Chapitre 29 Déjeuner en famille

Domicile de Tony et Ziva. Le lendemain. 13h30.

Gibbs était arrivé une heure plus tôt et avait déjeuné avec eux. Il avait pu à loisir observer ses trois là. Et bien que Tony et Ziva n'échangeaient pas de signe de tendresse hormis quelques regards insistants, il avait pu voir devant lui une famille. Ziva avait été très maternelle avec la petite sourde et il avait pu découvrir une nouvelle facette de son agent. La mère et l'enfant étaient tellement dissociables, l'une la peau très rose, les cheveux blonds et les yeux verts, l'autre mate, brune, les yeux noirs et pourtant les gestes étaient tendre entre elles. Quand elles communiquaient entre elles, elles privilégiaient la langue des signes, mais dès que Tony entrait dans la conversation, elles passaient bien volontiers à l'oral même si l'agent maitrisait également le langage des sourds. Tony observa quelques instants la conversation des deux femmes avant de reprendre celle qui avait cours avec son boss. Il répondait à quelques questions concernant son passé.

Tony : J'ai travaillé une année avec le Mossad. J'ai travaillé dans leurs rangs, j'ai même passé l'entrainement final du Tsahal. Pas vraiment une partie de plaisir.

Gibbs : Eli David ne s'est jamais posé des questions ? Eu des soupçons sur ce que tu étais ?

Tony : J'ai eu des doutes parfois. Surtout sur la fin. Merde, si seulement j'avais remarqué que Ziva était enceinte…

Gibbs : Crois tu que tu aurais été capable de t'occuper d'un enfant à l'époque ? Crois qu'elle aurait été capable, elle ?

Tony posa un regard sur sa compagne en grande conversation avec Louanne sur le programme du reste de la journée.

Tony : Je ne pense pas. Mais c'était notre enfant. Nous avions conçu une vie, nous en étions responsable.

Gibbs : C'était il y a treize ans. Aujourd'hui tu as une nouvelle vie, une nouvelle chance ici avec elle et Louanne.

Tony : Oui.

Ziva : Louanne s'impatiente. Elle demande si elle pourrait avoir une chambre de princesse.

Tony : Tout ce que tu voudras, trésor.

Louanne : Merci Tony.

Tony : De rien. Ziva.

Ziva : Oui ?

Tony : Pars devant avec Louanne. Je te rejoins au magasin de meubles.

Ziva : Je vois. Ne tarde pas trop.

Tony : File.

Ziva se leva et se mit face à Tony, hésitant quelques instants. Il lui sourit doucement avant de presser sa main. La jeune femme esquissa un sourire et s'éloigna avec Louanne et Jack.

Gibbs : Comment fonctionne ton couple ?

Tony : Pas si différemment des autres.

Gibbs : Ce n'est pas ce que je te demande.

Tony : Je sais.

Gibbs : Alors ?

Tony : Ca va pas trop mal. Tu sais que ça me fait bizarre de parle de ça avec toi.

Gibbs : Si ça te dérange, dis le.

Tony : Non pas tellement. Ziva a peur d'être jugé, ça l'angoisse. Mais tu devrais plutôt poser la question qui te trotte dans la tête, on parlera de mon couple plus tard.

Gibbs : Qu'est ce que Jenny savait au juste ? Pourquoi a-t-elle ramené Ziva d'Israël sachant qu'elle était ton point faible. C'était prendre un risque, le NCIS avait déjà perdu un autre agent Athéna à cause de son frère.

Tony : Les Services Secrets, Gibbs, pas le NCIS. Le NCIS n'a perdu qu'un agent classique dans l'histoire, le NCIS n'avait pas encore utilisé ses capacités, elle était encore en phase de test. Et tu ne devrais pas traiter Ziva de point faible. Elle est plus que ça Gibbs.

Gibbs : Ca ne répond pas à ma question.

Tony : En effet. Mais je crains que tu n'aimes pas la réponse.

Gibbs : Je veux seulement la vérité.

Tony : Jenny a travaillé avec Ziva par le passé, elle savait que nous étions mariés et à cause de Keller, elle savait que j'étais un agent Athéna. Prendre la tête du NCIS a permis à Jenny d'obtenir plus de moyen pour se lancer après la Grenouille et surtout de m'utiliser. Elle a fait venir Ziva à moi et elle a attendu que nos liens se reconstruisent. Puis elle m'a utilisé menaçant de renvoyer Ziva en Israël si je ne l'aidais pas. Ziva aurait été une femme classique, j'aurais refusé, mais Ziva avait déjà commencé à se détacher de son Contrôleur et rebâtissait des liens sur moi.

Gibbs : Et tu l'aimais…

Tony : Oui. C'est ma faiblesse. Jenny s'était rendu compte que j'aimais ma partenaire. Et elle s'en est servit, c'est pour ça que je n'ai pas parlé de la mission Jeanne à Ziva. Et c'est là que les choses ont dérapé. En voulant préserver Ziva, je n'ai rien dit, elle aimait sa nouvelle vie aux USA et je voulais la laisser en profiter, mais c'est une femme futée, et elle a commencé à avoir peur et perdre confiance. Ce que je prenais pour une légère jalousie avait pris des proportions monstres. Être Contrôleur demande à être en pleine possession de tous ses moyens, j'ai failli détruire ma compagne, Gibbs.

Gibbs : Je trouve que tu t'en sors pourtant pas mal. Une autre question. Pourquoi Ziva dépend-t-elle des Services Secrets ?

Tony : J'étais grillé auprès du NCIS, mais j'avais besoin d'une protection pour Ziva, j'ai donc demandé à Keller une contrepartie. Il a accepté, parce qu'avide, il savait qu'en me contrôlant, il aurait un contrôle sur Ziva. L'idiot ne s'était même pas rendu compte qu'il avait perdu le contrôle.

Gibbs : J'ai donc prit pour toi, la place de ce Keller.

Tony : Tu es au courant… Je ne voulais pas Gibbs… C'est juste que plus je luttais pour me dissocier de Keller et plus je me rendais compte que je ne pouvais être indépendant. Nous sommes par défaut des dominés.

Gibbs : Ne t'en fait pas pour ça. Qu'en est-il de Ziva ?

Tony : Ca te pose un problème qu'elle soit ma partenaire ?

Gibbs : Tu la définis de partenaire ?

Tony : C'est ce qu'elle est. Elle n'a jamais été ni uniquement ma femme, et n'a pas toujours été ma collègue, par contre depuis le début elle est ma partenaire. Je ne peux pas continuellement la définir comme mon âme sœur. Je sais que pour toi c'est difficile de concevoir ce que nous sommes. Mais je te rassure c'est difficile pour tout le monde. Callen ne comprend pas, Kate a eu bien souvent du mal, et je ne parle pas des Contrôleurs.

Gibbs : Callen dit qu'il est difficile de changer de Contrôleur.

Tony : Oui, ça peut faire perdre la tête. Le lien Contrôleur-Agent s'apparente à une dépendance émotionnelle. C'est pour ça qu'en général nous n'avons qu'un seul Contrôleur au cours de nos vies.

Gibbs : Combien en as-tu eu ?

Tony : Tu es le deuxième. Mais le lien que j'ai bâti sur toi a prit plusieurs années. Parce que ça venait en quelque sort de moi, on ne m'a rien ordonné. Ce lien est donc un peu différent.

Gibbs : Et à quel moment, tu as découvert le changement ?

Tony : Quand tu m'as autorisé à aller chercher ma partenaire en Somalie. Tu étais là devant nous, j'avais Ziva, et tu nous as dit qu'on rentrait à la maison. Et je me suis senti chez moi, je me suis senti à ma place, et je savais que tu la protégerais elle. Je ne sais pas si tu te rends compte mais pour moi c'est la seule chose qui compte. Elle est la seule chose qui a vraiment une réalité dans ce monde de dingue.

Gibbs : Elle voulait rester en Amérique, tu t'es arrangé pour qu'elle reste, elle voulait pouvoir retravailler après l'explosion…

Tony : Et j'ai fait en sorte qu'elle réapprenne tout puis ensuite j'ai tenté de te convaincre. Elle voulait Louanne…

Gibbs : Je comprends. Mais toi qui te procure ce que tu veux ?

Tony : Je veux juste la voir heureuse. Pour le reste j'essaye de me débrouiller.

Gibbs : Je n'ai pas tellement envie de te contrôler.

Tony : Tu le fais pourtant tous les jours sans t'en rendre compte. Et moi ça me va très bien. Tu es juste, c'est important.

Gibbs : Et il y a quelque chose que je dois savoir ?

Tony : Fais juste attention avec les ordres directs. Je suis obligé de les exécuter. J'arrive parfois à les détourner. Si tu m'ordonnais de tuer Ziva, par exemple, il est probable que je me détruirais avant. On devrait y aller, où les filles vont dévaliser le magasin. Dans tout les cas, Ziva reste une femme…

Gibbs : Je vois.

Tony : En fait celui qui ce fait le plus de frayeur c'est mon banquier. Si seulement il savait.

Gibbs : Tes ressources ?

Tony : Vaste. Je peux t'assurer que nous vivons très confortablement.

Gibbs : Allons-y.

Les deux hommes sourirent, avant de quitter la maison.

Magasin de meubles.

En y entrant, Gibbs et Tony prirent directement la direction du rayon literie pour enfant. Tony sourit en voyant les deux femmes de sa vie discuter activement avec un vendeur. Ziva commençait quelque peu à s'énerver. Et Jack semblait sur la défensive. Un sourire aux lèvres, Tony approcha et passa un bras autour de la taille de sa compagne, l'incitant au calme.

Ziva : Tony… Je veux parler au directeur ! Cet homme est…

Tony : Je suis sûr qu'il t'a tourné le dos pour parler.

Ziva : Oui. Et il veut que j'enferme Jack dans la voiture.

Vendeur : Je suppose que vous êtes le reste de la famille.

Tony : Très juste. Ziva chérie va donc choisir un lit avec mon père, Jack et Louanne. Je vais régler deux trois choses, j'en ai pour cinq minutes.

Ziva s'accrocha au bras de Gibbs et prit la main de Louanne s'éloignant avec les deux, pendant que le chien trottinait derrière eux. Une fois dans le rayon, Ziva s'arrêta et s'agenouilla près de Louanne.

Ziva : (en langue des signes) Choisis le lit que tu veux, mais ne t'éloigne pas.

Louanne : D'accord.

Ziva : Jack va avec elle.

Elle posa un baiser sur le front de la jeune fille et la regarda s'éloigner avec le chien.

Gibbs : Es tu heureuse Ziva ?

Ziva : J'ai Tony.

Gibbs : Ca n'est pas une réponse.

Ziva : Pourtant si. Gibbs, je ne suis pas indépendante, je ne l'ai jamais été et je ne le serais jamais. Je le sais et je m'en suis fait une raison. J'aime bien dépendre de Tony.

Gibbs : Plus que de ton père.

Ziva : … Oui. Il n'a jamais levé la main sur moi, il ne m'a jamais abandonné. Gibbs, il est même venu me chercher en Somalie.

Gibbs : Je sais ça. Je l'y ai autorisé.

Ziva : Je suis bien ici en Amérique. J'ai enfin des amis et une famille. Et je ne parle pas seulement de Tony et Louanne. Je…

Mais elle fut interrompue par Gibbs qui tournait la tête et elle découvrit l'enfant qui revenait en courant en scandant à voix haute et en signe des « maman ».

Louanne : J'ai trouvé, j'ai trouvé j'ai trouvé… Viens.

Ziva souriait devant la joie qui irradiait de la petite et la suivit dans les allées pour découvrir Jack couché sur un magnifique lit à baldaquin blanc avec des voilages rose pale. Un vrai lit de princesse.

Gibbs : Hum, très bon choix jeune fille.

Ziva observa le lit et tout le semblant de chambre qui avait été constitué autour. Une commode, une armoire, une coiffeuse, un bureau, quelques étagères et un coffre à jouets. Le tout blanc laqué et rose.

TBC