Sanga36 : Ouais, je dois admettre que j'ai pas été très sympa avec Louna et Kingsley pour le coup. Pour le fait qu'elle tienne encore debout après tout ça ben... c'est Louna quoi... Sinon ne t'inquiète pas pour leur relation, c'est pas terminer entre ces deux-là.


Les Vampires de Beacon Hills

Chapitre 28 :

Révélations - partie 2

P.O.V. Kingsley :

Kingsley descendit attendre le reste de l'équipe à l'heure convenue. Il se dirigea vers Ted qui haussa un sourcil, railleur :

-Tu n'es même pas avec Louna ? Pourtant on aurait dit que vous alliez finir la nuit ensemble.

-En fait… on a passé la moitié de la nuit ensemble…

Son équipier se fit perplexe.

-Je suis pas sûr de comprendre.

Kingsley le briefa sur les évènements de la nuit. Plus il parlait, plus l'expression du Venator se décomposait.

-Elle a bien dû rentrer, fit Ted. Je vais aller voir si elle n'est pas tout simplement en train de dormir.

Le Non-Mort lui indiqua leur numéro de chambre, même s'il était à peu près convaincu qu'elle n'y était pas. Il revint quelques minutes plus tard et secoua la tête. Ils allèrent demander au réceptionniste s'il avait vu « la jeune fille qui accompagnait Kingsley la veille au soir » rentrer, il leur répondit qu'il ne l'avait même pas vue sortir. Les deux vampires décidèrent de faire le tour de l'hôtel pour voir s'ils ne la trouvaient pas.

Alors qu'il venait de vérifier si Louna n'était tout simplement pas endormie dans la voiture, Kingsley se sermonna mentalement de ne pas être allé la chercher. Et s'il lui était arrivé quelque chose par sa faute ? S'il y avait encore des Sang-d'Argent dans le coin ? Il voyait parfaitement la scène : Louna, inconsciente, une Abomination buvant avidement à sa gorge. Il secoua la tête pour chasser cette image, la gorge nouée.

Et le pire était que tout ce qui lui arrivait était entièrement sa faute.

C'était lui qui avait donné l'idée à Lucifer de la Corrompre.

Il pensait que le Croatan avait menti quand il le lui avait fait remarquer deux jours plus tôt, mais le vampire avait clairement revu la scène dans son esprit cette nuit. Il ferma les yeux tandis que la scène se rejouait dans son esprit.

Antiquité Romaine, Empira de Caligula, Palais de l'Empereur :

-Transforme-moi, ordonna Tiberius.

Caligula haussa un sourcil.

-Tu es sûr de toi ?

-Oui, répondit-il fermement. Je ne veux plus être le faible petit Tiberius Gemellus.

L'empereur lui servit un sourire sarcastique.

-Ne le ferais-tu pas plutôt pour la fille de Romulus ?

Tiberius détourna le regard, mais ne répondit pas. Son silence parlait pour lui. Caligula éclata de rire.

-C'est bien ce que je pensais. Croyais-tu vraiment que je n'allais pas remarquer la façon que tu as de la regarder ?

-Alors, ça ne te dérange pas ? demanda Tiberius, plein d'espoir.

-Qu'est-ce qui devrait me déranger ? Que tu sois amoureux de Proserpine ? Ou que tu veuilles que je te transforme à cause d'elle ?

-Les deux, répondit-il timidement. Et je voulais te demander… accepterais-tu de la transformer également ?

Temps présent :

Kingsley revint dans le présent et serra les poings en maudissant sa naïveté, au moment où il reçut un message de Ted.

-Je l'ai trouvée.

Il soupira de soulagement.

-Elle va bien ? demanda-t-il.

-Je ne jurerais rien, mais elle n'a pas l'air blessée.

Elle n'a pas l'air blessée. Cela voulait dire qu'il y avait de fortes chances pour qu'elle soit indemne. Nouveau soupire.

-On se retrouve devant l'hôtel.

Il coupa la communication et commença à se diriger vers l'entrée. Il s'appuya nonchalamment contre le mur et croisa les chevilles. Se surprenant lui-même, il sortit une cigarette du paquet qui ne quittait jamais sa veste. En y réfléchissant, il lui sembla qu'il n'avait plus fumé depuis qu'il était à Beacon Hills. Étrange.

L'ange déchu se redressa vivement en voyant Ted revenir, une Louna évanouie dans les bras. Même s'il n'avait tiré que deux fois dessus, il jeta sa cigarette au sol et l'écrasa avec sa chaussure. Au prix de grands efforts, il réussit à garder la même attitude pendant que son équipier le rejoignait. Ils contournèrent le bâtiment pour être à l'abri des regards indiscrets. Ted déposa doucement la jeune fille au sol. Kingsley s'agenouilla près d'elle et inspecta sa gorge.

Rien.

Encore un soupire.

Il releva la tête vers Ted et l'interrogea du regard.

-Tu n'as pas réussi à la réveiller ?

-Si…une trentaine de seconde…

Kingsley baissa les yeux vers la jeune fille et effleura sa joue du bout des doigts.

-Je crois que dès que ton frère est près on peut y aller, fit-il en relevant les yeux.

P.O.V. Louna :

Lorsque je repris mes esprits, je constatai que j'étais installée à l'arrière de la Jaguar. Encore. C'était la deuxième fois que je m'évanouissais en moins de 24h, et la deuxième où je me réveillai dans la voiture. Sauf que, vu qu'il faisait jour, j'avais dû rester inconsciente un peu plus de dix minutes. Je regardai autour de moi et croisai le regard de Ted, assis à coté de moi.

-Je commençais à croire que tu ne te réveillerais jamais. Tu nous as fait une belle frayeur.

J'allais lui demander pourquoi quand tout me revint en bloc, de notre arrivée au restaurant au moment où je m'étais enfuie de la chambre. Mon regard se posa inconsciemment sur Kingsley, à l'avant, qui dormait à poings fermés. Je fermai les yeux un instant.

-Louna ?

Je regardai Ted en secouant la tête.

-Désolée, fis-je avant d'esquisser un faible sourire. Je crois que je suis encore un peu sonnée. Sinon vous deux, votre soirée ? Nouvelles Familières ?

-Et comment ! répondirent-ils d'une seule voix ce qui me fit rire.


Quand nous fûmes de retour à Beacon Hills, je dis aux garçons que j'aimerais être un peu seule, n'attendis pas de réponse et montai dans ma chambre. Je me laissai tomber sur mon lit et contemplai le plafond. J'avais l'esprit tellement saturé qu'il me paraissait vide. Je tentai de saisir quelques pensées en vain.

Je finis par attraper mon téléphone et chercher le numéro de Stiles.

-Vous êtes bien sur le répondeur du génialissime Stiles Stillinski, vous savez comment ça marche !

BIP.

-Salut, c'est Louna. Je dois admettre que je ne sais pas vraiment pourquoi je t'appelle. Peut-être parce que j'avais envie de parler. (Je ricanai.) Je te vois venir avec ton air sarcastique en me disant : « En général c'est pour ça qu'on téléphone… ». Enfin, ne t'inquiète pas, il n'y a rien de bien grave, mentis-je. A plus.

Je raccrochai et retournai à la contemplation du plafond, des pleurs silencieux courant sur mes joues.


Je dus m'endormir, car je fus réveillée en entendant la porte de ma chambre se refermer. J'ouvris les yeux et me redressai sur les coudes.

-Stiles ? demandai-je, pensant rêver.

-Rien de bien grave ? Je suis ton meilleur ami Louna, alors, s'il-te-plaît, j'aimerais que tu arrêtes de me prendre pour un con.

J'esquissai un faible sourire et il s'assit à coté de moi.

-Allez raconte à Dr. Stillinski ce qu'il se passe.

Je souris. J'ouvris la bouche pour répondre, avant de la refermer en songeant à quelque chose. Je touchai mon oreille avec mon index avant de désigner le sol. Stiles comprit et hocha la tête.

-Tu veux qu'on aille chez moi ?

-Si ça ne te dérange pas…

Je me levai et il m'imita. Nous descendîmes et je dis à la première personne que je croisai –en l'occurrence Sam- que j'allais chez Stiles. Il hocha la tête mais ne dit rien.

En arrivant chez le jeune homme, je saluais le shérif et nous montâmes dans la chambre de Stiles. Je m'assis sur son lit et lui sur sa chaise de bureau. Il croisa les jambes et attrapa un bloc de feuilles et un crayon.

-Alors, que se passe-t-il Mademoiselle Dragomir ?

Je pouffai et il reposa son attirail avant de s'asseoir à mon coté.

-Sérieusement, qu'est-ce qu'il se passe ?

Je regardai le sol.

-J'ai couché avec Kingsley…

Stiles éclata de rire.

-Et c'est ça qui te met dans un état pareil ? Je ne vois pas c'est quoi le problème !

-…et après j'ai découvert qu'il a tenté de me tuer il y a deux milles ans.

Le silence plana. Je levai les yeux vers mon meilleur ami qui me dévisageait.

-Ah…, finit-il par dire. C'était ta première fois ?

-Stiles ! m'écriai-je, légèrement gênée.

Un sourire malicieux étira ses lèvres.

-Ouais, en plus on dirait que c'est juste.

Je détournai le regard.

-Tu sais pour un vampire de quatre mille ans qui se réincarne tout les cent ans environ, la première fois est quelque chose de très relatif.

-Je comprends, mais moi, je parle dans cette vie-ci…

-Oui, grognai-je.

-Wow, celle-là je m'y attendais pas, commenta-t-il.

Je lui fis les gros yeux.

-Dois-je en conclure que tu me prends pour une salope ? (Il ouvrit la bouche pour répondre, mais je secouai la tête.) Et alors qu'est-ce que ça change ?

-C'est pire ! s'exclama-t-il dramatiquement.

Je ne pus retenir un léger éclat de rire.

Je compte sur mes doigts et puis je te mords
Ce sera toi le chat je t'attrape et te dévore
Prends tes jambes à ton cou
Et cours et cours
Ça ne changera rien du tout

Cette fois c'est ton tour

Je suis un amour de créature
Une petite fille qui te torture
Et si tu te caches

La tête je t'arrache*

Stiles haussa un sourcil, moqueur, tandis que je fouillais mon sac à la recherche de mon téléphone.

-T'es sérieuse ? pouffa-t-il.

-Ca m'étonne que tu ne reconnaisses pas, répondis-je au moment où ma main se posait sur mon téléphone.

Je le sortis et vis Stiles froncer les sourcils, signe qu'il ne trouvait pas. Je regardai l'appelant et je sentis un sourire éclairer mon visage.

-Tu m'as manqué ! dis-je comme bonjour.

J'entendis le rire mélodieux de mon frère derrière le téléphone.

-Pour commencer : bonjour. (Je pouffai.) Toi aussi tu m'as manquée, mais tu sais, on s'est parlé il y a moins d'une semaine.

Je fronçai les sourcils. Une semaine seulement ? J'avais l'impression que cela faisait des lustres que je n'avais pas entendu le son de sa voix. En y réfléchissant bien, je me rappelais que nous nous étions parlé mardi dernier et que nous n'étions que dimanche.

-Oui, c'est juste, désolée. Mais avec tous les trucs qui sont arrivé depuis je dirai… (Je réfléchis un instant.)…jeudi, j'ai l'impression qu'une éternité s'est écoulée, répondis-je sincèrement.

-Tu es sûre que je ne peux rien savoir ? demanda Loris d'une voix douce.

Je soupirai et regardai Stiles qui faisait des grands gestes dans l'espoir de savoir qui c'était. C'est dans ces moments-là que j'étais heureuse qu'il n'ait pas une ouïe ultradéveloppée.

-Certaine. Mais, crois-moi, dès que la mission est terminée, et que tu es de retour à New York, je te raconte tout en détail. J'irai soudoyer le Rex s'il le faut !

Nouveau rire. Je ne pus empêcher un sourire de poindre sur mes lèvres. Rien que le fait d'entendre la voix de Loris –même altérée par le téléphone- suffisait à me détendre. J'entendis des voix étouffées. Mon jumeau grogna.

-Je ne peux même pas parler tranquillement avec ma sœur, marmonna-t-il. Désolé, Louna, mais on m'appelle.

-Pas de problème. On se rattrapera quand on aura fini nos missions. Je t'aime.

-Je t'aime, répondit-il avant de raccrocher.

Je rangeai mon téléphone dans mon sac.

-Rassure-moi, fit Stiles avant de crier : c'était pas Kingsley ?!

Je lui offris la meilleure mine choquée dont j'étais capable.

-Est-ce que tu m'as déjà entendue dire ça à Kingsley ? (Il secoua négativement la tête.) Bien. Je ne lui ai jamais dit ça, et je ne le lui dirais jamais.

-Ne jamais dire jamais.

Je lui fis les gros yeux ce qui le fit pouffer.

-…et je ne le lui dirais probablement jamais, corrigeai-je en insistant sur le « probablement ». T'es content maintenant ?

-Très, répondit-il avec un sourire jusqu'aux oreilles.

Je secouai la tête et levai les yeux au ciel, tandis que l'hyperactif changeait de sujet :

-Alors, je peux savoir qui c'était au téléphone ?

-Loris. Mon frère.

Il fronça les sourcils, perplexe. C'est à ce moment que je me rappelais qu'il n'était sans doute pas au courant de l'existence même du concerné.

-Depuis quand, toi, RosaDiLuna Dragomir, qui est ma meilleure amie depuis 11 ans, as un frère ?!

-Depuis 3 ans, répondis-je avec un sourire narquois.

Il me dévisagea un instant, suspicieux, avant de percuter. Il était tellement perplexe que je pouvais presque voir les points d'interrogation au fond de ses pupilles. Je ne pus m'empêcher d'exploser de rire.

-Attends ! Je…Je croyais…que…que, bafoua-t-il, que tes…tes parents… enfin que… tu étais…

-…orpheline depuis l'âge de cinq ans, complétai-je. C'est vrai.

-Mais alors, comment est-ce que… ?

-Je connais mon frère depuis 3 ans, mais il n'a pas 3 ans. Il en a 17.

-Mais, toi aussi tu as 17 ans ?

Je ne répondis pas et attendis qu'il comprenne.

-Ca veut dire que… c'est ton frère jumeau ? demanda-t-il, incrédule.

J'applaudis.

-Bien, Stiles. Oui, au cas où tu aurais encore des doutes, quand un frère et une sœur naissent en même temps, ils sont jumeaux.

Mon meilleur ami me foudroya du regard.

-C'est ça, fous-toi de moi…

Il leva les yeux au ciel et détourna le regard, faussement vexé ce qui me provoqua un nouvel éclat de rire. Soudain, il tourna brusquement son regard vers moi.

-C'est ça en fait.

A mon tour de froncer les sourcils.

- « C'est ça » quoi ?

-Si ça tombe, tu te fous de moi depuis le début. C'était Kingsley et tu veux pas me le dire parce que t'as peur que je te passe un savon ! T'as inventé cette histoire de jumeau à l'instant.

-Quoi ? Mais… ? Non, il existe vraiment ! me défendis-je.

Il secoua la tête, condescendant. Je me tendis un instant, avant de me dire qu'il blaguait. Mais le doute persistait.

-Et elle continue dans son mensonge en plus… Je vais devoir vous punir Mademoiselle Dragomir, ce n'est pas bien de mentir à un Docteur…

Je me détendis en comprenant qu'il n'était pas sérieux. Cependant, il se jeta sur moi sans j'eusse le temps de réagir et il commença à me chatouiller comme un fou. J'aurais pu l'arrêter sans problème, mais je n'en voyais pas l'intérêt. Autant s'amuser un peu.

-Arrête ! quémandais-je en tentant de reprendre mon souffle.

J'avais les larmes aux yeux tellement je riais. Stiles avait même été jusqu'à glissé ses mains sous mon t-shirt pour avoir un meilleur accès à mon ventre, endroit où –il le savait- j'étais le plus chatouilleuse. Attention, ne voyez rien de pervers ou quoi que ce soit dans son geste : il aurait pu en profité pour remonter ses mains un peu plus haut, mais, à mon avis, l'idée ne l'aurait même pas effleuré.

-OK, si tu avoues que t'as menti.

Je le dévisageai, scandalisée.

-Mais je t'ai dit la vérité !

-Si c'est comme ça…

Il recommença à me chatouiller.

-J'ai…des photos, haletai-je entre deux éclats de rire, pour… le prouver…

Stiles s'arrêta, mais n'enleva pas ses mains, me considérant de son meilleur regard suspicieux.

-Elles sont dans ton téléphone ?

J'acquiesçai. Il se pencha et mit une main à terre pour se soutenir, laissant l'autre sur mon ventre, comme pour me retenir. Il commença à fouiller mon sac qui était tombé à terre, opération périlleuse à une main. Quand il sembla l'avoir trouvé, il me fusilla gentiment du regard, enleva lentement sa deuxième main, attrapa mon portable et me le lança. Il se redressa et reglissa ses mains sous mon t-shirt, ce qui me fit lever les yeux au ciel. Je déverrouillai mon téléphone et lui montrai mon fond d'écran. L'hyperactif m'arracha la téléphone des mains.

-Ah… Tu disais vrai… Pardon ?

Il me fit une moue de chien battu. Il croyait vraiment avoir une Chercheuse de Vérité comme ça ? J'empoignai à deux mains le premier coussin que je trouvai et commençai à frapper « Docteur Stillinski » avec. Il leva une main, comme pour se protéger le visage, même si je ne pouvais pas lui infliger grand-chose avec un oreiller.

-Ca va…arrête, implora-t-il. J'ai compris.

J'arrêtai de le frapper et le considérai une seconde, les yeux plissés, le coussin à quelques centimètres au-dessus de sa tête.

Aucun de nous deux n'eus le temps de dire quelque chose de plus car nous fûmes interrompu par Maroon 5 qui emplissait la pièce avec Animals – ma véritable sonnerie de téléphone-. Je décrochai sans regarder l'appelant, songeant que c'était Loris…

-Allô ?

…avant de me rappeler que je lui avais mis une sonnerie spéciale.

-Louna ? C'est Scott.

Je me figeai une seconde avant de me redresser vivement. Mon mouvement brusque déséquilibra Stiles qui manqua de tomber du lit. Je le rattrapai de justesse par le coude et il me gratifia d'un regard mi-noir, mi-gratitude auquel je ne prêtai pas vraiment attention.

-Scott. Qu'est-ce que tu veux ?

J'avais voulu parler sur mon ton habituel, mais ma voix avait été aussi froide et tranchante que de la glace. Je remarquai que l'hyperactif s'était rapproché légèrement et tentait d'écouter la conversation. Je le fusillai du regard, et il recula en levant les mains en signe de reddition.

-Je… (Il sembla hésiter.)… j'aimerais te parler.

-Vas-y, je t'écoute, fis-je toujours sur le même ton, les mâchoires serrées.

-Je voulais m'excuser et je me disais que ce serait mieux si je te le disais face à face.

Je fermai les yeux un instant, réfléchissant un instant à ce que je pouvais répondre à sa question implicite.

-OK. Quand ?

-Ce soir, chez moi, 20h ?

Je soupirai.

-C'est d'accord.


Quelques heures plus tard, de retour chez nous, la première chose que je fis fût de chercher Kingsley. Les Lennox me dirent qu'ils ne savaient pas où il était. Je fis le tour du garage et constatai qu'il était parti à moto. Pas facile à repérer. Je sautai dans ma voiture et partis à sa recherche.

Je fis le tour de la ville avant d'arriver dans un quartier que je ne connaissais pas très bien, mais qui -Stiles me l'avait dit- était bien connu des services de police. Je garai la Jaguar, sortis, et lançai une Compulsion pour que personne ne s'en approche. Je fis le tour des petites rues impossibles à traverser en voiture. Je me fis siffler et j'eus droit à des remarques disons…déplacées. Je serrai ma veste plus fort contre moi, mal à l'aise. Je sentis mon malaise grandir et jetai un regard par-dessus mon épaule. Je ne comprenais vraiment pas ce qu'il se passait : il existait des quartiers bien pires que celui-ci à Manhattan et il m'était déjà arrivé de les traverser à plusieurs reprises. Je ne m'y étais jamais sentie à l'aise, mais jamais aussi mal à l'aise qu'en ce moment.

Je finis par apercevoir Kingsley dans une impasse, adossé au mur, une cigarette entre les lèvres. Mon malaise fut si fort en cette instant, que je crus un instant que j'allais perdre connaissance. Je marquai un arrêt et respirai profondément. Je continuai mon chemin jusqu'au vampire et me plantai devant lui.

-Kingsley ?

Il sembla sortir de ses pensées et me décocha un drôle de sourire.

-Louna ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Ca me fait plaisir de te voir, mais tu ne devrais pas traîner dans des quartiers comme celui-ci.

-Ca fait une heure que je te cherche et…

Je plissai le nez en saisissant une forte odeur d'alcool. Je détournai les yeux pour en trouver la provenance avant de comprendre qu'elle venait de Kingsley.

-Tu empestes l'alcool ! Ne me dis pas que tu es bourré ?

Il haussa les épaules, désinvolte.

-Peut-être.

Je soupirai en comprenant qu'il était bel et bien saoul.

-Non, en fait, oublie que je suis venue. Ca peut attendre.

Je me retournai et commençai à refaire mon chemin en sens inverse.

-Hé, mais reviens ! Louna !

Je continuai mon chemin sans m'arrêter, ne préférant pas traiter avec lui quand il était dans cet état. Soudain, il me força à m'arrêter en me saisissant le poignet. Il me tourna face à lui. Une lueur étrange traversa son regard et il me sembla que l'odeur d'alcool qui l'entourait diminua. Ce devait être mon imagination.

-Si tu es venue jusqu'ici pour me parler c'est qu'il y a une bonne raison. Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je le sondai du regard une seconde : il avait vraiment l'air sobre. Je soupirai.

-Je voulais m'excuser pour ma réaction d'hier soir. C'était déplacé.

Il me considéra une seconde avant de m'offrir un sourire doux.

-Tu t'excuse de quoi ? D'avoir eu peur ?

Je ne répondis pas et il poursuivit.

-Ta réaction était tout à fait compréhensible, Louna. Même si j'aurais préférer l'éviter, je la comprends parfaitement. C'est plutôt à moi de m'excuser. (Sa voix flancha légèrement.) Tu étais ma meilleure amie, (Il eut un sourire amer.) la seule qui me témoignait un peu d'attention. Et j'ai essayé de te tuer. Je voulais te tuer.

Sans trop comprendre pourquoi, son discours me fit monter les larmes aux yeux. Je secouai la tête dans l'espoir de les chasser en vain.

-Tu n'étais pas toi-même, murmurai-je.

-Oui, mais je l'ai voulu, c'est moi qui ai demandé à Lucifer de me Corrompre. De te Corrompre.

Je ne tins pas compte de sa dernière phrase, songeant qu'il pensait cela juste pour se culpabiliser encore plus.

-Ce n'était pas ta faute, tu ne savais pas ce que ça impliquait. Aucun de nous ne le savait.

Je relevai les yeux sur lui comme il ne répondait pas. Je constatai qu'il avait lui aussi les larmes aux yeux. Il les chassa en clignant des paupières. Nous nous dévisageâmes un instant. Il m'attira doucement à lui et nos lèvres se scellèrent. Kingsley m'embrassa avec une douceur qui ne lui ressemblait pas. Ses lèvres avaient encore un goût de whisky, mais je sentais sa tristesse, sa culpabilité et bien d'autres choses. Une larme glissa sur ma joue, mais il m'aurait été impossible de dire à qui elle appartenait. Je mis fin au baiser et m'écartai doucement.

Je regardai l'heure. 19h47. Et merde.

-Je… je suis désolée, balbutiai-je. J'ai…j'ai rendez-vous avec Scott dans moins d'un quart d'heure.

Kingsley blêmit et fronça les sourcils.

-Scott ? Comme dans « Scott, l'alpha de Liam » ?

Je hochai la tête.

-Je n'aime pas que tu sois seule avec lui, soupira-t-il, mais j'imagine que je n'ai aucune chance de t'en dissuader ?

-Nan, tu n'y arriveras pas.

Il ferma les yeux un instant.

-Alors laisse-moi au moins t'accompagner à ta voiture.


Je coupai le moteur de la Jaguar et inspirait profondément. Je n'arrivais pas à calmer les battements effrénés de mon cœur, et un malaise pire que celui qui m'avait traversée quand j'étais à la recherche de Kingsley m'assaillit. Je fermai les yeux. Inspiration. Expiration. Inspiration. Expiration. Je rouvris les yeux et sortis de la voiture, je me dirigeai d'un pas mal à assuré –chose qui ne m'arrivait presque jamais- vers la porte d'entrée. Je sonnai. Scott apparut dans l'embrasure de la porte une seconde plus tard. Il s'effaça pour me laisser entrer. Nous allâmes dans le salon, Mélissa étant absente. Il me fit signe de m'asseoir, mais je restai debout et croisai les bras sur ma poitrine. Il commença à faire les cents pas. Il avait l'air nerveux, ce qui me réjouit.

-Voilà, je voulais m'excuser pour ma réaction l'autre soir. C'était déplacé, dit-il répétant presque ce que j'avais dit à Kingsley un peu plus tôt. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. Après tout si Liam est un Sang-Bleu, je ne peux rien y faire.

Je le considérai un instant, ne sachant pas trop comment réagir. Il avait l'air sincère et j'avais face à moi le Scott McCall que je connaissais. Cependant, je ne pouvais me débarrasser de cette impression de danger imminent qui m'oppressait la poitrine.

Je finis par écouter ma raison et hochai la tête.

Scott se détendit en comprenant que je le pardonnai.

Il me pria de rester un peu, me demandant entre autre de lui expliquer ce que le fait que Liam soit un Sang-Bleu impliquait. Après une légère hésitation, je finis par accepter.

Au bout d'un moment, il décida de nous faire des chocolats chauds à sa façon. J'avais voulu le suivre jusqu'à la cuisine, mais le loup-garou avait décrété que je ne pouvais pas voir ses ingrédients secrets. Je pouffai avant de retourner dans le salon. Scott revint quelques minutes plus tard avec deux tasses fumantes. Il m'en tendit une et s'installa à coté de moi. Je fermai les yeux et sentis la tasse. Je reconnu l'odeur du chocolat chaud, mais je distinguai aussi une autre odeur, plus étrange. Elle m'évoquait quelque chose, mais impossible de savoir quoi.

-Goûte, fit Scott, dis-moi si tu aimes.

Je m'exécutai. Le goût du chocolat dominait, mais je goûtai aussi autre chose. Quelque chose de plus amer et sucré à la fois.

-Alors ?

-C'est pas trop mal. Mais ça m'intrigue ton « élément secret », je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Qu'est-ce que c'est ?

Il sembla perdre ses moyens une fraction de seconde avant de me lancer un regard qui se voulait mystérieux.

-Haha…

Je pouffai quand soudain ma vision se troubla.

-Louna ? Tu vas bien ?

Je sentis mes mains trembler.

-Ah…euh…oui, c'est juste que…

Ma vision se brouilla à nouveau.

-Je…je crois que je…je ferai mieux de rentrer…

Je voulus me lever, mais ne réussit qu'à m'étaler pathétiquement sur le tapis. Scott se pencha au-dessus de moi.

-Alors, Séléné, on ne tient plus sur ses jambes ?

Tout commença à tourner autour de moi avant de se flouer. Je voulu me lever : en vain.

Cette expression mauvaise sur le visage de Scott… ce ton impérieux et froid à la fois… je les connaissais.

Ils appartenaient au Sang-d'Argent qui m'avait déjà attaquée à deux reprises.

Cette faiblesse soudaine ne pouvait pas être due à la nuit dernière. Mais alors… ? Soudain je compris.

-Tu m'as droguée…, murmurai-je, sentant mes forces me quitter.

Je n'entendis pas sa réponse, mais la dernière chose que je vis avant de sombrer était le rictus mauvais qui ornait ses traits.

*Extrait de Je compte sur mes doigts de Lola Ces.


Coucou les gens

1) Ce n'est pas impossible que je modifie ce chapitre avant de poster le prochain. Si c'est le cas, je l'indiquerai au début du suivant.

2) Vos avis, please ? Sur, par exemple le fait que ce soit Kingsley qui ait donné l'idée à Lucifer de Corrompre Louna ; sur le moment Stiles/Louna ; sur le moment Kingsley/Louna ; pourquoi à votre avis Kingsley a-t-il dessaoulé si vite quand il a touché Louna ?

Bizz,

A la prochaine