Merci à tous pour vos reviews et vos compliments !
Voici l'avant-dernier chapitre avant l'épilogue !
Bonne lecture !
« Il est l'heure », annonça Drago en arrivant dans la bibliothèque.
Après être partie du bureau du blond après l'heure de déjeuner, Hermione s'était enfermée dans la bibliothèque de chez eux, dans l'espoir que travailler un peu sur son livre lui changerait les idées. Elle n'en était pas sortie lorsque Drago était rentré chez eux, et l'avait laissé gérer avec Harry l'heure à laquelle ils devaient se rendre le soir-même chez les Potter.
« Je ne sais pas si je suis capable d'y arriver », avoua-t-elle en levant enfin le nez de son travail.
« Bien sûr que tu vas y arriver, répliqua-t-il en s'approchant d'elle et en s'agenouillant devant elle. Tu es l'une des personnes les plus courageuses que je connaisse : je sais que tu peux le faire. »
« Je ne sais pas si je vais réussir à affronter Molly. Aussi stupide que cela puisse être, je peux comprendre pourquoi Ron a pu faire ça, mais je n'arrive toujours pas à voir comment Molly peut être impliquée là-dedans. Elle est comme une seconde mère : quand mes parents étaient en Australie, elle a toujours été là pour moi. Je ne comprends pas comment elle pourrait avoir envie de me faire autant de mal. »
« Ça fait partie de ce que tu peux lui poser comme question, déclara Drago en se remettant debout et en l'entraînant avec lui. Allez viens. Je serai à côté de toi tout du long. »
« OK, allons-y », soupira-t-elle en s'accrochant à sa main et en le laissant la guider hors de la bibliothèque.
« Ça va aller, ne t'en fais pas », déclara-t-il en lui pressant la main tandis qu'ils se dirigeaient vers la cheminée.
Il préféra la laisser passer d'abord au cas où elle préférerait au final rebrousser chemin, et une fois sûr qu'elle ne rentrerait pas, il la suivit. Une fois arrivé, il vit les deux amies dans les bras l'une de l'autre, se disant bonjour. Drago en fit de même avec la rousse puis jeta un regard alentour.
« Où sont les autres ? »
« Harry et Ron devraient être là d'une minute à l'autre, et Maman est aux toilettes », répondit Ginny.
Elle avait à peine finit de parler qu'elle entra dans la pièce, s'arrêtant net sur le seuil lorsqu'elle vit Hermione et Drago.
« Désolée, je ne savais pas que tu attendais de la visite, fit Molly. Je devrais y aller et vous laisser, les enfants. »
« Ne partez pas à cause de nous. Cela ne va pas durer longtemps », déclara Drago en mettant un bras autour des épaules de Hermione et en la guidant vers le canapé.
« Assieds-toi, Maman », l'invita Ginny au moment où la cheminée se réactivait pour laisser apparaître Ron, suivi de Harry.
« Ouah, sacrée soirée que tu as organisée là, Gin », fit le roux en regardant tour à tour Hermione, Drago et sa mère.
« En effet, répondit Harry en verrouillant l'accès à la cheminée. Il faut qu'on parle. »
« Quoi ? Je sais parfaitement que je n'ai aucune envie de discuter avec lui », répliqua Ron en jetant un regard noir à Drago, qui le lui rendit bien.
« Ron, assieds-toi, fit Harry en désignant une chaise d'un geste de la main. Vous aussi, Molly. »
Les deux concernés obéirent sans broncher face au sérieux qu'affichait le brun, échangeant un regard nerveux au passage. Les autres prirent place sur le grand canapé.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Ron, essayant de réfréner la panique qui menaçait peu à peu de l'engloutir.
« Je pense que tu sais parfaitement ce qu'il se passe, répliqua Harry. Pourquoi ne pas nous faire gagner du temps en te confessant maintenant ? »
« Confesser quoi ? Je n'ai rien fait », s'exclama le roux.
« Nous savons tous que c'est toi qui as donné à Hermione la potion de suppression de mémoire, rétorqua Drago, glacial. Nous savons aussi que ta mère est dans la combine. »
« C'est la chose la plus débile que j'ai jamais entendue ! s'offusqua-t-il. Personne ne le crois, n'est-ce pas ? Il veut ma peau de toute façon ! »
« Pourquoi en voudrais-je à ta peau ? Tu es totalement insignifiant à mes yeux la preuve, je te calcule à peine lorsque nous nous trouvons dans la même pièce ! »
« C'est faux ! balbutia-t-il, refusant de croire qu'il puisse être aussi inintéressant. Bien au contraire : tu as peur que Hermione te laisse et revienne avec moi. »
« Ne sois pas ridicule Weasley, s'esclaffa Drago. Tu n'es pas une menace. Même si Hermione n'était pas avec moi, elle ne se remettrait jamais avec toi. »
« C'est faux ! siffla-t-il à nouveau. Nous aurions pu arranger les choses si tu ne t'étais pas ramené et avait tout détruit ! »
« Tu ne peux quand même pas être aveugle à ce point-là ? intervint Hermione, incrédule. Notre relation était finie bien avant que Drago n'entre dans ma vie. Tu t'es assuré que je ne veuille plus jamais être avec toi après ton comportement odieux avec moi. Tu m'as traitée comme de la merde, Ron. Tu me repoussais constamment, me faisant me sentir comme une moins que rien. Rien ne me ferait retourner vers une relation comme celle-là. »
« J'ai changé, l'implora-t-il. Je sais à quel point tu comptes pour moi maintenant. »
« C'est trop tard. Peut-être les choses auraient-elles été différentes si tu t'en étais aperçu lorsque nous étions encore ensemble, mais je suis avec Drago maintenant et je l'aime. »
« C'est pour ça que tu as fait ça ? demanda Ginny. Pour que Hermione revienne avec toi ? »
« Je n'ai rien fait », insista-t-il.
« Nous avons des preuves, Ron, répliqua Harry. Je vous ai entendu parler, Molly et toi, dimanche. De plus, il y a le fait que Molly ait une ordonnance de la potion utilisée sur Hermione et elle correspond exactement au dosage de celle trouvée dans son organisme. »
Il haussa les épaules.
« C'est une coïncidence, rien de plus. Plein de gens ont une ordonnance pour la potion Amissus, et plein proviennent du même lot. »
« Et la conversation que j'ai entendue ? Je suis prêt à partager mon souvenir comme preuve. »
« Comme preuve ? hoqueta Molly. Tout ceci est donc officiel ? »
« Pas encore, répondit Hermione. Mais si vous ne vous confiez pas, je n'hésiterai pas à demander à Harry d'ouvrir une enquête officielle. Au moins, là, j'aurai la vérité durant le procès. »
« Non ! Il ne peut pas y avoir de procès ! hurla Ron. Je perdrais mon travail à cause de ça ! »
« Ce n'était pas lui, intervint Molly à voix basse. C'était moi. »
Elle n'aurait jamais pensé que Ron puisse être inquiété, mais elle ne pouvait rester silencieuse devant le risque que son fils ruine sa carrière professionnelle.
« J'ai donné de la potion à Hermione, et Ron n'était au courant de rien. »
« Arrêtez bon sang ! Je vous ai entendu dimanche ! » aboya Harry.
Il commençait à être agacé de voir que les gens ne prenaient pas au sérieux ce qu'il avait entendu ce jour-là.
« Il n'était pas au courant lorsque je l'ai fait pour la première fois. Je lui ai dit après que Hermione est partie toute une semaine et que j'ai compris que je ne pouvais pas lui donner une autre dose. »
« Pourquoi m'avoir fait ça ? Vous me détestez à un point tel que vous voulez me voir souffrir ? »
« Je ne te déteste pas Hermione : au contraire, je t'aime ! répondit la rousse. Tu es comme une seconde fille pour moi : jamais je ne te ferais de mal. »
« Mais c'est ce que vous avez fait, pourtant, releva-t-elle. Si vous m'aimiez, comme vous l'affirmez, alors vous devriez être contente de me voir heureuse. »
« Tu ne l'es pas réellement, insista Molly. Tu le penses, mais tu appartiens en réalité à Ron. Tu es tellement aveuglée par son charisme, sa belle gueule et son argent que tu oublies qu'il vient d'une mauvaise famille. Les Malefoy sont le diable incarné : ils t'auraient faite l'une des leurs et je ne pouvais pas le permettre ! Tout le monde sait que toi et Ron êtes faits l'un pour l'autre. »
« Qui ça "tout le monde" exactement ? demanda Ginny. Excepté Ron, personne ne pense ça. Hermione est bien mieux avec Drago : ils s'aiment et sont heureux ensemble. »
« Elle devrait être heureuse avec Ron, soupira sa mère. Ils l'ont déjà été par le passé : je voulais simplement remettre les choses en ordre. »
« En offrant alors une seconde chance à Ron », termina Harry, qui commençait à comprendre où elle voulait en venir.
Il commençait aussi à croire que sa belle-mère souffrait d'une certaine forme de dépression nerveuse.
« Qu'est-ce qui était censé se passer ? Hermione allait tomber dans ses bras et ils allaient vivre heureux jusqu'à la fin de leurs jours ? » reprit-il.
« Oui. Mais je ne lui avais pas parlé de mon idée, et avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit, Hermione est rentrée chez elle. »
« Qu'est-ce qu'il s'est donc passé quand tu as accepté de marcher dans sa combine ? demanda le brun en se tournant vers son ami. Comment les choses devaient se dérouler ? »
« Une fois Hermione revenue, Maman devait lui donner une autre dose de potion, sauf que cette fois-ci, elle allait lui supprimer également les trois dernières semaines passées, expliqua-t-il. Lorsqu'elle allait venir vers moi à nouveau, j'avais prévu de m'enfuir avec elle. »
« Et puis après quoi ? Comment comptais-tu m'isoler de tout le monde ? J'aurais très certainement fini par me poser des questions sur mes pertes de mémoire. »
« Nous avions prévu de te lancer un Oubliettes et de t'implanter de nouveaux souvenirs », avoua-t-il avec réticence.
« Et tu aurais été heureux de vivre comme ça ? demanda Hermione, incrédule. Tu te serais installé avec quelqu'un qui a dû subir un Oubliettes pour pouvoir vivre avec toi ? »
« Si cela signifiait vivre avec toi, oui, répondit-il. Je t'aime Hermione, je t'ai toujours aimée. J'abandonnerais tout pour être avec toi. »
« Vous êtes tarés, tous les deux, fit Drago avec dégoût. Même maintenant, vous ne voyez pas à quel point votre plan est machiavélique. Vous continuez à vous en ficher de la douleur et de la souffrance que vous avez causées à Hermione. »
« Elle n'aurait pas eu à souffrir si le plan avait marché, aboya Ron. Elle aurait été heureuse et ne se serait jamais souvenu de toi. »
« Je n'arrive pas à y croire, marmonna la jeune femme. Je n'arrive pas à croire que deux personnes en lesquelles j'avais confiance aient pu me faire une chose pareille. »
« Et maintenant ? » demanda Ginny en se tournant vers son mari, totalement stupéfaite par le manque de remords de sa mère et de son frère.
« C'est Hermione qui décide », répondit-il en s'adressant à son amie.
Tous les regards se tournèrent vers cette dernière, tandis qu'elle réfléchissait.
« Je ne pense pas qu'il faille rendre ça officiel, mais j'ai certaines conditions », répondit-elle lentement.
« Tu ne peux pas mettre des conditions ! » protesta Ron.
« Oh que si, elle le peut, intervint Drago en le fusillant du regard. Et si tu n'écoutes ni n'est d'accord avec, nous officialiserons cette enquête. »
Ron lui rendit son regard noir et sembla sur le point de répliquer mais finit par se taire, attendant que la jeune femme explicite son propos.
« Tout d'abord, je veux que vous alliez vous faire aider tous les deux : vos illusions et votre incapacité à voir la réalité en face est inquiétante. Ensuite, je ne veux plus jamais vous revoir. Qu'importe les raisons qui vous ont poussés à faire ça, je ne vous le pardonnerai jamais j'avais confiance en vous et vous l'avez trahie de la plus horrible des façons, énonça-t-elle d'une voix claire. Une fois que je serai partie d'ici, j'en aurai fini avec vous. Je serai polie en public pour le bien-être de la famille, mais cela n'ira pas plus loin. »
« Vous êtes d'accord ? » demanda Harry.
Molly hocha rapidement la tête, soulagée de ne pas avoir à faire face aux conséquences officielles qui auraient pu en découler. Rageur, Ron mit un peu plus de temps à répondre mais finit par hocher la tête à son tour.
« J'ajouterai simplement que si l'un d'entre vous essaie quand même de contacter Hermione, je m'assurerais personnellement que les charges portées contre vous soient rendues officielles », intervint Drago.
« J'aimerais également ajouter quelque chose, fit Ginny à son tour. Le reste de la famille sera mis au courant. Ils méritent de savoir la vérité. »
« Tu ne peux pas faire ça ! » protesta Molly, semblant sortir de ses pensées après être restée silencieuse un long moment.
« Je le peux et je le ferai, rétorqua sa fille. Vous me dégoûtez tous les deux, et tout le monde doit savoir ce que vous avez fait. »
« C'est bon ? On peut y aller maintenant ? » demanda Ron, sarcastique.
Il n'avait qu'une envie : partir loin du mépris de sa sœur et de ses deux meilleurs amis.
« Pas encore, répondit Harry. J'ai moi-même une condition. »
« Quoi encore ? aboya le roux. N'a-t-on pas déjà pris assez cher comme ça ? Nous avons déjà donné notre accord pour les conditions ridicules de Hermione. »
« Je peux rétracter notre offre et porter plainte, tu sais », répondit Hermione, glaciale.
« Non ! Ne fais pas ça, s'il te plaît ! » l'implora Molly, terrifiée.
« Ok, alors c'est quoi ta condition Harry ? » demanda Ron.
Il n'aimait pas toutes ces conditions mais il ne faisait pas de vagues, principalement par égard pour sa mère : la perspective d'un procès la briserait.
« Que tu démissionnes de tes fonctions d'Auror. »
« Je ne crois pas, non », s'esclaffa-t-il.
« Oh que si, répliqua-t-il. On ne peut clairement pas te faire confiance à un poste avec de telles responsabilités. N'importe quel Aurore digne de ce nom aurait condamné ce complot, au lieu d'y participer. »
« Tu ne peux pas me faire démissionner ! » répondit Ron, buté.
« C'est pourtant simple : soit tu démissionnes, soit je rends les choses officielles. Même sans le témoignage de Hermione, j'ai la preuve de la potion et la conversation que j'ai entendue. »
« Nous faisons partie de la même famille, Harry : ne fais pas ça », l'implora-t-il.
« Tout comme Hermione. »
Après tout ce qu'ils avaient vécu, à la fois à Poudlard et après, Harry considérait en effet la jeune femme comme la sœur qu'il n'avait jamais eue.
« Tu te ranges de son côté, en fait, déclara Ron, incrédule. Tu la choisis elle plutôt que moi. »
« Ce n'est pas une question de choisir entre toi et Hermione, soupira Harry. Je fais ce qui est juste. Tu ne peux pas rester chez les Aurors après ce que tu as fait, ce n'est pas réaliste. C'est ton choix après Ron : tu peux t'en aller, ou être poussé dehors. »
« Fais comme tu veux, marmonna-t-il en se levant. Je démissionne dès demain matin. »
Sans plus de cérémonie, il dégaina sa baguette et transplana.
« Nous devrions y aller nous aussi », déclara Drago tandis que Hermione et lui se levaient à leur tour.
« Ça vous dit de venir dîner à la maison demain soir ? suggéra la jeune femme. Nous pourrons parler correctement comme ça, juste nous quatre. »
« Avec plaisir, répondit Ginny. Nous en aurons besoin, après la soirée qui s'annonce… je ne sais pas comment va réagir le reste de la famille. »
« Dis-leur bien que nous ne les blâmons pas nous ne voulons pas perdre leur amitié », lui répondit Hermione.
« Cela n'arrivera pas, affirma Harry. Je suis sûr qu'en fin de soirée, tu recevras une flopée d'appels des Weasley te demandant comment tu vas. »
Drago leur souhaita bonne chance d'avance.
« Je dois bien avouer que je n'aimerais pas être à votre place. »
« Moi non plus », soupira Ginny tandis qu'elle se tournait vers sa mère et qu'elle transplanaient toutes les deux.
Une fois parties, Harry se tourna vers son amie et la remercia de ne pas les avoir poursuivis en justice.
« Est-ce ça aurait vraiment fait une différence, si je l'avais fait ? De ce que j'ai entendu, Ron n'était pas au courant depuis le début, et Molly est très perturbée mentalement. »
« Je pense que la situation aurait été globalement la même. Vu son état, Molly aurait été envoyée voir un guérisseur plutôt que d'être condamnée, et Ron n'était pas très impliqué dans l'histoire techniquement parlant. Il aurait quand même perdu son poste, mais je pense que c'est tout ce qui se serait passé quoi qu'il arrive. »
« Tu t'assureras personnellement qu'ils se tiennent à mes conditions, hein ? Assure-toi aussi qu'ils soient suivis tous les deux. Surtout Molly : elle a vraiment besoin d'aide. J'ai l'impression qu'elle fait une dépression ou quelque chose comme ça. »
Harry la rassura en lui promettant qu'ils recevraient l'aide dont ils avaient besoin et qu'ils ne s'approcheraient plus d'elle, avant de déverrouiller la cheminée afin que ses amis puissent rentrer chez eux. Drago partit le premier, laissant Hermione saluer une dernière fois son ami avant de repartir vers la vie que Molly avait essayé de lui arracher.
