Eh voilà! Comme mentionné précédemment, voici le chapitre vingt-neuf BEAUCOUP plus d'avance que la norme l'aurait imposé... J'ai particulièrement aimé l'écrire, celui-ci! J'espère que vous l'aimerez autant que moi je l'aime!

En passant, encore un ÉNORME merci pour vos reviews, c'est tellement gentil! Je vous adore, mes lecteurs assidus!


Chapitre 29 - À l'état de poussière


Une porte se referma brutalement dans un craquement étouffé et lointain mais suffisamment puissant pour que Drago se réveille en sursaut. À moitié tiré de son sommeil, il releva faiblement mais subitement la tête en regardant de ses yeux quasi clos l'étendue de sa chambre. D'où venait dont ce bruit?

Rien ne bougeait.

Un rêve, en conclut-il, ce bruit provenait sûrement du rêve dans lequel il était plongé. Somnolent, il laissa mollement retomber sa tête contre son oreiller de plumes en abaissant ses paupières. Le matin – du moins, c'est ce qu'il crut – s'était déjà levé.

- Où est-il? vociféra une voix aigue aussi distante et floue que l'avait été le bruit de la porte.

- Où est qui? demanda une seconde voix, masculine, celle-ci.

- Drago, par Salazar! s'impatienta la première personne. Qui d'autre voudrais-tu que je cherche?

Après un soupir franchement désagréable, des bruits de talon claquant sévèrement contre le sol s'élevèrent à une fréquence rapide d'une sonorité croissante, et c'est précisément à cet instant que le Serpentard réalisa qu'il n'était aucunement en train de rêver. Ces bruits, ils provenaient de la salle commune des préfets-en-chef qui n'étaient qu'à l'extérieur des murs de sa chambre. Et ces pas, ils se dirigeaient vers sa chambre. Sa chambre dans laquelle lui-même et Hermione Granger partageaient le même lit. Nus.

- Il est dans sa chambre? poursuivit cette dernière voix de plus en plus clairement.

Le grondement sourd de pattes de chaises raclant la moquette brisa le calme du moment et une seconde série de pas s'ensuivit en suivant la première.

- Tu sais que tu n'as pas le droit d'entrer ici comme bon te semble? signala la voix masculine et autoritaire qui l'accompagnait. Tu n'es pas préfète-en-chef et tu n'es pas sensée connaître le mot de passe pour entrer dans notre salle commune!

- Je suis sa petite amie, alors lâche-moi, veux-tu? Est-ce qu'il est dans sa chambre?

Les yeux aussitôt expulsés de leur orbite, Drago releva brusquement le haut de son corps en poussant un juron étouffé et atrocement nerveux. Bondissant de son lit sans prêter attention au profond élancement qu'il ressentit au niveau de ses cuisses, il attrapa rapidement son caleçon qui traînait tout près de ses pieds puis tenta de l'enfiler avec presse mais sans grand succès.

Pansy se mit alors à marteler la porte principale de sa chambre comme si elle l'aurait confondue avec un tam-tam. La seconde qui suivit, Hermione se réveilla également en sursaut en relevant son corps à demi, les yeux rivés sur la porte et arborant un air profondément paniqué. Jetant les yeux sur le Serpentard qui ne cessait de s'agiter en tentant de glisser ses jambes dans son caleçon, elle s'enquit d'en faire de même en entamant une vive recherche de ses vêtements pour les enfiler le plus rapidement possible. Elle ne comprenait guère ce qu'il se passait, mais elle savait cependant que si le Serpentard se pressait de la sorte, c'était sûrement que ce devait être fort urgent.

Tandis que le tonkinois impatient de l'autre côté de la porte continuait de s'obstiner avec le préfet-en-chef masculin sur le fait de se trouver à cet endroit sans autorisation, elle réussit à semer davantage de panique en tentant d'ouvrir la porte à maintes reprises, mais qui était heureusement bloquée par un verrou.

- Drago! s'écria Pansy sans cesser de tambouriner contre le battant. Tu es là? Drago! Viens m'ouvrir, par Merlin!

Profitant du vacarme que causait sa « petite amie » en s'apitoyant contre la porte, il glissa quelques mots à Hermione qui avait enfilé ses sous-vêtements et était maintenant en train de revêtir sa jupe :

- Vite! souffla-t-il avec panique après avoir enfin réussi à ajuster son caleçon autour de ses hanches. Dépêche-toi et file par cette porte!

Il pointa énergiquement la porte par laquelle elle était entrée la soirée d'avant et la Gryffondor s'y dirigea alors avant même d'avoir fini de boutonner son chemisier fripé.

- Dah! Mais qu'est-ce qu'il fiche, nom d'une gargouille! s'impatienta Pansy en cessant son tapage hystérique. Drago, j'entre! Alohomora!

Pétrifié, Drago se rua sur la porte que Pansy avait déjà ouverte de quelques pouces pour la refermer brutalement à son nez. Poussant un cri de surprise, la Serpentard se remit à marteler la porte de ses poings avec frustration.

- À quoi est-ce que tu joues, Drago? ragea-t-elle. Ou-vre-moi-sur-le-champ!

- Désolé, Malefoy! poussa la voix que Drago reconnut enfin à être celle d'Ernie Macmillan, le préfet-en-chef des Poufsouffle. Je lui ai dit de partir, mais elle n'en fait qu'à sa tête!

Le dos plaqué contre la porte, le blondinet regarda Hermione enfiler ses chaussettes ainsi que ses chaussures juste avant qu'elle ait jeté un dernier regard dans la pièce pour s'assurer qu'elle n'avait rien oublié. Avec de grands gestes la suppliant de s'agiter un peu plus, Drago se mit à hocher la tête avec véhémence.

- C'est bon, t'as tout! précipita-t-il en implorant son départ. Allez, file d'ici!

Après avoir désactivé les mécanismes de déverrouillage sur le trop-plein de verrous, Hermione passa derrière la porte et lui lança un dernier regard, ébranlé par son réveil assez agité, et dont Drago répondit en lui adressant un sourire pressé. Elle l'imita puis referma la porte après l'avoir franchise.

- DRA-GO!

Des envies de meurtre se mirent à l'assaillir tandis qu'il grinça des dents pour se retenir de lui hurler de fermer sa grande gueule. Prestement, il attrapa sa robe de chambre verte puis alla enfin ouvrir la porte de sa chambre après l'avoir enfilée.

- Ah, enfin! évacua Pansy tel un énorme fardeau en moins sur les épaules. Où-é-tais-tu-ce-ma-tin?!

- Désolé, répéta Ernie à côté d'elle, connaissant parfaitement la très basse capacité de contrôle de la colère du Serpentard. Je lui ai dis qu'elle n'avait pas le droit, mais…

- Tais-toi! rugit Pansy, irritée. Tu vois bien que Drago s'en moque!

- Oui, effectivement, approuva Drago sur un ton blasé. Barre-toi, Macmillan, et mêle-toi de ce qui te regarde, dorénavant.

Pansy s'autorisa à pénétrer dans la chambre du préfet-en-chef de Serpentard sans même qu'il ne lui ait cédé la place pour le lui permettre. Ernie, courroucé, fronça les sourcils.

- Hé! Je suis également préfet-en-chef, je te signale! se défendit-il. Depuis plus longtemps que toi, d'ailleurs, et les autres élèves n'ont pas l'autorisation de…

Sans aucun respect, Drago referma brutalement la porte au nez de Macmillan. Il put l'entendre pousser un juron et il s'éloigna par la suite.

- Pansy… débuta le blondinet dans l'intention de l'engueuler fermement.

- Alors? le coupa-t-elle en enfonçant ses poings sur ses hanches, prête à le réprimander à plein poumon. Où étais-tu ce matin? J'étais su-per inquiète! Je suis certaine que tu as fait exprès, juste pour m'énerver!

- Merde, Pansy, nous sommes en matinée! s'exclama-t-il, peiné. Je dormais, qu'est-ce que tu crois?

- Nous ne sommes pas en matinée, Drago, il est passé l'heure du dîner! Tu as tellement dormi que tu ne t'es pas présenté au cours de potions, je te signale!

Le préfet s'immobilisa, horrifié par ce qu'il venait d'entendre. Et l'obscurité de sa chambre, alors? Ça ne signifiait pas qu'il était bien tôt? Assuré que sa copine lui faisait une mauvaise blague, il marcha tout droit vers une des deux fenêtres qui décoraient le mur du fond de sa chambre puis ouvrit le rideau vert opaque. En effet, l'heure du dîner devait clairement être passé à en juger par le soleil étincelant qui brillait bien haut dans le ciel…

- Le cours de potions… réalisa enfin Drago en sentant un haut-le-cœur naître au plus profond de son estomac vide.

- Enfin! s'exaspéra Pansy en levant les bras dans les airs. Tu as enfin réalisé que tu m'avais promis que nous ferions notre première potion du trimestre ensemble? J'ai été obligé de m'associer avec Millicent… Je l'aime bien, cette fille, mais Salazar sait à quel point elle est nulle et totalement inefficace dans ce cours!

Pansy avait beau se plaindre de sa voix affreusement agressante, mais Drago ne l'écoutait aucunement. Le cours de potions… C'était presque le seul cours qu'il avait en commun avec les Gryffondor… et également le seul dont le professeur n'était nul autre que Rogue. Par conséquent, il était clair qu'il avait remarqué que Drago Malefoy et Hermione Granger n'étaient tous deux pas présents dans le même cours, la même journée et pendant son entière duré. Il était également clair qu'il aurait des doutes! Par Merlin…!

- Tu m'écoutes ou non? Je n'arrive pas à croire que… poussa-t-elle en s'interrompant. Oh… Par tous les mages, qu'est-ce qui s'est passé ici…?

Alarmé, Drago se retourna en un coup de vent, craignant avoir oublié de cacher quelque chose de traître à propos de la venue d'Hermione, et ne s'étonna pas à voir que Pansy semblait déstabilisée par le désordre de sa chambre. Les vêtements, les livres, les plumes, tout ça était normal, mais ses yeux semblaient plutôt se pencher sur son lit dont les couvertures étaient franchement désorganisées… et sur ses propres vêtements – pantalons, chemise, cravate – qui gisaient sans véritable explication un peu partout entre la porte et son lit. Rapidement, il s'assura qu'aucun vêtement appartenant à la Gryffondor n'aurait pu y rester par mégarde et par malheur.

- Tu as laissé des lutins de Cornouaille en liberté dans ta chambre? demanda-t-elle naïvement. Je te savais bordélique, mais pas à ce point…

Indisposé devant cette remarque, le Serpentard haussa les épaules sans savoir quoi répondre. Dans tous les cas, Pansy serait trop bête pour en venir à une conclusion qui pourrait être compromettante pour sa personne, ça, c'était certain.

- Depuis quand te déshabilles-tu en t'étendant de la sorte sur le sol?

- M'as-tu seulement déjà vu me déshabiller, Pansy? ironisa-t-il pour lui clouer le bec.

Il savait pertinemment que Pansy avait toujours rêvé de passer une nuit folle avec son Dragichou. Nombre de fois la jeune femme avait tenté de lui faire des avances luxurieuses, des caresses provocantes ou de lui faire sous-entendre ses envies les plus ardentes, mais à chacune de ces fois, il avait ignoré tous ses gestes en se montrant aussi désintéressé que si elle l'informait de la rébellion des Scroutts à pétard dans l'extrême ouest de la Grande-Bretagne. Bien sûr, il l'aimait bien, cette Pansy, sinon un temps énorme se serait écoulé depuis le jour où il lui aurait clairement fait comprendre qu'elle l'épuisait à un point fou, mais mis à part ces quelques petits câlins et quelques baisers qu'ils s'échangeait de temps en temps, l'idée d'aller plus loin avec elle ne l'avait jamais séduit. C'est exactement pourquoi il s'amusait fréquemment à lui rappeler qu'il ne se laisserait jamais tenter par une activité sexuelle avec elle, la rendant constamment grincheuse et amère par la suite.

- Bien sûr que si, se renfrogna-t-elle vivement. Une fois, et puis…

Pansy s'interrompit en voyant son copain rouler les yeux. Insultée, elle croisa les bras autour de sa poitrine à la manière d'une enfant têtue puis haussa le menton.

- Oh, et puis peu importe! gémit-elle. Je t'en veux, Drago Malefoy! Tu m'as complètement abandonnée… Vas-tu au moins venir au cours de défense contre les forces du Mal?

- Bien évidemment, souffla négligemment Drago en se dirigeant vers sa penderie. Puisque je te dis que j'ai manqué le cours de potions uniquement à cause de mon surplus de sommeil…

- Parfait, s'exclama Pansy en prenant les premiers livres qui lui tombèrent sous la main afin de les amener avec presse vers le Serpentard. Alors habille-toi au plus vite, prends tes livres, et…

Drago ne remarqua pas aussitôt que Pansy s'était interrompu de nouveau, mais cette fois-ci encore plus sèchement que la première fois. Tandis qu'elle étirait un silence, le blondinet retournait sans cesse dans sa tête ses peurs concernant l'absence qu'il avait involontairement conditionnée dans son cours de potions. Ce n'était même pas la peine d'espérer ; il était clair que Rogue savait déjà le pourquoi lui-même et Hermione ne s'étaient pas présenté au cours de la journée…

- Arithmancie…? couina-t-elle stupidement avec une confusion particulière.

Complètement déstabilisé par l'étrange place que pouvait bien occuper un tel mot dans leur conversation, Drago se retourna en haussant un sourcil dubitatif. Lorsqu'il vit cependant les trois livres que tenait Pansy entre ses mains, ses interrogations s'éclaircirent aussitôt pour inviter une sourde panique à s'emparer de ses sens. Cette désagréable sensation s'aviva encore davantage lorsqu'il l'a vit jeter un œil aux deux autres bouquins qu'Hermione avait oublié dans sa chambre sous ce premier déjà complètement hors de propos.

- Étude des runes, lit-t-elle en grimaçant à la fois d'incompréhension et de dégoût, déconcertée. Étude des… des Moldus…?

Sans laisser derrière elle sa forte mécompréhension à la vue de ces bouquins insultants pour le sang et les précieux centres d'intérêts de Drago, Pansy releva la tête pour plonger ses deux grands yeux dadais dans ceux de son petit ami qui eux étaient baissés vers les ouvrages, immobiles. Ne s'étant absolument pas attendu à voir un tel obstacle se dresser devant lui au moment où il allait arracher à la Serpentard tout scepticisme suite à l'état de sa chambre, l'effort qu'une rapide réflexion requérait eut pour effet de bloquer tout ses mouvements, trahissant ainsi une éventuelle réplique crédible pour expliquer cette très louche découverte.

- Je… marmonna-t-il sans conviction en tentant de réfléchir à une bonne excuse. Je… les… je les ai trouvés.

- Tu as trouvé ces livres? répéta Pansy en soulevant la page couverture sous le regard horrifié de Drago. Pouah! Ces bouquins appartiennent à Granger!

Le préfet esquissa une moue surprise totalement fausse que Pansy n'eut heureusement pas l'occasion de remarquer car elle était plutôt occupée à tourner dédaigneusement les pages du livre qui reposait au-dessus de la petite pile qu'elle tenait.

- Gé-nial! poussa-t-elle. On pourrait te-lle-ment jeter un sort à ses bouquins! Du genre, quand elle va les ouvrir, elle pourrait peut-être être frappée du maléfice de poiroreille, qu'est-ce que t'en penses?

Bruyamment et de manière complètement exagérée en agrippant ses côtes, Pansy éclata en rires. Imaginer Hermione avec des poireaux enfoncés dans les oreilles n'eut pas grand effet sur lui contrairement à sa copine qui se tordait dans tous les sens.

- Oh! Non! J'ai trouvé quelque chose de meilleur! s'époumona-t-elle entre deux rires agressants. Le sortilège insectisant! Oh! Oui! Tu t'imagines un peu de voir Granger avec des antennes sur la tête et des tentacules qui lui sortent de partout? Oh, Salazar que ça serait drôle! On le fait? On le fait et puis on va lui remettre ses bouquins?

Ne la trouvant qu'absolument pathétique, Drago afficha un air de désintérêt absolu. Non, définitivement, il ne trouvait absolument pas comique d'imaginer Hermione avec quoi que ce soit sur la tête, que ce soit des poireaux, des antennes ou des tentacules. Pansy vit enfin l'expression placide de son copain puis se calma progressivement.

- Bon, d'accord, peut-être que le sortilège insectisant serait un peu exagéré, en conclut-elle en roulant les yeux, mais dans ce cas, on pourrait peut-être utiliser le maléfice de folloreille, huh? Ça serait plutôt marrant de la voir paniquer en plaquant ses mains contre ses horribles oreilles de Sang-de-Bourbe qui gigotent dans tous les sens!

- Ou on pourrait tout simplement ne rien faire de tout ça et uniquement ne pas lui rendre ses bouquins, plaça-t-il avec agressivité suite à l'expression que Pansy venait tout juste d'utiliser.

Brusquement, il arracha les livres que tenait le tonkinois de ses mains puis les posa sans ménagement sur sa penderie.

- La voir paniquer en sachant qu'elle a perdu ses précieux livres pourrait être aussi divertissant que la voir paniquer à cause de ses oreilles qui gigoteraient, s'expliqua-t-il avec une once d'ironie sous le regard perplexe de Pansy que sa réplique avait provoqué.

La jeune femme hocha la tête d'un air tacite, visiblement en train de s'imaginer et de se délecter de la réaction scandalisée que la Gryffondor arborerait sans doute en découvrant qu'elle avait perdu quelques uns de ses livres d'étude. Drago, sentant une certaine impatience monter en lui, s'affaira dans sa penderie et dans ses valises dans l'espoir que Pansy comprenne qu'il désirait maintenant être libéré de sa présence. Il fut donc considérablement irrité en l'entendant, derrière lui, s'asseoir bien confortablement sur son lit.

- J'allais oublier, mentionna-t-elle d'un air dégagé, Rogue veut te voir.

Le blondinet suspendit tous ses mouvements, fixant avec une angoisse grandissante le fond de son armoire. Lentement, il se retourna.

- Il veut me voir? reprit-il en appréhendant la raison de ce rendez-vous.

- Le plus vite possible, il m'a dit, confirma-t-elle en hochant frénétiquement la tête juste avant de ronger ses ongles.

De ce même mouvement lent, il fit pivoter sa tête vers sa penderie en continuant sa recherche de vêtement avec un maximum de naturel possible. Le contraste avec ce qu'il laissait paraître et ce qu'il se mit à ressentir au fond de lui était si immense que son air indifférent ne put rester en place bien longtemps. Bientôt, ses mains se mirent à trembler. Si seulement Pansy connaissait son inquiétante situation, elle ne resterait pas aussi calme et posée suite à cette nouvelle!

- Est-ce qu'il t'a dit ce qu'il me voulait? demanda-t-il en déglutissant avec difficulté.

- Non, pas du tout. Il m'a simplement demandé de t'en avertir le plus rapidement possible et qu'il t'attendrait dans notre salle de classe de potions jusqu'à ce que tu t'y rendes. Tu ne sais pas ce qu'il te veut?

- Non, répondit Drago en craignant au contraire connaître la réponse.

- D'après moi, il te donnera une retenu pour ton absence d'aujourd'hui. C'était tout de même la première préparation de potion du trimestre, et tu l'as manquée, indiqua la jeune femme avec rancune.

- Si seulement ce n'était que ça… marmonna-t-il avec amertume.

- Pardon?

Drago se retourna pour faire face à Pansy qui était maintenant étendue complètement sur le lit. Le ventre plaqué contre le matelas, ses deux mains soutenaient son menton et ses interminables jambes ballotaient dans l'air, chevilles croisées.

- Rien, je n'ai rien dit. Je vais m'habiller et m'y rendrai aussitôt ensuite. Maintenant, si tu veux bien…

Il esquissa un faible mouvement de ses mains pour lui communiquer son désir de la voir déguerpir de sa chambre sur le champ. Pansy se redressa puis lui sourit en faisant naître une moue pincée d'amusement.

- Tu veux vraiment que je parte? demanda-t-elle en faisant ridiculement danser ses épaules dans l'espoir qu'il autorise sa présence.

- Oui, je veux que tu partes, acquiesça Drago d'un coup de tête approbateur.

Ravalant son humeur, Pansy se leva en boudant puis se dirigea vers la porte de sa chambre. Juste avant de la franchir, elle lança un regard coquin à son petit ami :

- Je vais t'attendre dans la salle commune.

Après un baiser soufflé, elle referma la porte derrière elle puis Drago la verrouilla aussitôt en voulant assurer sa solitude.

Dans quel merdier s'était-il enfoncé les pieds? Pourquoi diable s'était-il laissé emporter par ce besoin de se retrouver auprès d'Hermione? Il s'en tirait plutôt bien… Drago accusa le bal d'en être la cause, car c'était véritablement depuis cet événement que sa détermination à ne plus reprendre contact avec elle en avait pris un sacré coup. Juste pour avoir le droit à quelques minutes de bonheur à ces côtés, voilà maintenant que la peur que quelque chose d'horrible lui arrive se remettait à empoisonner son esprit. Derechef, Rogue traversa son esprit et ses possibles doutes se mirent à devenir siens également. Non, il n'était pas dupe, tout de même… C'était peine perdue ; lorsqu'il se rendrait au lieu de son rendez-vous, Rogue lui annoncerait certainement qu'il se devrait de tuer Hermione…

Histoire de s'infliger une maigre punition, Drago frappa violemment son front contre la porte close. Il se mordit la lèvre pour étouffer un gémissement de douleur puis se laissa tranquillement submerger par la médiocrité de sa situation. Ses yeux se mirent alors à picoter et il laissa sans gêne une lourde larme couler le long de sa joue lorsqu'il abaissa ses paupières en contractant douloureusement son visage. Non, pas question, il n'allait pas laisser Hermione nager dans le risque perpétuel qu'imposait une quelconque relation entre eux.

Tout devait finir.

Oui… Il venait volontairement de voler jusqu'à elle, mais ça ne pouvait plus durer. Quel idiot il était…

Abattu, il se vêtit. Lorsqu'il regarda le reflet qu'envoya la glace accrochée au mur alors qu'il nouait sa cravate, il se trouva laid, complètement pathétique et aussi faible et soumis qu'une loque. Un pantin, voilà ce qu'il était. Un pantin quelconque destiné à suivre les ordres de supérieurs jusqu'à la fin de ses jours. Oui, jusqu'à la fin… car allait-il vraiment sortir de cette situation dans un futur près ou loin? Non, il était Mangemort. On ne se retire pas des services du Seigneur des Ténèbres comme on se désabonne à La Gazette du sorcier.

Quand il sortit de sa chambre, Pansy le rejoint en entourant étroitement son bras. Tout au long de leur marche dans les corridors, ils ne cessèrent de croiser des élèves que Drago enviait pesamment d'être libres de profiter de leur jeunesse, naïfs et purs. Même Pansy, accrochée à lui, eut une raison d'être enviée par le blondinet. Tous ces sourires qu'il vit sur les visages des étudiants et qui brûlaient ses rétines, ces rires qu'il entendait résonner en échos martelant ses tympans, ses humeurs pimpantes qui piétinaient son âme suppliciée, tout ça ne lui évoquaient qu'une jalousie sans pareil. Une jalousie si grande qu'elle provoquait en lui un écœurement qu'il aurait voulu partager au monde entier. Cette aversion, cette injustice… Que de dégoût d'être nommé Malefoy.

Puis, comme une goutte d'élixir dans ce poison tortueux, il entendit un rire qu'il connaissait très bien. Sa tête pivota dans la direction d'où provenait cette douce mélodie et un coup violent atteignit son cœur lorsqu'il vit, au loin, une Hermione aussi joyeuse et enthousiaste qu'elle aurait pu l'être lors de l'annonce de la chute de Voldemort. Son visage rayonnait et elle sembla encore plus belle qu'elle ne l'était la soirée d'avant, lorsqu'ils s'abandonnèrent l'un à l'autre, nus, faibles devant leurs charmes dévoilés. Depuis fort longtemps il n'avait pas ressenti une telle délivrance, un tel bien-être, et voilà maintenant qu'il se dirigeait là où tout prendrait fin. Les escaliers que lui et Pansy dévalèrent sentaient l'apogée de son éphémère allégresse.

Jamais les cachots n'avaient semblés aussi glaciaux, aussi hostiles. On aurait dit qu'ils voulaient diffuser une première impression de ce qui l'attendait lors de son entretien avec Rogue. Une partie de lui l'incita alors à rebrousser le chemin afin de repousser la date de leur rencontre, mais il se remit bien rapidement sur le droit chemin, devinant que ce refus de se présenter face à Rogue ne pourrait qu'empirer sa situation. De toute façon, Pansy tenait son bras avec tellement de force que la circulation de son sang se faisait de plus en plus rare ; jamais il ne pourrait se sortir de son étreinte afin de s'enfuir tel un lâche.

La porte de leur classe de potions se présenta alors à eux, au grand effroi du blondinet qui sentait son cœur cogner avec obstination contre son torse. Aucunement prêt à faire face à cet homme, Drago dévisagea avec indignation sa copine lorsqu'elle toqua à la porte en lui volant le droit de le faire lui-même lorsque le bon temps viendrait.

Le battant s'ouvrit. Rogue, impassible, toisa les deux Serpentard qui partageaient deux émotions bien différentes.

- Bien le bonjour, susurra Rogue de sa voix doucereuse. Merci beaucoup d'avoir joué le rôle de la messagère, mademoiselle Parkinson. La conversation que j'aimerais entretenir avec monsieur Malefoy est cependant privée.

Pansy hocha la tête, docile.

- N'oublie pas de te présenter au cours de défense contre les forces du Mal, avertit Pansy à l'adresse de Drago. Le professeur Carrow ne sera pas très enchanté si tu manques un cours.

Après avoir exécuté une salutation de la tête à Rogue qui y répondit de la même manière, Pansy embrassa du bout des lèvres la joue gelée de Drago qui s'empourpra faiblement puis quitta les cachots en sifflotant.

- Effectivement, approuva Rogue en laissant libre le chemin menant à l'intérieur de la classe. Contrairement à moi, le professeur Carrow n'apprécie guère que l'on manque ne serait-ce qu'une seule de ses leçons en classe.

Le Serpentard se renfrogna, intimidé par sa remarque qui se voulait assiégeante, puis pénétra dans la classe la tête baissée. Une fois que Rogue referma la porte en prenant bien soin de la verrouiller d'un coup de baguette, il se dirigea vers son bureau d'enseignement puis s'assit bien confortablement sur sa chaise, croisant les doigts devant lui. D'un bref signe de tête, il invita son élève à en faire autant.

- Vous avez demandé à me voir, professeur, pressa Drago en s'assoyant sur un siège installé spécialement pour sa venue.

- J'ai effectivement demandé à vous voir, monsieur Malefoy. J'ai, avec vous, deux points importants à aborder, bien qu'à la base, un seul était sensé composer notre entretien. Le second est survenu lorsque j'ai constaté votre absence dans votre cours de potions.

Drago frissonna désagréablement. Pour toute réponse, il hocha la tête. Le professeur de potions étira un silence qui se voulait calculateur puis introduit la conversation :

- Une grosse mission est sur le point de se formaliser, entre les murs de votre demeure. Une mission qui vous revient.

- Dé… déjà? s'inquiéta le jeune homme, choqué.

- Oui, déjà, appuya Rogue. Un Mangemort ne gagne aucun mérite à rester inactif.

Sur ses genoux, ses mains se mirent à tressauter. Finalement, cet entretien était encore pire que ce qu'il aurait cru…

- Quelle est-elle…? souffla Drago de sa voix chancelante.

- N'étant pas encore officiellement mise sur pied, je ne peux pas vous divulguer davantage d'information à son sujet. Et puis même si je le pourrais, ce n'est pas à moi que reviendrait la tâche de vous en informer, mais bien au Seigneur des Ténèbres lui-même. Votre père ne m'a demandé que de vous partager ce détail afin que vous puissiez vous préparer mentalement à ce qui va venir. Cependant, je peux…

- Mais comment pourrais-je bien me préparer à ce dont j'ignore que je devrai affronter? paniqua-t-il en coupant sèchement la parole de son professeur.

- Cependant, pesa-il en ignorant son interruption, je peux vous signaler que l'usage de l'occlumencie et de la légilimencie vous sera d'un très grand secours.

Ne comprenant pas à quelle fin ces deux pratiques pourraient lui être utiles, Drago fronça les sourcils afin de l'inciter à s'expliquer davantage.

- Votre mission requerra des connaissances en ces deux branches obscures de la magie, expliqua le professeur. Là n'est pas le problème puisque j'ai ouï dire que vous étiez un excellent légilimens et occlumens. Le problème réside dans votre tête, monsieur Malefoy. Vous devez savoir que les mensonges et cachoteries sont fortement prohibés lors de ces pratiques puisqu'en cas de faiblesse, de très mauvaises découvertes dans votre esprit pourraient être faites.

Un moment de silence s'imposa.

- Je ne comprends pas… poussa piteusement Drago en portant une main à son front, totalement confus. De quoi est-ce que vous parlez?

- Je parle ici d'Hermione Granger, grinça Rogue en se relevant lentement, les deux poings contre sa table. N'allez surtout pas croire, monsieur Malefoy, que j'ai omis de remarquer que vous et miss Granger étiez tous deux absents, ce matin.

Drago se recroquevilla sur lui-même, sentant son cœur se débattre violemment en lui. Son menton se mit à trembler par secousses tandis qu'il toisait Rogue avec peur au corps.

- Vous êtes lamentablement en train d'échouer votre première mission, signala le professeur avec dédain. Si, par surcroît, vous démontrez des faiblesses face aux barrières que vous imposez à votre esprit, le Seigneur des Ténèbres pourraient très facilement découvrir vos infectes petits secrets.

Comment interpréter tout ça? Le pauvre blondinet s'accrocha à sa chaise, raide comme une barre de fer.

- Il… il va pénétrer mon esprit? bredouilla Drago. Lui?

- Et plus encore. Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage. Bientôt, je vous convoquerai à mon bureau afin de vous permettre de voyager jusqu'à votre manoir par l'intermédiaire d'un portoloin. C'est là que vous entrerez en connaissance de votre entière mission.

Rogue joignit ses deux mains derrière son dos puis se retira de derrière son bureau. Avec des pas nonchalants, il se dirigea vers une fenêtre qui s'offrait sur un triste paysage de neige qui fondait déjà en laissant sur leur passage de grosses flaques d'eau. Drago, lui, ne bronchait pas d'un seul poil. La tête baissée, il fixait ses pieds avec effroi, paralysé par la peur des événements prochains. L'occlumencie? La légilimencie? Que diable allait-il devoir accomplir à l'aide de ces deux subtiles pratiques?

- Où étiez-vous ce matin, monsieur Malefoy? éleva le professeur Rogue sans détourner son regard des élèves qui marchaient dans la cours centrale du bâtiment.

- Je dormais.

L'imperturbabilité avec laquelle le Serpentard répondit insulta le professeur à un point tel qu'il se retourna avec d'un sinistre mouvement circulaire. Le jaugeant méticuleusement de ses yeux encadrés de ses cheveux noirs et gras, il s'approcha de lui.

- Pourquoi ai-je l'étrange impression que vous vous moquez complètement de moi?

Drago ne répondit pas. L'émotion le subjuguait trop pour lui permettre de le regarder sans que son mensonge ne transperce la peur apparente de son regard grisé.

- Je dormais, répéta-t-il sur le même ton. Je le jure.

- Et par tout hasard, miss Granger s'est retrouvée à être également absente en cette même journée?

- Ce que Granger fabrique ne me concerne absolument pas.

- Vous n'étiez pourtant pas de cet avis il y a quelque temps de ça, je me trompe?

Il sentait tout son sang lui monter dangereusement à la tête. La partie était perdue d'avance, il en était bien conscient, mais il ne voulait en aucun cas se plier devant les suppositions théoriquement non fondées de Rogue.

- Allez interroger Macmillan, si ça vous chante, fit Drago en s'accrochant désespérément à cette fausse preuve. Il était dans la salle commune des préfets-en-chef du soir au matin et n'a vu personne d'autre que moi, Pansy ou les autres préfets y entrer ou en sortir durant tout ce temps.

- Je n'y manquerai pas.

Rogue était revenu derrière son bureau puis s'y rassit. Reprenant sa position initiale, il pénétra son élève de son regard noir.

- Elle n'a rien à avoir avec mon absence, se défendit Drago afin d'appuyer une innocence qu'il ne possédait pas.

Il leva enfin les yeux sur son professeur.

- Permettez-moi d'en douter, glissa-t-il sournoisement.

Longuement, ils se toisèrent, se défiant l'un et l'autre du regard. Au bout de quelques secondes qui semblèrent s'étirer démesurément, Drago s'autorisa à se relever.

- Puis-je quitter? demanda le Serpentard d'une hypocrite politesse.

- Je vous ai bien plus à l'œil que ce que vous ne pouvez croire, monsieur Malefoy, guetta Rogue en se levant à son tour. Ne sous-estimez pas mes paroles lorsque je vous dis que tout écart de conduite sera reporté à votre père.

- Je peux quitter? renchérit-il en serrant les mâchoires.

Rogue le méprisa du regard puis lui indiqua gracieusement la sortie d'un signe de main.

- Ne vous sentez pas restreint, l'invita-t-il à s'exécuter.

Sans un seul dernier coup d'œil, Drago poussa son siège d'un faible coup de pied puis quitta la salle de classe d'un pas rageur et catégorique.