Quatre jours s'étaient écoulés depuis que Stiles avait révélé par inadvertance le secret de sa relation avec l'alpha, ainsi que quelques détails assez gênants, aux autres membres. La diffusion de ces éléments au reste de la meute avait valu à l'adolescent de se faire frapper par le loup-garou, devenu complètement rouge. Chaque jour depuis la découverte de ce secret jusque-là bien gardé, les jeunes avaient posées toutes sortes de questions sur leur relation, mais Derek était resté impassible, menaçant toujours Stiles du regard pour qu'il ne dise rien de plus. Andrew était toujours avec eux, profitant de leur protection tant qu'il le pouvait, et Peter passait lui aussi plus de temps dans le repaire avec la meute. Le mardi de la semaine suivant la déclaration accidentelle, la situation était un peu plus détendue, et les bêtas avaient moins peur de finir encastrés dans un mur s'ils faisaient allusion au couple. Ils commencèrent à se remémorer les différents moments où les deux hommes avaient été seuls tous les deux.

"-Dans le bus, la fois où on était tous bloqués par la neige, vous faisiez vraiment des trucs alors ?, demanda Lydia avec sa bouche en coeur.
-Quoi ? Mais non voyons !, s'indigna le jeune brun.
-Bah alors quand on était chez Jackson, et que vous étiez tous les deux dans la chambre ?, essaya Erica.
-Non plus, répondit Stiles, blasé.
-Bien sûr que non, ça c'étaient Isaac et Danny, se moqua Jackson.
-C'est clair que toi on t'a pas entendu cette nuit-là, le nargua le garçon frisé.

Ils commencèrent à se disputer, comme d'habitude, et l'attention se reporta sur eux, au grand bonheur du fils du shérif. Il jeta un regard à son amoureux, qui jouait plus loin aux échecs avec son oncle.

-Hé hé, j'ai gagné, échec et mat Derek, chantonna Peter avec un sourire triomphal sur le visage.
-En effet, répondit son neveu en haussant les épaules.
-En même temps c'était pas difficile, tu penses à autre chose.
-Occupe-toi de ce qui te regarde, lui répondit sèchement l'alpha avant de se lever et de se diriger vers la pièce d'à côté."

Peter sourit vaguement ; il savait parfaitement que le dernier membre de sa famille était bouleversé par la situation que Stiles avait créée. Lorsqu'il avait avoué son homosexualité à ses parents, il avait été tellement honteux qu'il ne leur avait présenté son petit-ami de l'époque que très tard et qu'il avait rompu avec lui quelques semaines après. Aujourd'hui il n'avait plus que sa meute comme semblant de famille, et était toujours aussi gêné par son orientation sexuelle.
Stiles se leva à son tour pour retrouver son amoureux. L'alpha était de dos, les poings appuyés sur une table au fond de la pièce. L'adolescent s'approcha de lui doucement, mais il sursauta quand même.

"-Hé Derek, je voulais te dire ... Je suis vraiment désolé qu'on soit démasqués à cause de moi ... C'était pas mon intention tu sais ... J'ai juste parlé à quelqu'un comme tu me l'avait conseillé ... Mais j'ai manqué de jugeote, je le reconnais ... -il fit une petite pause et, après avoir entendu son amoureux renifler pour la dixième fois, il reprit la parole.- Derek tu ... Tu pleures ?

L'alpha tourna la tête vers lui, le visage fermé. Ses yeux étaient brillants, et il se mordait l'intérieur de la joue.

-C'est à cause de moi ? demanda-t-il avec peine.

Le plus âgé lâcha un soupir amusé avant de lever les yeux au ciel.

-Non c'est pas toi Stiles, c'est juste moi ... -lui dit-il avant de renifler une nouvelle fois.- Tu devrais retourner t'amuser avec les autres, ça va aller ...
-Bin ils étaient en train de me cuisiner sur nous deux, alors je crois que je vais rester ici avec toi, répondit-il en regardant le sol.

Ils restèrent dans la même position. Stiles ne savait pas comment réagir face à cette situation. Il avait su aider son meilleur ami quand il était devenu loup-garou, il avait su survivre pendant un an dans une jungle surnaturelle, avec des lycanthropes, un kanima, un adolescent tueur et des chasseurs, il avait su trouver sa place dans une équipe de crosse, mais il était incapable de consoler son copain. Il n'arrivait pas à trouver de mots pour le faire aller mieux, et il observait la scène , impuissant.

-C'est quoi le problème avec toi ?, hasarda-t-il timidement.
-L'armure qui protégeait mes sentiments a été explosée par un gosse ... Et ça me rend fou, lui dit-il dans un soupir, avant de renifler à nouveau.
-Je ...
-Je t'aime Tiloup -le coupa-t-il.- Mais j'ai l'impression de faire quelque chose de mal. J'ai l'impression que je n'ai pas le droit de t'aimer ...

L'adolescent le regarda en fronçant les sourcils et lui posa une main sur le bras.

-C'est normal, je te rappelle que je suis mineur ... Mais qui s'en occupe ? La meute ? Ils s'en balancent tous, ils sont juste contents pour nous. Mais je t'aime aussi, et tant que je t'aimerais, je te jure que le premier qui ose dire qu'on ne doit pas être ensemble, je lui casse la gueule, même si c'est toi. Je suis sérieux.
-Je t'aime Stiles ..., répéta l'alpha avec une voix coupée avant de se jeter dans les bras de son amoureux."

Il le serra fort contre lui, en enfouissant son nez dans son cou, et se laissa pleurer. Le jeune garçon était perdu, il ne savait toujours pas quoi faire. La scène lui semblait un peu bizarre, et il était gêné de voir son copain fondre dans ses bras de la sorte. Puis, alors que Derek répétait une autre fois qu'il l'aimait, dans un sanglot déchirant, il sût trouver les gestes. Une de ses mains trouva refuge contre la nuque mise à nue du loup-garou, et l'autre serra tant bien que mal son dos. Stiles se sentait patraque, comme si il partageait la douleur intérieure de son amant. Ils restèrent dans cette position pendant quelques minutes, puis l'alpha se dégagea, chassa les larmes insolentes qui couraient le long de ses joues et alla s'assoir contre le mur de briques pour reprendre sa dignité tranquillement. Le plus jeune se doutait qu'il voulait être un peu seul, mais ce n'était pas dans ses projets à lui ; il comptait bien rester jusqu'à ce que le loup-garou retrouve le sourire. Il s'assit à côté de lui, et contre toute attente, Derek s'allongea par terre et posa sa tête sur les jambes du garçon. Ce dernier lui sourit doucement avant d'entrelacer leurs doigts. Sa main libre caressa distraitement les cheveux noirs coiffés au gel de son amoureux, et il posa sa tête contre le mur. Derek était fatigué, il avait du mal à dormir quand il était avec Stiles parce que son lit était trop petit pour deux, et l'adolescent lui dormait généralement dessus, mais il avait aussi du mal à dormir quand il n'était pas avec lui. Sa respiration se fit plus lente et il ferma les yeux quelques instants, profitant des caresses tendres de son compagnon. Lydia arriva quelques minutes plus tard, Jackson sur les talons. Elle se stoppa en voyant les deux hommes par terre, et son petit-ami lui rentra dedans.

"-Prends pas racine ma chérie, y a encore du monde derrière moi !, rouspéta-t-il alors que Danny lui était aussi rentré dedans.
-Attends y a déjà du monde ici, lui dit-elle doucement.
-Shhh, il vient de s'endormir, chuchota Stiles à ses amis.
-Trop mignon, soupira la rousse en souriant amicalement.
-Tu bouges Ken ? On aimerait bien aller chercher à manger ! C'est ton cul qui passe pas entre les portes ?, demanda Isaac en riant.
-Shht shht, Derek pionce !, répondit l'ancien kamina à voix basse, en leur faisant signe de se taire."

Ils firent tous demi-tour, et allèrent s'assoir docilement en attendant que leur leader se réveille. Lorsque cela arriva enfin, les adolescents taquinèrent à nouveau leur ami humain sur sa relation, mais le phénomène commençait à se dissiper, en partie grâce à Jackson qui en avait marre d'entendre toujours le même sujet de conversation. Ils finirent par se séparer, et partirent chacun de leur côté.

Andrew passait ses journées enfermé dans le salon et commençait à s'ennuyer. Cette nuit-là, lorsque le ciel fût noir, il sortit prendre l'air. Il alla se balader dans la ville. L'air était frais autour de lui. Ses instincts animaux étaient libres. Il sentait tout, voyait tout et vivait à cent à l'heure. Une liberté qu'il chérissait depuis toujours. Même si la meute qu'il avait trouvée était gentille, il ne trouvait pas sa place ; l'alpha semblait le détester. Alors qu'il marchait tranquillement les mains dans les poches, certain de ne pas être dérangé, il sentit quelque chose. Une odeur qu'il n'oublierait jamais. Dix mètres derrière lui se trouvait Sean, vingt mètres devant lui se tenait Damuel. Les deux frères l'avaient retrouvé. Comment ? Ne dormaient-ils donc jamais ? Il n'eut pas le temps d'épiloguer ; alors que le plus vieux des frères se rapprochait de son dos, il se mit à courir dans la nuit. Prendre des rues sombres serait son seul avantage.

Pendant ce temps Stiles passait un excellent moment avec Derek. Il avait réussi à convaincre son amoureux de dormir avec lui, puisqu'il ne l'avait plus fait depuis quatre jours, et il avait réussi à l'exciter suffisamment pour qu'il accepte de tenter une nouvelle fois de coucher avec lui. Les deux hommes étaient quasiment nus, leurs sous-vêtements étant leur dernière protection, et Derek finissait d'émoustiller son copain en embrassant son ventre doucement, avant de passer à la vitesse supérieure. Il avait retenu la leçon, et n'essayait plus de se coller contre l'adolescent s'il était au-dessus de lui, ni même de titiller son cou avec ses lèvres, sous peine de finir avec une commotion cérébrale. Ils changèrent de places, et Stiles se retrouva au-dessus. Il se pencha pour embrasser son amoureux, qui passa ses deux mains sous le caleçon de l'adolescent au niveau de ses fesses, et commença à le baisser doucement. Stiles saisit la couverture et la mit sur eux, prétextant qu'il avait froid. Derek ne s'en formalisa pas et l'embrassa à nouveau. Cette fois-ci était la bonne ; le garçon était nu sur son copain, et ce dernier n'allait pas tarder à l'être lui aussi. L'alpha souleva son bassin pour retirer son boxer, et frôla légèrement le membre dur de l'adolescent, ce qui fit refermer à son propriétaire ses dents sur la lèvre du loup-garou. Derek lui dit que ce n'était rien, et alors qu'il allait le rassurer une dernière fois avant de lui ôter sa virginité, la fenêtre s'ouvrit avec fracas et une forme sombre se jeta dans la chambre. Stiles hoqueta de stupeur avant de s'aplatir contre son amoureux pour que l'intrus ne voie rien de leur nudité. Les yeux du loup-garou en face d'eux brillèrent à cause d'un jeu de lumière créé par la lune, et Derek se retint de se jeter sur lui pour l'étrangler.

"-Ça va ? Pas l'impression de déranger ? Qu'est-ce que tu fous ici ?! Tu devrais être avec Peter dans le repaire !, s'insurgea-t-il en espérant que la position dans laquelle ils étaient serait assez explicite pour que le jeune homme s'en aille docilement.
-Je suis sorti prendre l'air, mais ils étaient là, ils ont failli m'avoir ..., lui expliqua Andrew, le regard terrifié.
-Bah ... Et tu les amènes ici ?! T'es con ou quoi ?!, hurla l'alpha.

Il ordonna au bêta de se retourner, et se rhabilla en vitesse. Il jeta un coup d'oeil rapide par la fenêtre, et ne vit personne dans les parages. Il releva la vitre et au moment où le jeune homme passait en chemin inverse, il lui frappa l'arrière de la tête en bougonnant.

-Je fais vite -promit-il à son humain.- Je le ramène à Peter, et je reviens !
-Hm hmmm, lui répondit Stiles, la tête enfouie dans son oreiller, et le visage rouge de honte."

Les deux ombres se faufilèrent dans la nuit jusqu'à la voiture noire de l'alpha, qui ne décrocha pas un mot du voyage. Ce lycanthrope était vraiment une plaie, et il allait devoir le trainer pendant un moment. A ce moment-là, Derek préférait un million de fois Scott à Andrew, et même Jackson lui semblait plus agréable.
Il revint enfin, 40 minutes plus tard. L'adolescent c'était rhabillé lui aussi, et endormi paisiblement. Derek soupira et essaya de se trouver une place dans le petit lit, sans réveiller son propriétaire. Chose difficile à réaliser, puisque Stiles était étalé dessus ; il réussit cependant à faire rouler le garçon doucement, et à s'installer contre lui, avant de sombrer à son tour dans le sommeil.
Leur nuit à tous les deux fut agitée. Derek rêva qu'il était attaqué par des ennemis au visage flou. Il combattait comme un guerrier, et ses adversaires disparaissaient les uns après les autres. Alors qu'il se retournait pour continuer son combat, sa main vola contre un arbre, lui provoquant un cri étouffé. Ce moment de déconcentration lui fût fatal, puisqu'un des hommes sans visage lui asséna un coup d'épée dans le mollet, ce qui lui arracha un hurlement.
Dans le rêve de Stiles, les choses étaient différentes. Il était sur une plage, en train de regarder des crabes marcher tranquillement, quand un ballon de beach-volley lui atterrit en pleine tête. Il se frotta le point d'impact et grommela avant de taper la balle avec son pied, pour la renvoyer à ses propriétaires.
Les deux hommes se réveillèrent en même temps, ayant mal partout. Ils restèrent quelques minutes sans parler, puis Stiles réalisa que sa joue était en feu.

"-Derek ... Tu m'as pas collé ta main en pleine gueule par hasard ?
-Ah c'était ça ... -chuchota-t-il, avant d'ajouter en haussant la voix.- Je te signale que tu m'as balancé un coup de pied dans le mollet, ça fait mal.
-Pas plus que la planche qui te sert de main dans ma tête !, se défendit-il.

Le lycanthrope soupira et serra le garçon dans ses bras.

-Ton lit est trop petit, Stiles ..., murmura-t-il dans son oreille.
-Oui bah je fais ce que je peux pour qu'on soit ensemble, je te signale ..., bouda le jeune homme.

Derek hésita quelques secondes avant de proposer son plan, qu'il préparait depuis quelques jours déjà.

-Et sinon ... ça te dirait qu'on ait un appart' pour nous ?

Stiles prit le temps d'analyser ce que venait de lui dire son amoureux, étant donné qu'il était deux heures du matin.

-Tu veux qu'on s'installe ensemble ? C'est pas un peu bizarre ?
-Non, non, pas qu'on s'installe ensemble, t'es trop jeune. Mais ... On pourrait y aller de temps en temps ... Le lit est plus grand ...
-Parce que t'as déjà pris un appart' ?!, s'offusqua l'adolescent.
-Bin ... J'avais besoin d'un endroit où vivre, je vais pas supporter Peter et Andrew pendant longtemps ... J'ai besoin d'espace personnel. Un endroit où je puisse être avec toi sans risquer de voir ton père débarquer, ou quelqu'un passer par la fenêtre ... soupira-t-il.
-T'as besoin d'un endroit où me niquer, quoi ?

L'alpha lui frappa l'arrière de la tête.

-Parle pas mal, Stilinski.
-M'appelle pas comme ça -bouda-t-il.- Et avoue que c'est pour ça que tu l'as pris cet appart'.
-Je voulais juste plus d'espace, lui affirma-t-il en enfouissant son nez dans le cou du garçon.

Stiles sembla capituler, et ils commençaient à se rendormir, quand son ventre se mit à crier famine. Cela fit doucement rire son amoureux, et l'adolescent se défendit du mieux qu'il put.

-J'ai trop envie de manger de la glace, dit-il les yeux dans le vague.
-De la glace ? En hiver ? -releva le lycanthrope- Mais t'es pas fini Stiles ...
-De la glace à la vanille avec un coulis de caramel et des morceaux de cookies... Oh oui, j'en rêve, continua-t-il, l'eau à la bouche.
-Ne compte pas sur moi pour aller t'en chercher, tant que tu ne tombes pas enceint, je ne ferais pas tes quatre volontés en plein milieu de la nuit, le prévint Derek.
-Ah, le grand problème d'être un homme ... -se lamenta Stiles.- Mais de toute façon y en a absolument plus nulle part ... J'arrive pas à en trouver à Beacon Hills, ni aux alentours ... Ils ont dû arrêter d'en produire, ajouta-t-il déçu.
-Tant mieux, ça à l'air absolument immonde ; ça ne peut que te sauver la vie, le consola l'alpha, avant de lui conseiller de dormir."

Ils se serrèrent l'un contre l'autre pour la nuit, en espérant ne plus s'entrechoquer pendant leur sommeil.
Lorsqu'il se réveilla, Stiles était seul dans son lit. Il se passa une main sur le visage et scruta sa chambre. Son amoureux n'était vraiment plus là, ce qui le rendit triste. Il regarda son portable où un message était tombé pendant qu'il dormait.

"Derek :
Il s'est mis à neiger, j'ai dû partir pour ne pas laisser d'empreintes par terre. J'ai préféré te laisser dormir."

Stiles sourit devant la simplicité du SMS. Son homme n'était vraiment pas bavard ; il aurait bien voulu voir un 'je t'aime' ou un 'tu me manques', mais se consola en se disant que l'alpha lui dirait sûrement en personne.
L'adolescent se dépêcha de se préparer pour ne pas arriver en retard en cours. La neige tombait fortement et tout était blanc dans la ville. Il espérait que cela fonde rapidement, pour qu'il puisse voir son loup-garou dans la journée, mais la météo en décida autrement. Alors qu'il était en cours de chimie, il regarda les flocons tomber, par la grande fenêtre. Son professeur tyrannique s'approcha de lui un sourire cruel sur le visage et lui fit une réflexion désagréable, comme à son habitude.

"-Monsieur Stilinski, même si je me doute que votre regard est attiré par toute cette blancheur, qui représente parfaitement le vide de votre cerveau et votre bêtise infinie, vous serait-il possible d'être un peu attentif à mon cours ? A moins que vous ne préfériez restez avec moi en retenue jusqu'à ce qu'il fasse nuit dehors, et que votre esprit soit concentré sur ce que je dis ?
-Non, non c'est bon m'sieur, répondit le garçon en se retenant de lui lancer une réplique cinglante.
-Parfait, conclut M. Harris."

Le fils du shérif ne fût pas plus à l'écoute, mais faisait semblant, ce que son enseignant ne remarqua pas.
La sonnerie salvatrice retentit enfin, et les jeunes partirent en direction du point de rendez-vous donné par leur alpha. Il les avait tous convié dans la forêt, ce qu'ils trouvaient absurde étant donné qu'il faisait froid et que la neige les empêcherait d'avancer correctement. Néanmoins ils étaient tous là, devant Derek et son oncle qui était emmitouflé dans son manteau. Stiles fit un petit signe de main à son amoureux, se doutant que s'il se jetait à son cou pour lui voler un baiser, il n'apprécierait pas. Le plus jeune des Hale prit la parole après avoir frappé dans ses mains.

"-Bon les jeunes, aujourd'hui c'est spécial, on va faire un entrainement un peu particulier ! -annonça-t-il fièrement.- Je vais faire une petite démonstration de ce que j'attends de vous.

Il se baissa, prit de sa neige entre ses doigts et forma une boule. Alors qu'il allait la balancer sur ses bêtas, il se tourna et elle vola sur l'épaule de son oncle, qui perdit son sourire arrogant.

-Hé, on avait dit que tu visais Jackson !, se plaignit-il.
-Quoi ? Pourquoi moi ?!, intervint la première cible.
-Si j'ai bien compris on fait comme ça ?, demanda Isaac avant de tirer sur son adversaire de toujours.

Ce dernier protesta à nouveau, et la bataille commença. Si le loup-garou blond avait été la première cible pour la majorité de ses amis, les projectiles avaient fini par dériver de tous les côtés. Lydia avait préféré rester loin d'eux, ne voulant pas geler ses petits doigts sensibles. Peter la rejoignit avec son habituel sourire charmeur.

-Tu ne vas pas t'amuser ?, lui demanda-t-il.
-Non, je n'aime pas la violence de ce jeu, lui répondit-elle en haussant les épaules.
-D'accord ... J'ai envie de faire un bonhomme de neige, tu veux m'aider ?"

Elle le regarda avec pitié ; comment un homme de son âge pouvait-il avoir envie de faire un bonhomme de neige ? Elle réfléchit au fait qu'ils allaient rester ici pendant un moment, et qu'elle risquait de s'ennuyer, et finit par accepter.
Pendant qu'ils faisaient la base de leur oeuvre, les jeunes continuaient de se viser les uns et les autres. Scott, Allison, Isaac, Erica, Boyd et Stiles avaient décidé de s'associer contre Danny, Andrew, Jackson et Derek, qui avaient trouvé cette alliance injuste. Du coup l'équipe la plus grande avait sacrifié Stiles, qui avait protesté d'être jeté ainsi. Ils continuèrent de jouer avec la neige pendant une heure environ, puis la nuit commença à tomber, et ils décidèrent d'arrêter ; de toute façon, ils avaient tous plus ou moins froid. Ils prirent une photo de groupe autour du bonhomme de neige, sur laquelle le dernier membre arrivé n'apparût pas, s'étant proposé pour prendre la photo avec son portable. Une fois qu'ils eurent finit, ils repartirent vers leurs voitures qui étaient garées plus loin. Stiles, qui était le dernier de la marche, se tenait les bras de froid, et Derek s'arrêta pour l'attendre ; il passa un bras autour de ses épaules et le colla contre lui.

"-T'as passé une bonne journée ?, lui demanda-t-il à voix basse.
-Hmm, Harris était chiant mais ça c'est comme d'habitude ... Mais sinon c'était sympa comme après-midi, sauf le moment où tu m'as sauté dessus comme un sauvage, bougonna-t-il en riant.
-Bah, c'était uniquement pour qu'Isaac te touche pas, se défendit l'alpha en l'embrassant sur la tempe.
-Bien sûr, aucune manoeuvre pour abuser de moi !, sous-entendit Stiles.
-Même pas, lui assura-t-il.

Ils sourirent, et Derek fit un commentaire sur l'air qui était froid, avant de passer sa main glacée sous le manteau du garçon et de la poser sur sa peau chaude.

-Aaaaah, mais ça va pas ? T'as froiiiid, et tu oses mettre ta main sur moi qui ai chauuud. T'es pas bien dans ta tête ?, se lamenta-t-il en boudant.
-Le jury délibère -répondit son amoureux en riant-, et maintenant tu vois ce que ça fait quand toi tu colles tes paluches gelées sur moi, alors que j'ai bien chaud. Et j'en fais pas tout un plat moi.
-Bin oui, mais toi t'es plus résistant que moi, tu peux supporter le froid, mais pas moi !

Il se blottit contre le lycanthrope, et Isaac les interpela au loin.

-Allez, allez, on se dépêche là ! Je veux vite rentrer !"

Leurs amis se retournèrent et les charrièrent sur le fait qu'ils se tenaient l'un contre l'autre, ce qui fit baisser les yeux du loup-garou dans la neige.

Dans le salon, les jeunes avaient tous un chocolat chaud en main et discutaient de tout et de rien, assis par terre. Les deux Hale faisaient une partie d'échec dans leur coin, et Peter buvait son café entre chaque pion qu'il déplaçait. Son pauvre neveu perdit une fois de plus, et il se vanta de son talent indéniable pour la stratégie. Derek soupira et quitta la table pour aller s'étaler dans un des fauteuils. Stiles était fatigué, et voir tous ses amis blottis avec leur moitié le rendait triste. Son copain à lui ne voulait pas se montrer en public avec lui. Il ne comprenait pas vraiment, Isaac et Danny s'embrassaient bien devant tout le monde et personne ne semblait choqué. Alors qu'il poussait un énième soupir, il sentit quelqu'un s'assoir dans son dos. Deux jambes passèrent de chaque côté de son corps, un torse se colla à sa colonne vertébrale et une couverture marron s'enroula autour d'eux, les emprisonnant dans un cocon douillet.

"-Derek ? Tu fais quoi ?, lui demanda-t-il en rosissant.
-Un câlin, ça se voit pas ?, répondit-il en haussant les épaules.

Il entoura la taille de son amoureux de ses bras puissants et posa son menton sur son épaule. Stiles sourit, bien que sa barbe mal rasée lui pique le cou d'une façon désagréable.

-Je t'aime Tiloup, lui souffla-t-il doucement sur la peau.
-Moi aussi, répondit l'adolescent en appuyant sa tête sur celle de son amoureux.

Alors qu'ils passaient un moment adorable, Isaac manqua de s'étouffer.

-Comment il t'a appelé ?, questionna le garçon frisé avec un sourire sur les lèvres.
-"Timou" ?, hasarda Erica qui n'était pas sûre.
-Non, "Tiloup", leur répondit Stiles en haussant les épaules.
-C'est trop mignon !, s'exclamèrent les filles en même temps, ce qui arracha à leurs copains un soupir.
-Bah et vous, vous ne vous donnez pas de surnoms ?, maugréa Derek qui ne savait pas si elles se moquaient de lui ou pas.
-Moi je dis à Danny que c'est un geek, et il me dit que je suis un mouton, mais je suis pas sûr qu'on puisse appeler ça un surnom ..., dit le loup-garou frisé en regardant son copain.

L'hawaïen sourit et entrelaça leurs doigts avant d'embrasser la joue du garçon et de lui ébouriffer les cheveux.

-J'appelle Boyd "mon nounours", avoua Erica en se mordillant la lèvre.
-Moi je l'appelle juste "ma chérie", leur dit le grand noir sans se préoccuper des "oooh" qui avaient suivi l'annonce de son surnom.
-On n'a pas trop de surnoms attitrés non plus ... On s'appelle un peu comme on veut, dit Allison en regardant son amoureux, qui cherchait comment il avait l'habitude d'appeler sa copine.

Les yeux se tournèrent vers Jackson et Lydia, qui n'avaient pas dit grand-chose depuis le début.

-Je l'appelle "ma chérie", lâcha Jackson en levant les yeux au ciel.
-Tous les trente-six du mois, compléta la rouquine en boudant.
-Bon, et toi Stiles, comment t'appelles Derek ? -enchaîna Erica pour éviter une dispute de couple qui s'annonçait proche.- "Groloup" ? "Dede" ?
-"Derek sans pec" ?, hasarda Peter, assis plus loin à une table où il faisait une partie de son jeu de stratégie préféré avec Andrew.

Son neveu lui jeta un regard noir qui l'amusa au plus haut point, et il mangea la tour de son adversaire.

-"Derek sans ..." ?, commença Lydia.
-J'ai pas de surnom !, coupa l'alpha en se serrant contre son humain, disparaissant un peu plus sous la couverture.
-C'est vrai que je t'ai pas encore trouvé de nom mignon ..., réfléchit Stiles.
-Ça me va très bien comme ça. Après, tu peux m'appeler "maître" si tu veux, mais c'est tout ce que je t'accorde, bougonna le loup-garou au blouson de cuir.
-Non, non, je veux quelque chose de bien, un truc trop mignon ..., lui assura le garçon, en pensant à quoi choisir.
-J'ai une idée, et pourquoi pas "Gui" ?, répliqua Jackson.
-"Gui" ?
-Oui oui, c'est mignon, c'est doux, c'est rose, et c'est le diminutif de Guimauve, ironisa le blond.
-Tsssk, bon ça suffit -bouda le chef de meute-, tout le monde dehors, allez ! Dégagez de là les sales gosses !"

Les adolescents furent obligés de s'en aller, toujours amusés par l'idée du blond.
Alors que Stiles partait à son tour, Derek le suivit. Il le retint par le bras et le garçon se retourna.

"-Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda-t-il inquiet.
-Bin ... Tu sais, l'appartement dont je t'ai parlé ... Ça te dirait de venir avec moi ce soir ?, proposa l'alpha, les yeux rivés sur le sol.
-Je ... Euh oui ... Ouais, ouais, pourquoi pas !, lui répondit-il, les yeux brillants.

Après avoir confié la garde d'Andrew à l'oncle de Derek, ils s'en allèrent avec la jeep bleue vers leur nid douillet. Lorsque Stiles ouvrit la porte du studio, il fut un peu déçu. Il s'attendait à un palace, mais il se retrouvait avec trois pièces. La cuisine faisait salle à manger, la salle de bain faisait toilettes, et le salon faisait chambre.

-Ah c'est ... C'est sympa, déclara l'adolescent en regardant un peu partout.
-Ça te plait pas hein ... ?, répondit tristement le loup-garou.
-Si, si, c'est cool, lui répondit le garçon en souriant.
-Je sais quand tu mens Stiles, rétorqua son interlocuteur en haussant un sourcil.

Il soupira et déplia le canapé pour en faire un lit deux places. Après avoir mangé des pâtes et du jambon pour leur diner, les deux hommes se glissèrent dans le convertible. Stiles avait de plus en plus froid et grelotait.

-Tu vas bien Tiloup ? Je te trouve pas très en forme depuis cet après-midi, s'inquiéta le loup-garou en lui posant une main sur le front.
-Je sais pas ce que j'ai, je me sens un peu mal ... J'ai dû attraper froid dans la neige ..., lui dit-il les yeux mi-clos."

Derek le serra contre lui pour qu'il ait plus chaud, et il s'endormit rapidement, laissant le loup-garou pensif.

Même si Allison était partie se coucher depuis longtemps et qu'elle ne pouvait participer à la discussion, les frères Crinewhets étaient dans le salon des Argent, en train de parler avec Chris. Ce dernier leur avait demandé de passer pour parler du cas d'un certain Andrew. Ils étaient restés silencieux pendant le temps où leur hôte leur rappelait qu'ils ne devaient plus s'en prendre aux loups garous sur son territoire, d'après le traité qu'ils avaient signé. Après ce rappel peu agréable, les deux frères s'étaient regardé en soupirant, et Sean s'était levé et posté devant la fenêtre.

"-Chris, c'est vraiment blessant d'être sans arrêt rabaissé, alors qu'on essaye juste d'aider un peu. C'était plutôt sympa de notre part de nous charger des enragés qui avaient retenu prisonnier le gamin, là, déclara-t-il.
-Le fils Stilinski ? Vous avez tué les loups responsables de son enlèvement ? Vous vous fichez de moi ?!, gronda le père Argent.

Sean se retourna et mit sa bouche en coeur, visiblement gêné d'avoir révélée cette information.

-Dammy va tout vous expliquer, répondit-il en regardant son frère, qui semblait blasé.

Le cadet leva les yeux au ciel, devant une fois de plus réparer les erreurs du blond.

-M. Argent, le traité n'était pas encore signé, et de toute façon, ils avaient fait quelque chose de mal envers des civils, ils ont même tenté de s'en prendre à votre fille, je crois bien. Et par-dessus tout, ils étaient tous majeurs, lui assura le brun avec conviction.
-Oui enfin, j'ai pas relevé leurs cartes d'identité à tous non plus, plaisanta Sean.

Les deux hommes devant lui le regardèrent, visiblement peu amusés et doté d'un sens de l'humour bien à eux, et l'aîné des Crinewhets se retourna en faisant disparaitre son sourire, pour éviter de se faire taper par l'un ou l'autre.

-Toujours est-il que je dois vous avouer qu'on a pas tout à fait terminé avec cette meute, il reste des Omégas qui se sont échappés ..., continua Damuel.
-Vous laissez ce garçon tranquille, le menaça Christopher du doigt.
-Permettez-moi de vous expliquer la situation pour celui-là, lui demanda le cadet en plissant les yeux."

***

Assis sur les gradins du terrain de crosse avec ses bêtas, Derek se demandait s'il n'était pas en train de perdre son autorité sur ses troupes. Les garçons de l'équipe avaient réussi à lui faire promettre de venir les voir jouer leur match, et les filles avaient réussi à le faire assoir avec elles. Peter et Andy avaient suivi le mouvement, ne voulant pas être laissé de côté une fois de plus. L'alpha essayait de se cacher dans la foule, mais il était à côté de véritables groupies qui criaient pour encourager leur équipe, accompagnées vocalement par Peter, alors que le match n'avait même pas encore commencé. Stiles allait jouer ce soir-là, puisque son médecin lui en avait donné l'autorisation, et que même s'il avait été en fauteuil roulant et les bras dans le plâtre, le Coach l'aurait fait jouer car il était en sous-effectif à cause d'une épidémie de gastro qui touchait la ville. L'adolescent était toujours souffrant à cause de sa bataille dans la neige de la veille, mais il ne voulait pas décevoir son amoureux qui était venu en partie pour le voir. La partie commença rapidement, pour le plus grand soulagement de Derek. Ses tympans manquèrent d'exploser à plusieurs reprises, et chaque fois que l'équipe de Beacon Hills marquait un point, les gens se levaient et le frappait de toute part. Il n'avait pas envie de participer à toute cette animation, puisque son amoureux ne semblait pas aller bien. Il se trainait sur le terrain. Soudain, une ouverture se présenta à lui pendant le troisième quart-temps ; il se mit à courir, et Isaac et Jackson lui ouvrirent la voie en écartant les adversaires. L'adolescent passa la balle en caoutchouc à son meilleur ami au moment où il se faisait projeter au sol par un adversaire. Des sifflements d'indignation s'élevèrent dans la foule, suivis d'applaudissements dus au fait que Scott avait marqué. Peter obligea son neveu à se lever et à applaudir à son tour, ce qu'il fit à contre-coeur. Lorsque la fin du match sonna enfin, Derek attrapa Stiles par le bras et le tira derrière les gradins. Les mains dans les poches de sa veste, il piétina la neige qui était déjà un peu aplatie par les allées et venues des spectateurs.

"-T'as bien joué ce soir, lui dit-il comme une pom-pom girl de 14 ans l'aurait dit en rougissant au capitaine de l'équipe de foot dont elle est amoureuse depuis trois ans.
-Merci, mais ... J'ai pas marqué de point ..., lui fit remarquer l'adolescent.
-Ouais mais t'as vu comment ils étaient méchants en face ! Y en a aucun qui te laissait passer !, s'indigna le loup-garou.
-C'est le jeu Derek, rit Stiles.

Avant qu'ils n'aient pu se dire quoi que ce soit d'autre, le shérif se dirigea vers eux.

-Ton père te ramène ?, demanda l'alpha.
-Ouais ... Je pourrais pas venir chez toi cette nuit, plaisanta le garçon.
-De toute façon, t'aimes pas mon appartement -répliqua-t-il en haussant les épaules.- Je te retrouve dans ta chambre tout à l'heure, mais je te rappelle que je resterais pas longtemps, lui souffla-t-il avant de s'en aller.

Le père de l'adolescent fronça les sourcils.

-Il voulait quoi ?, questionna-t-il en regardant Derek s'éloigner.
-Me ... Nous féliciter pour le match ... Il avait un message pour Scott aussi, répondit son fils en se mordant la lèvre.
-Fais gaffe avec ce type-là, Stiles, tu l'as envoyé en prison et il a été suspecté de meurtres je te rappelle.
-Il est innocent Papa ..., le défendit-t-il.

Le shérif soupira, il n'avait pas envie de discuter plus longtemps avec son fils d'un repris de justice.
Alors qu'ils arrivaient chez eux, il prévint sa progéniture qu'il avait encore du travail et qu'il rentrerait peut-être tard. Bizarrement, depuis qu'il était en couple avec Derek, cette nouvelle lui convenait très bien. Il salua son paternel et rentra dans la maison. Son amoureux arriva quelques minutes après lui, et ils échangèrent un long baiser.

-J'ai pas pris ma douche aux vestiaires, et j'ai besoin d'un bon bain relaxant ... Tu viens avec moi ?, proposa-t-il en se mordillant la lèvre inférieure.

Derek rit devant cette demande pleine de sous-entendu, et suivit le garçon dans sa salle de bain, après s'être déchaussé dans sa chambre. Ils se déshabillèrent pendant que l'eau coulait, et l'alpha ne put s'empêcher de caresser le corps de son humain et de l'embrasser. Ils étaient encore tous les deux en jean, et l'adolescent se laissa faire docilement et entoura ses bras autour du cou de son amoureux. Ils finirent par se décoller, puisque Stiles tenait absolument à mettre de la mousse dans ce bain. Il attrapa la bouteille et commença à en renverser un peu dans l'eau qui continuait d'augmenter. Derek vint se coller dans son dos, défit sa ceinture et déboutonna son pantalon, avant de glisser sa main dans son jean. Le plus jeune sursauta devant cette intrusion, et ses hormones devinrent folles sous la caresse inattendue de son intimité. Sa main se crispa sur la bouteille de bain moussant et il en versa bien plus que ce qu'il ne souhaitait. Sa tête alla cogner le torse du loup-garou, et il essaya de retirer la main baladeuse.

-Aaaah, mais regarde ce que t'as fait ! Me prends pas par surprise comme ça ! , s'insurgea-t-il, légèrement rouge.
-Bah je te prends comment alors ?, demanda le plus vieux avec un sourire pervers.
-Rrrrh ! Tourne-toi, obsédé !, lui ordonna-t-il, le teint encore plus pourpre.
-Ah oui c'est vrai, quelqu'un a le zizi timide, soupira Derek en se retournant et en retirant son jean noir.
-Ne te moque pas !, bouda Stiles avant de rentrer dans l'eau chaude.

Derek lui promit qu'il se moquerait de lui jusqu'à la fin de ses jours, et finit par se mettre nu pour profiter lui aussi du bain. L'adolescent se cacha les yeux, sans vraiment savoir pourquoi.

-Je te remercie ! -ironisa l'alpha.- Tu veux pas qu'on prenne un bain habillé aussi ?
-Nan mais ça me gêne ..., avoua le garçon.
-T'étais pas gêné y a deux jours, fit remarquer Derek.
-On était dans le noir et moi je vois pas dans le noir ...
-T'étais pas gêné quand tu m'as plaqué contre la porte et que t'allais me ..., continua-t-il.
-J'étais pas moi-même ce soir-là !, le coupa Stiles avant qu'il ne finisse.

L'alpha, qui s'était assis à l'opposé du garçon, se rapprocha de lui, sur le ventre et la tête hors de l'eau. C'était une position complètement inconfortable, mais il fallait bien ça pour qu'il se rapproche facilement, sans qu'il ait à se jeter sur lui comme une baleine. Il embrassa ses lèvres douces, en essayant de garder la tête à la surface de l'eau. Pendant qu'une de ses mains lui permettait de ne pas se vautrer sur le garçon en prenant appuis sur le fond de la baignoire, la deuxième caressait sa hanche. Leurs jambes s'entremêlèrent, celles du jeune garçon cherchant une accroche, pendant que ses bras entouraient de bas du dos de l'homme au-dessus de lui. Soudain Derek s'arrêta et rompit leur baiser.

-Il devait pas rentrer tard ton père ?
-Je sais pas, pourquoi ?
-Parce qu'il est en train de monter les marches de ton escalier ..., s'inquiéta-t-il.
-Et merde ... -souffla l'adolescent dont le coeur fit un triple tour sur lui-même.- Mets ta tête sous l'eau, je te couvre de mousse !, lui ordonna-t-il en chuchotant.
-Quoi ? Mais je vais me noyer !
-Je t'ai vu faire plusieurs longueurs sans respirer chez Jackson alors tu mets ta tête sous l'eau !, répéta-t-il.

Il ne laissa pas plus de temps à son amoureux pour discuter, et lui enfonça le crâne de force sous la surface de l'eau au moment où son père ouvrait la porte.

-T'es pas encore couché toi ?, lui demanda son père en fronçant les sourcils.
-Espace personnel Papa !, cria l'adolescent en étalant la mousse du mieux qu'il put sur toute la surface de la baignoire.
-Je t'ai vu naître Stiles, je sais à quoi tu ressembles nu ..., soupira son père.
-Mais c'est horrible ce que tu dis là-aaah-aaah !, prononça-t-il avec un petit cri à la fin de sa phrase.

Derek venait de glisser contre son gré vers l'entre jambe de son amoureux qui lui tenait toujours la tête sous l'eau. Il ferma les yeux pour éviter de penser à la situation embarrassante dans laquelle il était, et pour se focaliser sur son oxygène restant.

-Un problème ?, questionna son père en levant un sourcil.
-Non ! Mais je t'en supplie, va-t'en de cette pièce !
-Hé hé, sur un autre ton jeune homme, je te rappelle que je suis ton père, et que tu profites de ma baignoire là.
-Je profite de rien du tout là ! Papa s'il-te-plait, je suis malade, j'ai besoin de finir ce bain pour me détendre !, supplia-t-il son père.

Son père allait le sermonner, mais Derek relâcha de l'air par la bouche à ce moment-là, et de grosses bulles remontèrent à la surface. Stiles plaqua sa main valide sur sa figure, et son père recula doucement.

-Euh bon ... Bon ... Je vais te laisser si tu es malade alors -il se racla la gorge, gêné.- Tu mets pas d'eau partout hein ?
-Non Papa, capitula le garçon en se mordant la lèvre.

Lorsque la porte fut refermée, l'alpha put respirer à nouveau. Il crachota, en retirant l'eau qui ruisselait de son visage.

-Tu vas vraiment me dégouter de l'eau Stiles, le prévint-il en reprenant son souffle.
-Pfff, tu pouvais pas te retenir de respirer encore un peu ? Mon père croit que je suis un gros porc maintenant !, bouda Stiles.
-Pardon ? Tu préfères qu'il croit que tu as des problèmes intestinaux, ou qu'il se rende compte que tu sors avec un homme beaucoup plus vieux que toi et qui a été accusé de meurtres ?, protesta-t-il.

L'hyperactif plongea le bas de son visage dans l'eau en boudant, et marmonna un "bliblublo" incompréhensible. Derek essaya de le relancer pour un câlin, mais l'adolescent le repoussa et sortit de l'eau. Il enroula une serviette autour de sa taille, avant de vider la baignoire. Il tendit une serviette à son copain, qui sortit à son tour en soupirant.

-T'es un vrai boute-en-train toi, lui dit-il en se séchant le corps.

Stiles haussa simplement les épaules, toujours tourné pour ne pas voir la nudité de son copain. Ce dernier se sécha rapidement, et se rhabilla en vitesse. Avant de partir, il fit se retourner le garçon et le tira par la serviette pour l'embrasser. Ils s'enlacèrent, et l'alpha lui murmura :

-J'aime pas quand tu me fais la tête Tiloup, souffla-t-il sur sa peau, avant de lui prendre le menton entre son index et son pouce.
-Je t'en veux pas ... Je sais bien que t'as rien fait de mal, le rassura-t-il."

Leurs yeux se mélangèrent amoureusement, et Stiles n'avait pas envie de quitter les bras de son copain. Il retira une petite peluche des cheveux noirs du lycanthrope et lui intima de sortir par la fenêtre. Son aîné s'exécuta, et alors que le garçon se séchait et s'habillait dans sa salle de bain, le loup-garou récupéra ses chaussures dans la chambre. Il avait les pieds gelés, mais s'en fichait ; il avait passé un bon moment avec son humain favoris. Il quitta la pièce avec regret, quelques minutes avant que Stiles ne rentre. L'adolescent s'étala sur son lit, le coeur en miette ; Derek ne passerait pas la nuit avec lui visiblement. Pendant la journée, il l'avait prévenu qu'il avait des choses à faire ce soir-là. Il ferma les yeux quelques secondes, puis son téléphone vibra ; il le saisit et décrocha.

"-Allo ? -il se mit à sourire, la tête enfouie dans son bras.- Tu peux pas te passer de moi, hein ?! -il écouta son amoureux parler, et se frotta les yeux.- Oui, moi aussi je t'aime Derek ..."