Épilogue

Le quai 9 ¾ était bondé. Entre les chariots de valises et les sorciers qui bavardaient, il était difficile de se frayer un chemin. Les élèves les plus âgés parcouraient tant bien que mal la foule à la recherche de leurs amis, s'interpellant joyeusement dans l'ivresse des retrouvailles après deux mois de vacances. Les plus jeunes, en revanche, ne quittaient pas leurs parents et observaient, excités ou effrayé, le Poudlard Express qui allait les emmener dans quelques minutes bien loin de leur famille.

James Potter marchait joyeusement entre sa mère et son père qui poussait sa valise. Les yeux plein d'étoiles, il observait avec ravissement tout ce qui l'entourait. Il en avait tellement entendu parler de Poudlard que sa joie était à son comble. Il avait hâte de pouvoir découvrir par lui-même le ciel magique de la Grande Salle, les escaliers farceurs, les fantômes qui traversent les murs, les tableaux, les pièces insolites et même Peeves, l'esprit frappeur. Il regrettait juste de devoir attendre un an pour que Thomas Weasley, son meilleur ami, celui qu'il considérait comme son frère, vienne le rejoindre. Quelle idée est-ce qu'il avait eu, celui-là, de naître un an après lui ?

Sur le quai, il devait souvent s'arrêter, car quelqu'un souhaitait saluer son père, mais James n'y prêtait aucune attention. En plus d'être celui qui avait débarrassé la communauté du Seigneur des Ténèbres, il était devenu un Auror de renom. Son père disait souvent qu'il se passerait volontiers de sa célébrité, ce qui ne manquait pas d'amuser son fils, puisque Harry Potter resterait pour toujours et à jamais Harry Potter, quoiqu'en dise le principal intéressé. James avait l'habitude de la popularité de son père. Sa mère aussi. Discrète, elle se contentait d'observer son époux en souriant et de saluer poliment tous ceux qui les interpellaient.

- Bonjour Harry, bonjour Ginny ! Salut James !

Tous trois se retournèrent et rencontrèrent le visage lunaire mais rieur de Neville Londubat qui tenait la petite Elsa par la main. James connaissait bien Neville et sa femme Luna puisqu'ils étaient des amis de la famille. Certes, il ne se sentait pas aussi proche d'eux que de tonton Ron ou tata Hermione, mais il voyait les Londubat assez souvent et s'entendait bien avec la timide Elsa.

- Bonjour Neville ! le salua chaleureusement ses parents. Luna n'est pas avec toi ?

- Non, elle travaille. Elle devait boucler un article ce matin. Alors, c'est le grand jour, James ?

- Oui, répondit le garçon avec un grand sourire. Enfin !

- Elsa est un peu moins enthousiaste que toi, dit Neville en jetant un coup d'œil à sa fille qui tentait de se cacher derrière son père.

- Ne t'inquiète pas, Elsa, la rassura James. Tout va bien se passer.

- Bon, je vais l'aider à monter sa valise dans le train, il y a déjà tellement de monde.

- On vous rejoint, dit Harry.

Alors que le père et la fille s'éloignaient, Ginny se tourna vers son fils.

- Tu vas me manquer, mon chéri. Tu as grandi si vite. Mon petit bébé va déjà à Poudlard !

Son père souriait, donnant l'accolade à son fils.

- Ne sois pas trop sage, mon fils ! Si les Maraudeurs pouvaient revivre un peu en toi… Tu sais, je ne te cache pas que ça me ferait très plaisir.

Sa mère lui lança un regard noir et son père haussa les épaules.

- En parlant des Maraudeurs...

Il sortit un petit paquet de sa poche.

- J'ai quelque chose pour toi. Si tu savais comme elle nous a été utile, à Ron, Hermione et à moi.

- Mais qu'est-ce que c'est? demanda James.

Le visage de son père s'éclaira d'un mystérieux sourire.

- Une cape d'invisibilité, murmura ce dernier. Il suffit de la mettre sur toi et tu deviendras invisible.

- Comment?

La locomotive du Poudlard Express émettait un sifflement.

- C'est l'heure, mon chéri, s'exclama sa mère. Bon semestre et écris-nous régulièrement.

James sourit à ses parents, sa mère l'embrassa une dernière fois et, traînant sa grosse valise, il grimpa dans le train juste avant que le Poudlard Express ne se mette en marche. Par la fenêtre, il observa ses parents qui lui faisaient de grands signes. Son cœur était lourd : c'était la première fois qu'il quittait le cocon familial où il était si bien, si choyé. Il continua de les regarder par la fenêtre, jusqu'à ce que le train soit trop loin pour qu'il puisse les distinguer…

- James ? demanda une voix hésitante derrière lui. Est-ce que tu veux bien venir t'asseoir avec moi ?

James prit sa valise, adressa un sourire rayonnant à Elsa et essuya les quelques larmes qui coulaient encore sur les joues de la petite fille.

- Je suis là, Elsa, dit-il d'une voix douce. Tu verras : on sera bien à Poudlard.

Et il la suivit dans son compartiment.

oOoOoOoOoOo

Harry et Ginny ne quittèrent pas des yeux le Poudlard Express, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un petit point dans le lointain. Ginny se tourna alors vers Harry, les yeux inondés de larmes.

- Notre bébé… souffla-t-elle.

Harry la prit doucement dans ses bras et instinctivement, Ginny vint nicher sa tête dans son cou.

Ginny, SA Ginny, son épouse, son point d'ancrage, celle qui le connaissait mieux que personne et celle qu'il aimait plus que sa propre vie…

Elle avait toujours été à ses côtés, droite et forte, traversant avec confiance la période de l'après-guerre qui fut assez trouble pour Harry. Le souvenir de la bataille était marquée au fer rouge dans sa mémoire et presque chaque nuit, pendant plusieurs mois, il s'était réveillé en sursaut après un cauchemar. Seul le corps doux et chaud de Ginny, ainsi que ses paroles réconfortantes parvenaient à l'apaiser. Puis le temps avait filé comme file le vent et les plaies du passé cicatrisèrent peu à peu. Ils purent donc fonder la famille dont Harry avait si souvent rêvé. Une famille aimante et soudée, débordante d'amour et d'écoute, à l'image de la famille Weasley qui l'avait accueilli si chaleureusement lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Et sa famille, c'était sa plus grande fierté.

Ginny, qui pleurait encore, se blottit un peu plus dans ses bras. Harry aussi était très ému. Il venait de vivre le rêve qu'il avait fait il y a bien longtemps, un jour de décembre, pendant un cours de métamorphose. Il s'était vu sur ce même quai, âgé de onze ans, accompagné de ses parents. Des tourments de ses 17 ans, ce souvenir – ou plutôt ce rêve éveillé – était demeuré un instant précieux, en-dehors du temps et de toute réalité.

Pourtant, en ce premier septembre, c'était lui-même qui avait amené son fils aîné à la gare. Inconsciemment, il avait été l'acteur de son rêve d'entant. Sa cape d'invisibilité, qui avait vu tant d'escapade du trio dans l'enceinte du féerique château, appartenait désormais à James.

- Et si on allait chercher Sirius et Lily ? proposa Ginny, séchant ses larmes.

- Oui ! Surtout que je n'aimerais pas que Molly s'inquiète trop.

- Oh, tu sais, la fièvre de Lily est certainement tombée. Et pour une fois que nos deux petits monstres ne mettront pas le terrier sans dessus dessous.

Ils rirent et Harry prit son épouse par la main. Ensemble, ils allèrent saluer Neville qui discutait un peu plus loin avec un collègue, puis, après avoir jeté un dernier coup d'œil au célèbre quai 9 ¾, ils transplanèrent.

FIN

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Et c'est ainsi que s'achève cette petite histoire. J'espère que vous avez pris du plaisir à la lire. Pour ma part, malgré les moments de doute, j'ai adoré l'écrire et j'ai vraiment un pincement au cœur en notant les trois petites lettres du mot FIN.

Je voudrais remercier tous les revieweurs. Que vous ayez laissé une review ou que vous ayez reviewé plusieurs chapitres, sachez que vos petits mots – remarques, critiques, encouragements - m'ont vraiment fait très plaisir. Ils vont d'ailleurs me manquer lol !

Donc merci à…

Deirdre, WITN, Sweety, Ewiliane, Jad, Zaika, Virg05, Molly59, Secret, Kem-liu, Eliane, Rebecca-Black, Alex Potter 16, Mo, Lily Potter, Angel Lily, Cece, Ortie, Lyra Sullyvan, Ortie-la-Sage et Nynousette.

Je remercie aussi les lecteurs silencieux qui, j'espère, auront aimé.

Pour toutes questions ou commentaires, j'ai comme tout le monde une adresse E-mail, alors n'hésitez pas.

Il ne me reste plus qu'à souhaiter une très bonne lecture du tome 7 à tous ceux qui, comme moi, ne l'ont pas encore lu. Je suis super contente d'avoir terminé ma fic avant sa sortie, car je pense qu'après la lecture du monument de Madame Rowling, je ne supporterais plus de lire mes petits chapitres. Je vais sans doute rougir de honte en pensant à toutes les absurdités que j'ai pu écrire dans « les revoir ». Mais bon… le ridicule n'a jamais tué personne !!!!

Bises à vous tous,

Chalini