les personnages appartiennent a stephanie Meyer

Encore un grand merci à Galswinthe pour la correction

CHAPITRE 29 : NOËL

Des bruits de pas, des cris d'enfants. Je suis fatiguée. Je ne me lève pas. Je m'enfonce dans mon lit.

-Mamoun, le père Noël est passé. Allez dépêche-toi, s'il te plaît.

Sam et Nessie sautent sur mon lit.

-OK, OK, j'arrive. Deux minutes les amours.

Je m'extirpe du lit. Oh mon Dieu, je suis si fatiguée. Je passe à la salle de bains, me débarbouille, me lave les dents. Le dentifrice me fait vomir. Encore une journée qui s'annonce bien. Les petits sautent partout tout en criant de me dépêcher.

-On se calme, est-ce que les autres sont réveillés ?

-Oh oui Mamoun on n'attendait plus que toi. Emmett a dit de te laisser tranquille, mais un Noël sans toi, n'est pas un véritable Noël, Mamoun.

Les traîtresses sont aux bords de mes yeux. Voilà pourquoi il faut que je tienne. Pour ces amours et pour celui qui arrive. Je ne dois pas me laisser couler. Je vais remonter la pente, et je vais vivre. Oui Bella, vit. Tu verras le temps ne t'apportera que du bonheur avec tes enfants. Le reste ne compte pas. Je me regarde dans la glace, pas fameux. Je ferais peur au Grizzly. Allez un petit effort on se coiffe, on tape sur ses joues. Voilà un peu de couleurs. C'est mieux. Je vais demander à Alice et Rose de me maquiller un peu. Oui c'est cela Bella, avance. Un pas après l'autre mais avance.

Je sors de la salle de bains, mes anges m'attendent. Je leur tends mes mains. Ils en prennent chacun une. Je remarque que c'est toujours la même. La droite, Nessie, la gauche pour Sam. C'est rigolo.

Nous descendons les escaliers sous le regard des autres. Ils sont tous là, ils me regardent avec un air de chien battu.

-Que de figures ravies d'ouvrir leur cadeau de Noël. Le père fouettard vous a réveillé ou quoi ?

-Bonjour à toi aussi belle endormie, me répond Esmée.

Nous nous embrassons, puis nous nous installons autour du sapin.

Alice distribue les cadeaux. Les enfants sont pourris gâtés. Je suis touchée.

Nessie : jeu de la maîtresse, Cicciobello malade, encore un autre bébé. Une parure pour son lit, les rideaux et le pyjama assorti. De belles tenues.

Sam : Un sac rempli de ballon pour différents sport. Un panier de basket, une cage de but, des vêtements, des livres.

-Bella, me souffle Esmée. Edward a fait parvenir des cadeaux pour les enfants. Je ne...

-C'est bon Esmée, ne vous inquiétez plus de cela. J'ai tourné la page.

Elle me regarde, lève les sourcils et donne aux enfants leur cadeaux.

Pour Nessie, c'est un chevalet en bois bleu avec toiles et pinceau. Pour Sam, c'est une guitare avec partitions. Ils sont super content. Ils ont un sourire digne d'une banane. Cela fait plaisir à voir. Je baisse la tête.

-Il y en a un pour toi aussi, me tend Esmée.

Je la regarde, elle me tend une boîte. Je la prends et la pose à côté de moi, tout en la remerciant.

Ensuite je fais la distribution de mes cadeaux.

Pour Alice, je lui ai trouvé un livre sur les patrons des années 50.

Pour Jazz, un dvd sur la guerre de sécession.

Pour Emmett, deux places pour aller voir le match à Seattle.

Pour Rose, une séance de relaxation en institut.

Pour Carlisle, un nouveau stylo où l'inscription, « Appartient au plus beau docteur de Forks » est gravée.

Pour Esmée, je lui ai fait une toile de sa famille. Elle l'accroche dans son salon. Elle l'a regarde et passe sa main sur chacun d'eux.

Ils me remercient. En retour, ils m'offrent, de nouvelles toiles du matériel de peinture et une guitare. Elle est magnifique.

Je les remercie. Et tout le monde s'embrasse.

Après nous êtes fait tout beaux, nous nous installons à table. Avec Alice et Rose, nous parlons de notre prochaine sortie shopping. Je leur dis que je suis pressée que Robert rejoigne sa femme, mais à la fois cela me fait peur.

Je reprends le travail dans quinze jours. J'ai hâte de me retrouver au Book's. Robert m'a laissé y aller la semaine passée, mais c'était trop court. Emmett me demande si je passerai à la prochaine soirée du Cullen's. Je baisse la tête. Il me dit qu'il y a des clients qui réclament mes shows. Je suis surprise.

Le repas se passe bien. Au moment du dessert, la porte s'ouvre. Nous relevons la tête. Edward et Kate sont là devant nous.

Je regarde cet homme, le trou se fait sentir, il accompagne Kate d'une main dans son dos. Elle baisse la tête. Je le fixe, il baisse son regard. Il a les yeux rougi, un nez en patate, et un œil au beurre noir.

-Edward, tu es dans quel état ? dit Esmée en se levant.

Elle s'approche de lui pour lui caresser le visage. Mais il refuse son attention.

En entendant son prénom, Nessie relève la tête. Elle descend de table et saute dans les bras d'Edward qui s'est agenouillé pour l'accueillir.

-Papou, tu es revenu. Oh comme tu m'as manqué, mon papou.

-Toi aussi ma puce, tu m'as manqué, il la serre dans ses bras et il respire ses cheveux. Une larme coule sur sa joue.

-Ne pleure pas mon Papou. Je t'aime, lui dit-elle. Et elle l'embrasse sur les joues.

Il me regarde, je baisse la tête, je me lève et débarrasse la table, pour me réfugier en cuisine.

J'ai mal, je m'appuie sur le comptoir de cuisine, je me force à respirer. Il faut que je sois forte. Allez, Bella, il n'y en a plus pour longtemps Robert va nous ramenez chez nous.

Je ferme les yeux, et je passe ma main sur mon ventre. J'entends des pas dans la cuisine, je n'ose pas ouvrir les yeux. Je me sens vide. J'ouvre les yeux, j'attaque la vaisselle des petites assiettes.

-Tu sais que maman a un lave vaisselle, Bella, me dit-il de sa voix de ténor. Oh mon Dieu, sa voix, sa magnifique voix. Elle aussi m'a manquée. Je l'entends qui s'approche de moi. Je ne respire plus, je continue de laver toujours la même assiette. Il s'approche encore, se place derrière moi, je l'entends respirer. Son souffle. Je vais m'écrouler. Bella, dis quelque chose.

-...

-Bella, je pense que cette assiette est propre maintenant.

Il s'approche encore et attrape l'assiette, il me frôle dans son geste. Je sens un courant électrique et la brûlure de son passage sur ma main. Je ne bouge plus.

-Respire, Bella.

J'obéis, et son parfum entre d'un coup dans mes poumons. Son parfum, son merveilleux parfum, il me fait frémir. Me rappelle tant de souvenirs, le sentir contre moi. Je sens presque la chaleur de son corps. Son corps. Oh non Bella, tu vas penser à autre chose. Je secoue ma tête, et me concentre sur la deuxième assiette.

-Bella, s'il te plaît. Dis-moi quelque chose. Fais-moi passé un moment inoubliable, frappe-moi ou encore insulte-moi, mais je t'en pris réagi.

-...

-Bon si tu ne veux pas parler, je vais commencer. Tu veux bien me regarder, s'il te plaît.

Alors là tu rêves, je ne supporterais pas de te regarder. Je pose mon assiette et m'accroche au bord de l'évier. Je serre tellement que mes mains sont blanches et je tremble.

Il le remarque. Il se rapproche, tend sa main vers l'une des miennes. Et au moment de la toucher, il s'arrête, respire profondément.

-Ne me touche pas, lui murmurai-je.

Il s'arrête dans son élan. Il respire profondément, se touche l'arête de son nez. Il me regarde et s'appuie dos au comptoir. Il pose ses mains de chaque côté de lui sur le comptoir. Il baisse la tête. Il passe la main dans ses cheveux.

-Bella, je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Mais lorsque je vous ai vu, à l'hôpital. J'ai paniqué. Je ne savais comment réagir, alors j'ai fait ce qu'il me passait par la tête, j'ai pris le premier avion. Je sais c'était débile, irréfléchi, mais je ne savais plus. J'ai eu tellement peur. Je ne voulais pas vous perdre. Je n'arrivais plus à penser. J'ai juste suivi mes pieds. Arrivé chez les Denali, je me suis enfermé dans la chambre. Je me suis couché sur le lit. Et j'ai réfléchi, pleuré. Je n'avais plus d'appétit, plus envie de rien. Mon corps tout entier ne répondait plus. Au bout d'une semaine, Kate, est venue me voir. Et après avoir téléphoner à Alice, elle m'a frappé, elle m'a… Elle m'a forcé à me laver et à manger. Puis elle m'a emmené courir. En réfléchissant à ta situation, elle m'a fait appeler Robert, pour qu'il s'occupe de toi. Ensuite durant un mois, elle s'est occupé de moi, elle m'a bousculé, m'a engueulé, m'a poussé à réfléchir sur mon comportement, mes actions, mes sentiments, mes réactions. Le soir de Noël, lorsque tu es venue. Je revenais d'un footing. Elle s'était mise en tenue pour aller se coucher. Nous avions prévu de venir ouvrir les cadeaux avec vous ce matin. Et n'étant pas d'humeur à faire la fête, nous avions pensé nous coucher tôt. Je ne dis pas cela pour me faire pardonner, je sais que cela prendra du temps et si tu le souhaites, je veux bien relevé le défi. Depuis que je suis parti, je ne vis plus Bella, je me sens vide, incomplet. Tu es mon âme sœur, Bella. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé. J'aime les enfants, ils font parti de moi. Bella s'il te plaît, permets moi de réparer le mal que je vous ai fait. Je te promets qu'entre Kate et moi, il n'y a rien eu. Je le jure. Elle m'a seulement aidé. S'il te plaît Bella, crois-moi.

Il me regarde, me fixe et essaye de lire sur mon visage. Il se pince son nez. Il se retourne, attrape une assiette sur l'égouttoir et commence à l'essuyer. Il ne dit rien. Il ne me regarde pas. Je lave, il essuie.

-J'ai tellement mal, Edward. J'ai besoin de temps pour réfléchir à tous cela.

-Je te laisserais le temps que tu as besoin. Je reste à ta disposition, Bella. Je te remercie de ne pas bloquer toutes communications.

-Pour la communication, je n'ai pas le choix, je me recule et pars dans le salon.

Il reste dans la cuisine, j'entends un sanglot. Je me retourne, le regarde.

-Passe-toi de l'eau sur le visage, je ne veux pas que les enfants voient que nous souffrons.

Je n'attends pas sa réponse et je sors.

Dans le salon, Emmett me regarde, je lui fais un genre de sourire, puis je baisse ma tête. Je vois Sam qui regarde le piano. Je m'approche de lui.

-Tu attends ce moment depuis longtemps, alors fais lui écouter ton morceau, mon fils.

Il me regarde, et se concentre sur la porte de la cuisine. Puis il avance d'un pas décidé, je le suis.

Il entre dans la cuisine, je reste à la porte. Edward se passe de l'eau sur son visage. Il se retourne et vois Sam qui s'approche, puis il me voit. Il me fixe un instant, puis se concentre sur mon fils.

-Bonjour champion.

-Est-ce que tu es revenu pour faire pleurer Mamoun ?

Outch, ça fait mal.

-Je suis désolé, je ne voulais pas lui faire de la peine.

-Oh tu lui as fait plus que de la peine. Lorsqu'on la voyait, elle ne répondait pas. Même à la disparition de Renée et Phil. Elle n'a pas réagi comme cela. Tu sais Edward, à l'hôpital les infirmières disaient qu'elle hurlait de douleur dans son sommeil. Je l'ai entendu hurler hier soir quand tu étais au téléphone. Cela m'a fait de la peine. Edward, il faut que tu répares son cœur. Elle ne rit plus et moi j'aime l'entendre rire.

-Je suis coupable de tout cela, et je te promets de tout faire pour arranger la situation.

-Je ne veux pas que tu l'arranges, je veux qu'elle redevienne comme avant.

-J'y travaille, mon bonhomme.

Sam sort de la cuisine, je l'embrasse. Me redresse, Edward me regarde. Je ne le lâche pas.

Je les regarde discuter, les enfants ont souffert de la situation et ils souffrent encore. Sam, mon fils vient de clouer sur place Edward. Il a essayé de garder le contrôle, mais ses mains se sont serrées plusieurs fois sur elles-même. Il a pincé son nez à maintes reprises, passé sa main dans ses cheveux. Sa respiration s'est aussi fait différente, il a grogné aussi. Il a dans le regard, cette tristesse. Il est magnifique.

Il s'approche de moi.

-On ne t'a jamais dit, que c'était pas beau d'écouter aux portes.

-On ne t'a jamais dit que t'enfuir ne résolvait rien.

Il baisse la tête. Il passe à côté de moi. Je ressens encore cette étrange sensation.

-Edward.

Il s'arrête et revient près de moi.

-Oui, Bella. Sa voix est cassée.

-Tu me jures qu'il ne s'est rien passé, ou qu'il ne se passe rien entre Kate et toi.

-Je te le jure Bella.

-Pas d'acte sexuel.

-Bella, non, c'est ma cousine.

-Pas de caresses inappropriées.

-Non, Bella.

-Pas de baiser.

-...

-Edward, je te parle Si tu veux reconstruire une relation j'ai besoin d'avoir confiance en toi.

-Il y a eu un baiser.

-Bien. Et je m'en vais.

-Bella, laisse-moi t'expliquer.

-M'expliquer quoi Edward, comment la langue de ta cousine s'est retrouvée dans ta bouche. Je ne suis pas sûre d'en avoir envie. Edward, tu es un magnifique homme, tu es intelligent, attirant et sexy. Tout bon hormis le problème de disparition dont tu souffres. Je ne sais même pas ce qui t'attire chez moi. Mais bon cela est une autre discussion. Donc si tu me dis qu'il n'y eut qu'un baiser, je te crois.

Il m'attrape, me tire à la cuisine, et me plaque contre le mur. Il place ses mains de chaque côté de ma tête, il approche son visage tout près de mien. Je sens son souffle sur moi, contre moi. Je ne respire plus, sa chaleur, son odeur. Oh mon Dieu, Bella ressaisis toi.

-Bella, je te jure que ce baiser ne représente rien pour moi. Elle me l'a donné, le jour où elle m'a frappé, et comme je ne réagissais pas, elle a déposé ses lèvres sur les miennes. Il n' y eu aucune intrusion dans aucun de nos corps. Et cela je peux te le jurer, Bella… Bella, la seule personne que j'ai envie de goûter est devant moi, clouée sur un mur de la cuisine de mes parents. Je lui ai fait du mal. Et comme à chaque fois avec elle, j'ai mis toute ma connerie à l'œuvre. Je suis désolé, Bella. Je ferais tout ce que tu m'autoriseras à faire. Je ne te pousserais pas, j'irais à ton rythme.

-Pour combien de temps Edward ? Et à la prochaine nouvelle difficulté, à la prochaine contrariété tu feras quoi Edward ? Je ne le supporterais pas Edward, la douleur, la peine, la tristesse, la trahison, la solitude, sont des mots doux en comparaison à ce que j'ai pu ressentir. Tu n'imagines même pas, ce que j'ai fait vivre aux enfants, à ta famille à no… à Robert. Je l'ai fait craquer au point qu'ils se sont éloignés, je leur ai fait de la peine, ils ont pleuré, Edward. À cause de moi, de mes réactions. Je ne me pardonnerais jamais leur souffrance. Je ne supporterais pas de revivre cela.

-Bella, plus jamais je ne partirais. Je ne veux plus m'éloigner de toi. Je ne peux pas vivre sans toi.

-OK, j'ai besoin de te croire, mon corps crie de te croire, mon cœur hurle à m'en rendre dingue, donc je te laisse une chance, une toute petite chance, Edward. Mais si part malheur, tu me fais du mal. Je prends mes enfants et je pars. Plus jamais, tu n'auras de nos nouvelles. Tant qu'à avoir une autre infime chance, tu peux tout de suite te la mettre dans cet endroit si particulier.

-Merci, Bella. Je ne te décevrais pas.

Il dépose un bisou sur ma joue, et il se rend compte de ce qu'il vient de faire, il rougit. Je suis rouge tomate, il me regarde, il baisse la tête. Il sort de la cuisine.

Je rejoins les autres dans le salon. Au moment où j'ouvre la porte de la cuisine, je vois Edward de dos. Il fait la danse de la petite souris. Tout le monde le regarde. Il est heureux et je souris de cette vision. Alice saute comme une puce et rigole, son rire est communicatif. Cela fait du bien de les voir rire. Emmett s'approche de moi, il me porte dans ses bras et me fait tourner.

-Emmett pose-moi, je vais vomir.

-Oh pardon Bells, il me soutient et m'aide à m'asseoir dans le canapé.

-Ça va Bella, je suis désolé, je pensais plus au...

-Ça va Emmett, je lui pose le doigt sur la bouche et lui fais un clin d'œil.

Il me sourit.

Sam se met au piano et il commence à jouer. Edward le regarde et s'approche de lui. Doucement, il le regarde intensément. Il s'assoit à ses côtés.

-Tu as fait d'énormes progrès, mon grand. Je suis fier de toi.

Il passe sa main sur la tête de Sam qui sourit. Cette vision est magique. Je caresse mon ventre. Peut-être y a-t-il de l'espoir. Après tout, il y a du chemin à faire, des discussions à avoir, mais c'est possible. Le bonheur me serait-il accordé en fin de compte ? J'ai la nausée. Je me lève, et cours comme je peux aux toilettes.

-Bella !

Je renvois à la case départ mon déjeuner. Edward frappe à la porte.

-Bella, ouvre-moi, s'il te plaît. Dis-moi si tu vas bien ou pas. Maman, il faudrait appeler papa. Bella n'est pas bien.

-Arrête Edward, c'est le tour de manège d'Emmett qui n'est pas passé. Alors s'il te plaît arrête de taper sur cette foutue porte.

-Oh oui, d'accord Bella.

-Merci, maintenant veux-tu bien me rapporter ma brosse à dent dans mon sac, dans la chambre s'il te plaît.

-Tout de suite, ma belle.

Ma belle, venant de sa bouche, ça me procure une série de sensations dans tout mon corps. Oh merde, ça recommence. Fin de retour du déjeuner.

Après nettoyage, je sors de la salle d'eau. Edward me regarde, je lui fais signe que ça va. Il est en conversation avec Emmett. Ils se réconcilient, c'est bien. On ne se bagarre pas en famille.

L'après midi se passe bien, même si je garde une certaine distance avec Edward. Il me dit qu'il va rester chez sa mère, parce que Kate va rester dans sa maison. Elle a rencontré un type, Garrett, et elle voudrait voir ce que ça donne.

Je monte faire mes sacs. Je pose le cadeau d'Edward sur son oreiller. Je prends le sien et je fonce faire celui des enfants.

Robert arrive, il monte me voir.

-Alors Bee ?

-Je crois qu'on va avoir une communication ce soir. Une conversation constructive, sans embrouille avant, ça me manquait.

-Quand tu veux Robert.

-Est-ce que tu accepterais que je parle avec Edward ?

-C'est ton employeur à ce que je sache.

-Oui mais je préfère te demander ton avis.

-Avis acceptable, mais pas un mot sur la grossesse.

-Bien Mlle Swan.

Il descend les sacs. Je le rejoins, il me prend contre lui. Nessie s'approche de lui et lui tire sur son tee-shirt. Il s'agenouille.

-Tu n'as plus besoin de venir, Papou est revenu.

-Nessie, je te l'ai dit. Je reste tant que Mamoun a besoin de moi.

-Papou va s'en occuper.

Je me baisse à hauteur de ma fille.

-Nessie, Edward ne rentre pas avec nous. Il a besoin de parler avec Esmée. Et lorsque nous le jugerons utile, on verra si Edward revient ou pas.

-Oui mais moi, je veux qu'il revienne.

-Oui et moi je veux que ma fille ne se comporte pas comme une chipie, et puis je veux une glace double dose de chantilly et je veux que la lune soit rose demain, et je veux...

-Mamoun tu ne peux pas tout avoir.

-Je suis bien d'accord avec toi, alors toi non plus tu ne peux pas tout avoir.

Carlisle, rigole de ma façon d'éduquer les enfants. Il me dit que je suis géniale.

Je rougis.

Robert s'éloigne avec Edward dans la cuisine. Pendant ce temps, je demande aux enfants de ramasser leurs jouets, puis de dire au revoir et merci. J'entends le rire d'Edward provenant de la cuisine. Je le regarde par le chambranle, il a les yeux fixés sur moi. Il tourne la tête et reprend sa conversation, puis de nouveau un rire.

Après vingt minutes, Robert, revient, il a un sourire en banane.

-Quoi, tu as rempli mon dossier auprès de ton employeur ?

-Oui ma belle. Et apparemment il n'y a pas qu'à moi que tu aies fait des entourloupes, ma jolie. La communication vient de s'allonger.

-Crotte de biquette mal tondue, Edward que lui as-tu dit pour rallonger mes séances ?

-Rien de plus que la vérité.

-RRR, tu ne m'aides pas là. Je te retire un point Edward.

Il me regarde avec tristesse, baisse la tête, puis se rapproche et me chuchote.

-Cela me fera une raison de plus pour t'impressionner. Est-ce que je peux t'appeler ?

Il a sa bouche tout près de moi, j'ai le souffle court. Je lui fais signe que oui, et je mords ma lèvre. Robert me redit sa phrase magique, on ne mord pas dans une lèvre si magnifique. Je rougis, et deuxième phrase magique, il est vrai que la couleur finit de rendre la beauté à ce visage. Et il rigole. Edward grogne, il lui tape dans le dos.

-La jalousie est un vilain défaut.

-La débilité aussi pourtant tu ne t'en plains pas, lui réplique Edward.

-Je comprends mieux maintenant que je la connais d'où tu tiens cet élan d'intelligence.

Nous disons au revoir, les enfants ont du mal à partir, mais nous y arrivons.

Edward pov

Elle vient de passer la porte avec Robert et les enfants.

Je m'écroule sur le fauteuil. Je suis rincé. Je penche ma tête en arrière et je ferme mes yeux tout en plaçant mes doigts sur mon arête nasale. Putain de tic.

Esmée s'assoit d'un côté, Carlisle de l'autre. J'entends le monde bouger autour de moi. J'ouvre les yeux, ils sont tous assis et me regarde. Oh merde, ça va barder. Kate dit qu'elle va y aller, Carlisle l'invite d'un ton qui est loin d'être une invitation à s'asseoir avec nous. Elle obéit.

-Conseil de famille, dit Emmett.

Les autres font oui de la tête. Et merde, je vais en baver.

-On ne peut pas remettre la séance à demain. Merde c'est Noël aujourd'hui !

-Et en parlant de Noël, ils sont où nos cadeaux ? me dit Alice.

-Dans le coffre de la voiture. Je vous les ramène.

Je commence à me lever lorsque Carlisle me dit de m'asseoir. Et remerde. Je me jette dans le fauteuil.

-Allez y, je répondrais.

Rose se lève s'excuse auprès de tous pour effraction à une règle du conseil. Elle s'approche de moi et me met une claque magistrale. Oh putain, je serais dans un toon, j'aurais une ronde d'étoiles au-dessus de la tête. Je la regarde, je la fixe, elle ne lâche pas mon regard, je baisse la tête. Je l'ai mérité, mais putain si ce n'est que pour la symbolique, elle aurait pu mettre moins de cœur à l'ouvrage.

Rose retourne s'asseoir, personne ne bronche, puis elle m'explique le comportement de Bella, l'hôpital, son retour à la maison, la rencontre avec Robert. La séparation avec ses enfants, les conte rendu de Robert, les visites chez Bella. Comment il l'a coupé du monde, comment il l'a détruite, pour la reconstruire. Les enfants, leur tristesse, les pleurs durant la nuit. Le fait qu'ils demandaient après moi. La position de Bella vis-à-vis de moi, face aux enfants. Enfin elle passe tous ces moments en détails. Les autres ajoutent leur vision, leur perception. Je ne dis rien, j'encaisse. Je comprends mieux la réaction de Rose. Elle finit avec la journée d'hier, leur conversation à mon sujet, ses hurlements pendant que j'étais au téléphone, les pleurs de Nessie… Puis le fait qu'elle ait demandé à Esmée où j'étais. Le fait qu'elle ait dit qu'un enfant doit passer le réveillon avec sa mère et non tout seul. Sa décision de venir me chercher et son retour. Ses hurlements durant la nuit. Son mauvais jeu de rôle ce matin, mais les enfants étaient là.

Elle finit part me parler de Charlie, il n'a pas supporté la voir dans cet état, alors il n'allait plus la voir, il prenait des nouvelles en téléphonant à Robert.

Je sens des non-dis dans la conversation, des choses cachées, je ne relève pas. Je suis de plus en plus abattu par ce que j'entends. Je revis toute sa souffrance d'un bloc en vitesse rapide.

Je baisse les yeux, et je pleure, je me lève et cours aux toilettes. Mon déjeuner est reparti.

Ma mère est derrière moi, je ne suis qu'une merde. Je me nettoies, et retourne à la potence, c'est le moins que je puisse faire.

Je leur explique mes doutes, mes peurs, le pourquoi de mon départ. Alice, Rose et ma mère pleurent en entendant cela .Ensuite Kate prend le relais, elle explique mon arrivée, mon état, ma végétation… Puis elle leur explique le traitement qu'elle m'a infligé. Les filles passent un bon moment en écoutant les traitements de Kate.

Je leur dis qu'après mon coup de fils hier, lorsque j'ai eu les gosses et que leur petites voix m'aient répondu. J'étais dans un tel état, que Kate m'a emmené courir. Je parle de l'arrivée de Bella, de ma tenue et de celle de Kate. De la réaction de Bella. De la façon dont cela s'est terminée, par la bagarre avec Emmett, de la séparation musclée de Bella. Ce qui explique comment je me suis retrouvé nu dans la neige. De mon retour dans la maison. Mes peurs, doute, mon pétage de câble et de la claque que Kate m'a infligé. Encore une. Je leur explique comment j'étais mort de trouille en venant ici. De ma conversation avec Bella, l'espoir qu'elle m'offre. De ma conversation avec Sam. Et pour finir de celle avec Robert. Voilà, j'ai tout mis sur la table.

Maman arrive avec l'apéritif, nous parlons du futur. Alice me demande de tout faire pour réussir à la reconquérir. Elle me dit qu'une fois que j'aurai atteint mon but, je serais le plus heureux des hommes. Je sens qu'il y a un double sens, mais je n'approfondis pas. Le conseil se termine.

Je me lève et apporte les cadeaux, ils sont heureux, et moi j'ai été gâté. Je ne le mérite pas. On passe une soirée sympa, je joue du piano, puis je vais me coucher.

J'ouvre la porte de ma chambre, son odeur est partout. Je me noie dans ce parfum, je me déshabille et me couche dans mon lit. Son odeur est là. Si je ferme les yeux, je peux presque la sentir contre moi. J'attrape l'oreiller où son odeur est plus présente et je le serre contre moi. Il y a quelque chose de dur, je l'attrape, c'est un cadeau. Je l'ouvre, oh merde. C'est un cadre photo avec une photo de nous quatre dedans. Il y a un mot en bas de la photo, je l'approche de moi. Un espoir n'est jamais vain. Je serre la photo contre mon cœur et je pleure.

Au bout d'un quart d'heure, je prends mon téléphone et compose son numéro.

-Bella Swan.

-Bella, c'est Edward.

-Bonsoir Edward.

-Je voulais te remercier encore pour la chance que tu m'offres et pour mon espoir sous verre.

-De rien.

-As-tu ouvert mon cadeau.

-Pas encore.

-D'accord, tu peux m'accorder une faveur ?

-Demande je te dirais.

-Peux-tu, s'il te plaît l'ouvrir quand tu seras seule.

-C'était mon intention, alors faveur acceptée.

-Merci. Bella est-ce que je pourrais t'emmener dîner un soir ?

-Edward, je… je ne sais pas si…

-S'il te plaît, je promets d'être un parfait gentleman, et de ne pas t'embrasser.

-Bon d'accord, vendredi soir cela te va ?

-Super 19h.

-Je t'attendrais.

-Bonne nuit Bella, tu me manques tellement.

-Bonne nuit Edward.

-Bella ?

-Oui.

-Je t'aime mon amour.

-Je t'aime mon aimé.

-Oh si tu savais comme j'aime ces mots, je les ai tellement rêvé, souhaité, mon amour, je suis désolé de vous avoir fait souffrir. Je promets de ne plus t'abandonner.

-Je l'espère Edward, bonne nuit mon aimé.

-À bientôt mon amour.

Je raccroche et pose mon téléphone sur mon cœur, une vraie gonz, comme dirait Kate. Je fixe le plafond, et je m'endors dans l'odeur de Bella.