C'est beau comme je vous aime, putain.
J'ai tellement rushé pour écrire ce chapitre qu'il était prêt... quelque chose comme cinq heures après avoir posté le chapitre 28. Maiiiis comme je suis sadique (nyark nyark), j'ai préféré attendre un peu pour vous poster la suite, histoire que vous soyez en maaanque et que vous me le réclamiez MWAHAHAHA je suis diabolique.
Non mais sinon ça faisait trois chapitres en moins de 24h, je trouve que ça fait beaucoup... Mais bon, quand j'écris ces lignes je viens de finir de rédiger le chapitre, et me connaissant je vais vitre (VITE! Putain j'ai écrit "vitre", quoi...) craquer et le poster. Mais là il est tard, j'ai la crève et je fais trois fautes par mots tellement j'ai plus aucune coordination cerveau/doigts (voire la vitre plus haut...). C'est assez triste à voir quand je me corrige toutes les cinq secondes.

Bref, je suis vraiment très contente de ce chapitre. Il est long, il se passe des choses, et surtout CA FAISAIT TROP LONGTEMPS QUE J'AVAIS CETTE SCÈNE DANS MA TÊTE (merde, toujours ce foutu caps lock. J'ai vraiment un problème avec ça) il me tardait mais TELLEMENT de l'écrire! Je suis trop conteeeeeeente!

Édit : Bon ce week-end j'aurais sûrement pas le temps d'écrire, du coup je pouvais pas vous laisser avec ce gros cliffhanger putassier du chapitre 28 (j'ai un cœur, quand même). Du coup CRAQUAAAAGE voici le chapitre 29 :) Et sinon j'ai commencé à écrire le chapitre 30, j'en suis à un peu plus de la moitié, avec de la chance il devrait sortir bientôt... Peut-être même ce soir si vous êtes sages...

Sur ce, bonne lecture! J'espère que ce chapitre vous plaira autant qu'il me plait :)


Amy resta immobile, figée, pendant quelques secondes, avant de vraiment réaliser ce qu'il lui arrivait. Devant elle se tenait un immense loup, ses poils dans les tons gris voletant dans la brise glaciale de novembre. Elle se mit à trembler. Elle avait vraiment été la dernière des idiotes en partant s'aventurer ainsi dans la forêt, de nuit, et sans défense. Sa cheville lui faisait mal, elle serait incapable de prendre la fuite et de semer la bête avant qu'elle ne la rattrape.

Elle en était à présent persuadée : elle allait mourir.

Amy sentit les larmes lui monter aux yeux alors que sa respiration commençait à se faire rapide et saccadée. Pas ici, pas maintenant. Ce n'était pas ainsi qu'elle aurait voulu finir sa vie. Elle n'avait que seize ans, n'avait jamais été à un concert, n'avait jamais bu d'alcool (enfin, si l'on exclut la bière moldue et la bièraubeurre), et ignorait encore tout des choses de l'amour charnel… C'était trop injuste de mourir comme ça, si tôt, si jeune ! Et pourtant, c'était elle-même qui s'était littéralement jetée seule dans la gueule du loup. Elle qui s'était toujours imaginée avec une grande famille, dans une grande maison avec toute une ribambelle d'enfants qui courent dans tous les sens…

Le loup-garou fit un pas vers elle tout en la reniflant. Amy sentit une larme couler le long de sa joue. Apeurée, frigorifiée, et ferma ses paupière, les serrant le plus fort qu'elle put, comme si cela permettrait de faire passer ce moment plus vite, ou que cela atténue la douleur qu'elle s'attendait à ressentir lorsque l'animal refermerait ses crocs sur sa chair…

Sans plus de retenu, les yeux toujours fermement clos, elle se mit à pleurer. Elle s'en voulait tellement d'avoir été aussi bête. Elle aurait aimé revoir ses parents, leur dire qu'elle les aimait, prendre Lily, cette grande sœur qu'elle n'avait jamais eu, une dernière fois dans ses bras…

Des bruits de pas précipité sur sa gauche. Un violent courant d'air qui la secoua. Une sensation de chaleur tout près d'elle. Amy se crispa, attendant le moment fatidique où le loup commencerait à la dévorer. Puis, le son proche d'un chien qui aboie.

Surprise, Amy se risqua à entrouvrir les yeux. Malgré sa vision brouillée par les larmes, elle distingua une forme, postée entre elle et le loup-garou. Une masse de poils noirs, placée devant elle comme en protecteur, qui grognait et aboyait contre le loup. Stupéfaite, Amy ne réagit pas et resta sans bouger, trop sous le choc pour faire le moindre mouvement. Elle revint soudain à elle quand elle sentit quelque chose contre sa jambe. Elle baissa les yeux pour constater qu'un rat essayait de grimper sur elle. Oubliant la présence du loup-garou, Amy poussa un cri qui fit détaler le rat sur sa droite. En lui suivant des yeux, elle aperçut, entre deux arbres, un cerf qui avançait vers elle en galopant. L'animal se précipita vers elle et, sans plus de sommation, s'allongea à ses côté. Elle l'observa, incrédule, lui faire des mouvements de tête pour indiquer son dos.

Amy commençait à se demander si elle n'était pas en train de devenir folle. Était-ce elle qui se faisait des idées, ou est-ce que ce cerf lui indiquait clairement de le chevaucher ? Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que le loup-garou fit un bond vers elle, stoppé net dans son action par le chien noir qui lui sauta dessus. Prise de panique, se disant qu'à ce niveau de danger elle ne pouvait pas se payer le luxe de réfléchir, elle se hissa avec difficulté sur le dos du cerf qui se releva immédiatement et se mit à courir. Il semblait savoir parfaitement où il allait car à peines quelques secondes plus tard, ils étaient déjà hors de la forêt. L'animal courut encore sur quelques mètres avant de s'arrêter. Toujours en état de choc, Amy se laissa glisser le long du flanc du cervidé qui reparti aussitôt vers la forêt, laissant la jeune fille seule au milieu du parc.

Amy fixa l'endroit précis où le cerf avait disparu de son champ de vision. Hébétée, grelottant de froid, des larmes coulant le long de ses joues, elle se mit à trembler. Elle essayait de remettre de l'ordre dans ses pensées, sans succès. Elle n'arrivait plus à réfléchir, ni même à penser correctement. Elle ne pouvait que pleurer sans comprendre ce qu'il venait de se passer.

Quand elle vit, se détachant de la masse d'arbres, une ombre semblable à celle d'un chien. Ou d'un loup. Amy se remit à paniquer. Le loup-garou l'avait-il retrouvé ? Elle commença à reculer machinalement, quand elle reconnut le poil noir du chien qui l'avait protégé quelques minutes plus tôt.

Chien qui, le temps d'un battement de paupière, avait disparu, laissant place à un garçon aux cheveux noir d'une tête plus grand qu'elle.

« BON SANG MAIS JE PEUX SAVOIR CE QUE TU FOUS ICI ?! » Se mit à hurler le garçon en arrivant au niveau d'Amy.

La jeune fille resta figée devant la fureur de son interlocuteur. Il lui fallut un bon moment avant de retrouver ses capacités motrices et verbales. Elle tituba un instant en reconnaissant la personne qui lui faisait face.

« … S… Si… Sirius ? » Balbutia-t-elle avec difficulté entre deux hoquets.

Sirius, semblant essayer de garder son calme, se retourna vers la forêt, se passa une main dans les cheveux avant de refaire face à une Amy immobile et silencieuse, le tout en bloquant sa respiration avant de lâcher un profond soupire.

« Sérieusement, t'aurais pas pu choisir un autre jour pour venir te promener dans la forêt en pleine nuit ? »

« Et toi, alors ? » Répondit Amy du tac au tac, essayant de contrôler sa panique.

« Moi, ça n'a rien à voir, c'est pas moi qui vient de manquer de me faire bouffer par un loup-garou ! »

La gorge d'Amy se serra. Après des mois à l'éviter, à essayer de l'oublier, elle se retrouvait là, en pleine nuit, au milieu du mois de novembre, en pyjama, à s'engueuler avec son ex. Tout à coup, sans qu'elle ne le voie venir, Peter Pettigrew apparut derrière Sirius.

« Patmol, c'est bon, Cornedrue a réussi à le canaliser, ils sont allés un peu plus loin dans la forêt. » Annonça Peter sans sembler se soucier de la présence d'Amy.

« Ok, merci Queudver, je vous rejoins dès que possible. » Lui répondit Sirius.

Avant de se retourner, Peter adressa un sourire amical ainsi qu'un vif signe de la main à Amy qui, toujours dans le cirage, leva vaguement la main pour lui rendre son salut. Aussitôt après, le garçon grassouillet fit volte-face et commença à courir avant de se volatiliser, alors qu'un rat apparut à l'endroit exact où Pettigrew avait disparu.

Ce fut l'évènement de trop qui fit craquer Amy.

« C'EST PAS VRAI ?! » Hurla Amy en pointant du doigt dans la direction de Peter, faisant sursauter Sirius qui se tourna vers elle. « PETTIGREW, IL… IL… »

« Woh woh woh, calme-toi… » Essaya Sirius en voulant prendre la jeune fille par les épaules.

« NON ! » Cria-t-elle en se dégageant vivement. « Toi, tu ne me touches pas ! J'en ai suffisamment chié comme ça, j'ai pas besoin que tu en rajoute ! »

Tel un enfant pris en faute, Sirius s'éloigna d'un pas, levant les mains comme si la Poufsouffle l'avait braqué d'une arme.

« Ok, ok… » S'excusa-t-il.

« Maintenant », continua Amy, le souffle court, laissant éclater sa colère, « est-ce que tu vas finir par m'expliquer ce qu'il se passe ici ?! »

Sirius la regarda sans rien dire pendant plusieurs secondes avant de soupirer. Il n'avait apparemment plus le choix.

« Tu as raison… » Commença-t-il.

Amy le regarda, stupéfaite, attendant la suite.

« … Peter s'est changé en rat. Parce que c'est un animagus.»

Cette annonce eu l'effet d'un pavé jeté dans une mare. Frissonnant, serrant les poings, Amy écarquilla les yeux d'étonnement devant la révélation qu'elle venait d'entendre.

« C'est aussi mon cas, ainsi que celui de James. »

« Quoi ? » Fut le seul mot que la jeune fille parvint à articuler.

« Moi, je me transforme en chien, et James en cerf. » Finit-il par dire, comme pour clore son explication.

« Tu veux dire que, le cerf qui m'a fait sortir de la forêt, c'était… »

« Oui, c'était James. »

Amy encaissa la nouvelle. Elle avait le sentiment qu'elle venait de mettre le doigt sur quelque chose de vraiment très grave, ou vraiment très important. Elle avait mis les maraudeurs à nus sans le vouloir, les forçant à dévoiler un secret dont elle ne se serait jamais doutée.

« Donc, tous les trois, vous êtes… »

« Des animagi. Oui. »

Le regard de la brune passa de Sirius à la forêt plusieurs fois alors qu'elle essayait de remettre de l'ordre dans sa tête. Le groupe des Maraudeurs étaient des animagi. Son cœur commençait à reprendre un rythme normal quand un détail la turlupina.

« Et Lupin ? Lui aussi c'est un animagus? »

Sirius dégagea son visage de ses cheveux d'un passage de main, évitant clairement de croiser le regard d'Amy. Il avait l'air très mal à l'aise, et semblait chercher ses mots.

« Non. Lui, c'est… Plus compliqué. » Finit-il par dire.

« Compliqué ? Comment ça ? » L'interrogea Amy.

Le jeune homme resta silencieux, le regard toujours dirigé vers la forêt. De nouveau, Amy passa ses yeux plusieurs fois entre lui et la forêt, puis les leva vers la lune, pleine, qui illuminait le ciel quand soudain, la lumière se fit dans son esprit. Non, ça ne pouvait pas être ça. Ça ne DEVAIT pas être ça. La panique la repris. Elle essaya de rechercher dans le regard, presque triste, de Sirius une preuve, un indice qu'elle se trompait, qu'elle faisait fausse route.

« Non… NON ! » Lâcha-t-elle dans un souffle. « Ne me dis pas que c'est… Qu'il était… »

« … Si. » Répondit simplement Sirius.

Amy fixa alors la forêt, figée, comme frappée de plein fouet par la foudre. Elle réalisait vraiment ce qu'elle venait de découvrir.

« … c'était Remus ? » Souffla-t-elle dans un murmure.

Elle se tourna une nouvelle fois vers Sirius qui l'a regardait à présent dans les yeux.

« … Oui. C'est lui. Et c'est pour ça qu'on est devenu des animagi. On lui tient compagnie.»

Cela expliquait tout. Les absences répétées, le teint pâle, et cette cicatrice qui lui traversait le visage. Ce côté si secret, cette part de mystère chez lui.

« Je peux te demander quelque chose ? »

La voix de Sirius la fit sortir de sa mini-léthargie.

« Hum, oui ? Quoi ? »

« … Ne le regarde pas différemment. Et n'en parle à personne. Pas même à Evans. »

Surprise, mais compréhensive, Amy acquiesça.

« C'est promis. » Jura-t-elle.

Visiblement soulagé, Sirius lui adressa un léger sourire qui fit manquer un battement à son pauvre cœur déjà fort bien malmené. Sentant de nouveau le froid s'immiscer en elle, elle se dit qu'il était peut-être temps de retrouver son lit. Elle fit quelques pas, essayant de remettre de l'ordre sans son esprit. Pettigrow était un rat, Potter un cerf, et Sirius...

Une image lui revint alors en tête, l'arrêtant dans son mouvement. Un mois plus tôt, ce chien qu'elle avait croisé… Ce chien aux yeux gris…

« Attends… », commença-t-elle en se tournant vers le Gryffondor, « Mais alors… Le chien à Pré-au-Lard… »

Sirius détourna le regard, visiblement gêné, et fixa une motte de terre qu'il écrasa du bout du pied.

« … C'était toi ? »

Le Gryfondor resta silencieux, les yeux toujours rivés sur le sol. Face au mutisme de l'adolescent, et attendant une réponse qui ne venait pas assez vite à son goût, Amy perdit patience.

« Mais répond bordel ! » S'écria-t-elle, soudain hors d'elle.

« Oui ! Oui c'était moi ! Et alors ? » S'emporta alors Sirius, plongeant son regard orageux dans celui de la jeune fille.

« Et ça te prend souvent, de venir m'espionner sous forme de chien, comme ça ? » S'énerva-t-elle sans réfléchir à ce qu'elle disait.

« Mais qu'est-ce qui te dit que c'était toi que j'espionnais ? »

Piqué au vif, Amy fut tentée d'aller lui coller sa main dans le visage, mais préféra croiser les bras et lui lancer un regard assassin. Sirius, sentant qu'il s'était laissé emporter, respira profondément.

« Mais tu crois que c'est facile pour moi aussi ? »

« Ça n'avait pas l'air si difficile que ça quand tu t'es tapé Helena Wolf. » Lâcha la Poufsouffle.

« Qui ça ? »

Amy le regarda, surprise. Elle n'arrivait pas à savoir s'il était sérieux ou non. Mais vu l'air ahuri qu'il arborait à l'instant, il n'avait vraiment pas l'air de savoir de qui elle parlait.

Au fond d'elle, Amy ressentit un petit vent de satisfaction. Cette chère Helena, qui s'était tant vantée de son aventure avec Sirius Black, n'avait apparemment pas assez marqué l'esprit de ce denier pour qu'il se souvienne ne serait-ce que de son prénom. Douce vengeance.

« Non, personne. » S'empressa-t-elle de dire.

« A chaque fois qu'on se croise, tu t'enfuis en me fusillant du regard, c'est lourd à porter à force ! »

« Bah tiens, pauvre chaton malheureux, que tu as la vie dure. » Le railla-t-elle sur un ton bien plus médisant qu'elle n'aurait voulu avoir.

« Oui bah quoi que tu en penses, ça me fout en rogne, voilà ! Être obligé de gérer pour éviter ce genre de situation, ça n'a rien d'évident, et j'en ai ma claque de devoir prendre mes précaution à chaque fois que je risque d'emprunter le même couloir que toi ! J'en suis réduit à devoir aller à Pré-au-Lard en chien pour ne pas me recevoir de regard haineux au coin d'une rue ! Être obligé d'être un chien pour que tu me regardes de nouveau comme un être humain, c'est pas le comble de la connerie, ça ?! »

Visiblement furieux, Sirius tourna le dos à Amy qui, elle, semblait perdre de sa constance au fil des paroles du garçon. Elle ne s'était à aucun moment douté que la situation puisse être aussi compliquée pour lui aussi. Pendant un instant, elle se sentit mal, honteuse de son comportement à son égard.

Puis elle se souvint. La douleur, la colère, la rancœur, tout ce pourquoi elle lui en voulait. Alors, prenant son courage à deux mains, elle s'avança vers Sirius, fit le tour de ce dernier pour venir se placer face à lui, et, enfin, lui cracher tout ce qu'elle avait sur le cœur.

« Parce que tu t'imagines que pour moi, c'était une partie de plaisir ?! Que je fais ça uniquement dans le but de te faire souffrir pour me venger ? Tu m'as plaquée comme une merde sans même prendre la peine de m'expliquer pourquoi, tu crois que c'est facile ça vivre ça ? Et après, c'est quoi ta bonne idée ? Sortir avec une fille de ma classe qui me met tous les jours sous le nez sa merveilleuse et palpitante vie sexuelle à tes côté ! Et non content de déjà me pourrir la vie comme ça, il faut en plus que le hasard fasse que je passe mon temps à te croiser, toi et ton petit regard innocent du mec qui n'a rien fait de mal ! »

Des larmes de rages perlaient au coin de ses yeux alors que son cœur semblait se fracasser contre ses côtes. Elle avait froid et chaud à la fois, tremblait de fureur, ses joues rougies par l'afflux de sang dû à la colère. Elle devait avoir l'air d'un scrout à pétard, mais s'en moquait bien. Les six derniers mois venaient de remonter en bloc et un flot ininterrompu de paroles sortait de sa bouche sans qu'elle n'arrive à le contrôler. Elle déballait ses sentiments comme jamais elle ne l'avait fait, elle se lâchait, vidait son sac sans retenue.

Elle s'arrêta, enfin, et repris son souffle. Ne voulant pas affronter le regard de Sirius, elle fit volte-face et s'éloigna de lui de quelques pas, essuyant rageusement les larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle essaya de reprendre une respiration normal et, par la même occasion, de se calmer. Elle lui avait enfin dit tout ce qu'elle ressentait, et s'en sentait soudain plus légère. Car même si elle lui en voulait toujours, au moins maintenant, il savait pourquoi.

« … Je suis désolé. »

Amy se tourna vers Sirius. Il avait les yeux baissé et semblait penaud, comme un gamin qui venait de faire une bêtise. Lentement, il releva les yeux et les fixa dans ceux, embué, d'Amy.

« Je ne m'étais pas rendu compte que je t'avais fait souffrir à ce point. Excuse-moi. »

La jeune fille ne sut pas comment réagir. Toute colère s'était envolée d'elle, et elle regardait à présent ce garçon qui semblait sincère, face à elle.

Un lourd silence s'installa entre eux pendant des secondes qui semblèrent interminable.

Jusqu'à ce qu'un petit rire parvienne aux oreilles de Sirius.

Sans comprendre, il leva un regard surpris sur Amy qui riait nerveusement.

« C'est con, quand même… » Lança-t-elle.

« Qu'est-ce qui est con ? » Demanda le Gryffondor.

« Il aura fallu attendre que je manque de mourir pour que j'ose enfin te dire ce que j'avais sur le cœur… »

Sirius pouffa sans vraiment avoir le cœur à rire. Tous deux n'osaient plus se regarder après une telle altercation, et Amy décida de retourner dans son dortoir avant de finir morte gelée.

« Bon, je vais… Je vais y aller… Encore désolée pour le dérangement. »

Elle avait l'impression de s'excuser pour l'avoir dérangé dans sa lecture. Elle n'avait vraiment pas le sens de la répartie, contrairement à ce que pouvait bien dire Amanda.

« Oui, non, c'est rien, c'est surtout pour toi… Enfin, rentre bien. Je veux dire, bonne nuit. » Bafouilla Sirius sans la regarder pour autant.

Le voir aussi mal à l'aise qu'elle la rassura un peu et, se pinçant les lèvres pour s'empêcher de sourire, elle prit le chemin qu'elle avait emprunté à l'aller, avant de se retourner vivement.

« Au fait ! »

Sirius se retourna d'un mouvement rapide, étonné, attendant la suite.

« Remus… Enfin, euh… Est-ce qu'il se souvient… Après ? » Demanda-t-elle en se tortillant sur place.

Sirius sembla surpris par la question, mais tâcha néanmoins d'y répondre.

« Euh, non, pas vraiment… Il a parfois des bribes de souvenirs, mais rien de clair en général… Pourquoi ? »

« Oh, juste que… S'il ne se souvient pas que j'étais là… » Hésita-t-elle, en cherchant ses mots. « S'il ne s'en rappelle pas, vous ne lui direz pas ? Je ne veux pas qu'il se sente coupable de m'avoir attaquée alors que tout ça est de ma faute… »

Le brun la regarda, stupéfait, et lui promis de ne rien dire à son sujet. Ce qu'il ne lui dit pas, en revanche, c'était à quel point il était touché de l'attention de la jeune fille envers son ami. Car, il le savait, peu de personne réagissaient bien quand on leur annonce qu'une de leur connaissance est un loup-garou.

Esquissant un dernier sourire, Amy murmura un « bonne nuit » à peine audible et retourna à pas vif vers le patio par lequel elle avait rejoint le parc.

Perdue dans ses pensées, elle ne prit même pas la peine de vérifier la présence de préfets dans les couloirs. Mal lui en prit, car ce n'est pas sur un préfet qu'elle tomba, mais sur le Professeur McGonnagal.

« Miss Matthew ! Puis-je savoir ce que vous faites à une heure si tardive hors de votre dortoir ? »

La voix sèche et sévère de la directrice des Gryffondor fit immédiatement sortir Amy de sa torpeur. Prise au dépourvue, l'adrénaline montant, elle répondit la première chose à laquelle elle pensa.

« Je… Je n'en sais rien, Professeur. »

« Vous n'en savez rien ? » Répéta McGonnagal, fort étonnée par cette réponse.

« Oui, je… La dernière chose dont je me souviens était de m'endormir dans mon lit, et quand j'ai ouvert les yeux, j'étais dans le parc… »

Devant l'air hagard et perdu de cette élève, McGonnagal convint d'accepter cette excuse comme étant vrai et pressa l'adolescente de retourner prestement dans sa salle commune. Sans un mot de plus, la jeune fille tourna à l'angle du couloir, frappa les tonneaux dans le bon ordre et pénétra dans sa salle commune. Couché sur le canapé, P'tit Machin dormait paisiblement. Sur la pointe des pieds, Amy passa la porte de son dortoir et, sans faire le moindre bruit, se glissa dans son lit. Tout le monde dormait, personne ne s'était apparemment rendu compte qu'elle fût partie pendant près de trois quart d'heure. Et là, au chaud sous sa couverture, elle analysa ce qu'il venait de lui arriver.

Remus Lupin était un loup-garou.

James Potter, Sirius Black et Peter Pettigrew étaient des animagi.

Et elle devait être une des rares personnes à le savoir.