone. J'ai visité sa chambre pour la première fois ce jour-là.

Réalisant soudain que Yahiko m'observe avec un air amusé, je reviens sur terre et baisse la tête, gêné.

- Je ne sais pas à quoi tu pensais, mais ça avait l'air chouette, dit-il. Laisse-moi deviner. Tu pensais encore à un truc de pervers, c'est ça ?

Il se moque clairement, je le sais. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de me défendre, probablement un peu trop vite pour paraître innocent.

- Pas du tout ! Je me rappelais juste de l'anniversaire d'un ami. C'est à cette occasion qu'on m'a mis des rollers aux pieds pour la première fois.

- Un « ami », hein ?

Je ne sais pas s'il tente au hasard, s'il est juste très perspicace, ou si mon sourire en disait plus que ça, mais cette fois, je fourrage une main dans mes cheveux, gêné.

- Oui, un ami. Mauvaise langue ! dis-je pour essayer de me donner bonne contenance.

Devant mes tentatives désespérées, il ricane.

- Tu te moques de lui parce qu'il court à chaque fois que je le taquine, mais Suigetsu n'a rien à t'envier, Kiba !

Tout en me prenant au jeu, j'allais rétorquer quelque chose de mon cru quand Iruka se lève et tape dans ses mains pour attirer l'attention de tout le monde – et probablement essayer d'en réveiller quelques-uns, avec un succès très mitigé – et prend la parole.

- Nous arrivons dans deux minutes, explique-t-il. Rangez vos affaires, sortez un peu du brouillard dans lequel vous êtes, et préparez-vous à descendre.

Oubliant ma querelle avec Yahiko, je me retourne. Cela dit, je n'avais rien fait d'autre que dormir pendant le voyage, donc je n'ai rien à ranger et concentre mon attention sur la neige à l'extérieur, un petit pincement au ventre.

… Bon, d'accord. J'avoue. L'idée de dévaler une piste à toute vitesse ne me met pas spécialement à l'aise, mais Yahiko peut aller se faire cuire un œuf, je ne vais pas lui faire le plaisir de le reconnaître à haute voix.

Vingt minutes plus tard, nos affaires sur le dos, les élèves de ma classe et moi-même suivons Iruka à travers l'hôtel réservé par l'école. Peu habitué à visiter ce genre d'édifices pourtant très conventionnel, je n'en manque pas une miette. Le matériau principal utilisé pour le bâtiment est le bois, et une odeur de pin nous accueille dans chaque pièce. Ça me change vraiment de la ville. Je trouve ça génial. Je ne sais pas si on peut parler de chalet en voyant la taille de l'endroit, mais c'est probablement le premier mot qui me viendrait si on me demandait une description concise.

Au bout d'un couloir, Iruka désigne une porte comme étant celle de Naruto et Shino, tandis qu'il nous pointe du doigt celle juste à côté. Suigetsu et Yahiko passent devant. Apparemment habitués à venir ici, ils posent leurs sacs dans un coin tandis que j'observe notre nouvel environnement. La pièce est tout ce qu'il y a de plus classique pour une chambre d'hôtel. Enfin, cette fois encore, je suppose. Ce n'est pas comme si j'avais l'habitude. Un petit couloir à l'entrée ouvre sur la pièce principale, éclairée par une grande fenêtre de style baie vitrée, tandis que les deux portes à gauche de l'entrée doivent très sûrement être les toilettes et la salle de bain. Comme dans le couloir, le sol est en moquette et je n'ai qu'une envie : enlever mes chaussures pour essayer d'y marcher pieds nus. Cela dit, notre emploi du temps est assez chargé, et c'est avec un grand soupir intérieur que je remets à plus tard mes plans de hippie.

Décidant que ledit emploi du temps finira d'ailleurs par me rattraper si je ne me dépêche pas, je m'avance dans la salle et remarque qu'elle contient deux lits, l'un de deux places, l'autre d'une seule.

- Je prends le lit une place, annoncé-je en posant mes sacs avec ceux de mes colocataires d'une nuit.

Ma remarque interpelle Suigetsu qui se tourne vers moi.

- Ah bon ? demande-t-il, surpris. Oh, je sais. Tu as peur de succomber à mon charme si tu dors trop près de moi, c'est ça ?

Fidèle à lui-même, Suigetsu affiche un grand sourire qui trouve son reflet sur mon visage. Yahiko, lui, lève les yeux au ciel.

- S'il y avait quelque chose qui me ferait changer d'avis, ce serait plutôt les cours de sport, quand tu te désapes pour te changer, pendant que j'en profite pour me rincer l'œil.

- Et dire que je t'ai incité à passer le week-end avec nous. Je vais devoir dormir en pull si je ne veux pas que tu me reluques !

Bon, ce n'est qu'une moitié de mensonge. Clairement, j'ai quelques images en tête de Suigetsu torse nu qui donneraient de quoi alimenter un ou deux rêves, mais en vrai, je préfère éviter de reluquer mes amis, ou même qui que ce soit. Maintenant que je suis bien sorti du placard à l'école, je ne suis pas sûr qu'on apprécierait que je me laisse aller à mater les beaux mecs de la classe. Parce qu'en plus, ces saligauds le font exprès, et j'ai l'impression d'aller à l'école avec une équipe de dieux grecques. Même Yahiko, plus modeste que notre ami commun, a de quoi autoriser quelques écarts. Je peux vous le dire, ce n'est pas facile d'être entouré par des beaux mecs quand on est un jeune gay en pleine période hormonale !

Avant de laisser mon imagination m'emmener un peu plus loin que je ne le voudrais, je décide de donner une réponse à mon interlocuteur, sous le regard amusé de Yahiko.

- Tu voudrais bien, hein ? Non, en vrai, c'est que dormir avec moi, c'est un enfer. Je bouge toute la nuit et je m'enroule en boule dans la couette, donc je ne suis pas sûr que ça te plairait des masses. Sans parler du fait que je dors presque à poil.

Mes explications les font rire tous les deux, mais ils n'ajoutent rien. De toute manière, nous n'en avons pas le temps, car Iruka repasse la tête par l'embrasure de la porte pour nous demander de faire vite. Revigoré par ma sieste dans le bus, c'est donc avec entrain et rapidité que je réunis tout ce dont j'ai besoin. Puis, c'est ensemble que mes amis et moi repartons dans l'autre sens, dans la joie et la bonne humeur, comme on le dit.

[...]

Parfois, dans ma vie, je me retrouve dans des situations où je me dis « Mais qu'est-ce que je fais là, déjà ? ». Je repense alors à tous les embranchements que j'ai empruntés, ou toutes les décisions que j'ai pu prendre qui m'ont amené où je suis. Bons ou mauvais, tout dépend des fois, mais mon cerveau me hurle que, à un moment ou un autre, j'ai vraiment raté des signes évidents qui auraient dû me faire tourner à gauche à l'embranchement où j'ai pris à droite. Enfin bref. Tout ça pour dire que dans notre cas, aujourd'hui, c'est on ne peut plus vrai. Donc… qu'est-ce que je fais là, déjà ?

Je suis encore sur le télésiège, avec un jeune homme à la peau bronzée qui n'a pas l'air d'en mener plus large que moi. Lui comme moi sommes livides, et nous ne parlons pas. Non, pour l'instant, nous nous concentrons surtout pour éviter de regarder en bas. Soit dit en passant : les télésièges ont vraiment besoin d'être aussi haut ? Vous pensez sincèrement qu'être cinq mètres moins haut, ça rendrait le truc moins efficace ?

C'est donc avec un mélange de soulagement et de panique totale que j'aperçois enfin la zone d'arrivée. Mes deux skis aux pieds, j'essaye de me rappeler les conseils du moniteur, mais aussi de me convaincre que son « vous verrez, c'est simple » n'était pas juste un mensonge éhonté pour essayer de nous détendre.

- Allez, ça ne peut pas être si compliqué que ça, fais-je plus pour moi que mon voisin.

Avec appréhension, je regarde le couple sur le siège précédent descendre sans encombre, et attends patiemment mon tour. Jusqu'à ce que… et bien c'est tout, en fait. Surpris de voir à quel point c'était vraiment simple – et donc que le moniteur ne ment pas comme un arracheur de dents – je cligne des yeux, et regarde mon voisin, dont le visage sidéré doit être un parfait reflet du mien. Un sourire collé au visage, je ris de moi pour avoir fait dans le mélodramatique comme j'ai pu le faire. Ma sœur serait là, elle me redemanderait si ce n'est pas un truc de gay de faire dans le dramatique. Puis soudain, mes yeux tombent sur la piste que je vais devoir descendre sous peu, et mon sourire fond plus vite que neige au soleil.

- Oh, merde, laché-je sans y penser.

On vient seulement de faire la partie facile. Traumatisé par le télésiège, je n'avais pas pensé à l'après. Le jeune homme avec moi prend conscience des choses plus ou moins en même temps que moi, et je me tourne vers lui, un sourire crispé collé au visage.

- On n'a pas trop réfléchi à dans quoi on se lançait, hein ?

- Je leur avais dit que j'avais le vertige, confirme-t-il. En plus, elles m'ont lâchement abandonné au dernier moment.

- Oh, j'ai failli faire pareil, avoué-je dans la foulée. L'ami avec lequel je devais dormir et moi sommes en froid, alors c'est juste un coup de bol si je suis là. D'autres ont eu pitié de moi, dis-je en me moquant de moi-même, sur un ton léger.

Il me sort un petit sourire en coin, mais sans me regarder – la piste devant lui accaparant toute son attention.

- Merci d'être venu, je suppose, alors ?

- Kiba, me présenté-je. À ton service, ou presque. Si tu tombes, tu te débrouilles pour te relever.

Cette fois, il rit plus franchement.

- Omoï, dit-il en se tournant vers moi. Je retiens : si je n'ai besoin de rien, je peux te demander.

Je devine à son ton et son visage rieur qu'il ne fait qu'emprunter la direction que j'ai lancée, et j'éclate d'un rire bref. Les introductions s'arrêtent toutefois là quand notre moniteur, arrivé avec le siège suivant le nôtre, s'approche.

- Allez, les newbies, on se lance ! Venez par-là, on va emprunter une piste plus simple pour commencer.

Je ne retiens pas le long soupir de soulagement en comprenant qu'on ne me jettera pas sur la piste qui avait attiré notre attention en premier. Omoï est plus discret, mais au vu de la vitesse à laquelle il décampe, il ne doit pas être mécontent non plus. D'ailleurs, loin de moi l'idée de nier le fait que je suis content de ne pas être le seul débutant. Quitte à me taper l'affiche, je préfère partager le rôle. Et oui, je suis comme ça, moi. Je suis convivial, je partage !

[...]

Puisqu'aujourd'hui, je me pose beaucoup de questions existentielles, je vais en profiter pour en ajouter une autre à la liste : pourquoi diable les êtres humains se sentent obligés de coller des roues, des patins, ou des skis sous leurs pieds ? Marcher, c'est bien, non ? Enfin, je suppose que j'exagère un peu, parce qu'en vrai, je m'amuse bien. Le moniteur est patient, et être deux est plus sympa. On apprend plus vite en voyant l'autre faire des erreurs qu'on n'avait pas remarqué faire. Oui, je suis aussi très philosophe, depuis que je suis monté sur le télésiège. Mettez ça sur le compte d'une expérience de mort imminente, peut-être ? Ou alors, je suis juste une drama-queen. Dans tous les cas, il va falloir faire avec.

- On va faire une pause ici, déclare le moniteur en pointant du doigt un refuge à quelques mètres de là. Profitez-en pour vous réchauffer un peu, avaler un petit quelque chose, et on se retrouve dans une heure.

Malgré tout content de retirer mes skis, je n'attends pas plus longtemps pour m'exécuter. Le moniteur a déjà passé la porte lorsqu'Omoï et moi prenons nos affaires pour les déposer dans un casier réservé à cet effet. Je vois alors mon camarade d'infortune fouiller dans ses poches pour sortir une sucette et la fourrer directement dans sa bouche.

- Tu avais besoin de sucre ? dis-je pour lancer la conversation.

- J'adore ces trucs, avoue-t-il tandis que nous avançons à notre tour vers le refuge.

- Tu n'aurais pas dû la garder pour le dessert ?

- Oh, ne t'inquiète pas. J'en ai assez pour en prendre une autre plus tard.

Je ne dis rien, mais sa remarque me fait sourire. Chacun ses petits plaisirs coupables, comme on dit.

À l'intérieur du bâtiment, qui ressemble en réalité à un chalet réaménagé en restaurant convivial. Les clients parlent forts, rient, et trinquent dans la bonne humeur en avalant de la bonne cuisine de la région, dont l'odeur me fait déjà saliver. Tout est en bois, et les tables sont très proches les unes des autres, pour renforcer l'idée de convivialité. À l'aise dans ce genre d'endroits où mon excentricité est parfois un atout, je prends les devant et m'approche de l'accueil. Je demande une table pour deux et on nous mène, Omoï et moi, vers l'une des tables restantes, qui se trouve être dans un coin de la pièce. Nos nouveaux voisins nous saluent dès que nous arrivons.

- Je vous conseille le plat du jour, les jeunes ! nous interpelle un homme d'âge moyen, le nez rouge d'avoir bu un peu trop de vin. Cette tartiflette est à tomber !

- Parfait ! m'exclamé-je en m'asseyant. J'avais bien besoin d'un bon truc bien gras, là, tout de suite.

L'homme rit fort de ma remarque, lève sa choppe dans ma direction, et avale une gorgée. Il se tourne ensuite vers ses amis, pendant qu'Omoï et moi nous installons tranquillement. Je note au passage que mon nouvel ami n'est pas forcément très à l'aise ici, contrairement à moi. Pourtant, j'avais pensé au vu des premiers mots échangés entre nous qu'il était assez sociable. Peut-être est-ce juste l'expérience de mort imminente qui nous a rapprochés ? Je souris de ma propre bêtise pendant l'espace d'un instant et laisse mes muscles malmenés par les exercices et les chutes de la matinée se détendre en poussant un soupir d'aise.

- Tu es à l'école aussi, du coup ? lui demandé-je. Ne le prends pas mal, mais je ne t'avais jamais vu.

- Oh, je suis assez discret, confie-t-il. Mais je sais qu'on s'est déjà croisés. Ne le prends pas mal non plus, mais on te repère facilement dans la foule.

Il a encore ce petit sourire en coin qui me fait comprendre qu'il se moque gentiment. Je ne m'en formalise pas. Surtout que je sais que des rumeurs plus ou moins vraies doivent circuler depuis ma dispute avec Neji.

- Je suis tristement célèbre, je sais, fais-je sur un ton théâtral. Tu suis quelle formation, au fait ?

- Je suis en classe européenne et je suis des cours d'économie.

- Donc tout en anglais ? suis-je surpris. Je suis admiratif. Je fais déjà de mon mieux pour suivre les cours d'anglais classiques, alors je ne pourrais pas faire comme toi.

- Pas tout non plus, tempère-t-il en minimisant le compliment, mais j'ai toujours été à l'aise avec les langues étrangères, donc autant essayer de mettre ça à profit si je le peux.

- Logique, dis-je.

Commençant à avoir chaud, j'enlève l'écharpe et le bonnet que je gardais encore. Imitant mon geste, il retire son bonnet, et c'est une surprise pour moi de le voir sans.

- Tu as les cheveux blancs ? commenté-je. Et tu dis que tu passes inaperçu ? Comment c'est possible d'avoir la peau sombre et les cheveux blancs ?

Oui, je l'avais déjà dit, mais mon camarade de ski a un profil assez atypique. Il semble très typé, avec une peau bien sombre et un nez plat. Les yeux un peu bridés également, il semble être le résultat d'un sacré mélange culturel. Un mélange qui, d'ailleurs, n'est pas si désagréable à l'œil. Cela dit, ses cheveux blancs, c'est vraiment la surprise à laquelle je ne m'attendais pas. Ma curiosité étant sincère, je le vois s'aplatir un peu sur sa chaise devant mon intérêt.

- La preuve en est que tu ne te souviens pas m'avoir vu, répond-t-il en essayant de détourner la conversation.

- Point accordé, je suppose. Mais tu pourrais quand même rejoindre mon club des gens bizarres, dis-je en riant.

- Je ne suis pas sûr que ce soit un compliment, mais je vais faire comme si, et dire merci, tente-t-il, pas certain de savoir sur quel pied danser.

- Oh, ce n'est pas une critique négative, en tout cas. J'ai simplement remarqué que j'ai tendance à attirer les gens au physique atypique. Une amie à moi a les cheveux roses, son copain a lui les yeux en cercles concentriques et les cheveux rouges. Suigetsu a les dents pointus, les cheveux gris, et les yeux violets. J'ai les yeux en fente et des canines assez longues. Oh, et un dernier a les cheveux d'un roux rouge difficile à décrire, des tatouages noirs qui font le tour de ses yeux, et un dernier tatouage sur le front.

Repenser à Gaara me met un petit coup de blues, mais je me reprends vite et essaye de revenir dans la discussion. Je n'avais simplement pas parlé de lui depuis un moment, donc j'avais un peu mis le sujet entre parenthèses. Cela dit, comme les autres, il me manque, et je préfère ne pas y penser plus que nécessaire.

- Enfin bref, enchainé-je. Tout ça pour dire que ce n'est pas un reproche.

Il hoche la tête et s'apprête à dire quelque chose quand un serveur vient se poster à côté de notre table pour prendre notre commande. Le sujet clos, nous passons donc à autre chose.

La suite du repas, nous la passons à discuter de tout et de rien. Omoï est de compagnie agréable, et je n'ai pas vu la pause passer. J'ai appris qu'il avait deux amies qui auraient dû venir avec nous, mais qu'elles ont annulé au dernier moment parce qu'elles avaient des obligations de leur côté. Je n'ai pas demandé lesquelles, mais je sais que je n'aurais pas fait le voyage si j'avais été à sa place, dans le cas où Suigetsu ne m'aurait pas invité. Malgré tout, j'avoue être content qu'il soit là, puisque ça m'a permis de rencontrer une nouvelle tête, mais aussi de ne pas être le seul du groupe des débutants. Un moniteur personnel, ça aurait peut-être fait un peu trop pour moi.

J'ai également suivi le conseil de mon voisin de table, mais je ne sais pas si une tartiflette, après réflexion, ne sera pas de trop une fois de nouveau sur mes skis. Digérer a plutôt tendance à m'endormir qu'à me motiver à bouger mon corps, mais soit, c'est trop tard. Et puis il faut avouer : c'était fichtrement bon. En plus, je voulais l'expérience voyage à la montagne complète, pas la moitié seulement !

[...]

Aïe aïe aïe ! Nous ne sommes de retour à l'hôtel que depuis une grosse heure seulement, mais je commence déjà à avoir des courbatures et des crampes de partout. Surtout au niveau des jambes, d'ailleurs. Ma première journée passée crispée sur des skis n'aura clairement pas aidé, mais dans l'ensemble, je suis plutôt content. Même en prenant les courbatures en compte, le bilan de la journée est positif. Je suis content d'avoir rencontré Omoï, et je suis fier de mes progrès en ski. De plus, Suigetsu et Yahiko ont l'air d'avoir passé une journée super sympa aussi, et nous échangeons sur nos impressions depuis que nous sommes rentrés.

- Yaouch ! m'exclamé-je en me levant du fauteuil dans notre chambre. J'ai déjà de vilaines courbatures, alors je n'ose même pas imaginer ce que ça va donner demain.

- Ah, j'ai une solution pour ça, m'informe Suigetsu. Les élèves n'y vont pour ainsi dire jamais, mais il y a une source chaude, en bas. C'est super bon pour les courbatures et la fatigue de manière générale. Yahiko et moi y allons tous les ans. Ça te tente de venir ?

Revenu avec le verre d'eau qui m'avait fait me lever, je hausse un sourcil, curieux et surpris d'apprendre pour la source.

- Il ne faut pas avoir un maillot ? demandé-je.

- Un boxer suffit, me répond-t-il. J'allais y aller. Si c'est comme d'habitude, il n'y aura personne, de toute manière.

Ce dernier argument me convainquant, je me rappelle également que j'avais décidé de profiter de l'expérience voyage à la montagne dans son intégralité, donc j'accepte la proposition.

- Okay. Je prends ce qu'il me faut dans mon sac, et je suis prêt.

- Cool, poursuit-il en se levant d'un bond. Je vais chercher les miennes. Tu viens aussi, Yahiko ?

L'intéressé n'a pas l'air complètement convaincu, mais finit par hocher la tête et se lever à son tour.

Suigetsu a raison : depuis que nous sommes arrivés, nous n'avons croisé absolument personne. Tant mieux, dans un sens. Je n'ai pas très envie d'être entouré par une armée de mecs en petites tenues, surtout les élèves de l'école, qui me connaissent pour la plupart au moins de nom. Avec le recul, je suis même gêné de retrouver mes deux amis. Pourtant, je n'ai jamais eu de souci à la piscine, mais savoir que je suis gay, ça me gêne plus pour le regard des autres que je ne l'aurais pensé au premier abord. Malgré tout, prêt, je sors de la cabine où je me suis changé, une serviette sur l'épaule et un boxer comme seule tenue. Je pense être le premier sorti lorsque j'arrive au niveau des bains, mais Suigetsu m'interpelle depuis le coin de la pièce où il a posé sa serviette. Il s'avance vers moi, tout sourire, et… je tourne la tête, par réflexe, dans la direction opposée, le rouge me montant aux joues et un coup de chaud commençant à me réchauffer les oreilles.

- Tu… Tu n'aurais pas oublié un truc, Suigetsu ? dis-je, pris de court.

En effet, mon ami se promène complètement nu, et j'ai déjà beaucoup de mal à effacer de ma tête l'image de son sexe se balançant entre ses jambes lorsqu'il s'approche de moi. Arrivé à mon niveau, il me met un gentil coup de coude dans les côtes en ricanant, mais je refuse obstinément de le regarder à nouveau, tentant de faire de mon mieux pour que mon corps ne réagisse pas à la vue du sien.

- Oh, quand on est seuls, on vient toujours à poil, m'explique-t-il, le ton rieur. Les asiatiques le font tout le temps, et c'est quand même vachement plus agréable.

Je déglutis, l'image de son corps nu refusant catégoriquement de s'effacer de mes rétines.

- Et tu ne t'es pas dit que le fait que je sois gay puisse être bizarre ? fais-je remarquer, la voix éraillée et un peu plus aigüe qu'habituellement.

- Barf, répond-t-il sur un ton léger. Le pire qui puisse arriver, c'est que tu finisses un peu à l'étroit dans ton boxer, mais je le prendrais comme un compliment, promis.

J'entends un gros plouf dans l'eau et devine qu'il a sauté dans le bain. Malgré tout, je préfère continuer à regarder dans la direction opposée, la chaleur de mes oreilles s'étant répandue à mon visage tout entier. Ce faisant, j'entends Yahiko avant de le voir, et panique en réalisant qu'il est probablement dans la même tenue que son ami, de ce que j'ai compris. Malgré moi, l'image s'impose à mon cerveau et ça ne m'aide absolument pas à me calmer. Pourtant, c'est avec soulagement – et un peu de déception, à bien y réfléchir, et j'ai presque honte de le reconnaître – que le rouquin m'apparait en boxer, lui aussi. Suigetsu ne manque pas de le remarquer, lui non plus.

- Oh, c'est pas vrai ! se moque-t-il. Tu fais ta mijaurée, toi aussi, maintenant ?

Dans mon champ de vision, je vois Yahiko prendre des couleurs, à son tour. Et autant dire qu'avec les roux et leur peau pâle, c'est difficile de le rater. C'est moche, mais j'avoue que je suis content de ne pas être le seul à trouver la situation… particulière, on dira. Il préfère d'ailleurs ne pas répondre et va poser sa serviette avec celle de Suigetsu. Puis, sous le regard amusé de notre camarade de chambre, il revient vers nous et pénètre tranquillement dans le bain.

- Tu n'as pas à avoir honte, Yahiko, tu sais, se moque-t-il en rajoutant une couche. Je suis peut-être mieux équipé que toi, mais tu es dans la moyenne. Tu n'as pas besoin de te cacher.

Prenant un plaisir qui frôle l'euphorie à nous titiller de la sorte, Suigetsu fait semblant d'essayer de tirer sur le sous-vêtement de son ami, assis à côté de lui (oui, j'ai fini par tourner la tête vers eux malgré tout). Quant à moi, le commentaire sur la taille du système trois pièces de mes amis m'impose à nouveau l'image de Suigetsu s'approchant de moi, nu, et je déglutis une deuxième fois.

- Oh, ferme ta grande bouche, Suigetsu, se défend Yahiko, ce qui ne fait qu'élargir le sourire de son ami.

- Je fais simplement remarquer le fait que tu es le premier à dire que c'est quand même plus agréable de ne pas porter de vêtements, d'habitude.

Malgré moi, l'information me blesse un peu, parce que je le prends pour moi et qu'elle me rappelle la réaction de Naruto vis-à-vis de moi, même si Yahiko est clairement plus ouvert sur le sujet que notre délégué de classe. Voyant ma grimace avant que je ne la remarque moi-même, mon ami tente de se justifier.

- Je suis désolé, Kiba, s'excuse-t-il. Ce n'est pas contre toi. Je ne suis juste pas très à l'aise.

Comprenant que le sujet devient plus sérieux, Suigetsu parvient à arrêter de sourire comme un bienheureux.

- Pas grave, réponds-je. Je préfère aussi, de toute manière.

Etonnamment, je n'ai pas besoin de mentir. Pourtant, à choisir entre la situation avec Yahiko et celle avec Suigetsu, je préfère de loin celle du premier. Elle ne met pas mes nerfs à rudes épreuves, au moins. Surtout quand Suigetsu ne montre pas une once de pudeur et pourrait faire exprès de prendre des poses osées juste pour s'amuser. Mais voilà. Comme tous les êtres humains, je suis compliqué. Je voulais qu'il soit dans la réserve, mais quand il l'est, je le prends mal. Je dois être un peu plus tordu que la moyenne, quand même.

Voyant que la situation est un peu tendue, Suigetsu, plus alerte que je ne l'aurais pensé, prend les devants.

- Allez, viens, Kiba. Promis, j'arrête. J'ai assez abusé ce soir. Je ne te demanderai même pas de me frotter le dos en poussant des gémissements ambigus.

Content de son intervention, je souris, plus à l'aise, et vais déposer mes affaires avec les leurs avant de les rejoindre.

- La vache ! m'exclamé-je une fois assis dans l'eau. C'est vrai que ça fait du bien.

Suigetsu ricane, mais n'ajoute rien. De mon côté, je ferme un peu les yeux, savourant la température de l'eau qui dénoue mes muscles endoloris.

Et puis je l'avoue, l'image de Suigetsu fait irruption de manière régulière. Il est quand même sacrément bien foutu, et de partout ! Je décline toute responsabilité vis-à-vis de ce que mon cerveau brodera comme rêves ce soir !

[…]

De retour de la source chaude, nous prenons un repas dans la cafétéria, malgré l'heure avancée. À peu de choses près, on serait arrivés trop tard, d'ailleurs. Après une fondue aux fromages, et la promesse d'essayer de manger plus léger à un moment du week-end – promesse que je ne tiendrais pas, je le sais – nous retournons dans la chambre, de bonne humeur mais claqués de notre journée. Sans se concerter, on se jette donc dans nos lits à peine arrivés. Comme d'habitude, je remue toute la couette pour essayer de m'enrouler dedans, mais le silence retombe vite après.

- Hey, Kiba ? m'interpelle Yahiko, pas très sûr de lui, après quelques minutes de calme.

Un peu dans le brouillard malgré tout, je ne fais que grogner une réponse.

- Je suis vraiment désolé pour tout à l'heure, reprend-t-il. Je ne voulais pas te vexer, ou quoi que ce soit.

Comprenant qu'il parle de notre passage aux sources chaudes, j'ouvre les yeux et me concentre pour ne pas sombrer dans le sommeil.

- Pas grave, le rassuré-je à nouveau. En vrai, je préfère vraiment que tu réagisses comme ça. Je n'ai pas l'habitude de gérer mon homosexualité. C'est tout nouveau pour moi, et je n'ai pas envie que tout le monde pense que je suis en chaleur, à vouloir sauter tout ce qui bouge, donc ça m'arrange si vous ne m'allumez pas.

La fin de mon explication s'est faite d'un ton amusant, aussi entends-je Suigetsu ricaner de ma remarque.

- Pas ma faute, reprend-t-il après avoir arrêté de rire. Je considère qu'il est de mon devoir de partager ma beauté. Ce serait cruel de ne pas partager.

- Et les chevilles vont bien ? demandé-je, l'air moqueur à mon tour.

- Oui, ça va. Merci. J'ai suffisamment de qualités pour me passer de la modestie.

Devant sa réponse, je suis sidéré et éclate de rire. Yahiko, toujours silencieux, reprend quand nous sommes de nouveau calmes.

- Je ne voulais pas te blesser, surtout après ce qu'il s'est passé avec Naruto. Donc je voulais juste être sûr qu'il n'y a pas de malentendu, ou de ressentiment.

Je médite sa réponse, mais choisit de ne pas faire durer le silence.

- Non, c'est bon. On est cool. Mes amis me manquent, évidemment, mais je suis content de traîner avec vous.

L'énoncer à voix haute est un peu gênant, mais le fait que nous soyons dans le noir aide à passer outre. Yahiko ne répond plus, ayant probablement fait le tour de la question, mais j'entends l'un d'eux remuer dans leur lit. Mes yeux habitués à l'absence de lumière, je vois que quelqu'un est passé en position assise, mais je ne devine qui que lorsque Suigetsu reprend.

- C'est vraiment tout nouveau, pour toi, alors ?

Content d'avoir trouvés des personnes assez à l'aise pour en parler aussi franchement, je ne vois pas de raisons d'être timide.

- Oui. Un nouveau est arrivé en début d'année, et je l'ai intégré à notre groupe. J'ai réalisé seulement plus tard qu'il me plaisait plus qu'il n'aurait dû, et ça m'a fait comprendre.

- Et comment ça s'est passé ? Vis-à-vis de toi, et de ton entourage ? Ou même de lui ?

Suigetsu est curieux, mais d'une bonne façon. Il s'intéresse sincèrement à ma vie, alors je me sens en confiance et choisit de lui répondre dans les détails.

- Le mot le plus simple pour décrire toute cette histoire, ce serait compliqué, alors c'est un peu paradoxal, dis-je, le sourire aux lèvres. J'ai eu du mal avec ça, mais j'ai quand même fini par l'avouer à mon meilleur ami. Il a rapidement deviné de qui je parlais. Et pour me faire comprendre que ce n'était pas grave, le saligaud a préféré m'embrasser.

Suigetsu éclate de rire.

- C'est un type bien, ça. J'aurais fait pareil.

Etonnamment, je n'en doute pas une seule seconde. Et me rappeler de la scène a toujours tendance à me faire chauffer les joues et les oreilles.

- Par la suite, lors d'une dispute, je l'ai dit à ma sœur, continue-je. Elle a eu plus de mal à l'accepter. Elle m'aime, je le sais, et elle se sent responsable depuis que nos parents sont décédés, mais elle a eu peur. Et ça n'a pas aidé non plus. J'ai fini par sortir avec une fille pour essayer d'être normal, mais ça a mal tourné, évidemment. J'ai fait une crise d'angoisse à l'école et me suis réveillé à l'hôpital. C'est là que ma sœur, Hana, a compris qu'il y a des choses plus importantes que mon homosexualité, et que je devais arrêter de faire semblant.

Je m'arrête là, pris par l'émotion en repensant à ce qu'elle m'a dit, ce jour-là. On est une équipe qui gagne, hein ? J'ai encore sa confession en tête comme si c'était hier.

- Pas facile à vivre, mec, reprend Suigetsu après quelques secondes de réflexion. Tu as l'air tellement à l'aise avec tout ça que je ne pensais pas que tu avais eu des soucis du genre.

Je hausse les épaules, même s'il ne peut pas le voir.

- Et le reste de tes amis, ou même le jeune homme en question, ils savent, maintenant ? s'interroge à son tour Yahiko.

- Oui. Ils l'ont appris à l'hôpital aussi. Mon meilleur ami m'a un peu forcé la main pour le leur avouer, mais j'avais besoin de ça, donc je suis content qu'il l'ait fait. Ils l'ont tous bien pris. Un peu plus tard, j'ai même avoué à Gaara que c'était lui l'élément déclencheur. Etant ce qu'il est, il a d'abord cru qu'il valait mieux qu'il disparaisse de ma vie, mais mes amis et moi l'avons persuadé du contraire. C'est un type bien, conclus-je, comme pour essayer de justifier mes choix.

Je vois la silhouette de Suigetsu qui se rallonge, tout en partageant ses pensées à voix hautes.

- Et bien. Ça en fait des choses intenses à vivre, en si peu de temps.

- Je ne te le fais pas dire. Mais bon, au moins, ici, je n'ai pas eu à faire semblant.

- C'est vrai, reprend mon ami. C'est cool. Tu as quelqu'un en vue ici, alors ? demande-t-il sur un ton enjoué.

- Non, déclaré-je sincèrement. Je suis ici seulement pour la fin de l'année scolaire, normalement. Ma sœur a eu une opportunité de travail, et ça coïncidait avec le fait que j'avais besoin d'air. J'avais peur que le type dont je me suis entiché finisse par s'éloigner de nous pour éviter de se sentir lamentable à cause de moi. Mais il n'est pas gay, on ne peut rien y faire, donc je voulais essayer de passer à autre chose. J'espère vraiment être passé à autre chose quand je le reverrai, mais j'aurais aimé ne pas me compliquer la vie en m'intéressant à quelqu'un d'autre en attendant.

D'emblée, Suigetsu ricane.

- Désolé, confie-t-il, mais vu comment tu parles de lui, ce n'est pas encore pour tout de suite.

- Je sais, lâché-je, un peu morose.

- T'en fais pas, tempère-t-il. Tu es beau gosse, tu te retrouveras avec plus de propositions que tu le voudras, un de ces quatre.

Je sais son compliment sincère mais ne peux m'empêcher de rire malgré tout.

Le sommeil nous rattrapant et le sujet étant clos, le silence s'installe pour de bon, cette fois, au moment même où j'entends l'église du village sonner vingt-trois heures. Rapidement, je sombre, et l'image de Gaara se superpose dans mes rêves à celle de Suigetsu aux bains, ce qui donne une image étrange mais pas désagréable dont je risque de me souvenir au réveil.

Fin du chapitre 29 !

*ti ti li li ti tiiiiii ! *

Sous vos yeux ébahis s'affiche alors...

~°~ SHIKAMARU, NANARUSASU & TOKE ARE ALWAYS RIGHT ! ~°~

...

Sehaltiel : Allez, Shikamaru ! On se dépêche ! Les gens attendent depuis plus d'un an, alors ce serait bien que tu te bouges !

#Shikamaru arrive des coulisses avec une tenue pour le moins… spéciale. Dans son dos sont accrochées des enseignes lumineuses en forme de flèches qui pointent vers lui. Au-dessus est écrit « Je suis gay » en lettres majuscules. Et le tout clignote, évidemment#

Sehaltiel : #cherche ses mots en regardant un Shikamaru très neutre s'asseoir# Mais… qu'est-ce que tu fais, là ? C'est quoi cette tenue ?

Shikamaru : #sur le ton de l'évidence# J'ai appris qui étaient les invités cette fois, alors puisque de toute manière, nous arriverons à cette conclusion d'une manière ou d'une autre, autant nous faire gagner du temps à tous.

Sehaltiel : J'aurais aimé pouvoir dire le contraire, mais non, c'est d'une logique imparable, en fait. Bon, et bien accueillez nos invités !

#Une explosion de confettis et de paillettes s'abat sur le plateau tandis que, du sol, sort une plateforme avec les deux invités#

Nanarusasu : #position à la John Travolta dans La fièvre du samedi soir avec un grand sourire aux lèvres# Bonsoir !

Le Toké : #N'étant plus trop sûr de où il a mis les pieds…# Bonsoir… Bon, ayant déjà obtenu la confirmation de ce que tout le monde savait déjà (à savoir, Shika est gay, au cas où quelqu'un ne suit pas) … A POIL !

Nanarusasu : #qui connaît les orientations de tout le monde# SAUF MOI ! #prend l'appareil photo et le carnet de croquis#

Le Toké : Non mais, c'est surtout Shika qui doit se mettre tout nu. De toute façon, après la tenue de soubrette …

Nanarusasu : #Hoche la tête, ravie# On est d'accord !

Shikamaru : … Hum. En fait, je croyais avoir bien prévu le coup, mais non. C'est pire que ce à quoi je m'attendais. À ce niveau, je pense qu'on peut dire que c'est du génie. Et je le pense comme un compliment.

Sehaltiel : #se lève discrètement et prend la poudre d'escampette avant qu'on arrive à lui trouver quelque chose à redire# Adieu, Shikamaru. Je t'aimais bien, ma petite soubrette génie préférée !

Nanarusasu : #pointe Son doux Seha' du doigt# AUTEUR EN FUITE ! #Adresse un coup d'œil au Toké en commençant à courir après Sehaltiel# TOM ! Je te laisse t'occuper de Shika' ! Je rattrape ton homme !

Le Toké : #Réfléchis environ une demi-seconde# Ok ! #Se retourne vers Shikamaru, les yeux pleins de malice# Bon ! On commence par quoi ? Le haut, ou le bas ?

Shikamaru : Bon, allez. Aujourd'hui, c'est Noël avant l'heure. Sehaltiel a enfin écrit un truc, alors bon, faut fêter ça. #Arrache ses vêtements et se retrouve en boxer sur le plateau# Bon, ce plateau est autorisé au moins de 18 ans. Si vous voulez plus, faudra attendre le générique.

Le Toké : Si on lance le générique, on sera dans le noir… Donc. Soit je peux continuer à… admirer le spectacle, soit… Ok, lançons le générique ! Comment on fait ?

Nanarusasu : #revient Sehaltiel fermement tenu d'une main et les enseignes lumineuses « Je suis gay » dans l'autre.# V'la un peu de lumière pour l'après-générique ! Lançons-le ! Lançons-le !

*ti ti li li ti tiiiiii ! *

P.S : Nanarusasu et le Toké ont rédigé ce texte avec moi, je ne les ai pas utilisés sans leur autorisation. Héhé.