Mama : Haha, eh bien il y a bien quelque chose de prévu, mais je ne dirais rien… Merci pour ta review en tous cas, en espérant que tu continueras de lire J A très vite, j'espère !
Stiitch : Merci beaucoup pour ta review ! Je vais essayer de faire vite malgré mon peu de temps personnel avec la fin des vacances :S Je compte garder un rythme d'environ un chapitre par semaine à partir de septembre. A bientôt j'espère !
C'est avec grand soulagement qu'Hermione échappa au regard perçant de Harry sur le chemin de la serre. Le cours de potion avait été tendu, car le brun n'avait cessé de jeter des coups d'œil insistants à son amie dans l'espoir qu'elle lui parlerait. Mais comme elle n'avait rien dit et s'était concentrée comme jamais sur sa potion – une fois de plus moins réussi que celle de Harry malgré tous ses efforts – il avait finalement abandonné. Ron n'avait rien remarqué de leurs échanges, et semblait en pleine forme. Le temps laborieux du weekend précédent avait a présent laissé place à une brume légère, et le trio mit quelques instants à trouver le lieu du cours, temps durant lequel Harry leur raconta finalement son entretien avec Dumbledore.
- Il était déjà complètement timbré quand il était enfant alors, souffla Ron lorsqu'il eut terminé.
- Il n'avait pas d'ami, et pas de famille. J'imagine qu'il s'est laissé emporter par son pouvoir, tempéra Hermione.
- A onze ans ?
Harry semblait sceptique, et Hermione lui lança un regard noir.
- Imagine que tu ai découvert du jour au lendemain que tu pouvais te venger de ton oncle en un claquement de doigt ?
- Je ne suis pas comme lui, grinça Harry.
- Bien sûr que non ! se rattrapa Hermione. Mais un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, et un enfant n'est pas toujours apte à le comprendre.
Elle sourit faiblement en pensant qu'elle venait de citer Spiderman, mais aucun des deux garçons ne sembla s'en rendre compte. Ron ne pouvait de toute manière pas connaître les œuvres de Marvel, et Harry n'avait peut-être jamais mis les pieds dans un magasin de bandes dessinés. Puis elle songea soudainement à son propre pouvoir, et sa mine s'assombrit. Si elle ne parvenait pas à se contrôler, elle pourrait elle-même changer. Ron devina apparemment le fond de sa pensée et lui passa une main réconfortante dans le dos. Ils s'installèrent tous trois près d'un pot terreux emplit d'une plante aux branche noueuses, et enfilèrent des gants de protections.
- Comment était la soirée de Slughorn Hermione ? Demanda alors Harry.
A côté d'eux, Ron se renfrogna.
- Oh, un peu ennuyeux. Mais on y mange bien. D'ailleurs, il veut savoir quand tu seras libre pour son prochain dîner.
- Ah, murmura Harry, peu enchanté.
- Ce sera à Noël. Il attend que je lui dise quand tu as une soirée de libre, poursuivit Hermione en évitant l'attaque d'une branche de la plante.
Ron plongea une main à l'intérieur de l'énorme bulbe à la base du pot, la mine dégoûtée tandis qu'Harry repoussait les feuilles acérées de la plante. Il en sortit rapidement une gousse verdâtre et palpitante, qu'il déposa sur leur table de travail.
- Et, poursuivit Hermione, le visage tâché de diverse substance grises et vertes, les membres du club peuvent inviter quelqu'un avec eux.
- Super, je vais pouvoir faire partie du club alors, s'enthousiasma Ron.
- Pourquoi ?
- Ben, tu ne m'invites pas ? S'étonna t-il.
Mais Hermione sourit à nouveau en voyant sa moue vexée et acquiesça vivement.
- Bien sûr que si, je ne compte pas me coltiner McLaggen pour la soirée !
Le regard de Ron se fit brillant, et elle s'éloigna avec nonchalance vers le bureau du professeur, le rouge aux oreilles malgré tout. Elle attrapa un bol et un pieu acéré.
- Voilà, maintenant il faut extraire le jus en la perçant avec ça, dit-elle avec sérieux en leur mettant le pieu sous le nez.
- Super, marmonna Harry, peu désireux de se retrouver couvert de jus de Snargalouf.
Jusqu'à la fin du cours, ils ne parlèrent plus de la soirée, mais Hermione se sentait de bien meilleure humeur que quelques heures plus tôt. Cela faisait longtemps maintenant qu'elle attendait de pouvoir tenter quelque chose avec Ron, et la perspective d'une soirée en sa compagnie, même si c'était pour le club de Slughorn, la mettait tout en joie. Elle espérait vraiment que tout se passerait bien, mais un terrible nœud d'angoisse lui serrait l'estomac. Si le rouquin découvrait ce qu'elle lui cachait, s'en serait fini de leur amitié. Et si, pire, ni l'un ni l'autre ne trouvait quoi se dire une fois seuls ? Hermione secoua la tête pour se changer les idées. Tout irait bien. Elle avait vraiment besoin de faire quelque chose de plus ou moins normal pour une fois, et surtout de son âge.
Dès le lendemain, Hermione se rendit avec empressement à la bibliothèque, espérant que Parkinson s'y montrerait. Elle n'était pas venue après leur premier entretien, mais la Gryffondor n'avait pas abandonné ses visites de onze heures du matin. Maintenant qu'ils avaient mit les choses au clair la veille, la Serpentard viendrait peut-être. Elle attendait depuis quelques minutes déjà quand la tignasse d'un noir de jais apparue à la porte. Parkinson prit un siège en face d'Hermione, et lui adressa un long regard.
- Je me demandais si tu viendrais, lança t-elle.
- C'est toi qui ne t'es pas montrée de tout le mois ! Rétorqua Hermione.
Parkinson haussa les épaules, et commença à défaire son sac pour en sortir quelques affaires de cours, sous l'œil approbateur de madame Pince. Hermione étala ses parchemins d'Arithmancie devant elle, pour faire mine d'y réfléchir, et se baissa légèrement pour ne pas que la bibliothécaire ne la surveille.
- Alors, chuchota t-elle, vous en êtes où ?
- Depuis hier ? Pas grand chose, répondit Parkinson sur le même ton. On a affirmé à Malefoy que la bouteille avait été envoyée comme prévue, mais elle est toujours dans un coin de mon dortoir.
- Il ne se doute de rien ?
- Bien sûr que non. Tu as réfléchis ?
- Je voulais vous parler d'un truc, à toi, Blaise et Nott.
- Vas-y.
Hermione s'étonna du grand sérieux de Parkinson, d'habitude si frivole et complètement maniéré. La Serpentard lui apparaissait là sous un jour complètement différent.
- Harry et Ron ont vu Malefoy chez Barjow et Beurk cet été, et il a acheté un… un objet imposant. Tu sais ce que c'est ?
Parkinson afficha un sourire goguenard, à la grande surprise d'Hermione.
- Quoi ? demanda t-elle en voyant qu'elle ne répondait pas.
- Oh, c'est juste que c'est plutôt marrant que Potter soit toujours là quand quelque chose se passe.
Hermione cligna plusieurs fois des yeux et étouffa un rire. Effectivement, Harry avait un don pour se mettre dans de telles situations. Mais elle se secoua, la situation ne valait pas de rire.
- Il se doute de quelque chose, murmura Hermione.
- Et alors ?
- Alors… C'était quoi cet objet ?
Parkinson sembla réfléchir un instant, malgré son air indifférent.
- Une armoire.
- Une armoire ? Répéta Hermione, sceptique.
- Une armoire à disparaître en fait, confirma Parkinson.
Hermione haussa un sourcil, ne se souvenant aucunement d'un tel objet dans les nombreux livres qu'elle avait parcourut.
- Ce sont deux armoires. Il y en a une à la boutique, et une à Poudlard. Elles sont liées l'une à l'autre, expliqua brièvement Parkinson.
- Tu veux dire que…
- Celle de Poudlard ne fonctionne pas, pour l'instant. Mais Drago essaie de la réparer.
Hermione couvrit sa bouche d'une main, réalisant les conséquences que pourrait avoir cette réparation. Une foule de Mangemorts, ou même Voldemort, capable de se téléporter à l'intérieur du château, torturant et tuant chaque élève croisant leur chemin. Son frisson la ramena un peu à la réalité.
- Mais elle est cassée ? dit-elle en jetant un regard toujours effrayé à Parkinson.
- Pour l'instant.
Son ton était froid, sec. Mais pas apeuré le moins du monde. Cette fille était forte, et prête à tout pour arriver à ses fins. Hermione ne se sentait pas si sereine, et elle baissa la tête.
- Alors Granger ?
- Quoi ?
- Tu as réfléchi ?
Parkinson dardait sur elle un regard pressant, et Hermione remit une mèche derrière son oreille en signe de nervosité.
- J'ai réfléchis mais…
- Tu n'as rien trouvé pour l'instant, comprit Parkinson.
- Désolé.
- C'est rien, c'est déjà sympa de nous aider.
Hermione soupira légèrement, en même temps que la Serpentard. Elles se regardèrent et sourirent.
- Blaise ? fit alors Parkinson en étirant ses lèvres d'un air espiègle.
- Parkinson !
- Oh, tu sais, je me demandais juste.
Elle haussa les épaules, mais Hermione perçut une moue un peu agacée sur son visage.
- Tu es avec Blaise ? demanda t-elle en toute innocence.
- Pas du tout, répondit Parkinson, cassante.
Hermione sourit elle aussi d'un air espiègle avant de lui réclamer son devoir d'Arithmancie. Tant qu'elles étaient là, autant faire ce pourquoi elles se retrouvaient à la base. Devant sa main tendue, Parkinson haussa un sourcil étonné, et lui passa un parchemin jaunit.
- Il est parfait, lança Hermione en le lisant avec attention.
- J'ai un bon tuteur.
Son clin d'œil fit sourire Hermione avec amabilité, et elle hésita avant de poursuivre.
- Dis-moi, Parkinson, commença t-elle.
- Quoi ?
La brune était à présent penchée sur la dissertation d'Hermione, peu attentive à la Gryffondor.
- Pourquoi veux-tu absolument garder ta réputation ? Je veux dire, tu es très intelligente en fait, et je paris que tu n'as pas la moindre envie de courir après Malefoy comme tu le fais…
Hermione vit les épaules de Parkinson se tendre tandis qu'elle levait ses yeux verts vers elle.
- S'il te plait Pansy, supplia Hermione.
Elle brûlait d'en savoir plus sur la Serpentard. Hermione se rendait bien compte que l'attachement qu'elle commençait à avoir pour Blaise et pour elle était plus qu'étrange, incongru. Mais Pansy était une fille étrange et incongrue. Deux personnalités pour une seule personne. Et Hermione voulait connaître les deux personnes à présent.
- Mes parents, réagis enfin la Serpentard, ont des principes plus ou moins différents des miens. De vieux principes, pleins de défauts et de conneries. Mais moi, dans mon corps de jeune fille de seize ans, je ne peux rien y faire, rien y redire.
Une fois qu'elle eut commencé à parler, Pansy sembla ne plus pouvoir s'arrêter. Hermione était pendue à ses lèvres, désireuse d'en apprendre toujours plus sur la face cachée des Serpentards. Tout du moins de Pansy. Et Blaise, Nott et Malefoy.
- Quand j'étais petite, je me suis liée d'amitié avec une voisine du village. Mais c'était une moldue, et mes parents ont détestés le fait que je m'attache à ce genre de personne, grimaça Pansy. Alors j'ai du coupé les ponts. Et j'ai grandit en détestant tous ces principes qui faisaient de mes parents des gens aigris et stupides, des gens peu ouverts d'esprit. Je prenais un malin plaisir à faire tourner ma mère en bourrique, à me faire plus bête que je n'étais. C'est devenu une habitude, j'imagine.
Hermione imagina une gamine de huit ans pointant des yeux innocents sur ses parents alors qu'elle faisait mine de ne rien comprendre. Elle sourit à cette image, et invita d'un signe de tête à la Serpentard de poursuivre.
- J'ai rencontré Drago juste avant la rentrée à Poudlard. Mes parents ne me montraient jamais parce qu'ils avaient honte de mon comportement…
- Pourquoi ? coupa Hermione sans le vouloir.
- Imagine une petite fille de dix ans qui ne fait que brailler sans jamais rien faire d'intelligent, aucune prouesse dont tu pourrais être fier, rien. Mes parents étaient campés dans leur principe, et même si je n'étais pas une Cracmol, j'étais loin d'être une lumière. En tous cas c'est ce qu'ils pensaient.
Hermione hocha la tête, même si elle n'était pas d'accord avec le principe. Avoir un enfant, même s'il avait des problèmes, ne devait pas être une honte pour un parent. Les Parkinson devaient être vraiment d'affreuses personnes superficielles.
- Mais ça m'arrangeait plutôt, de passer pour une cruche. Mon père n'a jamais rien caché de ce qu'il se passait à la maison, la magie noire, les grands discours sur le seigneur des ténèbres, mais surtout il ne m'a jamais impliqué là dedans. J'étais juste spectateur, et il ne m'obligeait à rien. Parce que j'étais trop sotte pour quoi que ce soit de complexe. Drago a eu une enfance bien plus difficile parce qu'il était un garçon très intelligent, mais que son père le savait. Il n'a jamais été ménagé. Moi, oui.
Pansy eut un regard lointain, et poursuivit sans regarder Hermione.
- A partir du moment où j'ai rencontré Drago, les choses ont changées. Je m'entendais bien avec lui, mais quand nos parents ont décidés qu'on devrait se marier quand nous aurions l'âge, nous n'étions pas d'accord. Drago a donc fait semblant de me trouver trop débile pour être avec lui, et j'ai fait semblant d'être éperdument amoureuse de lui pour faire plaisir avec mes parents. Tout ce qui se passe à Poudlard circule dans toute l'école. Mon père croit donc toujours que je suis une pauvre débile, amoureuse du jeune Malefoy, et admirative de toutes les actions de son cher seigneur des ténèbres.
- Tout ça c'est…
- Une couverture, pour que mes parents ne sachent pas qui je suis en réalité.
- Une fille très intelligente qui ne partage aucune des idées de ses parents, murmura Hermione.
- Exactement.
Pansy lui adressa un faible sourire, l'air fatiguée. Hermione s'imagina cacher sa véritable personnalité à tous, se faire passer pour une personne qu'elle n'était pas, et en fut découragé d'avance. Cela faisait maintenant plus de cinq ans que Pansy agissait comme tel, sans compter les années avec juste ses parents.
- Tu es une fille forte, constata t-elle.
- Toi aussi Hermione, répondit alors Pansy. Mais différente.
- Comment s'appelait-elle ?
- Qui ça ?
- Ton amie moldue.
- Angela Anderson. Elle avait le même âge que moi, et elle adorait les histoires fantastiques, répondit Pansy avec un sourire. Elle disait que ses parents n'y croyaient pas, mais qu'elle s'en fichait parce qu'elle savait que ça existait.
Hermione repensa à Luna, et sa passion pour les créatures fantaisistes qui n'existaient pour la plupart pas. Elle était dans son monde, et peu importait pour elle les dires des autres.
- C'était une fille intelligente.
- C'était surtout une fille très forte, et aussi mon amie. Quand tout ça sera terminé, je voudrais la retrouver. La remercier.
Hermione hocha la tête. En fin de compte, Pansy n'était pas si différente d'elle. Une fille avec ses secrets, accrochée entre le monde haut en principes des sang-pur et les sorciers qui voulaient la fin de la guerre. Le camp pour ou contre Voldemort. Cela devait être difficile de cacher ses véritables pensées devant des parents au service du mage noir. Pansy commença à ranger ses affaires pendant qu'Hermione en faisait de même.
- Au fait Hermione, dit Pansy en se levant.
- Oui ?
- Je suis désolé, pour tes parents.
La Serpentard partit, laissant Hermione interloquée. Comment pouvait-elle savoir ? L'excuse pour laquelle elle était à Poudlard avec son frère était pour tous la même. Des affaires personnelles. Mais Pansy connaissait la vérité. Le temps que la Gryffondor reprenne ses esprits et court après sa camarade dans le couloir, celle-ci avait déjà disparu. Hermione se laissa glisser contre le mur, déprimée. Elle ne voulait pas que les gens sachent. Qu'ils se lamentent sur son sort, qu'ils lui rappellent la mort de ses parents avec leurs condoléances. Peter était d'accord avec ça, et ils ne parlaient de leurs parents qu'entre eux, ou alors il en discutait avec Argus. Hermione se secoua. Pansy était au courant, ça ne voulait pas dire que d'autres l'étaient aussi. Toutefois, elle lui en toucherait deux mots.
